Les années juste avant (la pandémie)


    Ça n'est pas la première fois que je le constate, ça se confirme fortement : j'ai perdu la mémoire de certaines choses concrètes (notamment les vêtements) des années précédant la pandémie.

J'étais épuisée d'avoir vidé en 2017 et début 2018 la maison de mes parents et d'avoir eu un emploi formidable mais dans lequel je m'investissais énormément (je ne le regrette pas, mais bossais sans doute trop pour mes forces, tellement heureuse d'avoir cette chance). J'ai enchaîné sur une période de travail en tant que libraire volante et différents remplacement puis un projet de reprise qui m'a tenue cinq mois très fatigants (c'est allé loin dans le processus, j'y ai vraiment cru).

Ensuite j'ai eu deux mois à un rythme insoutenable en bossant en maison de la presse, un des jobs les plus formateurs que j'ai eus mais voilà, physiquement je sentais mes forces me quitter peu à peu. Bien conseillée et avec l'accord de mes proches (car ça allait faire de la précarité financière) j'ai proprement démissionné. 

Donc il est vrai que ça n'était pas des années calmes, que je les ai traversées comme j'ai pu en tenant le coup au jour le jour et avec heureusement le sport et une vie par ailleurs stable pour structurer l'ensemble.
Et puis la pandémie a déboulé et le nouveau boulot très prenant, trouvé juste avant pour juste après.

Le premier confinement vécu en Normandie et ensuite un engloutissement de mon temps (personnel).

Alors toutes les petites choses du concret du quotidien sont comme passées à la trappe dans une légère amnésie. Je retrouve des habits achetés peu de temps avant [la pandémie] sans plus aucun souvenir de ni ou ni quand.
De menus objets.

Aujourd'hui comme j'avais un jour de récupération j'ai effectué quelques rangements et retrouvé un sac à dos dont je me servais à un moment.
Dedans un carnet avec un billet de train et quelques notes, datant de 2018. Intellectuellement je me souviens de la raison de ce trajet et des principaux événements. Affectivement, c'est comme si ce carnet avait appartenu à une autre personne. C'est très étrange comme impression. Persiste un étonnement. Il y a des notes de films vus, mais lesquels ? Si le titre ou un indice n'est pas inscrit sur une page ou l'autre, je ne le sais plus.

PS : gag du soir, juste après avoir rangé je suis tombée sur cet article du Monde (Marie Kondo n'est plus ce qu'elle était, elle aussi à présent marche sans doute en se relevant la nuit sur des legos défaits)

 



Jour de récup' : tentative de ne rien faire (l'échec de la paresse)

 

    Depuis un week-end de trois jours début décembre j'ai trimé (emploi salarié dans le privé) 5 à 6 jours sur 7, 39 h/semaine de 5 jours en théorie, davantage en pratique (1). Mon emploi n'est pas fatigant physiquement (bureau, assise) mais du point de vue de la concentration et de l'intensité requise, si (on répond par courriel mais essentiellement par téléphone à des professionnels en panne de logiciel informatique, les appels s'enchaînent presque sans relâche).

Aujourd'hui (lundi) et demain (mardi), je bénéficie donc d'une journée de récupération et d'une autre de RTT.
Pas un luxe, j'étais au bout de mon effort et les dernières semaines j'ai repoussé toutes sortes de "choses à faire" pour chez moi, d'un bout de week-end au suivant car j'avais besoin de dormir.
La seule chose que je suis parvenue à maintenir ce sont les entraînements de sports (et encore, pas tous) car sans la condition physique qu'ils me permettent de maintenir ça serait encore pire.

Pour toute ces raisons, j'ai décidé aujourd'hui de ne rien faire que quelques rangements (2). 
On va voir si j'y parviens. Je ne compte pas les activités nécessaires à la carcasse : (se préparer à) manger, se laver, passer aux toilettes (3).

