Chroniques du confinement jour 22 : Du sport et un vieux dallage retrouvé


    Désormais nous avons le rythme (il serait temps, ça fait trois semaines. Trois. Semaines. Mais comment ça ?) : un jour sport un jour récup'. 

Alors la récupération est relative : j'ai toujours le défi de mon club abdos - squats - pompes et qui est quotidien. Ainsi que tout le travail de remise en état du jardin, qui est physique quoique volontairement lent. Je le fais pour prendre l'air, pour marcher, en m'efforçant de "prendre soin" et non d'agir en être humain barbare.

Et de toutes façons, aujourd'hui c'était sport. Donc le désormais usual short morning run (24 minutes pour 3,45 km environ en allers-retours sur la voie verte (sans dépasser les limites imparties)) et au soir une séance Tabata bien costaud avec deux challenges :
un sur Bring Sally Up que je n'ai pu suivre car il supprimait de facto ce qui rend pour moi le Tabata supportable à savoir les 10 secondes de récupération après chaque 20 secondes d'efforts
l'autre sur des burpees avec Roxanne de Police en fond sonore. L'idée étant de faire un burpee par "Roxanne" chanté. Là, si je n'ai pas tout fait c'est qu'à un moment, quand ça s'accélère, nous rigolions trop. 
Je ne remercierais jamais assez Romain Pourrat et sa famille pour ces séances qui font un bien fou. 

Il faut dire que les nouvelles générales n'étaient pas à la rigolade, alors pouvoir décompresser était bienvenu. En France plus de 10 000 morts, ça y est, dont environ 1500 pour aujourd'hui. Je commence à connaître, ne serait-ce que via les réseaux, vraiment de nombreuses personnes touchées au moins via leurs aînés. Mourir d'autre chose ces jours-ci, pour une personne très âgées est devenu si rare, que c'est précisé. 

Une mesure a été prise à Paris pour interdire le jogging entre 10h et 19h. Je ne sais trop qu'en penser. La plupart des coureurs à pied réguliers s'entraîne tôt le matin ou tard le soir après le boulot ou entre les midi avec quelques collègues. Il est à supposer que de toutes façons cette dernière catégorie s'est trouvée fort réduite. Les deux premières ne devraient pas être trop gênées par la mesure. Cela dit s'il faut à la fois respecter ces horaires et la limite du kilomètre de rayon, très réduite pour un pratiquant aguerri, ça va finir par rendre le confinement difficile. 

J'ai été taguée pour un défi 10 mouvements 10 répétitions sur des gestes de gainages dynamiques. Le hic il faut se filmer et la mémoire du téléfonino est saturée. Des amies du club ont aussi démarré des sessions de gainages tous les jours à 13h30 ou 13h45. Je préfère m'en tenir au tryptique défi 30 - 20 - 10, course à pied du matin et séances de Tabata.
D'une façon générale j'ai l'impression que tout le monde s'agite beaucoup au lieu de profiter du confinement pour, du moins pour qui n'est pas astreint à du télétravail, enfin se poser un peu, et rester au calme.

En plus ma connexion limitée (je crois que je frôle déjà le plafond mensuel en Go), n'aime guère les sessions zoom et autres interactions. Je me sens un peu en décalage numérique par rapport à mon monde habituel. Et je plains les familles sous-équipées par manque de moyens financiers et qui ont en plus des enfants qui n'ont plus accès à leurs cours du tout. Depuis mon expérience en maison de la presse en septembre et octobre dernier, je sais qu'elles sont nombreuses et souvent pas spécialement hors jeu du monde du travail ; simplement les parents ont des jobs sous-payés (ou : la mère est seule et fait un boulot de survie).

Je croyais naïvement en avoir presque terminé avec les travaux au jardin. Et effectivement j'ai dégagé les derniers ronciers en fin de matinée. Il me restait (pour les jours suivants ?) à déplacer le banc et à débroussailler derrière. 

C'était sans compter sur un mélange de souvenirs et de vouloir dégager une grosse racine : j'ai exhumé l'ancien pavage. Pour le coup j'avais vraiment l'impression que faire des fouilles archéologiques. D'autant plus que j'ai trouvé les morceaux d'un pot de fleur. Ce que j'avais pris depuis le début de mes travaux pour des extraits de tuiles étaient en fait des morceaux de pot de fleurs traditionnels (ceux d'avant ceux en plastique). Pour une raison qui m'échappe, retrouver ce pavement m'a procuré une grande satisfaction. Souvenirs de mon père installant ces dalles ?

La circulation aujourd'hui, devant la maison était assez calme ou plutôt vraiment très professionnelle : des utilitaires, nombreux, et des camions (qui normalement sauf livraisons ne devraient pas passer là). Un peu de voitures particulières aux heures dites "de bureau". 

Peu de nouvelles des enfants, mais après tout ils télétravaillent, eux. Ça semblait aller bien. 

Je n'ai toujours pas répondu à mes mails : en fait la sieste a été bonne et grande, et de facto mes journées, surtout les journées "sport" sont bien remplies, même si l'Homme assure les courses et plus ou moins les repas. 

