De blogs en blogs (comme au bon vieux temps ?)


    Ma propension à l'épuisement en ce moment me rend comme absente au monde, j'assure le boulot, je mets les entraînements de course à pied en priorité 1 juste après cette nécessité, et pour le reste je pare au plus pressé, j'essaie de ne pas passer tout le temps non travaillé à dormir (ou regarder du sport à la télé, parce qu'on peut faire ça dans un état de très grosse fatigue en piquant de loin en loin de bon petits roupillons et en se passionnant au réveil).

Alors j'ai bien aimé, vraiment beaucoup aimé quand retrouvant le bureau (table) du salon d'où je peux écrire dans un confort normal (1), j'ai pu lire qu'un de mes billets avait eu un écho proustien chez Alice sur lequel Matoo avait rebondi
Parce que bon, je suis loin d'avoir tout lu chez le remarquable Marcel, il n'empêche que c'est une admiration profonde, un réconfort quand je m'y remets, une sorte d'histoire d'amour. 

Les ami·e·s, vous m'avez fait chaud au cœur. 
Ça serait bien que je trouve le temps d'en causer à Véronique Aubouy, la réalisatrice qui avait entrepris ce projet formidable et fou de Proust lu.

 

 

(1) C'est plus compliqué du fond du lit

#Proust 


Deux paradoxes du télétravail et deux avantages


    - Il y a eu des médailles françaises ? demande le joueur de pétanque en rentrant de son boulot où il était en pour de vrai
- Ah je n'en sais rien du tout, j'étais en télétravail.

C'est en répondant que je m'aperçois qu'au boulot il y a toujours un collègue ou une autre pour suivre, généralement par alerte sur son téléphone, des infos et s'exclamer entre deux appels : 
- Hé, la France a gagné !
(plus tôt dans la saison : - Ah le couvre-feu va passer à 21:00 !)
Ce qui fait que bon an mal an, lorsque je sors d'une journée de boulot, j'ai une vague idée de quelques événements. En télétravail je suis encore plus concentrée : il n'y a que les appels aux clients, la résolution des problèmes, zéro interférence et pas un instant de trêve si ce n'est pour filer aux toilettes quand la nécessité s'en fait sentir.
J'utilise audacieusement mon heure de déjeuner ... pour déjeuner et ponctuellement faire une ou deux courses dans le quartier. Alors à part recevoir un colis ou répondre à un SMS le temps d'un rappel téléphonique, je n'ai pas d'échanges avec l'extérieur de la vraie vie ni de consultation d'informations. Je suis généralement encore plus coupée du monde que lors d'une journée de boulot au boulot.

Ça n'est pas la première fois : je m'aperçois que n'ayant pas l'indication horaire concrète de fin de journée par les heures de départ de mes collègues, je me laisse entraîner par les demandes en cours et soudain je m'aperçois qu'il est plus de 19:00 et que j'aurais dû terminer 30 minutes plus tôt. Au bout du compte tout se passe comme si une partie du temps de transport économisé se transformait en temps de travail. 

Le temps de transport du matin, en revanche, je parviens bien à le transformer en temps de sport. C'est facile, il convient de laisser le réveil à la même heure et de se lever aussitôt et d'aller faire une petite séance d'entraînement, le plus simple étant la course à pied. Ce matin j'ai pu courir 45 minutes et être large pour prendre mon service devant l'ordi.

Je peux sur la pause déjeuner, écluser les mini corvées ménagères quotidiennes (descendre les poubelles, faire la vaisselle, ranger quelques papiers, payer une facture, prendre un rendez-vous médical, sortir une lessive ...) libérant l'esprit d'avoir à y penser le soir en rentrant, et libérant le temps pour le faire (même s'il est bref, c'est toujours ça de pris). 

Dans la mesure où j'ai un emploi nourricier, je préfère toutefois m'y rendre physiquement, pour bien séparer ma vie professionnelle de celle qu'elle m'oblige à mettre entre parenthèse. Je ne tiens pas à ce que des souvenirs professionnels, même s'ils sont plutôt stimulant intellectuellement, hantent mon salon. Et puis, la brochette de collègues avec laquelle j'y partage mes heures étant sympathique, autant être en présence - même si nous n'avons que rarement le temps de nous parler (hors résolution des tickets) - que chacun dans son coin.