Pour commencé je m'étais prévu une grasse matinée ; pas su pousser au delà de 09:30, et encore parce que j'ai lu au lit (4). 
Je suis de la team de l'époque où Il fait jour, on se lève. Sauf en plein été où l'on décale un peu parce que 05:00 ça fait tôt.

Je vais tenter de noter ce que j'aurais finalement fait.

(1) Souvent il y a un dernier appel juste avant de partir ou alors on rappelle vite fait quelqu'un que l'on n'avait pas eu le temps de rappeler avant, et puis de toutes façons on ne va pas raccrocher au nez d'un client en disant "J'ai fini ma journée au revoir".
(2) Je recherche actuellement deux livres et un document, égarés dans le bazar en mode "je les range soigneusement là pour ne pas les perdre" sauf que ... je ne sais plus du tout où.
(3) Luxe des jours de congés sans activités particulières : pouvoir y aller dès que l'on en ressent le besoin. 
(4) La montre de sport indique toutefois une durée de sommeil de 9h05, preuve d'un solide besoin de récupérer.

*                            *                              *



matin 

déprendre une lessive sèche et répartir les vêtements par personne + léger rangement de ceux qui ont une place
rapide vérification des comptes bancaires et virement de ré-équilibage en prévision du passage de total CB (je reporte la vérification de ceux-ci à plus tard)
(petites écritures du quotidien)
ménage dans la messagerie
vider les poubelles : salle de bain, recyclables et le verre au bout de la rue
aller relever le compteur d'eau de la chambre de service et afficher la consommation sur la porte
monter et plier le linge de notre fille, après son lavage

La sieste aura duré près de 3h, je suis épuisée. Mais me réveille bien mieux, c'est un fait.

après-midi

Impression d'un document pour l'AG de mon club de sport (ou plutôt son organisation car l'imprimante est défectueuse)
Rangement dans la cuisine et puis d'un sac à dos qui visiblement n'avait pas servi depuis ... 2018. J'y retrouve un bonnet pour le sport. 

Et puis deux petits moments familiaux sympathique, une visite et un appel téléphonique reçu.

Finalement même quand je ne fais rien, je fais des choses utiles.
(et je pense que c'est le cas de la plupart d'entre nous)

J'ai décidé de me la jouer cool pour la soirée, mais comme je me sens bien je pense que je vais bien intercaler deux ou trois trucs.

 

 

 

 


Faire au moins une chose


    Depuis quelque temps je tente de préserver une part de vie personnelle envers et contre tout. Le boulot tend à engloutir toutes mes heures actives, et j'ai décidé de m'en tenir à mes plans d'entraînements de course à pied. Une fois ces deux éléments casés, et l'indispensable (le temps pour les choses physiologiques, alimentation, sommeil, toilette ... et de soins (kiné) + un minimum vital de tâches ménagères) il ne me reste plus rien, plus d'énergie et peu de temps. J'en suis réduite à passer mes après-midi de week-end et mes fins de soirées au lit, à essayer de regarder encore un peu une vidéo (de sport ou de voyage ou un documentaire) ou bien lire enfin. Et en fait m'endormir vite.

Alors je commence peu à peu à ressortir un peu, accepter un restau, tenter un ciné (si une séance particulière se présente) et puis surtout j'ai décidé de faire au moins une chose chaque soir, une activité qui me fait plaisir ou un morceau de rangement (ça devient très très très critique et urgent), une tâche administrative, des réponses à des messages amis.

Ce soir c'était préparer des envois de cadeaux qui étaient restés coincés là - j'avais réussi à intercaler l'achat et puis : plus rien -. 
Ça réduit le sommeil mais c'est bon pour le moral. 

Ce qui l'est moins c'est d'avoir retrouvé à cette occasion d'autres cadeaux qui datent probablement du premier confinement, juste avant, ou juste avant que l'on reconfine et voilà que je n'en ai plus aucun souvenir et je sais bien un peu pourquoi. Ces périodes si particulières m'ont fait en mémoire un effet bizarre, rejetant les "avant" dans un lointain, avec les zones d'oublis assorties, alors qu'en fait seuls trois ans se sont écoulés (ou moins, pour le deuxième confinement). 

