Enfin les femmes !

 

    Il se trouve que cette année à la fois dans mon milieu sportif et dans mon milieu professionnel, les présidents (de club ou PDG d'entreprise), hommes d'expérience et reconnus dans leur poste, vont laisser la place à des femmes, dans les deux cas travaillant déjà à des rôles d'envergure et connaissant fort bien l'entité concernée, ayant le bon bouquet de compétences requis, et l'âge qui va bien. 

Je suis pour ma part suffisamment âgée pour savoir qu'il y a ne serait-ce qu'une décennie, les mêmes configurations auraient abouti à ce qu'elles soient désignées soutien d'un homme probablement moins adapté pour le poste, voire parachuté et qu'elles auraient été sommées de mettre à son service toute la connaissance de terrain dont elles disposaient.

Ici et là, ici et ailleurs, il est enfin considéré qu'être une femme n'est pas un défaut pour des fonctions de direction. Et un nombre non négligeable d'hommes préfèrent être dirigés par quelqu'un de compétent que par quelqu'un qui l'est moins, peu leur chaut qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme.

Pour ma part, j'espère seulement qu'elles ne seront pas amenées à se montrer plus dures et intransigeantes que leurs prédécesseurs, comme c'était le cas auparavant dès lors qu'une femme accédait à des responsabilités. Elle devait se montrer plus inflexible afin de se faire respecter comme les gens l'auraient fait d'emblée avec un homme sans qu'il ait nécessité de se départir de sa coolitude naturelle.
Il serait toutefois illusoire de croire qu'on leur pardonnera autant qu'à leur prédécesseurs masculins. 
D'un homme qui ne parvient pas à bien tenir son poste on dira qu'il a un coup de moins bien, qu'il était mieux avant, qu'il ira mieux après. D'une femme (1), on étendra l'échec à toute sa catégorie. On dira qu'on n'aurait pas dû placer une femme à ce niveau là.

Les mentalités ont assez évolué pour que la chance de faire ses preuves soit accordée, pas encore assez pour qu'on ne les ramène pas à leur condition dès lors que ça ne marche pas aussi bien qu'attendu.

Elles auront à faire face à cette pression supplémentaire.
Dans les deux cas précis, je n'ai aucun doute quant à leur capacités à y faire face. Il est simplement clair qu'un homme n'aurait pas à s'en soucier.

Reste que mon élan de réjouissance face à une évolution qui va dans le bon sens, enfin, enfin !, est terni par une petite voix intérieure qui ne peut s'empêcher de me souffler que si les hommes cèdent élégamment le pas, c'est qu'ils savent (pas dans ces cas particuliers où ce sont une belle association et une entreprise saine qui sont confiées, mais au global général) que la situation est lourdement plombée et l'avenir fort sombre. La planète est à bout de souffle, l'humanité bien mal barrée, les guerres à nos portes, mesdames à vous de jouer !

(quant à moi, mon ambition s'est déplacée dans une façon de survie : tenir jusqu'à la retraite qui est à nouveau en train de reculer d'un cran, après m'être gentiment laissée piéger dans la répartition des rôles qui dès ma première maternité a fait que le salaire de l'époux est devenu nettement notre principale source de revenus, alors quand il a fallu s'occuper des enfants, à moi le temps partiel et les moindres espérances, ou carrément dans un domaine décalé sans retour financier, ce qui fait qu'il n'est que temps de tenter de sauver mes revenus de vieille dame, si je ne veux pas peser sur mes proches in fine).

(1) Et / ou de quelqu'un issu d'une immigration, d'une minorité ... 

 


Se tenir au courant


    Il est beaucoup question des coupures de courant inévitables à venir car du fait de tout un cumul d'éléments que la guerre en Ukraine, et les restrictions d'importation de gaz russe associées, aura fait monter en mayonnaise, et de nos modes de vie de plus en plus consommateurs d'énergie électrique, ce qui nous pendait déjà au nez lors des hivers d'avant la pandémie va probablement se concrétiser.

Ça fait un paquet d'années que je me suis efforcée de réduire notre consommation familiale autant que faire ce peut. Nous n'avons pour l'appartement que la machine à laver le linge, le ballon d'eau chaude, le réfrigérateur et ce qui concerne nos moyens de travail et de communication (ordi, box, téléphones). J'ai été jusqu'à supprimer congélateur et compartiment à glaçon. Ce qui fut jugé un peu extrême par ma petite famille mais on se passe très bien de ce sur-froid. Pendant le premier confinement, je me suis entraînée à revenir au mécanique pour plein de petits gestes quotidiens. Oui c'est possible et pas si difficile de battre des œufs en neige au fouet.
Alors pour notre cercle familial, je suis peu inquiète, sans compter que j'ai connu bien des années où les coupures de courant étaient quelque chose de fréquent.

