Cahier du jour, déconfinement jour 27 : Macallan's day

Déconfinement officiel 1 jour 54

Clichy, Montrouge

Partir au boulot en RER, bosser toute la journée (avec l'un de mes collègues qui explique particulièrement bien ; ce fut un plaisir).
un déjeuner en pizzeria entre collègues. Je redécouvre une activité qui peut être fort plaisante (c'est ici le cas) et que ma vie de libraire avait quasiment fait disparaître puisque souvent nous nous relayons en boutique ce qui implique un déjeuner seule et en coup de vent. Je remarque que les doggie bags vont désormais de soi. Ce qui m'arrange fort : je ne suis plus capable de manger une pizza en entier.
RER B (à Gentilly, parce que finalement c'est plus agréable comme marche et pas tant plus loin) puis RER D pour aller à Créteil déguster des whiskies dont un Macallan 18 ans distillé en 1984 (1). Covid-19 oblige et notre vieillissement, sans renouvellement des générations : nous sommes beaucoup moins qu'autrefois. 

La conversation, en dehors de ce que nous dégustons, vole sur le confinement que dans l'ensemble nous avons apprécié, y compris un jeune couple avec enfants petits qui est à notre table et a été malade (du moins les adultes), sans certitude absolue puisqu'il n'y avait en France que peu de cas testés, mais ça y ressemblait fort. Elle dit du bien de la façon humaine et intelligente dont la crise dans l'entreprise où elle travaille, a été prise en compte. Un détail plus tard, je me retrouve émue et pourvue d'une forme d'étrange fierté par procuration.
Un des plus jeune vient d'être papa pour la seconde fois : une petite Agathe d'un mois et demi. Malgré qu'elle est née pendant l'épidémie, il a pu être présent lors de l'accouchement et ils n'ont pas trop soufferts de complications dues à l'épidémie.

Retour en voiture avec Marie-Hélène et une personne du Clan : nous avons pas mal discuté des vélos et leur place grandissante et des difficultés pour les automobilistes désormais et voilà : j'ai beau faire partie du mouvement qui voudrait que seules les circulations douces aient leur place dans la très grande ville, je dois reconnaître que je suis bien contente d'avoir une amie automobiliste pour me permettre de rentrer en fin de soirée. C'est le problème général avec l'écologie : nous sommes nombreuses à vouloir tenter de sauver ce qui peut l'être mais dans le cadre de la vie quotidienne bon nombre de nos actions sont néfastes pour l'environnement. 

Quelques petites écritures vite avant d'aller dormir. Je voulais envoyer un message précis à une amie mais tombe tant de sommeil que je me contente d'un mot pour lui dire que je lui enverrai un message.

 

(1) tandis qu'un Macallan 12 ans d'âge était offert par ses collègues à l'un des colocs du fiston. 
Non, ce touite n'est pas sponsorisé. 

 

 

 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
11 170 010 cas (dont : 528 228 morts (132 043 morts aux USA) et 6 232 789 guéris

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Chroniques du déconfinement jour 25 : retrouvailles à l'Attrape-Cœurs

Déconfinement officiel 1 jour 52

 

Ça y est, nonobstant le début qui correspondait à une brève course à faire et la fin (dans Malakoff j'ai tourné à droite trop tôt, me

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créant une boucle inutile) j'ai trouvé le bon trajet efficace aller et qui utilise à fond la remarquable bidir de la porte de Vannes.

Je passe une bonne journée de boulot, avec pour finir une amie libraire au téléphone. Du coup j'aide activement à trouver une solution pour elle et en retire une satisfaction d'être utile. 
C'est déjà ça.

Note pour la prochaine fois : le trajet en métro peut se faire direct ligne 4 en fait jusqu'à Marcadet Poissonniers ou peut-être Château Rouge. Il met un peu moins d'1h.

Le bonheur de la journée aura donc été les retrouvailles à l'Attrape-Cœurs, prudents, masqués, sauf pour boire (mais plutôt peu) et manger (mais plutôt moins qu'avant), ayant beaucoup à se dire malgré nos échanges électroniques réguliers. Nous nous sommes partagé·e·s les "devoirs de vacances" : lectures de la rentrée à faire pour l'été. Une des libraires de l'équipe va bientôt prendre sa retraite et qui sera remplacée par une apprentie - ce qui rend un de mes touites (ou statut FB je ne sais plus) récent prophétique -. 

Bon, j'ai de toutes façons un nouveau boulot.

Retour à pied pour partie en compagnie d'un couple d'amis - je préserve leur anonymat -, que j'étais si heureuse de retrouver ; même si, là aussi, nous étions restés durant le confinement en contacts très régulier.

La majorité d'entre nous a apprécié cette période où l'on pouvait vivre calmement au ralenti. Une seule a parlé de "promenade du prisonnier" (alors qu'elle évoquait les 1h de marche max par jour). Les autres n'étaient pas d'accord pour l'emploi de ce terme.

Une des amies du groupe vit en Allemagne qui nous disait que deux Länder ont reconfiné ainsi que deux immeubles dans Berlin. Dans ce pays voisin on laisse son identité dès qu'on entre durablement dans les lieux clos (coiffeurs, restaurants ...) : il faut pouvoir être facilement recontactés pour être testés en cas de contamination de quelqu'un qui y était au même moment. 
Moins liberticide qu'une appli. On compte sur le civisme des gens. Pragmatisme.

Dans bien des pays dans le monde l'épidémie reste en pleine force, voire reprend de la vigueur.
Nous étions plusieurs à rester prudent·e·s pour l'automne.
Une des femmes du groupe était absente et Erika l'a jointe au téléphone : elle n'est pas malade mais a été durement touchée : son beau-frère est mort de la #Covid_19 et sa sœur s'est retrouvée en réanimation. Elle devait partir le lendemain matin à Bruxelles régler des questions liée à un (des ?) décès. Cette épidémie aura touché ou non les familles de façon extrêmement contrastée d'où des réactions diamétralement opposées entre les personnes qui ne connaissent directement aucun malades et voient le confinement et les précautions que nous prenons encore comme une sorte de débilité, et celles qui ont vu leur vie basculer et doivent avoir envie de tout casser en constatant la coupable insouciance des autres. 

Avant d'aller me coucher, et puisque j'ai reçu mon bulletin de salaire aujourd'hui (et la paie en virement la veille), je fais mon actualisation Pôle Emploi et ainsi me désinscris. Quel soulagement ! 

