Stimulant (confort et veille de course)

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J'adore les veilles de courses, quand on met de côté toutes les difficultés de la vie quotidienne pour se concentrer sur un objectif élémentaire : parcourir x km en moins de y heures (peu importe si uniquement sur un mode ou pour le triathlon sur trois, le principe est le même : un déplacement à accomplir). On ne sait pas encore comment on sera, quelle sera notre forme, il y a une légère tension mais elle est joyeuse et stimulante. En tout cas pour moi. Et j'adore ça.

Comme nous prenons peu de vacances et qu'elles sont généralement en Normandie, avec de fait des choses sérieuses à faire, de celles qu'on fait dans un chez soi, c'est un bonheur et un réel congé du quotidien que d'aller quelque part pour une course. 

Et pour cette fois j'avais opté pour une petite folie (raisonnable) financière : l'hébergement dans le complexe sportif et hôtelier qui fait partie de l'organisation de la course. Départ sur place !

Une chambre spacieuse et belle comme nous en connaissons rarement 20190712_173552

une vraie piscine dans le complexe même - le luxe inouï de quasi descendre en maillot de bain, et pour une vraie piscine où l'on peut nager pas seulement faire trempette -. 

Nous fêtons ainsi nos trente ans de mariage. J'espère que la course sera une fête aussi. J'appréhende la longue distance, mais j'ai envie de m'y confronter. 

J'eusse aimé avoir une vie de nomade du sport, avec la santé fragile de ma jeunesse et la béta-thalassémie même mineure, ça n'était pas envisageable. D'autant plus que "mon" sport était le football et qu'il commence seulement plus de quarante ans plus tard à être reconnu pour les dames. Alors je me rattrape sur le tard, à petite échelle mais beaucoup mieux que rien, grâce au triathlon et à la course à pied. L'air de rien, à bas bruit, en attendant mon heure, j'en aurais accompli des espoirs de ma vie. 

Peut-être qu'il y a là une force à transmettre : si quelque chose nous tient profondément à cœur, et dépend de nous que ça devienne possible en assez grande partie, il convient de ne pas la perdre de vue et de porter son effort dans sa réalisation dès qu'elle devient accessible. Parfois, ça prend quarante ans. C'est tout. 

À part ça, il y a toujours cet effet en arrivant en Belgique de rentrer chez moi. Peut-être faudra-t-il qu'enfin un jour je coïncide. 


Comme une sorte de blague à retardement (Jacky Schwarzmann, "Pension complète")

 

Fullsizeoutput_1799  Persuadée que tel était le cas, j'ai commencé à lire "Pension complète" de Jacky Schwarzmann, comme un polar luxembourgeois qu'une amie m'aurait conseillé.

Seulement à la fin du chapitre 4, le narrateur se retrouve envoyé sur la Côte d'Azur pour cause d'ennuis qui lui pendent au nez et de personne de son très proche entourage qui peut lui permettre de se réfugier dans un yacht à Saint Tropez.

C'est alors que sa voiture tombe en panne et qu'il se trouve obligé de se loger à côté du garage où elle doit être réparée.

Le voilà donc qui page 46, débarque au camping précis où mon club de triathlon avait son stage en avril, tous les détails y sont et j'ai tellement ri (1) que j'ai dû interrompre ma lecture. 

Remise de l'effet bonne blague, j'ai poursuivi ma lecture, très facilement car dans la catégorie polar déjanté et drôle quoiqu'assez pertinent sur ce qu'il dit de la société, ce roman tient la route, et voilà que page 117 deux des protagonistes se mettent à causer triathlon et par n'importe lequel, le Xterra en France dans lequel l'un des coachs de notre club s'est illustré récemment et qui présente la particularité de consister en un parcours VTT pour le vélo et trail pour la CAP.

Arrivée à ce stade, j'ai cru que Jacky Schwarzmann était le pseudo de quelqu'un du club qui aurait participé au stage, ainsi qu'au Xterra, de l'année passé. La qualité de certains compte-rendus de courses rédigés au sein du club rendait l'affaire plausible. 

