Fierté décalée

 

    C'est très curieux mais voilà : un de mes camarades du club de triathlon, que je ne connais pas de façon intime, nous nous sommes croisés en stage et vu son niveau, et la faiblesse du mien, guère aux entraînements (nous n'étions pas dans le même lot ou sinon très vite il était très loin), participait dimanche au championnat du monde de half ironman qui avaient lieu à Nice.

Il est arrivé 17ème de sa catégorie d'âge et 111ème sur 3262 concurrents. Plus fort que certains pros alors qu'il a un boulot.

Comme pas mal d'autres camarades, j'ai suivi sa progression pas à pas via une appli dédiée au suivi de certaines courses. 

Entre le fait de se connaître et ce suivi un peu "comme si on y était", je conçois une grande joie, compréhensible, devant son exploit, et, ce qui est moins légitime, une immense fierté, un peu comme si c'était moi ou un de mes proches qui l'avait fait. Or je suis parfaitement consciente que je n'y suis pour rien. Ça n'est pas non plus une question de rapport à la célébrité, vu mon petit passé, et de beaux succès arrivés à certain·e·s de mes ami·e·s, cela fait belle lurette que je suis vaccinée. Et puis les stars du triathlon ne sont connues du grand public que lorsqu'elles furent des stars auparavant : ainsi Laurent Jalabert qui l'a emporté pour sa catégorie, ce même dimanche.

Alors voilà, je suis super fière, comme rarement de la vie, pour quelque chose auquel je n'ai pas participé, qui est arrivé à quelqu'un que je ne connais qu'un petit peu, et qui concerne un événement dont tout le monde se fout, sauf les triathlètes. 
C'est probablement sur ce dernier point que ça se joue. Malgré d'être peu douée, j'adore ce sport composé. Et j'admire infiniment celles et ceux qui savent bosser comme des fous leurs préparations et réussir le jour dit. Et ma fierté comporte probablement une grande part d'émotion, celle d'avoir vu un peu du "work in progress". 

Bravo Valentin, bravo et merci de nous avoir fait rêver (d'autres que moi l'ont dit aussi).

 


Beauté du (chemin de) vélotaf

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J'avais déjà parcouru le chemin, mais c'était magnifique sous le soleil de ce matin cette péniche qui avançait, une grande beauté, le sillage qu'elle créait.

D'une façon ou d'une autre mon trajet fait 12 kilomètres. 

Les sens interdits et la présence ou non de pistes cyclables et de DSC pas trop pourris (1) font que le bel itinéraire de l'aller est moins friendly au retour sauf dans sa partie long de Seine. 

Je pense que cette première semaine sera consacrée aux expérimentations. 

Rentrer chez soi le midi, même en coup de vent parce que - pour le coup, en train car à vélo ça serait trop juste fors en prépa-ironman, et - évidemment des perturbations, fait un bien fou, ça permet de remettre les compteurs à (presque) zéro et voir celleux de la famille qui sont présent, c'est bien.

Mon nouveau boulot est très intense mais si je tiens bien le coup physiquement je pense que justement j'aimerais ça. Ça dépote. 

Un deuil dans ma belle-famille nous essore ces jours-ci, un travail où ni l'activité ni la tension n'ont le temps de se relâcher est d'autant plus le bienvenu.  

Et démarrer la journée par un grand moment de beauté est vraiment formidable.

 

(1) Il y en a quelques-uns vers Gennevilliers ou Colombes qui sont absolument impraticables à des heures où l'on peut croiser des bus ou des camionnettes  


Quelques photos d'un passé récent


    J'étais en train de préparer mon émission de rentrée sur Cause Commune quand mon ordinateur m'a signalé qu'il commençait à être saturé. Il est vrai que très occupée par les projets de reprise de librairie puis par les préparatifs de reprise du travail tout

court, j'ai connu ces derniers mois un peu de laisser aller en matière de tri et sauvegardes et ménage de photos. 

Du coup mon avant-dernière soirée de brèves vacances (pas même une semaine, je suis fort marrie) se trouve consacrée à cette tâche qui est plutôt de type longues soirées d'hiver.

J'attaque l'année 2018. En voici quelques images avant effacement.

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En janvier lors d'une soirée à la librairie où alors je travaillais. De cette expérience je conserverais le plaisir qu'il y a à recevoir des auteurs et préparer les entretiens.

 

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En janvier 2018, Porte de Clichy il y avait encore au sommet de l'un des immeubles de l'entrée dans la ville ce panneau publicitaire informatif qui alternait affichage de l'heure et de la température. 