 

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Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
10 789 857 cas (dont : 517 974 morts (130 767 morts aux USA) et 5 929 052 guéris

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Chroniques du déconfinement jour 13 : des retrouvailles qui m'ont fait plaisir

Déconfinement officiel 1 jour 40

 

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Vélotaf avec le VTT jaune, dont la remise en état me déçoit un brin, mais qui a cessé d'avoir la roue arrière avec du jeu. Je le confierais hors période de rush à un atelier ami, lequel n'a pas de place en ce moment.

Je m'accorde enfin la rue de Rivoli offerte aux vélos. Ça fait rêver, on aimerait toute la ville ainsi et les véhicules à moteurs uniquement lorsqu'ils sont indispensables. 

Le hic c'est qu'ensuite le parcours le plus direct n'est vraiment pas vélo-friendly : remonter Saint-Michel en jouant avec les bus au chat et à la souris ; passer par plusieurs carrefours bien costauds, où la piste cyclable s'efface ou bien prend un tour si bizarre et impraticable qu'il semble plus sage de rester parmi les voitures. 

Il faudra que je trouve une suite possible à ce bout merveilleux.

Retour par le Bois de Boulogne, en affinant. L'idée est de trouver un itinéraire qui survivra aux premières nuits longues. Les petits chemins marrants à faire à la saison ne le seront à la rentrée plus guère.

Chouette journée de boulot en formation auprès de mon collègue Romain. J'aime bien la partie "sites" et ai assisté à une réunion fort intéressante en terme d'étape nécessaire pour transformer les demande de clients en points de développements concrets. J'ai beaucoup appris.

Le déjeuner collectif du midi a été pour moi l'occasion de retrouver quelqu'un avec qui j'avais taffé en tant que libraire volante et même si nous n'avons rien pu nous dire de personnel, j'étais si heureuse de la retrouver ainsi, et en plus heureuse dans son nouveau poste et avec un employeur hyper respectueux, payant les heures supplémentaires, accordant d'emblée toutes les absences nécessaires pour un deuil, bref, le rêve (1).

Toujours aussi étrange pour moi de sortir du taf en me sentant physiquement si légère. J'avais vraiment intégré le mal de jambes, genoux douloureux de fin de journée comme un état normal. Là, je suis super heureuse de retrouver mon biclou pour ENFIN bouger un peu.

Notre fille sortait mais n'est pas rentrée si tard même si elle ne s'est pas attardée. Nous étions donc les deux petits vieux - en pratique, rentrant chacun vers 20h30 nous avons dîné en même temps puis vaqué chacun à notre "restant à faire" de la semaine, moi l'écriture, les messages à répondre ..., lui ses obligations de président de club sportif. Et soudain il est fort tard.

Mini LT des infos italiennes. L'épidémie avait la veille connu une remontée mais est à nouveau à la baisse (ouf !). Et l'événement du jour ne concernait pas le #Covid_19 mais Alex Zanardi, un ancien champion de sport automobile reconverti en handisport après un accident qui avait failli lui coûter la vie en 2001 et qui venait, alors qu'il participait en handibike à un événement sportif, d'avoir eu un grave accident de la circulation.  

 

(1) C'était pour moi le cas au Connétable ; mais c'était moi qui ne voulait pas m'absenter sachant que si je ne venais pas c'était Leslie qui devait s'y coller. Alors je mettais un point d'honneur à m'absenter le moins possible. Dans la librairie dont je parle ils sont trois à l'effectif, si j'ai bien compris, donc si une personne a un lourd souci familial le boulot se répartit sur deux. 

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8 746 703 cas (dont : 461 778 morts (121 402 morts aux USA) et 4 619 651 guéris)

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Chroniques du déconfinement jour 5 : les retrouvailles avec Le Fiston

Déconfinement officiel 1 jour 32

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À vélo au boulot (3ème jour) et rentrée de même en partant presque tôt (18h50 pour de 17h30 théoriques mais c'est particulier, je suis en phase de formation) en passant pour le plaisir par le Bois de Boulogne.

Puis aller passer une chouette soirée chez Le Fiston et ses colloc' avec JF, malgré des sujets de conversations peu rigolo au bout du compte, comme si l'épidémie même en n'en parlant pas plus que ça, ou simplement pour prendre des nouvelles de nos confinements respectifs, avait orienté vers du catastrophique (Goussainville en 1973, l'accident mortel devant chez nous à La Haye, l'oncle de JF assassin ... (1)),
et de rentrer sous une bonne pluie ce qui faisait longtemps (et du bien). Grand plaisir et émotion de retrouver mon fils après près de trois mois sans se voir.

Avant de me coucher je regarde le défi des Bisslet games revisités avec les frères Ingebrigsten et Cheruyot pour cause d'épidémie et trouve que c'était une fausse bonne idée, les conditions (météo, altitude ...) n'étant pas fair-play. De plus ça a de facto un côté "blancs" contre "noirs" qui rend mal à l'aise.

Dommage, la course de Jakob est parfaite.

Au cours du trajet aller du matin, porte d'Orléans, grand déploiement de pompiers, forces de l'ordre, tout. Je crois d'abord à un accident, puis à un incendie (moyens déployés et odeur). Un collègue dira plus tard qu'il s'agissait d'une voiture encastrée dans un camion. À vélo je parviens à passer mais c'est un peu chaud. 

Les bureaux étaient presque vides, du fait du télétravail persistant. Le DG est lui aussi cycliste et m'accueille dès lors avec une forme de sympathie motivante, car nous nous croisons d'abord à vélo (mais j'ignore qui il est à ce moment précis). Les temps changent, et parfois en bien : ceux qui décident donnent le bon exemple plutôt que de disposer de voitures de fonction.

Le responsable du département pour lequel je vais travailler me fait faire le tour des bureaux et si j'en parle c'est pour le côté conséquences de l'épidémie : tous les services purement techniques ont leurs personnels en télétravail. Et dans la salle où normalement bossent ceux qui font à distance les installations chez les clients, les écrans pris en contrôle à distance via team viewer sont allumés et actifs tandis que les sièges sont vides. J'éprouve un violent vertige dystopique. Et en même temps il faut reconnaître que c'est assez beau.

Nous déjeunons à quatre dans une crêperie pas trop éloignée et qui est ouverte grâce à une cour intérieure qui permet de disposer de tables en extérieur. À la guerre comme à la guerre.

