Les amis du Marigny (que sont devenus ..?)

 

Il venaient à la librairie plusieurs fois par semaine, souvent avant de prendre leur service, m'offraient parfois une bière, achetaient et commandaient des livres même si leur budget n'était pas infini (1). On discutait et même si les derniers temps, rapport aux états respectifs et du théâtre et de la librairie la teneur de nos propos n'était pas des plus drôle, c'étaient de bons moments. Je conserve précieusement le souvenir de quelques franches rigolades. Nous avons même pu une fois aller au théâtre en famille grâce à eux : compte tenu du prix des places, c'est quelque chose que nous ne pouvons pas nous accorder, pas à quatre en tout cas (2), si on ne nous l'offre pas.

Ils font partie et les hommes et ces instants de ceux qui me manquent à présent.

Voilà que ce matin dans le Canard Enchaîné, je tombe sur cet article : 

 

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Alors je pense à eux, qui me semblaient trop jeunes pour partir en retraite, et (très) bons professionnels dans des métiers précis. Sont-ils allés faire les vendanges ? Vont-ils déménager pour bosser à Roubaix (et se faire à nouveau "dégraisser" peu après) ? On savait que leur direction ne faisait pas de cadeau, ni non plus dans la dentelle, mais les propositions de reclassement énumérées dans l'article sont du foutage de gueule, il n'y a pas d'autres mots.

Même si nous sommes dans le dur et sans boulot depuis, j'aimerais bien les revoir, ils me manquent eux aussi.

 

(1) Contrairement à celui de certains hôtes de cet étrange quartier des Champs Élysées.

(2) On en est d'ailleurs même à ne plus le faire pour le cinéma. Hier un ami qui dans le quartier de la Villette a voulu voir "Gravity" s'est vu demander 14 € (je suppose avec des lunettes 3D mais quand même). Heureusement qu'il reste encore des cinémas municipaux ou Arts et essais.


Et une bonne grosse drache

 

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La course du matin avait épuisé les corps plus un moment un peu coquin, et nous nous étions endormis avant d'aller voir le match prévu entre équipes B du coin.

Ce fut pour moi une expérience un brin étrange d'observer un moment un match dans une plus parfaite neutralité car j'ignorais qui était qui. Dans les tribunes les supporters des uns et des autres (villes si voisines) s'équilibraient et les gens venaient pour voir du beau jeu donc l'ambiance fair-play n'aidait pas à départager les locaux des visiteurs. Puis j'ai compris. Souvent il suffit d'attendre, ça vaut pour pas mal de choses dans la vie. 

On s'aperçoit qu'au fond la différence entre professionnels et amateurs, si elle se joue, bien sûr sur le niveau, est palpable sur un point crucial : on sait entre joueurs du week-end et des soirées, que si l'on s'esquinte sur le terrain, le gagne-pain en pâtira alors on fait gaffe. D'autant que pas mal des gars ont des boulots physiques qu'ils ne pourront assurer avec un bras, un genou ou une cheville plâtrée. Les pros s'ils jouent violents, ont un arrêt de travail comme suite à un accident de travail et ça n'est pas du tout pareil, même si ça peut bien foutre en l'air une carrière, certaines blessures.

Je n'ai pas ressenti le froid grâce à ma doudoune ultra-light de chez U_____ passée sous un blouson imperméable local efficace. Du coup j'ai pu un peu noyer le chagrin dans l'intérêt du jeu, dans l'ensemble plaisant.

Et puis ce gag de fin de match : une drache brutale, un vent méchant, l'arbitre a sifflé la fin et tous ont couru aux vestiaires plus vite encore qu'ils ne l'avaient fait après le balon.

C'était drôle.

J'ai attendu sous l'auvent des tribunes que ça se calme un peu. Le chagrin en a profité pour reprendre sa place. J'aimerais pouvoir me mettre en dispense de vie active jusqu'au printemps. Ne peut vraiment m'aider que le temps et surtout pas d'épuiser l'énergie. Il me faudrait attendre qu'elle se reconstitue. Sans forcer.

J'en ai vu des matchs en mon jeune temps mais cette fin-ci était la plus amusante. En garder le souvenir. 


Les matinées

 

Depuis la rentrée j'essaie de dégager plus vite mes petites corvées matinales afin d'écrire pour du long. 