Une fois de retour devant l'ordinateur j'ai pu constater que ça n'était pas le cas, Jacky Schwarzmann est un écrivain de l'est de la France et qui vit à Lyon, si j'ai bien compris. Par ailleurs je suis parvenue à retrouver l'article qui m'avait menée jusqu'à la lecture de ce livre : non pas un conseil d'ami·e mais un billet sur l'excellent blog Encore du noir.

Je me suis donc une fois de plus fait une blague à moi-même puisque l'info des lieux et du camping y était. Mais tout simplement lors de ma lecture de la chronique, je n'avais pas percuté - au stage j'étais simple participante et je ne me suis préoccupée du lieu qu'au moment de m'y rendre, son nom ni la région ne m'étaient familiers -.

En attendant j'ai découvert le travail réjouissant d'un auteur que je ne connaissais pas, mais dont j'ai l'impression qu'il s'est appliqué à me faire une bonne blague personnellement à moi. Merci pour le grand éclat de rire et le chouette moment de lecture, en tout cas.

 

(1) Parce que l'environnement me rappelait tellement le village dans Le Prisonnier que je n'avais pas pu m'empêcher de jouer à imaginer quelques intrigues polardeuses pendant que lors des différents entraînements je courais. 

PS : Un blog à présent abandonné, une émission sur France Culture, une balade littéraire sur Radio Nova : j'aurais pu lire ce roman plus tôt, mais ç'eût été moins rigolo. Et peut-être que j'eusse été moins détendue au camping pendant le stage si ma lecture avait précédé le séjour ;-) :-) . Parfois la vie se goupille bien. 


Such a perfect day (pour Megan Rapinoe)

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    J'eusse préféré un match plus disputé pour cette finale USA Pays-Bas, il n'empêche que sur l'ensemble du tournoi l'équipe des États-Unis était bien la plus forte avec une supériorité athlétique incontestable : les meilleures des autres équipes tenaient un temps en se haussant au dessus de leur rythme habituel puis finissaient, souvent à l'occasion d'une décision d'arbitrage qui les coupaient dans leur élan (1°, qu'elle soit justifiée ou non, par ne plus parvenir à tenir le sur-régime. 

Parmi cette équipe victorieuse, il est une joueuse qui l'a emportée sur toute les autres, parce qu'elle est charismatique, et aussi forte sur le terrain qu'en communication, avec une capacité à ne pas mâcher ses mots sans dépasser les limites et à faire de l'humour qui ne soit pas lourd, ni source de malentendus. Il s'agit de Megan Rapinoe.

Elle a emporté au passage le soulier d'or, ce qui semble amplement mérité.

Voilà quelqu'un qui fait du bien. Puisse-t-elle ne pas s'attirer trop d'ennuis : ce monde n'aime pas les personnes trop intelligentes et trop fortes dans un domaine donné, particulièrement s'il s'agit d'une femme et qui plus est qui assume sa liberté.

En attendant, ça fait plaisir de penser qu'elle a pu vivre such a perfect day. Merci à elle dont la qualité de jeu nous aura enchanté·e·s.

À part ça, un agacement : lorsque l'on voit les matchs des messieurs, de nombreux plans de coupes sont consacrés à leurs conjointes, généralement des femmes reconnues pour leur beauté. Lors des matchs de haut niveau des équipes de femmes, on consacre les mêmes plans aux footballeurs masculins célèbres venus les voir. D'accord, il s'agit de montrer que puisqu'un David Beckham ou Killian Mbappé ne méprisent pas le football joué par les dames, toi le supporter masculin moyen, tu dois aussi pouvoir t'y intéresser, et ça peut effectivement être favorable. Il n'empêche que le diable est dans ce genre de détails qui montre qu'on est hélas encore loin de considérer le sport pratiqué par les femmes avec la considération accordée aux garçons.

