Le phare au café
Une semaine en paradis

Nous sommes tous en péril (jeune)

Le péril jeune - Cédric Klapisch - 1994 (France)

d'après un scénario de Santiago Amigorena, Alexis Galmot, Cédric Klapisch et Daniel Thieux

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ayant trouvé son Kozlikataire
sans comme chacun chercher son chat, s'était enquise du Péril Jeune pour une bloguerie restante.
 
J'avais vu le film du temps de sa sortie ; l'avais même enregistré lors d'un passage télé. Je me souvenais d'un jeune acteur tellement prometteur qu'il en devenait agaçant, mais c'est si beau quelqu'un qui déborde d'avenir, de dialogues vivants avec nos mots de dans le temps (il est sorti en 1994 ou 1995 pour les cinémas, l'année décrite (1975) titrait déjà 20), d'une scène qui m'avait scotchée d'un jeune chevelu à lunettes grattant avec courage sur sa simple guitare un rif du meilleur Hendrix (ou Clapton) avant d'écouter l'original et de s'en griller une par désespoir d'écart et puis vaguement d'une naissance qui n'en finissait pas, et d'une manif à l'issue brutale ; une bouche de métro à contre jour en contre-plongée et des silhouettes qui cognaient en haut des marches.
         
    
Comme j'aime la madone, tant bien celle-là qu'aussi les autres, j'ai recherché ma vieille K7 des gros magnétoscopes.
J'en ai plutôt caressé l'idée qu'effectué la démarche car en voyant l'ampleur de la pile des orphelines poussiéreuses dépourvues d'étiquettes, je me suis dit qu'un miracle précédent (1) ne se répéterait sans doute pas deux fois et j'ai préféré décourageusement chercher le DVD au moyen de l'internet ; si je me gave l'usine c'est bien pour pouvoir au moins parfois dépanner les copains.
         
Il est venu vite malgré les jours fériés, la personne qui s'en séparait avait pris grand soin à son envoi et dans un tel cas l'indécrottable idéaliste que je suis s'imagine toujours qu'il y a transmission plutôt que simple vente.
Alors, avant de le passer à la madone quand nos emplois du temps permettront l'interstice, j'ai profité du grand sens du partage que possède Stéphanot et de l'absence temporaire de sa soeur pour me saisir de la télé et du home cinema (2) en cette veille d'un lundi qui n'en sera pas un.
      
 
J'ai donc revu le film. Non sans plaisir et parcelles de jubilation. Ce n'est certes pas le chef d'oeuvre du siècle. Mais la pêche et la vie y sont. Les féministes s'y trouvent plus vraies que nature et je suis avec elles, elles ont l'intransigeance de qui se sent pionnière(s).
          
La société qui commence sa déglingue (3) y transparaît aussi ; ainsi les plus attentifs tentent déjà quelque chose contre le chômage et entament ... une grève, avec l'insouciance particulière de ces temps-là qu'on pensait sombres alors qu'ils étaient surexposés en comparaison des grisailles à venir. Le sida, par exemple, n'existait pas ou seulement dans l'ombre, l'amour était plus libre, et en tout cas léger pour qui y accédait.
          
Je reconnais en Tomasi un camarade de mes propres classes dont la révolte sans rémission pour lui-même m'inquiétait.
La dame aux abricots à l'époque était prof d'anglais, je ne sais pas si elle s'en souvient :-) . Nous avons tous nos

Rabier Chabert qui nous insupportent mais qu'au fond nous aimons bien.

       

Je me débattais dans d'autres douleurs et existais personnellement en ce temps-là fort peu, il eût fallu que Cédric K filmât la bibliothèque plutôt que la permanence ou bien le foyer, cependant malgré mon âge pesant je suis à présent Bruno qui seul chez lui travaille ses accords, écoute ceux des pros, désespère et sans relâche sans doute recommence ; j'ai d'ailleurs en yaourt fait d'éclatants progrès ...
         
La grâce d'un tel film est que tous s'y reconnaissent, aux variations près d'extérieures circonstances, d'avancées médicales et de biens d'équipements. N'écoutez pas Anne C. n'en brisez pas les copies ; et réunissez-vous.
         
