Une bonne course, un temps pourtant décevant

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Je n'ai eu aucun problème pour parcourir les 10 km mais je croyais avoir mis du rythme sur la première boucle - je n'ai pas été si tôt dépassée par le meneur d'allure 1h et son groupe - seulement je ne sais pas, j'ai dû ralentir après, ça n'a pas donné mieux que 1h13. 

Et de finir dans les voitures, comme les autres années.

JF m'avait délaissée pour son club, peut-être aussi que je me sentais moins soutenue. 

En revanche mon club à moi a été top, ils m'ont attendue pour la photo de groupe finale, j'étais à côté de Valentin le vainqueur, un grand honneur. 

Et puis c'était sympa, la photo avant, le pot après, à la mairie. 

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(photo prise par Laurène) 

 

 


Une douce journée, heureuse, à savourer

    C'était d'abord une solide journée de boulot, des retours sont urgents, cartons cartons cartons et pas mal d'édition de documents pour des clients, le tout presque non-stop de 7h30 à 12h25 environ. Puis ce moment magique de se donner rendez-vous au café restaurant où bosse le camarade de pétanque cuisinier, et d'y parvenir chacun venant de son travail par deux points différents et deux trains qui arrivent à la même gare presque en même temps. Passer ensemble voir un ami commun pour lui proposer hop, à l'improviste, de se joindre à nous.

Puis cet autre moment heureux de commencer à préparer mes achats de Noël, délicatement.

Et de passer ensuite à ma librairie camp de base, l'Attrape-Cœurs, parce que les libraires, comme tous les soignants ont besoin de prendre des soins pour eux-mêmes aussi chez une consœur, un confrère.  

Entre les deux s'offrir sous le soleil et une température douce, un petit morceau de Montmartre à pied, préparer un mot pour une romancière invitée, dans un square où une petite fille, toute menue, vient gentiment me parler. Délicatement reprise en main par sa nounou, dont je me serais bien fait une amie - ça arrive parfois que l'on se sente en proximité immédiate avec de parfaits inconnus -. Comme nous étions dans la vraie vie et non au cinéma, nous avions l'une et l'autre à faire dans des directions différentes. Nous aura réunie une brève conversation autour d'une enfant bavarde comme un pinson.

Croiser un groupe de gens avec des bérets noirs ou bleu sombre. Plutôt touristes, plutôt joyeux, mais quel sens avaient pour eux cet accessoire ? 

Dégager un peu de boulot administratif / maison avant de filer à l'AG du club de triathlon et y recevoir un trophée au mérite ce qui était très émouvant pour moi qui n'aurais jamais cru toucher la moindre récompense sportive. 71864070_10217198773094467_2565908926868488192_n

Et ce d'autant plus que cette coupe a été créée par l'un des membre du club afin d'honorer la mémoire de sa femme, morte après une longue lutte contre un cancer il y a quatre ans de cela. 

Faillir recevoir également un "Aito d'or" récompense accordée par les nouveaux de l'an passé, mais le cumul des mandats était interdit. 

En revanche la coupe était accompagnée par une bouteille de champagne et au buffet de l'amitié d'après l'assemblée Valentin André qui est à la fois du niveau mondial en pâtisserie et en triathlon L avait apporté un gâteau du genre à nous faire oublier que normalement on n'aime pas les desserts. 

Bref, cette journée fut un régal.  

PS : Et par dessus le marché Olga Tockarczuk et Peter Handke sont prix Nobel de littérature 

 

 

 

 


Fierté décalée

 

    C'est très curieux mais voilà : un de mes camarades du club de triathlon, que je ne connais pas de façon intime, nous nous sommes croisés en stage et vu son niveau, et la faiblesse du mien, guère aux entraînements (nous n'étions pas dans le même lot ou sinon très vite il était très loin), participait dimanche au championnat du monde de half ironman qui avaient lieu à Nice.

Il est arrivé 17ème de sa catégorie d'âge et 111ème sur 3262 concurrents. Plus fort que certains pros alors qu'il a un boulot.

Comme pas mal d'autres camarades, j'ai suivi sa progression pas à pas via une appli dédiée au suivi de certaines courses. 