En revanche je sais que ça posera de sérieux problèmes dans nos boulots respectifs, totalement dépendants des ordinateurs et de la téléphonie. Du moins si des coupures se prolongent. On devrait pouvoir faire un peu de télétravail sur batteries. Mais ça aura ses limites.

Et je suis surtout terriblement inquiète pour tous les malades qui à leur domicile dépendent d'un appareillage électrique. Ils sont d'autant plus nombreux que depuis deux dizaines d'années au moins les hôpitaux renvoient le plus possible les gens à domicile.
Visiblement les décideurs peinent à s'en préoccuper. Il y a des annonces contradictoires à ce sujet.

À part me dire, j'éteins la box lorsqu'on est au boulot et je lancerai une lessive un autre soir, je vois mal ce que je pourrais diminuer dans ma consommation d'électricité ; nos habitudes d'enfants d'une époque lointaine et peu fortunée font de nous des gens économes. Ah si : arrêter de bosser ( #MauvaisEsprit, bien sûr).

David Madore a écrit au sujet de l'énergie et des probable coupures de courant à venir, un billet pédagogique passionnant :

Quelques réflexions sur l'électricité, la pénurie et les probables coupures à venir

N'hésitez pas à y aller voir, si vous disposez d'un peu de temps et d'au moins un neurone encore frétillant.

 


Un petit presque rien

(martedi)

    Bah je n'ai rien à dire, je n'ai fait que bosser, bosser, bosser et un petit tour au soir déjà tard, de course à pied.
Aux USA, le droit à l'avortement est menacé (1).

Il se dit que Poutine consentira peut-être à s'assoir à une table de négociations si ses troupes captent les ruines de Mariupol. Sinon il n'aurait rien à mettre dans la balance.
Président Macron et lui se causent au téléphone, longuement.
Je suppose, peut-être à tort, que ce dialogue ne mène nulle part mais c'est son existence même, le fait que le lien ne soit pas totalement rompu qui est porteur d'un vague espoir.

(1) Une majorité des juges de la cour suprême actuelle sont des nommés par Trump, et c'est cette instance qui à l'heure actuelle semble avoir le pouvoir d'en décider (car il n'y aurait pas eu de vraies lois qui autorisaient mais des jurisprudences (qqch comme ça))

PS : J'ai reçu un "livre des mots extraordinaires" mais je ne sais pas si c'est quelqu'un qui me l'a offert ou moi qui l'aurais commandé en mode une souscription d'il y a longtemps.


L'enquête ouvrière

    Par ricochet du blog de Thomas Parisot j'arrive sur ce questionnaire

Il s'applique à des situations du début du siècle précédent, mais quelque chose en transposant les questions irait bien pour maintenant. Il faudrait toujours conserver assez de forces pour pouvoir penser à nos conditions de travail (1), réfléchir à ce qui est normal - on nous paie pour effectuer un travail, il n'y a pas à faire de chichis - et ce qui relève de l'abus de position dominante.

 

(1) Personnellement, dans mon emploi actuel je n'ai pas à me plaindre mais dans ma première vie professionnelle en tant qu'ingénieure j'ai vu une entreprise se dégrader à grande vitesse et dans ma vie de libraire pendant 10 années, j'ai observé quelques situations peu respectueuse des gens (d'autres parfaites aussi, je ne veux pas dire)


Les familles des coupables

    Alors qu'il est probable que la fin de la pandémie et le fait qu'un pays soit désormais aux mains d'extrêmistes - même si effectivement certains mouvements terroristes islamistes sont également leurs ennemis -, risque d'accroître le risque terroriste - il y aura de nouveau des foules à viser -, le sujet qui me taraude depuis des années, celui des familles, des proches de coupables de crimes, revient en force dans mon esprit. 
Je ne perds pas un seul instant de vue la détresse, le chagrin des proches des victimes, d'être une simple amie pas particulièrement intime, juste une amie d'un cercle d'amis joyeux autour d'une librairie, d'un des assassinés du 7 janvier 2015, m'a donné un aperçu de ce que ça pouvait être, de la lutte que c'est pour tenir le coup. 

