Oiseaux volants sur lac gelé

Laissés en jachère depuis novembre et la maladie de ma mère, mes appareils électroniques, photos, ordi, téléfonino ont tous leur mémoire saturée.

Au normal de la vie je prends soin d'eux chaque jour, comme un pêcheur relève ses filets, notes glanées, films, sons, vidéos, je trie, sauvegarde, jette aussi, chaque soir avant de m'en aller coucher. Mais la vie quotidienne a été bouleversée, surchargée, submergées, je n'en ai pas même fini avec les démarches consécutives au cambriolage et au décès, et les outils crient leur saturation.

Alors je prends le temps de tenter de rattraper une partie du retard, ne serait-ce que pour pouvoir continuer.

C'est ainsi que je retrouve cette video d'il y a environ deux mois : le lac d'Enghien gelé. Venue par le bus 138 je traverse Enghien les Bains pour me rendre près de la gare ferroviaire, à l'arrêt du 15 qui me conduira à mon lieu de travail en haut de la colline. Le lac est glacé, les oiseaux s'y posent. C'est d'une beauté qui me donne envie de ne pas me cantonner aux images arrêtées.   

Il fait bizarre de se dire qu'à l'heure où je les filmais ma mère encore vivait, pouvait communiquer. Et que nous ignorions combien de temps (semaines, mois ou année(s)) la mort prendrait pour achever l'approche irrémédiable qu'elle avait entamée.

C'est toutefois moins étrange que lorsque l'on retrouve des images saisies peu de temps avant une rupture subie, un accident fatal, un fait de guerre ou une catastrophe naturelle et qu'on se revoie, sujet ou opératrice, dans la totale inconscience de ce qui va nous advenir et modifier plus ou moins définitivement le cours de notre vie.

Consciente de la plus ou moins grande imminence d'une issue fatale, concernant quelqu'un dont j'étais proche de par la naissance au moins, j'étais fort triste au moment où j'ai filmé. Pour autant les oiseaux, le lac lui-même en sa configuration hivernale sont beaux. 

Je crois en de possibles rémissions par la beauté du monde, tant qu'elle existe encore.

 

 


La fin d'une vie

 

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Au termes de deux mois d'une lente descente vers l'extinction ma mère est donc morte ce matin. C'est à la fois trop long et néanmoins inattendu. Son état s'était soudainement dégradé entre jeudi et vendredi.

Elle était née en 1932 en Normandie et avait vécu les conséquences civiles du débarquement. Jeune adulte elle avait eu ce cran de "monter" à Paris. Plus tard elle y avait rencontré puis épousé un étranger, mon père, qui faisait alors partie de ces cohortes d'ouvrier que l'industrie française recrutait dans leur pays par le biais séduisants de contrats tout compris (le premier logement, une formation, du soutien logistique pendant tous les premiers temps, des cours de français sans doute aussi). Ma sœur et moi sommes donc d'une génération issue des conséquences d'une guerre. Jamais ni l'un ni l'autre n'auraient quitté leur région d'enfance et de prime jeunesse sans la pression féroce et stimulante de la nécessité.

Quand elle s'est sentie libérée de ses devoirs de mère, elle s'est mise (ou remise) à la poésie. Longtemps je lui ai tapé ses textes à la machine puis saisi sur l'ordi, avant que les turbulences (littéraires finalement aussi) de ma propre vie me rendent indisponible. Ma fille a pris un temps le relais. Ma mère m'avait signalé certaines de ses publications, offert quelques-unes. Je n'avais pas mesuré la réelle ampleur de son activité. 

Ce soir, j'en ai trouvé quelques traces numérisées. 

Quelques formes brèves : dans Traces 158
L'annonce d'une publication dans Poésie sur Seine n°45

Des petits cailloux éparpillés par là

Ma mère n'utilisait ni ordinateur ni aucun internet (pas même le minitel qui l'avait précédé), je n'avais donc pas songé à chercher des éléments de son travail dans ce coin-là. 