Entre le fait de se connaître et ce suivi un peu "comme si on y était", je conçois une grande joie, compréhensible, devant son exploit, et, ce qui est moins légitime, une immense fierté, un peu comme si c'était moi ou un de mes proches qui l'avait fait. Or je suis parfaitement consciente que je n'y suis pour rien. Ça n'est pas non plus une question de rapport à la célébrité, vu mon petit passé, et de beaux succès arrivés à certain·e·s de mes ami·e·s, cela fait belle lurette que je suis vaccinée. Et puis les stars du triathlon ne sont connues du grand public que lorsqu'elles furent des stars auparavant : ainsi Laurent Jalabert qui l'a emporté pour sa catégorie, ce même dimanche.

Alors voilà, je suis super fière, comme rarement de la vie, pour quelque chose auquel je n'ai pas participé, qui est arrivé à quelqu'un que je ne connais qu'un petit peu, et qui concerne un événement dont tout le monde se fout, sauf les triathlètes. 
C'est probablement sur ce dernier point que ça se joue. Malgré d'être peu douée, j'adore ce sport composé. Et j'admire infiniment celles et ceux qui savent bosser comme des fous leurs préparations et réussir le jour dit. Et ma fierté comporte probablement une grande part d'émotion, celle d'avoir vu un peu du "work in progress". 

Bravo Valentin, bravo et merci de nous avoir fait rêver (d'autres que moi l'ont dit aussi).

 


La récupération [triathlon]

 

    Finalement je me suis accordée du point de vue de l'entraînement pour le triathlon une semaine de récupération, qui ne fut pas une semaine sans activité physique - je pense que des activités intenses comme un taillage de haie, valent une séance, du point de vue du cardio - mais sans aucun des trois sports requis. Il s'est trouvé qu'à chaque journée j'avais un certain nombre de choses à faire, et qu'une fois faites il ne restait plus d'autre temps. Par exemple aujourd'hui, tailler la haie à La Haye était impératif. 

Cela dit, et surtout à mon âge (plus de 55 ans), je dois tenir compte dans les entraînements, de la récupération. 

Ce tuto chez IronUMan propose un certain nombre de pistes, j'apprécie son pragmatisme. Je n'en fais pas nécessairement autant, mais voilà ce qui peut ou pourrait se faire. 


Récupération (note pour courses ultérieures)

 

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Les 25 km du Trail de la Chouffe se sont achevés pour moi après 4h40 d'efforts, samedi vers 17h. J'ai enchaîné par une séance de piscine tranquille, environ 1250 m, dans l'idée de m'étirer et de détendre les jambes, et d'une brève séance de bains bouillonnants.

Au lendemain matin nous avons bénéficié de deux heures de Wellness : hammam, sauna, infra-rouge et bains de pieds bouillonnants.

Le mois dernier le trail distance M d'Hourtin était pour moi passé crème : pas d'épuisement juste après, une saine et légère fatigue, zéro courbatures ensuite, rien les jours suivants que ç'en était surprenant. Quinze jours plus tôt que le Trail à Houffalize, un entraînement un peu long sur La Haye du Puits - Lessay, suivi dans l'après-midi d'environ 500 m de nage en mer par solide courant, ne m'avaient pas laissé de traces. Tout au plus une fatigue diffuse, très supportable, dans les jambes.

Comme je n'ai eu aucun tracas pendant la course, à peine un début de crampe à un orteil du pied gauche comme il m'en vient parfois, et qu'il me semblait avoir pris les précautions nécessaires énumérées au début de ce billet (auxquelles s'ajoutaient une boisson  de récupération recommandée par un ami marathonien, donc fonctionne au moins l'effet placebo), je ne me méfiais pas. 

C'était un tort. 

Après une légère embellie grâce au Wellness, j'ai souffert des jambes à ne marcher que difficilement, et presque pas pouvoir descendre le moindre escalier du dimanche après-midi jusqu'au mardi soir. Ce n'est que ce matin, que j'ai pu me lever sans précautions particulières et me rendre sans arrière-pensée (1) là où je le devais. 

Le long trajet en voiture du dimanche, pour lequel j'étais passagère n'a probablement rien arrangé. Je me souviens que je souffrais. 

Donc voilà, tandis que de jeunes personnes athlétiques hésitent entre récupération passive ou active, je me note par ici pour la prochaine course plus longue qu'un semi de prévoir 72 heures sans trop d'efforts physiques, et si possible au moins une journée de sommeil du moins sans contraintes horaires et dans la proximité d'un lit douillet (2).

