Beauté du (chemin de) vélotaf

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J'avais déjà parcouru le chemin, mais c'était magnifique sous le soleil de ce matin cette péniche qui avançait, une grande beauté, le sillage qu'elle créait.

D'une façon ou d'une autre mon trajet fait 12 kilomètres. 

Les sens interdits et la présence ou non de pistes cyclables et de DSC pas trop pourris (1) font que le bel itinéraire de l'aller est moins friendly au retour sauf dans sa partie long de Seine. 

Je pense que cette première semaine sera consacrée aux expérimentations. 

Rentrer chez soi le midi, même en coup de vent parce que - pour le coup, en train car à vélo ça serait trop juste fors en prépa-ironman, et - évidemment des perturbations, fait un bien fou, ça permet de remettre les compteurs à (presque) zéro et voir celleux de la famille qui sont présent, c'est bien.

Mon nouveau boulot est très intense mais si je tiens bien le coup physiquement je pense que justement j'aimerais ça. Ça dépote. 

Un deuil dans ma belle-famille nous essore ces jours-ci, un travail où ni l'activité ni la tension n'ont le temps de se relâcher est d'autant plus le bienvenu.  

Et démarrer la journée par un grand moment de beauté est vraiment formidable.

 

(1) Il y en a quelques-uns vers Gennevilliers ou Colombes qui sont absolument impraticables à des heures où l'on peut croiser des bus ou des camionnettes  


La position du cycliste

 

    Ce matin alors que je découvrais une video de plus sur les automobilistes au comportement dangereux qui en rajoutaient de façons très menaçante après que le cycliste ait signalé son mécontentement, j'ai émis les touites suivants, pas trop certaine de la pertinence de l'idée que j'en avais 

 

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J'ai alors reçu une belle réponse de la part de Colin Leroy-Mira, 

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dont voici donc le lien vers le billet de blog, qui mérite d'être lu : il dit bien mieux que moi ce dont j'avais confusément l'intuition. 

Du mauvais côté de la barrière : ma seule expérience de la minorité

Merci encore à lui.


Une tragédie et ailleurs un retour

 

    Après une journée bien remplie j'étais en train de récupérer en attendant l'heure de bricoler et manger un dîner, quand parce que depuis le tour de France et The Cycling Podcast, je suis un certain nombre de cyclistes sur Twitter, j'ai vu apparaître les premières alertes au sujet d'un accident grave sur le tour de Pologne. Le nom de Bjorg Lambrecht apparaissait en trending topics en Belgique, et très vite des touites indiquaient, héliporté à l'hôpital (ce qui fut l'intention mais n'eut pas lieu d'après ce que j'ai lu après), réanimation et très vite après le très vite des touites de personnes qui avaient visiblement appris la pire mauvaise nouvelle mais tentaient d'apprendre qu'elle était fausse, n'y pouvant croire. Un touite de l'équipe ou de la direction de la course qui disait il est à l'hôpital, opération en cours (ou envisagée, je ne sais plus, je me souviens d'avoir pensé, incurable optimiste que c'était bon signe dans le terrible, que ça signifiait qu'il pouvait peut-être ou sans doute être sauvé) et  

puis 

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C'était un touite de son équipe, le compte semblait bien le leur de façon peu contestable, plus aucun doute hélas ni espoir n'étaient permis.

J'ai cherché à en apprendre un peu plus, mais que faire à part penser à ses proches, famille, ami·e·s ou collègues et parmi eux coéquipiers. Je me souvenais d'autres décès prématurés de cyclistes. Bjorg Lambrecht semblait particulièrement prometteur et si jeune, même sans le connaître son sort peinait.

Je n'étais pas la seule à me souvenir, quelqu'un a émis une sorte de touite récapitulatif comme un RIP général et un ancien coureur (je crois ?) a alors ajouté quelque chose comme Sans parler des blessés si graves qu'on les a cru perdu, ou qu'ils le sont pour le sport professionnel et il a cité Stig Broeckx, si gravement accidenté en 2016 qu'on l'avait cru perdu, à ceci près qu'il était revenu d'un coma de plus de six mois, et depuis, ce que j'ignorais, progresse pas à pas pour recouvrer des capacités. J'ai même trouvé une video récente, où il est présent lors d'un prix créé à son nom afin de récolter des fonds pour les structures de soins ou rééducation, et c'est impressionnant comme il semble énergique et compréhensible pour quelqu'un revenu de si loin. 

