Marguerite - Florence Foster Jenkins


    Xavier Giannoli qui présentait son film au Nouveau Méliès de Montreuil le revendique, son Marguerite est directement inspiré de la vie de Florence Foster Jenkins. Je connaissais son existence depuis déjà un moment - sans doute grâce à Embruns et Matoo ou Zvezdo - et il me semble que je savais depuis toujours qu'elle avait inspiré la Castafiore d'Hergé. 

Il n'empêche qu'en (re?)lisant sa page wikipédia, j'ai appris plein de choses (et un peu souri, mais moins qu'avant d'avoir vu Catherine Frot faire du personnage inspiré quelqu'un de si touchant, et une femme si seule).


"Land of promise" - 2008

Land of promise : the British documentary movement 1930-1950 / Robert Flaherty, Basil Wright, Humphrey Jennings... NUMAV-662298

 

DVD 1 

Industrial Britain / Robert Flaherty, réal. (1931) / Donald Calthrop, voix (n. et b. ; 20 min)
Shipyard / Paul Rotha, réal. ; Jack Beaver, comp. (1935 ; n. et b. ; 24 min)
Workers and jobs / Arthur Elton, réal. (1935 ; n. et b. ; 11 min)
Housing problems / Arthur Elton, Edgar Anstey, réal. (1935 ; n. et b. ; 15 min)
Children at school / Basil Wright, réal. (1937 ; n. et b. ; 23 min)
Farewell topsails / Humphrey Jennings, réal. (1937 ; coul. ; 8 min)
Today we live / Ruby Grierson, Ralph Bond, réal. ; Raymond Bennell, comp. ; Howard Marshall, voix (1937 ; n. et b. ; 23 min)
Eastern valley / Donald Alexander, réal. (1937 ; n. et b. ; 16 min)
People of Britain / Paul Rotha, réal. ; Benjamin Britten, comp. (1936 ; n. et b. ; 3 min)
If war should come (cop. : GPO film unit ; 1939 ; n. et b. ; 9 min)

 

DVD 2

Britain at bay / Harry Watt, réal. ; Richard Addinsell, comp. ; J.B. Priestley, voix (1940 ; n. et b. ; 7 min)
Transfer of skill / Geoffrey Bell, réal. (1940 ; n. et b. ; 10 min)
They also serve / Ruby Grierson, réal. (1940 ; n. et b. ; 10 min)
Tomorrow is theirs / James Carr, réal. ; Joseph Macleod, voix (1940 ; n. et b. ; 9 min)
Words for battle / Humphrey Jennings, réal. ; Laurence Olivier, voix (1941 ; n. et b.l7 min)
Ordinary people / Jack Lee, J.B. Holmes, réal. (1941 ; n. et b. ; 27 min)
Five and under / Donald Alexander, réal. ; Beatrix Lehmann, voix (1941 ; n. et b. ; 16 min)
Night shift / J. D. Chambers, réal. (1942 ; n. et b. ; 14 min)
The countrywomen / John Page, réal. (1942 ; n. et b. ; 13 min)
Summer on the farm / Ralph Keene, réal. ; William Alwyn, comp. ; Philip Robinson, Fred Fairclough, voix (1943 ; n. et b. ; 11 min)
Listen to Britain / Humphrey Jennings, Stewart McAllister, réal. ; Leonard Brockington, voix (1942 ; n. et b. ; 19 min)
Builders / Pat Jackson, réal. ; John Hilton, voix (1942 ; n. et b. ; 8 min)
Words and actions / Max Anderson, réal. ; Colin Wills, voix (1943 ; n. et b. ; 14 min)
A diary for Timothy / Humphrey Jennings, réal. ; E. M. Forster, aut. du texte ; Richard Addinsell, comp. ; Myra Hess, John Gielgud, participants. ; Michael Redgrave, voix (1946 ; n. et b. ; 37 min)

 

