Même plus peur

 

Cet article de l'un des blogs du Monde, La femme qui ne connaît (presque) pas la peur, m'a fait prendre conscience d'une séquelle de ma première mort, que l'on pourrait presque qualifier de positive, du moins jusqu'à présent : la peur m'est devenue quasiment étrangère.


Je n'ai jamais été terriblement trouillarde, il faut bien l'avouer. Et j'ai toujours trouvé stupide qu'une fille sans frousse soit qualifiée immanquablement de garçon manqué. Le courage est au moins autant une vertu féminine.

Je n'étais cependant ni casse-cou ni tête brûlée : ma santé fragile me l'interdisait qui m'a fait dès toute petite savourer le prix des jours sans douleurs. Cette quête inlassable de la pleine santé m'aura épargné bien des prises inutiles de risques et toutes les addictions (1) : quand il est difficile d'aller bien, on ne va pas se fourer soi-même dans un encore plus grand pétrin.


Mais il est vrai que des sortes d'appréhensions que j'avais ont toutes foutues le camp, hormi celle des armes à feu - pour la raison très rationnelle qu'on ne peut s'en défendre (et c'est une illusion de croire qu'en étant soi-même également armé on peut) -, et la peur de Vladimir Poutine

Alors bien sûr je tressaute si vous arrivez derrière moi par surprise en faisant "Bouh" et alors que je suis concentrée sur une tâche à accomplir ou perdue dans mes pensées. Et j'ai le cœur qui bat plus vite en situation de danger concret. Je n'ai pas non plus perdu la capacité d'analyser un risque et de (tenter de) m'y soustraire.


Seulement plusieurs situations, dont deux assez sérieuses d'accident imminent m'ont laissée de marbre, j'ai pensé une fois "Par dessus ça peut pas" (en vélib alors qu'un véhicule me coupait soudain la route sans signe avant-coureur), une autre fois "Trop tard pour sauter" alors qu'une voiture avançait vers moi qui traversait un passage piéton, et j'ai simplement interposé ma main comme si la voiture était un cheval qu'il fallait stopper (elle n'allait pas vite, elle venait de tourner), j'ai ri du (petit) chien qui grondait avant de mordre - ce qui l'a déconcerté et a fait qu'il n'a pas resserré la mâchoire -. De toutes les situations un brin rock'n'roll vécues à la librairie pour l'instant, une seule m'a laissé un souvenir de crainte élevée : l'homme qu'accompagnait deux gardes du corps copie de ceux des films durs. Leur qui-vive était si fort et leur équipement presque apparent, qu'ils semblaient annoncer l'imminence d'un lourd danger. Et je ne tiens en rien à aller au devant.

  

Il n'en demeure pas moins que j'ai peur et toujours aussi facilement pour mes proches, pour ceux que j'aime, peur pour eux des malheurs, des défaillances, des maladies et des dangers. Sans doute davantage qu'avant : comme si la quantité de peur normalement disponible s'était entièrement reportée sur leur avenir immédiat.

 

Tout se passe simplement comme si étant déjà morte une fois, ayant déjà du moins éprouvé une part du décrochement qui peut précéder une fin humaine, et légèrement amnésique sur des points bien précis, je ne me sentais à titre personnel plus trop concernée par le danger, que je considérais les années écoulées depuis comme un bonus périssable, le plus tard sera le mieux, et si possible après avoir écrit ce qui devait l'être, comme si j'étais beaucoup plus âgée que la somme de mes années et que désormais il n'y avait plus d'enjeu ou du moins rien de plus très sérieux.


Une chose est certaine : si perdure l'énergie qui me tient actuellement et ma condition physique récemment acquise - c'est si étrange d'avoir de la force quand toute sa vie on en a manqué -, articulé avec mon caractère un tantinet sauvage et la perte de l'appréhension du danger, il ne va pas trop falloir venir m'embêter. La petite dame risque d'avoir une réaction foudroyante. Je suis née sans violence en moi, pas le minimum vital pour ce monde en tout cas, mais je suis désormais en état de retourner à l'envoyeur celle qui m'atteindra. Will he ever try to hurt me, I'm gonna kill Bill.