Je me suis aperçue que ce n'était pas évident. Je consacre sans doute par loisir trop de temps à ma revue de presse quotidienne. Parce que ça m'est nécessaire et qu'aussi j'ai l'esprit ailleurs que sur mes petits tracas. J'ai fait aussi quelques progrés, même si ça n'est pas encore ça, dans les réponses aux messages.

Je prends lentement mon petit-déjeuner car c'est important pour moi, ce temps qui permet ensuite d'entrer dans la journée. Si j'y mets de la hâte, je suis capable de passer tout le jour comme un spectre, présent seulement d'apparence.

Il y a les trois activités domestiques élémentaires : les poubelles à descendre, le courrier de la vieille poste de sur la terre à relever, la lessive selon les jours à étendre ou lancer. Il y a un peu d'écriture quotidienne pour ne pas perdre pied, savoir au moins quel jour on est et le temps qu'il fait. Je note les rêves aussi. À une époque on me l'a demandé, puis le pli était pris. Il me faut parfois retranscrire les pseudo-poèmes de la nuit. Constater que la poésie qu'on y voyait dans le sommeil n'y était pas en vrai.

Il y a les rendez-vous que l'on nous impose (banque, Para-Pôle Emploi tant que je dépendrai d'eux), ceux qu'on s'impose parce qu'on pense qu'il le faut (coiffeur, rendez-vous d'équipement ou contrôles médicaux) ; ceux que nous imposent les pannes et dysfonctionnements. 

Il va désormais falloir que je m'organise différemment si je veux avancer dans ce que l'écriture a de plus profond, plus structurée. J'aurais en tout cas apprécié cette étape, que rendait possible le travail en horaires décalés (à partir de 14h), tant qu'il a existé. 


Reprendre le fil de sa propre vie

 

Avec l'appui non négligeable des amis (1), je m'efforce de reprendre le fil de mon propre travail, et de ma propre vie. La fin de la librairie a eu beau s'être faite attendre avec tous les derniers mois en prélude de l'arrêt c'est un choc quand même un jour de ne plus pouvoir continuer à faire ce qui structurait nos semaines et qu'on aimait. L'autre fin, à présent que j'ai lu "Le 4ème mur" de Sorj Chalandon et même si je sais que j'ai tout faux puisque précisément ce qu'il parvient à nous faire saisir c'est la part physique de l'effet fait par un danger de mort réel, immédiat et bruyant, me laisse une sensation de choc de guerre : ses personnages sont dans un lieu en train de répéter une pièce de théâtre quand soudain survient un bombardement alors que rien ne l'avait annoncé ; or c'est un peu l'équivalent que j'ai subi affectivement, on était là à poursuivre notre conversation, presque ininterrompue et quotidienne depuis six ans, quand soudain une déflagration, au fait maintenant j'ai quelqu'un, ta présence est gênante, change de dispositions. J'ai une fois de plus survécu à l'attaque, c'est la 10ème de ce type dans ma vie, avec 5 fournisseurs et la 3ème d'une telle violence car survenant dans une période de trève et non une période de qui-vive ou une zone de danger potentiel (2).


Difficile de reprendre le travail d'écriture là où il en était, car la tonalité des choses a totalement changé. Soit je suis capable de me remettre dans l'axe, me replacer dans l'état d'esprit préalable, celui de quelqu'un dont les tracas ne sont que professionnels et financiers et le manque purement sexuel. Soit je change de focale puisque changement il y a eu, mais alors il me faut réécrire des parts qui me convenaient, précisément parce qu'elles détenaient une dose de légèreté. Non seulement je lutte pour accorder à l'écriture sa place principale sans laquelle je n'avance pas, mais je lutte pour cesser qu'elle soit peinte en noir. La vie me met des mots de plombs. Or ce n'est pas ma voix, ma tessiture est faite pour du moins brutal, du plus doux. Je me sens comme une soprano qu'on voudrait recruter à tout prix pour Wagner - tu es assez solide, si, si - quand elle est adaptée à chanter du Verdi.