Et je lis peu, finalement. Un comble ! 
(pendant ce temps mon co-confiné, dévore et s'en trouve fort heureux) (et moi pour lui) (et je suis fière parce que je suis parvenue aujourd'hui à l'empêcher d'aller faire des courses non indispensable (ou du moins pas de façon urgente))

PS : Magnifique Chronique d'un chef opérateur sur entre autre l'éclairage intelligent de l'intervention de La Reine d'Angleterre. Je l'avais perçu mais ainsi comprends ce qui m'avait impressionnée (en plus de son discours et son attitude)

PS' : La lune était censée être remarquable ce soir. Hélas, nuages. 

 

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Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 416 426 cas (dont : 81 325 morts (12 474 aux USA) et 301 398 guéris)


Chroniques du confinement jour 20 : Some kind of a true morning run (and, what a sunny day !)

 

    Vrai morning run ce matin, à l'intérieur du kilomètre de rayon et de l'heure autorisée, soit 6 km en 43 minutes en allers-retours dans un sens puis dans l'autre sur l'ancienne voie de chemin de fer. J'eusse souhaité partir à 8h afin de ne croiser personne. Nous sommes partis à 8h20, parce que l'Homme avait du mal à émerger et n'avons croisé qu'un couple plus âgé, paisibles marcheurs qui se sont mis l'un derrière l'autre tandis que nous serrions notre droite et que je mettais mon tour de cou en mode masque de fortune, et un promeneur de chien, plutôt peu amène mais répondant néanmoins à notre bonjour. 

Échange de Bonne journée avec Le Fiston. Ça fait toujours du bien. 

Je m'installe pour écrire au petit bureau de mon enfance, placé idéalement perpendiculaire à la fenêtre arrière. Regarder par la fenêtre c'est voir la campagne, paisible, des arbres dont un très beau et quelques maisons. Les oiseaux donnent leur meilleur concert. Il y a une petite brise délicieuse. On entend des bruits de vie : enfants qui jouent non loin, rumeurs diffuses de conversations, chiens qui aboient mais pas trop souvent, circulation très légère (1). On pourrait croire un dimanche normal de printemps. 

Je pense de plus en plus à la série "Le Prisonnier", cette apparence de super douce normalité, le parfum du jour est fraise, un éternel beau temps, des gens en balade, et par en dessous, l'oppression.

En attendant, obéissants, relativement à l'abri après une quarantaine qui nous a laissé en forme (2), nous menons la vie la plus douce de notre vie. 

Et au même moment où je m'installe pour écrire fenêtre ouverte, je lis ceci : 

"538 - 7 février 2004 - Un samedi matin. Il fait froid dans la maison mais il y a du soleil. J'ai ouvert la fenêtre et je m'aperçois que l'air est printanier. Ces petites choses dont on se déshabitue : ouvrir sa fenêtre. Et écrire, comme ça, face à une fenêtre ouverte me paraît audacieux ..."

("Feu de tout bois" Elisabeth Horem, éditions Bernard Campiche, tome 1 p 349) 
OK je ne suis pas à Bagdad, ça n'est pas une vraie guerre dehors mais la lutte de l'humanité contre une pandémie, on est dimanche, il ne fait pas froid dans la maison et la fenêtre est à ma droite. Il n'empêche que je me sens enfin moi aussi dans les conditions matérielles idéales pour travailler. Moralement c'est autre chose. Comment faire abstraction de toutes les personnes en deuil, en grande difficultés économiques, ou souffrantes, si nombreuses, bien plus qu'à l'ordinaire de ce monde tel qu'il était.

Je (re)lis un article de Marie et Julien datant de 2016 et oublié depuis. Les ami·e·s de dotclear, outil utilisé pour ce blog, comme pourrait l'être wordpress ou typepad, sont depuis quelques jours pris à parti par le starteupeur dont il est question dans le billet, comme s'ils étaient responsables de son contenu. Et il semble refuser de comprendre qu'ils n'ont pas de lien, et pas de moyen de pression à tout le moins, sur ses auteurs. C'est comme si l'on venait reprocher à l'entreprise de BTP qui a bâti une route les incidents ou accidents qui y auront éventuellement lieu (analogie imparfaite : une route peut se dégrader et n'être plus entretenue ou avoir des défauts de conception accidentogènes ; il n'empêche ça n'est pas la faute des bâtisseurs premiers si l'usage qui en est fait ensuite n'est pas sans danger ; et surtout le constructeur n'a aucun pouvoir sur les automobilistes).

J'avais décidé au début du confinement de respecter un repos le dimanche, au sens de : ne pas avancer dans les travaux et l'entretien à faire, mais prendre par exemple le temps pour lire. En fait, entre écrire ici et là, répondre à quelques messages (ou insuffisamment, comme aujourd'hui encore), lancer et étendre une lessive, la journée file file file. 
J'ai pu seulement m'accorder une sieste, fenêtre arrière ouverte (écouter le vent dans le grand arbre du champ, bonheur ultime d'un dimanche presque sans bruits de circulation (gaudemus)), et passer un petit moment au jardin à l'heure du thé ; tenter de rappeler l'un de mes cousins qui m'avait laissé un message dans la matinée. 