Peut-être que ça finira mal. Peut-être au contraire que ça me permettra d'être utile ou d'aider. 

Che sera sera.

 

(1) fors la lecture

PS : Comme dirait Tilly, ceci était mon billet #espritSaintValentin ; voire quelque chose comme #ToiAussiFaisTonZlatan


Tentative d'épuisement de l'épuisement (nouvelle)

 

Depuis lundi, pas hier mais celui d'avant, je vais mieux. Je vais inexplicablement mieux : le froid se poursuit, tout à fait cohérent pour un février, mais me voilà mystérieusement sortie d'hibernation. J'ai même eu droit à deux jours, le lundi et le mardi durant lesquels je me suis sentie en forme et du coup fort désorientée : je n'ai pas l'habitude de vivre avec énergie, je sais seulement lutter contre son absence.

Tout est (hélas) depuis rentré dans l'ordre et l'éternelle fatigue a repris ses droits, mais pas tout à fait quand même : la somnolence contre laquelle je luttais pied à pied depuis début novembre semble m'avoir désertée et je ne m'en plains pas.

Tout se passe comme si j'avais cessé de prendre au quotidien un puissant somnifère (1), comme si un maléfice avait pris fin (2). Et me voilà pour une fois un soir d'un jour de librairie capable peu avant 23 heures de rédiger un billet sans avoir la sensation que la grenade du sommeil se trouve dégoupillée et qu'il va envahir mon cerveau d'un seul coup avant la fin.

Finie la peur animale de n'avoir pas le temps de parvenir jusqu'au lit avant de m'effondrer. Fini, du moins pour l'instant, le rire triste de celle qui se réveille au matin avec une chaussette au pied et l'autre au pied du lit voire encore serrée dans la main - se qui laisse supposer un sommeil d'enclume ou d'habitant de Pompeï surpris par l'irruption (en moins éternel tout de même) -. Finie la perplexité d'un réveil avec le téléphone tombé de la main, lequel s'est mis en veille mais est resté sur l'entame d'un texto dont on ne sait plus du tout à qui on s'apprêtait à l'envoyer, ni pour dire quoi.

En cet instant, oui j'ai sommeil, j'ai eu une journée active, quelques bons moments au travail, dont la visite d'une vieille amie, d'autres un peu fatigants comme ce fou calme qui a tenu à m'exposer sa théorie du complot de la démission du pape - ce qui est drôle c'est que je m'y attendais (Il va bien y avoir un fou qui va venir nous exposer sa théorie à ce sujet, allez) mais je n'imaginais pas un délire si somptueux avec grands mystères très dangereux des caves du Vatican -, mais il est presque 23 heures il est normal d'avoir sommeil. Et celui que je sens venir me semble civilisé, devrait même me laisser lire quelques pages, une fois couchée.

Je n'en suis pas encore à pouvoir répondre à mes messages comme j'en avais l'intention : rassembler le minimum d'idées et de repères nécessaires - lorsque l'on s'écrit en particulier il faut retrouver le fil de la conversation -, m'est encore impossible aux soirs d'après boulot, mais j'ai bon espoir pour le mois prochain ou dès qu'on sera repassé au dessus des 10°C (50 F).

En attendant pardon une fois de plus pour tous les retards : je n'ai guère que le dimanche de disponible pour tenter de le rattraper et ça en fait plusieurs qui se retrouvent occupés par de tout autres activités ou de la récupération après un abus de sport (3).

Mais je parviens au moins depuis une semaine à accomplir au matin les TMM (4) et un minimum d'écriture de survie avant de partir au travail. Ça faisait trois bons mois que ça n'était plus le cas.