Il n'empêche que mes pensées vont fréquemment vers les proches des coupables. Certains d'entre eux ont leur part de responsabilités : par exemple dans le cas d'enfants élevés dans des préceptes sectaires et qui finissent par prendre fait et cause au point d'en virer criminels. Il n'empêche que ce qui est frappant c'est à quel point dans la plupart des cas, les proches ont vu la personne qu'ils appréciaient dériver et n'ont rien pu faire (ont tenté en vain de calmer le jeu), ou n'ont carrément rien de rien vu venir. Ces personnes s'en veulent le plus souvent, et passent leur vie ensuite à se poser une foule de question, et à devoir faire face à un double deuil, celui d'avoir perdu leur proche, devenu quelqu'un d'autre puis meurtrier, celui de la tragédie provoquée. Dans le cas des parents, s'y rajoute d'être taraudés par le fait qu'ils ont engendré un monstre, et ils se sentent porteur d'une part de responsabilité, alors qu'ils sont aussi victimes.

À défaut de pouvoir faire quoi que ce soit d'autre tant que je travaille à temps plein et suis épuisée et ne disposant de ce fait plus de temps personnel consacrable à l'écriture, je prends des notes.

- Ici des interviews des filles de Lee Harvey Oswald, lesquelles ont dû porter l'opprobre de l'assassinat de JFK sans même avoir connu leur père ou pour l'aînée si peu (elle n'a sans doute aucun souvenir direct, étant donné l'âge qu'elle avait) ;
- Là un sujet de journal télévisé dans lequel témoigne la famille de Samy Amimour, l'un des tueurs du Bataclan ;

(je complèterai ce billet à mesure des documents que je croiserai).

- bien sûr, la nouvelle enquête-roman de Philippe Jaenada, "Le printemps des monstres" évoque aussi ce sujet là, parmi bien d'autres. Avec la différence que dans le cas du meurtre du petit Luc Taron, un doute solide est permis. 


S'endormir et apprendre par cœur

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C'est ce touite d' @kinkybamboo qui m'en a fait prendre conscience : je ne sais pas m'endormir (savoir au sens français, pas belge). 

Je ne connais qu'une seule façon de rejoindre le sommeil qui consiste à y sombrer. Donc généralement je lutte pour faire autre chose, surtout si c'est en journée, et puis à un moment il gagne et j'ai tout juste le temps de filer m'allonger (1).
Variante le soir : je me mets au lit pour bouquiner ou regarder une video (2) et j'ai généralement peu de temps pour goûter une activité de détente (bien méritée), le sommeil fond sur moi tel un aigle sur sa proie.

Ce qui fait que si à l'instar de Kinky je perdais soudain mes endormissements quasi-narcoleptiques, je ne saurais comment faire : je n'ai pas la moindre idée de comment on fait pour s'endormir quand c'est nous qui avons décidé que c'est l'heure d'aller se coucher, mais que le corps n'envoyait aucun signal. Être allongé et puis ça ne vient pas. Je vois bien que beaucoup de personnes semblent connaître ça, mais je ne sais pas. Ou alors ça m'arrive dans des situations très particulières (après un grand événement sportif, le corps encore sur l'élan d'énergie de l'effort, l'excitation ; après une particulièrement mauvaise nouvelle (mais même pas toujours car généralement ça m'abat encore davantage de fatigue), pendant un accouchement ...).

Je me souviens que j'avais fait le même genre de découverte un jour au lycée je crois - et que j'en avais souffert surtout en classe prépa - : je ne sais pas apprendre par cœur.
Enfant et jeune, j'avais une mémoire merveilleuse qui imprimait tout. Ce qui fait qu'apprendre par cœur n'était en rien nécessaire : tout au plus je relisais le poème ou la leçon, si possible à voix haute et roule Nénesse, c'était bon.
J'avais eu une petite alerte en CE1 ou CE2 lorsqu'il avait fallu apprendre un poème que je trouvais "trop bébé" ("Une fourmi de 18 mètres" ; l'énumération me perdait) mais sinon globalement, oui, tranquille jusqu'au lycée. 
Pour préparer l'épreuve d'histoire au bac, je lisais simplement le manuel au petit déjeuner et je laissais mon cerveau se débrouiller.

Les classes prépa et un violent chagrin de jeunesse ont un tantinet abimé la machine, laquelle fut trop longtemps garnie d'éléments professionnels qui m'indifféraient (3), elle s'est donc surchargée de choses inutiles (à mes yeux) et désormais je prends soin d'écrire beaucoup, de noter ... puisque je ne sais pas "faire l'effort de retenir". 