Il est dit dans l'article qu'il avait un black out total de ses souvenirs des cinq années précédent son accident et qu'une conséquence de l'accident avait été la séparation d'avec sa compagne devenue pour lui une inconnue (1).

Quoiqu'il en soit, le voilà sauvé au moins pour un temps. Ça faisait du bien de le constater.

Chance que n'aura pas eue son compatriote. Et c'était une autre terrible étrangeté que d'apprendre de relativement bonnes nouvelles de l'un par ricochet de la pire mauvaise nouvelle de l'autre. 

Je pense aux proches de Bjorg Lambrecht, ce soir, et aimerais tant pouvoir faire quelque chose qui permettrait de soulager leur douleur. Mais il n'y a rien qui me vient. À part témoigner ici d'une sorte de chagrin commun à qui apprécie le sport qui était sa passion mais l'a finalement tué.

 

(1) un autre reportage le montre pourtant avec quelqu'un ; mais ça doit effectivement être profondément étrange de trouver des personnes pour qui on semble compter mais dont on n'a pas le souvenir. 

PS : Deux de mes amies traversent des jours difficiles et je ne sais, non plus, comment les aider dans ces moments si rudes à traverser. Que faire au concret ?

 


Le casque obligatoire

 

    En regardant le film Le vélo de Ghislain Lambert dont Yoann Offredo parle si bien, et qui est censé se passer pendant les années 70 (1), je me suis demandée depuis quand existait l'obligation du casque pour les coureurs lors des courses. 

Je croyais qu'elle avait été consécutive à l'accident de Fabio Casartelli durant le tour de France 1995, il avait semblait-il heurté avec la tête une borne en ciment lors d'une chute collective. Il se dit alors qu'un casque aurait pu lui sauver la vie.  

En fait le casque ensuite ne fut pas obligatoire dans l'immédiat, les coureurs eurent un temps des sortes de boudins pliables qu'ils avaient l'habitude d'ôter pour les montées.

La réelle obligation arrivant en fait en 2003 deux mois après la mort sur chute, dans un endroit pas spécialement dangereux, d'Alexandre Kivilev : il avait un problème de fixation de son oreillette et un instant d'attention ainsi détournée de la route lui aura été fatal : roue touchée d'un autre coureur et chute la tête la première : un os fut touché qu'un casque aurait protégé (2). Alors l'UCI s'est bougée avec une obligation pour toutes courses sur route. Dans un premier temps il y eut une dérogation pour les arrivées en cols, dérogation supprimée plus tard.

En tant que cycliste je serais embêtée que le casque devînt obligatoire pour la circulation de trajets, même si je m'efforce d'en porter un - il y a des fois où prendre un vélo en complément d'un trajet n'est pas prévisible, et c'est quand même bon de pouvoir l'emprunter -. En revanche pour la pratique sportive je trouve légitime et juste qu'il se soit imposé.

Je crois d'ailleurs qu'en 2019 ça ne viendrait plus à l'idée de coureurs amateurs comme professionnels de le contester.

En effectuant mes recherches j'ai remarqué cette photo : Capture d’écran 2019-07-16 à 23.47.26

Le bébé orphelin d'alors semble donc devenu un adolescent qui pratique le sport de son père, peut-être rêve-t-il de prendre la succession dans le palmarès prometteur qui se profilait. 

Qu'il ait fallu ce drame pour qu'une décision de bon sens soit prise donne la sinistre impression que son père s'est sacrifié pour les cyclistes ultérieurs. 

Courage aux survivants. 

(1) ce qui permettait d'évoquer le dopage sans s'attirer trop d'ennuis dans le présent (film de 2001 je crois)

(2) autre article ici ("chronique du vélo")


Malgré un vent dangereux pour le vélo, du bonheur

Le tri tropézien, distance S (Sprint), 800 m natation, 40 km vélo, 5 km course à pied. 

Et malgré une infâme bouillasse au départ de la nat et d'en avoir bavé sur le vélo, et d'avoir oncque mis un temps fou, un grand bonheur à l'arrivée. L'organisation était à la fois efficace et sympa ce qui n'est pas évident. 