À un moment donné un collègue reçoit sur son téléphone portable un appel personnel, s'en excuse et va répondre (rude tâche des parents d'enfants jeunes qui sont encore tenu même si certains profs et certains enfants ont repris, pour beaucoup de leur faire encore un semblant d'école à la maison) et soudain je prends conscience qu'on n'a plus de teléphones fixes dans des bureaux sur le bureau. La dernière fois que j'ai eu un emploi de bureau ils existaient encore. À présent l'équivalent ce sont des appels au casques mais pour le coup ça met une barrière : les appels perso que l'on peut être amenés à passer se font désormais uniquement sur les téléphones personnels. Et ce sont des appels professionnels qui pour différentes raisons ont parfois lieu avec et sur les téléphones mobiles personnels. Comme le monde a changé en relativement peu d'années ! 

(je ne dis pas que c'était mieux avant, ni mieux maintenant, sur ce point précis je n'ai ni préférence ni avis, je constate simplement un changement).

Nous avons mis des masques pour aller (à pied) chez le fiston. Aucune obligation mais nous ne sentions mieux comme ça. Bien sûr les masques ôtés une fois arrivés. Mais dans la rue, portés. 
Paradoxalement je ne porte plus mon masque anti-pollution lors de mes trajets à vélo : porter un masque dans les bureaux toute la journée, induit une saturation.

Pas du tout suivi les infos, puisque j'étais toute la journée soit à vélo, soit en train de travailler, soit à la soirée chez notre garçon. Je vais peut-être jeter un coup d'œil avant de dormir, la période particulière entraîne une sorte de devoir de savoir.

 

(1) J'ai bien tenté de redresser la barre en évoquant Enzo, ça n'a pas suffit.

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7 575 073 cas (dont : 422 841 morts (116 016 morts aux USA) et 3 831 868 guéris) 


Chroniques du confinement jour 73 : "Barrière 7", peinture et négociations - mort de Guy Bedos

Déconfinement officiel 1 jour 18

                                                                                                            

Fullsizeoutput_1b26Alors ce matin c'était "barrière 7", qui finalement fut : les barrières de côté à hauteur de la rivière Angoville. Il se trouve en effet qu'après la barrière 6 (Le Manoir), il y a un long passage sans routes transversales. 
Ce point de repère m'a donc semblé être parfait pour le jalon suivant. Le trajet en tout fait ainsi 12 km à peu de choses près. 

Sur la photo le coureur est en vêtements longs par une fantaisie de sa part : il faisait 14°c dès 8h30 et short et tee-shirts suffisaient amplement. Fullsizeoutput_1b2a

Plus tard dans la journée il y eu juste un peu de vent (cyclable je pense, cependant ; et pas gênant pour bricoler au jardin, à condition de veiller à ne rien laisser traîner de léger)

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Capture d’écran 2020-05-28 à 12.29.28 Je n'ai pas cherché à aller vite, simplement à le faire. L'idée est de redevenir capables avant le quitter la Normandie de parcourir la distance qui était celle de nos entraînements longs habituels d'avant le confinement.  Qu'au moins sur la course à pied dont nous avons pu maintenir la pratique même si elle était limitée, nous n'ayons pas régressé.
Sur la natation ça risque d'être terrible. On va vers du 5 ou 6 mois sans.

Il y a eu des coups de fils de l'Homme de la maison avec son boulot, il a indiqué que comme je débutais un nouveau travail le 8 juin je n'aurais pas de congés cet été et que donc vraiment nous souhaiterions rester jusqu'au week-end d'après. Il semblerait que moyennant quelques travaux qu'il va pouvoir faire à distance, ça soit bon. 
Immense soulagement.

Savoir que j'aurais probablement le temps de terminer m'a redonné la pêche pour avancer les travaux de petite remise en ordre et en état. 

J'ai tenté d'améliorer les joints faits la veille, puis décapé et peint l'extérieur de la petite fenêtre du premier. Puis peint le chambranle mais en fin d'après-midi, après que JF eu fini une cession d'entraînement de pétanque sur son practice personnel. Pendant ce temps j'ai un peu dormi et pas mal lu.

Ensuite j'ai rangé bien des cartons et objets afin de dégager la partie près de la fenêtre dans l'idée le lendemain d'attaquer la tringle à rideaux de la fenêtre avant. C'était au tour de l'Homme de se reposer.

Toujours en fin d'après-midi j'ai enfin fait ma cession "recollages et réparations". Efficace sauf pour les vieilles chaussures. Je devrai trouver une autre colle que la Super Glu 3. Sur les matériaux où ça fonctionne c'est impressionnant, quelques secondes et tout est fixé. Je ne la manipule plus sans des gants fins de protection ni protection de la surface au dessus de laquelle j'effectue la réparation. 

 


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Après le dîner, petite balade, vers le Donjon, la partie jardin public de la butte, qui ne permet hélas plus d'y monter (depuis 1993 dit la copie de l'arrêté municipal affiché). Cela dit le péril (chutes de pierres) se comprend. Il y a une petite maison en bas de la butte dont le jardin arrière est délimité par la butte elle-même. C'est curieux, de la fenêtre ses habitants doivent voir : un mur de terre gazonnée pour tout horizon.

La partie qui surplombe ce qui ressemble à un garage est à pic. En région parisienne il y aurait déjà deux niveaux de barrières. Ici on semble faire confiance à l'intelligence des gens - ou espérer qu'ils ne finissent pas trop bourrés en ces lieux leurs soirées -.

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Au retour remise en place de la fenêtre. L'odeur de peinture semblait supportable.
J'étais vannée mais soulagée d'avoir une bonne chance de terminer ce que j'estime être le minimum vital pour l'état de la maison avant le retour.
Des annonces ont été faites par le premier ministre. Les statistiques de l'épidémie étant plutôt encourageantes, la limite des 100 km est supprimée (ouf), les parcs et jardins vont rouvrir et peu à peu pas mal de choses. Je n'ai pas suivi tout le détail, mais il m'a semblé que pour la première fois depuis la montée en force de l'épidémie, les mesures semblaient relativement cohérentes. 

En Italie aussi, les différentes étapes du déconfinement s'enchaînent pour l'instant sans augmentation des comptages. 
J'ai fait un bref LT d'un TG de Rai News 24 (ce n'était pas Riccardo Cavaliere qui présentait, j'étais moins motivée). 
Ce qui se passe aux USA avec un "agent orange" de plus en plus hors limites est fort inquiétant ; davantage que l'épidémie même. Ces jours-ci les réseaux sociaux sont dans le collimateur.