La séance de Tabata demande un gros effort mais quel bonheur et comme ça donne la pêche. Je me suis sentie en pleine forme (je pèse mes mots ; il faut savoir que la pleine forme est très rare chez moi, quel que soit le contexte) toute la soirée grâce à ça. Les séances de Tabata par Romain Pourrat me manqueront lorsque le confinement s'achèvera.

Soirée classique ensuite : suivre et LT les nouvelles d'Italie, tellement rude mais pourtant moins pénible que celles d'en France car les informations sont moins muselées et que le gouvernement tout imparfait qu'il puisse être assure un max face à cette crise, fait vraiment ce qu'il peut. Puis écrire ici et lire un peu avant que le sommeil ne tombe.

Les nouvelles étaient encourageantes côté italien : enfin la décrue qui s'amorce ; catastrophiques aux USA et toujours dramatiques en Espagne. La reine Elizabeth a fait une allocution à son pays, et c'était totalement impressionnant. Si on m'avait dit qu'un jour je serais émue en écoutant la reine d'Angleterre j'aurais ricané. Hé bien j'aurais ricané à tort. Alex Taylor a tout bien résumé.

Capture d’écran 2020-04-05 à 23.49.43

En 4 minutes elle a dit tout ce qu'il y avait à dire, rien de trop, rien de pas assez, elle a été réconfortante, encourageante, reconnaissante et émouvante (avec son rappel de 1940). Du grand art. Mes amies aussi (Nawal, Samantdi) ont exprimé leur admiration.

Pendant ce temps Boris Johnson, testé positif au coronavirus il y a dix jours était hospitalisé, officiellement pour des examens. Quand on pense à sa politique du début du Laissons faire le virus, les plus faibles mourront mais ça sera pour le bien du pays qui se relèvera plus fort, et puis ses vantardises de type, Je serre les mains moi, malgré l'épidémie, on aurait presque l'illusion d'une justice immanente. Si seulement tous les hommes de pouvoir qui ont mis leurs peuples en danger en commençant par faire les malins pouvaient un peu se manger une leçon, disons jusqu'à la bonne petite frayeur, l'épidémie n'aura pas été qu'un immense drame (3). 

Les coureurs norvégiens affichent promenades et de rares mais existants entraînements à l'extérieur (dans des lieux désertiques). Est-ce que le confinement est plus souple par chez eux ? 

 

(1) Contrairement à la fin de semaine où elle était très active. S'ils se sont réellement confinés durant les quinze premiers jours, les gens sont à présent retourné travailler. Volontairement ou obligés ? 

(2) Mais solides soupçons d'avoir subi l'Homme très clairement, moi de façon plus diffuse, une attaque virale en début de mois. 

(3) À nouveau des décès parmi les proches de personnes que je fréquente (IRL ou RS (mais avec échanges chaleureux depuis longtemps)).

 

 

 

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1 204 246 cas (dont : 64 806 morts (8454 aux USA) et 247 340 guéris) (à 11h30)


Chroniques du confinement jour 19 : voir l'ISS passer


    C'était une journée relâche de sports, seulement le défi du club (abdos - squats - pompes). Il a fait un temps magnifique et j'en ai profité pour travailler encore au jardin. Celui que nous appelons "L'arbre aux oiseaux" est désormais libre de tout roncier qui l'étouffaient. 
L'Homme pendant que je terminais nous cuisinait des spaghetti carbonara. Et c'était bien et tellement détendant de passer directement du jardin à les manger, et du déjeuner à la sieste, et de la sieste à un moment de lecture avec un bon thé, en plein soleil de fin d'après-midi sur le canapé remonté. 

C'est terrible de devoir ces moments de paix et de bonheur à un terrifiant immense et général malheur. Ça n'a pas de sens. C'est quand même très curieux dans la distribution de l'effort collectif d'avoir tiré la carte : assignés à résidence dans de bonnes conditions et sans autre travail à faire que ce que vous voulez et pouvez faire pour votre maison. En même temps nous avons l'un comme l'autre presque l'âge qui était celui de la retraite lorsque nous avons commencé à travailler. Et nous sommes au bord d'être considérés comme des victimes potentielles privilégiées du virus. Ça n'est sans doute pas illogique d'être dans cette situation-là.

Notre fille semble aller mieux qui s'attaque avec courage à l'état lamentable de l'appartement que nous lui avons laissé le temps du confinement. 

Ça faisait ce soir une semaine qu'un homme dont nous ne connaissons que l'âge (46 ans) d'après la presse locale, s'est tué en voiture presque devant chez nous. Je pense à lui, à ses proches. Au mystère de ce décès (la voiture qui fonçait comme un boulet de canon, aucun freinage et juste ce pan de mur précis qui faisait à peine la taille - une voiture était garée le long du mur aussi, celle de l'accident est venue s'encastrer pile à côté -). 

