Le 20 janvier 2018

 

    La mémoire de mon ordi étant saturée - trop de photos - je dois toutes affaires cessantes reprendre mes tâches de ménage, sauvegardes et tris, que l'emploi du temps de semaines de 45h des mois de septembre et octobre m'avait fait mettre de côté. 

Je me trouve ainsi aujourd'hui replongée dans mes images du dimanche 21 janvier 2018. 

Ce que j'en sais à l'instant d'ouvrir le sous-dossier photo de cette journée : période pendant laquelle je travaillais à la librairie Charybde, belles semaines bien chargées, avec nombre (réjouissant) de rencontres en soirées, mais un brin trop de taf administratif à mon goût, période pendant laquelle les week-ends l'homme de la maison et moi courrions en forêt afin de préparer le maxi-trail de Bouffémont, période pendant laquelle je passais presque tout mon temps libre à Taverny à préparer d'arrache-pied le déménagement de la maison de mes parents, date butoir en février.

Ce que j'en retrouve avec les photos : 

Un dimanche de pluie froide mais cependant nous avions bien couru. 

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Ensuite nous étions trempé. Nous avons alors profité des vêtements que nous pouvions trouver dans la maison et mis les nôtres dans le sous-sol à sécher.

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Pour les chaussures, l'homme avait emprunté d'ancienne de mon père et prêté sa paire emportée "pour conduire". Du coup j'avais un pantalon de grossesse qui avait appartenu à ma mère, vintage sixties, et ses pompes à lui, un peu grandes, mais il ne s'agissait que de marcher de la voiture à un lieu voisin. 

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Il était ensuite suffisamment tard pour ne plus retrouver un seul restaurant ouvert. D'où le repas décennal en fast-food (1)

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Parmi les objets triés et mis en cartons de ce jour-là j'avais trouvé quelques pépites 

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Vers 20h30 ou 21h30 (2) nous étions rentrés. 

Ce que j'en ai écrit à l'époque, alors que je m'efforçais de suivre l'exemple d'Anne Savelli et de tenir un semainier : 

Le dimanche fut détendant mais éreintant : courir dans la forêt [de Montmorency] sous la pluie, parfois dans la boue jusqu'aux chevilles, puis Taverny, cartons cartons ... Repas dans un fast-food car à une heure de rien d'autre. Achats de dépannage dans une boutique (Fly ?) non loin, ouverte le dimanche, population perdue. Mais chaussettes sèches.

Le terme Rincés pris tout son sens. Après on se sent bien. Une sensation d'après orage.
À la danse du lendemain je ne fus nulle part. Toute énergie vidée et les jambes en marionnettes mal animées.

Du coup je constate que les chaussures que je portais avaient une autre histoire : c'était effectivement une paire destinée à mon époux mais que nous venions d'acheter - sans doute qu'il n'y avait rien de ma propre taille -. 

Il est intéressant pour moi de constater que le semainier reprenait essentiellement : les bons moments au travail, la révélation d'avoir assisté à un moment de scène de Kate Tempest, un concert de Stacey Kent (3), et les rencontres littéraires. 

Ce que j'en ai écrit dans mon diario (personnel) : rien car selon la loi de la malédiction du diariste les périodes les plus intéressantes à écrire (fors gros surmenage et engloutissement pro sur des tâches de faible intérêt de type livraisons scolaires à la rentrée scolaire) sont les moins documentées. De fait, je n'avais rien noté entre mi décembre 2017 et fin mars 2018 : travail pour et à Charybde + trail (préparation et le courir et récupérer) + déménagement de la maison de mes parents avaient avalé l'intégralité de mon temps.

Ce que j'en avais partagé sur Insta au jour même : 

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Ce que j'en avais partagé sur Clandestines Sardines (remplaçant du défunt fotolog dont le site est à présent remplacé par tout autre chose, je pense qu'on ne récupérera plus jamais nos accès) : rien, même si j'avais quand même publié quelques photos en ce janvier

Je n'ai pas le temps matériel de faire de la touite-archéologie, donc tant pis. Pareil pour Facebook que j'utilisais je crois déjà à l'époque principalement pour la part professionnelle (rencontres littéraires que nous organisions à la librairie) ou pour ce que je souhaitais communiquer aux personnes de ma connaissance qui ne sont que par là.