Prochain entraînement prévu : une séance de natation tôt le vendredi matin. 

Éventuellement un peu de vélo demain jeudi, si jamais je me réveille avec une énergie retrouvée. Et reprise douce de la CAP dimanche, 8 ou 10 kilomètres sans forcer avec assouplissements après.

 

(1) de type effectuer un détour pour éviter un escalier 

(2) Ce fut le cas ce lundi. J'aurais difficilement pu travailler (autre que l'écriture)


Le casque obligatoire

 

    En regardant le film Le vélo de Ghislain Lambert dont Yoann Offredo parle si bien, et qui est censé se passer pendant les années 70 (1), je me suis demandée depuis quand existait l'obligation du casque pour les coureurs lors des courses. 

Je croyais qu'elle avait été consécutive à l'accident de Fabio Casartelli durant le tour de France 1995, il avait semblait-il heurté avec la tête une borne en ciment lors d'une chute collective. Il se dit alors qu'un casque aurait pu lui sauver la vie.  

En fait le casque ensuite ne fut pas obligatoire dans l'immédiat, les coureurs eurent un temps des sortes de boudins pliables qu'ils avaient l'habitude d'ôter pour les montées.

La réelle obligation arrivant en fait en 2003 deux mois après la mort sur chute, dans un endroit pas spécialement dangereux, d'Alexandre Kivilev : il avait un problème de fixation de son oreillette et un instant d'attention ainsi détournée de la route lui aura été fatal : roue touchée d'un autre coureur et chute la tête la première : un os fut touché qu'un casque aurait protégé (2). Alors l'UCI s'est bougée avec une obligation pour toutes courses sur route. Dans un premier temps il y eut une dérogation pour les arrivées en cols, dérogation supprimée plus tard.

En tant que cycliste je serais embêtée que le casque devînt obligatoire pour la circulation de trajets, même si je m'efforce d'en porter un - il y a des fois où prendre un vélo en complément d'un trajet n'est pas prévisible, et c'est quand même bon de pouvoir l'emprunter -. En revanche pour la pratique sportive je trouve légitime et juste qu'il se soit imposé.

Je crois d'ailleurs qu'en 2019 ça ne viendrait plus à l'idée de coureurs amateurs comme professionnels de le contester.

En effectuant mes recherches j'ai remarqué cette photo : Capture d’écran 2019-07-16 à 23.47.26

Le bébé orphelin d'alors semble donc devenu un adolescent qui pratique le sport de son père, peut-être rêve-t-il de prendre la succession dans le palmarès prometteur qui se profilait. 

Qu'il ait fallu ce drame pour qu'une décision de bon sens soit prise donne la sinistre impression que son père s'est sacrifié pour les cyclistes ultérieurs. 

Courage aux survivants. 

(1) ce qui permettait d'évoquer le dopage sans s'attirer trop d'ennuis dans le présent (film de 2001 je crois)

(2) autre article ici ("chronique du vélo")


Stimulant (confort et veille de course)

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J'adore les veilles de courses, quand on met de côté toutes les difficultés de la vie quotidienne pour se concentrer sur un objectif élémentaire : parcourir x km en moins de y heures (peu importe si uniquement sur un mode ou pour le triathlon sur trois, le principe est le même : un déplacement à accomplir). On ne sait pas encore comment on sera, quelle sera notre forme, il y a une légère tension mais elle est joyeuse et stimulante. En tout cas pour moi. Et j'adore ça.

Comme nous prenons peu de vacances et qu'elles sont généralement en Normandie, avec de fait des choses sérieuses à faire, de celles qu'on fait dans un chez soi, c'est un bonheur et un réel congé du quotidien que d'aller quelque part pour une course. 

Et pour cette fois j'avais opté pour une petite folie (raisonnable) financière : l'hébergement dans le complexe sportif et hôtelier qui fait partie de l'organisation de la course. Départ sur place !

Une chambre spacieuse et belle comme nous en connaissons rarement 20190712_173552

une vraie piscine dans le complexe même - le luxe inouï de quasi descendre en maillot de bain, et pour une vraie piscine où l'on peut nager pas seulement faire trempette -. 