Si tout va bien, ça va bientôt être reparti pour une période d'archéologie familiale, tri, archivages et jetages. Et ça fera du bien.


Les deux avantages du télétravail

(giovedi)

Celui-ci 

2023-01-12 22_19_59-Garmin Connect_sommeil

Et celui-là 2023-01-12 22_16_26-Garmin Connect

Le prolongement de sommeil et le petit entraînement de course à pied sur les heures de transports économisées.

Il y en a un 3ème qui est le déjeuner rapide avec l'époux qui achète en chemin de quoi réchauffer et se charge de le faire afin que je gagne du temps. Sur l'heure qui m'est impartie je peux ainsi me reposer 30 minutes et c'est extrêmement précieux. Je tiens ensuite l'après-midi facilement alors que tous les autres jours je lutte pied à pied contre la fatigue et la difficulté est là plus que dans le travail même.


Déphasée / épuisée


    Dans mon travail actuel je suis essentiellement au téléphone avec des clients en train de (tenter de) les dépanner de leurs tracas informatiques. Et quand je ne suis pas au téléphone, je suis en train de rechercher une solution, parfois nous sommes à plusieurs. Les journées font 8 heures avec une pause déjeuner d'une heure qui s'ajoute mais ne permet guère de faire plus que simplement déjeuner. Si je déjeune à la salle commune, je consulte parfois mes messages ou des fils d'infos sur mon téléfonino en mangeant. Quand nous déjeunons à plusieurs ou qu'il y a une conversation active, je jette rapidement un coup d'œil à mes messages, WhatsApp ou SMS perso, mais guère plus. Généralement je pars de chez moi à 08:15 et rentre à 20:15. 

Bref, il m'arrive parfois d'être douze heures sans la moindre info du monde extérieur.

Quand l'actualité est inquiétante, ça peut être un bien. Par exemple lorsque les troupes russes ont envahi une partie de l'Ukraine en février dernier ; je pouvais passer des journées engloutie dans les urgences de boulot sans pouvoir y penser.
Il y a l'inconvénient assorti : une fois rentrée, douchée, rassasiée, j'ouvre mon ordi perso et c'est toute l'horreur de 24 heures de ce monde brutal qui déboule, alors que je suis dans un épuisement qui accentue ma vulnérabilité et mon sentiment d'impuissance.

Cette semaine il se trouve qu'un problème général indépendant de nos services directs a accru le nombre d'appels puisque des clients appelaient en nous demandant s'ils étaient les seuls impactés ou si l'incident était général.

J'en ai ressenti une impression de jour + 1 au niveau de la fatigue. À tel point que lisant ce midi une brève qui relatait mercredi matin gare du nord, l'attaque de passants par un type muni d'une arme blanche, je n'ai pas capté qu'il s'agissait du jour même, j'ai cru qu'il s'agissait de la veille et passé le premier élan de compassion (partir bosser le matin et tomber sur un type qui vous poignarde juste parce que vous avez le malheur de croiser sa crise, c'est terrible ; sans compter que les gens qui ont un boulot précaire auront perdu et la santé et le boulot qu'ils avaient), je me suis dit que j'étais décidément bien déphasée pour n'en avoir pas entendu parler après plus d'une journée.

On en est là (et le monde de sa violence et moi de mon niveau de fatigue).


Il y a huit ans


    Le 7 janvier, l'attentat à Charlie Hebdo, c'était il y a huit ans.
J'y ai pensé toute la journée.

Pourtant j'ai aussi pensé à l'anniversaire d'une ancienne amie, et il y a eu un moment festif avec mon club de triathlon et j'ai lu un roman prenant sur un sujet dont il convient de parler jusqu'à ce que la question ne se pose plus : les féminicides. 
Il s'agissait de "Ceci n'est pas un fait divers" de Philippe Besson. 
J'ai aussi regardé un documentaire sur la vie tourmentée d'Éric Clapton et dépannée la montre Garmin du Joueur de Pétanque.