C'est intéressant de mesurer les traces que l'on conserve ou pas d'une journée lambda ; il s'agissait d'un dimanche comme un autre de ma vie en cette période-là. Ce que la mémoire en fait. Ce qu'on en fait soi-même selon les lieux de partages ou d'intimité. 

(1) Je crois bien qu'effectivement je n'y vais guère qu'une fois tous les dix ans, et en cas de nécessité
(2) J'ignore si mon appareil photo était bien horodaté selon l'heure d'hiver. 
(3) Mais comment ça, en janvier qui arrive ça fera deux ans !?!


Les meilleurs moments de ma vie sont pour certains un peu pourris

Je n'y pense pas si souvent, mais je dois le reconnaître : parmi les meilleurs, plus forts et plus intenses moments de ma vie figurent ceux des concerts de Johnny en 1998 puis en l'an 2000 auxquels prit part la chorale dont je faisais partie.

Ils ont sans doute été le point de départ pour moi d'une évolution vers une libération, certes très relative au bout du compte, car très limitée par les tracas d'argent, mais qui m'aura permis si je meurs demain d'avoir le sentiment d'une vie âpre mais bien remplie et qui n'a pas trahie l'enfant que je fus (ni d'ailleurs personne d'autre, so far), et d'avoir fait quelques bricoles utiles aux autres et somme toute c'est ça qui compte. 

À vivre, petite choriste en aube blanche parmi 200, c'était grandiose ; l'énergie, la ferveur, dégagée par le public sont des sensations que je n'oublierais que si je perds toute mémoire.

Ce soir, alors que je préparais les extraits musicaux pour mon émission "Côté Papier" de mercredi, YouTube dans ses tantôt très WTF, tantôt très malignes, suggestions de videos à voir à écouter, m'a collé ça sous les yeux.

J'ai commencé à revoir, émue - sans doute que j'avais vu en différé des images du concert, il y a 21 ans, sur une vieille grosse cassette de magnétoscope, mais pas depuis -. Puis j'ai prêté attention aux paroles, que je n'avais guère à l'esprit car notre partie chantée était en notes tenues sur syllabes et non en textes et nous étions hyper-concentré·e·s sur la musique, j'avais vaguement à l'époque l'impression d'un Que je t'aime à la chasse (1) avec une invitée. Godverdomme, cette chanson, c'est juste en fait, une  justification bien velue de féminicide !   

Dans la mesure où le plus beau jour de ma vie so far est celui de l'annonce de la libération de Florence Aubenas et Hussein Hanoun alors otages en Irak, et que certes c'était un immense bonheur - je faisais partie active de leur comité de soutien -, mais directement tiré d'un malheur, même s'il cessait, je me dis que décidément, les meilleurs moments de ma vie sont pour certains un peu pourris. Du moins dans leurs fondements.

Il n'en demeure pas moins plutôt réconfortant de constater que cette chanson qui à l'époque passait crème, poserait quelques tracas à ses auteurs et interprètes si elle était créée aujourd'hui. Les temps changent, parfois en mieux.

 

(1) Bizarrement m'était resté la phrase contenant les mots chiens, chasseurs, hallali 


Arras Film Festival, les jours suivants

 

    Il fait plutôt beau ou du moins pas trop froid, mettre le nez dehors en sortant des séances n'est pas une épreuve en tout cas, on mange bien - d'années en années l'offre de restauration s'affine et s'agrandit -, en revanche on croise peu les ami·e·s, sans doute parce que nous sommes à présents des festivaliers aguerris capables de voir quatre films par jour sans épuisement ni saturation ; ce qui laisse peu de temps de battements. 

Plus de détails sur mon blog Vacances et cinéma, dont la forme n'est pas encore fixée : je comptais faire des billets de type Journal de bord et d'autres de type Chroniques de films, seulement par manque de temps pour l'instant tout est mélangé. 

Arras Film Festival jour 3 

Arras Film Festival jour 4 

Arras Film Festival jour 5 

Arras Film Festival jour 6 

Je voulais par ailleurs rédiger ici un billet sur comment on ressentait, comment on commémorait les attentats du 13 novembre 2015 quatre ans après ; et aussi sur les anniversaires devenus difficiles à fêter.