Nous fêtons ainsi nos trente ans de mariage. J'espère que la course sera une fête aussi. J'appréhende la longue distance, mais j'ai envie de m'y confronter. 

J'eusse aimé avoir une vie de nomade du sport, avec la santé fragile de ma jeunesse et la béta-thalassémie même mineure, ça n'était pas envisageable. D'autant plus que "mon" sport était le football et qu'il commence seulement plus de quarante ans plus tard à être reconnu pour les dames. Alors je me rattrape sur le tard, à petite échelle mais beaucoup mieux que rien, grâce au triathlon et à la course à pied. L'air de rien, à bas bruit, en attendant mon heure, j'en aurais accompli des espoirs de ma vie. 

Peut-être qu'il y a là une force à transmettre : si quelque chose nous tient profondément à cœur, et dépend de nous que ça devienne possible en assez grande partie, il convient de ne pas la perdre de vue et de porter son effort dans sa réalisation dès qu'elle devient accessible. Parfois, ça prend quarante ans. C'est tout. 

À part ça, il y a toujours cet effet en arrivant en Belgique de rentrer chez moi. Peut-être faudra-t-il qu'enfin un jour je coïncide. 


Comme une sorte de blague à retardement (Jacky Schwarzmann, "Pension complète")

 

Fullsizeoutput_1799  Persuadée que tel était le cas, j'ai commencé à lire "Pension complète" de Jacky Schwarzmann, comme un polar luxembourgeois qu'une amie m'aurait conseillé.

Seulement à la fin du chapitre 4, le narrateur se retrouve envoyé sur la Côte d'Azur pour cause d'ennuis qui lui pendent au nez et de personne de son très proche entourage qui peut lui permettre de se réfugier dans un yacht à Saint Tropez.

C'est alors que sa voiture tombe en panne et qu'il se trouve obligé de se loger à côté du garage où elle doit être réparée.

Le voilà donc qui page 46, débarque au camping précis où mon club de triathlon avait son stage en avril, tous les détails y sont et j'ai tellement ri (1) que j'ai dû interrompre ma lecture. 

Remise de l'effet bonne blague, j'ai poursuivi ma lecture, très facilement car dans la catégorie polar déjanté et drôle quoiqu'assez pertinent sur ce qu'il dit de la société, ce roman tient la route, et voilà que page 117 deux des protagonistes se mettent à causer triathlon et par n'importe lequel, le Xterra en France dans lequel l'un des coachs de notre club s'est illustré récemment et qui présente la particularité de consister en un parcours VTT pour le vélo et trail pour la CAP.

Arrivée à ce stade, j'ai cru que Jacky Schwarzmann était le pseudo de quelqu'un du club qui aurait participé au stage, ainsi qu'au Xterra, de l'année passé. La qualité de certains compte-rendus de courses rédigés au sein du club rendait l'affaire plausible. 

Une fois de retour devant l'ordinateur j'ai pu constater que ça n'était pas le cas, Jacky Schwarzmann est un écrivain de l'est de la France et qui vit à Lyon, si j'ai bien compris. Par ailleurs je suis parvenue à retrouver l'article qui m'avait menée jusqu'à la lecture de ce livre : non pas un conseil d'ami·e mais un billet sur l'excellent blog Encore du noir.

Je me suis donc une fois de plus fait une blague à moi-même puisque l'info des lieux et du camping y était. Mais tout simplement lors de ma lecture de la chronique, je n'avais pas percuté - au stage j'étais simple participante et je ne me suis préoccupée du lieu qu'au moment de m'y rendre, son nom ni la région ne m'étaient familiers -.

En attendant j'ai découvert le travail réjouissant d'un auteur que je ne connaissais pas, mais dont j'ai l'impression qu'il s'est appliqué à me faire une bonne blague personnellement à moi. Merci pour le grand éclat de rire et le chouette moment de lecture, en tout cas.

 

(1) Parce que l'environnement me rappelait tellement le village dans Le Prisonnier que je n'avais pas pu m'empêcher de jouer à imaginer quelques intrigues polardeuses pendant que lors des différents entraînements je courais. 

PS : Un blog à présent abandonné, une émission sur France Culture, une balade littéraire sur Radio Nova : j'aurais pu lire ce roman plus tôt, mais ç'eût été moins rigolo. Et peut-être que j'eusse été moins détendue au camping pendant le stage si ma lecture avait précédé le séjour ;-) :-) . Parfois la vie se goupille bien. 