Moins difficile : reprendre mon travail de fourmi photographique, ce besoin d'une respiration qui me conduit à documenter le quotidien, que les journées laissent une traces, qu'elles ne constituent pas un magma mémoriel. Je sais bien un peu pourquoi : si je la laissais faire, ma fatigue engloutirait tout, fors quelques moments cruciaux, chaque jour est une lutte, parfois remplie d'étapes agréables, je ne me plains pas je mène une existence très stimulante, mais j'ai besoin qu'il ne reste pas rien des efforts accomplis, des heures où je suis parvenue à tenir en respect le sommeil. Il n'empêche que c'est encore un choc, alors qu'une saison a passé, que j'ai par moments (par moments seulement) l'impression de m'en être tirée, que le pire est liquidé, de revoir des photos d'avant.   CIMG5725

Des photos d'en temps de paix. Des photos de relative insouciance.

Ainsi celle-ci, fin mai 2013 à la librairie Villeneuve à Clichy, d'un des derniers bons moments avant longtemps, mais à ce moment-là je l'ignore, je crois même à de très prochaines retrouvailles avec celui qui comptait tant.

Par précaution, je m'efforce donc de remonter le temps en parallèle à partir de deux points différents, ce qui me permet de ne pas être en permanence confrontée avec la violence du basculement rupture avant / après. Le premier temps déjà en cours consistait à rattraper depuis juin 2012 - là aussi un mois si triste à part au tout début, mais pour des raisons moins intimes, il n'empêche que je n'avais su garder le rythme du diariste d'images, le second repart d'avril 2013 avec une reprise régulière au jour le jour fin juillet mais qu'ensuite le lourd souci d'un travail que je croyais devoir accpeter à tout prix m'a refait perdre le rythme. Je comble donc peu, à peu, très lentement du fait des collections annexes (3), les vides d'un calendrier mité. Si l'existence m'accorde enfin une trève, un hiver calme jusqu'au printemps (allez, rêvons) je parviendrais à me réunir, au lieu d'être éparpillée façon puzzle du fait de la récente déflagration. Et je bouclerai mes trois premiers chantiers.

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Mais s'il te plaît, la vie, laisse-moi un peu bosser (et si possible parfois faire l'amour)

(1) Un déjeuner hier avec ma cyber-petite-sœur, m'a accordé une après-midi plus efficace que je n'en avais connu depuis le printemps. 

(2) par exemple des retrouvailles après une longue séparation. Inévitablement le bien-aimé aura fait d'autres rencontres entre-temps. L'une d'elle peut être détachante.

(3) par exemple celle-ci qui prend forme tout doucement : véhicules (le gag étant que je l'avais conçu pour abriter ma collection de 500 Fiat et que pour l'instant : il n'y en a qu'une) 

PS : le vide de janvier - février 2012 est dû lui à l'ordinateur qui plantait. Sauvée par les amis et le cadeau qu'ils m'ont fait. J'avais dès le nouvel ordi retrouvé une belle régularité.


Le moment venu

 

  CIMG6340Dans ma vie, fors un amour réciproque, épanouissant et heureux, tout est toujours tôt ou tard (ad)venu comme si des rendez-vous étaient pris pour moi par des petits dieux farfelus mais néanmoins attentifs et globalement bienveillants.

 

J'ai donc le moment venu, c'est-à-dire ce soir, rencontré la dame de ces (longtemps) mystérieux petits carnets que je trouvais au gré de mes visites dans les petites librairies et qui m'émouvaient.

 

J'en ai plusieurs exemplaires de chaque titre parce que je pressentais une économie artisanale et souhaitais que chaque librairie puisse continuer à les proposer, alors dès que j'en trouvais j'achetais.

La rencontre s'est faite comme les rencontres devraient, par l'intermédiaire d'amies (grand merci à elles) qui ignoraient mon attachement préalable et s'intéressaient par ailleurs au travail de leur créatrice. Elle était telle que je l'attendais, car la poésie a ceci de commun avec le chant classique que lorsqu'on la pratique on ne peut rien cacher. Si ça veut ou peut nous nous reverrons.

 Quel beau cadeau ! 

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To-do list de cette nouvelle année

 

Les années calendaires pour moi sont de pure convention, comme le fait que nous soyons en 2013 en occident ; les années les vraies démarrent pour moi au 15 septembre ou plus exactement au premier jour ouvré qui s'en rapproche le plus. C'était la date de la rentrée scolaire lorsque j'étais enfant. Et la plupart des évolutions professionnelles suivent encore un rythme de saisons théâtrales, janvier n'étant généralement de même que pour les livres qu'une "petite" rentrée.


