Le rêve de la Manche glacée

 

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C'est un dernier rêve avant le réveil, mais à l'empreinte forte, je ne parviens pas à m'en départir, l'écrire devrait aider. Il vient tout droit d'un réveil samedi matin devant une étendue enneigée, des infos où l'on parlait de la crise des réfugiés (qu'on appelle migrants dans les médias histoire de faire croire que c'est d'eux qu'est venue ex nihilo leur envie de bouger, pourquoi pas touristes pendant qu'on y est ?), et d'un week-end de ciné-club ce qui rend le truc plus scénarisé qu'un rêve standard.

Scène 1

Je suis en surplomb de la Manche gelée, probablement vers Arromanches, on voit des vestiges de Mulberries. Mon ami Pierrot est près de moi, il contemple aussi. La mer est gelée entièrement et recouverte de neige par dessus. Plein de petites silhouettes noires se déplacent, certaines en files indiennes, certaines à luges, d'autres à ski, on voit même un traîneau avec des chiens. Elles vont vers l'Angleterre. 

Pierrot me demande : 
- Tu l'as vendue ?
Je hausse les épaules, en mode bien sûr que non : 
- Je l'ai donnée. Peut-être à l'heure qu'il est qu'ils approchent de l'arrivée.

J'oubliais : nous sommes tous les deux jeunes comme à l'époque où nous avions fait connaissance. Avec nos vies devant nous.

[plan de coupes sur les silhouettes qui avancent]

Scène 2 (flashback) - printemps 2017

On voit des flashs d'infos, il est question d'une importante glaciation. Beaucoup d'agitation consécutive dans les zones près de Calais, certains ont compris, certaines associations d'aide aussi, que la frontière avec l'Angleterre allait s'ouvrir, par la force des choses, qu'on pourrait aller à pied. Beaucoup ont parcouru la moitié de l'Europe et du Moyen-Orient à la marche où sur des engins de fortune, et par tous les temps. Ce ne sont pas quelques dizaines de kilomètres qui vont les effrayer.

On voit les plus réactifs des réfugiés et des associatifs, prendre tous véhicules à leur disposition pour filer plus au sud : ils ont compris que des surveillances seraient mises en place là où le passage est bref, mais qu'en contournant le problème il serait possible de passer avant que toute la côte ne soit surveillée.

Scène 3 (suite du flashback)

Je devais partir en Normandie, c'était de toutes façons mon projet. Mais je fais le crochet par chez ma mère et j'y récupère ma vieille belle luge d'enfance, cadeau de Noël de l'année 1971 (il avait beaucoup neigé) et qui servit de par la météo clémente des hivers d'après, finalement assez peu. Je me doute qu'elle fera des heureux.

Il reste de ce rêve l'image des petites silhouettes progressant sur la mer glacée et enneigée.

Qu'on voyait aussi partir des Français, comme par effet d'entraînement. 
Et peut-être aussi parce que la crise est telle ici qu'ils cherchaient eux aussi à s'en sortir.
Qu'on voyait des gens aider les réfugiés à s'équiper mais pour la plus mauvaise raison qui soit : s'en débarrasser au plus vite. (souvenir de la manifestation du 11 janvier 2015, certains n'étaient là que pour le cocorico et d'être anti-arabes et ils entonnaient des Marseillaises avec des trémolos puants).
Que pas mal de personnes donnaient sans regret leurs équipements de ski, Nous ne pourrons plus y aller, il n'y a plus d'argent.

Il y avait par ailleurs ce réconfort de n'être pas seule, d'avoir quelqu'un qui compte à mes côtés. Joint à la beauté de la scène des marcheurs sur la mer, ça faisait de ce songe un rêve pas trop mauvais, et presque beau. Mais sur un fond contextuel effarant. 

Et tous risquaient que la glace se brise avant d'être arrivés.

 

PS : de façon presque amusante j'ai constaté après coup qu'un élément de ce rêve était une sorte de prémonition.