Mais je n'en ai pas eu le temps, ni les pensées suffisamment articulées. Ce que je peux dire c'est que même en n'ayant perdu aucun proche, le chagrin demeure là, une peine qui ne s'efface pas. Je ne parviens pas à le formuler proprement mais c'est un peu comme si nous n'étions encore là que grâce à leur sacrifice (pas vraiment ce que je voulais dire, il faudra que j'y réfléchisse ; quelque chose comme : un sentiment d'être redevable envers les victimes de ces attentats-là). 

Je voulais également témoigner sur le fait que chacune et chacun d'entre nous se souvient précisément de ce qu'il ou elle était en train de faire au moment où la nouvelle des attentats du Bataclan et des cafés et restaurants de quartiers voisins l'a atteint·e.

 


Ces jours-ci ça se passe à Arras

    

20191109_191506 Pour la quatorzième fois si je ne me trompe pas, je passe donc au moins quelques jours au festival de cinéma d'Arras. Difficile de tenir le rythme de chroniquer les films en plus que d'aller les voir. Donc pas ou peu de billets spécifiques par ici à prévoir, mais de l'écriture sur un blog annexe qui correspond au cinéma.

Arras Film Festival jour 1 

Arras Film Festival jour 2 

 

 


Elle avait 107 ans (Lucette Destouches)

Je n'ai appris que cet après-midi via France Culture par ce lien la mort de Lucette Destouches-Almanzor, dernière épouse de Louis Destouches connu comme écrivain sous le nom de Louis Ferdinand Céline

Elle avait 107 ans.

Il se trouve qu'elle fut une amie entre autre de Nadine Nimier qui était une habituée de la librairie Livre Sterling dans laquelle j'ai fait mes débuts comme libraire avant qu'elle ne ferme. Et que certaines après-midi, lorsqu'il n'y avait pas trop de monde, Nadine me racontait.

Du coup j'ai l'impression d'avoir perdu quelqu'un que je connaissais.

Sa loyauté indéfectible envers son sale type de mari pose brillamment la question de : jusqu'à quel point la loyauté rejoint le soutien ? (1)

C'est pour moi une question pour laquelle je n'ai pas de réponse car je me sens séparée en deux par des considérations qui ne se situent pas sur le même plan, les unes affectives, les autres intellectuelles.

Et d'ailleurs Céline est sans doute celui qui me fait le plus m'interroger sur la place de l'homme / la place de l'œuvre. Car il était d'une force littéraire peu commune. Ses phrases, elles restent. 

Et ça paraît tellement incohérent qu'une telle force et intelligence soit couplée avec des idées et des opinions politiques totalement moisies. En tant qu'homme au quotidien c'est très surprenant, les témoignages le concernant sont totalement antinomiques, c'est totalement déroutant. Peut-être ou sans doute une forme de folie.

Je me demande comment sa femme, désormais défunte, avait fait pour supporter cet époux aux multiples avatars. 

Une imagination de la conversation que nous aurions eue, Nadine et moi, si Livre Sterling existait encore, n'a cessé de flotter dans mon esprit depuis la fin de l'après-midi. 

 

 

(1) Peter Handke, ne reniant pas ses liens avec Slobodan Milošević malgré qu'entre temps on savait ce dont ses armées s'étaient rendues coupable, la pose très bien aussi.  


Je fus une enfant précoce, je n'en suis pas moins bête (ou : c'est pas parce qu'on est intelligent, qu'on n'est pas aussi cons)

 

En recherchant une autre émission, je tombe sur celle-ci, et comme j'ai quelques minutes j'y regarde de plus près. Elle fait plutôt bien la part des choses. Mais il y a quelques affirmations avec lesquelles je ne suis pas d'accord, celles-ci :

"Un enfant qui a un QI élevé est avant tout un enfant qui a de la chance parce que quand même, l'intelligence, ça sert dans la vie. Ça sert avant tout à l'école mais aussi dans tous les métiers en l'occurrence. De manière générale, les gens qui ont une intelligence plus élevée ont de meilleures chances dans la vie pour tout. Pour les études, pour la vie professionnelle et dans plein d'autres domaines." 

Elle est tempérée à juste titre par ce qui suit : "Après, le fait d'avoir une très haute intelligence ne vaccine pas contre les problèmes et ne vaccine pas non plus contre des troubles." ; mais n'en demeure pas moins assez discutable.

