Mon téléfonino vous écrit


    Je venais d'envoyer un SMS pour parler à qui de droit du vélo de rêve dont je venais de faire l'achat, un SMS assez technique, de fait, puis de prendre le chemin du retour avec deux roues de rechange (du coup un peu chargée). J'avais mal fermé mon téléfonino, lequel avec la complicité de ma poche de pantalon s'est mis à être très bavard. 

Aux séries de hyhyyhyhyhy et autres hhhhh hij6yh que j'ai expurgées près, il a trouvé le moyen d'envoyer tout seul le SMS suivant : 

"Y y et et et de To To do et que je thé tchétchène de Clichy dans un état un état un état t'aime fort fort et de duvet hic hic c'est que jhve quelqu'un qui hhhh"

Je me demande encore où il est allé chercher tout ça (1) mais si ça continue il publiera avant moi.

 

(1) En particulier "tchétchène" et "duvet" que je ne crois pas avoir jamais mentionnés dans un SMS. "Le thé tchétchène de Clichy" ferait un bon titre. 


Les infos perlées


    C'était déjà le cas dès lors que ma mère était tombée malade et que mon temps ne m'appartenait pas, même hors du travail : je ne suivais plus les infos que par morceaux, de façon lacunaire, essentiellement via les réseaux sociaux et la radio mais seulement à certaines heures : France Culture le matin et les flashs sur FIP quand aux librairies où je travaillais il se trouvait qu'il n'y avait ni clients ni coups de fil au 50 minutes d'une heure donnée (1). 

Ces derniers temps, sans doute à cause du déménagement des affaires de mes parents et tout le travail préalable et au fait que mon travail à et pour la librairie est très prenant - entre autre de belles plages de lectures quand je suis à la BNF ou chez moi, pour préparer les rencontres, et je me coupe bien du monde dans ces moments-là -, au fait aussi que la maison de Normandie est sans l'internet et que je me suis fait voler mes lunettes fin octobre sans les avoir encore réellement remplacées - j'utilise des lentilles progressives, formidables, mais ne les porte pas sans arrêt -, ce qui fait que lire sur l'écran de mon téléfonino est un peu hasardeux (2), c'est devenu particulièrement flagrant.

Et bizarre : par moment une info m'arrive pratiquement en temps réel. Et puis une autre, parce qu'elle s'est glissée alors que j'étais concentrée sur toute autre chose et qu'elle n'a pas eu tant de relais me passe totalement inaperçue. Ou alors je l'apprends par ses conséquences. 

Ainsi du crime écœurant commis sur une octogénaire à Paris parce qu'elle était d'origine juive, je n'ai eu vent que par le touite d'une amie qui s'apprêtait à se rendre à un hommage. Et j'avoue dans un premier temps n'avoir pas compris, avoir cru (naïve) qu'il s'agissait de quelqu'un que l'amie admirait - un peu comme j'étais allée à la cérémonie pour Lucie Aubrac -, et j'ai eu le temps de me dire, qui était-ce qu'elle admire ainsi et que je ne connais pas, avant de mesurer, et mon erreur et l'horreur. 
De la prise d'otage à caractère terroriste de Trèbes, je n'ai eu que le fait qu'il se passait un truc dans un supermarché, vers Carcassonne, et compris seulement au soir l'ampleur et là aussi l'horreur de cette tuerie.
J'ai découvert seulement ce soir que Philip Kerr était mort, alors que ça concerne mon métier - bizarre d'ailleurs que si peu de retentissement côté pro -. 

Pour autant pour d'autres choses, il se peut que j'en sois au courant dans l'instant, si par exemple je consulte Twitter pendant un trajet en transports et que ça tombe sur les téléscripteurs ou leur descendance en ce moment précis. 

Je me sens donc en même temps toujours autant en prise avec mon époque et à la fois pas du tout, décalée, déphasée, en parfaite inconscience de certains événements. Pour un peu ça me renverrait au temps où les informations ne parvenaient qu'au compte-gouttes jusqu'à la plupart des gens : journaux du matin ou du soir, informations à certaines heures précises sur les quelques radios officielles, journaux télévisés deux fois par jour au maximum pour qui cherchait à les regarder (3). Et je suis impressionnée de mesurer à quel point notre rapport à l'information, à intérêt constant - je cherche à savoir ce qui se passe, à me tenir correctement informée, je ne tiens pas nécessairement à tout savoir au plus vite dans tous les domaines tout le temps - a changé. 


(1) Ce qui est assez rare en fait : si on voit une seule personne sur une heure donnée, elle passera à moins dix. ;-) 

(2) En même temps ça me permet d'inventer des news en mode Professeur Tryphon, ce qui est parfois drôle.

(3) Et donc à être devant son poste allumé à l'heure dite, car les magnétoscopes n'étaient pas encore d'un usage répandu. 