 


Fred, Cyd et moi (rien que ça)

(Je croyais être réveillée mais je m'étais rendormie)

Alors je regardais à la télévision ou plutôt sur un Home Cinéma, un vrai (1), et c'était un Fred Astaire - Cyd Charisse que je ne connaissais pas, son titre : "Moustaches" et par moment au court même de danser l'un ou l'autre changeait de tenue, de coiffure, d'aspect. Fred avait différentes sortes de moustaches - d'où sans doute le titre -, mais on le reconnaissait.

Je me dis alors, c'est merveilleux, dans les rêves je retrouve des inédits de vieux films hollywoodiens, il faudrait que je puisse les transmettre à Lobster. Une part de mon cerveau qui est probablement en train de se réveiller, me souffle que je ne pourrai pas car il s'agit de film que je vois dans un rêve.

Alors le neurone actif, me fait me dire, Mais s'il s'agit et d'un rêve et d'un film de Fred et Cyd que je n'ai jamais vu, c'est que je l'invente. Si je l'invente, c'est donc que je suis en train de créer pour eux une chorégraphie.

Et me voilà partie à affiner celle du songe avec une absolue jubilation : rendez-vous compte créer une chorégraphie pour Fred et Cyd !

Pour autant, les rêves étant quantiques par essence, je reste celle qui est en train de regarder le film, d'admiration bouche bée.

Mais la chorégraphe qui cohabite avec la spectatrice extasiée, jubile : avec de tels danseurs aucune limite à se mettre, la technique est de très haute volée et parfaitement maîtrisée. 

Une fois le générique de fin envoyé, le rêve hélas a pris une tout autre tournure, très terre-à-terre, un peu chargée d'inquiétude. 

Il n'empêche qu'au réveil, j'étais tout soutenue par la sensation persistante d'un haut moment de création.

 

 

(1) Sans doute inspiré par celui qu'a chez ses parents un pote de #lefiston qui, ébloui, me l'a décrit.  

 


Rêve des temps fatigués - dodo therapy


    Si je n'ai pas de contrainte particulière, entre l'arrivée du temps hivernal et l'époque aux relents guerriers avec les menaces des extrémistes de tous les côtés, je dors ces jours-ci 14h/24, sans jamais vraiment cesser d'être ensommeillée. À croire que mon corps procède en interne à une forme artisanale d'automédication, et fabrique en circuit fermé une sorte de somnifère. Seuls le sport, le travail [pour d'autres] et certains rendez-vous me permettent d'y échapper. Ma semaine à venir dans une belle librairie sera la bienvenue qui devrait me sortir de ces heures sans issues. 

Du coup, je rêve.

Comme souvent je crois être réveillée, et que ça y est enfin, je vais pouvoir me lever, je me souviens de certains songes, juste avant de replonger. 

Ils se trouve que je connais chacun des lieux ou des rues ou des quartiers que les attentats et la traque conséquente ont fait nommer et pas seulement le Bataclan, mais les rues vers Répu, Saint Denis, Montreuil, les zones de Bruxelles mentionnées, y compris ceux d'un attentat prévu et déjoué. Les rêves retravaillent cette géographie et la violence qui l'a traversée.

 Aujourd'hui, ils étaient davantage d'épuisement. Et pour la première fois depuis douze jours, j'en ai fait un presque joli. Alors le voici.

Dans le rêve lui-même, je suis épuisée. Mais il n'y a pas d'urgence particulière, je semble en congés, ou peut-être suis-je enfant et ce sont les grandes vacances. C'est l'été ou du moins une saison chaude, l'air est sec, dans les intérieurs on voit la poussière voler dans les rais de lumière. 

À un moment donné je suis allongée dans le grenier de la maison de ma grand-mère maternelle (1), j'ai dû mettre vaguement un matelas par terre et j'y suis bien. Peut-être même lis-je un bon bouquin. Ça dure un moment le rêve comme ça. Je n'ai aucun souci immédiat, pas même de me soucier du repas. 