Las, il a depuis été remplacé par une vulgaire réclame pour un site juridique, proximité du tribunal de Paris oblige, qui ne comporte rien d'utile au passant et possède de plus un nom anxiogène. J'avais tellement l'habitude de consulter l'heure afin de vérifier que j'étais dans les temps et regarder la température pour savoir si mon ressenti ressemblait à l'existant - ou sur le chemin du départ vers quelque part voir si j'étais assez couverte -, qu'il m'arrive de me laisser piéger, regarder, voir le stupide panneau actuel et mentalement pester. 

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Le 12 janvier 2018 j'avais trouvé (ou l'on m'avait donné) de vieux livres. 

Je n'ai pas eu le temps de les lire depuis. 

 

 

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Toujours en janvier 2018 je passe l'essentiel de mon temps hors librairie hors entraînements au pavillon de mes parents, à trier, jeter, donner (merci le site donnons.org), mettre en carton, toutes leurs affaires. Tout au long de cette tâche harassante je serais partagée je crois à égalité entre une profonde tristesse, celle des deuils successifs et un tout aussi profond sentiment du devoir (bientôt) accompli. Parfois aussi un éclat de lumière via d'heureux souvenirs remontés à la surface. Et une sorte de fierté d'être parvenue jusqu'à un âge avancé sans jamais trahir l'enfant que j'étais. 
Je prends en photo la vue du balcon, le souvenir du sentiment de devoir quitter ses lieux, jeune, sous peine d'étouffer est encore vif. Celui de n'avoir pas dit mon dernier mot dans la vie aussi.

Le 15 janvier je profiterai de mon cours de danse au CMG La Fayette qui s'apprête à fermer pour prendre quatre photos en vue de documentation pour le roman "Vestiaires" que j'espère entreprendre ; le surcroît de travail engendré par la succession de mes parents à assumer quasiment seule de part un triste concours de circonstances, puis les péripéties indépendantes de ma volonté rencontrées dans ma vie professionnelle, vont m'écarter une fois de plus d'un projet d'écriture #SyndromeDeGeorgeBailey 

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Première punition


    Je lis chez Oncle Tom un billet sur [Sa] première heure de colle, pour un motif qu'il n'avait pas vraiment compris. Le monde des adultes avait décidé qu'un passe-temps discret au collège était interdit, le puni et ses amis n'en savaient rien sur qui la foudre de l'autorité s'est abattue leur donnant, puisqu'ils n'avaient pas été avertis que c'était interdit, un sentiment d'injustice, de ceux qui changent une vie, ou au moins une façon de voir les choses.

C'est amusant car en lisant des articles sur l'obligations désormais de la scolarité à 3 ans, j'avais repensé, moi aussi, à ma première punition. C'était en maternelle et je devais avoir ça comme âge, 3 ans ou 3 ans 1/2. Ma mère comme j'étais de la fin de l'année avait sans doute procédé à mon inscription en cours de celle-ci car à 2 ans 1/2 j'étais trop petite je crois. Je débarquais dans un monde inconnu où les adultes criaient des ordres, où l'on nous demandait de faire des choses bêtes et où j'avais du mal à comprendre le parler-enfants de mes petits camarades. On n'apprenait pas à lire, rien de tout ces trucs de grands que j'entrevoyais quand la famille avec les cousins et cousines plus âgé·e·s venaient à la maison ou qu'on allait chez eux. On nous demandait de dessiner des choses obligées, par exemple une châtaigne, un marron. Moi, j'avais envie de dessiner ce qui me plaisait. 
Et voilà que très vite ma première punition (je crois qu'il fallait aller au coin le dos tourné à la classe) m'était tombée dessus : j'avais bavardé.
Or, j'ignorais totalement que ce fût interdit. Peut-être parce que j'arrivais en cours de route, personne ne m'avait dit : ici quand on fait le dessin obligé, on se tait, je n'avais pas de grand frère ou grande sœur pour me tenir au courant de la discipline scolaire, les parents ne m'avaient pas briefée autrement qu'en me disant Sois sage. Visiblement le Être sage de l'école n'était pas celui de la maison. 

Je garde de cette punition à mes yeux inexplicable le sentiment que l'ordre de ceux qui décide n'est pas forcément le bon, une sorte d'inquiétude diffuse qui ne m'a jamais lâchée (Est-ce qu'on devient bête en devenant grand ? Remplacée plus tard par "en devenant vieux" ?), tant il était évident à mes yeux que l'institutrice avait tort, et qu'on dessinait beaucoup mieux en parlant.