Capture d’écran 2020-04-05 à 00.38.35 Heureusement un touite de Vélomagus (en ce moment Confinomagus) lu la veille m'avait mise sur une piste d'un moment de beauté potentielle. J'avais tenté de voir l'ISS la veille, mais en vain. L'appli que j'avais téléchargée n'était pas très claire pour "lire" le ciel. J'ai suivi le conseil d'un de ses lecteurs et téléchargé Heavens Above. Ça a très bien fonctionné. 

J'ai vu l'ISS arriver, l'ai suivi d'un côté puis de l'autre de la maison. Émue aux larmes. Ce genre de détails auxquels on peut remarquer que l'épreuve actuelle, même si son terre-à-terre quotidien est des plus agréables (dans notre petit cas) nous met les nerfs en pelote. De façon assez évidente, voir la station spaciale m'a redonné une certaine confiance en l'humanité. #AndraTuttoBene 
Si on est capables collectivement de concevoir un tel outil de progrès, on arrivera bien à surpasser une pandémie. Même si individuellement nous risquons de morfler. 

Dans la journée j'avais aussi commencé mon observation des oiseaux pour "oiseaux des jardins" seulement les petits-enfants de la voisine du 10 sont sortis dans leur jardin pile à ce moment-là. Ils étaient joyeux et agréables à entendre, seulement seules deux ou trois mésanges n'en ont pas été effrayées. 

On entend souvent aussi en fin de journée, vers le bord du soir, des cris joyeux de jeux comme venant d'un jardin des petits pavillons de préfa blancs. Un adulte (on entend souvent héler "Maman !" comme pour dire "À toi de jouer") au moins participe. 
Un autre jour c'était dans le jardin des voisins d'en face, que leurs enfants jouaient. Les entendre fait un bien fou. Pour eux ce n'est qu'une parenthèse dans une petite vie dont pour la suite ils ne doutent de rien. Ils ont raison.

J'ai terminé la journée par les TG de Rai News 24 et de les LT. Trump et ses déclarations, son aplomb à mentir et à se foutre du monde, me donnent la nausée. 
Heureusement il y a eu une jolie séquence sur le Commandant Crozier, quittant le navire parce qu'on l'a limogé, mais sous les acclamation de ses troupes. Je l'avais déjà vue la veille sur les réseaux, mais la prise de position ouvertement en sa faveur de la journaliste de la Rai et de son invités faisaient du bien.
Le Saint-Suaire sera exposé en direct à la télé. Plus ou moins pour compenser que les célébrations religieuses pasquales auront lieu à huis clos. J'avais envie de rire puis je me suis rappelée la ferveur des files d'attente à Torino lors des temps d'exposition. Certaines personnes pouvoir se recueillir devant leur écran, ça va les aider de ouf. Alors c'est toujours ça.

Il est 1h08 et une moto vient de passer, allant vers Lessay. Je crois qu'il y a dans le confinement, du laisser-aller. 

Dans la journée j'ai compté 5 avions : deux qui pouvaient être de vols commerciaux, deux d'avions de chasse et un d'un petit avion qui pourrait être privé.  Ça déconfine d'un peu partout. Et l'épidémie en France n'a même pas passé son pic. 

 

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1 187 798 cas (dont : 64 084 morts (8 344 aux USA) et 245 949 guéris)


Chroniques du confinement jour 18 : la "dépollution" du jardin s'achève, bonnes nouvelles de mon entourage, mauvaises du monde

    

    C'était désormais la routine d'une journée sports et jardin et franchement, notre contribution personnelle à l'élan national puisque tel est ce qui nous échoie : restez chez vous, ressemble à la dolce vita tant que nous allons bien et que nos proches ne sont pas gravement malades (apparemment, ça va).

La phase de dépollution du jardin est terminée. Il ne me reste plus que quelques ronces à enlever et bien ratisser tous les branchages. Couper les dernières branches mortes du sureau. Mais à présent ça semble bon : plus un seul sac en plastique ou bâche, plus (au sens de = 0) de déchets venus de chez les voisins (une bouteille de lait vide par exemple, emballage encore intact, récente). Pour fêter cet accomplissement et sur une indication de Sylvie, j'ai inscrit le jardin à Oiseaux des Jardins et je compte bien faire mes petites observations. Dix minutes de calme et d'attention, peut-être une fois tous les deux jours, par exemple. 

Pour le sport : short morning run (notre petit circuit de 3,44 km en 24 minutes dans la mesure de la légalité et à 8 h du matin afin de ne croiser personne ou seulement de loin, un promeneur de chien), le défi abdos - squats - pompes et au soir la séance Tabata qui nous secoue mais nous met en joie. Aujourd'hui c'était abdos - fessiers. Je ne serais jamais assez reconnaissante à la famille Pourrat en général et à Romain en particulier pour cet effort qu'ils font et qui nous permet de rester sans se perdre totalement, et en bonne forme. Il explique bien, il encourage joliment, c'est un bonheur.