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Notes sur #Vélotaf heureux


    Alors voilà pour deux semaines et demi (en gros) je partage mes trajets domicile - boulot entre RER C et partie à vélo. 
Ça n'est pas si distant : une dizaine de kilomètres à chaque trajet, vingt-cinq lorsque je parcours l'ensemble à vélo, un plaisir qui nécessite dans mon cas un peu de temps. 
Ça n'est pas si simple : au retour il fait nuit et l'on n'est pas dans le cas citadin d'un éclairage continu, même si la plupart des portions le sont. 
C'est à la fois dangereux et pas tant que cela : globalement les automobilistes sont extrêmement courtois et même les chauffeurs de cars ; plusieurs fois je leur ai fait perdre un instant, le temps que je comprenne que, mais oui, ils me laissaient passer alors qu'ils n'étaient pas obligés. Ce soir j'ai été assaillie par un doute : ces prévenances, entre autre lors du passage des redoutables chicanes "zones 30" seraient-elles dues à une erreur d'interprétation sur mon gilet jaune et un mouvement de solidarité comment dire, sur un malentendu ? 


Depuis onze ans que je pratique les trajets à vélo (merci Vélib qui m'y remit), je commence à avoir l'équipement idéal pour faire face à toutes les conditions climatiques. 20190110_212627

Déception légère : deux fois que je tente d'un côté puis de l'autre les anciens chemins de halage ou contre-halage car une partie en est belle et bien aménagée puis ensuite, ah ben non. Deux fois que je suis presque obligée de faire demi-tour à un point impassable. Cela dit, quel plaisir de tenter d'explorer. Dans ces moments-là, je redeviens l'adolescente qui faisait de grandes virées entre autres dans le Vexin avec les ami-e-s.

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J'aime la mission que j'effectue, son côté hors du temps, et que ça soit dans "ma" région de grandissement. Il n'empêche que je sors de mon lit le matin avec un appétit pour le trajet lui-même. Connaissez-vous un autre mode de déplacement - à part à pied pour de courtes distances - qui procure cette sensation ? 

Aucune fatigue des jambes. Ça passe crème comme dirait #LeFiston.

 

Le fait d'être à vélo donne l'impression aux autres qu'on est locaux, ça m'amuse beaucoup. Aux yeux des Japonais, je suis comme une descendante des voisins de Van Gogh. Ça me donne une idée d'écriture (les anecdotes de mes grands-parents, sur monsieur Vincent, alors que non, pure fiction).

Mercredi matin j'ai fait la course avec une drache qui s'annonçait et j'ai gagné. Seulement le début des gouttes alors que je parvenais à Auvers. L'enfant en moi jubilait. 

 

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Spéciale dédicace @Sacrip'Anne (en plus qu'en remerciement de la sienne), au Capitaine et ses pneus neige, à Bilook et quelques autres aussi. 


Vélotafer (des joies et des dangers)

 

    Curieux d'écrire ce billet alors qu'en ce moment je ne vélotafe pas : et pour cause, je n'ai plus de boulot. Et ces deux ou trois dernières semaines je fais moins de vélo que jamais : fini Mobike (1), pas encore repris les vélibs (2), différents vélos à tour de rôle en réparations, donc juste quelques balades du dimanche, quand l'un d'eux revient, avant de repartir pour des réglages plus fins. 

Je considère avec optimisme que cette situation ne saurait durer, et qu'au moins je vais (re)prendre des entraînements de triathlon avec mon vélo sérieux fait pour ça - mais pour l'instant il est chez Victor à se refaire une santé -. 

Alors j'ai décidé de me joindre à Sacrip'Anne pour écrire à mon tour sur mon expérience de cycliste citadine et si possible donner envie de rejoindre la belle galaxie de celles et ceux qui circulent à vélo sans faire de bruits de moteur ni polluer, tout en se faisant du bien à la santé. Et en transformant les trajets quotidiens en un moment intéressant plutôt que subi.

