La vie douce

 

La dolce vita - Federico Fellini - 1960


[nb : ceci n'est pas une chronique du film, mais quelques notes jetées après une 4ème ? 5ème ? vision]

Douceur-de-vivre-1960-22-gimage provenant de là

vu sur très grand écran (la salle de la Coursive), dans une copie restaurée de qualité extraordinaire en particulier sur le son.

Étaient-ce les conditions merveilleuses de projection ou que certaines scènes n'étaient plus disponibles dans les anciennes copies mais auraient été restaurées à partir de redécouvertes et ré-incluses, j'ai eu l'impression de découvrir certaines facettes du film pour la première fois. Mon souvenir comportait moins de scènes de cabaret, avait agloméré en deux ou trois séquences les scènes de soirées dans des lieux privés.

Je ne me souvenais plus de la fourberie de Maddalena (Anouk Aimée) qui est la seule à obtenir une déclaration d'amour de la part du beau Marcello ... alors qu'elle est hors de sa vue dans les bras d'un autre.

J'avais oublié la soirée décadente finale - comme ils semblent tristes, tous, en dépit de leur volonté effrénée de s'amuser - mais pas la scène finale au bord de l'eau et la jeune fille au sourire si réconfortant.

Je ne me souvenais plus d'à quel point la séquence du miracle était époustouflante de maestria avec ces plans larges de foule si bien chorégraphiés. Ni qu'un enfant mourrait. 

Je ne me souvenais plus que Marcello avait une régulière dont il tentait mais en vain de se débarrasser. Je me souvenais parfaitement de la si parfaite scène de ménage - qui l'a écrite semble connaître le sujet -, mais pensais que c'était entre notre héros et l'une de ses nombreuses maîtresses. Ce garçon, quelle santé ! (1).

J'avais oublié le petit chat, alors qu'il figurait sur une des affiches (et qu'il est kawaï à souhait) mais pas combien la musique de Nino Rota ajoutait au film. La scène de la fontaine sauf peut-être pour les amateurs de poupées blondes à gros nichons, est très décevante en fait. Mais j'aime que d'un seul coup ça soit le matin. Je suppose que c'est l'impression qu'on a après une nuit d'amour.

J'avais totalement zappé la séquence offerte à Adriano Celentano, alors tout jeunot.

Je n'avais pas oublié ce que les paparazzi doivent à Paparazzo, ni le sort de Steiner.

Dans quelque domaine que ce soit, un chef d'œuvre se caractérise sans doute précisément par ça : même si on a cru que notre mémoire en avait tout retenu, bouche bée, il nous reste à chaque vision, lecture ou écoute une infinité de choses à découvrir, et à mesure que notre culture personnelle s'accroît on décrypte davantage, en particulier dans les clins d'œil - hommages dont les grands cinéastes aiment à parsemer leurs œuvres - j'avais tout oublié de la séquence Vertigo, d'ailleurs -.

La vision de la société et la façon de filmer étaient à ce point en avance sur leur temps que le film n'a pas vieilli. On pourrait presque s'étonner que les personnages ne disposent pas de téléphones portables (2).

Le revoir m'a fait un bien fou. Je crois que j'ai un faible pour les hommes aux œuvres foisonnantes et qui ne reculent devant rien pour pêter la santé et une séduction pétrie de générosité (en littérature : Hugo, Rabelais, Barbey d'Aurevilly et Bartelt sont de bons exemples, quoique le premier manquât d'autodérision).

 

 

(1) Pour le reste son comportement n'est pas sans rappeler celui de #MaGrandeDiva. Pourquoi faut-il que les humains, dès qu'ils sont beaux, abusent ?

(2) J'aimerais lancer une série de films délicatement parodiques mais néanmoins admiratifs et qui seraient les remakes de grands mais saupoudrés d'internet et de téléphonie. Ne serait-ce que pour voir le bazar que ça mettrait dans les intrigues. 

l'article IMDB sur le film

coefficient de mal de mer : 2,5/10 (la scène Vertigo)
stroboscope : 0 (le charme des vieux films, pas de danger qu'il y en ai) 

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