DVD 3

Land of promise / Paul Rotha, réal. ; William Alwyn, comp. ; John Mills, Miles Malleson, Frederick Allen... [et al.], voix (1946 ; n. et b. ; 1 h 03 min)
The balance / Paul Rotha, réal. ; Sir Stafford Cripps, participant (1947 ; n. et b. ; 9 min)
What a life ! / Michael Law, réal. ; Edward Williams, comp. ; Richard Massingham, Russell Waters, act.
The dim little island / Humphrey Jennings, réal. ; Ralph Vaughn Williams, comp. ; Osbert Lancaster, John Ormston, James Fischer... [et al.], voix (1948 ; n. et b. ; 10 min)
Britain can make it (n°1) / Francis Gysin, réal. ; Stafford Cripps, participant (1946 ; n. et b. ; 10 min)
Fenlands / Ken Annakin, réal. (1945 ; n. et b. ; 17 min)
Children's charter / Gerard Bryant, réal. ; A. J. Parr, voix (1945 ; n. et b. ; 16 min)
Chasing the blues / J. D. Chambers, Jack Ellitt, réal. (1947 ; n. et b. ; 6 min)
Cotton come back / Donald Alexander, réal. (1946 ; n. et b. ; 25 min)
Five towns / Terry Bishop, réal. ; Mary Blakemann, participant (1947 ; n. et b. ; 26 min)

 
DVD 4 
 
A plan to work on / Kay Mander, réal. (1948 ; n. et b. ; 32 min)
Mining review 2nd year n° 11 / Peter Pickering, réal. (1949 ; n. et b. ; 9 min)
From the ground up / Vilem Tausky, comp. (Jack Ralph, voix ; 1950 ; n. et b. ; 9 min)
Transport / Peter Bradford, réal. ; Thomas Henderson, comp. (1950 ; n. et b. ; 19 min)
The undefeated / Paul Dickson, réal. ; Lambert Williamson, comp. ; Gerald Pearson, Betty Marsden, Leo Genn, act. (1950 ; n. et b. ; 34 min)
Family portrait / Humphrey Jennings, réal. ; John Greenwood, comp. ; Michael Goodliffe, voix (1950 ; n. et b. ; 23 min)
John Grierson : a record of an address by John Grierson at the National film theatre, august 1959 / BFI compilation unit (1959 ; n. et b. ; 13 min)
Close up : recollections of British documentary / Shona Barrett, Caroline Millar, réal. ; Tim Boon, Ros Cranston, Steve Foxon... [et al.], interview. ; Peter Bradford, Sylvia Bradford, Paul Dickson... [et al.], participants (2008 ; coul. ; 40 min) 

"L'ambassade" de Chris Marker (1973 (ou 1975 selon les sources))

L'Ambassade - Chris Marker (1973) from Ciclic on Vimeo.

Sérendipité du net, je suis tombée ce matin sur la mention d'un documentaire de Chris Marker datant de 1962 ou 63 je crois, autour du thème de l'art Africain. Je me suis alors souvenue que mon cerveau savait que Chris Marker n'était pas uniquement l'auteur du très hypnotique "La jetée".

Grâce à la BNF et à mon jour principal hebdomadaire de liberté, l'après-midi même je découvrais ou redécouvrais une autre de ses œuvres, "L'ambassade". Cette fiction documentaire était très précisément ce qu'hic et nunc il me fallait.

Sur le film lui-même : il est présenté comme un super-huit retrouvé dans une ambassade après l'après d'un coup d'état. On suppute l'Amérique du Sud, le Chili, mais j'ai l'impression que les figurants parlent français et qu'on tourne à Paris (1). C'est un huit-clos é(pous)touf(f)(l)ant d'une vingtaine de minutes. Le texte en voix off et qui restitue parfois ce que disent les gens est d'une beauté qui peut hanter longtemps. Dire l'essentiel en peu de mots élégants. 

Première pensée en sortant : J'aurais voulu en être.

(participer au projet, ne serait-ce que comme dresseuse de [la] tortue)

 

(1) S'il y avait téléphones portables et ordis on pourrait imaginer une œuvre d'anticipation, 2017, Paris. 