 


Je ne suis plus sans papiers

Gilda with ID card

Voilà, grâce à l'initiative heureuse et sympathique d'une employée de la mairie, me voilà à nouveau pourvue d'une carte d'identité.

Après le vol de mon sac fin octobre et de tout ce qu'il contenait, j'avais pensé à faire refaire le passeport en priorité et qu'une fois seulement lorsque j'en disposerai je pourrais faire ré-établir les autres documents. Elle m'a suggéré fort intelligemment de tout faire en même temps. 
J'ai dû filer en courant chercher de l'argent pour acheter au Tabac un timbre fiscal et de ce fait, alors qu'il faut prendre rendez-vous et que ça n'est pas si simple (pré-demande en ligne à remplir, puis presque autant à refaire au moment même du rendez-vous), et pas si simple de se libérer, les deux demandes sont parties en même temps.

Ce matin alors que je disposais, ô miracle, de deux heures de temps personnel, mon téléfonino a émis son signal de SMS arrivé, lequel disait, "Votre carte d'identité est disponible jusqu'au 17/03/2018 dans votre lieu de recueil". Autant vous dire que je n'ai pas attendu un seul instant de plus.

Je suis donc extrêmement reconnaissante envers cette femme et sa suggestion. 

Je le suis aussi envers le photographe de la rue de Charenton chez qui j'étais allée me faire tirer le très officiel portrait. Il a trouvé moyen tout en respectant les consignes strictes des documents de maintenant (1) que j'aie l'air d'être moi, même avec un splendide RF sur le nez. 

Au soulagement que j'éprouve moi que la conformité soucie peu, je mesure combien doit être source de tension le fait de n'avoir pas de papiers d'identités, du moins pas ceux qui autorisent à séjourner dans un pays plutôt qu'un autre.

J'ai vécu le reste de la journée dans l'illusion que puisque c'était allé si vite, le reste de mes tracas administrativo-quelque chose de ces jours derniers allait rapidement s'aplanir, chèque et chéquier, carte de mutuelle ..., mais je crains que ça ne soit pas si simple.
Ma carte vitale, quant à elle, est déjà là (2).

Avant que d'oublier et de passer à la suite de mes aventures, je dois noter que mon pass navigo m'a été utile comme seul document un peu sérieux quoique non officiel avec photo me restant. Je déplore que son abandon prochain ait été voté par la région au profit d'une sorte de future appli smartphone - particulièrement injuste puisque sa facilité d'utilisation dépendra de la qualité de notre équipement -.

Et qu'il m'a été secourable malgré qu'il n'était ni obligatoire ni mentionné, d'avoir pris avec moi mon livret de famille lors du premier rendez-vous.

Dans l'absolu il faudrait s'arranger pour avoir toujours un document d'identité à la maison lorsqu'on en a un autre sur soi, et jamais dans le même sac ou au même endroit le téléphone portable et l'ordinateur. Moyennant quoi il devrait suffire de moins d'un mois pour retrouver une vie sans surcroît de complications. Ç'aura été presque mon cas.

 

(1) Je me souviens d'un temps où l'on pouvait sur un passeport arborer l'air souriant, des cheveux débordants, une barrette pour les maintenir, ce qu'on voulait comme vêtement du moment qu'on voyait le visage.

(2) Quand tu penses à la façon fastidieuse de 2009 (vol du portefeuille), que de progrès !

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L'assistant automatique


    De nouveaux appareils en mises à jour - curieux de s'être fait subtiliser la même année en deux fois et le téléfonino et l'ordinateur - voilà que je découvre que ce dispositif de sauvegardes automatiques de certaines photos est désormais muni d'un assistant, lequel fait une partie du boulot pour nous : classer en album, "améliorer" certaines images - généralement, présomption humaine, je préfère mes photos avec défauts -. 

Ça n'est pas tout à fait inintéressant, même si je continuerai autant que possible d'utiliser mes propres classement, plus efficaces à mon cerveau et son fonctionnement de mémoire.

Capture d’écran 2017-12-12 à 22.26.57En particulier ce dispositif créé les choses à partir d'une logique implacable, ce qui rend des résultats parfois faux très drôlement, parfois charmant. Ainsi la machine a semblé se réjouir de mon merveilleux week-end à Paris début décembre (Patate, j'y habite), ainsi que d'une excursion que j'aurais faite fin novembre à vers Eaubonne et Beauchamp, ce qui est une appellation fort romanesque du fait d'être allée préparer once and again des cartons de déménagement. Et j'étais à Taverny, en vrai.

Ce monde moderne peut être amusant.

(Cette façon d'être cerné-e-s est également flippante, mais préférons en rire du moins pour l'instant)


Paris sans voiture, la petite illusion

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Ah que c'est beau Paris sans voitures !