Puis j'entends ma mère dans les étages du bas, et je me dis que si je reste là je vais être enrôlée pour ci ou ça ou vais devoir entendre des propos que je n'aime pas, ou qu'elle trouvera un reproche à me faire, bref, c'est une menace potentielle à mon îlot de paix intérieure alors je sors par les toits - je ne sais pas comment, mais dans le rêve il suffit d'enjamber une fenêtre inclinée et alors qu'on est au deuxième étage on est aussi dans la rue de plain-pied -. Je vais vers un terrain de football qui ressemble à celui qui est près de la piscine à Clichy. 

Mais il n'y a personne. Les autres sont sans doute en vacances. De toutes façons je suis trop fatiguée pour m'agiter. À nouveau je m'allonge. Mon corps est las mais pas douloureux et je ne suis pas trop ensommeillée. Il fait toujours beau et chaud. Je regarde les alentours. Vers la place qu'occupe la piscine par rapport au terrain de foot d'en vrai, il y a des maisons qui ressemblent à celles de cette rue à Uccle que je connais bien. Mais elles sont plus hautes. À un balcon, je crois reconnaître quelqu'un que j'aimais bien, tel que je l'avais vu un jour alors que j'arrivais chez lui et qu'il fumait en m'attendant. Comme dans la réalité d'alors j'ai un doute dû à la distance. Mais je suis très consciente dans le songe même que c'est très agréable comme préoccupation. Je cligne des yeux et joue avec les effets de l'éblouissement du soleil. Il fait divinement bon (2). 

C'est alors que j'aperçois sur le côté gauche du terrain de foot désert un arbre, c'est tout à fait normal qu'il y ait des arbres sur les terrains de foot c'est pour apprendre à mieux dribbler (!). Et celui-ci est tout droit sorti des dessins de Claude Ponti, ceux du livre Ma Vallée (3). Je suis contente de retrouver un ami et qu'il soit venu me rendre ainsi visite (4). Le vent se lève et il en profite pour faire le clown comme si ça le chatouillait. J'éclate de rire et me sens moins fatiguée. C'était le seul souci de ce rêve de devoir rester allongée.

Mais je sais que ce vent annonce probablement un orage et qu'il va me falloir rentrer. Je savoure très consciemment un dernier instant d'être là puis je me réveille.

Je remarque qu'à part la silhouette de l'homme et la voix ou des bruits diffus maternels, il n'y a aucun humain et que pour autant je ne me sens pas seule. En très grande paix entre des éléments urbains agréables et de la nature. J'ai oublié de mentionner les oiseaux, ils sont assez nombreux et je les écoute (5). Peut-être de loin en arrivant au stade un chat, un chien. Bref, une ville dans la touffeur délicieuse de l'été, sans contrainte horaire et sans trop d'êtres humains.

 

(1) que je n'ai pas connue elle est morte en novembre 1944 de conséquences indirectes de froid et logement de fortune (et sans doute manque de médicaments) après le débarquement. Dans le rêve je suis dans le magnifique grenier de la maison où elle est morte et qu'il m'est arrivé un jour de pouvoir visiter.

(2) traduire : 28°C au moins.

(3) Il y a dans la vraie vie, non loin de la piscine de Clichy un arbre que j'aime beaucoup.

(4) Ça va parfaitement de soi que les arbres puissent être des amis des humains et leur rendre visite.

(5) Je pense que cette émission entendue ce matin avec des extraits de textes de René Char (Le paysage et la nature font la contre-terreur) n'est pas étrangère à ce songe.