Au Royaume-Uni le non respect des règles par un conseiller de Boris Johnson a vraiment déclenché une vague de colère sans précédent. Et d'humour anglais également. Capture d’écran 2020-05-29 à 00.46.18
Barnard Castle était la destination du voyage controversé de Dominic Cummings. Il faut dire que pris en flagrant délit et finalement obligé de s'exprimé lors d'une sorte de conférence de presse sur une table dans un jardin, il a confirmé avoir fait le trajet jusqu'à cette ville pour ''check his eyesight'' (tester sa vue) en conduisant à la fin de sa période d'auto-quarantaine due au coronavirus. 
Ça a du coup donné plein de meme, mon préféré so far étant celui-ci

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J'ai appris en toute fin de journée, par JF qui scrollait un fil d'infos sur son téléphone que Guy Bedos était mort. Il était âgé mais ça me rend bien néanmoins un peu triste. Dans les années 70 et 80 je le trouvais drôle, nous l'avions vu plusieurs fois en spectacle et j'adorais le moment où il faisait du mauvais esprit sur les infos du jour. Plus tard, j'ai fini par me lasser, j'avais l'impression qu'il se copiait lui-même. Il savait toutefois encore faire mouche. Enfin il y a quelques années, s'est trouvée une période où je le croisais au théâtre, parmi les spectateurs je veux dire, ça en devenait presque amusant : non seulement nos choix étaient les mêmes mais même jour même représentation.
J'ai aussi des souvenirs de fou-rires lors de repas de famille avec mes cousines et ma tante Geneviève qui à l'époque l'appréciaient (années 70 et 80) et racontaient ses spectacles en y mettant du leur. C'était encore plus drôle.
Bon, à nouveau, un jalon de fin d'époque, de page qui se tourne et le sentiment de devoir raconter, vite, ce dont nous serons bientôt la dernière mémoire et qui fut significatif.

 

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5 867 318 cas (dont : 360 398 morts (dont 103 189 morts aux USA) et 2 569 451 guéris) 

 





Chroniques du confinement jour 63 : coucher de soleil et ISS

Déconfinement officiel 1 jour 8
Jour de l'annonce du décès de Michel Piccoli 

C'est un jour de fatigue jusqu'à après la sieste, ce qui limite singulièrement le temps efficace, même si je n'ai pas rien fait et bien lu (toujours The Beatles Tune In). Peut-être que j'accusais le coup de l'annonce du décès de Michel Piccoli. Non que ce fût une surprise, il avait 94 ans (et semble-t-il n'est pas mort du #Covid_19), mais qu'il est l'un des derniers d'une époque qui ne me semble pas si lointaine. Et puis j'ai un excellent souvenir du jour où lors d'une remise de prix littéraire, en la compagnie des amies de l'Attrape-Cœurs, je l'avais croisé (en plus des souvenirs de films vus, bien sûr). 

JF est allé chercher 1 sac à déchets végétaux en vue d'une expédition prochaine à la déchetterie - puisqu'il semblerait que l'on puisse y accéder à nouveau -.

Nous avons décidé de conserver le rythme des séances de Tabata alors j'ai repris une des premières et trouvé des musiques ailleurs (en replay le son est coupé sur la plupart des passages). C'est amusant, lors des premières séances, il y avait quelques ratés techniques et des vannes familiales. Et puis toujours : il faisait nuit. 

À présent le soleil se couche à 21h45, et si nous avons pu aller nous régaler d'un coucher de soleil fabuleux, je persiste à penser que ces deux heures de décalage sur l'heure naturelle ne nous font pas de bien. Si je parviens un jour à la retraite, j'essaierai de vivre à l'heure solaire. 

J'avais lu auparavant dans la presse locale en ligne que les plages étaient désormais toutes autorisées (sauf une qui n'avait pas reçu le document officiel avant le week-end). Pour autant nous n'avons entrevu que cinq personnes : une silhouette seule assise vers les maisons et qui attendait le coucher de soleil en prenant des photos, trois jeunes hommes dans les dunes, qui semblaient jouer à quelque chose près d'un accès avec un drapeau. Et un homme seul qui de loin remontait de la plage vers les dunes à peu près au niveau de ce même accès. 
Il y avait un bateau de pêche, immobile.
Deux voitures qui vinrent se tenir à des moments différents sur la jeter, comme pour jeter un coup d'œil mais vraiment pas plus.
De loin quand nous repartions, un promeneur de chien, dans les rues. 
À part ces silhouettes furtives, nous avons été seuls pendant plus d'une heure, avec les oiseaux, et la beauté du ciel et des lieux.
Nous aurons au moins vécu ça.

Plaisir en plus : nous sommes rentrés à la bonne heure pour que je puisse assister au passage de l'ISS. Ça y est je commence à mieux maîtriser Heavens' Above. En fait il faut imaginer qu'on est allongé sur le sol la tête au nord, les pieds au sud et que l'on tient notre téléfonino droit au dessus de nous. Puis viser avec le petit cercle qui apparaît la trajectoire du satellite que l'on souhaite suivre. Je n'ai pas eu les larmes aux yeux comme la première fois mais en me tenant sur le parking du Aldi j'ai pu la suivre vraiment bien et même ensuite en courant jusqu'au jardin la voir jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière l'horizon nocturne.

J'ai complété, une fois n'est pas coutume, ce bonheur par a dram of Highland Park et voilà. 

C'est triste de devoir l'accès aux bonheurs simples à un grand malheur général - sinon un lundi soir nous serions au boulot, dans les transports, et à rentrer trop vannés pour faire quoi que ce soit en le savourant -. 

Le LT des infos de Rai News 24 était moins intéressant à faire que d'autres soirs, j'ignore la part due à peut-être moins d'infos cruciales - moment de transition entre le lockdown et la suite vers encore davantage de vie "normale" ou un retour en arrière si l'épidémie repart, donc voilà, l'Italie redémarre mais en retenant son souffle - ou celle due au fait qu'entre toutes et tous qui présentent j'ai une nette préférence pour Riccardo Cavaliere. Il a une façon simple d'aller à l'essentiel, et une justesse de ton qui me font du bien, même s'il annonce le drame. Et puis un côté professionnel parfait, que j'apprécie quelle que soit la profession des gens qui ont un tel comportement. 

La journée aura été ponctuée d'échanges messagers avec les enfants, sur des sujets variés et différents, ce qui porte, d'une certaine façon. 

