Vélotaf - Je ne suis pas la seule -

 

    Je comptais bien vélotafer pour ce nouveau boulot (1), seulement peut-être pas tous les jours, ne serait-ce que pour pouvoir lire ; ce que les transports en commun autorisent lorsqu'ils sont empruntés dans de bonnes conditions, mais pas le vélo, pas très bien.

Voilà qu'avec la grève générale et des transports en communs parisiens en particulier, j'ai parcouru chaque jour environ 25 km. En deux fois sur un parcours presque plat, c'est très faisable, dès lors que l'on n'a pas d'ennui de santé particulier. J'en suis donc à 350 km environ cumulés et ma foi, si l'absence de possibilité de pointes sérieuses de vitesse empêchent que ça vaille pour entraînement de triathlon, c'est beaucoup mieux que rien.

Grâce à cet effort quotidien, je me sens en meilleure forme pour assurer le boulot, c'est particulièrement flagrant sur les début de journées de travail : j'arrive bien réveillée, bien échauffée, prête à soulever ce qu'il faut de cartons.

Je pense que bien des personnes que les grèves ont contraintes au vélo, si elles n'ont pas trop subi de mésaventures liées aux comportements des automobilistes pressés (2) et de certains 2RM, vont constater une réelle amélioration de leur condition physique et donc de leur quotidien et vont rester adeptes de cette belle façon de circuler.

Un billet de blog de Tristan Nitot rassemble bien les enjeux, n'hésitez pas à aller y lire : 

Le possible succès du vélo

 

Il n'y manque que la mention des petits bonheurs : le co-vélotaf, qu'il m'est arrivé de pratiquer (par exemple Coucou Sacrip'Anne) et les rencontres et retrouvailles.

Ainsi ce matin en allant bosser, j'ai croisé une belle petite bande de camarades de mon club de triathlon lesquels venaient de s'entraîner en course à pied, et même si je n'ai pas pu m'arrêter car arriver en retard au bureau peut se négocier mais arriver en retard pour tenir boutique signifie laisser des clients mal servis, nos saluts joyeux ont ensoleillé ma journée.

Il m'ont donné l'impression que la vie était belle, classe et facile comme dans les méthodes de langues ou les comédie musicale.

 

(1) À la librairie Les Mots et Les Choses, donc

(2) Not all automobilistes, il y a vraiment globalement un progrès. Seulement il suffit d'un gougnafier pour se retrouver en danger. 


Plaisirs du vélotaf

 

    J'avoue qu'avant les grèves je ne pensais pas tant vélotafer, notamment pas les jours où par exemple j'avais mon émission de radio le soir après le travail et donc devoir rentrer vite - je suis une vélotafeuse lente et prudente -. Et puis voilà que c'est comme ça et du coup vélo tous les jours et je l'avoue, à l'effondrement de mon temps de lecture près, et à certains points ou moments délicats (1) c'est le bonheur.

Depuis que cette semaine Bilook m'a indiqué l'enchaînement Route de la longue queue - Route de l'espérance, la traversée du Bois de Boulogne au lieu de me stresser et me déprimer - oui, le spectacle de la prostitution me déprime - et qu'équipée d'une lumière performante achetée à l'Échappée belle, je ne crains plus les pistes non éclairées, il y a un moment du parcours qui est un régal. 

L'aller moins car même en partant tôt, je ne suis à l'abri d'aucun aléa et crains d'être en retard.

En tout cas et malgré certains carrefours que je ne sais toujours pas passer sans descendre de mon vélo, il y a un réel plaisir à se rendre au travail par ce moyen de locomotion. C'est celui d'arriver en étant déjà bien réveillée et d'attaque. Et celui aussi d'arriver à la maison le soir en ayant totalement décompressé de la charge mentale "travail". 

Entre les deux certains passages dont celui au milieu des arbres - pour une obscure raison je me sens en mode "Le Grand Meaulnes". 