 

Bon alors en vrai, non, cette photo je l'avais prise à Bruxelles le 17 septembre 2006, parce que pendant que les Français s'appliquent consciencieusement à continuer de polluer, nos voisins, eux ça fait plus de dix ans qu'ils ont des journées sans voitures et intégralement. 

C'était un de ces petits déplacements en TGV qu'on s'accordaient avec le fiston avant ses fatidiques douze ans : nous profitions d'un tarif merveilleusement réduit grâce à une carte annuelle pas trop coûteuse qui permettait de payer les trajets trois fois rien et pour l'enfant et pour un adulte qui l'accompagnait. Nous avions choisi le week-end en fonction je crois d'une compétition de pétanque du papa, c'était aussi une façon d'éviter un dimanche de pétanque-widow. Nous ignorions que nous allions débarquer lors d'un jour particulier. Nous étions arrivés tôt le matin dans une ville sous la brume et totalement silencieuse. Nous avions vite pigé, ça n'en demeurait pas moins magique. Des vélos partout. La brume en plus atténuait les sons. Je me souviens de toute cette journée comme d'un très beau rêve.

À Paris, onze ans plus tard, c'est peu dire qu'en vrai, ça n'a pas fonctionné tout à fait : 

 

PA012752[photo prise en bas des Champs Élysées ce dimanche 1er octobre à 11:28 ; et ça n'était pas un moment d'exception]

Nous nous étions dit, naïfs, Tiens si notre entraînement de vélo nous le faisions dans Paris intra-muros ? Puis, gourmands, tiens si l'on s'offrait la place de l'Étoile ?, Oh, et les Champs Élysées ?, Et la Concorde ? (1)  Et voilà qu'en fait nous avons tout juste croisé un peu moins de bagnoles - en plus que les un peu moins au lieu d'être respectueuses parce qu'elles étaient de trop, en profitaient d'autant plus pour foncer -, un peu plus de vélos (ça au moins c'était sympa, et puis comme ça on échangeait quelques mots, certains étaient exprès venus de grande banlieue, malgré le crachin qui ce dimanche persistait), même pas pu descendre les Champs Élysées qui à l'heure où nous voulions passer étaient interdits aux vélos même tenus à la main (2) et nous sommes faits renvoyer  PA012750

par les rues adjacentes. Les purs piétons quant à eux pouvaient passer mais au compte-goutte puisqu'à présent, ce que l'on peut comprendre au vu des événements des deux dernières années et qui semblent ne plus jamais devoir cesser (3).

Nous nous en sommes donc retournés après une petite boucle réduite à vitesse réduite aussi (puisqu'aussi gênés qu'un autre jour ou quasi) - au temps pour moi qui avais espéré passer saluer mes camarades qui effectuaient un dimanche d'ouverture à la librairie -

Capture d’écran 2017-10-01 à 12.38.39

un tantinet déçus, il faut bien l'avouer.

Comme l'écrivait un ami sur Twitter, ça n'était pas Paris sans voitures c'était Paris avec un petit peu moins de voitures. 

Sans arrêt dans notre circuit nous avons dû faire attention à la circulation comme un jour ordinaire. À aucun moment nous n'avons eu l'impression que la rue était rendue aux vélos et piétons. 

Il se trouve que je suis ressortie dans l'après-midi entre 14h et 16h30 et que la situation ne s'était guère améliorée (4). On aurait même dit que pas mal de gens, particulièrement des deux roues, qui avaient dans un premier temps fait l'effort, avaient fini par se dire, puisque c'est comme ça, moi aussi je prends mon véhicule. 

Au point que dans un reportage très pro-journée sans voitures, à plusieurs reprises (5), on voit les bagnoles dans l'arrière-plan pas si lointain. Ce qui n'est pas sans un léger effet comique puisque les personnes interrogées disent combien c'est formidable, Paris sans ces engins. 

Pendant ce temps ceux qui persistent à vouloir polluer (en oubliant qu'eux-mêmes vivent là et ont des poumons) hurlent leur colère sur les réseaux sociaux et insultent la maire de Paris, tout ça parce qu'on ose leur demander de faire preuve d'un peu d'intelligence et de civisme durant une journée.

Nous avons cependant fait une bonne petite balade que nous n'aurions pas tentée sans cette initiative, et dans une ville qui reste belle et qui malgré tout nous rend souvent heureux d'être là.