Le temps du travail au jardin, le temps de l'effort physique intense, l'épidémie est tenue en respect. Elle n'occupe pas toute la place mentale. 
Suivre les informations sur les journaux et les chaînes italiennes permet aussi de garder un certain moral. Contrairement à la France on a l'impression qu'ils essaient de sauver les gens, y compris de la dèche induite. Et que vraiment le gouvernement ne se moque pas du monde. Ça n'empêche pas l'horreur d'être horrible. Seulement ça évite d'y ajouter la colère. 
Et un ministre de l'économie qui met en place une aide pour les familles dont la principale source de revenue arrivait par du travail au noir, en expliquant Ça n'est pas bien que ça existe mais puisque ça existe et que ces personnes, confinées, n'ont plus aucun revenu ni filet de sécurité, il faut les aider, hé bien je trouve ça beau. On se rappellera qu'en Italie ils avaient tenté de traiter le peuple avec humanité. 
Le Pape François fait un sans-faute, se comporte en expert de la com' (images inoubliables, et il fait ce qu'il faut pour ; réseaux sociaux à présent) et de la prise de parole sociale. 

Il ne faut pas se voiler la face, même si de ma petite maison de confinement j'ai depuis deux jours la nette impression que les gens circulent presque normalement (1). Le chemin est encore long, très long, et la mort rode en permanence. Je commence à connaître non seulement énormément de malades - la plupart guérissant en ce moment d'ailleurs, après des jours vraiment de souffrances mais chez eux -, mais beaucoup de personnes qui ont perdu qui des grands-parents, qui un parent, qui un oncle et qui un frère ou une sœur. Ces deux catégories familiales étant apparues récemment, signe que le virus élargit son champ d'action. Comme il fallait s'y attendre, les échanges de blagues en mode Tenons bon ont diminué devant ceux de condoléances et signes d'amitiés et de soutiens. 

J'avais pour la première fois depuis l'épidémie fait des cauchemars la nuit dernière (peur pour ma mère, réveil, ouf elle est morte depuis un moment ; peur pour mon fils réquisitionné ...) j'espère passer une meilleure nuit. L'accident mortel de samedi continue de peser son poids, même si je reste au cours de la journée plus longtemps sans y songer. Je ne sais en tout cas regarder par la fenêtre avant sans y penser.  

J'oubliais : un salaire a été versé à l'Homme de la maison pour mars ; certes inférieur à ces émoluments habituels mais vraiment rien d'inquiétant. Grand soulagement. Et pensées pour les personnes dont le confinement réduit gravement voire éteint, les revenus. Nous ne sommes pas à plaindre, vraiment. 

 

(1) Parking du Aldi garni et circulation sur la départementale.

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1 083 084 cas (dont : 58 243 morts (6946 aux USA) et 225 422 guéris)


Chroniques du confinement jour 15 : L'inquiétude gagne ; la vieille structure métallique du jardin est enfin dégagée

    

    Pas de sport prévu si ce n'était le défi quotidien auquel un mouvement de plus s'est ajouté depuis la semaine passée : 

31 abdos - 21 squats - 11 pompes.

Long moment au jardin et ça y est : la structure métallique qui autrefois protégeait le bois pour la cheminée mais ne protégeait plus rien depuis fort longtemps, au point de virer petite tourbière, est enlevée. L'Homme m'a bien aidée une fois que je l'avais dégagée. Puis il a continué à couper les ronciers. 

Pendant ce temps, ayant trouvé un pot de fleur rempli de vieux morceaux métalliques (boulons, anciens frein de vélos, clefs, vieille serrure démontée et une pièce de dix centimes, semblerait-il de 1896), je m'exerçais à l'archéologie.

Notre fille, malade comme pour une rhinopharyngite carabinée allait quant à elle chez notre médecin de famille qui confirmait que ça n'était peut-être "que" ça, mais qu'il fallait surveiller de près l'évolution car il pouvait s'agit du Covid-19 (elle est persuadée que non). 

Échange serrés de messages (SMS) tout au long de la journée. 
Dans un pays évolué, le médecin demanderait alors qu'un test soit effectué, et s'il était positif elle serait prise en charge dans un établissement dédié ne serait-ce que pour respecter une quarantaine stricte et qu'elle n'ait pas à s'occuper de la moindre intendance. Pour qu'aussi en cas de difficultés respiratoires elle soit prise en charge immédiatement dans un établissement équipé. Mais là on est en France, on n'a pas assez de tests donc rentrez chez vous et on verra bien.
Elle a un arrêt maladie de trois jours (parce que bon pour pouvoir télétravailler il faut être en forme) et son frère fera les courses pour sa coloc et pour elle. Heureusement les deux appartements sont dans le même quartier. 

Au soir alors que je regardais par la fenêtre de devant, en prise à l'inquiétude jointe à un sentiment oppressant depuis l'accident de samedi soir, j'ai échangé quelques mots avec la voisine d'en face qui fermait ses volets et ça m'a fait un bien fou. En tant normal, sur cette rue qui est donc une départementale, il y a une circulation qui fait que l'on n'aurait pas pu se parler ainsi à moins de crier. Ils vont bien. C'était bon d'entendre quelqu'un dire Nous allons bien. J'étais contente aussi qu'elle ne semble pas nous tenir rigueur d'être venus avec le risque d'apporter le virus dans nos valises. 
Cela dit, déjà des cas locaux bien avant notre venue. Ça suit son cours, hélas. 