Après le Mariage Pour Tous, la Bonne Santé Même Pour Moi ? 

 

 

 

(1) Rien n'explique ça : pas de traitement en cours, ni interrompu, ni entamé.

(2) Zéro prince charmant hélas n'est venu me faire de bisou. Pas même en rêve.

(3) Qui a dit dans le fond, Ça t'apprendra !, ?

(4) Tâches Ménagères Minimales


La surprise du jour

 

... aura donc été de me sentir bien

Pour l'instant j'ai quelques hypothèses, dont l'une me semble très farfelue. Jeudi soir je suis rentrée du travail en pleurant d'épuisement - et pas seulement pour celui-ci et qui par ailleurs me fait un bien fou : quel privilège de faire ce qu'on aime pour gagner son pain -, mais je me sentais au bout du rouleau. J'ai dû faire appel à toute ma vaillance pour traverser ces jours. Éprouvé samedi soir une déception de celle qui atteignent le moral et font douter d'un avenir possible.

Dimanche je me suis bravement attelée à faire tout ce qui était devant être fait, ne pas baisser la garde, ne pas laisser l'adversité s'installer, aller m'instruire au lieu de faire la sieste.

Et puis ce matin, voilà, en forme, en pleine forme, éblouissante comme ça ne m'arrive (presque) jamais. 

Puisse cet état me durer le temps que je publie un livre.

(et sauve aussi l'amour ?)

Qui dois-je remercier ?


Mariage pour tous ! (enfin)

 

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J'ai attendu pour me réjouir l'Alerte du Monde, laquelle arrive toujours un peu en retard sur les premières infos - dans mon incommensurable Bécassinebéattitude j'aime à supposer que c'est parce qu'ils prennent le temps de tout bien vérifier -. Alors que Le Soir confirmait que cet article était "le plus important, celui qui ouvre le mariage aux personnes de même sexe". 

Les débats vont durer, il va encore falloir supporter d'entendre bien des horreurs, des non-sens, des infamies. Mais l'essentiel y est. 

Je m'aperçois une fois de plus que ma capacité d'éponge compassionnelle présente cet avantage que lorsque du bon survient pour mes amis je suis aussi heureuse (voire plus (1)) que si j'étais directement concernée.

Me vient une émotion particulière, une pensée très forte pour Bernard Cointe, qui fut mon premier ami homosexuel notoire, déclaré, assumé (2) et m'avait conviée à la fête pour son union (célébrée par un prêtre catholique avec une subtilité sémantique qui rendait le fait possible), et à la fête dans des locaux du Muséum d'Histoire Naturelle qui avait suivi. Il n'est plus là pour profiter de la légalisation devenue entièrement possible. Mais c'est un peu pour lui et son conjoint que j'ai défilé dimanche dernier. Dès que j'ai des sous pour les fleurs, Bernard, je passe t'en déposer. Salut, bougre de pionnier. Je te dois une fière chandelle et c'est le genre de choses que je n'oublie jamais.

 

(1) parce que je n'aurai pas à faire face aux bouleversements concrets que l'événement aura engendré. Ça vaut pour les prix littéraires. Ça vaut pour les mariages. Là je vais juste devoir me pourvoir d'une jolie robe et d'un agenda pour y noter scrupuleusement les week-ends occupés. D'argent aussi pour cadeaux et déplacements induits. Cette mesure risque de relancer à elle toute seule l'économie du pays.

(2) Ce qui était d'autant plus courageux de sa part qu'il travaillait comme (et avec) moi dans une banque, milieu assez peu sauvagement progressiste pour ce qui est des évolutions de société (contrairement à ce qui concerne les dérivées de dérivées de produits financiers dérivés). Et je parle des années 80 et début 90, celles durant lesquelles l'épidémie de Sida a fait tant de mal à tous points de vue.