Et puis de toutes façons une école où l'on n'apprenait pas à lire, qui était, je l'avais saisi LE secret magique des grands, c'était nul. 

Bonne rentrée ou la moins mauvaise possible à toutes celles et tous ceux que le rythme scolaire concerne et qui redémarrent cette semaine.  

 


Le générique

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Quelqu'un a posté ce soir sur Twitter le générique d'Amicalement vôtre.

Ce fut longtemps ma série préférée. 

Elle fut diffusée en France dans le courant des années 70 puis fréquemment rediffusée.

Je la croyais en noir et blanc. C'était seulement la télé de mes parents qui n'avait pas la couleur. 

Elle était diffusée en V.F. et quand longtemps plus tard j'ai eu accès à la V.O. je me suis rendue compte que celle-ci était moins bien. C'est l'un des rares cas où la V.F. l'emporte. 

Michel Roux et Claude Bertrand s'en sont donné à cœur joie, la voix de Michel Roux est parfaite de gouaille pour le gars du Bronx qui a réussi, et ils ont rajouté de l'humour. 

Une des rediffusions, c'était au temps d'avant les internets, d'avant les DVD et d'avant même que les familles de Français moyens ne puissent s'offrir des magnétoscopes à grosses cassettes, eut lieu alors que j'étais en classe prépa. et rentrais chez mes parents le week-end. Je n'avais pas le temps de regarder la moindre série, il fallait bosser sans cesse. Alors je demandais à ce qu'on m'appelle pour le générique. Puis je retournais à mes maths. 

Meilleur générique de tous les temps, je veux bien le croire. 


"The radium girls" de Kate Moore

(Au départ un thread sur Twitter mais ça mérite bien un billet)
 
Alors comme le "Feel good" de @thomasgunzig m'avait donné la pêche et du courage et aussi pour éviter d'enchaîner avec un autre roman que j'aurais forcément trouvé fade, j'ai attaqué cette lecture-ci dans la foulée. C'est passionnant, mais quel coup de poing même en s'y attendant
 
 
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Il s'agit de la terrifiante histoire des jeunes femmes qui travaillèrent au début du XXème siècle dans des usines où l'on utilisait le radium en particulier pour créer des aiguilles fluorescentes sur différents appareils. Elles travaillaient au pinceau.
 
 
Pour davantage de précision et de rendement, et aussi parce qu'à tremper dans l'eau les pinceaux durcissaient, elles le passaient sur leur langue entre deux tracés.
Le livre relate leur long combat pour faire reconnaître comme maladies professionnelles les cancers et autres conséquences qu'elles subirent, et obtenir prise en charge des soins et dédommagements.
Dès le début certaines jeunes femmes s'étaient méfiées, assez vite des médecins consultés furent sur la bonne piste, l'un d'eux obtint même de visiter les locaux, mais on ne lui communiqua pas toutes les infos.
 
 
Le pire étant que leurs employeurs savaient, du moins à partir d'un certain moment, et d'ailleurs prenaient des précautions pour eux-mêmes, mais toute la structure hiérarchique prétendait que Mais non, vous ne craignez rien.
 
 
La famille de la première victime décédée dans d'atroces souffrances, fut réduite au silence parce que des avis médicaux officiels prétendirent qu'elle était morte de syphilis, ce qui laissait planer des doutes sur la conduite de la défunte, qu'on aurait pu considérer à titre posthume comme une fille légère (par exemple de dissuasion aux éventuelles protestations). Et quand ça commençait trop à se savoir à un endroit que les jeunes femmes qui bossaient là ne faisaient pas de vieux os, une usine ouvrait dans un tout autre état. Salaires élevés, à côtés marrants (elles brillaient en soirée (au sens littéral)), et hop de nouvelles recrues réjouies arrivaient.
Un degré d'horreur supplémentaire est venu du fait que comme les ouvrières étaient ravies dans les débuts, car ce travail était mieux payé et vraiment moins pénible que la plupart des emplois d'usine, lorsqu'il y avait besoin de recruter, elles en parlaient à leurs sœurs et cousines et amies. Ce qui fait que des familles se sont retrouvées décimées ou des voisinages entiers.
 
De nos jours ça n'est plus le radium, mais je reste persuadée qu'on fait peu de cas de la santé des gens quand beaucoup d'argent peut être gagné par qui les emploie.
 