Il arrive parfois que nos facilités nous empêchent d'acquérir des compétences de base, ce qui nous rend démunies si jamais elles s'émoussent.

J'espère que @kinkybambou retrouvera son Patrice et ses gros dodos rapidement et que pour elle tout ira mieux.

 

 

(1) Il m'est arrivé de littéralement quitter ma cuisine où j'écrivais en courant pour arriver à mon lit avant que le sommeil ne m'emporte.
PS : Oui j'ai fait des tests à un moment où je frisais en journée la narcoleptie, et tout allait bien, effectivement j'avais un sommeil profond bien profond et à déclenchement instantané mais pas d'apnée du sommeil, et a priori rien de spécial. 

(2) ou en ce moment des J.O. 
Ah, le triathlon en relais mixte, cette nuit, quel kif !  

(3) des connaissances techniques et bancaire, du temps de ce que Marie appelait l'"Usine"


Droit à l'image : des questions

 

    Je me suis retrouvée cette après-midi pour une raison de voisinage de mon lieu de travail avec un autre lieu, à regarder des documentaires concernant le droit à l'image pour la photographie de rue. C'est un sujet qui m'intéresse étant donné que même si je ne commercialise rien, et m'efforce de ne rien publier sans l'acquiescement des gens (1), je ne sais plus ce qu'on peut faire ou pas et au concret du quotidien j'ai un peu tout croisé : des personnes qui se mettent en colère alors qu'on ne les photographiait même pas (voire : que le fait qu'elles déboulent soudain nous gâchait la photo), à celles qui réclamait et d'être photographiées et de se voir quelque part. Et j'ai perdu une amie proche du fait qu'elle savait que j'avais les outils pour éventuellement mettre en ligne des photos où elle figurerait (2).

Le plus récent article en termes non purement juridiques, que j'ai trouvé est celui-ci. Et j'en retiens ceci : "Il est licite de prendre des photographies, dans un lieu public, de plusieurs personnes identifiables. L’autorisation ne devient nécessaire que lorsque l’image de la personne est isolée, prise pour elle-même [...]".
J'ai trouvé également un documentaire québecois de 2004, résolument du côté des photographes. On y voit au passage Willy Ronis, très classe (3).

Je n'ai pas personnellement d'avis. Au delà du cas des gens qui espèrent un gain d'argent facile en réclamant dédommagement, et, à l'opposé, de certains cas où des profits ont été tirés de l'image des gens sans leur accord, je sais pour avoir eu quelques emplois où il fallait faire gaffe, qu'on peut avoir des ennuis du simple fait de figurer sur une photo qui a circulé du simple fait que c'est mal vu. Alors je peux aussi comprendre le point de vue de personnes qui ne veulent pas que leur image circule, même si aux yeux de qui l'a saisie elle semble anodine et peu compromettante. 

 

 

(1) Il m'est arrivé assez souvent, du temps de Fotolog d'y publier des photos à leur demande.
(2) C'était si étrange de se voir reprocher non seulement une intention mais en plus une intention que l'on n'avait pas eue, qui n'avait même jamais effleuré. Ça n'était pas quelqu'un qui avait de la notoriété, ce qui aurait pu expliquer qu'elle tenait à pouvoir monnayer par ailleurs son droit à l'image. J'ai supposé à l'époque que comme elle était prof et que c'était le temps de l'explosion de l'usage des réseaux sociaux avec des élèves qui abusaient de cette toute nouvelle liberté non encore bornée, qu'elle avait soit été victime d'un agissement irrespectueux, soit craignait que ses élèves puissent trouver sa trace. Dans l'un ou l'autre cas, pourquoi m'avoir écrit pour me reprocher vertement d'être de ces personnes qui risquaient de mettre en ligne une photo où elle figurait, plutôt que de m'avoir calmement demandé S'il te plaît ne mets jamais de photo de moi en ligne - auquel cas j'aurais répondu que je n'en avais pas l'intention - ? 
(3) et aussi un homme qui depuis a hélas mal tourné, comme atteint d'une forme de délire de la persécution ; à l'époque il ne semblait pas raciste ni fou


Chroniques du confinement jour 22 : Du sport et un vieux dallage retrouvé


    Désormais nous avons le rythme (il serait temps, ça fait trois semaines. Trois. Semaines. Mais comment ça ?) : un jour sport un jour récup'. 

Alors la récupération est relative : j'ai toujours le défi de mon club abdos - squats - pompes et qui est quotidien. Ainsi que tout le travail de remise en état du jardin, qui est physique quoique volontairement lent. Je le fais pour prendre l'air, pour marcher, en m'efforçant de "prendre soin" et non d'agir en être humain barbare.