Speriamo che sia femmina (Espérons que ça soit une fille) - Mario Monicelli 1986, Italie

J'ai voulu réserver hier un documentaire pour le voir aujourd'hui mais la machine m'a indiquée qu'avec 200 notices j'avais atteint la limite à ne pas dépasser. J'ai donc entrepris de faire le ménage. C'est simple : j'ai mis de côté beaucoup plus de livres et de films à voir et revoir et lire et relire que je ne peux passer de temps en ces lieux. J'ai donc entrepris d'écluser mon retard au moins pour partie.

Il se trouve que depuis que F. grand cinéphile, m'a quittée je n'ai plus eu le cœur, à de rares exceptions près (indiquées par mon kiné ; au fond à part pour l'amour il y a encore toujours un homme pour occuper le terrain qu'un autre a déserté), à regarder des films en ces lieux. C'était avec lui un dialogue permanent et le catalogue fourni me permettait de suivre presque au même moment que lui ses projections. D'en discuter aussitôt. Nos chamailleries me manquent ; elles portaient souvent, j'aurais dû me méfier sur le sort fait aux femmes, il jugeait charmantes des scènes que je trouvais méprisantes pour les femmes. Belles et séduisantes des poupées artificielles. Certains projets un peu expérimentaux le laissaient froid quand ils m'émouvaient. Il m'avait déconseillé Tarkovski qui m'a envoûtée (malgré sa misogynie sous-jacente et dont il n'avait probablement pas conscience - je ne serais pas surprise si un jour j'apprenais qu'à l'instar du poète belge grand, il avait fait des ravages dans sa vie amoureuse (j'aimerais me tromper) -).

Il était donc temps que je m'y remette, que j'apprenne en quelque sorte à regarder sans lui. L'absence du livre que j'étudie ("Psychothérapie d'un Indien des plaines" de Georges Devereux), indisponible pour cause de travaux, a rendu propice le fait de me remettre à visionner des "images animées". Je suis de toutes façons trop fatiguée pour écrire, ces temps-ci. Alors j'étudie.

Dans l'ordre des films non vus mais inscrits sur mes notices  Capture d’écran 2014-10-13 à 16.55.24

venait "Pourvu que ce soit une fille" de Mario Monicelli. J'avais croisé l'homme, grâce à Florence de La Libreria, une fois dans ma vie, en était restée marquée. Son suicide m'avait blessée : en l'absence de loi autorisant une digne fin de vie pour qui estime en avoir fini, voilà qu'un des humains les plus remarquables s'était trouvé contrait de recourir à une méthode radicale mais violente pour qu'à 95 ans on l'entende quand il dit C'est fini. 

Ma réservation date de janvier 2012, j'avais dû entreprendre de rattraper mon déficit de connaissance de son œuvre. J'essaie de ne pas me laisser influencer par les questions d'âge, il n'en demeure pas moins qu'après avoir vu celle-ci je suis tout espantée qu'un homme de 70 ans ait pu l'accomplir. 

C'est un beau film pour les femmes. 

Elena, propriétaire d'une belle ferme en Toscane tente de faire marcher la propriété dans laquelle elle vit avec des filles, une employée de maison et sa propre fille, un vieil oncle sans mémoire immédiate (Blier, stupéfiant, on oublie que c'est lui) et la fille de sa sœur, actrice que Rome accapare (Deneuve, dont la présence est stupéfiante, mais le maquillage trop parfait (1)) et un amant grand séducteur (2).

Revient son mari (Noiret, bien) dont on comprend très vite qu'il a été quitté à force de foirer tous ses projets et de mener grande vie auprès de femmes successives. Sa fille aînée qui change de fiancé sans arrêt tient de lui. Mais il vient avec un projet de restructuration de l'affaire, l'idée de retaper l'ancien établissement thermal que comporte le domaine (et ai-je rêvé ou l'a-t-il dit lui adjoindre un casino). Elena fait examiner le projet par son administrateur, Nardoni, lequel est son amant très officiel et avisé en affaire lui conseille de renoncer. Il s'agirait surtout d'accumuler de nouvelles dettes. Et l'on comprend que le personnage de Noiret n'en est pas à son premier essai, qu'il a déjà beaucoup pesé, tenté, échoué, dilapidé.