 


Deviser avec Mark (Twain)

(dernier rêve avant réveil)

Nous (? - je ne suis pas seule dans le lieu du songe mais au réveil j'ai oublié qui m'accompagnait (famille ? ami.e ? amoureux ?) -) marchons à la campagne vers une jolie palissade de bois bien peinte en blanc. Je sais que c'est Tom Sawyer qui en faisant envie à ses potes, a fini par faire ça. Il y a un homme qui se tient là, pipe et chapeau, air doux d'antan - d'avant la grande guerre puis l'autre et la shoah pour ne parler que de ces horreurs là -, il contemple les grandes étendues au delà. Nous nous parlons comme si nous nous connaissions depuis longtemps mais nous savons l'un comme l'autre que ça n'est pas le cas.

Seulement il n'est pas là pour longtemps alors il n'y a pas de temps pour des préliminaires acclimatants. Et la connivence y est, même si (V., #anotherTed ...) je m'en méfie désormais.

C'est Mark Twain. Ça va de soi. Arrive [biiiiip] , qui me fait la bise - il fait partie de ceux de mes amis qui ont trop bien réussi dans la vie d'une certaine façon mal tourné - et je laisse les deux hommes se parler. Il en va d'un avenir peut-être un peu moins pire pour l'humanité. 

 

Le son que le rêve a saisi est .

Mettre le radio-réveil à 6h20 afin d'entendre la part littéraire de l'émission de Tewfik Hakem se révèle à l'usage une excellente idée, mais pas du tout comme je m'y attendais : incapable de me réveiller avant 6h30, j'incorpore ce qui se dit à un dernier rêve que ça rend beau. 

 


De l'importance de régler le radio-réveil sur une bonne émission

(rêve de réveil - grâce à la radio -)

C'était l'émission de Tewfik Hakem et Claro, ce qu'à l'avance j'ignorais, en était l'invité. C'était doux d'entendre sa voix, j'étais je crois en train de rêver d'une maison librairie, un endroit chaleureux où je travaillais, il y avait Mathias et Marion, présents aussi, et nous rangions des livres tout en devisant. La lumière était très douce, sans doute celle d'un tôt matin de jour ensoleillé.
Claro nous rejoignait mais était donc appelé à l'antenne, et répondait à l'émission avec un équipement de téléphone mains libres, tout en restant parmi nous et continuant à trier. Avec Mathias, un peu potaches, on essayait de faire les clowns et le déconcentrer mais il restait imperturbable. 

Puis on arrêtait tous tout pour ne plus faire que l'écouter, tant ce qu'il disait était rudement bien. Jusqu'à tenter de répondre avec humour aux trois questions un peu simplettes (un peu second degré ?) de la fin.

Nous étions heureux. 

 

Ce qui reste curieux c'est que j'ai tout écouté, compris, et pour partie mémorisé, sans pour autant cesser de rêver, je ne me suis réellement réveillée que 35 minutes après.

 


Le téléphone à cadran

(rêve de sieste étonnant (1))

(le début s'est échappé, j'ignore de quoi il était fait) Je rentre dans notre immeuble j'ai dû repasser prendre quelque chose pour la suite. Dans le songe c'est clair, par exemple les maillots de bain pour aller nager (peut-être qu'il y a la mer à Paris, c'est un de mes rêves récurrents), ou le pique-nique pour aller pique-niquer ou des livres que je dois apporter à quelqu'un. Ce qui reste : ce n'est pas quelque chose de triste ni de grave, simplement une chose à faire vite fait : monter à l'appartement, prendre le nécessaire et m'en retourner. 

Je remarque que dans le hall d'entrée sur la droite existe désormais un petit ascenseur individuel et je pense qu'il a été installé probablement pour Madame xxxxx vieille voisine qui a du mal à marcher (2). 