Mes parents et leurs frères et sœurs et les conjoints de chacun formaient un ensemble de vingt personnes. Trois seulement vivent encore. Quant à mes grands-parents, le dernier à rendre l'âme l'a fait en 1982, et je le connaissais finalement assez peu.
Le XXIème siècle aura réellement débuté en 2016. 
Nous sommes déjà les nouveaux anciens.

Non sans regret car elle avait la constitution pour devenir une vaillante centenaire, on peut considéré que ma mère est bien allé jusqu'au bout de sa vie, cycle complet, tous bonheurs et malheurs accomplis. Jusqu'à la perte de son énergie vitale, de l'élan.  

Ce soir nous sommes soulagés, c'était une tension difficile à soutenir que celle de savoir la malade seule sauf aux passages de soignants prévus et quand nous pouvions nous tenir (et encore, si impuissants), à ses côtés. Très vite nous serons épuisés. Puis viendra la conscience de l'éternelle absence et sans doute un fort chagrin.
Lorsque je lis ce soir certains de ses poèmes que je ne connaissais pas, j'avoue éprouver également une forme de fierté.

[photo : tout à l'heure, un arc-en-ciel en son jardin]


Quand ça veut pas ça veut pas (mais quand faut y aller faut y aller quand même)


P6020007Les petites galères du quotidien démarrent souvent d'un rien.

Par exemple : tu vas à l'entraînement de piscine tôt le matin, tu te fais drincher léger, tu changes de pantalon histoire d'être bien au sec pour la journée de boulot et la soirée prévue. Mais le pass navigo, coquin, se blottit dans la poche du premier et te laisse partir démunie.

Par exemple : tu n'avais pas eu de vélo depuis si longtemps que tu ignorais les deux normes désormais en vigueur pour les valves de pneus d'où que tu n'as pas la bonne pompe pour regonfler les roues de ton vieux biclou rénové bien-aimé.

Par exemple et de toutes façons il fait trop mauvais pour vraiment circuler à vélo. 

Par exemple comme vous étiez deux pour fermer la librairie la veille, tu n'as pas effectué ta routine habituelle de fermer presque le temps d'aller aux toilettes et revenir pour remettre les clefs des annexes et fermer complètement avant de filer. Ce qui fait que tu as gardé celles-ci. Alors tu souhaites arriver dès l'ouverture de l'après-midi pour qu'elles soient disponibles. 

Par exemple, à cause de la grève ou de dysfonctionnements autres et indépendants, les portillons d'accès porte de Clichy sont débloqués pour laisser passer sans valider.

Alors tu arrives pour prendre le RER d'avant celui qui en théorie t'accorde déjà une marge. Alors que tu es sur le quai, l'annonce est faite d'un retard dû à des problèmes de signalisation en gare de Saint Michel en raison de la montée des eaux. 
De tout à fait raisonnable, le retard annoncé passe peu à peu à nettement plus gênant. Mais tu n'es finalement qu'en train de prendre sur la marge large que tu avais prévue.

Et puis il arrive.

Mais le bus que tu espérais prendre à Ermont, celui d'avant celui d'habituellement, est déjà parti lorsque le train retardé y parvient.

L'écart avec le suivant te permet tout juste de résoudre le problème du Navigo manquant, billet à l'avance pour le soir, où tu seras pressée car tu as rendez-vous à Levallois avec un groupe d'amis, tickets pour le bus, après avoir été mal renseignée par une employée au guichet, sans doute surmenée par les demandes pour cause de grève dont elle était submergée, problème de n'avoir pas de liquide sur soi, même en période de crue, un comble, de devoir trouver un distributeur (ça y est, je sais désormais où ils se trouvent dans les environs immédiats) et toute cette cavalcade alors que je suis chargée d'un paquet à transmettre lors de la soirée.

Miracle : le bus est presque à l'horaire prévu et je parviens à le prendre.