Je fus une enfant précoce, à l'âge de huit ou neuf ans j'étais consciente des choses, du monde, il n'y avait rien que je ne puisse piger si je ne m'y attelais pas, il suffisait que je lise ou qu'on m'explique, seules les choses de l'amour demeuraient un mystère (1). Quand je n'avais pas de 20/20 en classe c'était par distraction - les exercices m'étaient trop simples, je pensais à autre chose tout en les effectuant -, ou parce que je n'avais pas compris ce qu'on nous demandait en mode C'est trop simple ça ne doit pas être ça qu'il faut faire et du coup je m'inventais en quelque sorte un autre énoncé (à côté de la plaque), ou en orthographe car j'étais mauvaise en orthographe d'usage - le français étant une langue illogique entre toutes ; du jour où j'ai pigé un peu d'étymologie j'étais sauvée -. Bien sûr en ces temps là on ne diagnotisquait pas les gamins et encore moins les gamines. Je dois mon salut à notre institutrice de CM1/CM2, madame Banissi, qui laissait caracoler en tête avec une liberté encadrée, les élèves qui en avaient sous la semelle et alimentait les cerveaux assoiffés, tout en s'occupant bien du reste de la troupe . Je dois mon salut au fait d'aimer le sport donc je jouais avec les autres à ces jeux-là, d'aimer faire la clown, d'être tombée sur des potes de quartier dans l'ensemble bon-enfants et qui m'ont fait une place à part, une fille qui jouait aussi aux jeux des garçons, à qui on pouvait demander d'expliquer des trucs, qui nous racontait des histoires de bouquins, qui consolait en cas de pépins, qu'on pigeait pas toujours mais c'était pas grave elle était rigolote. Elle tenait parfois tête aux adultes et souvent ça les énervait encore plus mais des fois ils finissaient par céder et c'était trop bien ce qu'on obtenait. 

C'était juste de la précocité, pas d'être plus maligne, arrivée en classe prépa, et passé un premier chagrin d'amour qui me grilla bien des neurones, c'était terminé. Mais pas tout à fait le fait d'être décalée.

Et là, si l'on n'est pas issu d'un milieu social favorisé, ou si elle n'est pas couplée avec certaines caractéristiques d'égoïsme et d'ambition adaptée au capitalisme, l'intelligence n'est pas une alliée, c'est presque une forme de bizarre handicap. On voit trop bien les aliénations dans lesquelles on se retrouve enfermé·e·s pour simplement pouvoir gagner son pain quotidien, on ne sait pas se battre contre les mesquineries communes, on souffre de solitude par rapport aux groupes dans lesquels on se trouve - typiquement les discussions télés à la cantine d'entreprise du temps où c'était courant qu'il y en ait (des cantines) -. Le fait d'être intelligent peut rendre plein de choses quotidiennes totalement incompréhensibles, dès lors qu'elle ne sont pas logiques mais obéissent à des facteurs de par exemples petits profits égoïstes. On passe un peu son temps à réfréner des pulsions de révolutions : elles seraient condamnées à l'échec présupposant que la plupart des êtres humains est altruiste et logique dans ses raisonnements. Le capitalisme l'emporte à tous les coups qui est fondé sur la bêtise, les réflexes propriétaires et de jalousies et d'esprit de compétition mal placé (2).

En fait pour la survie dans notre monde présent, l'intelligence peut être un boulet, dès lors que l'on n'est pas bien né·e·s. Quelque chose qui se retourne contre soi. Notre bêtise face au monde moyen. Une façon trop élaborée d'envisager la survie.

 

 

(1) Elles le sont sans doute demeurées, même si j'ai moi-même été atteinte par cette étrange maladie qui nous rend si neuneus. Et  incapable de voir les choses telles qu'elles sont pendant un bout de temps. Une envoutante distorsion. 

(2) En ces années charnières vers un monde effondré il serait bon que l'esprit de compétition soit tourné vers l'objectif primordial de sauver la planète qui héberge l'humanité. Guess what, les milliardaires continuent à jouer à qui pisse le plus loin et celles et ceux que le pouvoir fait frétiller à se battre pour le contrôler puis faire des victimes (directes et indirectes) pour le garder. 
Plein de gens, efficacement conditionnés, ne savent plus rien faire d'autre que consommer ou rêver de le faire et prêts à tout parfois pour en attraper les moyens.

On n'est pas rendus.

 


Finie la journée

 

    Souvent je me rends compte des choses quand l'inverse survient, ou de la tension dans laquelle une situation me mettait lorsqu'elle cesse. Je crois que ça vient de ma bécassinebéatitude, un truc de naissance qui me fait voir de prime abord le bon côté des choses, de la vie et des gens, et seulement après, où lorsque ça devient vraiment insupportable, les parts sombres ou abusives ou l'épuisement.