Je me dirige vers l'ascenseur habituel qui est le nôtre, ancien, en bois, mais une fois la porte fermée m'aperçois que les boutons n'y sont pas (3). Alors que je me dis qu'il serait plus prudent de sortir, il démarre cependant. Je suis plus amusée qu'effrayée, où va-t-il me mener ? Il est lent, s'arrête par moment. Je m'apprête à devoir supporter une attente avant d'en être libérée et commence à m'armer de patience. Mais il reprend son ascension. Puis avance de manière latérale. Je m'aperçois d'ailleurs que je vois le paysage qui est ensoleillé et plutôt agréable, les beaux quartiers d'une ville en Inde tels qu'entraperçus dans le film The Lunchbox (4), l'ascenseur s'arrête alors dans une autre partie de l'immeuble voisine de la première, c'est un hôtel confortable et en même temps chez moi (5). 

D'ailleurs mon fils est là, à son âge de maintenant (6), qui m'aide à préparer mon sac avec ce que j'étais venu chercher. Alors que nous nous activons, sort d'une table de chevet en marqueterie un son de fax qui s'imprimerait. J'ouvre la petite porte qui est comme celle des meubles à minitel (7) et effectivement c'est un écran de minitel Socotel-s63-vue2mais sur un téléphone gris à cadran dont je me dis qu'il ne va pas rester là longtemps, alors j'appelle le fiston qui est en train de sortir des objets de cartons comme si nous nous installions quelque part après un déménagement, 

- Viens viens, dépêche-toi c'est ta seule chance de savoir comment c'est d'utiliser un téléphone à cadran.

Il se moque légèrement, Ben oui il est à cadran, mais c'est quoi de spécial ?

- Allez, essaie, c'est marrant.

Il s'exécute, ça le fait marrer, et je suis contente pour lui. Je sais qu'après une numérotation l'appareil ne pourra plus servir ou qu'il disparaîtra et je trouve bon qu'elle soit pour lui.

Je me réveille heureuse. 

  

(1) Ceux des rêves dont je me souviens sont en général rarement oniriques mais très terre à terre : pas exemple je vais faire les courses dans une ville qui ressemble à la mienne mais pas tout à fait, ou je fais le même travail qu'en vrai pour gagner ma vie, mais dans un autre endroit. C'est souvent très concret.

(2) En fait c'est une jonction avec la réalité d'une cliente de la librairie qui loge dans un immeuble où les ascenseurs sont privés s'arrêtant directement dans chaque appartement et la porte de sortie de l'ascenseur est leur porte d'entrée.

(3) Trace d'un regret pour ceux en bakélite sauvagement remplacés par un tableau de bord aux nouvelles normes pour handicapés (alors que l'ascenseur est trop petit pour un fauteuil roulant)  

(4) Ce n'est pas une réflexion a posteriori mais bien dans le rêve lui-même dans lequel je me dis, Mais je suis dans la ville de The Lunchbox 

(5) Pas besoin d'aller loin : c'est l'hôtel Best Western à Uccle place des Héros et ses deux ailes avec chacune un ascenseur distinct.  

(6) Souvent dans mes rêves mes enfants sont encore petits.

(7) Celui-là vient d'Arras de la chambre d'hôtes que nous y louons. Et la marqueterie d'une petite table chez mes parents. 

PS : Photo de socotel S63 (l'exact modèle du rêve) empruntée ici en attendant d'en retrouver une des miennes de celui de chez mes parents.


Le rêve qui finissait le racisme (mais hélas pas les guerres)

(rêve de juste avant le réveil)

Nous n'avons plus de couleur de peau fixe. Il ne s'agit pas de bronzer mais selon où nous sommes, ce qui nous arrive et ce que nous faisons notre couleur de peau change. Seuls ne varient pas les yeux (couleur et expression, en revanche ils peuvent se retrouver bridés), la structure osseuse du visage, la silhouette. L'été il y a davantage de personnes noires ou à la peau sombre car c'est la meilleure protection contre le soleil, l'hiver on est parfois blonds. Les teintures de cheveux ont peu à peu disparues car si elles sont possibles elles donnent lors des moments de mutation des résultats bizarres. Les transformations sont très rapides, surtout celle qui protège du soleil, par exemple on commence un entraînement sportif sous le soleil en extérieur et 10 mn après on est métissés. 