Donc le début de l'année 2013 /2014 c'était pour moi aujourd'hui.


Ceci tombait fort bien puisque ça coïncidait pour moi avec un entretien en vue d'un gagne-pain (temporaire), dans un lieu pourtant proche de chez moi où je n'avais jamais mis les pieds. C'est quelque chose que j'aime à Paris (ou que j'aimerais dans tout autre bien grande ville où je vivrais) : les lieux sont inépuisables. On peut y vivre des dizaines d'années et découvrir encore de nouvelles rues, de nouvelles places, sans même parler des mutations, que sauf en de rares cas (un beau bâtiment que l'on abat) je trouve stimulantes. J'aime à témoigner du passé, afin de lui offrir trace d'existence, mais ne suis pas nostalgique (1).

Je pense si tout se confirme et se passe bien, que je ne serais pas malheureuse d'y travailler un temps malgré le surmenage qui ne manquera pas d'advenir, empiré par l'hibernation - puisse l'hiver 2013/2014 être bref et clément -. 

En attendant, et comme je ne prends plus de bonnes résolutions de nouvelle année depuis une violente lurette, ni non plus de mauvaises, l'existence m'ayant appris que ceux qui blessent les autres finissent tôt ou tard par devenir leurs propres victimes (2), je me contenterais d'une to-do list élémentaire mais néanmoins urgente car deux éléments ont pour échéance mercredi :

- mettre à jour mon CV (ce qui implique d'en retrouver une version récente) ;

- retrouver mon diplôme ;

- retrouver mon permis de conduite (c'est la nouvelle année, n'est-ce pas, alors on peut rêver) ;

- retrouver mon exemplaire d' "Ida ou le délire" ;

- remplir quelques papiers (mais ça, il suffit de s'y coller, c'est comme de sortir une lessive, ça prend en théorie un temps déterminé) ;

- procéder à quelques prudents scannages de précaution ;

- ouvrir une adresse gmail qui servira pour l'emploi (ou sa recherche ultérieure) afin de ne pas polluer ma messagerie personnelle et de gagner en efficacité ;

- ouvrir un blog ;-)

Et puisqu'il faudra mettre une fois de plus et à nouveau l'écriture entre parenthèse - quand échapperais-je enfin au syndrome de George Bailey ? - et que l'amour est source plus que de plaisir de chagrins, s'appuyer sur les lectures jubilatoires afin de tenir bon.

Celle du moment, loin devant ses suivantes, pourtant de bon, voire de très bon (3), niveau est le "Confiteor" de Jaume Cabré, que j'essaie de faire durer mais qui pourra en relectures savourantes me tenir chaud au moins jusqu'aux premiers frimas.

 

 

(1) Si je ne suis pas davantage technophile c'est que je suis désargentée et passablement en désaccord avec le fond déchaîné de notre société hyper-consumériste.

(2) Non sans avoir fait dans le cas des guerres, des dictatures et des criminels concrets de terribles et irréversibles dégâts, certes. Mais même pour nos assassins préférés une fois que le mal est fait il est déjà trop tard, anyway.

(3) "La parabole du failli" de Lyonel Trouillot et "Kinderzimmer" de Valentine Goby (entre autres)


Ce soir nous sommes, Septembre

 

spéciale dédicace à Natacha pour une raison et à quelqu'un d'autre pour une autre.


Un article (drôle) sur le ciné

 

C'est un samedi triste, j'ai appris une bonne nouvelle mais qui me plombe le moral, c'est ainsi. En fait je suis un sac de larmes , je croyais aller mieux, mais au fond toujours pas. Pourtant les amis m'aident de leur mieux et c'est formidable mais je crois que je vais mourir si je n'écris pas, parce que c'est la seule chose qui me tient encore après tout ce qui s'est passé et tant d'années déjà perdues à travailler pour tout juste boucler les fins de mois. Tant d'amour ou cette amitié perdus pour qui me laisse tomber d'un coup d'avoir trouvé mieux, c'est vraiment trop demander un mimimum de respect pour qui n'est pas l'élue ?

