Pédaler si ça peut aider

J'ai toujours un peu des doutes face aux grandes organisations de solidarité, faites ceci et tel sponsor en votre nom versera cela. J'aimerais tout simplement que nos impôts soient bien gérés et aillent directement dans les bonnes cases. C'est utopique je le sais. Et comme je n'ai pas un rond à offrir, tentant désespérément de sortir du rouge, systématiquement plombée par de nouvelles dépenses médicales ou de réparations à chaque fois que j'espère pouvoir redresser la situation, finalement cette façon de donner de l'énergie physique c'est tout ce qui peut me rester. L'an passé j'avais participé à une semaine tout juste après avoir été foutue en l'air par un beau saligaud de l'oubli ; j'avais parcouru 10 tours, je crois que c'était la distance max conseillée afin de laisser chacun participer. C'était six jours après ce qui aurait dû être des retrouvailles après plusieurs mois sans se voir, croyais-je par manque d'argent (1). Cette année j'espère bien pouvoir participer mais le cœur moins plombé, peut-être aussi moins tracassée qu'aujourd'hui (2) et que l'an passé (3). Je note la date du 22 juin. Ça n'est pas gagné. Mais ça aide de se dire Coûte que coûte, j'en serai. Parce que la video agace par son côté publicitaire, mais ne ment pas de dire que c'était un bon moment, avec de la joie. La joie, j'y crois (malgré tout).

 

(1) Il y était mais seulement de mon côté, en fait. De ma part quelle naïveté !
(2) Veille d'un jour important, d'un point de vue familial
(3) J'étais par ailleurs en train de perdre mon travail et le savais, ça venait de m'être confirmé, même si la date tardait à être fixée. J'ai été quittée quand j'ai annoncé que je n'allais plus être libraire dans l'immédiat, ce qui me laissera toujours l'ombre d'un doute bien pourri.


Comment j'ai dégonflé un pneu de vélib exprès

Ce soir, à une encablure de la maison

nb. : pour les non-parisiens ce billet risque d'être ennuyeux. J'ose espérer que dans les autres villes équipées d'un système de location de vélos le système est plus fiable.

 

Depuis vendredi je ne peux plus emprunter de vélib malgré un abonnement annuel tout ce qu'il y a de plus fringant. Les stations de proche banlieue semblent en effet en ce moment avoir un problème de connexion au système informatique, ce qui les rend redoutables : vous croyez avoir bien raccroché la bicyclette, elle est solidement encliquée, il y a eu le bip et le voyant est vert. Sauf qu'en vérité non : soit l'ensemble de la station soit quelques points d'attaches dont évidement le vôtre ne sont plus en liaison avec le système qui gère les locations et du raccrochage physique rien n'a été enregistré.

C'est la deuxième fois en deux semaines que je suis confrontée à ce (tra)cas. La première s'était résolue rapidement : quand j'ai téléphoné après avoir constaté que je ne pouvais plus ré-emprunter de vélo, la personne au téléphone disposait via mon numéro d'abonnée du relevé de mes trajets, côté Big Brother déplaisant qui possède ces avantages. En effet dès lors et comme il s'agissait d'un trajet que j'effectue régulièrement elle m'a aussitôt traitée comme quelqu'un de crédible. Par ailleurs la station était identifiée comme ayant un problème. Elle a donc pu rapidement valider mon retour et j'ai pu à nouveau circuler.

Mais cette fois-ci l'incident s'éternise. Les deux premiers interlocuteurs que j'ai obtenus après une attente plus ou moins longue étaient plus préoccupés par un traitement rapide de l'appel - je suppose qu'ils ont des objectifs, dans le meilleur des cas des primes s'ils dépotent vite -, que par la résolution du problème. 

Le premier m'a même clairement menti : comme il avait mis longtemps à identifier la station, il a décidé d'évacuer la question en me disant que c'était sur le site que je devais remplir un formulaire de déclaration de restitution. Loin d'un ordinateur, je n'avais d'autre choix que le croire ... pour me rendre compte une fois connectée mais déjà trop tard qu'un tel formulaire n'existait pas. 

La seconde ne me croyait pas quand je lui disais que la restitution avait été conforme à ce qu'elle est d'habitude, et tentait d'évacuer la question en me demandant de rappeler de la station. Impossible de lui faire comprendre que si j'appelais d'ailleurs c'est précisément que je n'y étais plus.