*                    *                     *

Rien à voir directement, mais il est difficile d'écrire quelques mots sur ce dimanche 1er octobre 2017, sans évoquer les nouvelles qui nous arrivaient de Catalogne par les réseaux surtout et un peu les infos au sujet du référendum sur l'indépendance que le pouvoir central de l'Espagne a déclaré illégal. Je n'ai pas d'opinion tranchée au sujet de l'indépendance de la Catalogne, je suis consciente de la complexité des enjeux et toujours un peu méfiante du combo (régionalismes, replis sur soi, glorification des traditions (lesquelles sont presque toujours ennemies du respect de la liberté des femmes)), méfiante également du côté oppressif des pouvoirs centraux. Il n'empêche que voir des gens pacifiques et non armés se faire tabasser par des forces dites de l'ordre qui s'efforcent de les empêcher d'aller voter est particulièrement révoltant et terrifiant. Je partage à tous points de vue Capture d’écran 2017-10-01 à 23.31.22

ce touite d'Attac France d'où l'image est tirée 

*                    *                    *

Enfin, impossible de clore ce billet sans évoquer la mémoire de Philippe Rahmy, dont l'annonce du décès survient via Le Temps, alors que m'apprêtais à éteindre l'ordi. Nous espérions l'inviter à la librairie, j'en avais parlé il y a dix jours avec l'un des ses éditeurs qui m'avait précisé qu'il faudrait que ça soit avant le 15 décembre ou après le 15 avril en raison de la résidence d'écriture prévue. Quelle tristesse.

Un bel article à son sujet dans La Tribune de Genève  

Son site, Rahmyfiction 

 Paris sans voitures paraît soudain d'une futilité méprisable. Mais sans doute que laisser le billet c'est aussi montrer à quel point l'annonce d'une mort peut être brutale, survenir alors que l'on relisait, un décès être inattendu et la peine éprouvée forte y compris pour quelqu'un qu'on avait tout au plus une et une seule fois croisé (mais son travail est inoubliable).

 

(1) Tous lieux de Paris où il n'est pas des plus agréables d'être un cycliste lors d'une quelconque journée

(2) Plus tard, j'ai appris qu'il s'était agi d'un défilé l'Oréal dans le cadre de la Fashion Week. Privatisation de l'espace public une fois de plus et de plus en plus. 

(3) Dans l'après-midi même à la gare Saint-Charles de Marseille un de ces pseudo-terroristes surtout bien cinglé tuera au couteau deux femmes qui avaient le malheur de passer par là. Désormais n'importe qui fait n'importe quoi en se croyant investi d'une mission divine de combat.

(4) Il était annoncé que la journée sans voitures c'était de 11h à 18h. J'en étais venu à me dire que puisque nous avions circulé au début de cette plage horaire, peut-être avions-nous essuyé les plâtres, le temps que les voitures soient vraiment mises à l'arrêt ou sorties.
(5) À 0'53" puis vers la fin

 


C'était la seule consolation de cette situation

(C'est un billet que j'avais écrit il y a un an ou deux, pas mis en ligne sur le moment, redécouvert aujourd'hui) (intéressant de voir ce qui entre temps a changé, ce qui n'a pas bougé) (et je mesure l'importance bienfaisante du triathlon dans ma vie, c'est comme si l'ensemble de mes capacités s'étaient élargies, en plus que je parviens enfin à penser un peu à moi, par le biais de l'attention nécessaire au corps)

 
    C'était la seule consolation de cette situation, quand celui qui avait bien un peu fait semblant est parti, je n'ai plus vraiment eu, fors cas très particuliers très extrêmes, par exemple les différentes vagues d'attentats et de ne pas savoir qui risquait ou non d'avoir été là, à rester suspendue aux nouvelles de quelqu'un ou à leur absence. Lui était plutôt du genre régulier, ou alors il prévenait (cette semaine, j'écris), généralement de façon inutile (c'est lui qui m'envoyait un SMS, un mail), ou alors s'est parce qu'il était malade (auquel cas il réécrivait dès qu'il le pouvait, où envoyait un bref texto dès qu'il sortait de la fort fièvre). C'était plutôt moi l'irrégulière. 

D'ailleurs je le suis hélas souvent avec la plupart de mes amis : il y a le travail, il y a ses prolongations (de belles soirées en librairies, des lectures pros), la petite famille, les entraînements sportifs, quelques sorties, et (pas suffisamment) l'écriture. Le sommeil prend tout ce qui reste. Souvent le soir lorsque je suis enfin devant l'ordi, je m'efforce de répondre à mes messageries (celles des réseaux, celle du vrai mail), et le sommeil déboule avant que j'aie fini. Je remets donc au prochain temps personnel libre, généralement le lendemain soir car le matin c'est debout-se préparer-filer et il n'est pas rare qu'un message reçu en début de semaine n'ait pas de réponse avant le week-end suivant. Comme désormais le week-end je travaille une fois sur deux (en gros), ça remet parfois d'une quinzaine, et je pense que mes interlocuteurs sont en droit de penser que je les ai oubliés (alors que non).