F1000006Pour moi reprendre le vélo quand ce fut possible, en 2007, grâce aux vélibs première version, fut assez naturel : toute mon enfance et mon adolescence s'était passée en circulant à vélo, c'était le moyen de locomotion quotidien et la voiture seulement quand ça pouvait (adulte disponible pour escorter, les jours de gros rhumes ou de féroces intempéries). Pour les entraînements de football alors que j'étais en 3ème et plus tard pour des cours de piano je parcourais 6 à 7 km puis autant au retour sans considérer que c'était un problème. Je craignais juste vaguement une éventuelle crevaison. En ces temps-là ça allait de soi.
Vers 16 ans et jusqu'au bac j'ai pratiqué le cyclotourisme avec bonheur dans le Vexin : mon amie Geneviève faisait partie d'un club et comme elle souhaitait progresser sans doute afin d'être à niveau avec les autres du groupe qui étaient adultes, elle fut heureuse de trouver en moi une sparring partner. Je crois que ses parents avaient mis comme condition pour qu'elle puisse sortir de ne pas le faire seule. À l'époque je les trouvais bien tracassés. Rétrospectivement, sachant que c'était 20 ans avant l'usage courant des téléphones portables et avant vu passer la déferlante #MeToo et découvert que le monde était beaucoup plus dangereux aux jeunes filles et femmes que je ne l'avais cru, je comprends que leur précaution était sage. 
Et de toutes façons j'en étais ravie : ç'avait été pour moi l'occasion de pratiquer une nouvelle activité sportive qui me plaisait. Je me rends compte que j'ai énormément appris et enrichis ma vie en pas mal d'occasion du simple fait d'être celle qui disait, Écoute, si ça t'arrange (ou si tu hésites, ou si tu ne veux pas y aller seule mais que tu en as envie), je viens avec toi. Et que bien souvent je m'y tenais quand la personne à l'origine de l'essai au bout d'un temps prenait un autre chemin. Donc nous faisions en roulant prudemment de belles virées de 60 à 80 km dans le Parc national du Vexin. 
À l'époque j'étais, quoique sportive, de santé fragile, j'en revenais lessivée. Mais si heureuse. Et fière d'avoir tenu.

Ensuite je suis partie vivre, étudier puis travailler à Paris et le vélo a vivoté dans le garage de la maison de mes parents. Je faisais de petits tours occasionnels.

C'est vingt ans plus tard que ma grande amie d'alors, parisienne depuis un paquet d'années et pionnière en plein d'usage, m'a redonné envie d'y revenir. Jusqu'à ce que je la vois, en un temps où Paris ne possédait pas ou peu de pistes cyclables, faire ses trajets à vélo, venir me chercher à l'"Usine" avec son biclou, je considérai Paris comme une ville réservée aux voitures. Qu'y circuler à vélo était trop dangereux. Et puis je n'en avais pas, mon vélo de longues courses, ses fins boyaux, et ses cale-pieds me semblait totalement inadapté au moindre essai "en ville" et je n'avais pas d'argent pour en acheter un autre.

Elle disait : Oui c'est dangereux mais il faut être très attentive et apprendre à s'imposer.
Et puis elle me disait ce qu'on dit toutes et tous à ceux qu'on aime et qu'on aimerait convaincre, si moi j'y arrive, tu peux y arriver. 

Puis elle a disparu (3).

Entre temps j'avais commencé à reprendre les rennes de mon existence et sortir de l'ornière d'une vie faite à 100 % de devoirs accomplis (pour l'employeur (à cause des fins de mois) pour la petite famille (l'époux, les enfants) pour la maison (parce que si on ne le fait pas personne d'autre ne le fera). À l'instar de bien des femmes j'ai vécu pendant des années en n'ayant que très peu de temps personnels, de détentes (autres que par épuisement) et de choix. Entre autre je me suis enfin accordée d'aller au festival de cinéma de La Rochelle. Et à l'intérieur même du festival, parce que je pouvais supposer que je n'aurais plus les moyens d'y aller, de filer une journée sur l'Île de Ré. On m'avait vanté les pistes cyclables. C'était une époque où je commençais avec la reprise de la natation à regagner un peu de condition physique, les locations n'étaient pas chères, je m'étais dit, Hop, vélo. Et j'avais fait une grande boucle et j'étais rentrée aux anges.

Dès lors la décision de circuler à vélo dans ma vie quotidienne dès que ça serait matériellement possible était prise.  

La vie n'étant pas un long fleuve tranquille, ni les finances familiales confortables, je ne suis parvenue à mettre ma décision en pratique qu'à partir de l'été 2007 et l'arrivée des vélibs. Non sans quelques difficultés, mais trop heureuse d'échapper à la Ligne 13, à l'époque pire bondée qu'aujourd'hui (anciens wagons), je me suis mise à vélotafer. J'avais 8 à 10 kilomètres à parcourir. À l'époque, les automobilistes n'étaient pas du tout habitués aux vélos dans Paris et c'était plus dangereux encore, ça parait difficile à croire tant on se fait traiter mal, mais c'était pire encore. Des progrès ont été accomplis pour les dépassements, on se fait un peu moins raboter les cuisses. Les pistes cyclables étaient moins nombreuses. C'était amusant de découvrir le relief de Paris, plus varié et vif qu'on ne le soupçonnait. Très vite j'avais pris l'habitude d'un itinéraire de retour plus long mais moins dangereux. 