PS : et une admiration toute particulière envers Christiane Taubira (dont le blog aussi est ). Son discours découvert grâce à Matoo et ce que je suis des débats sur ma TL, me font (presque) croire à nouveau à la politique - de même que Florence Aubenas m'a rendu confiance en l'existence non totalement perdue d'une certaine noblesse du journalisme -. Ce n'est pas rien. Un grand merci.


Mon étrange vie d'internaute souvent déconnectée

 

Ces jours-ci je m'aperçois de façon particulièrement flagrante de combien ma vie d'internaute est atypique car ... déconnectée.

Le froid n'y est pas pour rien : je rentre du travail d'écrire ou de libraire, et suis souvent trop épuisée pour faire plus que "feuilleter" sur écran quelques articles, histoire de ne pas me sentir entièrement hors du monde. À cause de cette souffrance d'enfance qu'il y avait pour quelqu'un comme moi de se sentir aux lisières, de percevoir que plein de choses se passaient hors du quotidien gris sans qu'on puisse y accéder, j'éprouve hors des débuts d'amour (pour autant qu'il m'en souvienne) le besoin de suivre ce qui se passe ailleurs sur la planète. Peut-être aussi pour vérifier qu'elle et moi existons.

Au delà des infos générales, nous disposons actuellement de tout le nécessaire pour communiquer les uns avec les autres. Mais voilà je m'aperçois que j'ai quitté un job à l' "Usine" qui me coupait de ceux-ci - surtout les dernières années avec la cheftaine qui nous interdisait jusqu'à l'usage de nos messageries - pour un autre travail qui me laisse "en-dehors" aussi, à part aux jours désespérants sans clientèle. Je ne souffre pas d'être non connectée quand j'y suis : active et heureuse dans ce que je fais, je n'en éprouve pas le besoin (1). Tout le contraire de l'emploi de bureau que j'occupais dans cette vie antérieure qui n'en était presque pas une : rivée à l'ordinateur mais sans pouvoir rien faire de ce qu'il est intéressant d'y faire. Autant dire un summum de frustration.

Il y a donc les jours de librairie durant lesquels je peux être connectée un peu, par bouffées, et encore pas à tout, ou pas du tout si nous étions du début à la fin sur le pont. Ce n'est jamais prévisible. Je crois d'ailleurs que j'aime ça. Ne jamais savoir au moment de partir de quoi le temps de travail sera exactement tissé. 

Il y a par ailleurs les jours de BNF, pendant lesquels je me consacre à ce que je suis venue y faire : écrire ou m'instruire et viens sur twitter ou facebook lors de mes pauses. Ces jours-là je peux généralement (2) lire à ma guise mes messages, mais de façon assez peu pratique en envoyer - mon outil de messagerie n'est pas paramétré pour être compatible avec la connection éventuellement disponible et la messagerie native d'orange reste vraiment mal-aisée d'utilisation. Téléphoner est compliqué il faut ressortir des salles de lecture et les zones de distributeurs à café les plus proches, où l'on peut parler à voix haute, ne le sont pas toujours tant que ça.

Quant aux week-ends, ils ne se passent que partiellement devant l'écran, c'est l'heure des sports, de la famille (sans doute trop peu), de la maison (un peu aussi) et du sommeil à toute heure (trop). De faire un peu aussi la fête, voire même de militer. Je mène ces dernières années une vie intense et riche, je ne m'en plains pas.

S'ajoute à cet ensemble le fait que je ne possède pas de téléphone à tout faire, le mien permet d'appeler, d'envoyer des SMS, prendre des photos, mais pour l'internet il autorise assez difficilement la consultation - sauf pour les mails, mais il est difficile d'y répondre, c'est biscornu -. Je peux saisir et balancer un touite, ou un statut FB mais lire mon mur, ou ma TL est malaisé.

Au bout du compte ça fait de moi pour quelqu'un de très versée dans l'internet, quelqu'un qui, du moins en saison froide, n'y est que peu.