[temps de travail, sans poisse particulière, c'est déjà ça, je parviens même à faire découvrir Jón Kalman Stefánsson à une dame venue pour des polars islandais, je n'ai pas perdu ma journée]

Au retour, surprise, une jolie petite feuille fixée à l'arrêt de bus, qui nous averti qu'à partir de 17h en raison d'un critérium cycliste dans la plaine, le trajet des véhicules sera dévié et le sens de circulation des arrêts inversé. Heureusement ils ne sont distants que d'une trentaine de mètres, le premier qui passe est dans le sens qui normalement serait le bon mais le chauffeur confirme d'un ton rogue à la poignée de voyageurs que nous sommes qu'il va vers l'autre terminus effectivement, ça n'a pas l'air de l'enchanter, mais nous n'y sommes pour rien, hé man. Passe plus tard celui dans l'autre sens qui lui va dans le bon et la conductrice s'enquiert pour chacun de nous de notre destination, indique à chacun l'arrêt modifié le plus proche de son but, parfois des personnes font leur job avec classe et intelligence.

Comme c'est joli sur la colline, malgré l'abondance de murs, la déviation n'est pas désagréable. C'est juste que vers la gare ferroviaire finale, la course cycliste a provoqué un embouteillage - à moins que ça ne soit toujours l'absence d'essence, depuis la montée des eaux l'étiage des cuves est passé au second plan ou a été résorbé -, et le bus tarde à l'atteindre. 

Nous sommes trois ou quatre à filer immédiatement vers les quais du RER C. Il est écrit sur les écrans, que le trafic est totalement interrompu dans Paris intra-muros, et de prêter attentions aux annonces par haut-parleurs. Un train pour Paris-Nord s'en va, je me dis que j'aurais peut-être dû le prendre. Je regarde s'il y en a un pour Satin Lazare. Oui. Mais comme c'est la grève, attente 40 minutes. 

 Un RER arrive qu'on annonce terminus alors qu'il devait aller à Pontoise, un beau Bombardier attend tout exprès sur un autre quai afin d'être complété par les voyageurs déroutés et il y a une petite foule de personnes en gilets rouge présentes pour aider les voyageurs, sur ce point, belle organisation de gestion de crise.

On nous distribue des horaires indicatifs pour le lendemain, mais sur les autres lignes [que le RER C].


Je prends (nous prenons, d'autres personnes attendent) l'espoir que le RER après un moment reparte dans l'autre sens, mais non. On nous annonce que le trafic est interrompu totalement et qu'il convient de prendre les correspondances.

Le premier train à aller vers Paris se dirige gare du nord, je suis soulagée qu'il existe. J'ai simplement perdu une quarantaine de minutes, comme sans doute d'autres personnes, à attendre vainement.

Les métros feront leur boulot, pas de colis suspect, d'accident ou de malaise voyageur, ni problème de signalisation, un vrai miracle, et je parviendrai à destination avec "seulement" une heure trente de retard, contre 35 à 40 minutes que mon horaire de travail laissait à prévoir si tout s'était déroulé normalement. Heureusement les téléphones portables permettent d'avertir des tracas intempestifs et les amis, sympas, m'avaient laissé de quoi déguster pour me consoler. 

De la soirée, je suis rentrée paisiblement, à pied. Mes jambes n'ont ni protestée ni dysfonctionné, c'est vraiment formidable un corps en bonne santé.

Je vous laisse, je dois aller bosser. Douze kilomètres, après tout, avec des bonnes chaussures, ça fait une randonnée, à condition qu'il ne drache pas trop. 

Une pensée pour les parents de jeunes enfants qui en plus des difficultés de transports ont des horaires précis de retrouvailles à respecter, rentrer retardés n'est pas trop grave quand on n'a personne qui risque de se sentir abandonné, dans le cas contraire c'est rude et bien plus compliqué.


La persistance rétinienne des souvenirs de cinéma


Stahm-house-pierre-koenig-1En cherchant à me documenter sur un livre qui n'avait rien à voir, je suis tombée sur cette photo non sourcée et qui m'a intriguée. 