Chacun a une base de départ, qui est son aspect génétique et correspond en fait à sa couleur dans des conditions climatiques et de luminosité moyenne, au repos.

Le racisme d'apparence est devenu impossible. La séduction s'est déportée sur les réelles affinités et l'allure générale, il n'y a plus de fausse blonde qui vaille, le maquillage aussi a été abandonné ou se fait rare (1) puisque qu'une mutation peut intervenir n'importe quand et donner d'étranges résultats avec ce qui a été appliqué au préalable. Les tatoueurs travaillent sur des teintes qui vont à toutes celles de peau, même si en nos phases d'être noirs ils se voient toujours moins. Comme l'être humain tient beaucoup à se triturer la peau, les scarifications sont devenues à la mode, mais il y a ce risque qu'elles fassent moches lorsqu'on est en phase rousse avec une peau laiteuse.

Ça n'empêche pas les guerres, même s'il est devenu impossible de se fier à l'allure de l'ennemi.

Je suis photographe ou journaliste sur un lieu de combats comme il y en a tant cet été et un petit enfant, noir à ce moment-là, est touché par des éclats à deux pas de moi. Je vois à des cicatrices anciennes qu'il a été maltraité avant ça. Le porte jusqu'à un hôpital de campagne pas trop loin de là, soulagée de voir qu'en cas d'urgence mon corps est fort (2). J'assiste aux premiers soins, mais j'ai peur qu'il ne s'en sorte pas. Le peu de mots que nous avons pu échanger et de regards, il avait l'air d'être un futur gars bien. Du genre d'humain dont l'humanité a besoin.

Plusieurs personnes me demandent si ça va, je m'aperçois alors qu'à le porter mes vêtements sont tâchés de sang, mais je ne crois pas être blessée. Je suis en train de prendre une allure asiatique. Je sais que c'est à cause du kung-fu (?!?). J'essaie de ne pas me réveiller avant de savoir pour le gosse, mais c'est grand jour et me voilà dans mon lit calme, au silence d'un samedi de la ville dont beaucoup d'habitants sont encore partis.

 

(1) Je sais bien pourquoi j'ai fait ce rêve, tiens.

(2) C'est un rêve à la fin d'une nuit interrompue par les douleurs aux jambes du fait de mon travail en librairie.

 

L'ordinateur de mon rêve

 

Une fois de plus cette nuit comme d'autres jours de la semaine et du début de l'été j'ai été réveillée par la pluie qui en rideau tombait. Le rêve en cours dont je crois avoir conscience qu'il durait depuis un moment s'est interrompu aussitôt et désintégré, n'en reste qu'un arrêt sur image de l'action en cours lors de l'interruption : j'étais en train d'écrire (un texte long, un roman ?) sur un Goupil G5 (1). La précision technique de mes rêves me laisse parfois tout espantée. SMT-Goupil-G5

source de l'image : l'ordinateur de nos greniers

(1) Type d'ordinateur sur lequel j'ai beaucoup travaillé lors de mes débuts professionnels. De ceux qui avaient des disquettes 5 pouces et l'écran monochrome je crois les caractères en orange sur fond noir (ou sinon gris, ou sinon verts)


Rêver d'objets du futur mais qui en fait existent (presque)

Après une nuit mouvementée pour cause de voisinage, un rêve de juste avant le réveil m'est resté. Moi qui ne fais presque que des songes (du moins ceux d'avant le réveil dont je me souviens) ultra-concrets et quotidiens, j'étais contente d'en avoir fait un pourvu d'éléments oniriques. Hélas, vérification faite sur l'internet, ils existaient (presque) déjà.

 

 

J'attendais chez le kiné qui pour le coup avait une vraie salle d'attente (chez le vrai il n'y a qu'un seul siège, il maîtrise ses rendez-vous), mais c'était un samedi matin et il y avait un monde fou (1), alors je ne savais pas si j'avais le temps de passer avant d'aller où l'on m'attendait (plutôt du travail que danser) (mais pas forcément le vrai travail de maintenant). 