Et de toutes façons, aujourd'hui c'était sport. Donc le désormais usual short morning run (24 minutes pour 3,45 km environ en allers-retours sur la voie verte (sans dépasser les limites imparties)) et au soir une séance Tabata bien costaud avec deux challenges :
un sur Bring Sally Up que je n'ai pu suivre car il supprimait de facto ce qui rend pour moi le Tabata supportable à savoir les 10 secondes de récupération après chaque 20 secondes d'efforts
l'autre sur des burpees avec Roxanne de Police en fond sonore. L'idée étant de faire un burpee par "Roxanne" chanté. Là, si je n'ai pas tout fait c'est qu'à un moment, quand ça s'accélère, nous rigolions trop. 
Je ne remercierais jamais assez Romain Pourrat et sa famille pour ces séances qui font un bien fou. 

Il faut dire que les nouvelles générales n'étaient pas à la rigolade, alors pouvoir décompresser était bienvenu. En France plus de 10 000 morts, ça y est, dont environ 1500 pour aujourd'hui. Je commence à connaître, ne serait-ce que via les réseaux, vraiment de nombreuses personnes touchées au moins via leurs aînés. Mourir d'autre chose ces jours-ci, pour une personne très âgées est devenu si rare, que c'est précisé. 

Une mesure a été prise à Paris pour interdire le jogging entre 10h et 19h. Je ne sais trop qu'en penser. La plupart des coureurs à pied réguliers s'entraîne tôt le matin ou tard le soir après le boulot ou entre les midi avec quelques collègues. Il est à supposer que de toutes façons cette dernière catégorie s'est trouvée fort réduite. Les deux premières ne devraient pas être trop gênées par la mesure. Cela dit s'il faut à la fois respecter ces horaires et la limite du kilomètre de rayon, très réduite pour un pratiquant aguerri, ça va finir par rendre le confinement difficile. 

J'ai été taguée pour un défi 10 mouvements 10 répétitions sur des gestes de gainages dynamiques. Le hic il faut se filmer et la mémoire du téléfonino est saturée. Des amies du club ont aussi démarré des sessions de gainages tous les jours à 13h30 ou 13h45. Je préfère m'en tenir au tryptique défi 30 - 20 - 10, course à pied du matin et séances de Tabata.
D'une façon générale j'ai l'impression que tout le monde s'agite beaucoup au lieu de profiter du confinement pour, du moins pour qui n'est pas astreint à du télétravail, enfin se poser un peu, et rester au calme.

En plus ma connexion limitée (je crois que je frôle déjà le plafond mensuel en Go), n'aime guère les sessions zoom et autres interactions. Je me sens un peu en décalage numérique par rapport à mon monde habituel. Et je plains les familles sous-équipées par manque de moyens financiers et qui ont en plus des enfants qui n'ont plus accès à leurs cours du tout. Depuis mon expérience en maison de la presse en septembre et octobre dernier, je sais qu'elles sont nombreuses et souvent pas spécialement hors jeu du monde du travail ; simplement les parents ont des jobs sous-payés (ou : la mère est seule et fait un boulot de survie).

Je croyais naïvement en avoir presque terminé avec les travaux au jardin. Et effectivement j'ai dégagé les derniers ronciers en fin de matinée. Il me restait (pour les jours suivants ?) à déplacer le banc et à débroussailler derrière. 

C'était sans compter sur un mélange de souvenirs et de vouloir dégager une grosse racine : j'ai exhumé l'ancien pavage. Pour le coup j'avais vraiment l'impression que faire des fouilles archéologiques. D'autant plus que j'ai trouvé les morceaux d'un pot de fleur. Ce que j'avais pris depuis le début de mes travaux pour des extraits de tuiles étaient en fait des morceaux de pot de fleurs traditionnels (ceux d'avant ceux en plastique). Pour une raison qui m'échappe, retrouver ce pavement m'a procuré une grande satisfaction. Souvenirs de mon père installant ces dalles ?

La circulation aujourd'hui, devant la maison était assez calme ou plutôt vraiment très professionnelle : des utilitaires, nombreux, et des camions (qui normalement sauf livraisons ne devraient pas passer là). Un peu de voitures particulières aux heures dites "de bureau". 

Peu de nouvelles des enfants, mais après tout ils télétravaillent, eux. Ça semblait aller bien. 