Ainsi aujourd'hui j'ai pris conscience que je travaillais trop. Je ne parle pas du boulot qu'on abat dans le cadre d'un emploi, mais du travail de la vie quotidienne et des projets perso, ce qu'on se fixe soi-même à accomplir. 

Ce n'est pas volontaire ni le fait d'un conditionnement, ou peut-être si, de classe sociale, mes parents et leurs parents et sans doute encore avant faisaient partie de la classe laborieuse et les vies sont entièrement axées sur les tâches à accomplir. Seulement typiquement, si je dispose d'une de mes journées dans une période dépourvue d'urgence brûlante (1) mais avec des choses, des menus travaux, des tâches à accomplir sans trop tarder sinon il faudra les faire dans la précipitation, je me réveille avec une sorte de programme en tête, sans l'avoir rédigé (to-do list, je n'y ai pas recours souvent ou alors pour les choses pour lesquelles j'ai le temps et que je crains d'oublier au gré des péripéties de la vie), sans l'avoir voulu : hop au boulot de la journée.

Et je m'y tiens sauf perturbations extérieures. En commençant généralement par ce qui demande le plus de bonne forme physique ou d'efforts tout courts (telle corvée administrative, telle tâche ménagère), en me ménageant un temps de sieste sauf si je me suis levée tard (i.e. après 9h30). Le hic c'est que dès que ça se dégage un peu j'ai déjà en tête une suite de programme et j'enchaîne. 

Et puis un jour, généralement un dimanche non travaillé, je tombe épuisée et je dors ou dors-lis toute la journée, récupération obligée.

Ça n'est pas très malin car parfois, le jour suivant est au radar aussi, or il peut tomber un jour de travail nourricier. 

Le triathlon m'a appris à intégrer aux entraînements une part de récupération. Et du coup au travail de la vie de tous les jours des limites. Non, travailler jusqu'à devoir s'aplatir devant une retransmission sportive, un bon livre (qu'on ne saura bien apprécier) ou une série, n'est pas très malin. Alors désormais je me fixe des points à passer et quand c'est fait, stop : demain est un autre jour (2).

Ainsi aujourd'hui, alors que le planning était chargé car calé sur une mission précise : libérer LA pièce de la petite maison de #MaNormandie avant des travaux sérieux, j'ai décidé de m'arrêter lorsque j'aurais accompli certaines tâches, sans chercher à m'avancer. Au besoin nous partirons un peu plus tard demain. 

Alors j'ai achevé ma journée de travail domestique à 20h35 environ en ayant laissé du temps paisible pour les repas (3), en ayant réservé du temps pour un minimum d'entraînement avant la vraie reprise mardi, en ayant pris du temps pour le cimetière. 

Et à présent dans une journée qui fut sans relâche mais calmement, il me reste un peu de temps pour vaquer à mes occupations calmes : écritures, lectures, photos et courriers familiaux ou amicaux. Je sais que ces bonnes résolutions d'équilibrer les choses ne résisterons pas à la reprise du travail rémunéré, il n'empêche j'écris ici pour me le rappeler dès que je retrouverai un usage courant de dimanche, de week-ends, et de jours fériés.

 

(1) Quelqu'un est gravement malade ou mort ; il y a un déménagement à faire ; il y a une urgence avec date limite administrative ; il y a un dégât des eaux et il faut parer au plus pressé etc.

(2) Cela dit pour certaines tâches ménagères et les tâches administratives je dois aussi beaucoup lutter contre la tentation de la procrastination. Il me faut beaucoup d'énergie pour accomplir une tâche administrative que la plupart des gens accomplit sans trop y penser. 

(3) En Normandie on mange bien pour un coût raisonnable.


Ce matin j'ai posé

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Ce matin j'ai posé un livre auprès de ma place pour prendre mon petit déjeuner et puis en regardant vers le jardin j'ai vu qu'il manquait une grande partie de l'arbre du fond, que ses branches principales avaient été arrachées. Je suis allée voir ça de près. J'ai décroché une des branches qui n'était plus que suspendue au dessus de celles qui subsistaient et me suis plantée deux échardes dans la main droite.