Je crois que l'homme de la maison m'accompagnait. On a décidé de faire un tour dans la ville, de toutes façons le kiné m'a vue et fait signe qu'il me prendrait quand on reviendrait. Il devait d'abord s'occuper de personnes handicapées arrivées en groupe. À cause de mes contraintes ultérieures, leur présence me pesait, j'avais peur qu'on soit ensuite vraiment très retardés. Je me dis que le mieux est de prévenir là où ma présence est requise et de revenir après - je ne souffre pas douloureusement mais si je n'y vais pas dans la journée je risque d'avoir fort mal (au dos, aux os) -.

Nous sommes ensuite dans la ville, il y a des fauteuils englobants ronds Capture d’écran 2014-08-02 à 13.58.25

 

au bout de perches assez longues qui descendent le temps qu'on s'installent puis se remettent à grande hauteur pour que le passant qui veut se reposer soit à l'abri des sollicitations et de la pollution. 

Quelques emplacements sont pour deux, nous en cherchons un. 

Ce mobilier urbain est chauffant et prévu pour l'hiver. Qu'on puisse s'y poser le temps de prendre des forces et se réchauffer. Il y a un système de nettoyage par ultra-sons automatique et une limite de durée avec identification de l'empreinte corporelle (pour que tout le monde puisse en profiter et éviter, ô triste monde, qu'ils ne soient trop longuement squattés). Un système d'émissions de sons sur certaines fréquences non perceptibles aux humains éloigne les pigeons (2).

Nous nous apprêtons à monter dans une nacelle ainsi libérée et je me dis que la ville décidément se trouve en progrès.

(il n'y a plus de circulation automobile individuelle non plus, la ville est libérée).

 

(1) Mon rêve me préparait au long moment chez l'opticien

(2) Oui parce que mon cerveau veut bien consentir à m'accorder de temps à autre un rêve aux caractéristiques dignement oniriques mais il faut que ça reste technique, logique, rien d'éthéré. 

(parfois j'aimerais pouvoir poser les armes, mais ça ne se fait qu'aux fortes fièvres ce qui n'est pas à souhaiter).

 

source photo : fauteuils relaxants

 


Les toasts (rêve interrompu) (par la pluie battante)

 

Je tartine avec une consciencieuse application des toasts en nombre pour une réception. Nous sommes plusieurs, tous nous connaissons au moins de vue. C'est pour un mariage comme on faisait avant dans les milieux populaires c'est à dire à la bonne franquette, à la comme ça peut, avec la solidarité et chacun qui s'y met. Un traiteur ? Un restau ? Allons donc faut pas rêver.

Les autres tartineurs causent mais j'entends sans écouter, concentrée comme si c'était tout un art que de tartiner. Leurs voix forment un fond sonore plaisant, comme quand j'étais bébé dans mon lit et que je captais sans saisir leur sens les conversations des grands. J'ai toujours depuis trouvé des brouhahas de voix plutôt calmes assez apaisants (1).

Nous nous réjouissons de la fête à venir.

Et puis l'averse qui tombe à toute blinde - il pleut des hallebardes tu les entends tomber - dans ma rue de Clichy me tire du sommeil comme un animal mis soudain en danger. Le temps de revenir dans ma peau d'être humain abrité et qui n'a laissé ouvert que la fenêtre de la cuisine et celle des WC (pas trop grave si ça flotte inside, sur le carrelage on peut éponger), le songe s'effrite : je ne sais plus de quelle fête il s'agit, les visages s'estompent, j'ai déjà perdu qui. 

Et puis surtout, elle m'a privée de la fête, la pluie.

 

(1) En l'écrivant je me souviens que j'ai vécu pareille scène il n'y a pas si longtemps, pour l'anniversaire de mon amie Colette C.

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