Quelques touites plus tard (merci @bladsurb et @GuillaumeTC) j'ai su qu'il s'agissait d'une image de Julius Schulman qui en a pris d'autres toutes assez impressionnantes. 

J'ai aussi pigé grâce @bladsurb d'où me venait que parmi d'autres l'image m'avait frappée : j'ai cru pour avoir vu (et revu) "La mort aux trousses" que je connaissais l'endroit. Même si la maison n'est pas celle-là, la réminiscence a fonctionné. Comme s'il s'agissait d'un souvenir personnel. 

Ce qui me laisse troublée.

(C'était ma rubrique : des effets secondaires de la cinéphilie)

PS : Si j'étais libre de mon temps, il me semble que je pourrais à partir de la conversation entre les deux femmes démarrer un roman.

Quelqu'un de sujet au vertige se retrouverait sans l'avoir choisi dans cette demeure et ça le rendrait fou. Tandis que les autres seraient simplement ravis de la vue et de se sentir une belle bande de privilégiés. Comme dans les meilleurs livres fondateurs religieux, tout ça finirait bien sûr par quelque catastrophe naturelle qui mettrait à mal l'humaine présomption. Mais il resterait un souvenir merveilleux pour qui avait participé à la construction du bâtiment spectaculaire.

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L'attaque des fleurs (des arbres)

 

    C'était hier ; j'avais choisi d'aller bosser en composant une part du trajet en RER et l'autre en vélo, la plus agréable, celle qui tient de la (belle) banlieue. 

Et voilà qu'après un virage, j'ai failli défaillir d'une bouffée florale si puissante, et si inattendue, que j'ai dû traverser la portion de rue en apnée : des deux côtés des arbres en fleurs, blanches et très odorantes. Je ne suis allergique à rien de ce genre, j'ai cette chance pour l'instant. C'est je crois la première fois que je ressens quelque chose comme ça.
À 20 km de Paris, même pas.

C'est ce billet lu ce matin, qui m'y a fait repenser.


Un vélo une cycliste trois possibilités


Capture d’écran 2016-04-26 à 20.40.38J'ai enfin testé le trajet en entier. Là où le vélo de google map met 49 minutes j'ai mis 1 heure 10 sans pourtant vraiment hésiter. Mais j'ai eu tous les feux rouges rouges et la circulation était d'une assez forte densité (m'a-t-il semblé) avec des moments de perplexités lorsque des passages en piste cyclable se finissent sans indications ou avec des traces qui vous envoient dans un endroit bizarre par exemple des voies de tram (?!).

Le pont de Gennevilliers est à ce point dangereux que je me suis demandée si je n'étais pas en train d'emprunter une voie interdite aux vélos.

Rien à voir avec l'enchantement de dimanche qui consistait à prendre le RER jusqu'à Saint Gratien et à faire en vélo un délicieux petit bord de tour de lac (d'Enghien), passer par des chemins de campagne et aborder Montmorency par l'ouest moins escarpé.   20160424_091814

La prochaine  fois je tenterais l'itinéraire qui longe la Seine et l'Île Saint Denis. Il est indiqué comme plus long mais peut-être qu'il est plus agréable. 

À part ça, ça y est j'ai retrouvé mes automatismes de ce cher vieux biclou. Mais je n'ai qu'une confiance modérée dans mes vieux freins. 

De plus j'étais trop chargée. Il faudra que j'allège (laisser à la librairie la bouteille d'eau par exemple) (et n'utiliser qu'un seul antivol si je laisse le vélo dans un endroit clos).

Enfin, j'ai miraculeusement échappé à la drache chanmé qui semblait chauffer. Le contraste soleil / nuages noirs sur Gennevilliers était au retour magnifique. Mais je n'ai pas su trouver d'arc en ciel. Au fond c'est mon seul regret. Le vélo pour aller bosser c'est assez formidable. 