Il faudrait que je m'équipe pour filmer puis partager.  

 

(1) Le jeudi soir fut épique, pluie soutenue et automobilistes enchevêtrés rendus fous par le fait que ça dure (la grève et leur attente de ce moment-là), je crois que j'ai mis 1h30 pour rentrer avec pas mal de moment en "super-piéton", vélo à la main)

PS : Rien à voir mais en cherchant tout autre chose, retrouvé l'enregistrement de Guillaume Apollinaire qu'il y a 10 ans m'avait fait découvrir Christine Genin


Trajets

 

    La grève n'y étant pas pour grand chose mais plutôt une foule de choses à faire, en ce jour de récup.,  dont un vélo à emmener remettre d'aplomb par des pros, ma propre réparation donnant l'impression d'avoir une roue carrée.

Aller vélo de Clichy à Asnières 

Retour piéton d'Asnières à Clichy

Aller piéton de la maison à l'arrêt de tram porte de Clichy

Aller tram de porte de Clichy à porte de Saint Ouen (je pensais marcher mais pile un tram arrivait, et pas trop blindé)

Aller piéton de la porte de Saint Ouen à la place Constantin Pécqueur

Retour piéton bien accompagnée de la place Constantin Pécqueur à la rue Championnet

Retour vélib de la rue Championnet à la station Sinchole à Clichy

 

Pour une journée de repos, ça fait pas mal, l'air de rien.


Bécassine béate, plus que jamais

 

    Comme souvent le mercredi soir, l'émission de radio Côté papier mais pas seulement que j'anime sur la Radio Cause Commune me provoque un regain d'énergie, parfois mâtiné d'agacement lorsque je ne suis pas satisfaite de ma prestation, mais quoi qu'il en soit l'énergie est là.

Ce soir n'a pas dérogé à la règle. Et en pénétrant au retour dans l'appartement, j'ai immédiatement senti que mes forces, mises à mal par un solide surmenage depuis septembre, revenaient.

Au moment même où je me disais, Quand même, la radio, quel bon dopant, j'ai posé une main sur un des radiateurs le temps d'effectuer avec l'autre un geste pour me déchausser.

Il était chaud. 

Le chauffage collectif dans l'immeuble venait enfin d'être allumé pour la saison hivernale.

C'était simplement le fait que le logis avait cessé d'être froid et humide qui m'avait apporté cette bouffée d'énergie et de bon moral, ce bienfait.

(la radio un peu aussi, mais moins que ma bécassine-béatitude native ne me l'avait fait croire) 


Un œil gonflé et l'autre non (essai cosmétique)

 

    Mon temps désormais est très organisé. Aussi ce lundi était mon seul jour possible pour l'achat d'un cadeau d'anniversaire prochain. 

Une de mes idées était un produit de soin, je m'en suis donc allée voir vers une boutique dans laquelle j'avais acheté un produit qui me semblait de bon ton, il y a quelques années. 

Sauf qu'entre temps la vente est devenue carrément aggressive pro-active et qu'il était impossible que je m'en retourne avec un simple flacon, les vendeuses avaient visiblement pour consignes de faire tester ci et ça. 

Il n'y a pas si longtemps j'aurais décliné l'offre, avec courtoisie mais fermeté. Seulement l'expérience professionnelle en boutiques que je possède désormais me laissait à penser que les jeunes femmes avaient probablement un objectif de ventes à atteindre. Et de nos jours on stimule plus rarement la vente par des incitations (primes éventuelles) que par des blâmes face aux "attentes non réalisées". Alors je me suis laissée faire, tout en avertissant qu'il y avait peu de chance que j'entreprenne un achat supplémentaire. Mais au moins la jeune femme pouvait cocher la case "essai effectué". 