Je n'ai toujours pas répondu à mes mails : en fait la sieste a été bonne et grande, et de facto mes journées, surtout les journées "sport" sont bien remplies, même si l'Homme assure les courses et plus ou moins les repas. 

Et je lis peu, finalement. Un comble ! 
(pendant ce temps mon co-confiné, dévore et s'en trouve fort heureux) (et moi pour lui) (et je suis fière parce que je suis parvenue aujourd'hui à l'empêcher d'aller faire des courses non indispensable (ou du moins pas de façon urgente))

PS : Magnifique Chronique d'un chef opérateur sur entre autre l'éclairage intelligent de l'intervention de La Reine d'Angleterre. Je l'avais perçu mais ainsi comprends ce qui m'avait impressionnée (en plus de son discours et son attitude)

PS' : La lune était censée être remarquable ce soir. Hélas, nuages. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 416 426 cas (dont : 81 325 morts (12 474 aux USA) et 301 398 guéris)


Chroniques du confinement jour 20 : Some kind of a true morning run (and, what a sunny day !)

 

    Vrai morning run ce matin, à l'intérieur du kilomètre de rayon et de l'heure autorisée, soit 6 km en 43 minutes en allers-retours dans un sens puis dans l'autre sur l'ancienne voie de chemin de fer. J'eusse souhaité partir à 8h afin de ne croiser personne. Nous sommes partis à 8h20, parce que l'Homme avait du mal à émerger et n'avons croisé qu'un couple plus âgé, paisibles marcheurs qui se sont mis l'un derrière l'autre tandis que nous serrions notre droite et que je mettais mon tour de cou en mode masque de fortune, et un promeneur de chien, plutôt peu amène mais répondant néanmoins à notre bonjour. 

Échange de Bonne journée avec Le Fiston. Ça fait toujours du bien. 

Je m'installe pour écrire au petit bureau de mon enfance, placé idéalement perpendiculaire à la fenêtre arrière. Regarder par la fenêtre c'est voir la campagne, paisible, des arbres dont un très beau et quelques maisons. Les oiseaux donnent leur meilleur concert. Il y a une petite brise délicieuse. On entend des bruits de vie : enfants qui jouent non loin, rumeurs diffuses de conversations, chiens qui aboient mais pas trop souvent, circulation très légère (1). On pourrait croire un dimanche normal de printemps. 

Je pense de plus en plus à la série "Le Prisonnier", cette apparence de super douce normalité, le parfum du jour est fraise, un éternel beau temps, des gens en balade, et par en dessous, l'oppression.

En attendant, obéissants, relativement à l'abri après une quarantaine qui nous a laissé en forme (2), nous menons la vie la plus douce de notre vie. 

Et au même moment où je m'installe pour écrire fenêtre ouverte, je lis ceci : 

"538 - 7 février 2004 - Un samedi matin. Il fait froid dans la maison mais il y a du soleil. J'ai ouvert la fenêtre et je m'aperçois que l'air est printanier. Ces petites choses dont on se déshabitue : ouvrir sa fenêtre. Et écrire, comme ça, face à une fenêtre ouverte me paraît audacieux ..."

("Feu de tout bois" Elisabeth Horem, éditions Bernard Campiche, tome 1 p 349) 
OK je ne suis pas à Bagdad, ça n'est pas une vraie guerre dehors mais la lutte de l'humanité contre une pandémie, on est dimanche, il ne fait pas froid dans la maison et la fenêtre est à ma droite. Il n'empêche que je me sens enfin moi aussi dans les conditions matérielles idéales pour travailler. Moralement c'est autre chose. Comment faire abstraction de toutes les personnes en deuil, en grande difficultés économiques, ou souffrantes, si nombreuses, bien plus qu'à l'ordinaire de ce monde tel qu'il était.

Je (re)lis un article de Marie et Julien datant de 2016 et oublié depuis. Les ami·e·s de dotclear, outil utilisé pour ce blog, comme pourrait l'être wordpress ou typepad, sont depuis quelques jours pris à parti par le starteupeur dont il est question dans le billet, comme s'ils étaient responsables de son contenu. Et il semble refuser de comprendre qu'ils n'ont pas de lien, et pas de moyen de pression à tout le moins, sur ses auteurs. C'est comme si l'on venait reprocher à l'entreprise de BTP qui a bâti une route les incidents ou accidents qui y auront éventuellement lieu (analogie imparfaite : une route peut se dégrader et n'être plus entretenue ou avoir des défauts de conception accidentogènes ; il n'empêche ça n'est pas la faute des bâtisseurs premiers si l'usage qui en est fait ensuite n'est pas sans danger ; et surtout le constructeur n'a aucun pouvoir sur les automobilistes).