Je crois que c'est un bon conseil à qui pratique le #vélotaf : quand on le peut privilégier à la rapidité d'un trajet et à la distance la plus courte, cet autre chemin plus sûr, mieux adapté. 

Gauchère, je me suis mise à élaborer de subtils brefs détours permettant d'éviter les Tourne à gauche si dangereux pour moi qui peine à tenir le guidon du bras droit pour indiquer avec le gauche que je m'apprête à tourner.

Ça fait donc désormais 11 ans que je circule le plus souvent dans Paris à bicyclette. 

J'ai failli deux fois avoir des accidents graves par des automobilistes à l'attitude imprévisible et dangereuse, connu mon lot de petites peurs (ah les portières) mais globalement pas tant plus de dangers que cela. Je respecte les feux rouges sauf les "faux feux" (ceux qui protègent un passage et non un carrefour et lorsqu'il n'y a aucun véhicule ni personne) et certains "tourne à droite", devenus autorisés entre temps. Autant que possible je porte un casque ou au moins un bonnet ou une casquette, des gants. Un gilet fluo est presque toujours dans mon sac pour quand la nuit est tombée.

En 2016/2017 j'ai travaillé en banlieue et comme entre temps j'avais restauré mon bon vélo des longues distances (4), je me suis fait grand grand plaisir à circuler avec lui en passant par de très beaux endroits.  Capture d’écran 2018-09-19 à 19.20.40

Désormais il faudrait que je n'ai plus de vélos ou plus la bonne santé pour cesser. 

Comme Sacrip'Anne le dit en fin de billet, circuler à vélo, je pense qu'on n'a que du bon à en retirer. Pour s'y mettre pas besoin d'une condition physique de sportives ou sportif, le tout est d'y aller progressivement (et bien sûr de n'avoir pas de problème qui empêche le vélo à la base). La forme s'améliorera d'elle même à l'usage. C'est d'ailleurs très amusant de constater qu'assez vite telle montée qui nous semblait un exploit pré-olympique et nous laissait tout essoufflé-e, devient un point du trajet que l'on franchit sans y penser.
Jusqu'à une douzaine de kilomètres, ça se fait très bien. Je pense que la distance peut faire hésiter à partir de 20. Parce qu'il convient d'intégrer le temps que l'on met et qui peut être alors supérieur à celui d'autres modes de transports.

Le froid n'est pas un problème, il suffit de bien s'équiper. La pluie peut rendre les chaussées glissantes, il convient de faire attention. Mais une petite pluie ou de la pluie sur le chemin du retour n'est généralement pas bien grave. L'usage du vélo nous permet d'apprendre que nous sommes bien plus résistant-e-s qu'on ne le croit. 



Le plus gros danger est d'y prendre tellement goût, qu'on finit comme ça : 

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(1) Arrivait le moment de mon réabonnement : désolée que je ne vais pas me réabonner à un service qui a décrété à un moment donné que la ville de mon domicile était hors-zone et qu'il m'en coûtera désormais 50 € si j'ai l'idée folle de rentrer avec un de leurs vélos jusqu'à chez moi. Je n'ai eu aucune compensation ni temporelle ni financière au fait qu'un moins et demi après que j'eusse pris mon abonnement à la fin de l'hiver, ma ville avait été déclarée interdite au dépôt de vélo, me privant de facto des 2/3 de son intérêt : ne me sont plus restés que des trajets intra-muros et la corvée de devoir laisser le vélo que j'utilisais à 800 m de chez moi au plus près. Et encore quand la géolocalisation via l'appli restait juste. 

(2) Tracas de renouvellement d'abonnement. J'étais prête à essayer au moment où des stations ont commencé à se repeupler mais voilà avec mon pass navigo ça a fonctionné deux fois et depuis quand je retente ma chance j'ai un symbole "cadenas". Il faut que je prenne le temps de les appeler. Le hic c'est qu'en général quand j'ai besoin d'un vélo je n'ai pas 30 minutes à perdre en "tapez 1 ... tapez dièse ... composer votre numéro ... veuillez patienter ... et qu'aussi j'ai cette crainte que le service de dépannage par téléphone soit aussi dysfonctionnel que l'ensemble de leurs prestations. 