J'ai beaucoup aimé un billet d'Emmanuel Requette, sur ce qu'il faisait déjà et comptait faire en plus. Je ne suis pas dupe : il faut avoir les moyens au départ de pouvoir se permettre d'agir ainsi, et s'y tenir farouchement. Mais beaucoup ont ces mêmes moyens et se contentent de faire du fric. Donc tant mieux si certain·e·s de celles et ceux qui peuvent en profitent pour travailler avec la plus grand intelligence et sensibilité.

Grâce à Agriskippy, j'ai pigé un certain nombre des choses que j'observe jours après jours auprès de nos voisines. Aujourd'hui, pour la première fois, j'ai entendu (et vu) une vache éternuer. Ce n'est pas que ça soit une surprise et le son de l'éternuement ressemble assez au nôtre, seulement je n'avais jamais songé à la question. C'était mon Today I Learned de ce lundi. 

Capture d’écran 2020-05-19 à 01.42.34 PS : La voiture que nous avons croisée vendredi soir pilotée par un conducteur bien imprudent et peu soucieux des autres n'en était qu'à ses débuts d'un week-end de grand n'importe quoi. Je suis tombée sur l'info par hasard en cherchant celle sur les plages ouvertes et me suis sentie rassurée qu'il soit hors jeu pour un moment mais sans que rien de grave ne soit survenu. 

 

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4 870 474 cas (dont : 319 186 morts (dont 91730 morts aux USA) et 1 893 629 guéris) 


Chroniques du confinement jour 62 : Les pieds dans l'eau ! (comme une victoire)

Déconfinement officiel 1 jour 7

Alors un peu de sport : courir jusqu'à la barrière 4 et noter que ça fait 7 km. Comme nous ne nous étions pas levés si tôt que ça, la fin de matinée est arrivée très vite après. 

Il faisait un temps merveilleux. Longtemps plus tard on se rappellera ça, du moins si l'on y survit : pendant l'épidémie de #Covid_19 il faisait beau presque tout le temps, et puis sinon un peu de vent et à Paris un gros orage, très ponctuellement. 

Après la sieste, comme j'avais lu sur le site de La Haye du Puits que les plages de la communauté de communes de La Haye avait réouvert au public, nous sommes allés à Surville. Il n'y avait presque personne et nous avons marché un bon moment. J'avais prévu le coup : j'étais en short et sandales que j'ai ôtées pour pouvoir marcher les pieds dans l'eau et alors c'était une solide bouffée de bonheur d'être arrivée jusque-là - même s'il y a une frustration de la non-baignade, d'autant plus qu'en arrivant nous avions croisé quelqu'un qui en sortait (avec combi) -. 
Je me sentais heureuse comme on peut l'être grand enfant : capable de ressentir les choses en les analysant mais pas encore bouffé par les désirs qui compliquent plus tard les choses, ni en charge mentale de lourdes responsabilités (du moins quand tout va bien). Après tout ça correspond à ma situation actuelle, puisque j'ai la chance d'être entre deux boulots, et que je suis suffisamment âgée pour que le corps désormais me laisse en paix - une paix heureuse puisque de la tendresse y est -. 

C'était comme une victoire d'avoir tenu le coup jusque là. 

Restait que ce bonheur parfait était enchassé dans un malheur collectif immense. Pour une fois je suis parvenue à me dire que n'y pouvant rien et ayant fait de mon mieux pour avertir les autres d'informations qui n'étaient alors pas suffisamment partager, je pouvais peut-être m'autoriser le temps de quelques kilomètres de marche à pied, à n'y plus tant penser. Il faut bien qu'il y ait quelques compensations au fait de n'avoir ni forte fortune ni pouvoir, ni même responsabilités agissantes potentielles. 

La sieste avait été tardive car la taille de la haie côté rue nous avait occupés entre 12h et 14h (un peu moins en fait). Très volontairement effectuée un dimanche, jour de moindre circulation. Un piéton peut désormais normalement passer. Reste le risque car le trottoir, haie ou pas, est étroit, qu'un fou du volant frôle quelqu'un et le mette en danger. 

En fin de soirée un brin de tracas pour Le Fiston qu'une tique a piqué m'aura accaparée un moment (j'essayais de retrouver une photo vue sur la TL de Doc Arnica pour identifier un érythème migrant et par ailleurs de lui envoyer quelques liens). Il semblait avoir fait ce qu'il fallait. 
Je n'ai alors pas suivi les infos italiennes ni même écrit directement ici (rattrapage ultérieur), car le sommeil déboulait. Il faut dire qu'il était quand même 0:45.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
(pas eu le temps de noter les comptage de cette journée)


Chroniques du confinement jour 61 : Les retrouvailles avec les vélos

Déconfinement officiel 1 jour 6

Journée de grand beau temps, c'était presque dommage de ne pas aller courir, même si se réveiller en prenant son temps est un luxe formidable comme celui de passer du temps à tenter d'identifier un oiseau (une bergeronnette peut-être) dont je n'avais pas entendu le chant, seulement vu le plumage jaune sur le devant, un capuchon noir sur la tête, la petite taille et le cou gracile.

L'heure du déjeuner est venue trop vite. J'ai cru faire la sieste en lisant mais Le Fiston a téléphoné ce qui au vu de son bonheur de vivre, malgré la dureté des temps, m'a redonné de l'énergie, j'ai donc regardé des documentaires dont un sur le dopage dans l'e-sport dont il m'avait parlé et un autre sur Pink Floyd.

Nous avons finalement eu le courage, en fin d'après-midi, par un temps radieux, d'aller chercher les vélos aux box. Pneus un peu dégonflés, retour par la voie verte. Plus tard j'ai retrouvé la bonne pompe (restée dans la maison) et les enceintes de la chaîne Hi-fi, que j'avais cru mises aux box, mais en fait non et pas non plus dans la soupente. J'y ai trouvé trace de quelques mini-mulots et ai dû nettoyer.
Un aller-retour en plus avec le diable afin de récupérer le carton du matériel de vélo et deux autre cartons tant qu'à faire. Puisqu'il va bien falloir commencer à ranger. En revenant, comme la voie verte surplombe le cimetière, j'ai vu que des plantes de la tombe des parents étaient tombées. Je suis allée y mettre bon ordre. Sur la tombe de ma Tante Marie-Thérèse les pots avaient valsé aussi, probablement le grand vent des jours précédents. J'en ai profité pour arroser ces plantes. Il y a quelque chose de très réconfortant pour moi dans le fait de "passer voir" nos morts, quand bien même je n'y rattache aucune imagination de superstition ni illusion. Mais c'est l'occasion d'un recueillement, si bref soit-il, en pensant à celles et ceux qui nous ont précédé. Je me sens un petit maillon d'une longue chaîne et c'est apaisant. 