Alors je cherche sur l'internet des éléments amusants, je m'efforce de ne pas tomber sous le charme de Barack Obama qui effectue un exercice de com. de haute voltige que j'admire mais n'approuve pas (1) j'effectue des recherches pour les camarades, et puis je tombe sur cet article de Guillemette Odicino pour Télérama, et les larmes s'arrêtent : 

Quand le cinéma nous embobine

Et j'ai enfin un peu ri. Je tiens toutefois à préciser aux tueurs qu'avec moi en basket il leur faudra si on le monte plusieurs marches d'escalier pour me choper, et que probablement à cause de mon prénom d'héroïne de films, je tiens l'alcool en général et le whisky en particulier comme ça en pour de vrai - mais je ne m'y risque pas, c'est mauvais pour le chant et peu recommandé pour la course à pied -.

 

 

PS : à part ça si quelqu'un connaît et reconnaît ce château, 

Capture d’écran 2013-09-01 à 00.57.56ça rendrait service à Matoo, dont voici le billet qui explique pourquoi (et d'autres choses fort intéressantes, vous ne perdrez pas votre temps en cliquant).

 

 

(1) J'aurais dû faire une copie d'écran de ma TL twitter, il y avait ceux qui avaient compris que les États-Unis allaient intervenir en Syrie, ceux qui avait compris qu'ils continueraient à ne rien faire d'autre que jouer les gros bras mais sans bouger un orteil, ceux que ça fâchait (l'une ou l'autre option), et personne qui ne s'en réjouissait puisque quoi qu'on pense on en n'était pas sûrs. Ou plutôt : les seuls qui semblaient certains d'avoir compris si une intervention allait avoir lieu ou non étaient ceux que ce qu'ils avaient pigé mettaient en colère. Bref, un truc comme ça, mais avec de si belles phrases, un ton vibrant, on aurait cru un biopic avec Tony Leung jouant Barack Obama, je lui aurais volontiers vêtue d'une toute belle robe apporté une soupe chinoise (Michelle, ne lit pas), on était super fiers que les États-Unis aient un président comme ça, l'instant était historique. Mais en fait il a dit quoi ? P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non. À part ça j'étais depuis le matin terrassée par un mal de tête étrange (comme si j'avais reçu un coup violent sur l'arrière de la tête à droite, ou que je m'étais cognée ou avait reçu la barre du séchoir à linge une fois de plus sur l'occiput - sauf qu'en fait non, à moins que le père de mes enfants et moi n'ayons pratiqué nuitamment une séance collective de somnambulisme qui aurait mal tournée ; variante : que je me sois effectivement cognée mais si fort que ça m'aurait ôté la mémoire de la collision -), mais d'écouter le beau Barack me l'a presque totalement estompé. Si vous souffrez d'écrouelles, vous devriez tenter votre chance auprès de lui, conseil d'amie (mais bon si vous faites partie de banlieusards qui recevez du sarin ou autre poison gazeux gentiment balancé par les services de votre chef d'état, il ne faut peut-être pas trop trop compter sur lui, même s'il compatit).


C'est le sol, toujours, qui manque de stabilité

 

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Je ne me souviens plus de quand exactement a eu lieu cette douce soirée aux Buveurs d'encre avec lecture par Anne de bons extraits de son "Décor Lafayette" ; les mauvais coups de juillet et juin m'ont brouillée la mémoire. Mais c'était au printemps ou bien un peu en hiver - car cette année l'hiver était aussi le printemps -. 

BREF,

Nous étions ensuite à quelques-un(e)s venues boire un coup ou manger au café proche. L'accueil était sympathique malgré l'heure tardive.  

Je n'étais pas retournée dans ce quartier depuis. 

Voilà qu'entre temps le sous-sol a joué un mauvais tour au bâtiment ; qu'il est menacé d'effondrement. L'affaissement vers l'entrée est impressionnant, on dirait qu'il s'engloutit progressivement.

J'ai un peu l'impression qu'il nous est arrivé la même chose au même moment, quelque chose d'essentiel qui nous fait défaut. Et tenir encore relève du miracle.

Tenons bon.

 

PS : On peut supposer que les habitants ont été d'urgence relogés, même si provisoirement. Mais que deviennent pendant ce temps ceux qui travaillaient là et dont le gagne-pain est lié au lieu-même ?