(3) De mon existence, pas de l'univers. 

(4) Pour cause de triathlon mais c'est encore une autre histoire. Que le fait d'avoir repris depuis plusieurs années la circulation à vélo a clairement encouragée. 


De l'art de saboter les Mobike ou du moins leur usage


    Les Vélibs canal historique avaient dès leurs débuts subi de lourdes dégradations. Leur opérateur n'avait trouvé de solution que de les réparer ou remplacer souvent. 

Je tiens à signaler que les pires dégradations, du sabotage pur et simple, nécessitant des outils, que j'avais pu observer furent dans le XVIème arrondissement.

Étrangement, les néo-Vélibs comme les Take-and-Go opportunément apparus dans la période de transition semblèrent tous ignorer ce problème. Comme si les gens allaient devenir respectueux miraculeusement. 

Les seuls à sembler avoir penser à ce problème étaient les concepteurs des Mobike : engins d'allure solide mais néanmoins légers, pas de chaîne mais sans doute un système couvert de type vilebrequin, pas de fins rayons mais de solides axes, des roues pleines, rien à redire.

Hé bien ceux qui pensent que casser ce qui peut être utile aux autres est un acte glorieux ont quand même trouvé moyen de corrompre l'usage de ces bons petits vélos.

J'en ai vus beaucoup qui n'avaient plus le petit curseur du système de verrou - lequel peut heureusement fonctionner sans, on tient les tiges directement -, j'en ai vu un avec la béquille volée. Ce soir j'en ai emprunté un avec les freins tordus : quelqu'un s'était amusé à déformer le métal pourtant épais de là où l'on peut les actionner. Sur 150 km parcourus depuis le début de mon abonnement, ce qui doit représenter plus d'une centaine de vélos utilisés, cela fait remarquablement peu.  

En revanche, à défaut de pouvoir vraiment les casser et comme il n'y a pas de stations qui contraignent à une localisation disponible au partage après l'arrêt, certains utilisateurs ne se gênent pas pour les privatiser.

-  privatisation des vélos par dépôt dans une zone d'accès privé. 

Par exemple ce vélo que l'appli indiquait comme étant à proximité au moment où j'en cherchais un à emprunter : 

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En réalité se trouvait là : 

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Ce qui limite singulièrement son usage. 
Dans la plupart des cas le vélo est dans un accès d'immeuble, ou possiblement dans sa cour. Ainsi il apparaît sur l'appli, mais à quelques mètres près impossible de savoir à l'avance s'il sera bien vers le trottoir ou "intériorisé".

- privatisation par masquage du code
Un marqueur indélébile semble suffire. Un coup sur le code QR, un coup sur le numéro gravé sur l'axe central et le tour est joué : plus personne ne peut l'emprunter que le saboteur qui aura pris soin au préalable de noter le numéro

- privatisation par déréglage outillé
On déplace avec un outil (une clef à molette ?) un élément essentiel pour rouler. Quand on voudra le reprendre il suffira de remettre la pièce en place.
Vu pour la première fois aujourd'hui : une selle toute de travers - alors que là aussi système solide et bien conçu -. Si j'avais eu mon outillage de vélo, un ou deux tours de vis et tout rentrait dans l'ordre. Je n'étais pas outillée je n'ai pas pu emprunter ce vélo dont la selle se retrouvait presque perpendiculaire au sens d'avancement. Je pense que celui qui avait fait ça pensait le reprendre. Il lui suffisait de redescendre de chez lui avec l'outil approprié. 


J'espère que, vivement combattues, ces pratiques rapidement prendrons fin, faisant du Mobike une bonne alternative aux Vélibs moribonds.

 


C'est ma première Mobike partie

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Depuis deux semaines je tente chaque fois que je croise une station néo-vélib avec des vélibs dessus d'activer mon pass navigo support de mon abonnement annuel - lequel finira par expirer sans que j'aie pu remonter une seule fois en selle - mais pour l'instant sans succès : des petits sabliers apparaissent ou des signes d'une connexion en cours qui n'arrive pas au bout. Et je n'ai pas le temps d'attendre trop longtemps. 

Du coup j'ai craqué et comme un pass est possible pour 180 jours, quoiqu'un peu coûteux, j'ai décidé de tenter ma chance avec Mobike. Contrairement aux néovélibs il y en a dans les quartiers qui me concernent (domicile, travail) et contrairement aux autres vélos sans accroches ils me semblent bien costauds.