Le bonheur, ça peut être ça

 

    Après plus d'une année de restrictions diverses, de craintes successives concernant la santé des un·e·s et des autres, pour beaucoup de tracas d'emploi et pour d'autres de repos forcé - parfois bienvenu, nous n'avons pas toutes et tous des vies confortables -, le bonheur en ce samedi 19 juin 2021, ça aura été de retrouver l'ambiance des compétitions d'athlétisme (ou de triathlon) avec les encouragements pour tout le monde, les participant·e·s qui tentent de se surpasser, le goût partagé de l'effort.

Les entrées étaient décomptées et un masque nécessaire pour entrer mais la plupart des spectateurs ensuite l'enlevait. Nous sommes repartis en tram puis bout de métro, comme nous étions venus et partis à l'heure pour un retour à l'heure du dernier soir de couvre-feu (à 23:00) mais je pense que le meeting a terminé à peine avant. Les athlètes devaient avoir fait un test PCR pour pouvoir participer. L'épidémie est en accalmie, mais très loin d'être finie. 

C'était plus particulièrement pour encourager Syblo, qui devait obtenir sa qualification pour les championnats d'Europe à Tallinn ; ce qu'il a réussi, malgré des conditions de vent assez peu favorables (rafales pleine face dans la ligne droite des arrivées).
C'était bien de rencontrer, même brièvement, celles et ceux de l'EACPA et amusant que ça ait lieu près de Lyon plutôt qu'à Cergy.

 

Meeting de Décines Meyzieux au stade Raymond Troussier 

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En vrac et sans tri ni retravail des images fors deux recadrages pour cause de photobombing un petit album sur Noto

(ex Talegraph)

Plus tard, j'ai appris que la fille d'un ami avait participé avec son club aux courses de l'après-midi. 

 

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Liens du dimanche soir

Durant la semaine au soir, je vois passer des billets ou des articles ou des textes qui m'intéressent. Seulement si je veux éviter de me coucher après minuit, afin d'éviter que la journée du lendemain ou celle du surlendemain ne ressemblent à des tortures de conséquences de privations de sommeil, je n'ai pas le temps matériel de les lire.

Vient le week-end et je me dis Chic alors je vais pouvoir. Sauf qu'en ce moment un grand bout du samedi est consacré à des petites choses que le couvre-feu rend désormais impossible en semaine après le boulot, entre petites courses et entraînements sportifs en extérieur. Et que la fatigue en ce début de printemps après une année de pandémie est puissante, ce qui oblige à dormir.

Bref, bien de ces liens sont restés sans être tout à fait lus jusqu'au bout, et ça fait plusieurs week-end que ça dure. Alors je vais tenter d'en sauver quelques-uns pour la prochaine fois où j'aurais des heures perdues (un jour de récup ? de RTT ?). 

Vivre avec une thalassémie, même mineure, c'est savoir devoir laisser un article intéressant lu aux 2/3. On doit sans arrêt forcer sur la fatigue pour tenir un poste normal en entreprise alors il faut apprendre à renoncer sur les choses qui nous intéressent à titre personnel. 

Ce qu'on s'amusait (1951) ;
- Conversations avec Keith Richards (je n'ai pas renoncé, j'avance peu à peu, mais j'enrage de mon manque de temps libre) ; 
- Les œuvres du peintre Valérius de Saedeleer ;
- Constance : The tragic and scandalous life of Mrs Oscar Wilde by Franny Moyle (review) ;
- Interstices : le chaos c'est la vie (lu en entier mais j'étais si fatiguée que j'aimerais le relire) ;
- La nuit du journal intime sur France Culture ; (à écouter, en fait)
- Gloire et chute de Sébastien Feller, le prodige des échecs français devenu roi de la triche découvert grâce à Joachim Sene et que je voudrais relire à un moment où je peux paisiblement penser à son potentiel romanesque ;
- plusieurs billets sur Le Kawa Littéraire (et tenter de savoir pourquoi l'interruption) ; 
- une recherche à terminer sur The Beatles Bible rapport à The Beatles Tune In que je suis toujours en train de lire, triste d'être obligée de tant morceler.