Il s'est trouvé que l'an passé parce que la bien-aimée d'un ami de longue date avait subi un dangereux problème soudain de santé, je m'étais par ricochet retrouvée dans la situation de l'attente dans l'inquiétude. Avertie du malheur, prévenue d'un silence le temps du plus fort du combat, j'ai passé près d'une semaine à penser à eux en permanence, une sorte de petit sous-programme que mettait en sourdine le travail et mes propres moments de ressources intensément utilisées (par exemple ce retour du travail à vélo sous une pluie battante, le problème n'étant pas tant la pluie qui en deux ou trois minutes m'avait rincée, plus rien n'était à craindre, que les multiples dangers induits de mes freins devenus incertains, aux dérapages possibles, aux voitures qui levaient des flaques, et à une moins bonne visibilité).

C'est alors que j'avais pris conscience d'être retombée dans ce travers d'autrefois, datant de mon premier amour, puis de la période du Burkina Faso (l'amoureux moins gêné que moi par la distance subie : il vivait une vie au parfum d'aventures du fait même de son expatriation, tandis que je me frottais aux dures lois du travail en grande entreprise pour lesquelles personne ou presque n'était moins adaptée que moi), puis de la période de grande intimité avec l'ancienne amie, puis de la période avec celui que j'appelais Another Ted après qu'il m'avait si brutalement quittée : je renouais avec ces heures et ces jours traversés dans une sorte d'équivalent humain du "mode sans erreur" des ordis, fonctionnant mais sans plus, plein de fonctions mises en veilleuse, incapable d'accéder à l'ensemble de mes capacités, pas tout à fait présente, en fait.

Et comme toujours le message (en l'occurrence un SMS) mettant fin à l'attente (d'autant plus qu'il apportait une bonne nouvelle, un intense soulagement), montra combien l'oppression avait été forte par le niveau instantanément d'énergie retrouvée et de présence au (reste du) monde.

Ça n'aurait constitué qu'un dégât très collatéral, mais j'avais été au bord de perdre le seul aspect consolant de ma situation de "rejected one".

 

PS : Cet épisode avait aussi été l'occasion de mesurer, comme l'évoquait Chris Marker dans "Le cœur net" la non sanctuarisation de l'amitié dans nos sociétés. Si je suis la sœur de mon grand ami, je peux éventuellement obtenir des informations par un tiers, c'est la famille. Je ne suis qu'une amie, quand bien même notre lien affectif de fraternité est très fort, pas moyen de savoir ce qu'il est advenu si le principal intéressé trop occupé ou accablé n'émet plus rien.
Ça avait été aussi l'occasion de prendre conscience d'un truc auquel je n'avais auparavant pas vraiment songé : la plupart de mes amis "d'avant", s'ils meurent sans que des amis communs ne relaient l'infos, je n'en saurais rien. Pour un certain nombre d'autres de mes amis de ma vie depuis l'internet (1), je sais que d'une manière ou d'une autre, par les réseaux ou les infos, je serais avertie si quelque chose survenait. Les temps ont bien changé. 

(1) J'aimais beaucoup ce que disait au passage Samantdi sur ses amis d'avant et d'après. Valable aussi pour les miens (et moi)


Papillon à joindre à votre prochain envoi

 

    Je continue donc peu à peu, méthodiquement, à chaque passage nécessaire (agences immobilières, relevés des compteurs, jours des différents types de poubelles ...) à trier, ranger, jeter de vieux papiers, collecter des souvenirs, mettre en cartons des objets de la maison de ma mère.

J'en étais aujourd'hui à des tiroirs qui contenaient des papiers administratifs de mon père, affaires courantes qu'elle n'avait pas jugé bon ou pas osé jeter.

Entre autre des décomptes de remboursement de mutuelles. L'une d'elle à chaque feuille joignait un petit "papillon à joindre à votre prochain envoi". Y figurait le nom et prénom de l'assuré, son numéro de sécurité sociale, et un numéro de téléphone direct d'entreprise précédé de "suivi par" qui devait permettre de joindre directement le conseiller en charge de son dossier.

Ça devait être avant l'internet généralisé mais après le grand envahissement de toute organisation par le management.

Alors le "suivi par" est suivi d'un prénom.

J'ai pu ainsi repérer Christine qui avait dû s'occuper de frais dentaires, Arlette qui s'était attelée aux lunettes, Manuel, sans doute pas encore suréquipé d'ambitions politiques, et un mystérieux Cetelic, vers la fin (1).

J'ignore si mon père, qui n'était pas sans humour, en souriait. 

 

(1) C'était aussi avant la vague du dumping social et des délocalisations, les numéros de téléphones sont des fixes en région Nord Est.


Patience et politesse font plus que force ni que rage


    C'est peut-être un des rares trucs que j'ai appris en vieillissant : la logique en ce bas monde ne vaut que pour les sciences, les vraies. Et probablement le fonctionnement interne externe de notre planète et des galaxies. En revanche pour tout ce qui dépend de l'être humain, elle n'est que vassale et relative.

Inutile de lutter.

Pas de façon frontale.