Mais Honoré, et ses ancien·ne·s collègues, les survivants et les victimes, j'ai pensé à eux toute la journée.

Cela fait huit ans aussi que je ne souffre plus du froid. Et que la fin de cette souffrance m'a fait prendre conscience d'à quel point elle m'handicapait. Mais ne sachant pas à quelle point la vie pouvait être différente sans se ressenti, et ne sachant pas à quel point il pouvait faire un effet différent aux gens normaux (dont je fais désormais partie de ce point de vue), je n'imaginais pas. Je croyais simplement les autres plus forts mentalement, capables de résister à cette douleur mieux que moi. En fait, ils ne l'éprouvaient pas.


À la marge d'un jour travaillé

 

    Que les choses soient claires : même si la fièvre liée à la 4ème dose de vaccin contre le Covid_19 est retombée, ça n'était pas fou-fou au niveau de péter la forme, et comme la journée de boulot fut chargée, un peu comme si pas mal de gens souhaitaient régler pas mal de choses avant la fin de l'année, je n'ai pas fait grand chose d'autre que travailler.

Pour autant, il y a eu de bons moments :

lors du déjeuner, la collègue d'origine grecque qui se reconnaîtra si elle passe par là et qui nous a régalé d'un cocktail léger de son pays car une autre collègue détenait une bouteille d'un produit à base de sève de pistachier.

Capture d’écran 2022-12-30 à 21.27.34    le retour vélotaf par temps pluvieux mais délicieusement doux fut un bonheur - malgré une chute évitée de peu en raison d'une bordure métallique sur la bidir de la Porte de Vanves -. Ça n'était pas un Vélib électrique mais en prenant mon temps c'est passé facilement, malgré l'épuisement. J'ai repéré vers la place de Catalogne où était le Jardin des colonnes, ce qui n'était rien, puisqu'il était fermé, mais permettait de changer une prolongation du temps de travail en temps personnel de poursuite permanente de la découverte de Paris.

La soirée était déjà réduite lorsque je suis rentrée (il était 20:30 environ), mais j'ai pris du temps pour ce qui m'intéressait, un Tout le sport spécial Pelé, que j'ai trouvé remarquablement équilibré, un podcast sur les violences conjugales (hé oui, ça n'était pas mieux avant, quand on considérait tout ça avec un haussement d'épaule, un fatalisme), un article du Parisien sur des mesquineries budgétaires concernant l'équipe de France de football, et un billet de blog permettant de calculer entre autre les jours de la semaine des débuts d'années. J'ai aussi découvert l'existence de MYM, ce qui à la fois ne m'étonne pas (1), notre société étant ce qu'elle est et me stupéfie (des personnes ont donc si peu de vie personnelles qu'elles ont besoin d'exister à travers d'autres à ce point-là ?).

Pensée du soir, en croisant des photos anciennes sur Pinterest : il est impressionnant d'à quel point John Lennon avait des allures, une fois passée sa période hirsute gourou hindou, de type de maintenant, un air de contemporanéité, quarante ans après.

 

 

(1) d'autant plus que j'avais déjà entendu parler d'Only Fans, mais qui m'avait paru davantage axé sur le sport, les stars du foot.

 


Le jour de la mort du Roi Pelé


    (giovedi)

Curieusement c'est au moment où, au lit parce que rendue patraque par la 4ème dose de vaccin anti-covid_19, je lisais des infos et disais au Joueur de Pétanque, On dit que le Roi Pelé serait au plus mal, qu'est passé un touite de Mbappé, qui annonçait le décès de son aîné de légende.

Capture d’écran 2022-12-29 à 22.23.25

 

C'était assez beau de l'apprendre ainsi, même si cela m'a équipée d'un coup de vieux intersidéral : il n'y a plus ni Reine d'Angleterre ni Roi Pelé, plus personne ne reste des points d'ancrage des temps de mon enfance, qui étaient déjà révolus, oui, mais il n'y a plus de ces témoins généraux.