Aujourd'hui était, quoi qu'il en soit, notre dernier jour de quarantaine de précaution pour les "réfugiés" d'une autre région. J'espère que nous n'aurons pas de mauvaise surprise à retardement. 

Nous avons préparé les poubelles avec un soin particuliers, les mouchoirs et gants de protections dans un petit sac à part dans le grand. Bien sûr l'Homme trouvait cette précaution superflue. 

L'accident de samedi l'a marqué aussi. Nous nous sommes faits un petit débriefing au cours du dîner. Lui dit qu'il a su que c'était la voiture qui venait de frôler la haie qui avait fait ce bruit. Alors que moi, pas du tout : du fait d'une rafale de vent au même moment et de l'absence de freinage, et du son impossible à relier à quoi que ça soit d'autre comme expérience identifiable. Quoi qu'il en soit, en parler m'a (nous a ?) fait un peu de bien. À la nuit tombée je sens mon cœur qui s'accélère dès qu'un véhicule passe un peu vite en allant du sud vers le nord comme ce fut le cas pour la voiture accidenté. J'ai cherché des informations nouvelles en vain sur la presse quotidienne régionale. Le fait que cet accident fût incompréhensible ajoute au côté traumatisant. 



Article formidable de Florence Aubenas pour Le Monde qui l'emploie. Elle s'est confiné dans un EHPAD. Son texte fait froid dans le dos et chaud au cœur. Les amies l'on partagé sans que je n'aie initialiser le mouvement, sur notre groupe WhatsApp. Je me suis sentie une fierté, probablement illégitime mais néanmoins profonde. Et j'ai ressorti mon tee-shirt du Comité de Soutien que je mets désormais pour me donner courage (et peu me chaut que ça soit ridicule, étant donné que ça fonctionne de me faire bon effet). 

 

 

 

 

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846 156 cas (dont : 41 654 morts et 176 171 guéris)


Chroniques du confinement jour 14 : En forme !

Je me sentais si en forme aujourd'hui que j'ai modifié ma routine : pas de sieste ! mais le travail pour la réhabilitation du jardin à la place. 

Le matin course à pied (25 minutes seulement, histoire d'être parfaitement dans les clous), le soir une séance d'étirements (toujours par Romain (en lieu et place des Tabata)). Une partie de la matinée, les petites écritures. Et la communication familiale. Je m'inquiète pour la santé de notre fille.

Comme nous sommes à J 14, l'Homme s'est fait un plaisir d'aller (très tôt, à l'heure de personne) chez Aldi. 

J'ai testé en soirée le #ConfiQuizz d'un ami d'Abie. C'était amusant mais bien trop lent. Et puis reconnaître les musiques fredonnées ça n'est pas mon truc, même si globalement ils ne chantent pas (trop) faux.

Pas mal de lectures aussi, et une lessive.

Bref, c'est bizarre à dire par les temps qui courent, seulement si je fais abstraction des nouvelles accablantes du monde extérieur, sur ma petite barque de maison normande, c'était objectivement une délicieuse journée.

Le vent était tombé, il faisait plutôt froid, mais par moment un bon soleil.  

Aux infos italiennes, une récap en mode "journal (diario) de l'épidémie". C'est sidérant à quelle vitesse celle-ci s'est abattue sur l'Italie. On a beau le savoir, quand on a sous les yeux le date-à-date des événements, c'est impressionnant. Terrifiant. So "Station eleven". 

Je pense toujours à l'accident de samedi. Une tension qui subsiste. Rien trouvé comme infos autre que la brève de départ (l'accident, ses lieux et heures et qu'il fut mortel). J'aimerais tellement avoir un début d'explication. Et qui était cet homme, de son vivant ?

PS : vol d'un des premiers tableaux de Van Gogh dans un musée néerlandais. 

 

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777 286 cas (dont : 37 140 morts et 164 446 guéris)


Chroniques du confinement jour 11 : S'attaquer à la ferraille, et des nouvelles heureuses de mon amie Claude

 

    Les journées se suivent et désormais se ressemblent, mais de façon paisible tant que la maladie nous épargne : lever, petite gym du défi interne à mon club - de façon amusante, je suis toujours la en gros 10ème à le relever -, toilette, petit-déjeuner, petites écritures du matin, réponse à quelques messages, "jardinage", déjeuner, sieste avec lecture(s), temps libre souvent utilisé à des utilité ou à la suite de l'action au jardin, douche, dîner, écritures du soir et réponses aux messages, puis les infos et la revue de presse sur Rai News 24 tout en la live-touitant. Enfin, écrire un billet de blog au moins quotidien. 

Les jours de session Tabata avec Romain elle s'inscrit avant le dîner et est suivie d'une douche.