C'est un livre formidable ... dont je n'ose pas trop conseiller la lecture, tant il est dur, les pathologies déclarées atroces, et le cynisme des employeurs absolu. Avec en arrière-plan une façon de considérer que ça n'était pas (si) grave, ça ne concernait que des femmes et qui n'avaient pour la plupart qu'une éducation primaire. 

Photo d'autrefois

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Cette photo, retrouvée dans les affaires de mon père quand j'ai rangé trié déménagé la maison de mes parents, me fascine. L'homme à gauche est mon père jeune, la photo date probablement des années 50 à Paris. Elle n'était pas dans un album, il n'y avait pas de noms, je ne sais rien de plus et plus personne n'est là pour pouvoir expliquer.

En fait j'ai l'impression qu'elle pourrait s'intituler : 

Mon père et des ami·e·s dans un roman de Modiano

ou peut-être 

The no-name café 

Je m'aperçois que je ne sais rien, ou très peu, des amis de jeunesse de mes parents.

Quelques bribes du côté de ma mère car nous avons gardé un lien fort avec La Haye du Puits où elle a grandi. Une de ses amies d'enfance est même venue à ses obsèques et je lui en sais gré.

Des anecdotes du côté de mon père qui me racontait dans ses bons jours volontiers "Quand j'étais petit" ou "Quand je venais d'arriver à Paris". Seulement mon père faisait comme je le fais quand je relate un épisode qui implique des tiers, il ne les nommait pas, ne divulguait d'elles ou eux que ce qui avait un sens pour l'histoire qu'il avait envie de raconter. Ou alors il donnait les surnoms, car en Italie avec l'usage des diminutifs sur les prénoms, c'est courant. Donc il y avait le copain qui était une armoire à glace mais était tombé KO au premier coup de poings (bagarres de fin de bal musette), l'autre pote qui était "une force de la nature", et ses exploits horticoles et athlétiques, en plus de son boulot d'usine, etc., toutes  personnes sans autre désignation. Des prostituées d'un hôtel où il logea un temps près de la porte maillot et qu'il semblait tenir en estime et réciproquement quand il avait installé sur le WC collectif à la turque un système rabattant et la plomberie qu'il fallait pour les transformer en douche quand on le souhaitait. Il s'empressait de préciser qu'il n'était pas client, et que contrairement à d'autres il les respectait. Il racontait que son dispositif avait eu un inconvénient par ricochet : parfois les toilettes étaient longuement occupées par quelqu'un qui se lavait. C'était l'après guerre en France et les installations sanitaires laissaient à désirer. 

Un nom demeure car il s'agissait d'un couple que mes parents ont fréquenté durant mes petites années : Peppino ; je crois me rappeler qu'ils étaient plus aisés que mes parents. Et que par ailleurs lui était mort, car plus âgé (mais pas tant que cela ?), que c'était pour ça qu'ils ne se voyaient plus. Ou parce que d'autres avaient vers la fin ses faveurs ?

De loin en loin nous allions chez des collègues de mon pères ou eux venaient à la maison. Mais ma mère manquait d'enthousiasme, au fil des ans ce type de fréquentations s'est effiloché. J'y ai sans doute involontairement contribué car on m'avait fait croire que j'avais peur des chiens. Alors quand on allait quelque part où il y avait un chien, ses maîtres l'enfermaient à cause de moi et ça me rendait malheureuse, le chien pleurait derrière une porte, tout ça devait plomber l'ambiance. Après la naissance de ma sœur je pense que ma mère refusait les déplacements du dimanche. S'est alors ouverte la période, tout le monde en voiture et on se promène en voiture, l'usage de la voiture comme une fin en soi, on est heureux d'en posséder une, tout le monde n'en possède pas (1) ; avec éventuellement trois pas dehors dans un joli endroit (L'Isle Adam, le château de Compiègne, Chantilly ...).

Voilà pourquoi je n'ai aucune idée de qui sont les personnes sur la photo, probablement des fréquentations de mon père entre son arrivée d'Italie et le moment où il rencontra ma mère, dans le bus pour aller au travail, qu'ils empruntaient régulièrement vers Nanterre aux mêmes heures, avant que le travail pour lui, puis pour elle, ne migre à Poissy (2).