Ce soir j'ai donc pris sur le temps si bref des dimanche pour retourner sur place et rappeler de là. Par chance je suis tombée sur un type qui semblait (reste à voir ce qu'il en sera), efficace et au moins ne me laissait pas entendre que j'étais une idiote de la première crème, ni non plus de mauvaise foi.

Il m'a permis de retrouver le vélo, lequel n'a pas bougé puisque tout en étant solidement raccroché il n'existe plus, réduit à l'état de vélo-fantôme. Le même interlocuteur m'a aussi fait faire quelques manips afin de vérifier le solide raccrochage.

Dont celle, un peu étrange de dégonfler la roue avant : ce qui nécessite si possible de n'être pas en jupe et talons (ou d'avoir dans ce cas des qualités d'acrobate impudique), et de disposer d'au moins une paire de clefs ou tout outil métallique et pointu permettant d'enfoncer la valve. En soulevant ensuite la roue arrière, on récupère un peu de jeu et une possibilité de ré-enfoncer le biclou sous un axe nouveau. Ce procédé peut se révéler efficace en cas de problème mécanique au point d'accroche, c'est bon à savoir.

Ce n'était pas le cas ici, la station est visiblement mal raccordée, qui indiquait 13 points d'accès libres quand il n'en restait que 7 ou 8.

J'espère que demain, si le type de ce dimanche ne m'a pas baratinée, une équipe de techniciens passera la remettre d'applomb, faisant ainsi réapparaître "mon" vélo dans le circuit informatique et me redonnant droit à de nouveaux trajets sans que je ne sois surfacturée.

En attendant, usagers de vélibs, sachez qu'un vélo peut sembler dûment raccroché sans l'être et qu'à moins de demander aussitôt à la borne un ticket qui confirme le trajet, on ne peut pas savoir si tout est bien enregistré ; et que si une telle mésaventure vous arrive il est préférable de rappeler de la station d'arrivée du trajet dont la fin n'a pas été prise en compte.

 


Au coin de la rue, le danger

 

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La piste cyclable de la rue Castérès (à Clichy) fait partie de celles créées à contre-sens, ce qui dans l'absolu n'est pas une mauvaise idée. 

Mais en pratique un peu si quand même. Car peu de véhicules à moteur et plein de roues respectent la zone qui devrait être protégée. Ils s'y garent sans vergogne, sans songer que ça oblige pour le coup le cycliste à se trouver à contre-sens sur la chaussée.

Et certains se mettent même en plein angle ce qui fait qu'un vélo par exemple ici tournant à droite dans la piste cyclable s'il a bonne vitesse et comme en ce matin d'octobre peu de visibilité risque de se manger le camion en grand. Qu'il soit là pour une livraison n'excuse pas le danger [qu'il fait courir].

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Très charmante vélibante

Vers Guy Moquet, à l'instant en rentrant

J'ai grand choix parmi les vélos de la station où je dois prélever celui qui m'aidera à rentrer après une belle belle belle mais très tardive soirée. Je prends le temps d'en choisir un à bonne taille et qui semble en bon état.

Soudain, derrière moi, juste quand je prenais mon pass navigo afin d'en débloquer un, une voix : c'est une jeune femme qui repose celui avec lequel elle vient de circuler.

- Attendez, me fait-elle, prenez le mien, il roule vraiment bien. Tout, les vitesses, les freins, les pneus, tout bien.

Alors j'obtempère et attends près d'elle patiemment, le temps que le voyant de rouge passe à orange puis vert, signe que l'engin est à nouveau disponible. Nous échangeons quelques mots sur l'état des vélibs qui n'est plus ce qu'il était quelques 3 ans (hé oui !) plus tôt.

- Bonne fin de soirée.

J'emprunte alors ce vélo précis. Le 07.

Et effectivement, il doit être d'une livraison récente et roule avec une limpidité digne d'un vélo professionnel. Pour un peu donnerait envie de faire trois fois le tour de Paris.

Ce que je ne fais pas. Mais j'en profite néanmoins pour ne mettre que 11 minutes pour rentrer, ce qui est peu par rapport au traditionnel quart d'heure / vingt minutes.

J'aime quand dans la ville je croise ainsi des humains qui ressemblent aux anges de Wim , et  donnent un petit coup de pouce, comme ça, pour rien.