Au vu de mon âge, elle n'a eu de cesse que de tenter de me refourguer proposer un machin anti-rides ou cernes plissés. Elle a donc avec mon accord et de sa part un joli savoir faire - son application à tout bien faire était touchante - traité un de mes dessous d'œil avec produit 1 magique puis produit 2 magique de soin. Mes yeux au naturel sont cernés en creux sombres et ridés, ce qui est normal à mon âge. Alors je peux confirmer, un des deux produits est à effet immédiat. Et ça faisait frais (pas désagréable). Seulement du coup je me suis retrouvée avec un œil poché. J'imagine que le principe de ces produits est de combler les rides par gonflement. Et que ma peau, peu habituée à être traitée a réagi particulièrement fort. Au bout du compte le résultat était plutôt pire que les cernes en creux. 

J'ai décliné l'offre, préférant mes rides creuses, et très amusée par la démonstration qui avait un effet inverse à celui de créer l'impulsion d'achat. 

Et puis même si j'ai pris une recharge d'autre chose - un produit que je connaissais déjà -, j'ai carrément changé d'idée de cadeau. Trop vouloir vendre casse des ventes, parfois. 


D'un inconvénient inattendu d'avoir les cheveux frisés

 

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Nous venions de terminer le dîner et l'homme de la maison m'a proposé une brève balade tant qu'il faisait jour et que le couvre-feu n'était pas tombé. 

Je lisais ou j'écrivais, bref, j'avais mes lunettes de vue sur le nez, je les ai vivement retirées afin de filer sans plus tarder. Zou !

J'ai replié les lunettes dans leur boîtier qui est de ceux rigides où elles s'enfilent sur un côté. 

À un moment donné de la balade, environ 800 m de la maison près d'une haie non loin d'un arbre où beaucoup d'oiseaux à ce moment-là chantaient, j'ai eu l'impression qu'un branchage m'était tombé sur la tête, j'ai entendu un léger bruit d'une chute, me suis demandée d'où venait ce que j'avais reçu, curieux, l'arbre en vu est assez loin quand même. 

Et puis nous nous sommes bien promenés. De retour à la maison vers 22h35, peu avant l'extinction des feux, à 23h. 

Je veux reprendre là où j'en étais, tire les lunettes de leur étui, les mets sur mon nez et me fait mal derrière l'oreille droite. Je les enlève aussitôt : il manquait tout l'arrondi de la branche, la partie non métallique et c'était le bout pointu à présent à découvert qui m'avait écorchée. 

J'ai cherché dans l'étui : rien. 

Il ne m'a pas fallu longtemps pour piger que le bout de branche avait dû resté coincé dans mes cheveux jusqu'à s'en détacher probablement là où j'avais cru recevoir un branchage.

J'ai pris une lampe de poche, scruté pas à pas le trottoir à cette hauteur là ... et retrouvé la pièce manquante.

De retour à la maison cinq minutes exactement avant l'extinction des feux. 

Les lunettes sont défectueuses à n'en point douter. Il n'empêche que c'est une mésaventure de cheveux frisés de les avoir suffisamment forts pour détacher un morceau de branche dans le geste de les ôter. Et que le bout restant se soit promené ensuite près d'un kilomètre avec moi avant que de choir. 

En attendant, j'ai remis la pièce en place et pour l'instant elle tient. 

 


Un souvenir de Cerisy

 

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Nous approchons du mois d'août, nos comptes en banque crient famine, et mon avenir professionnel, même si j'ai trouvé le local qui irait bien pour une librairie que je pourrais tenir, reste fort incertain. Alors je me rappelle les bons souvenirs et parmi eux celui-ci : le colloque Hélène Bessette fin août à Cerisy. 

J'ai failli connaître un bonheur d'une semaine, mais le décès d'une de mes tantes aura brièvement interrompu l'élan. Revoir les cousins et les cousines était pas mal non plus, même si deux hommes manquaient qui ont préféré tenter la vie auprès d'autres femmes, incapables qu'ils furent de faire face aux diminutions naturelles de leurs propres capacités physiques. 