Il y eut bien sûr des fréquentations de voisinage - je me souviens des noms des voisins à Chambourcy alors que nous en sommes partis quand je n'avais que 5 ans 1/2 -, des fréquentations de parents d'élève - la famille Duval dont la petite Hélène était une grande amie de ma petite sœur, dont je me suis souvent demandée ce qu'ils étaient devenus -, des fréquentations via des activités, sportives en particulier, que ma mère pratiquait. Tout ça eut lieu plus tard, et peu de fêtes, sauf de famille avaient lieu à la maison. Les dimanche étaient de bricolage pour mon père, de sports dehors ou d'heures studieuses pour moi, ma sœur sortait peu et ma mère avait toujours quelque chose à faire. C'étaient des vies de travail, week-ends compris. La détente c'était : regarder la télé. Et donc personne ne venant qui aurait correspondu pour l'un ou l'autre de mes parents, aux années d'avant. 

Sur cette photo, qui sont les gens ? Quel(s) étai(en)t leur(s) lien(s) ?
Et où était ce café (potentiellement à Paris vers le XVIIème arrondissement) ? 

 

(1) rien à voir avec l'écologie ou le fait que les transports en commun suffisent. Tout à voir avec l'argent qu'il faut pour en acheter une. Le vélo est encore un moyen de transport comme un autre, mais qu'on rêve de laisser tomber pour l'auto ou, si l'on est encore jeune mobylette ou moto. Les scooters en France sont rares, mais en Italie très courants. 

(2) aux usines Simca  


Juste ciel ! (Simone Biles)

Un grand un immense merci @Kozlika qui a déposé une séquence de ceci sur Twitter ce matin :

 

[vidéo : U.S. Gymnastics Championships in Kansas City, Simone Biles enchaînement de gym au sol incluant un triple-double soit un triple-twisting double-flip (double salto arrière avec trois vrilles dans les airs)]

C'est le genre d'exploit qui me fait pleurer. L'humanité capable de repousser les limites sans arrêt. Ça va bien au delà de réussir un mouvement de gymnastique.

Grand grand grand respect à elle. Les heures de boulot et de souffrances qu'il lui aura fallu endurer, même en étant extra-douée (1), quand bien même elle carburerait à n'importe quel produit dopant pour avoir la force et l'énergie de tant travailler ou la récupération facilitée, je continuerai à l'admirer.

Le plus fou étant qu'après ce saut triple à couper le souffle, elle produit un enchaînement aux nombreuses difficultés, dont elle semble se jouer. Même en admettant que quelqu'un d'autre devienne capable de reproduite la première difficulté technique, pouvoir continuer sans avoir les muscles tétanisés par l'effort infini fourni est en soi un exploit.

PS : La sortie sur la poutre, est pas mal non plus (2)

[vidéo : U.S. Gymnastics Championships in Kansas City, Simone Biles à la poutre avec une sortie en double-double (double salto, double vrille)]

(1) J'aime la pratique sportive mais je peine à faire une roulade, une roue, un virage en natation, ce qu'elle fait demande outre une détente de folie, une capacité d'orientation dans l'espace en mouvement extraordinaire.

(2) euphémisme, bien sûr


Voyage en Transsibérie (par procuration)

 

Capture d’écran 2019-08-09 à 08.50.54   Je suis une grande voyageuse et une nomade ; ma vie, hélas, ne s'en est pas aperçue. 

Donc en ce mois d'août d'être coincée à Paris avec, par la force des choses, un peu de temps pour moi, je voyage beaucoup grâce à mes ami·e·s et l'internet qui leur permet de donner des nouvelles et à ceux qui ne bougent pas, ou bougent ailleurs, d'en prendre. 

Cette année, je me régale du carnet de voyage collectif de Daniel Bourrion, Jean-Christophe Diedrich et Olivier Toussaint

On the route - Transsibérien

Le site est beau et simple d'accès, un site comme je rêve de me créer quand je serai retraitée. Il met en valeur les photos et les textes, permet les lire ses derniers avec aisance. 

Les photos sont à rester scotché·e de longs moments devant - site à ne pas consulter lorsque vous êtes au boulot, c'est du NSFW d'une façon différente de celle d'habituellement -.

Et les textes impressionnants de dire beaucoup avec peu de mots. Ils me rappellent certains romans de petite taille que l'on glisse dans une poche, qu'on lit, qu'on trouve formidables et l'on en parle aux autres, et ce faisant on s'aperçoit qu'on a tant et tant de choses à dire de ce qu'ils nous ont transmis, qu'on se surprend à regarder leur volume et leur pagination. Il y avait tout ça dans ça ?
Voilà que j'ai l'impression de connaître la Russie d'à présent ; pour très peu de mots finalement. Chapeau.

Grand merci à eux.