Je me souviens de l'enthousiasme de mon père lorsqu'un match était retransmis dans lequel jouait le Brésilien (1).

De cette journée traversée patraque, à laquelle j'ai survécu grâce au télétravail, lequel comportait une session de formation qui m'a bien aidée, il restera donc cela : c'était le jour de la mort du Roi Pelé et j'étais en pleine fièvre de ma 4ème dose de vaccin.

Le chagrin a un temps tenu en respect la tête qui donnait l'impression que j'étais dans un grand huit ou en train de parcourir un circuit automobile dans une voiture de course, quand j'étais allongée dans mon lit. 38,2°c, tout s'expliquait ; même si je n'avais pas de symptômes de température trop chaude ou trop froide et pas non plus de frisson.

J'espère que demain ça pourra aller. Même s'il y aura une tristesse diffuse, qui, je le sais, va perdurer.

 

(1) À l'époque pas d'internet, pas de magnétoscope, des Mondovisions relativement rares (une coupe du Monde, des J.O.), il convenait de ne pas louper ces rendez-vous si l'on souhaitait voir à l'œuvre celui que l'on admirait.

 


New ordi day (au taf) + arcobaleno

 

20221226_140012    Depuis des mois mon ordi de boulot plantait ; j'avais hérité de celui de celle que j'avais remplacée et il commençait à fatiguer. Seulement il fallait qu'un des collègues de haut niveau prépare son nouveau poste pour me céder celui qu'il utilisait. Aujourd'hui, tout était prêt.

Alors ce fut pour moi un new ordi day et c'était un beau cadeau de Noël en somme, car ça devrait vraiment me faciliter la vie plus de 40 heures par semaine. 

Évidemment, dans un premier temps, il y aura plein de petits trucs à régler mais bon, je devrais rapidement gagner du temps et économiser de l'énergie par rapport à avant.

J'écris ce billet afin que la date reste notée.

Pour le reste : un bon Vélotaf back à Vélib, lentement (ça n'était pas un électrique et j'avais envie d'être prudente), une jambe gauche (ischios et cheville) douloureuse le matin rien qu'en marchant et à un moment de la journée je prends conscience qu'il n'y avait plus aucune douleur (et je n'ai éprouvé aucune gêne lorsque je pédalais).

Comme nos restos Thaï habituels et voisins étaient fermés, j'ai marché jusqu'à la Vache Noire, le centre commercial, pour y prendre une gaufre et la manger en chemin. Sauf qu'il pleuvait. Mais lorsque je suis sortie le soleil venait de poindre. Il n'a pas duré mais j'ai pu admirer un arc en ciel double magnifique. C'est si rare à Paris (1).

J'ai reçu un pantalon commandé il y a si longtemps que je l'avais presque oublié.
Après le dîner j'ai testé la connexion à partir de mon domicile sur le nouvel ordi. Ça fonctionnait du premier coup parfaitement. Fait rare. J'en ai été tout espantée. 

Le Joueur de Pétanque a des soucis de téléphone, semble décidé à en racheter un, mais il éprouve la nécessité d'hésiter, coincé par l'illusion d'être plus malin s'il parvient à profiter d'une "bonne affaire". Le vrai truc, c'est de cesser de perdre son temps de cette façon, si on a la chance de pouvoir se le permettre.
En même temps je suppose qu'il y a un plaisir à tenir ses proches en haleine avec un petit suspens créé de toutes pièces par les atermoiements. 
Chose qui m'est totalement étrangère. De mon côté, moins un ennuis matériel perdure, mieux c'est. C'est en effet très consommateur d'énergie et de charge mentale de "faire avec" un outil qui dysfonctionne. 
(Go to le début de ce billet, et le soulagement que j'éprouve lorsque ce n'est pas moi qui décide, que ça traîne, et qu'enfin, plus tard, j'en suis délivrée).