Suis rentrée, ai tenté de prendre mon petit déjeuner mais j'étais dans un état curieux, incapable de me concentrer. Rien n'avait de goût. J'ai alors reçu alors que je m'apprêtais à prendre des outils pour tenter de au moins nettoyer les parties arrachées, un de ces coups de fil qui sauvent : j'avais trouvé du boulot au moins pour les deux prochains mois. Et pas un boulot de traverser la rue pour sauver sa peau financière et rendre heureux Président Macron (1), non, un vrai travail qui correspondait à mon métier. 

Entre temps l'homme de la maison s'était mis en tête de réparer la chasse d'eau et j'ai commencé à débiter à la hache la branche tombée.  

Nous sommes partis acheter du petit matériel de bricolage, du coup c'était Coutances et d'autres achats (vêtements de sport, coupon cadeaux à écluser), du coup il était plus que l'heure de déjeuner ce qui fut fait à La Taverne, seul endroit à nous accepter encore à 13h56. En repartant j'ai réfléchi que si nous souhaitions voir la mer de ce week-end bien occupé ça allait être le moment. 

Le vent soufflait, assez déchaîné mais pas jusqu'au sentiment de danger. 

Belle ballade impromptue à Agon-Coutainville et son très beau lungo-mare piéton. 

Je ne peux passer dans cette ville sans entendre la voix de Philippe Bouvard dire "Et maintenant une question de Madame Le Prieur d'Agon-Coutainville". C'est curieux comme cette émission est synonyme pour moi de bricolage (la radio qu'on écoute lorsque l'on en fait, mais sinon jamais). C'était la grande époque d'avec Darie Boutboul qui avait du répondant et avait fait de son mari une sorte de personnage de semi-fiction. Et puis il avait été assassiné et puis c'était fini. Et je crois que je n'ai plus écouté l'émission depuis.

Ensuite nous sommes rentrés, ressortis pour acheter de quoi dîner et moi une loupe pour tenter de voir mes échardes et les ôter, ce qui fut fait. Puis je suis ressortie acheter une scie pour les branches d'arbres (juste en face chez Aldi), puis je me suis occupée du pneu crevé d'un des vélos, et ensuite de prendre une douche, c'était la fin de la journée.

C'est alors que j'ai retrouvé le livre, qui depuis le matin et d'avoir trouvé bizarre l'allure de l'arbre au fond du petit jardin n'avait pas été ouvert, n'avait pas bougé. 

Qui croit encore que nous partons en Normandie pour nous reposer ? 

 

 

(1) Pour les éventuels lecteurs de longtemps plus tard, allusion à une déclaration faite à l'emporte-pièce à un jeune homme qui lors d'un événement où un peu de peuple croise le président de la république française, l'avait interpellé sur le fait qu'après sa formation d'horticulteur il ne trouvait pas à s'embaucher. 


Je ne rentre (presque) jamais à 18h

    

Aujourd'hui, j'avais un rendez-vous important pour mon futur proche professionnel, qui a duré le temps que l'on puisse parler vraiment (1), dans un quartier jouxtant Paris et que j'aime bien, notamment grâce à Martine Sonnet, un semi-marathon réussi et par ailleurs quelques vadrouilles d'avant et d'après matchs de la coupe du monde de football femmes, dont un restaurant succulent. 

Alors j'ai décidé de rentrer sans trop tarder - j'ai du travail de la maison et du travail pour préparer mon émission "Côté Papier" du lendemain -, mais non sans m'accorder un chemin semi-buissonnier. Alors je suis allée chercher un tram et j'ai effectué à La Défense un changement pour prendre un train qui me déposerait non loin [de chez moi].

Ce faisant je me suis trouvée dans ces transports vers 17h15/17h30 et à la maison vers 18h.

Dans la foule de ces heures-là. Dans le mouvement des personnes qui sortent du travail avec de tels horaires. Qui sont en fait des horaires de bureaux moyens normaux de semaines de 35 ou 39h. J'étais surprise de voir tant de personnes si tôt, puis j'ai compris.

Du temps de mon premier métier, ingénieure qui tripatouillait des bases de données, j'étais cadre et fors les toutes premières années, ça signifiait des journées de 9 à 10h payées 8h, et la période d'enfants petits où je filais à 18h soit quand même 30 bonnes minutes après l'heure théorique, c'était pour chercher un enfant qui à la crèche qui à l'école et j'en fus fort mal vue le temps que nous trouvions une solution. Et du coup si je terminais relativement tôt ça n'était de toutes façons pas pour rentrer directement à la maison.