La première opportunité d'essai s'est présentée pour moi ce soir en revenant de la librairie.

Essai concluant : une fois l'appli téléchargée sur le téléphone, le pass payé et une appli de scann de QR code installée, il est extrêmement facile de trouver un vélo, le déverrouiller. Le verrouillage est également logique et simple (une tirette sur l'antivol). 
Quant aux vélos, la surprise est leur légèreté. Au vu de leur allure je les croyais lourds. Mais non. Et leur confort est remarquable, en tout cas pour quelqu'un de ma taille (1). Le panier est parfait pour déposer un sac à dos de type sac d'ordi.

Deux petites réserves : je n'ai pas pu voir si le feu avant s'allumait vraiment (2). Et ces vélos n'ont pas de vitesses (3) et sont réglés sur un développement qui fait qu'on mouline - après, c'est certain, on tourne les gambettes sans effort aucun -. C'est peut-être ce dernier point qui me fera peut-être in fine rester dans le giron vélib du moins si ceux-ci un beau jour s'en venaient à fonctionner (ce dont je finis par douter). Et s'ils disposent d'un développement "sport" au moins. 

En tout cas, voici mon premier Mobike  20180310_210920

et sur un trajet court nous nous sommes fort bien entendus. 

 

(1) 1,65 m et pas de longs bras 

(2) Il est censé le faire en avançant mais comme il est sous le panier, je n'ai pas vu s'il éclairait.

(3) ou alors elles sont super cachées.

PS : Le titre, je le précise pour les moins de vingt ans ou trente, vient d'une chanson de Sheila. 


Paris sans voiture, la petite illusion

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Ah que c'est beau Paris sans voitures !

 

Bon alors en vrai, non, cette photo je l'avais prise à Bruxelles le 17 septembre 2006, parce que pendant que les Français s'appliquent consciencieusement à continuer de polluer, nos voisins, eux ça fait plus de dix ans qu'ils ont des journées sans voitures et intégralement. 

C'était un de ces petits déplacements en TGV qu'on s'accordaient avec le fiston avant ses fatidiques douze ans : nous profitions d'un tarif merveilleusement réduit grâce à une carte annuelle pas trop coûteuse qui permettait de payer les trajets trois fois rien et pour l'enfant et pour un adulte qui l'accompagnait. Nous avions choisi le week-end en fonction je crois d'une compétition de pétanque du papa, c'était aussi une façon d'éviter un dimanche de pétanque-widow. Nous ignorions que nous allions débarquer lors d'un jour particulier. Nous étions arrivés tôt le matin dans une ville sous la brume et totalement silencieuse. Nous avions vite pigé, ça n'en demeurait pas moins magique. Des vélos partout. La brume en plus atténuait les sons. Je me souviens de toute cette journée comme d'un très beau rêve.

À Paris, onze ans plus tard, c'est peu dire qu'en vrai, ça n'a pas fonctionné tout à fait : 

 

PA012752[photo prise en bas des Champs Élysées ce dimanche 1er octobre à 11:28 ; et ça n'était pas un moment d'exception]

Nous nous étions dit, naïfs, Tiens si notre entraînement de vélo nous le faisions dans Paris intra-muros ? Puis, gourmands, tiens si l'on s'offrait la place de l'Étoile ?, Oh, et les Champs Élysées ?, Et la Concorde ? (1)  Et voilà qu'en fait nous avons tout juste croisé un peu moins de bagnoles - en plus que les un peu moins au lieu d'être respectueuses parce qu'elles étaient de trop, en profitaient d'autant plus pour foncer -, un peu plus de vélos (ça au moins c'était sympa, et puis comme ça on échangeait quelques mots, certains étaient exprès venus de grande banlieue, malgré le crachin qui ce dimanche persistait), même pas pu descendre les Champs Élysées qui à l'heure où nous voulions passer étaient interdits aux vélos même tenus à la main (2) et nous sommes faits renvoyer  PA012750

par les rues adjacentes. Les purs piétons quant à eux pouvaient passer mais au compte-goutte puisqu'à présent, ce que l'on peut comprendre au vu des événements des deux dernières années et qui semblent ne plus jamais devoir cesser (3).

Nous nous en sommes donc retournés après une petite boucle réduite à vitesse réduite aussi (puisqu'aussi gênés qu'un autre jour ou quasi) - au temps pour moi qui avais espéré passer saluer mes camarades qui effectuaient un dimanche d'ouverture à la librairie -

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un tantinet déçus, il faut bien l'avouer.