Je mets un soin particulier à changer de tenue selon le type d'activité, jardinage, sieste ou autre ... Ça permet de jalonner la journée.

Tout au long de la journée échanges de brefs messages avec les enfants. 

Ce qui fut un peu différent aujourd'hui :

des nouvelles de quelques amies que j'avais un peu délaissées, je l'avoue, et l'Homme recevant un appel sympa de l'un de ses anciens collègues. Des nouvelles de mon amie Claude par SMS puis un coup de fil, puis un mail de quelqu'un chez qui elle est, le temps du confinement, afin de pouvoir lui faire parvenir un document : elle va fort bien, et n'a plus peur de rien, envisageant sa propre mort comme inéluctable de toutes façons - mais sans tristesse, une forme de "j'ai fait mon temps" -. 

la vieille structure métallique destinée à protéger le bois pour la cheminée enfin en cours de démantèlement. Après avoir tenté en vain de desserrer les vis, puis moins en vain de scier le métal, je me suis rendue compte que la rouille était si forte qu'avec mes petits bras musclés, je parvenais à briser les montants (mon côté Hulk, indéniablement). Ça faisait seize ans que je comptais le faire "quand j'aurais le temps". 
D'où que j'écrivais "jardinage" entre guillemets plus haut : c'est plutôt de l'entretien général du jardin. Pas grand-chose à voir avec les plantes. 

L'Italie a enregistré près de 1000 morts du Covid-19 aujourd'hui. L'Espagne et les États-Unis, plus particulièrement la ville de News-York atteignent des taux de catastrophe. 

Bonnes intervention et de Mattarella - il est à la hauteur, ce vieux président, pas comme d'aucuns - et du Pape, avec une fois de plus des images inoubliables : et donc là, devant la place Saint-Pierre vide et ... sous la pluie. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

593 291 cas (dont : 27 198 morts et 130 915 guéris)


Pas de semi-marathon et recours au 49.3

En vrac d'un samedi où je ne suis finalement pas sortie (par choses à faire à la maison et fatigue + léger rhume plutôt que peur de la contagion)

En fin de matinée fort coup de vent suivi d'un rideau de pluie. Une tempête est annoncée pour le lendemain. Le Parc de Saint-Cloud sera fermé. Dommage parce qu'avec certains du club nous y serions bien allés puisque le semi-marathon de Paris a été dans l'après-midi annulé. 

Juste après est tombée aussi la nouvelle de l'usage du 49.3 pour faire passer en force la réforme des retraites. 

J'ai du coup peu fait la sieste, je regardais l'info se faire. Et les gens réagir. Une manif s'est aussitôt formée devant l'Assemblée Nationale. Certaines personnes sont courageuses. Je l'avais tellement vu venir (1) que je n'étais pas en colère, c'était une étape déjà dépassée. 

Les matchs de foot en Italie, qui tout d'abord devaient se jouer à stades fermés sont finalement repoussés. 

Erdogan qui ne s'estime plus assez soutenu a ouvert les frontières du pays qu'il dirige pour que les réfugiés filent vers l'Europe. 

1er décès de #Covid_19 aux USA.

Les bourses mondiales ont perdu en une semaine l'équivalent du PIB japonais. 

Le virus a plusieurs noms : Covid-19 ou SRAS-CoV-2

 

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

86 008 cas dont 2941 morts et 39778 guéris 

 

(1) Capture d’écran 2020-03-01 à 00.01.18 Capture d’écran 2020-03-01 à 00.01.18

 


COVID-19 : L'écart s'accroît entre les mesures en Italie et en France

Capture d’écran 2020-02-23 à 14.49.20

C'est par ce thread de Valerio Motta que j'aurais compris qu'on n'échapperait pas à une période de grandes perturbations, avec même pour qui parviendrait à survivre à la maladie ou à ne pas la contracter, de solides difficultés de travail, de ravitaillement, et qu'ensuite ça ne serait plus jamais comme avant. 

Je n'ai aucune confiance en ceux qui sont actuellement en charge du pays pour prendre les mesures efficaces nécessaires. J'espère me tromper. 

Il n'y a aucune raison que l'épidémie qui est désormais lancée en Italie épargne la France ou ses autres voisins, dans lesquels ni plus ni moins de contacts ne préexistaient avec la Chine et pas plus de mesures de protection n'ont été prises jusqu'à présent.

De plus le gouvernement a totalement désorganisé les urgences. Le système public de santé à force de coupes sombres est à bout de souffle.

Pour l'instant, comme en période d'attentats violents et rapprochés, il convient de ne rien modifier à nos vies quotidiennes, sauf à la marge d'aller s'entasser dans des lieux confinés si l'on n'y est pas obligés. Si des mesures viennent, je m'y conformerai.

Les médias "pignon sur rue" français relaie les infos italiennes avec un temps de retard. Et parlent de Président Macron, du débat sur les retraites, et des municipales. Comme si de ce côté-ci des Alpes on ne risquait pas très rapidement d'être tout autant concernés. 