Il n'était pas trop tard pour reprendre une séance de Tabata parmi les premières. Le son hélas est tout caviardé, sans que l'on sache trop pourquoi. J'ai retrouvé par ailleurs des musiques pour une prochaine fois. C'est troublant de constater qu'au début du confinement, il faisait nuit à l'heure de la séance. On mesure ainsi (même si le changement d'heure ajoute un twist), que vraiment un bon pan de temps s'est écoulé.

J'ai reçu de la part d'un ancien collègue et responsable un appel téléphonique pour me proposer un travail pour un temps. C'est là que l'on mesure à quel point la pandémie change la donne. Déjà la nécessité d'un tel appel n'aurait pas eu lieu d'être sans elle et ses premières conséquences. Ensuite, j'eusse été tellement ravie de dire oui, alors qu'à présent mettre en jeu ma santé pour un tout petit salaire même avec des super collègues, un métier que j'aime, des clients principalement sympathiques, ne m'emballe pas (1). Nous ne sommes pas dans un jeu video, je n'ai pas d'existence de rechange. Enfin, j'ai à présent un autre emploi prévu et la question de faire faux-bond ne se pose même pas.

D'autant plus que je crains fort que l'épidémie ne s'en tienne pas là, alors changer de métier est un choix délibéré en fonction de cet avenir collectif là. 

La proposition m'a en tout cas fait plaisir et j'ai été peinée de devoir refuser. Compte tenu des circonstances, c'était en fait un non-choix. La même proposition avant l'épidémie (et donc avant aussi mon changement d'orientation qu'elle a influencé) m'aurait fait sauter de joie. Les temps ont déjà changé. 

Félicien Kabuga, l'un des principaux responsables du génocide au Rwanda en 1994, aurait été arrêté à Asnières à 84 ans, où il vivait depuis des années sous un faux noms. Pas pu m'empêcher de penser, Est-on certains qu'il ne s'agit pas de Xavier Dupont de Ligonès ? 

Lu via Alice un extrait de livre particulièrement atroce (Adolf Rudnicki "Les fenêtres d'or"),  sur la révolte du ghetto de Varsovie. Et constaté que Dr Caso s'appliquait en ce moment à bloguer pour une bonne partie des mêmes raisons que moi : 

Je trouve, mais vous avez le droit de ne pas être d’accord avec moi, que nous vivons des moments historiques, et que donc il est très important de prendre des notes, des photos, des souvenirs, des petits bouts du quotidien, parce que sinon, dans 50 ans, on regrettera tous de ne nous souvenir de rien.

Même si pour ma part je relativiserai le côté "moments historiques". Seul l'avenir le dira. Effectivement il y a une probabilité non nulle que la pandémie qui aura éclatée à grande échelle début 2020, soit plus tard une date charnière ; pas nécessairement historique en tant que telle (nous n'aurons fait, sauf professions "sur le pont", que mourir ou rester chez nous), mais en bornage d'une époque et début d'une période troublée et pourvue de nouvelles façons de vivre - au moins un plus grand recours aux possibilités des outils technologiques quotidiens -.

Un pianiste, Dan Tepfer, s'est amusé à inverser les Variations Golberg. Sans surprise : c'est beau quand même. Et très intéressant. J'ai l'impression que Bud Powell, l'air de rien a déjà fait quelque chose comme ça, dans certaines impros en tout cas. 

J'ai longuement LT les TG italiens. Ça déconfine tout en tentant de calmer le jeu. J'apprécie la façon dont Giuseppe Conte tente au mieux de faire face. Je me trompe peut-être puisque cela faisait un moment que je ne suivais plus la politique italienne que de loin, mais j'ai l'impression qu'il s'est trouvé en poste sur un effet de consensus en mode plus petit dénominateur commun et qu'il s'est révélé en stature d'homme d'état durant la crise. Je ne suis pas dupe des effets de com. Mais ça n'est de nos jours pas donné à tous de les réussir. Et pour un haut dirigeant il donne l'impression d'avoir encore les pieds sur terre. 

En France des gilets jaunes ont tenté de se remettre à manifester. Ils ont été réprimés brutalement alors que c'était particulièrement inutile (peu nombreux). 

Avant de dormir, j'ai regardé le non-concours de l'Eurovision, quelques bribes dont l'intervention de Björn Ulvaeus en vieux grand-père, ce qui m'a donné l'impression d'avoir réussi ma (sur)vie. 

 

(1) Comme le faisait remarquer quelqu'un concernant le métier d'enseignant : autant qui est pompier ou soignant, voire soldat, sait qu'en cas de crises particulières, il ou elle sera en position de risquer sa peau, ça fait partie des risques du métier, autant enseignant, vendeur, libraire ... ne sont pas des professions censées être à risque. Alors la question se pose vraiment : suis-je prête à risquer ma vie pour pouvoir continuer à l'exercer ? Je n'ai pas signé pour la mettre aussi crûment dans la balance. 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 707 913 cas (dont : 311 948 morts (89 454 morts aux USA) et 1 803 228 guéris) 


Chroniques du confinement jour 60 : Enfin des masques ! (et une journée qui passe trop vite mais on finit par s'habituer)

Déconfinement officiel 1 jour 5

    Comme nous avions manqué le réveil la veille nous sommes allés courir ce matin. Troisième barrière, ce qui fait donc environ 6 km au total. Nous avons décidé de reprendre progressivement en ajoutant une barrière à chaque fois. 
J'ai tenu un petit 7:09 mn/km, ce qui est très lent mais pas si mal pour moi.

Nous avons aussi fait une promenade de 3/4 d'heure au soleil couchant, après le dîner. On perd vite l'habitude physique de marcher (ou courir ou pédaler ...) sans interruption. Par exemple j'ai maintenu un parcours total de pas quotidiens assez soutenu étant donné mon lieu de confinement, seulement c'était en petits élans. Le corps, les os, les muscles, les tendons et je ne sais quoi ont besoin de se réhabituer à un certain type d'effort constant.