Comme l'écrivait un ami sur Twitter, ça n'était pas Paris sans voitures c'était Paris avec un petit peu moins de voitures. 

Sans arrêt dans notre circuit nous avons dû faire attention à la circulation comme un jour ordinaire. À aucun moment nous n'avons eu l'impression que la rue était rendue aux vélos et piétons. 

Il se trouve que je suis ressortie dans l'après-midi entre 14h et 16h30 et que la situation ne s'était guère améliorée (4). On aurait même dit que pas mal de gens, particulièrement des deux roues, qui avaient dans un premier temps fait l'effort, avaient fini par se dire, puisque c'est comme ça, moi aussi je prends mon véhicule. 

Au point que dans un reportage très pro-journée sans voitures, à plusieurs reprises (5), on voit les bagnoles dans l'arrière-plan pas si lointain. Ce qui n'est pas sans un léger effet comique puisque les personnes interrogées disent combien c'est formidable, Paris sans ces engins. 

Pendant ce temps ceux qui persistent à vouloir polluer (en oubliant qu'eux-mêmes vivent là et ont des poumons) hurlent leur colère sur les réseaux sociaux et insultent la maire de Paris, tout ça parce qu'on ose leur demander de faire preuve d'un peu d'intelligence et de civisme durant une journée.

Nous avons cependant fait une bonne petite balade que nous n'aurions pas tentée sans cette initiative, et dans une ville qui reste belle et qui malgré tout nous rend souvent heureux d'être là.

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Rien à voir directement, mais il est difficile d'écrire quelques mots sur ce dimanche 1er octobre 2017, sans évoquer les nouvelles qui nous arrivaient de Catalogne par les réseaux surtout et un peu les infos au sujet du référendum sur l'indépendance que le pouvoir central de l'Espagne a déclaré illégal. Je n'ai pas d'opinion tranchée au sujet de l'indépendance de la Catalogne, je suis consciente de la complexité des enjeux et toujours un peu méfiante du combo (régionalismes, replis sur soi, glorification des traditions (lesquelles sont presque toujours ennemies du respect de la liberté des femmes)), méfiante également du côté oppressif des pouvoirs centraux. Il n'empêche que voir des gens pacifiques et non armés se faire tabasser par des forces dites de l'ordre qui s'efforcent de les empêcher d'aller voter est particulièrement révoltant et terrifiant. Je partage à tous points de vue Capture d’écran 2017-10-01 à 23.31.22

ce touite d'Attac France d'où l'image est tirée 

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Enfin, impossible de clore ce billet sans évoquer la mémoire de Philippe Rahmy, dont l'annonce du décès survient via Le Temps, alors que m'apprêtais à éteindre l'ordi. Nous espérions l'inviter à la librairie, j'en avais parlé il y a dix jours avec l'un des ses éditeurs qui m'avait précisé qu'il faudrait que ça soit avant le 15 décembre ou après le 15 avril en raison de la résidence d'écriture prévue. Quelle tristesse.

Un bel article à son sujet dans La Tribune de Genève  

Son site, Rahmyfiction 

 Paris sans voitures paraît soudain d'une futilité méprisable. Mais sans doute que laisser le billet c'est aussi montrer à quel point l'annonce d'une mort peut être brutale, survenir alors que l'on relisait, un décès être inattendu et la peine éprouvée forte y compris pour quelqu'un qu'on avait tout au plus une et une seule fois croisé (mais son travail est inoubliable).

 

(1) Tous lieux de Paris où il n'est pas des plus agréables d'être un cycliste lors d'une quelconque journée

(2) Plus tard, j'ai appris qu'il s'était agi d'un défilé l'Oréal dans le cadre de la Fashion Week. Privatisation de l'espace public une fois de plus et de plus en plus. 

(3) Dans l'après-midi même à la gare Saint-Charles de Marseille un de ces pseudo-terroristes surtout bien cinglé tuera au couteau deux femmes qui avaient le malheur de passer par là. Désormais n'importe qui fait n'importe quoi en se croyant investi d'une mission divine de combat.

(4) Il était annoncé que la journée sans voitures c'était de 11h à 18h. J'en étais venu à me dire que puisque nous avions circulé au début de cette plage horaire, peut-être avions-nous essuyé les plâtres, le temps que les voitures soient vraiment mises à l'arrêt ou sorties.
(5) À 0'53" puis vers la fin