J'aimerais tant voir ce projet repris pour 2005 et les mêmes esprits confrontés au monde marchand, communiquant par téléfonini, bloguant leurs joies et leurs misères et leurs visions du monde, sapés griffés, ne fumant plus qu'en cachette de lois restrictives, vivants chez leurs parents car le travail n'arrive pas ou si peu payé. Qui de demain ou de notre veille sera le Cédric K.?
      

morceaux choisis : 

* " - Quand t'es une jeune nana ils veulent te violer et quand t'es une vieille te piquer ton sac."

* " - Là je sais pas trop si tu rigoles ou pas."

* " - Quand je sors [du boulot] j'ai tellement les boules que je peux plus rien faire."

*  " - S'il veut pas tu peux pas l'obliger sinon c'est toi qui es fasciste."

* (jeune prof d'anglais stagiaire à beau jeune homme chantant en yaourt anglophone) : "- Tu as un bon accent mais je sais pas dans quelle langue."

* (élève studieux) "- J'ai deux pays et deux guerres à réviser en trois jours."

* les filles aux garçons qui veulent entrer à leur club de réflexion féministe :

- On n'a pas tout le temps besoin de vous.

un des gars de la bande :

- Oui mais pas tout le temps ça veut dire un petit peu quand même. 

* (en préparation d'une grève générale contre le chômage) - On va quand même pas se battre pour travailler, non ?

- Chômons dés aujourd'hui pour ne pas chômer demain.
    
* (dans un cours) - Monsieur, c'est quoi la productivité ?
- Le rapport du produit au facteur de production.
    
* (dans le bonus) - Les retours d'acide c'est comme les crises de palud
   
* (le prof de maths, fin du cours) - Encore 5 minutes d'attentes et puis après je vous raconterai l'histoire du zéro.
    
* (mère de famille la clope à la main à son fils qui vient d'en allumer une) :
- Tu fumes maintenant ? J'ai pas envie que mon fils ait des poumons comme les miens.
    
* (extrait du casting) - Je suis plus ni chez elle ni avec elle.
      
(1) je recherchais pour une amie l'enregistrement  du documentaire "Toute marche mystérieuse vers un destin" sur Howard Phillips Lovecraft par Anne-Louise Trividic, Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic, et l'ai retrouvé au deuxième essai parmi 120 à 147 cassettes (j'ai oublié depuis leur nombre précis) empilées en vrac et sans étiquetage, datant du temps ou le travail salarié m'était à temps presque plein et les enfants petits ; j'enregistrais alors les K7 comme aujourd'hui les blogs dans mon agrégateur, dans l'espoir irréaliste mais ténu de trouver le temps un jour d'aller y voir enfin.
      
(2) Ce home cinema, gagné par tirage (au sort) a une longue (et jolie) histoire qui pourrait faire à elle seule l'objet par épisodes d'un blog plutôt marrant, sauf que je n'avais pas pris soin de sauvegarder les messages pour l'amie à qui je la racontais à l'époque. C'est trop triste. Il me faudrait voir s'il en reste des traces sur la copie mémoire de mon ancien ordi.
       
(3) je dis pas, c'était mieux avant, je n'ai par exemple jamais rêvé de faire femme au foyer, mais on n'était pas encore entré dans l'ère du "tout-économique-peu-importe-les-humains", même si le processus était déjà engagé.
       
Sur "Le péril jeune", plus d'infos par ici :
    
         
Ce billet est un tel truffon de private jokes and connexions que je me demande à la fin s'il est lisible en l'état. Il n'aurait plus manqué que je l'écrive sans "e" et le tableau eût été complet.

Commentaires

richard

NO PASARAN !!!!

bibiscocote

Quand je pense que j'avais à portée de main la vidéo du documentaire sur Lovecraft, produit par la boîte de prod de mon beau-frère, il y a une dizaine d'années à peu près!
A part ça, quand il y a beaucoup de liens dans un texte, je commence par lire une première fois sans cliquer sur les liens, et seulement dans une 2 ème lecture, je clique. Mais rassure-toi, malgré les private jokes, cela reste très compréhensible. Du coup, moi aussi, je vais essayer de remettre la main sur le "Péril jeune". Tu m'as doné envie de le revoir!

gilda

Ah ben mince alors, Richard et bibiscocote, quelle étourdie je fais, j'avais lu vos commentaires, sans pouvoir y répondre aussitôt et je ne les retrouve que ce soir.

merci à tous les deux d'être venu de Traces ... jusqu'ici.

peut-importe

Ce n'était ni clapton, ni hendrix mais "Ten-years after", chanson nommée "I'm going home"

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