Et un grand bonheur : celui d'avoir pu participer aux #777match (7 juin - 7 juillet - 7 matchs) sur Cause Commune avec Les Joyeux Pingouins en Famille et commenter en très léger différé (raisons techniques) certains des matchs de cette coupe du monde 2019 à la radio. Si je pouvais entamer une reconversion professionnelle vers le commentaire sportif, je le ferais volontiers (vocation tardive découverte grâce à eux).

 

(1) Ce fut clairement le cas aujourd'hui. 

 

PS : une vidéo ici consultable probablement de façon temporaire.

Et la belle conférence de presse d'après match : (FIFA TV), sans Mega Rapinoe au début, prise par un contrôle anti-dopage ; il fallait bien qu'elle ait un truc déplaisant à accomplir dans cette journée ! 

PS' : J'ignore qui a pris cette photo de la footballeuse qui a circulé partout. Si elle pose problème je l'enlèverai


C'est l'été !

La météo prévue pour cette semaine qui s'annonce 

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Je fais partie des personnes sensibles (et depuis longtemps) à l'urgence climatique (1), et qui tente de ne pas (trop) aggraver les choses par son comportement quotidien et par des voyages de pur agrément. 

Il n'empêche que je suis incapable de considérer comme un problème ou source d'inquiétude le fait qu'il fasse beau et chaud l'été. 

Je me demande à quel moment on s'est mis à trouver dangereux ce qui était normal : quelques jours de fortes chaleurs l'été ou de grands froids l'hiver. Je parle bien de quelques jours car j'entends bien, par exemple, qu'une canicule prolongée comme en 1976 et qui avait engendré une forte sécheresse pose effectivement un problème. 

Si vous souffrez, vous pouvez peut-être aller au ciné, non sans oublier d'emporter une petite laine : il y a "Parasite" en ce moment qui est un genre de chef d'œuvre, un film marquant dont on se souvient longtemps longtemps longtemps et qui peut ravir à la fois le grand public (une bonne histoire avec des rebondissements), ceux qui aiment qu'au delà du divertissement il y ait une réflexion (le point sur la lutte des classes au XXIème siècle) et les cinéphiles (bon sang, quelle maestria ! montage, angles, scènes impossibles (orage diluvien, mêlées humaines, (rares (mais intenses)) scènes d'action)).

Source de l'image : ce site météo norvégien qui est l'un des plus fiables que je connaisse et que m'avait fait connaître Franck Paul.

(1) Article d'Aude Massiot, équilibré me semble-t-il, sur la question paru dans Libé 


Bonheur persistant du triathlon

 

  19-cordeillan-bages-M-16708  Je n'en reviens pas du chemin parcouru depuis ce beau jour d'octobre 2011, alors qu'avec l'homme de la maison j'étais venue à Bruxelles encourager Pablo qui y courait le marathon, que c'était un week-end magique à tous points de vue, y compris une météo favorable, et qu'à ce moment précis, je m'étais dit à la fois Ça serait bien pour moi un tel défi, et que compte tenu de mon métier de libraire ça serait peu raisonnable, que j'y avais trop besoin de jambes et articulations en bon état pour les rudoyer comme cela. Une coureuse de mon gabarit s'était débarrassée, juste à ma hauteur, d'un tee-shirt qui l'encombrait, c'était marqué "Triathlon". Et en le ramassant je m'étais dit Mais bon sang, c'est ça. 

J'avais repris la natation en 2004, je circulais à nouveau à vélo depuis 2007, grâce aux Vélibs, il me restait à attaquer la course à pied et je pourrais faire du triathlon. Je savais qu'il en existait aux distances humaines. 

Je ne saurais jamais qui était cette dame qui m'a en quelque sorte passé le témoin mais dès lors je n'ai eu de cesse que de réaliser ce qui me semblait devant être fait.

Au printemps 2012, un jour pluvieux normand d'avril, je suis allée au magasin Mi-Temps de La Haye du Puits acheter une paire de chaussures et avec l'homme c'était parti, via une ancienne voie de chemin de fer qui allait vers Lessay. 