 

Ceux-ci pas pour les lire, c'est fait, mais pour penser à en parler à quelques personnes en particulier (je sens que je vais oublier)

- Isère : Un patron abandonne son employé sur l'autoroute après une dispute
- Au rêve : le café mythique de Montmartre va être vendu aux enchères

 


Chroniques du déconfinement jour 16 : Bref accident de circulation

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partir au boulot à vélo, me faire renverser porte d'Asnières, revenir changer de vélo, repartir bosser. Arriver à 10h35 au lieu de 9h30 prévues.

pas grand chose à dire de ce stupide accrochage auquel je ne suis tellement pour rien que je n'ai aucun regret : 

Porte d'Asnières au moment de tourner vers la gauche lorsqu'on arrive dans Paris le feu est vert pour les deux sens perpendiculaires aux voies de tram. Nous sommes donc plusieurs à attendre alors qu'il est vert pour nous que ceux qui viennent de notre droite aient fini de passer. Il se trouve que je suis devant de façon "native" pas en m'étant faufilée, mais simplement parce que j'étais la première. Et je suis dans la droite ligne des tracés vélos au sol. 
Au moment où la circulation se tarit venant de notre droite, je m'élance et une voiture arrivée entre temps derrière moi et qui attendait tout pareil s'élance aussi, sans avoir vu que j'existais ou bien en ayant anticipé un démarrage aussi rapide que celui d'un véhicule motorisé - pourtant je n'ai pas traîné j'étais au taquet -. Résultat : exactement le même que si lorsqu'on marche on vous fait un croche-pied par derrière. Je n'ai rien vu venir, rien entendu, me suis retrouvée par terre sans avoir eu le temps de dire ouf. 


Capture d’écran 2020-06-23 à 01.40.55Bizarrement ma fréquence cardiaque n'a pas bondi, au contraire. Sur le graphique c'est au début quand elle plonge. 


Je me suis relevée aussi vite que possible et je nous ai vite mis à l'abri sur le trottoir le plus proche mon vélo et moi, car ça redémarrait au carrefour comme si de rien n'était. Personne ne s'est arrêté, sauf l'automobiliste lui-même mais si brièvement que le temps que je me retourne arrivée sur le trottoir il avait littéralement disparu. Ce qui fait qu'aussi étrange que ça puisse paraître, il s'est à la fois excusé et enfui. 
J'ai vaguement conscience qu'un homme jeune sur un vélo ou une trottinette, peut-être un livreur d'ailleurs, m'a demandé si ça allait. Mais sans s'attarder. Je le revois vaguement consulter son téléphone et filer. Peut-être un livreur qui attendait là une course et voulait bien se préoccuper mais pas davantage que d'être appelé pour la suivante ?

Il me reste : belle voiture anglaise de luxe à l'allure old-school. Vert sombre. Conducteur habillé très élégamment, sa veste de costume avait un élément de chic mais j'ai oublié quoi. Il m'a semblé que les plaques d'immatriculation étaient bleu ciel (mais ça n'était pas des chiffres et lettres inhabituels).

Le hic c'est que le vélo qui semblait entier, comme moi, avait en fait un vrai tracas, la roue arrière voilée au point que les freins l'enserraient. Avec mon petit "couteau suisse de cycliste" je suis parvenue à les démonter (ou quasi) ce qui permettait à défaut de pouvoir monter dessus de pouvoir le pousser en le faisant rouler. J'ai tenté de joindre en vain cyclofix (1). 

C'est décidé, ma première paie, je m'achèterai de quoi filmer. Par sécurité au moins rétrospective.