Je ne me sentais aucunement oppressée de rester dans la maison et le petit jardin mais je suis très heureuse d'en sortir quand ça me plaît et à peu de risques (course à pied : croisé 2 + 1 + 1 personne ; promenade vespérale : 3 gars qui sortaient de voiture, au large). Comme l'écrivait Claire Placial en substance, j'étais heureuse de rester chez moi, je suis contente de ressortir, je dois être d'un heureux naturel. 
Ce que je n'ai pas envie de faire c'est de retourner dans la grande ville risquée. Mais il le faudra bien car nous devons travailler. 

Je suis étonnée d'à quel point mes affaires (vêtements, livres, divers équipements ...) me manquent peu. Il me manque certains carnets de notes, des photos, des documents. Mais c'est parce que j'essaie d'avancer dans différents petits travaux personnels, ils ne me manquent pas affectivement. Nous étions partis avec le strict nécessaire, et ça me va tout à fait. D'autant plus qu'étant confinée avec un petit héritage de deux générations cumulées, je redécouvre des outils, des objets. 

Ce sont les ami·e·s qui me manque et la famille, mais ça n'est pas un manque fuligineux et qui serre le cœur, je parviens fort bien à me dire calmement qu'à un moment donné nous nous rejoindrons. 
Sans doute que les deuils déjà encaissés et trois ruptures subies au fil de ma vie, une classique qui est devenue une amitié et deux brutales sans avoir su voir venir, m'ont habituée à vivre sans les gens qui me sont indispensables. Pour l'heure c'est tant mieux, mais au fond c'est un peu triste. Comme de n'avoir plus du tout à se soucier d'aucun vieux parent. 
Il faut dire aussi que les moyens modernes de communication font que nous ne sommes pas coupés du monde. J'ai même davantage d'échanges et de nouvelles des gens que j'aime en ce moment que je ne suis pas accaparée par un travail nourricier dont je rentre le soir épuisée. 

À force de prendre en photo les vaches dont une image qui m'a trop rappelée Atom Heart Mother, je me suis remise à écouter les disques de Pink Floyd, et partant de là, Youtube m'a engrainée à regarder des documentaires dont : 

cette série d'une probable émission radio (j'adore le ton de la dame, so chic pour raconter des trucs qui par moment ne le sont pas) dont voici le lien vers la première partie (normalement, la suite s'enchaîne)
ce documentaire assez complet datant de 2010 (avoir pensé : tout récent puis ... ah mais oui mais non ... dix ans ?!)

J'avais oublié à quel point le groupe aura fonctionné comme une fusée larguant un étage à chaque étape de sa progression, pour atteindre au bout du compte le succès stratosphérique à la fois parce que le goût du grand public est enfin prêt et parce que les survivants sont allés vers une œuvre brillante et qui restait inventive mais plus calibrée. 
Il faut dire que mes cousins m'avaient fait découvrir Ummagumma et Atom Heart Mother a un âge où je pouvais difficilement être autre chose qu'intriguée sans trop pouvoir me passionner. Que j'avais beaucoup aimé ce que j'avais pu entendre de Dark side of the moon mais qu'à l'époque il m'était difficile d'acheter des disques. Ce qui fait que ce n'est qu'avec The Wall, découvert par des K7 audio prêtées puis par le film d'Alan Parker que j'avais commencée non seulement à être mais à pouvoir m'intéresser et comme dab chez moi ça n'avait été qu'en décalage que mon cerveau avait fait le rapprochement avec le groupe que mes cousins aimaient bien, dix ans, en gros, auparavant. 

- Qu'est-ce qui aura influencé vos choix musicaux pendant #LeConfinement ? 
- Les vaches du champ derrière la maison.

C'est alors que m'instruisant sur la part musicale de cet ancien temps j'avais totalement oublié l'épidémie et le reste du monde, que JF est revenu triomphant : J'ai pu acheter des masques à la pharmacie. Ils sont lavables en tissus, agréables à porter et presque élégants. Mais nous n'en avons que deux en tout, soit un chacun, ce qui est trop peu si l'on doit renouveler. Il m'a parlé de 5 € mais je n'ai pas capté s'il s'agissait de 5 € / pièce ou 5 € pour les deux. 
En attendant c'est bien, je vais pouvoir aller aux box de stockage et dans quelques commerces si nécessaire.
Et ils me serviront une fois de retour à Paris.

Notre promenade du soir nous aura fait constater que le confinement n'a décidément pas eu une bonne influence sur le comportement de certains conducteurs qui se sont habitués à être seuls au monde à circuler (alors que nous marchions au bord d'une petite route, nous avons été croisés par une voiture qui passait en trombe ; que ce serait-il passé si au lieu de piétons aux réflexes vifs qui nous sommes écartés presque jusqu'au fossé nous avions été à vélo plus difficiles à dégager ? (1)) et que le déconfinement a comme on s'y attendait été interprété par une partie de la population comme une invite à reprendre comme avant. Et donc sur la petite portion de la petite ville que nous avons arpentée ce soir, deux foyers au moins recevaient du monde, dont un clairement en mode fiesta entre potes. Est-ce bien raisonnable ?

Le gouvernement italien craque aussi face à la pression des régions et de la catastrophe économique qui se profile : réouvertures dès le 18 mai de bien davantage de secteurs qu'initialement prévu, distanciations bien réduites (1 m seulement) dans toutes sortes d'établissements, et les plages accessibles et au 3 juin la possibilité de venir en Italie sans subir de quarantaine (c'est de façon évidente décidé pour tenter de sauver de l'effondrement total le secteur du tourisme) et en Italie de circuler librement entre les régions. Certes, les comptages sont plutôt encourageants avec une baisse confirmée de jours en jours du nombre de nouveaux cas, mais 242 morts dans cette journée du 15 mai, quand même. 

 

La journée est passée trop vite, je n'ai pas eu le temps de faire une grande partie de ce que j'espérais. Or ça y est, le temps que l'on pouvait croire infini (à l'échelle d'une vie de quelqu'un qui loue son temps ordinairement pour gagner sa subsistance) est désormais compter. Il ne reste plus que trois semaines pour boucler bien des choses. Et je m'inquiète de travaux à faire faire (étanchéité du toit, isolation des murs, salle d'eau à carreler avant que le mur ne parte en lambeaux du côté de la douche).

 

(1) C'est un seul exemple mais tout au long de la journée nous entendons des véhicules passer bien trop vite devant la maison.