Il m'avait fallu deux ou trois mois pour parvenir à trouver ce que j'appellerai mon rythme de souffle, celui qui me permettait de durer longtemps sans être essoufflée. Ensuite les progrès avaient été rapides, c'est l'un des charmes de la course à pied. Assez vite on parvient à 5 km. Puis chaque semaine - en admettant que l'on soit trop pris par le travail et autres contraintes pour courir davantage qu'une seule fois le dimanche - on rajoute  1 km ; un beau jour ce sont les premiers 10 et dès lors des courses sont abordables et l'on se prend au jeu. 

Plus tard on se rend compte que 10 kilomètres, ça n'est rien, juste une petite séance de base. Viennent les trails, pour qui a du plaisir à crapahuter en forêt et se manger du dénivelé, et les semi-marathons. 

Ce qui est formidable avec la course à pied c'est l'absence de matériel - fors une paire de chaussures (1) -, la possibilité de pratiquer presque partout, presque par tous les temps et de se décider en un instant. De pouvoir aussi s'arrêter quand on veut et au pire revenir en marchant.

Une fois rassemblées des compétences minimales (nager 1,5 km par entraînements, courir 10 km sans problème, parcourir 50 km à vélo sans souffrance particulière) et un petit budget (2), j'ai cherché un club. 

Et là, chance inouïe : il en existait un tout près de chez moi et des plus accueillant, ce qui était indispensable : je suis une dame et j'avais alors 53 ans. Il me fallait donc un club particulièrement indulgent. À cause de la frontière qui séparait deux villes, celle du club et celle de mon domicile, pourtant si proche du stade, j'ai dû attendre une année scolaire avant de pouvoir confirmer mon inscription. On était en septembre 2016. Le manque de moyens et le manque de temps (3) avaient intercalés cinq ans entre l'idée et la mise en œuvre, que l'adversité à bien tenté d'enrayer (4), mais j'étais néanmoins lancée, je me suis accrochée aux entraînements du matin, j'ai quand même pu accomplir un premier triathlon en juillet 2016 après un premier essai manqué en juin. 

Depuis, la vie a continué à être mouvementée, je ne le fais pas exprès, mais il n'empêche que même en ne parvenant pas à tenir le niveau d'entraînement qui serait pour moi satisfaisant, j'ai progressé.

Grâce à un stage d'entraînement d'une semaine au printemps, j'ai franchi un (petit) niveau. 

Grâce à un vélo moderne racheté d'occasion à une camarade de club, je peux faire des temps cyclistes décents. Il est si léger.

Et voilà qu'à présent si les conditions sont bonnes (5) je suis capable d'accomplir un M (6) à mon rythme lent mais qui n'est plus hors délai, sans me sentir épuisée à la fin, voire même tellement heureuse que je me sens plutôt bien.

Il m'aura simplement fallu un demi-siècle pour trouver le sport qui me convenait, non que j'y fusse douée, mais c'est celui qui - danse mise à part, qui tient plutôt de l'art de vivre, d'une philosophie - me rend heureuse, me rend en forme, me donne une sensation d'accomplissement inouï.

Au passage, une foule de gestes de la vie quotidienne me sont devenus faciles, quand je devais avant pour les réussir, rassembler auparavant mon énergie : j'attrape des bus, des trains, des métros, je peux en maintenir ouvertes les lourdes portes sur qui suit, je peux ouvrir les portes d'accès vers les corridors à la BNF sans mouvement de bascule pour faire contrepoids, je soulève les cartons en librairie sans problème (à conditions de les porter bien), j'ouvre des couvercles de boîtes de conserves, je grimpe des escaliers sans être essoufflée, je les descends à une vitesse normale (7) et si je souffrais déjà moins du froid avant de m'y mettre, je suis presque devenue résistante à ce qui me rendait très vite amoindrie. 

Puisse ce miracle durer. J'ai tant travaillé pour les autres qu'il me reste encore beaucoup à faire avant d'en avoir fini avec la part plus personnelle de ce qui me semble être dû, compte tenu des aptitudes et des petits handicaps (8) avec lesquel·le·s je suis née. Et je compte exercer mon métier encore un bon paquet d'années.