J'ai mis du temps à piger, moi qui jusqu'à l'amour ai fonctionné comme un gentil ordi tombé dans un corps de petite femelle.

Par trois fois ces jours-ci de l'avoir compris m'a servi. Et aussi d'être consciente que dans notre époque plus troublée en Europe que les deux ou trois décennies qui l'ont précédée, dans un monde où le travail décemment rétribué n'est plus la norme, et où les dispositifs électroniques ont posé des contraintes que peu savent contourner il faut savoir ne pas trop en demander.

Il y a eu la déchetterie. Maison de ma mère presque vidée, entreprise de travaux sympathique et efficace mais qui n'a pas pris en charge (tous) ses déchets, voilà que nous devons aller vider trois fois trois grands sacs poubelles de différents déchets. Je porte le même nom qu'elle, j'ai mes papiers d'identité, je me suis munie d'une facture récente (EDF ou eau) concernant sa maison. Dans ses documents, fort bien tenus, bien rangés, je n'ai pas retrouvé de carte d'accès : comme il convenait d'y aller en voiture et que les dernières années consciente de n'en être plus capable elle ne conduisait plus, elle n'avait sans doute pas fait les démarches nécessaires à son obtention ou son renouvellement. 
Ponctuellement un peu plus tôt, un voisin nous a prêté sa carte. Un dimanche un gars à l'accueil nous avait dit, OK pour aujourd'hui, si pas trop de quantité. Mais là, les gars, moins à l'aise ou trop contents d'exercer leur petit pouvoir, nous laissent passer pour un voyage et refusent au deuxième. 
Nous voilà donc dans les bureaux en train de parlementer. Car il faudrait pour que tout aille bien le certificat de décès et comme celui-ci remonte à février je n'ai plus en juillet, le réflexe d'en avoir un en permanence sur moi, histoire de parer à tout éventualité (1). Il faudrait même idéalement copie de ses impôts fonciers ou de sa taxe d'habitation. 
Tout ça pour jeter, seulement sur une journée, d'anciens papiers peints, quelques vieux objets et d'antiques cartons en voie de décomposition. 
Nous leur posons problème, et le big chef, peut-être déjà en congés est absents. Une personne appelle un collègue et qui hésitent à en référer à leur responsable immédiat. J'explique sans m'énerver, je réexplique aux personnes successives, en ajoutant que comme nous profitons d'un jour de congés nous ne pourrons pas revenir avant un dimanche ou le 14 juillet férié. 
Plus jeune je me serais sans doute énervée, c'était si absurde, ou j'aurais fait de l'humour, On dirait que vous craignez qu'on vous dépose un macchabée. Avec l'âge j'ai appris : à exposer mon cas, puis me taire. Sans bouger.
L'âge lui-même est pour quelques temps (2) un atout : nous sommes deux pré-petits vieux, presque l'âge de grands-parents, d'apparence ordinaire parlant un français courant sans accent régional (du point de vie de l'Ile de France s'entend) : a priori pas dangereux, rien de clivant [je n'en tire aucune fierté mais j'ai plus d'une fois constaté que c'est comme ça que ça marche même si ça n'est pas normal], voire au contraire : parfois mon nom italien s'est révélé en France un atout, souvenirs de vacances ou d'amours de jeunesse ou de beautés d'art, qui sait ?
Le chef un peu plus grand, réfrénant son agacement a jeté un œil à notre chargement puis consenti au déchargement. 

Il y a eu la dernière étape du tour de France. En tant que petite dame qui fait du vélo j'ai participé au petit circuit final, dimanche dernier avant les pros. C'était vraiment un bon moment.
Les consignes de sécurité étaient très strictes et respectée, tout le monde s'y pliait volontiers : les dernières années nous ont appris que dans la mesure où les terroristes de maintenant souhaitent mourir, se veulent martyrs, tout peut être envisagé, jusqu'à une participante au vélo piégé. Le hic fut qu'après la joyeuse manifestation, il nous était impossible de retourner vers le côté nord des Champs Élysées. Nous étions même obligées de franchir le pont Alexandre III, pas le choix. 
Je devais rejoindre l'homme de la maison du côté de la librairie où j'avais travaillé et été si heureuse il y avait quelques années, et n'avais pas spécialement envie de remonter jusqu'à La Défense pour redescendre après. D'autres femmes devaient repartir elles aussi de l'autre côté. 
Seulement voilà, après avoir franchi le pont suivant dans l'autre sens, impossible de regagner les Champs pour les retraverser - par exemple en utilisant le passage souterrain de Franklin Roosevelt ce que nous avions fait à l'aller -. Vous ne pouvez pas entrer sur le périmètre avec des vélos. Oui mais en fait on a des vélos parce qu'on vient de participer vous savez [ça se voyait nous avions sur nous les beaux maillots distribués et nos vélos n'étaient pas quelconques]. Non pas de vélos. 
Alors à trois (ne pas être trop nombreux ni non plus seules dans ces cas là) nous avons poursuivi en remontant vers la place de l'Étoile et en posant poliment la question à chaque fois, Pourrions-nous passer, là ? Nous venons de participer à la boucle pour les femmes, mais nous habitons vers l'autre côté ?