Vivement le printemps que je puisse retrouver du temps d'ordi vespéral et enfin les amis !

 

(1) Sauf préoccupation particulière pour quelqu'un, nouvelles attendues, inquiétude spécifique.

(2) Il n'y a qu'une connexion filaire pour deux postes, et parfois c'est l'autre personne qui l'a.

 

 


Investi

 

J'ai beau être cartésienne, je n'ai pas su traverser la journée sans une superstition d'appréhension : la précédente investiture de Barack Obama avait vu ma vie basculer - pour le meilleur, in fine, mais sur le coup ça n'était pas gagné -. 

Alors jusqu'à la soirée bien avancée, j'ai craint une péripétie analogue, ou peut-être espéré - sait-on jamais ? -.

La précédente cérémonie, que j'avais totalement manquée, avait sans doute joué un rôle en creux : ce mardi-là j'avais espéré rentrer tôt, tout en hésitant avec une soirée littéraire rue de la banque à laquelle participaient des amies. J'espérais rentrer tôt afin de voir cet homme devenir président de son pays, alors que le nôtre glissait vers du pire, un agité dangereux qui liguait ses concitoyens les uns contre les autres. Et puis la cheftaine dont nous étions mes deux collègues et moi pourvus, avec sa manie de croire qu'en informatique elle s'y connaissait et de vouloir tout automatiser avait planté un programme et bousillé quelques fichiers dont nous avions besoin d'urgence pour répondre à des utilisateurs (pardon, des clients) internes.

J'étais restée, bonne poire, fatale erreur, à réparer. Elle s'était sentie obligée de rester aussi mais peut-être bien qu'elle aurait voulu elle aussi ce soir-là partir tôt. Et alors que je perdais du temps à réparer le résultat de sa bêtise (une de plus, c'était fréquent, elle n'avait pas compris que son rôle était de diriger l'équipe, nous dégoter de bons projets, intéressants et non de se mêler de faire le travail, nous étions compétents et du genre à bosser sérieusement), elle s'en était pris à moi violemment, m'accusant de son erreur. Une partie de mon calme est sans doute venu de ma sidération et qui m'aura sauvée, ça faisait des mois qu'elle abusait de son autorité envers les uns et les autres, mais reprocher à quelqu'un sa propre incompétence dépassait les bornes. Je suis parvenue à la fois à ne pas me laisser faire et ne pas trop élever la voix, ni esquisser le moindre geste. Mais j'avais senti la violence se lever en moi.

Or ce n'est pas mon tempéramment.

Mais je sais me battre.

Et je me méfie de la colère blanche. Celle qui quand j'étais gosse m'a parfois permis d'avoir le dessus sur des grands et des forts qui menaçaient trop quelques-uns que j'aimais. Celle du "Cette fois ça suffit". Celle de quelqu'un qui n'a plus peur de rien pour elle-même - à part les maladies de longue souffrance qui nous finissent légumes -. 

Alors j'ai su qu'il ne fallait plus que je retourne dans cet endroit, que je n'avais pas d'ordre à recevoir d'une personne d'aussi mauvaise qualité. Que je ne voulais pas devenir ce qu'elle me poussait à devenir : quelqu'un de brutal, parce qu'acculé.

Dans un monde où un homme à la peau noire pouvait devenir président d'un pays qui pratiquait encore la ségrégation quelques années après ma naissance, je n'avais pas à me laisser ainsi priver de ma capacité de bien travailler. Et j'étais libre de dire Ça suffit. J'en paierai le prix, mais je devais sauver ma peau, ou plutôt la sienne, et mon intégrité morale. J'ai vraiment, grâce à lui, eu cette pensée : Les temps changent, les temps ont changé. Fini d'être enfermée.