Les nouvelles de la suite (du rebond ?) de l'épidémie de Covid_19 en Chine sont inquiétantes, c'est confirmé.

Youtube où je regardais une video scientifique a enchaîné sur un documentaire Arte relatant le destin de Vivien Leigh, lequel m'a fait reprendre conscience pour la nième fois que je le sais mais à chaque fois j'oublie :  mon cerveau a fait son casting personnel et décidé que c'était Liz Taylor qui jouait le rôle de Scarlett O' Hara. Et le remet en place à chaque fois. Et d'ailleurs à la place de Clark Gable, c'est Richard Burton dans ma tête, et c'est vraiment mieux comme ça.
Au passage j'ai appris (ou ré-appris, car la pandémie a effacé bien des choses que j'avais en mémoire, en particulier celles qui "ne servent à rien") qu'il existait un Clark Gable troisième du nom et petit-fils du premier, mort soudainement en 2019 d'une overdose d'opiacées. J'ai déjà entendu parler de la crise des opiacées aux USA, en me demandant combien de temps ça mettrait avant de nous tomber dessus en Europe, mais en lisant cet article qui date de l'été  ; en particulier ceci : "Le fentanyl est si puissant que la différence entre vivre ou mourir tient à moins d’un gramme", je me dis que c'est plus grave qu'il n'y paraissait (un truc de junkies comme un autre, m'étais-je dit). C'est ce qui avait causé la mort de Prince, aussi.

Le temps d'effectuer ce petit parcours de sérendipité, ainsi que d'échanger quelques messages avec mes cousines et cousins italiens et par ailleurs ma fille, et il était minuit et l'heure de me coucher. Voilà comment file une journée, en temps de paix (relative) dans la localité.

Grâce à l'arc en ciel (et au nouvel outil de travail au travail), j'ai au moins l'impression que cette journée n'a pas eu lieu en vain.


(1) Non qu'il n'y en ait pas mais qu'il est difficile de voir assez bien un assez grand pan de ciel pour l'apprécier.


Première corrida de Houilles et première fois que je parviens à suivre un pacer (à 70' , ne rêvons pas)

    

0-2146-11154-67-00067-PW3XSa

Alors au départ cette journée avait un petit air de Quand ça veut pas ça veut pas.

En premier lieu et alors que la veille avait été une bonne journée (il n'y en a pas tant que ça, tant sont englouties par les obligations), on avait reçu juste avant d'aller dormir la triste annonce de la mort d'un vieil ami, avec le supplément de peine qu'il y a à l'apprendre incidemment et après coup (1). Ça rend le réveil triste, forcément. Et c'est la moindre des choses, en sa mémoire.

Puis c'était mal emmanché, je voulais partir à l'avance afin d'avoir le temps de poser tranquillement mon sac de vêtements chauds à la consigne, aller aux toilettes et surtout compte tenu de la température entre -2°c et 0°c soigneusement m'échauffer.

Seulement comme je n'étais pas dans mon assiette (cf 1er §), j'ai oublié mon téléfonino sur le chargeur, dû revenir en arrière, prendre le train suivant et trouvé moyen à Nanterre université de rater ma correspondance : le train qui était à quai tout au bout (train court) était celui que le panneau d'affichage indiquait comme "à l'approche".
Par ailleurs pendant la course, rempochant mal avec les gants un mouchoir en tissus qui me sert fréquemment, et auquel je tenais car il me venait de ma mère, je l'ai semé quelque part.

Enfin j'ai la jambe droite douloureuse vers l'extérieur de la cheville et par moment les ischios. Comme ce ne sont pas des douleurs stables j'ai l'impression qu'elles sont liées au froid.

Malgré ces points d'adversité, la course s'est bien déroulée pour moi et encore mieux pour Le Joueur de Pétanque.
J'ai retrouvé mes camarades de club facilement, eu le temps d'aller aux toilettes avant la course ce qui m'a permis de n'avoir aucun temps perdu (malgré le froid) et pu partir dans le pack en me mettant sur le côté, c'était bien.