Et au bout de Trois accès "Pas de vélos, c'est interdit" nous sommes arrivés à un point d'entrée, où les trois personnes chargées de filtrer n'ont fait aucun problème. Mais bien sûr, et bravo.  J'ai pu in extremis retrouver mon homme, lequel commençait à se dire que ça faisait trop longtemps que tout était fini (et n'avait pas pris son téléfonino sur lui) et s'apprêtait à repartir, dépité.  
Il suffit de trouver le bon, commenta une de mes camarades de circonstances.

 

Il y aura donc eu aussi cette réinscription à mon lieu principal d'écriture. Ma carte est annuelle, et je la renouvelle dans les derniers jours de sa validité, choisissant généralement le jour pour lequel j'ai du temps, pas un de ceux où je dois ensuite filer travailler. Mais pour accéder aux bureaux des inscriptions il faut un numéro d'appel, disponible lui aux points d'accueil. Sauf que la personne à laquelle mon ordre dans la file d'attente m'a fait le demander a dit qu'elle pouvait la faire directement puis en voyant ma carte que comme celle-ci était valable encore deux jours qu'il fallait que je revienne après la fin effective de sa validité. J'ai vu son nez qui s'allongeait - ça me fait souvent ça face aux menteurs, mon père me racontait Pinocchio le soir quand j'étais petite et quelque chose m'en est resté -, ai juste tenté d'objecté que les autres années ça se faisait les jours précédents ce à quoi elle a rétorqué, Le logiciel a changé. La mauvaise foi était resplendissait.
Je n'ai pas insisté. J'ai poliment salué. 
Je suis simplement revenue ce matin à une heure sans file d'attente, ai choisi de m'adresser à un homme jeune qu'un plus âgé "coachait" pensant qu'ils auraient à cœur l'un d'expliquer au mieux l'autre de réaliser. Et comme disaient les jeunes c'est passé crème, ils m'ont même rajouté les deux jours qu'en renouvelant sans tarder je "perdais" - d'un autre côté renouveler ainsi me permettait de ne pas avoir à ressaisir tous mes documents actuellement consultés -. En fait ce qui avait changé c'était qu'il fallait obligatoirement établir une nouvelle carte plutôt que de garder le même objet. Me voilà donc avec une photo de moi réactualisée, ce que je préfère : la précédente datait d'une période de ma vie qui est vraiment finie.

Il est quand même dommage d'être souvent confronté-e-s à de faux barrages. Mes petites anecdotes ne sont que de l'ordre de la perte de temps, de la contrariété. Je songe alors à ceux qui le sont pour des questions vitales, qui fuient une guerre, ou la misère, ou auraient besoin d'un traitement qui les sauveraient, et qui se heurtent à quelques mauvaises volontés alors qu'un tout petit peu d'huile d'humanité pourraient en leur faveur dégripper un rouage, débloquer la situation, éviter d'en passer par des intermédiaires escrocs.  Si collectivement on le voulait à fond, ça serait presque toujours l'intelligence qui en viendrait à l'emporter, l'entraide, l'accès. Peut-être un jour, qui sait ?

 

 

 

 

(1) Conseil que je donne à tous ceux donc un très proche meurt et qui sont en charge des démarches : tant que la succession n'est pas débouclée, toujours en avoir un avec soi. Ne cherchez pas à comprendre, c'est comme ça.
(2) Le très grand âge n'en est pas un : on peut se faire traiter comme un vulgaire objet. 


Et le démarchage politique par téléphone (fixe) survint

Appel 180417 1200

   

    Petit préambule

    Je suis sortie de la phase d'inquiétude pour ma mère, puisqu'elle n'est plus, durant laquelle le moindre appel sur le fixe me faisait manquer un ou deux battements de cœur : les proches appelaient sur nos portables, l'hôpital finalement aussi, un peu les pompiers à la fin, mais globalement, les appels sur le fixe signifiaient une urgence, un nouveau problème.

Ceux qui nous connaissent bien nous joignent sur les téléphones personnels pas sur le vieil appareil dont les appels commerciaux nous ont éloignés.

Un appel ne me fait donc plus sursauter. Mais ça pourrait. Je me mets à la place des gens qui sont à leur tour dans mon cas des mois précédents. Je reste très nerveuse et facilement en colère au sujet des appels non personnels non sollicités.

*            *            *

    Ce midi


    Voilà que repassant à la maison fissa, avant d'aller bosser, j'ai eu la surprise de tomber sur le message vocal ci-dessus, délicatement déposé sur mon répondeur par le 09 70 38 80 00 .