Grand merci au club du Levallois S C Triathlon, pour l'accueil, les entraînements, les encouragements, l'ambiance qui fait que l'on se sent porté·e·s. quel que soit notre âge et notre niveau. 61803765_10157073810981826_1942372756020527104_n

Grand merci à celles et ceux qui ont rendu l'accès possible pour les femmes à un choix des naissances plutôt qu'aux grossesses subies. Je suis extrêmement consciente que ma condition physique doit beaucoup au fait de n'avoir porté que les deux enfants que leur père et moi nous sentions capables d'accueillir, nourrir et choyer. Mes grand-mères, par exemple, n'avaient pas eu ce choix.

 

(1) Et encore, certains minimalistes courent pieds nus ou quasi. En ville quand même je déconseille : raisons d'hygiène et de morceaux de verre.

(2) Erreur de débutante : il en fallait un plutôt conséquent. Mais je ne regrette pas de ne l'avoir pas su, ça m'aurait freinée. 

(3) Il m'avait fallu retaper mon vieux biclou de courses.

(4) maladie et décès de ma mère entre l'automne 2016 et le début d'année 2017

(5) Je ne garantis pas d'être capable de boucler un triathlon par mer forte, ou avec un ou deux franchissements de cols, ou dans des conditions de pluie, tempête ou froid.

(6) distance olympique : 1500 m de natation, 40 km de vélo, 10 km de course à pied. 

(7) Longtemps j'en fus incapable, comme si j'étais très âgée.

(8) dont une béta-thalassémie mineure ; parents d'enfants atteints ne vous inquiétez pas : on peut mener une vie bien remplie avec ça. Et durer. Et s'améliorer. 

crédits photos : le photographe officiel du Frenchman et pour la seconde un ami du club 


Triathlon (joie)


Capture d’écran 2019-05-30 à 23.24.54Aujourd'hui c'était pour moi le triathlon d'Hourtin, appelé Frenchman. J'y participais pour le M (les distances olympiques), je suis allée lentement mais tout s'est super bien passé  et j'ai été heureuse. 

Il faut dire que les conditions de lieu et météo étaient comme dans un rêve parfait, et mon corps exultait, il faisait le job sans trop de soucis, c'était la belle vie, on s'entraîne (1), on réussit, les camarades du club encouragent de ouf (2), what else ?

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(1) Même si pas tout à fait assez pour le vélo (euphémisme)

(2) Beaucoup d'entre elleux ont attendu longtemps avant de quitter les lieux de la course afin de m'encourager. Je leur en suis très très reconnaissante. 19-cordeillan-bages-M-16695

Crédits photos : Julia ou quelqu'un du camping pour la photo de groupe. Le photographe officiel de la course pour la photo (payante) de mon arrivée.

Le bus obligé


    Mon pass navigo n'est toujours pas reconnu par les néo-vélibs, et je ne parviens pas à prendre le temps de régler cette question (il faudrait que munie de mon identifiant et code en plus du pass je me rende à une station avec du temps devant moi et mon téléphone et appelle in situ - or je ne parviens pas à réunir tout ça, entre les remplacements, mon projet de reprise, les émissions de radio et le triathlon et diverses choses administratives (dont Pôle Emploi) et je cavale sans arrêt -), dès lors pour des déplacements dans Paris sans avoir la possibilité de garer un vélo de façon sécurisée, je prends mes pieds ou le métro. Plus rarement le bus qui ne vaut la peine que s'il est direct et qu'on ne l'attend pas (ou que l'on a le temps de se la jouer touristique).

Ce matin-là j'avais rendez-vous avec celui qui cède la librairie que j'aimerais pouvoir reprendre. Un rendez-vous de très bonne heure afin d'aller aux centres d'approvisionnements d'Ivry, voir comment ça se passait. 