 

PS : Le caban féminin pour ce vélo, à oublier (manches trop serrées)


La hauteur des blés et deux papillons

 

    Ce matin je tombe sur cet article de Rue 89 ou ce qu'il en reste, au sujet d'une video qui circule et re-circule sur les réseaux, 

"Ça meurt, ça meurt, puis les gens attendent"

J'ai vu en son temps "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau, et j'étais là (!) pour la projection de "Demain" à Arras. 

Dans ma vie quotidienne, je tente de faire ce que je peux pour contribuer le moins possible à la dégradation de notre environnement, ne serait-ce qu'en utilisant la voiture le moins possible et couper les clim l'été partout où ça peut - on peut bien sur une quinzaine de jours au cœur de l'été (à Paris rarement plus) transpirer un peu, réutiliser et recycler autant que possible -. Mais je peux peu. 

Les propos de Claude Bourguignon me font entre autres choses plus importantes, comprendre qu'une impression que je croyais d'enfance, à savoir que Quand j'étais petite les blés étaient plus hauts, et dont j'était persuadée qu'elle venait du fait que je n'étais pas haute alors et que j'avais grandi depuis, correspondait en fait à une triste réalité de l'évolution du végétal face à la surexploitation : les blés de maintenant sont tigés moins grands, c'est dû à l'usage de toutes sortes de saloperies pour augmenter les rendements. Ça peut paraître un détail mais il est significatif. Et c'est impressionnant que ça soit visible à l'échelle d'une vie d'humain.

Hier je profitais d'une maxi-pause déjeuner pour aller marcher en forêt, forêt d'Île de France que l'on sent menacée et entretenue avec des moyens limités (par endroit des arbres couchés enchevêtrés, peut-être depuis la tempête de décembre 1999), mais forêt qui a le mérite malgré tout d'exister. Je n'ai croisé que deux papillons un petit jaune et un orange et blanc. Deux. En avril par grand beau temps. 

(jeu du jour, trouvez-le dans cette photo)

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Or j'ai ces souvenirs d'enfance et de jeunesse dans la même zone de la région d'avoir dès les premiers jours de printemps vu toutes sortes de papillons accompagner la moindre de nos balades, y compris nos parties de ballon, zone pavillonnaire déjà dense de peuplement, et qu'ils étaient de cinq ou six sortes de la piéride du choux jusqu'au lycaena phlaeas en passant par l'argus bleu et l'amaryllis

De même et, si les pies jadis rares sont désormais courantes et les perruches vertes acclimatées à Paris ou Bruxelles, et que corbeaux et corneilles sont devenus oiseaux des villes et qu'on entend encore quelques merles chanter, les mésanges bleues et autres rouge-gorges semblent avoir presque disparus. Même les piafs dans mon enfance aussi nombreux que les pigeons, toujours aussi pléthoriques, sont moins nombreux. Il est inquiétant de pouvoir à l'œil nu et en étant citadin-e combien la diversité biologique de l'environnement régional immédiat s'est rétrécie en quatre décennies. Et pour quelqu'un qui n'y connaît que plus (1) ou peu. Je n'ose imaginer ce qu'il en est pour quelqu'un d'expert.

Pour me consoler hier un ou plusieurs pics s'activaient. Ni plus ni moins que dans mes souvenirs de la même forêt à la même saison, dans les années soixante-dix et quatre-vingt du siècle dernier. Peut-être que ma génération pourra mourir dans l'illusion d'une suite possible, encore accompagnée par les chants des oiseaux libres.

Qu'en sera-t-il de nos enfants ? 

 

(1) Enfant je connaissais le noms des arbres, des plantes, des insectes, des oiseaux du Val d'Oise, du Vexin et un peu de ma Normandie. Je les ai perdus comme une langue vivante lorsqu'on ne la pratique plus. 

(mais je suis incollable sur les noms et les correspondances des stations de métro dans Paris, et commence seulement à perdre celles de Bruxelles, un peu)

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