Journée de boulot plutôt sympa malgré ce piètre démarrage. Grâce aussi à la compréhension qui m'a été accordée et à la collègue auprès de laquelle j'étais aujourd'hui formée (je suis un peu chaque jour avec une personne différente ce qui me permet de voir toute la gamme des problèmes qui se posent) ; journée agréablement coupée par un déjeuner sandwich boulangerie pris dans un parc voisin en compagnie d'une autre collègue dont c'était aussi l'heure de pause. 

Dans la série c'était pas mon jour : des chèques déjeuner m'ont été distribués dès ce matin, en avance sur ce qu'on m'avait annoncé, soit dit en passant. Et donc je me dis Chic alors je peux en profiter. Or à la boulangerie la jeune femme a refusé de me faire un avoir. Alors qu'elle venait (certes de mauvaise grâce) d'en accorder un à la collègue qui me précédait. Comme nous n'avons qu'une heure de temps, je n'ai pas voulu faire d'histoire, ai sorti ma carte bancaire et puis basta. 

Du boulot je suis passée chez Simone, c'était chouette de la retrouver même si nous étions masquées.
Rentrer ensuite assez directement, de qui revenait à couper Paris du sud au nord-ouest, c'était chouette aussi la traversée de Paris au soleil couchant. 
Et que l'Homme qui ignorait tout de ma mésaventure, ait pris en charge le dîner et préparé une délicieuse omelette était top également.
La soirée, en revanche, est passée sans que je sache où. Je n'ai même pas suivi les infos. Ah si, j'ai vaguement tenté de reconnaître le modèle de voiture qui m'avait renversée.
Ce qui est très étrange c'est l'absence absolue de peur (ni sur le coup ni rétroactive ; je me dis juste heureusement que ceux venant dans l'autre sens (que je n'ai pas vus) ce sont arrêtés) et de sentiment. Je ne lui en veux même pas à ce type. Il avait l'air embêté, sincèrement. Mais il n'a pas été correct, il a ensuite filé. Je crois que j'étais un peu sonnée, j'étais concentrée sur le plus urgent, de se mettre hors de la circulation, puis voir si le vélo ça allait, et zut alors la roue arrière était coincée. Prévenir le boulot. Chercher un réparateur. Ne pas en trouver. Comment faire pour aller au travail quand même ? Une sorte d'hyper-pragmatisme calme qui a fait que je n'éprouvais rien, qu'un vaste Zut alors tous les réparateurs sont surbookés en ce moment ! compensé par un Bon sang comme j'ai bien fait de m'occuper du vélo jaune la semaine d'avant !

Je n'ai averti que Le Fiston car il venait aux nouvelles, en mode Bon courage pour ton boulot, passe une bonne journée, alors j'ai répondu que son début était moyennement bien engagé (mais l'ai rassuré, à peine le coude un brin égratigné, et le genou gauche ; je suis parvenue à tomber avec assez de souplesse et sans mettre en avant les mains mais en roulant de côté, comme il convient (à force de voir les makings of de Fabio Wibmer, il y a des trucs qui s'intègrent). 


(1) finalement suis parvenue en soirée à obtenir un créneau mardi prochain au matin.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
9 176 722 cas (dont : 473 421 morts (122 596 morts aux USA) et 4 903 995 guéris)

Pour tenter de tenir le moral bon, l'Auberge des blogueurs


Chroniques du déconfinement jour 4 : Vélo - boulot

Déconfinement officiel 1 jour 31

 

20200610_195451 Partir au boulot à vélo et en revenir au soir en passant par le bois de Boulogne. 
il ne reste plus trop de temps pour grand chose d'autre. 

Un peu de petites écritures quotidiennes en soirée.
Écouter John Lennon une interview en 1970. Qui m'est intéressante parce que je lis The Beatles Tune In.

Au travail quelqu'un vient me voir le matin d'un service voisin, en fait nous nous connaissons des Libraires Volants et par sa femme avec laquelle j'avais, avec bonheur, travaillé l'an passé. Seulement voilà : tout le monde porte des masques presque tout le temps et ... comment reconnaître dans ces conditions les gens ? Quelle étrange période pour débuter un boulot ! 
Ce déguisement, comme l'a qualifié quelqu'un devant moi, présente au moins un avantage : nous pouvons bailler en toute discrétion. 