J'étais juste en temps, une autre personne de la maisonnée s'était réveillée et mon départ c'était trouvé différé des cinq minutes qui auraient rendues ma durée de trajet confortable. Du coup pour me rendre à la station de métro (il était trop tard pour faire le trajet à pieds) tranquillement je trottinais, ce qui permet d'y arriver en 6 minutes au lieu de 9. Un bus à un moment m'a dépassée qui allait dans la même direction, je n'y ai pas prêté davantage attention : j'étais porte de Clichy et les travaux encore importants rendent la traversée piéton (et vélo) délicate. Je continuais donc à trottiner vers le métro à vitesse constante et confortable. C'était curieux quand même, ce bus à son arrêt qui ne redémarrait pas. 

Arrivée presque à sa hauteur j'ai soudain compris : le conducteur m'ayant vu courir, et ayant à cette heure matinale fort peu de voyageurs, m'attendait. 

Alors, j'ai pris le bus, bien obligée. Touchée par sa prévenance, merci à lui. Et stupéfaite. Que ma vitesse de croisière, moi qui suis (très) lente en course à pied, puisse être prise pour une vitesse de sprint pour arriver à temps à l'arrêt, c'était une grande première. Le triathlon, ça aide à la vie.

Je suis arrivée à l'heure à mon rendez-vous.

 

 


Passé (personnel) revisité, en bon, en mauvais


    C'est une remarque faite à Arras par Catherine Le Gall qui m'y a fait songer, elle parlait de ce que l'enquête longue et minutieuse menée pour le livre "Les prédateurs" avait blessé en elle, qu'elle avait mis un moment à se remettre de ce qu'elle avait appris, à réajuster sa compréhension du monde. Je suppose qu'elle n'imaginait pas le niveau de la criminalité en cols blancs tel qu'il est.

J'ai pris ainsi conscience depuis mercredi d'à quel point ma propre vision du monde avait aussi bougée, pas tant depuis les révélations sur des exactions financières, le choc avait eu lieu pour moi de part mon emploi au début des années 90, que sur les conséquences de #MeToo - s'apercevoir que des trucs déplaisants que l'on avait vécus n'étaient ni la faute à pas de chance, ni d'un type qui ponctuellement avait pété un câble, mais que c'était la norme, le truc répandu -, et sur des tolérances que l'on avait, je dirais malgré soi, en se disant, c'est depuis que le monde est monde, qu'y pourrait-on ?, et qui sont remises en cause. Du coup j'ai des petits flashs back de scènes qui en leur temps ne m'avaient pas choqué plus que ça, qui m'avait fait tiquer, certes, mais pour lesquelles je pensais que c'était à moi de m'adapter au monde tel qu'il est, que ça ne changerait jamais, et qui me reviennent. 

Par exemple dans cette vidéo de concert de l'an 2000 le duo avec des paroles "explicit" comme diraient les américains entre un homme de 50 ans et une jeune fille de 16, OK c'était juste pour l'art, mais n'était-ce pas une incitation à trouver normal un chant amoureux entre une encore gamine et un qui aurait pu être son grand-père ? 
Ou cet éditeur qui avait prévu un matelas dans une pièce de la partie professionnelle de ses logis successifs pour loger les stagiaires (qui aussi se succédaient, puisqu'il n'y avait pas les moyens de payer de vrais employés) venant d'un peu loin. À l'époque j'avais à la fois songé, ça peut effectivement aider, que ça partait d'un bon sentiment (que quelqu'un ne soit pas obligé de renoncer par manque de moyens pour se loger) mais que ça n'était pas très cool quand même (ça n'était même pas un lit dans une chambre meublée), voire sujet à caution. À présent je serais plutôt d'avis que c'était clairement une forme d'exploitation sous couvert de formation.

Ce ne sont que deux exemples parmi une petite foule, des éléments qui me reviennent à l'esprit et pour lesquels je m'interroge alors qu'au moment même mon questionnement était réduit.

Du côté joli de la vie, je me suis aperçue en retombant par ricochet sur des nouvelles de sportifs que j'admirais en mon jeune temps, que l'air de rien j'avais réalisé récemment deux de mes rêves d'enfance ou d'adolescence. 