En même temps je reste zen : j'ai des réserves ... de lectures pour au moins une année. Et tant qu'on n'est pas gravement malades, fiévreux, et sans parvenir à respirer, on peu continuer à écrire en étant confinés. 

Les liens vers les chiffres du jour : 

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

À l'heure où j'écris ce billet : 78823 cas dont 2463 morts et 23 377 guéris. L'Italie est passée en moins de 48 heures d'une dizaine de cas comme actuellement en France à près de 80. 

 

Points d'ancrage : n-Cov19 COVID-19 coronavirus
Lieux : France Italie
Année : 2020
Mois : 02 février

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Alors maintenant c'est COVID-19 et l'épidémie mondiale est lancée


    Je ne prétends en rien faire une recension exhaustive de l'épidémie de coronavirus qui secoue actuellement le monde, simplement tenter un témoignage de comment les infos qui arrivent peuvent être perçues vu de Paris par une personne de la vie moyenne. Je ne prétends pas non plus être un exemple particulièrement significatif, entre autre parce que plusieurs d'entre nous dans la famille sont atteints par une maladie chronique qui peut être grave et que j'ai plus d'une fois accompagné des proches, malades dans leurs dernier mois ou dernières années. Ça me rend sans doute plus fataliste et calme que la plupart des gens qui ne vivent pas dans l'imminence possible de la mort. Si vient le moment où des précautions seront à prendre, je le ferai scrupuleusement, afin de ne pas courir de risques inutiles, mais j'espère pouvoir continuer à mener ma vie sans inflexions particulières le plus longtemps possible.

Pendant plusieurs jours cette semaine, je n'ai pas trop suivi les derniers développements. L'épidémie semblait se répandre moins vite en Chine où les mesures de confinements semblaient devenues sévères quoi qu'un brin anarchiques. De mon côté j'avais beaucoup à faire, je n'ai donc pas suivi à quel moment précis, par exemple 2019-nCov était devenu COVID-19.

À ce soir le tableau "by John Hopkins CSSE" donne 77968 cas, 2362 morts et 21 259 guéris. Emma Turner d'Online Freedom Safety m'a indiqué par mail un lien alternatif qui donne le même ordre de grandeur (mais hélas sans prendre en compte les guérisons) ; qu'un site concernant les antivirus informatiques établisse des statistiques de progressions d'un virus est probablement assez logique quand on y pense. 

Entre temps j'ai vécu une étrange expérience de retrouvailles avec la télévision. Nous disposons d'un vieux téléviseur, dans le salon, là où Le Fiston avait pris ses quartiers sur le bureau qui anciennement me servait. À son départ, cette semaine, j'ai réinvesti le bureau (meuble). Et aujourd'hui, rallumé la télé, ce qu'à l'exception de quelques matchs de foot de coupe du monde regardés en famille, ou films vus en DVD via le home cinema que j'avais gagné en ... 2003 ? 2004 ?, je n'avais guère fait depuis 12 ou 13 ans. Bien sûr, j'ai filé regarder les chaînes italiennes (1). J'avais entendu un flash d'info sur France Cul au matin, et qui parlait d'un bond soudain de l'épidémie en Italie. Je savais donc à quoi m'attendre. Seulement la réalité quand elle est moche dépasse (presque) toujours ce à quoi on s'attendait : je suis arrivée (entre autre sur Rai News 24) en plein direct quasi non-stop sur le coronavirus, comme s'il y avait eu un attentat. 

Le contraste avec les chaînes d'infos française qui tartinaient à loisir sur le thème de Président Macron est depuis 9h au salon de l'agriculture porte de Versailles à Paris, était saisissant. J'en ai fait un petit LT 

 

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En fin de journée en France, des articles sur les médias qui se lisent (2) relataient bien la force soudaine (quoique prévisible) de l'épidémie en Italie, en Iran et en Corée du Sud mais les télévisés continuaient avant tout sur notre actualité politique nationale, comme si de rien n'était. 

Je suis curieuse de voir, puisque ça semble inéluctable, comment se passera en France le développement de l'épidémie. Il me semble que les conséquences économiques sont tout autant à craindre que celles sur la santé.
Concrètement, en cas de confinement, comment seront payés les salariés ? Que deviendront les petites entreprises dont la trésorerie ne saurait résister à 15 jours voire un mois d'inactivité (3), sans parler de chalands absents ?

On pourra plus tard considérer ce samedi 22 février comme le jour où l'illusion de pouvoir enrayer l'épidémie est tombée. Ça y est elle est mondialement lancée avec des patients dont le chemin de contamination ne peut plus être tracé avec certitude.

Je commence à penser très sérieusement à "La constellation du chien" et "Station Eleven". Keep calm and stay alive.  


(1) qui doivent passer par le décodeur couplé à la livebox : je ne peux les regarder sur l'ordi.

(2) par exemple cet article du Monde

(3) Une autre nouvelle peu rassurante de cette journée fut que le délai d'incubation considéré jusqu'à présent comme maximal de 14 jours pouvait aller jusqu'à 27 jours.