 

(pas la peine de cliquer sur l'image, je ne sais pas pour l'instant faire que la photo entraîne vers le site)

 


Annonce apeçue en fin de journée du décès de Jean-Pierre Mocky

 

    La journée ne s'est pas du tout déroulée comme je me l'étais figurée : aller courir, aller au ciné, m'accorder une sieste, avancer la part de rédaction personnelle sur mon projet, ranger tant que j'étais seule, écrire en soirée.

Je me suis levée trop tard pour courir, j'ai été au ciné mais finalement pas pour voir le film que j'avais en vue (documentaire sur le travail de Thomas Pesquet, éventuellement celui sur la chute de Weinstein : les deux ne sortiront que plus tard) mais un autre quoique documentaire également (celui sur Diego Maradona), je n'ai pas fait de sieste immédiatement, mais j'ai cherché des compléments d'informations, et quand je me suis accordée la sieste prévue ce fut pour être réveillée par un appel téléphonique. Quant à la soirée elle aura été curieusement bouleversée par l'annonce du décès de Jean-Pierre Mocky. 

Capture d’écran 2019-08-09 à 00.32.55 C'est je crois un touite de Virgile qui m'a alertée en même temps que me parvenait une alerte du Monde .

La filmographie du cinéaste ne m'est pas très connue, je l'avoue et j'ignorais (ou j'avais complètement oublié) qu'acteur fut son premier métier. 

Il se trouve que je l'avais croisé à Livre Sterling où il était venu tourner une scène pendant une journée, que mon patron le connaissait alors du coup par ricochet de souvenirs (plus que par connaissance de cinéphile) sa mort ne me laissait pas indifférente. 

Et qui accessoirement aura ouvert pour moi, engloutissant ma soirée, la trappe d'un trou de mémoire abyssal - même pas l'impression que "Ça va me revenir" - : quel était donc le film dont une scène fut tournée à Livre Sterling par un frais jour du printemps 2012 ?

Rien ne me venait.

Alors j'ai entrepris des fouilles archéologiques dans mes propres blogs, hélas pas le fotolog même si j'ai pu vérifier mes copies générales d'écran. 

Au passage j'ai retrouvé, une jolie photo de Yéti 6a00d8345227dd69e201a73d7ce956970d-500wi

, un billet de blog qui m'a fait rire (ô temps insouciants où l'on pouvait reprocher à un président de la République sont inconséquence sentimentale plutôt que la violence de la répression commise en son nom), d'autres qui m'ont émue et que je ne relierai pas ici, beaucoup de nostalgie - toujours eu ce sentiment contrairement à mes expériences ultérieures, que mon temps à cet endroit n'était pas parvenu jusqu'à son terme, de même que ma relation avec FDK, alors que bien d'autres choses vécues depuis ont eu lieu, se sont achevées et font calmement partie de mon passé -, et enfin le billet qui me permettait de retrouver sinon le titre du film du moins la date à partir de laquelle il serait plus aisé de le retrouver. 

Je le reproduis ici, puisque ça concerne le souvenir du défunt cinéaste : 

366 - action éclair

 

J'arrive au travail, tombe face à face et amoureuse d'une camera, rencontrée il y a 5 ou 6 ans dans mes rêves, sur le champ un monde fou, le contre-champ pas mieux, mon patron me fait malgré tout signe d'entrer, j'aime le spot qui éclaire fort, il me réchauffe la moëlle des os, sous la foule le petit chien affectueux me fait la fête, reconnaissant parmi le peuple humain qui a envahi son univers diurne un élément ami, tandis qu'au dessus de nos têtes grommelle Jean-Pierre Mocky.

Puis tout soudain, les lieux se vident, la librairie redevient ce qu'elle est : une boutique où se pourvoir en lectures ; seulement entre-temps les clients ont regagné leurs bureaux et qui pour la plupart ne repasseront qu'au soir.

Heureusement arrive une amie dont la présence m'accorde une transition douce entre le tourbillon du tournage et le tout-venant de l'après-midi.

L'intermède cinématographique n'était pas prévu. C'est le patron qui a intercepté le réalisateur, sensible à l'offre (bénévole). 


366 réels à prise rapide - le projet
 

 366 réels à prise rapide - les consignes.

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C'était dans le cadre d'une participation à un jeu d'écriture ; mais la présence de l'équipe du tournage avait été réelle. 

Je peux me coucher en (relative) paix avec mon trou de mémoire : il ne me restera que trois films à visionner. Le gag serait que la séquence à la librairie n'ait au montage pas été conservée.