Bonheur persistant du triathlon

 

  19-cordeillan-bages-M-16708  Je n'en reviens pas du chemin parcouru depuis ce beau jour d'octobre 2011, alors qu'avec l'homme de la maison j'étais venue à Bruxelles encourager Pablo qui y courait le marathon, que c'était un week-end magique à tous points de vue, y compris une météo favorable, et qu'à ce moment précis, je m'étais dit à la fois Ça serait bien pour moi un tel défi, et que compte tenu de mon métier de libraire ça serait peu raisonnable, que j'y avais trop besoin de jambes et articulations en bon état pour les rudoyer comme cela. Une coureuse de mon gabarit s'était débarrassée, juste à ma hauteur, d'un tee-shirt qui l'encombrait, c'était marqué "Triathlon". Et en le ramassant je m'étais dit Mais bon sang, c'est ça. 

J'avais repris la natation en 2004, je circulais à nouveau à vélo depuis 2007, grâce aux Vélibs, il me restait à attaquer la course à pied et je pourrais faire du triathlon. Je savais qu'il en existait aux distances humaines. 

Je ne saurais jamais qui était cette dame qui m'a en quelque sorte passé le témoin mais dès lors je n'ai eu de cesse que de réaliser ce qui me semblait devant être fait.

Au printemps 2012, un jour pluvieux normand d'avril, je suis allée au magasin Mi-Temps de La Haye du Puits acheter une paire de chaussures et avec l'homme c'était parti, via une ancienne voie de chemin de fer qui allait vers Lessay. 

Il m'avait fallu deux ou trois mois pour parvenir à trouver ce que j'appellerai mon rythme de souffle, celui qui me permettait de durer longtemps sans être essoufflée. Ensuite les progrès avaient été rapides, c'est l'un des charmes de la course à pied. Assez vite on parvient à 5 km. Puis chaque semaine - en admettant que l'on soit trop pris par le travail et autres contraintes pour courir davantage qu'une seule fois le dimanche - on rajoute  1 km ; un beau jour ce sont les premiers 10 et dès lors des courses sont abordables et l'on se prend au jeu. 

Plus tard on se rend compte que 10 kilomètres, ça n'est rien, juste une petite séance de base. Viennent les trails, pour qui a du plaisir à crapahuter en forêt et se manger du dénivelé, et les semi-marathons. 

Ce qui est formidable avec la course à pied c'est l'absence de matériel - fors une paire de chaussures (1) -, la possibilité de pratiquer presque partout, presque par tous les temps et de se décider en un instant. De pouvoir aussi s'arrêter quand on veut et au pire revenir en marchant.

Une fois rassemblées des compétences minimales (nager 1,5 km par entraînements, courir 10 km sans problème, parcourir 50 km à vélo sans souffrance particulière) et un petit budget (2), j'ai cherché un club. 

Et là, chance inouïe : il en existait un tout près de chez moi et des plus accueillant, ce qui était indispensable : je suis une dame et j'avais alors 53 ans. Il me fallait donc un club particulièrement indulgent. À cause de la frontière qui séparait deux villes, celle du club et celle de mon domicile, pourtant si proche du stade, j'ai dû attendre une année scolaire avant de pouvoir confirmer mon inscription. On était en septembre 2016. Le manque de moyens et le manque de temps (3) avaient intercalés cinq ans entre l'idée et la mise en œuvre, que l'adversité à bien tenté d'enrayer (4), mais j'étais néanmoins lancée, je me suis accrochée aux entraînements du matin, j'ai quand même pu accomplir un premier triathlon en juillet 2016 après un premier essai manqué en juin. 

Depuis, la vie a continué à être mouvementée, je ne le fais pas exprès, mais il n'empêche que même en ne parvenant pas à tenir le niveau d'entraînement qui serait pour moi satisfaisant, j'ai progressé.

Grâce à un stage d'entraînement d'une semaine au printemps, j'ai franchi un (petit) niveau. 

Grâce à un vélo moderne racheté d'occasion à une camarade de club, je peux faire des temps cyclistes décents. Il est si léger.