Nous sommes convenues de nous expliquer le jeudi quand j'arriverais, elle n'était pas stupide, elle avait senti qu'elle ne se maîtrisait plus et mon calme, ma résistance la rendait encore plus folle. Je crois avoir dit bonsoir de façon courtoise, je savais à cet instant que je ne reviendrai pas. Ma décision était irrévocable.

J'ai passé un coup de fil cependant un peu secouée à une ancienne collègue et amie qui pouvait me conseiller (et l'a fort bien fait), mon meilleur ami, puis comme pour Barack c'était foutu, suis allée faire une apparition pâle à la soirée littéraire. Ce qui m'a beaucoup aidé : ma nouvelle vie était par là. Je le savais alors depuis 6 ans déjà. 

Grâce à une mesure du gouvernement Sarkozy destinée au départ à permettre aux patrons de licencier plus facilement, j'ai pu à ma demander quitter l'entreprise dans des conditions décentes et sans avoir à effectuer le moindre préavis. Le père de mes enfants s'est occupé de passer prendre mes affaires personnelles - je lui en sais gré -.

Alors cette fois-ci, ce soir, comme j'étais rentrée tôt à la maison car par le froid très fatiguée, j'ai regardé sur l'ordinateur, celui que les amis m'ont offert, la nouvelle investiture du même président. Cette fois-ci plus personne ne pouvait m'en empêcher. Et si je ne suis pas dupe, trop d'esprit critique et d'expérience, de l'exercice de démagogie, si je reste persuadée que le capitalisme et son "produire toujours plus" mènent la planète à son épuisement, j'ai néanmoins été émue. L'homme est un grand professionnel, et très charismatique. On peut le croire humain, intelligent et chaleureux.

En quatre ans, je n'ai pas encore retrouvé une vie tout à fait normale, ni réussi à m'en sortir vraiment, il n'empêche que le chemin parcouru grâce à la révolte induite n'est ni négligeable ni honteux. We, people, are gonna make it (aren't we ?).

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Merci Joël (la soirée formidable)

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Merci aussi à Pierre d'être, malgré son emploi du temps chargé, venu

[la dernière des trois photos est de Douja]

addenda de longtemps plus tard : Nous l'ignorions alors même si nous nous en doutions : Joël Dicker était à la veille d'obtenir un premier prix qui serait suivi de bien d'autres et à l'orée d'un succès de type long seller best seller. J'ai vraiment commencé à croire que j'étais une Bonne Mascotte (et pas seulement pour faire sourire l'ami Serge) 

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Une belle rencontre (Jerome Charyn)

 

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Bien sûr j'eusse préféré que ce soit celui qui est venu ce lundi à Paris qui nous ait présentés l'un à l'autre, un jour où nous aurions été chez nous lui et que Jerome serait passé en ami. Seulement la vie étant ce qu'elle est, il était déjà réconfortant et bon de les rencontrer peu de temps l'un après l'autre à Paris.

D'autant que ce qu'a dit notre grand américain sur le travail d'écrire était fort et juste et d'un grand intérêt.

Seul regret : qu'à peine terminée la conversation littéraire filmée (hélas trop peu peuplée) il ait été entraîné par une personne qui l'accompagnait et ne l'a pas laissé s'attarder.

[photo personnelle ; rencontre au Thé des écrivains 17/10/12] 

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Profumo


PA150094_2Il est rare que je me soucie de cosmétique, mais voilà : ce parfum que j'ai grâce à une grande amie me plaît. Lorsque je le porte je me sens mieux moi-même, et une moi-même en meilleure forme. 

Après, il est trop coûteux pour un usage quotidien. Et je ne crois pas que l'homme en l'honneur duquel je le portais ce lundi ait remarqué quoi que ce soit.

De toutes façons rien ne vaudra l'odeur naturelle que prend ma peau simple après un moment au soleil. Deux seuls hommes savent ça, ainsi qu'un ancien bébé qui tout petit gars avait remarqué (Tu sens bon quand il fait beau m'avait-il dit en substance).

 

 

 

 

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