Il n'empêche que cette semaine restera pour moi une parenthèse magique et probablement unique car mes finances ne permettent pas de telles folies, ni mes emplois, lorsque j'en ai, de choisir mes dates d'absence.

Je me souviens fort bien de tout ce que j'ai appris et du bonheur que c'était de découvrir certains textes inédits ou devenus des raretés, je me souviens de moments magiques, d'une grande balade à vélo vers la mer, d'une soirée de lectures à voix haute au grenier - ces moments pas si fréquents je crois, même dans une bonne vie, où l'on a la sensation d'être au bon endroit au bon moment et qu'on ne serait nulle par ailleurs aussi bien, aussi précisément en adéquation (1) -, des belles rencontres que j'y ai faites.

Seulement ce qui me revient en premier, lorsque je ne réfléchis pas, ce sont deux éléments fort peu littéraires : 

Mon peu de goût à être servie, cet embarras dans lequel ça me met. Nous étions à chaque repas servis personne par personne à table par des jeunes femmes en livrée, nombreuses, et qui passaient même pour proposer du plat principal une seconde fois. Je n'aurais pas voulu être à leur place, mais je n'étais pour autant pas à ma place à la mienne.

L'absence totale de clefs. Je n'étais pas tout à fait tranquille concernant mon ordi - le vol de mon sac fin 2017, la volatilisation de mon téléfonino quelques mois plus tôt lors d'une assemblée de libraires, et les vols à répétitions dans la maison de Normandie la même année, m'ont rendue intranquille à ce sujet -, que la plupart du temps je m'arrangeais pour conserver près de moi ; seulement pour le reste, quel infini et formidable sensation de liberté. Pendant une semaine ne pas avoir à se préoccuper de serrures et de clefs et d'ouvrir et de fermer, et de vérifier qu'on avait bien sur soi des clefs, pendant une semaine vivre naturellement, se faire confiance. C'était si bon. Et rassurant. 

Je m'étais alors souvenu qu'en banlieue de Paris, dans mon enfance, on ne fermait à clef une maison que lorsque l'on s'absentait, faisant suffisamment confiance au monde pour laisser ouvert les accès en notre présence, sans avoir à craindre d'intrusions (2). On ne fermait présents que pour la nuit. Et c'était le cas pour les voitures aussi. Les portes n'étaient pas blindées, les grillages bas, les portails bouclés seulement si une famille s'en allait en congés.

Voilà ce qui reste de plus marquant, malgré de fortes et belles émotions et stimulations intellectuelles : les clefs, la belle vie que c'est sans. 

 

(1) L'amour fait ça également, lorsqu'on a un temps d'intimité qui nous est accordé et dans un lieu que l'on apprécie ou que l'on découvre, enchantés.
(2) Jusqu'au jour où Philippe, le mauvais garçon du quartier, est tombé dans l'héroïne et que lui ou ses fréquentations ont commis des larcins vite fait, dans les maisons, abusant de la confiance collective que les habitants avaient. 

 


Les heures de sommeil

 

    En 2015 et jusqu'en juin 2017, et alors que j'avais déjà des tendances (je peux m'endormir brièvement à toute heure à volonté, il me suffit de m'allonger, me sentir suffisamment peu menacée et fermer les yeux), j'ai été atteinte d'une forme légère de narcolepsie. Je suis parvenue à mener ma vie à coup de violents efforts contre les endormissements et d'organisation (1). 

Depuis, et malgré une vie quotidienne trop remplie, ça va nettement mieux. J'en conservais néanmoins la conviction que j'étais une grosse dormeuse. Mon rythme idéal, je le connais depuis longtemps : se lever à 6h30 se coucher peu après 23h30 si possible, et faire une sieste de 40 minutes en début d'après-midi. 