Survient alors la conjonction d'une fugue légère des deux adolescentes de la maison, furieuses qu'on ne les autorise pas à aller à un concert qu'on accorderait à des garçons, elles ne préviennent personne, s'organisent et y vont, et d'un accident digne des morts 6FU, lequel ne les concerne pas directement mais que leur recherche fait ignorer (3).  
L'équilibre fragile qui tenait ce petit groupe essentiellement féminin est alors brisé et devant l'adversité Elena souhaite vendre, régler ses dettes, s'accorder enfin une vie de semi-retraite dans la grande ville. On assiste au début de la mise en place de leurs nouvelles existences, chacune partant suivre sa vie, ailleurs et séparément. Ou s'y préparant.

Et puis, c'est sans surprise, rien ne se passe comme prévu.

On est dans le registre du film familial italien, drame et comédie tissés serrés. Mode de narration, facture des images, ordonnancement des plans on ne peut plus classiques. Ce n'est pas un chef d'œuvre, simplement un bon film, mais la force des femmes y est bien rendue. Un seul personnage masculin sauve la mise, l'administrateur - hélas son air de "vieux beau" gâche un peu qu'on ait envie de lui faire confiance -. Certains dialogues, certaines situations, une dispute générale qui éclate, enfle et permet de crever les abcès, sont formidablement bien rendus.

Le film en vieillissant a pris le charme de la catégorie "sans internet ni téléphones portables", les femmes alors étaient beaucoup plus libres de s'habiller sans être taxées d'absence de féminité, les films des années 80 rendent palpables d'à quel point dans ce domaine on a régressé. Les petites jeunes filles sont en jeans et baskets la plupart du temps et s'occupent à l'extérieur, cabanes et équitation. Le monde est rude mais pas sans respect, chacun s'efforce de faire ce qu'il peut même si ce qu'il peut c'est foirer. La même histoire de départ traitée maintenant donnerait davantage de violence, de coups - là, les fugueuses se prennent des baffes de la part des adultes qu'elles ont rendus inquiets -. Les créanciers se feraient physiquement menaçants. L'oncle fou serait maintenu sans que personne n'ait d'état d'âmes dans un établissement. Le tripotage virerait à la tentative de viol. Les femmes auraient les seins refaits. Un professionnel des magouilles immobilières aurait fait d'une loi requérant remise à des normes une arme pour acculer les femmes à vendre la propriété. L'accident aurait été montré en gros plans sanguinolents. L'administrateur se serait révélé traitre et prêt à tout pour reprendre la ferme à son compte. C'est peut-être lui qui en aurait expulsé sa vieille maîtresse - alors qu'il lui fait une offre qui ressemble à un réel secours, même si au début on peut en douter -.

Bref, ce film fait du bien car les femmes y sont libres et le monde encore doux.

Son gros défaut de ce film à mes yeux est simplement qu'il donne furieusement envie de revoir la Toscane. Ce qui risque d'être impossible pour moi avant longtemps : je ne dispose ni d'argent ni de temps.

Contente en tout cas de l'avoir vu. 

Dans l'élan de cette "rentrée" j'ai décidé enfin de modifier l'allure très datée que ce blog avait. Place à un format prétendument lisible sur tout support - n'ayant pas de smartphone, je ne peux pas tester -.

 

 

(1) Dans certaines scènes à la ferme il semble peu crédible qu'elle soit ainsi attifée comme pour des mondanités.

(2) Scène inoubliable mais hélas si plausible (j'ai assisté à semblables façons plusieurs fois) : à peine la rupture avec Claudia (Deneuvre, donc) consommée s'autorise à tripoter la nièce pourtant discrète et sage de celle-ci.

(3) J'ai adoré ce passage du tracas lourd qui fait qu'on ne voit pas le malheur plus grand en train d'arriver. Sans doute parce qu'hélas, je connais.

vu à : BNF
le : 13/10/14 dans l'après-midi