Et voilà qu'à présent si les conditions sont bonnes (5) je suis capable d'accomplir un M (6) à mon rythme lent mais qui n'est plus hors délai, sans me sentir épuisée à la fin, voire même tellement heureuse que je me sens plutôt bien.

Il m'aura simplement fallu un demi-siècle pour trouver le sport qui me convenait, non que j'y fusse douée, mais c'est celui qui - danse mise à part, qui tient plutôt de l'art de vivre, d'une philosophie - me rend heureuse, me rend en forme, me donne une sensation d'accomplissement inouï.

Au passage, une foule de gestes de la vie quotidienne me sont devenus faciles, quand je devais avant pour les réussir, rassembler auparavant mon énergie : j'attrape des bus, des trains, des métros, je peux en maintenir ouvertes les lourdes portes sur qui suit, je peux ouvrir les portes d'accès vers les corridors à la BNF sans mouvement de bascule pour faire contrepoids, je soulève les cartons en librairie sans problème (à conditions de les porter bien), j'ouvre des couvercles de boîtes de conserves, je grimpe des escaliers sans être essoufflée, je les descends à une vitesse normale (7) et si je souffrais déjà moins du froid avant de m'y mettre, je suis presque devenue résistante à ce qui me rendait très vite amoindrie. 

Puisse ce miracle durer. J'ai tant travaillé pour les autres qu'il me reste encore beaucoup à faire avant d'en avoir fini avec la part plus personnelle de ce qui me semble être dû, compte tenu des aptitudes et des petits handicaps (8) avec lesquel·le·s je suis née. Et je compte exercer mon métier encore un bon paquet d'années.

Grand merci au club du Levallois S C Triathlon, pour l'accueil, les entraînements, les encouragements, l'ambiance qui fait que l'on se sent porté·e·s. quel que soit notre âge et notre niveau. 61803765_10157073810981826_1942372756020527104_n

Grand merci à celles et ceux qui ont rendu l'accès possible pour les femmes à un choix des naissances plutôt qu'aux grossesses subies. Je suis extrêmement consciente que ma condition physique doit beaucoup au fait de n'avoir porté que les deux enfants que leur père et moi nous sentions capables d'accueillir, nourrir et choyer. Mes grand-mères, par exemple, n'avaient pas eu ce choix.

 

(1) Et encore, certains minimalistes courent pieds nus ou quasi. En ville quand même je déconseille : raisons d'hygiène et de morceaux de verre.

(2) Erreur de débutante : il en fallait un plutôt conséquent. Mais je ne regrette pas de ne l'avoir pas su, ça m'aurait freinée. 

(3) Il m'avait fallu retaper mon vieux biclou de courses.

(4) maladie et décès de ma mère entre l'automne 2016 et le début d'année 2017

(5) Je ne garantis pas d'être capable de boucler un triathlon par mer forte, ou avec un ou deux franchissements de cols, ou dans des conditions de pluie, tempête ou froid.

(6) distance olympique : 1500 m de natation, 40 km de vélo, 10 km de course à pied. 

(7) Longtemps j'en fus incapable, comme si j'étais très âgée.

(8) dont une béta-thalassémie mineure ; parents d'enfants atteints ne vous inquiétez pas : on peut mener une vie bien remplie avec ça. Et durer. Et s'améliorer. 

crédits photos : le photographe officiel du Frenchman et pour la seconde un ami du club 


Triathlon (joie)


Capture d’écran 2019-05-30 à 23.24.54Aujourd'hui c'était pour moi le triathlon d'Hourtin, appelé Frenchman. J'y participais pour le M (les distances olympiques), je suis allée lentement mais tout s'est super bien passé  et j'ai été heureuse. 

Il faut dire que les conditions de lieu et météo étaient comme dans un rêve parfait, et mon corps exultait, il faisait le job sans trop de soucis, c'était la belle vie, on s'entraîne (1), on réussit, les camarades du club encouragent de ouf (2), what else ?

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(1) Même si pas tout à fait assez pour le vélo (euphémisme)

(2) Beaucoup d'entre elleux ont attendu longtemps avant de quitter les lieux de la course afin de m'encourager. Je leur en suis très très reconnaissante. 19-cordeillan-bages-M-16695

Crédits photos : Julia ou quelqu'un du camping pour la photo de groupe. Le photographe officiel de la course pour la photo (payante) de mon arrivée.