Le rythme requis par le travail dans notre société à notre époque n'est pas tout à fait celui-ci. Le capitalisme débridé nous pousse de toutes façons à consommer le plus possible et donc à dormir peu, étant donné que l'air n'est pas encore payant (2) et que c'est la seule chose, avec un système de chauffage l'hiver, que l'on consomme en dormant.

Il aura fallu ce cadeau d'anniversaire d'une montre pour le triathlon qui mesure les phases de sommeil et que par curiosité je voie ce que cela donnait pour que je prenne conscience qu'en réalité j'étais plutôt petite dormeuse, ce qui continue de me surprendre. Une semaine normale, pas spécialement par choix mais parce qu'il y a le travail, au matin tôt les entraînements et au soir en rentrant des choses à faire et le besoin irrépressible d'un peu de temps réveillé en roue libre, à prendre des nouvelles du monde et des copains, de temps de lecture aussi, je ne dors qu'environ 5h à 5h30 par nuit.

Du coup je comprends mieux pourquoi je ne souffre pas d'insomnie, je tombe littéralement de sommeil à peine couchée et me réveille sous les injonctions combinées du radio-réveil et du réveil de mon téléfonino. 

Ce dimanche, une cheville en délicatesse faisait qu'aller courir n'était pas une option, tout au plus un peu de vélo, dans l'après-midi. Donc pas de réveil extérieur. Et voir ce que ça donnait. 

Dormir de tout mon saoul, ça donne donc 8h de sommeil 

Capture d’écran 2019-04-07 à 12.12.38Il faudrait pouvoir faire ça chaque jour. Seulement ma vie quotidienne requiert un lever à 6h30, ce qui signifierait se coucher à 22h30. Quand on rentre du boulot vers 20h30 à 21h c'est impossible : il faut dîner, se laver, il y a un minimum de choses à faire pour la maison et il me faut pour le travail du temps un peu pour lire. Sans même parler de partager un moment avec les membres de la famille. Sans même parler de temps humain nécessaire à de la décompression (lire des bêtises, rigoler avec les ami·e·s, faire des jeux idiots, regarder une série ...) car l'être humain n'est pas fait pour être un efficace permanent.

Je me demande quelle solution trouver, comment ménager ce qui s'impose (il faut gagner sa vie, travailler d'arrache-pied pour rapporter quelque argent) et ce dont le corps et l'esprit ont besoin pour fonctionner au meilleur d'eux. Quelque chose me dit que je suis loin d'être la seule et que pour notre société et notre époque, c'est collectivement un réel enjeu. 

 

(1) Entre autre : j'arrivais plus tôt dans ma zone de travail pour pouvoir faire une sieste préventive d'un quart d'heure dans un parc voisin avant d'attaquer mon service qui heureusement n'était en général que les après-midi.

(2) Ça le deviendra hélas certainement, l'air du dehors devenant de plus en plus irrespirable. Il y aura donc des dispositifs pour que nous puissions disposer de temps d'air pur, inévitablement payant. Les riches auront des équipements légers et permanents, les pauvres, de plus encombrants et seulement par moment. Les pauvres tousseront. Les riches peut-être aussi mais en s'intoxiquant volontairement avec des substances entre autre tabagiques. 

 


Samedi non travaillé

 

    Fullsizeoutput_12f4J'ai hâte de pouvoir reprendre une librairie et donc inévitablement retravailler le samedi, il n'empêche qu'en attendant je savoure ceux pour lesquels il n'est pas prévu pour moi de remplacements. 

Ça commence le vendredi soir, pouvoir souffler, moins regarder l'heure, un peu comme le nageur en piscine atteignant le bord du bassin, l'entraînement n'est pas fini mais 20 secondes de récup' et ça fait du bien.