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 607 798 cas (dont : 307 392 morts (88 210 morts aux USA) et 1 740 438 guéris) 


Chroniques du confinement jour 59 : Une belle balade au Mont Doville

Déconfinement officiel 1 jour 4

La journée aura été caractérisée par un splendide raté pour commencer : nous avons été deux à dormir comme des loirs jusqu'à 9h du matin, et j'ai terminé ma nuit sur un étrange songe d'entretien d'embauche pour quelque chose comme Cerisy puis d'aller faire un entraînement de course à pied avec un ami écrivain et l'une de ses amies.
Pour courir c'était tard, d'autant plus que le temps était assez venteux (rien de totalement rédhibitoire, mais pas engageant non plus) et qu'il crachinait finement. Nous avons préféré remettre au lendemain. 

Pour une raison qui m'est obscure, si ce n'est que j'aime à démarrer la journée par un sport puis prendre un bon petit-déjeuner et ensuite seulement m'attaquer à ce qui est devant être fait, passé cette possibilité de course matinale, c'était pour moi forcément remis au lendemain. 

Il faisait bien frais et bien venteux mais une fois passé le temps du petit-déjeuner, avec croissants pour la première fois depuis le début du confinement - les vrais les bons, ceux de la pâtisserie -, le ciel s'était dégagé. J'ai proposé une promenade au Mont Doville, je trouvais que c'était une belle façon de se déconfiner, voir en grand tout le panorama. 
(et puisqu'il fallait faire rouler la voiture afin de recharger sa batterie ...)

Ce fut un vrai bon moment, profond. La joie d'arpenter la colline, seuls, mais non sans qu'elle ait été fraîchement entretenues - des traces d'une tonte de gazon récente dans les parties "touristiques" (la chapelle, l'ancien moulin) - était intense après près de deux mois sans liberté de grands mouvements. La lumière était merveilleuse. J'ai partagé quelques photos avec Le Fiston (un peu après) et un ami proche (pour l'encourager dans son boulot), et pour le reste je regardais comme s'il s'était agi d'être parvenus à gravir un sommet, d'avoir réussi. 
Nous n'avions aucun mérite pourtant, à être monté en voiture. C'était, je crois, la sensation d'être parvenus à survivre au moins jusque-là (cette âge-là, globalement, et ce moment-là de l'épidémie de #Covid_19 ponctuellement).

La végétation avait beaucoup grandi, je me suis demandé si tel était le cas déjà autrefois. Dans mes souvenirs d'enfance la colline était toute nue et non couverte de bruyère et dans mes souvenirs plus récents la bruyère était basse. À présent il faut parfois se frayer le chemin.
Un paquet de 54 cartes était posé dans le corps de garde. Géocache ?

Les vitraux de la chapelle sont tout refaits en illustrations modernes. Un panneau indiquait 2012 et j'avais pourtant l'impression de les découvrir. C'est curieux. Le confinement nous aurait-il rendu partiellement amnésique des paysages et lieux d'avant ?

Comme JF semblait disposé pour une fois à parcourir des petites routes - il en a peur ; c'est vrai que le danger de se retrouver nez-à-nez avec quelqu'un qui speedait se croyant seul au monde existe et qu'elles sont trop étroites pour deux voitures qui se croisent autrement que lentement et avec précautions -, nous sommes rentrés par Doville et sa curieuse "Nouvelle église" (du XIXème siècle la nouveauté), Varenguebec, dont je n'avais plus de souvenir précis et Blanchelande désormais barrée d'un panneau Propriété privée défense d'entrée. C'était comme de revenir dans un endroit après des années sans y aller, alors que ça n'est pas du tout le cas.

Après le déjeuner, dont s'est occupé JF, j'ai passé l'après-midi entière à Liverpool dans le tout début des années 50 (oui, toujours la lecture de "The Beatles Tune In" de Mark Lewisohn, une vraie réussite narrative pour un documentaire) avec un bon moment de sommeil (1). 

Ensuite ce fut la dernière séance de Tabata en mode un jour sur deux. J'étais triste, mais c'est normal que ce qui était prévu pour le confinement s'estompe (2), ce n'est pas parce que nous jouons les prolongations que tout le monde est dans ce cas. 

Comme dab, la soirée est passée trop vite. J'ai rattrapé d'écrire, un peu de choses sérieuses, un peu de messagerie.
Peut-être un brin de lecture ensuite ou un documentaire (celui-ci fourni par Le Fiston ou celui-là issu de mes réécoutes de Pink Floyd ces jours-ci à cause de la pochette de Umagumma Atom Heart Mother, mais pas les TG italiens, j'aimerais me lever tôt pour courir demain.

J'ai remarqué que si la circulation est désormais particulièrement forte en journée - et les conducteurs ont un peu perdu l'habitude de ralentir en arrivant dans une petite ville ou un village - elle reste comme au début du confinement presque inexistante le soir. Une partie de la vie a repris, mais vraiment pas tout. Ni non plus le tourisme. 

Chez plusieurs amis qui écrivent la question revient de : qu'en serait-il de la même épidémie mais ayant lieu avant (un avant réel ou par exemple chez Guillaume Vissac, un avant de fiction) ? J'y pense également. Et pas seulement pour la part : qu'est-ce qu'on se serait fait enfumer par le gouvernement sans moyen de savoir la réalité des choses ! Pour d'autres choses aussi, le degré d'isolement pas du tout ressenti de la même façon, ni non plus la menace de la précarité.

Il y a aussi la tentation d'écrire en l'inventant puisque ça n'aura pas eu lieu, ce que nous aurions pu ou dû vivre si nous ne nous étions pas retrouvés malades ou confinés.

J'oubliais : après plusieurs jours d'avoir eu le #JukeBoxFou de dedans ma tête qui me passait la musique puis JF qui l'avait reprise à son compte et la fredonnait, je suis enfin sortie, à 14h42, d'un trou de mémoire. Il s'agissait de l'air principal de la B.O. du film Arizona Dream par Goran Bregovic : In the death car. En fait je me souvenais qu'il s'agissait d'une musique de film et il m'en restait "Azra". Soudain ça m'est revenu "Le temps des gitans", d'Emir Kusturica. En écoutant un bout de la B.O. sur Youtube j'ai vite repéré que ça n'était pas ça mais Goran Bregovic bien sûr. Et la réponse a coulé de source. 
Quel soulagement !

 

(1) Je commence à me sentir inquiète pour notre déconfinement : comment survivre à une journée sans sieste ?
(2) Les séances continueront mais plus espacées. 

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Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 508 663 cas (dont : 302 322 morts (86 599 morts aux USA) et 1 697 478 guéris)