J'avais décidé au début du confinement de respecter un repos le dimanche, au sens de : ne pas avancer dans les travaux et l'entretien à faire, mais prendre par exemple le temps pour lire. En fait, entre écrire ici et là, répondre à quelques messages (ou insuffisamment, comme aujourd'hui encore), lancer et étendre une lessive, la journée file file file. 
J'ai pu seulement m'accorder une sieste, fenêtre arrière ouverte (écouter le vent dans le grand arbre du champ, bonheur ultime d'un dimanche presque sans bruits de circulation (gaudemus)), et passer un petit moment au jardin à l'heure du thé ; tenter de rappeler l'un de mes cousins qui m'avait laissé un message dans la matinée. 

La séance de Tabata demande un gros effort mais quel bonheur et comme ça donne la pêche. Je me suis sentie en pleine forme (je pèse mes mots ; il faut savoir que la pleine forme est très rare chez moi, quel que soit le contexte) toute la soirée grâce à ça. Les séances de Tabata par Romain Pourrat me manqueront lorsque le confinement s'achèvera.

Soirée classique ensuite : suivre et LT les nouvelles d'Italie, tellement rude mais pourtant moins pénible que celles d'en France car les informations sont moins muselées et que le gouvernement tout imparfait qu'il puisse être assure un max face à cette crise, fait vraiment ce qu'il peut. Puis écrire ici et lire un peu avant que le sommeil ne tombe.

Les nouvelles étaient encourageantes côté italien : enfin la décrue qui s'amorce ; catastrophiques aux USA et toujours dramatiques en Espagne. La reine Elizabeth a fait une allocution à son pays, et c'était totalement impressionnant. Si on m'avait dit qu'un jour je serais émue en écoutant la reine d'Angleterre j'aurais ricané. Hé bien j'aurais ricané à tort. Alex Taylor a tout bien résumé.

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En 4 minutes elle a dit tout ce qu'il y avait à dire, rien de trop, rien de pas assez, elle a été réconfortante, encourageante, reconnaissante et émouvante (avec son rappel de 1940). Du grand art. Mes amies aussi (Nawal, Samantdi) ont exprimé leur admiration.

Pendant ce temps Boris Johnson, testé positif au coronavirus il y a dix jours était hospitalisé, officiellement pour des examens. Quand on pense à sa politique du début du Laissons faire le virus, les plus faibles mourront mais ça sera pour le bien du pays qui se relèvera plus fort, et puis ses vantardises de type, Je serre les mains moi, malgré l'épidémie, on aurait presque l'illusion d'une justice immanente. Si seulement tous les hommes de pouvoir qui ont mis leurs peuples en danger en commençant par faire les malins pouvaient un peu se manger une leçon, disons jusqu'à la bonne petite frayeur, l'épidémie n'aura pas été qu'un immense drame (3). 

Les coureurs norvégiens affichent promenades et de rares mais existants entraînements à l'extérieur (dans des lieux désertiques). Est-ce que le confinement est plus souple par chez eux ? 

 

(1) Contrairement à la fin de semaine où elle était très active. S'ils se sont réellement confinés durant les quinze premiers jours, les gens sont à présent retourné travailler. Volontairement ou obligés ? 

(2) Mais solides soupçons d'avoir subi l'Homme très clairement, moi de façon plus diffuse, une attaque virale en début de mois. 

(3) À nouveau des décès parmi les proches de personnes que je fréquente (IRL ou RS (mais avec échanges chaleureux depuis longtemps)).

 

 

 

mots clefs : Covid-19 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 204 246 cas (dont : 64 806 morts (8454 aux USA) et 247 340 guéris) (à 11h30)


Chroniques du confinement jour 19 : voir l'ISS passer


    C'était une journée relâche de sports, seulement le défi du club (abdos - squats - pompes). Il a fait un temps magnifique et j'en ai profité pour travailler encore au jardin. Celui que nous appelons "L'arbre aux oiseaux" est désormais libre de tout roncier qui l'étouffaient. 
L'Homme pendant que je terminais nous cuisinait des spaghetti carbonara. Et c'était bien et tellement détendant de passer directement du jardin à les manger, et du déjeuner à la sieste, et de la sieste à un moment de lecture avec un bon thé, en plein soleil de fin d'après-midi sur le canapé remonté. 