Puis le samedi, lorsqu'on a une pratique sportive, c'est le plaisir de pouvoir prévoir de rejoindre ses camarades d'entraînements, au lieu de l'habituel, Non, j'peux pas, j'travaille. Sachant que précisément pas mal de choses sont prévues le samedi puisque le dimanche est souvent réservé aux familles ou aux compétitions ou à quelques séances courtes. Et c'est frustrant à la longue de ne jamais en être.

C'est aussi le petit plaisir simple d'aller soi-même chercher son dossard, si justement une course est prévue le dimanche ; ce faisant pouvoir discuter un brin avec les organisateurs, souvent des bénévoles, repérer un peu le parcours, s'enquérir de points d'intendance ou d'organisation. Comme je suis quelqu'un de très lent, c'est aussi un moment où je peux croiser d'autres coureuses et coureurs ou triathlètes qu'au moment de la course je perdrai vite de vue. Le moment où je peux m'accorder l'illusion d'être comme tout le monde, dans les temps.

Et en attendant, c'est l'infini plaisir de pouvoir s'accorder le luxe de pour une fois, ne pas se presser mais faire calmement ce qui est devant être fait (et même une sieste si l'on se sent fatigué'e)

 


Day off mais pas tant que ça

 

    Réveillée avec le rhume. En fait je l'avais tenu en respect jusqu'à mercredi soir pour l'émission GRP qui me tenait tant à cœur et voilà que ça a encore tenu un peu le jeudi et puis le vendredi, effet de la fatigue, le corps a baissé la garde et voilà. 

Je n'avais pas de remplacement en librairie à assurer aujourd'hui. 

Ça tombait bien.

Je me suis dit, allez, je ne fais rien, je récupère, je dors, j'accomplis ma fièvre et ma toussoterie sous la couette et peut-être que comme ça, ça ira mieux demain et après-demain pour un gros, très gros week-end de rangements urgents (changement de ballon d'eau chaude prévu lundi, il faut entièrement dégager le cagibi pour éviter les risques d'incendie). 

Donc je n'ai rien fait. 

Enfin, du rien de comme une femme.

C'est-à-dire ranger une lessive sèche en lancer une nouvelle et l'étendre sur le séchoir. M'occuper d'un repas - Ok en mode flemme mais quand même -. Lire un livre (du plaisir, certes, mais pour le boulot). Préparer trois nouveaux cartons de livres pour le box de stockage et les y apporter à diable (avec une aide de l'homme à mi-parcours mais néanmoins). Enfin scanner la facture des pompes fu pour la restauration de la tombe des arrière-grands-parents et avertir les membres de la famille qui avaient annoncé qu'ils participeraient financièrement au projet. Vérifier ma reprise d'abonnement Vélib. Nous inscrire, l'homme et moi, pour les 10 km des Foulées de Clichy (j'aimerais bien faire un temps, pour une fois). Et finalement commencer le début du gros du rangement, même si je m'étais dit que m'occuper d'écluser un max du rhume d'abord était la meilleure idée. 

L'ensemble saupoudré de visions de videos de sportives et sportifs de haut niveau, parce que ça aide à se motiver pour bouger lorsque le corps suggère de rester au lit, et pas du tout pour des coquineries. Ça tombait bien, un des Norvégiens que j'admire et son amie ont décidé de se mettre à vloguer. C'est fou comme avec eux ça a l'air facile, juste quelques anicroches de vols annulés et correspondances d'avions en courant et de bagages du frère égarés, de remporter un championnat d'Europe en CAP. Intéressant aussi : un très bon n'est pas stressé, il est excité à l'idée d'enfin être au jour J au moment M. Ça me rappelle certains souvenirs scolaires ou plus récemment des rencontres en librairies, bien préparée, vient l'envie d'être à pied d'œuvre.

Pour conclure notre propre journée, nous avons trouvé moyen d'intercaler un petit dîner dans un restaurant capverdien du quartier, puisqu'à la maison rien n'était prêt et qu'il convenait de manger. 

Somme toute, ce fut du rien bien rempli.