Ensuite je suis devenue libraire et une librairie, c'est normal, ferme rarement avant 19h, généralement 19h30 théorique et plus près de 20h en pratique. Sans compter les établissements pour lesquels j'ai eu de bons petits trajets - en les faisant en #Vélotaf ça ne m'a que très très rarement pesé -. Alors retours maisons vers 20h45 ou 21h.

Si l'un de mes jours de repos tombe ou tombait en semaine j'en ai toujours profité pour aller travailler pour mes projets personnels à la BNF. Ces journées étant comptées, j'y reste souvent un maximum possible. Retours à 20h45 aussi.

J'ai donc ce soir découvert le charme d'un retour chez soi à 18h, comme finalement pas mal de gens et qu'effectivement, on peut alors avoir la sensation qu'il y a une vie après le travail, de la place pour du sport ou d'autres engagements. Je n'ai pas l'habitude, je trouve ça surprenant. Mes enfants étant adultes je n'en ai plus tant besoin, mais je comprends soudain mieux bien des choses : j'avais tout simplement oublié que ce genre de régularité et de disponibilité dans un emploi du temps pouvait exister. 

La plupart des personnes que je fréquente exerce des métiers où les horaires sont décalés ou sans limites précises. 

Et j'ai hâte de reprendre une vie de libraire, même si son rythme est bien différent. Hâte aussi de reprendre les entraînements, une fois passés les congés scolaires.

Au passage, j'ai découvert que La Tour, que je connais plutôt en journée, en dimanche ou le soir tard assez éteinte, aux heures encore utilisées mais néanmoins nocturnes d'hiver était très illuminée. Et qu'une crèche était ouverte, en fait peut-être depuis déjà un moment, dans mon quartier. C'était la première fois où je passais devant à une heure d'aller et venues et de lumière allumée. Le quartier où l'on habite n'est pas exactement le même selon que l'on est ou non en activité. Je le savais, mais n'en avais pas déjà pris conscience de façon aussi ... lumineuse.

PS pour les éventuels cambrioleurs : ce n'est pas parce que je rentre plutôt tard que les autres membres de la famille en font autant.

 

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(1) Dès lors quoi qu'il advienne, je n'aurais pas perdu mon temps. C'était de belles rencontres.


Devenir "clients" c'est mauvais signe (dans certains cas)

 

    Pas mal de points m'ont marquée du nouveau film de Ken Loach "Sorry we missed you", outre qu'il montre la vie de tant de gens comme elle est, des gens de bonne volonté qui n'ont rien à se reprocher mais que le capitalisme mondial, sans contre-poids désormais, est en train de dévorer - moi comprise si la retraite n'arrive pas à temps -, mais des dialogues aussi, des détails du diable.

Ainsi cette phrase glissée discrètement parmi les remerciements, en générique de fin : 

"Thanks to the drivers and carers who shared the informations with us but did not want to leave their names"

Ainsi la mère de famille alors qu'elle tente de négocier auprès de l'agence de placement de personnel d'assistance à domicile dont elle dépend, qui proteste du fait de devoir appeler ses patients "clients". Elle a raison, il s'agit de personnes qui ont besoin de soins et il ne sont en rien libres de choisir comme le font de vrais clients d'un produit de consommation. C'est la même chose pour les usagers des transports en commun. On ne peut être clients que d'un truc que l'on choisit et dont on peut éventuellement se passer sans trop de dommages.

Cette phrase que le personnage d'Abbie Turner prononce, faisait écho de quelque chose. 

J'ai trouvé aujourd'hui. C'est dans "Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas page 31 de l'édition initiale chez l'Olivier, en 2010. 

Entre collègues, on parle d'abattage, tout le monde renacle à assurer le poste (1), mais les directives sont claires : "Vous n'êtes plus là pour faire du social, cette époque est finie. Il faut du chiffre. Apprenez à appeler "client" le demandeur d'emploi." C'est officiel, ça vient d'en haut. 

Décidément, de nos jours, devenir "clients", c'est mauvais signe, dès lors que l'on n'achète pas.

(1) celui qui nécessite d'assurer le premier rendez-vous avec celleux qui viennent s'inscrire, inscription initiale avec sa kyrielle de documents nécessaires, et orientation