Le circuit en trois tours fait que l'on est doublé deux fois, lorsqu'on est parmi les lents. Il nous permet aussi de voir les rapides de près et ça s'est fort bien.

J'avais deux couches de vêtements aux jambes : le collant long 2XU et un collant court Adidas acheté large pour pouvoir le mettre dessus. Et trois en haut : le vêtement spécial froid de chez Verjari (hé oui, ça fonctionne) le tee-shirt de la course et une thermique vélo légère manche longue de mon club de triathlon. Le vêtement froid possédait une partie intégrée protégeant la main et j'avais des gants de vélos légers jaune fluo. Deux tours de cou dont le Rains très chaud et un autre sur les oreilles complété par ma casquette d'hiver Varsity. Et les chaussures Saucony (n'étant pas une influenceuse cavalcade, j'ai oublié le nom du modèle) avec lesquelles je fais un semi dans le plus grand des conforts.
J'ai tenu le -1,7°c sans problème.

Sur 1h10'30'' car oui pour la première fois de ma vie de coureuse à pied, j'ai pu m'offrir le luxe une fois qu'il m'avait passée de suivre un pacer celui des 70'. C'est quelque chose de très confortable en fait.

La course des as a été le petit bonheur des populaires qui pouvaient rester, malgré le froid. Vin chaud, chocolat chaud et crêpes nous ont permis de tenir et d'encourager. 
C'était chouette de pouvoir le faire pour Valentin André, Baptiste Cartieaux, les copains du club de triathlon, et Nico de la NTV ; bref tout le monde était là, et ça filait impressionnant. Un de nos gars, Maxime, a fait un excellent temps, P'tit Marco, fin de crève, était à la peine mais ça ne se voyait pas dans sa façon (à moins de le connaître, comme nous, qui l'avons déjà vu donnant l'impression de voleter) 0-2146-11155-84-05084-0Rb4MX 0-2146-11153-92-00392-RAnIAa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons pu échanger quelques mots avec les uns et les autres à l'arrivée et puis sommes repartis en train sans trop traîner car la plupart d'entre nous souhait voir la finale de football Argentine - France.

Le trajet collectif fut sympa et après tant de froid le confort des Bombardiers fort apprécié.

Le Joueur de Pétanque alla directement à la pétanque voir le match en collectif, tandis que je rentrais et, fait exceptionnel, m'accordai un bon bain chaud avec lecture. Tout était très silencieux. Je me suis mise au lit dans le noir, en récupération. Des clameurs m'ont réveillée et j'ai cru que l'équipe de France l'avait emporté. Quelque chose m'a fait pensé à des prolongations. Ensuite j'ai perdu la notion du temps. Aurais-je voulu voir le match plutôt que d'ignorer jusqu'au bout cette coupe du monde qui me peinait (et pour l'aberration écologique et pour les victimes sur les chantiers, et pour les atteintes dans ce pays aux droits humains), que j'en aurais été incapable.

0-2146-11152-95-12095-pGHMiY

Petite soirée tranquille, Le Joueur de Pétanque étant rentré de bonne humeur, sa prestation en course (52' environ) l'avait ravi et le match de football lui avait bien plu, s'est chargé de cuire du riz et des filets de poissons, je me suis occupée du linge et de télécharger les photos de la compétitions qui étaient non seulement déjà disponibles mais en plus via une reconnaissance faciale diablement efficace. D'où l'image en mode Où est Charlie au début de ce billet et une photo d'un des camarades de club alors que nous l'encouragions.

À présent, il va falloir affronter une semaine de six jours de travail, avec un seul jour de repos entre celle-ci et la suivante. Une épreuve autrement plus épuisante qu'un 10 km par -1°c ou -2°c.


20221218_162201

(1) Lui pratiquait les réseaux sociaux mais c'était plutôt rare pour quelqu'un de sa génération et nos amis communs n'y sont guère ou très peu.