(qui demande de le rappeler donc je n'ai aucune raison de ne pas le diffuser).

D'accord nous ne sommes pas sur liste rouge. D'accord le démarchage politique fait partie de la campagne. Mais il s'agit de tracts que nous pouvons refuser ou de mails que nous pouvons déposer dans l'antispam (1) ou encore de courrier en papier qui peuvent filer à la poubelle. C'est la première fois que nous sommes sollicités par du démarchage téléphonique politicien, fors il y a une quinzaine d'années quelques appels municipaux pour me convier à diverses manifestations culturelles locales : j'avais consenti à faire partie de sortes de petits comités de consultation citoyens pour la bibliothèque et le cinéma et l'on pouvait donc considérer que je l'avais un peu cherché. 

Aucun d'entre nous n'a fait la moindre démarche auprès du mouvement En Marche ! et nous voilà appelés. Chez nous. À l'heure présupposée du déjeuner (2).

Nous voilà donc sollicités d'une manière aussi intrusive qu'en leur temps les cuisines Vogica, sans l'avoir souhaité.

Il se trouve que je suis encore hésitante quant à mon vote de dimanche. Si d'aventure ce candidat faisait partie des possibles de mon hésitation, il vient juste de s'en extraire.

 

PS : Je connais un nombre certain de personnes qui s'apprêtent à voter pour lui mais aucune en mode Hourrah c'est mon héros - toutes en mode Barrage à Le Pen et Fillon et puisque le PS est cramé, allons vers celui-là, donc je les imagine mal refiler mon téléphone alors qu'ils sont fragiles dans leur conviction. 
Par ailleurs s'il s'agit d'une blague, l'enregistrement de la voix est rudement bien imité.

(1) Cela dit je ne suis pas encore parvenue à me débarrasser tout à fait de ceux, particulièrement pénibles, émis par le staff de Jean-Frédéric Poisson et pour lesquels je me demande bien d'où ils sont allés capturer mon adresse mail.

(2) En l'écrivant me vient une vision de cauchemar, celle d'un appel en pleine nuit, je file décrocher afin qu'il ne réveille pas toute la maisonnée et soudain c'est la voix d'Emmanuel Macron, le pas enregistré, le vrai. 

addenda du 19/04/17 fin de matinée : Un ami qui habite en Île de France m'indique que Sarkozy lui avait fait le coup en 2012 - alors que rien ne laissait supposer qu'il fût sympathisant -. Je n'ai pas à me plaindre, finalement.

Reste la question : ce type de tentatives en mode Campagne à l'américaine n'est-il pas en France contre-productif, du moins si l'on n'a rien à voir avec le candidat concerné ? 


Dans la série je comprends vite mais je mets longtemps

 

    Deux ans que je dispose d'un très agréable smartphone, dûment proposé par mon opérateur, ce qui tombait bien, mon téléfonino précédent flanchait.

Je regrettais seulement que les sonneries fussent identiques pour toutes applications, or si les SMS sont encore porteurs généralement de messages personnels, et donc demandent qu'on y jette un œil si possible pas trop tardivement après leur arrivée, les notifications des différents réseaux sociaux sont trop nombreuses pour être suivies à la minute près. J'avais du coup réglé l'ensemble sur un bip discret. Ce qui me faisait louper bien des SMS du moins d'y répondre dans la foulée (1). Sans compter que tant que ma mère n'était pas malade et si je n'attendais rien de particulier, je basculais en mode silencieux pour les heures de bibliothèque et de travail en librairie.

Il aura fallu l'arrivée de Mastodon et que je souhaite pouvoir distinguer les notifications de ce réseau des autres, du moins tant qu'il reste en config, réunion des amis (un peu le twitter des débuts, quoi) pour que je me penche sur la question et m'aperçoive aussitôt qu'il convenait de régler les sons appli par appli et que le "par défaut" général ne s'appliquait que si l'on ne précisait rien de particulier (2). 

Deux ans ! (et vingt secondes, le temps de se poser vraiment la question)

Je pense que mon incommensurable capacité à "faire avec" toute situation, jusques dans ce genre de détails, vient de générations et générations qui avant moi n'ont fait que bosser en espérant survivre et sans avoir de choix, fors la révolte quand vraiment ils n'en pouvaient plus.

 

(1) Sans parler de bizarreries par périodes, des SMS reçus ou envoyés plusieurs jours ou heures après (non je n'envoie pas, sauf extrême urgence de SMS, en pleine nuit) - ce qui tient  sans doute des opérateurs et non des téléphones -.

(2) À ma décharge mon téléfonino précédent n'étant pas un smartphone tout se réglait via les paramètre de l'appareil (son de SMS, son de messagerie ...) en centralisé.