Avant de piger que les filles ne pouvaient prétendre aux mêmes destinées que les garçons, avant de savoir aussi que j'étais équipée d'une thalassémie mineure qui n'aide pas trop aux performances physiques, je m'étais rêvée en sportive de haut niveau. J'aimais l'effort physique et une vie quotidienne tissée d'entraînements et de pousser son corps au mieux de ses capacités me faisait rêver. Un grand-cousin de mon père avait été boxeur pro, mon père était plutôt sportif pour quelqu'un au travail prenant, ma mère dès qu'elle a pu aussi pratiquait différentes activités et était une marcheuse infatigable, peut-être que quelque chose en ce sens était favorable. Après, je n'étais pas particulièrement douée, j'étais petite de taille, fluette, avec de gros soucis de coordination, les pieds plats, et souvent malade. Je n'avais que le mental et d'être dure au mal. Ça ne suffit pas.
Voilà qu'il m'aura fallu attendre une cinquantaine d'année pour, sur une semaine, connaître ce que ça fait : l'existence entièrement tournée sur les entraînements et la récupération. 

J'ai n'ai pas pu accomplir autant de kilomètres à vélo que mes camarades, je ne suis pas encore assez aguerrie, il n'empêche que lors ce stage de triathlon que je viens de vivre, en gros j'ai suivi. Et surtout : j'ai adoré ça. J'espère que je pourrai recommencer l'an prochain.

L'autre rêve l'était au sens littéral : c'étaient des rêves que je faisais la nuit, sans trop m'expliquer pourquoi, et non quelque chose que je rêvais de faire. J'étais vis-à-vis du monde extérieur plutôt réservée et timide, il fallait que je connaisse les gens pour être plus expansive ; mon éducation poussait dans le sens de Il ne faut pas se faire remarquer. Et voilà que régulièrement dans des rêves, j'étais la personne qui interviewait de grands sportifs, très à l'aise avec eux, amie avec certains. Je me souviens que ces rêves m'étonnaient. Comme j'apprenais des langues étrangères et que ces songes avaient lieu en V.O. j'imaginais que c'était mon cerveau qui avait trouvé ce biais, via l'actualité sportive que je suivais tous les dimanche en regardant Stade 2 ou mon magazine de foot préféré, de réviser mes cours.

Voilà que des années après, par la voie du métier de libraire et à présent la pratique de la radio, je me suis retrouvée et me retrouve encore à interroger sur leurs pratiques des écrivain·e·s. , que je suis effectivement une de ces personnes qui pose des questions aux autres sur leur travail et la vie que ça donne (1).

Réaliser ses rêves, même très tardivement et même ceux que l'on faisait sans y croire, est très satisfaisant. 

Sans doute est-ce une étape normale à mon âge que de revisiter son passé, les points heureux et les zones tristes, personnelles ou de société. C'est dur à encaisser côté vision du monde tel qu'il était et tente d'être encore, mais plutôt réconfortant, que des prises de consciences collectives semblent aller vers davantage de respect des personnes ; c'est merveilleux de pouvoir avoir accès, ne serait-ce que ponctuellement, à ce qu'on avait imaginé que l'on pourrait faire.

 

(1) Je ne risquais pas d'imaginer enfant interviewer des écrivains, car pour moi à l'époque c'était plutôt de vieux messieurs des temps anciens, déjà morts pour la plupart, et Agatha Christie.

 


La leçon du Que je t'aime (l'une des)

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Par sérendipité du net, je suis retombée ce soir sur un enregistrement du concert de l'an 2000 de Johnny au Champs de Mars.

Je ne me souviens pas d'avoir déjà vu les images, ou alors c'était il y a si longtemps que je l'ai oublié. Ça ne m'avait pas effleuré de rechercher une video du concert, avant de tomber dessus ce soir, là, par ricochets.

J'avais oublié que la chanteuse était si jeune et les paroles de la chanson si peu adaptées à cet état de fait. Il faut dire que nous avions des notes à tenir plutôt que des mots à articuler et ne l'avions pas vue avant (1).

