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LR - vendredi 28 juin 2013 - Pareil et différent - V1

 

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Depuis trois semaines je comptais les jours, j'encaissais ce qui ressemblait fort à un chagrin d'amour, même si toutes les caractéristiques n'y étaient pas - sa part physique, entre autre - : il fallait tenir jusque-là, jusqu'au Festival de Cinéma, noyer ensuite la peine dans la cure de films, l'oublier (elle, lui) et s'oublier.

Se profilait aussi la fin d'un bon petit travail de libraire que je tenais, qui me tenait depuis plusieurs années, mais je partais alors qu'elle était floue : fermeture définitive en juillet ? En août ?

L'argent de toutes façons déjà depuis longtemps et de façon chronique manquait.

Soudain voilà, bagages à faire, TGV à prendre, retrouver les amis du ciné-club qui eux aussi venaient, j'ai eu cette illusion : le plus dur était fait.

Et nous voilà débarquant à la gare, vers 15 heures, sous un temps plutôt clément, compte tenu d'une période aussi chaotique de météo que pour moi de sentiments.

Je fréquentais le festival depuis 9 ans, et pour la troisième année m'accompagnait aussi le père de mes enfants. Nous avons retrouvé avec plaisir l'hôtel raisonnable et accueillant, près de la gare, pas trop loin des salles.

J'ai cru pouvoir reprendre la routine des années précédentes, et y diluer le chagrin qui cette année encombrait. 

Très vite, il n'en a plus été question : tout était comme toujours, tout était différent.

Dès le chemin du rendez-vous collectif avec Prune Engler qui nous présente chaque année la nouvelle sélection - attirant notre attention sur les pépites discrètes que l'on manquerait sinon -, est apparu un (grand) élément différent : ce manège en travers du chemin, sur la place près de l'ancien quartier des pêcheurs. L'illusion d'être l'année d'avant, le bien-aimé encore présent dans ma vie, même confusément, était dès lors impossible.

Dès à peine après, une odeur âcre, de la fumée qui du centre ville s'échappait. Des voitures de pompiers. 

Et l'explication au premier instant du rendez-vous de cinéphiles : la mairie, beau bâtiment historique à peine rénové brûlait.

Rien ne pouvait plus être comme avant, ni dans la ville, ni dans ma vie.

Dans ces conditions, le cinéma allait-il l'emporter ? 

 

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LR - vendredi 28 juin 2013 - Pareil et différent - V2

 

P6283550Depuis trois semaines j'ai compté les jours, encaissé ce qui ressemble fort à un chagrin d'amour, même si toutes les caractéristiques n'y sont pas - sa part physique, entre autre ; et puis de ma vie quotidienne concrète, rien pour l'instant n'a été modifié, nous ne partagions que ce qu'il consentait - : il m'a fallu tenir jusque-là, jusqu'au Festival de Cinéma, c'était l'objectif et cet espoir : noyer ensuite la peine dans la cure de films, l'oublier (elle, lui) et s'oublier.

Éviter de songer à la fin prochaine, mais encore floue, la date n'est pas fixée, de ce travail de libraire que j'aurais tant aimé. Le regret restera de n'avoir pas été physiquement capable de mener celui-ci et l'écriture de front, surtout l'hiver, surtout cet hiver qui n'en finissait pas.

Les films, me dis-je en arrivant, seront là pour ça.

Déjà l'effet bénéfique dès la veille s'était fait sentir : soudain les bagages à faire, l'horaire du train à vérifier. Et au matin finir ce qui la veille n'avait pu être prêt, à la gare Montparnasse (1) retrouver les amis du ciné-club qui eux aussi venaient, alors j'ai eu cette illusion : le plus dur était fait.

 

(1) Si chère à Martine Sonnet

(billet en cours de redaction)

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