C'est terrible de devoir ces moments de paix et de bonheur à un terrifiant immense et général malheur. Ça n'a pas de sens. C'est quand même très curieux dans la distribution de l'effort collectif d'avoir tiré la carte : assignés à résidence dans de bonnes conditions et sans autre travail à faire que ce que vous voulez et pouvez faire pour votre maison. En même temps nous avons l'un comme l'autre presque l'âge qui était celui de la retraite lorsque nous avons commencé à travailler. Et nous sommes au bord d'être considérés comme des victimes potentielles privilégiées du virus. Ça n'est sans doute pas illogique d'être dans cette situation-là.

Notre fille semble aller mieux qui s'attaque avec courage à l'état lamentable de l'appartement que nous lui avons laissé le temps du confinement. 

Ça faisait ce soir une semaine qu'un homme dont nous ne connaissons que l'âge (46 ans) d'après la presse locale, s'est tué en voiture presque devant chez nous. Je pense à lui, à ses proches. Au mystère de ce décès (la voiture qui fonçait comme un boulet de canon, aucun freinage et juste ce pan de mur précis qui faisait à peine la taille - une voiture était garée le long du mur aussi, celle de l'accident est venue s'encastrer pile à côté -). 

Capture d’écran 2020-04-05 à 00.38.35 Heureusement un touite de Vélomagus (en ce moment Confinomagus) lu la veille m'avait mise sur une piste d'un moment de beauté potentielle. J'avais tenté de voir l'ISS la veille, mais en vain. L'appli que j'avais téléchargée n'était pas très claire pour "lire" le ciel. J'ai suivi le conseil d'un de ses lecteurs et téléchargé Heavens Above. Ça a très bien fonctionné. 

J'ai vu l'ISS arriver, l'ai suivi d'un côté puis de l'autre de la maison. Émue aux larmes. Ce genre de détails auxquels on peut remarquer que l'épreuve actuelle, même si son terre-à-terre quotidien est des plus agréables (dans notre petit cas) nous met les nerfs en pelote. De façon assez évidente, voir la station spaciale m'a redonné une certaine confiance en l'humanité. #AndraTuttoBene 
Si on est capables collectivement de concevoir un tel outil de progrès, on arrivera bien à surpasser une pandémie. Même si individuellement nous risquons de morfler. 

Dans la journée j'avais aussi commencé mon observation des oiseaux pour "oiseaux des jardins" seulement les petits-enfants de la voisine du 10 sont sortis dans leur jardin pile à ce moment-là. Ils étaient joyeux et agréables à entendre, seulement seules deux ou trois mésanges n'en ont pas été effrayées. 

On entend souvent aussi en fin de journée, vers le bord du soir, des cris joyeux de jeux comme venant d'un jardin des petits pavillons de préfa blancs. Un adulte (on entend souvent héler "Maman !" comme pour dire "À toi de jouer") au moins participe. 
Un autre jour c'était dans le jardin des voisins d'en face, que leurs enfants jouaient. Les entendre fait un bien fou. Pour eux ce n'est qu'une parenthèse dans une petite vie dont pour la suite ils ne doutent de rien. Ils ont raison.

J'ai terminé la journée par les TG de Rai News 24 et de les LT. Trump et ses déclarations, son aplomb à mentir et à se foutre du monde, me donnent la nausée. 
Heureusement il y a eu une jolie séquence sur le Commandant Crozier, quittant le navire parce qu'on l'a limogé, mais sous les acclamation de ses troupes. Je l'avais déjà vue la veille sur les réseaux, mais la prise de position ouvertement en sa faveur de la journaliste de la Rai et de son invités faisaient du bien.
Le Saint-Suaire sera exposé en direct à la télé. Plus ou moins pour compenser que les célébrations religieuses pasquales auront lieu à huis clos. J'avais envie de rire puis je me suis rappelée la ferveur des files d'attente à Torino lors des temps d'exposition. Certaines personnes pouvoir se recueillir devant leur écran, ça va les aider de ouf. Alors c'est toujours ça.

Il est 1h08 et une moto vient de passer, allant vers Lessay. Je crois qu'il y a dans le confinement, du laisser-aller. 

Dans la journée j'ai compté 5 avions : deux qui pouvaient être de vols commerciaux, deux d'avions de chasse et un d'un petit avion qui pourrait être privé.  Ça déconfine d'un peu partout. Et l'épidémie en France n'a même pas passé son pic. 

 

mots clefs : Covid-19 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

1 187 798 cas (dont : 64 084 morts (8 344 aux USA) et 245 949 guéris)