J'avais oublié aussi la leçon du Que je t'aime. Mélodie simple, paroles d'une subtilité contestable, avec un refrain qui consiste à répéter six fois de suite Que je t'aime, et en fait le gars, il y mettait tellement d'énergie, de métier, et les tripes, même en répètes, que non seulement ça passait mais que l'on se sentait ému·e·s. Et ça c'est quelque chose de bon à ne pas oublier dans la vie, parfois ce qui est dit compte moins que la façon de l'incarner, et par dessus tout ce qui l'emporte c'est l'énergie que l'on y met et les personnes dont on s'entoure (2).

 

(1) Entre temps elle a grandi et participé à The Voice. (merci les moteurs de recherche)
(2) En l'occurrence sur ces concerts de Johnny, les arrangements d'Yvan Cassar parvenaient à donner une classe de plus. Je me souviens du travail.

PS : Et à part ça je persiste : il n'est pas impossible que l'ampleur du mouvement des Gilets Jaunes prenne une partie de son origine dans le fait que la disparition de Johnny ait fait perdre à bien des gens qui triment dur pour peu ou galèrent à trouver du taf ou à se faire payer décemment, leur tenir bon, leur consolation. Le fait que le mouvement perdure tient lui, clairement, de l'aveuglement du pouvoir ou d'une stratégie contestable à le feindre.

 

 


Le résumé de ma journée

7:00 à 8:00 natation (montre 1850 m) 1300 
200 cr (made 100)
100 br
200 pull 5t
100 dos
3 x (3 x 150) progressifs cr 1 lent 1 moyen 1 vite r=15' (made probably 2 x 150 + 2 x 50)
500 pull plq (made 400)
100 souple (pas eu le temps)

9:30 à 12:00 vélo
18,01 km/h de moyenne (vent ; essais de cales ; piste cyclable fréquentée)

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15:00 à 16:30 natation en mer avec vagues : pas mesuré mais environ 400 m

17:00 à 17:37 CAP dans le camping 
3,92 km à 9,31 min/km (en faisant un premier tour le long des bordures d'où qu'un tantinet trail)
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  18h30 à 19h10 stretching près de la piscine 

 

La sortie vélo fut un échec sportif mais une réussite touristique. Fatiguée de composer avec ce vent à la fois fort, et avec des rafales violentes et tournantes, je ne suis contentée de suivre la piste cyclable jusqu'à Saint-Tropez ; dans l'idée d'aller prendre un café sur le port : mais non, ce sont des restaurants ; au retour avec grâce à Julia, de mon club de triathlon, qui en avait parlé, une escale à la cité lacustre s'est imposée d'elle-même. Très beau et bien plus accueillant que les apparences et l'ambiance de la région ne le laissait supposer. 

 

 

La natation en mer, au vu de la mer déchaînée et du vent scatenato, je n'y croyais pas. Et puis finalement en n'étant pas seule, bien accompagnée par les camarades j'ai réussi sans problème à nager dans cette mer assez secouante (mais pas si froide, surtout par rapport à la veille)

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Je n'étais pas peu fière et suis sortie de l'eau toute ragaillardie. 

Il faisait frisquet et très venteux, nous sommes remontés en combi, c'était amusant. 

J'ai fait ma mini séance de CAP avec la trifonction que j'avais déjà dessous. Elle a séché sur moi.

Après avoir ainsi nagé en me mesurant aux vagues, je m'étais en effet sentie prête pour finir en courant dans le camp dont j'ai fait le tour comme Le Prisonnier (de la série) cherchant à tâter des limites. 23 minutes m'ont été nécessaire pour boucler la boucle. 

Les étirements firent du bien : sans la danse, je me coince.

La météo du lendemain et du surlendemain vue pendant le dîner sur un écran où défilent les infos, nous a déclenché un fou-rire : il fera beau et chaud partout en France sauf là où nous sommes.  

Je n'en doutais pas mais pour l'instant et en l'absence de chutes (malgré les efforts du vent), ce stage vaut vraiment la peine

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