Habituée aux situations parfois incertaines et prête à être pleine d'indulgence compte tenue des circonstances générales, je suis agréablement surprise de la façon dont les choses sont bien organisées, en repartant au soir j'avais tous les papiers en ordre, les badges nécessaires, un ordi qui fonctionne.

Beaucoup de personnes reviennent de déconfinement. Dont celle que je remplace, venue joyeusement récupérer ses affaires. C'est décidément étrange d'arriver dans un nouveau travail et que tant de gens soient absents, puis là, puis absents, mais travaillent quand même.

Les contraintes de "gestes barrières" comme disent les autorités, ne me pèsent pas trop. Environ une fois par demi-journée porter le masque me fatigue puis ça passe. Je ne mets plus mon masque anti-pollution à vélo (alors que ça serait bien le moment qu'il passe inaperçu) : trop de ports de masques.

Sur 4 personnes de la famille, une seule a pour l'instant un tracas de futur professionnel lié au #Covid_19 mais les tracas pré-existaient et par ailleurs les mesures de l'État (chômage technique) vont peut-être lui permettre de passer la période de creux d'activité sans perdre pour autant son emploi. 

Le déconfinement a libéré un flux impressionnant de nouveaux cyclistes. Ce qui me réjouit ainsi que bien des vélotafeurs et vélotafeuses historiques, dont Bilook, mais en même temps créé un danger que jusqu'alors j'ignorais : le danger venant des autres vélos. Car parmi les débutants, certains n'ont aucune notion de ce que j'appellerais la solidarité de classe. Couper la route, couper l'élan ne les dérange par exemple pas. Ça papote cependant sympathiquement aux feux rouges, et je trouve ça mignon. Nous autres les vieux briscards l'avons aussi fait en notre temps et puis est venu un moment où circuler à vélo nous a paru si normal, nous avons cesser de bavarder. Voilà que débarquent plein de newbies disposant du tout frais enthousiasme que nous avions à nos débuts. 

J'ai incroyablement retrouvé ma tête à chemin, c'est fou - une dame, à vélo à un feu rouge -. Pourquoi lorsqu'il y a un boisseau de personnes c'est à moi d'entre tous que l'on demande le chemin ? Est-ce parce que j'ai l'air à la fois inoffensif et de savoir où je suis (même quand je ne connais pas le quartier) ? Si cette activité était rémunérée, je serais riche à l'heure qu'il est - je n'aurais pas ce regret si j'avais trouvé moyen de gagner amplement ma vie tout en écrivant, seulement je suis toujours en train de fight for a living et par ailleurs fourni tant et tant de travail "invisible" -.

Paris a quand même un peu perdu à mes yeux du petit "thrill" d'y être. J'espère que ça me reviendra quand les touristes reviendront. Là, j'ai beau admirer, lors de mes trajets aller, c'est comme un charme rompu, un amour qui aurait basculé sur le versant stabilité un brin morne de la relation stabilisée depuis des années. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 436 958 cas (dont : 417 861 morts (115 084 morts aux USA) et 3 720 526 guéris) 


Chroniques du confinement jour 47 : grosse journée de boulot

 

    Journée de sport et qui commence par une bonne petite satisfaction : le 7 mn/km de moyenne sur le short legal morning run. C'est très lent, je le sais. Seulement pour moi c'est déjà bien. L'objectif sera d'être bientôt capable de courir 10 km à cette vitesse. Avant que d'être trop âgée j'aimerais atteindre le 6 mn/km qui me permettrait de les courir en 1h tout rond. J'ai les jambes, c'est le cœur qui galope trop vite. 

Et qui fini par une bonne petite satisfaction aussi : la séance de Tabata passe crème. Deux des exercices sont similaires à ceux du défi quotidien (abdos - squats - pompes) alors c'est sans doute ça. 

Entre les deux je n'ai quasiment fait que travailler, une fois passée les petites écritures du quotidien, et un peu de lecture chez les ami·e·s, dont ce billet chez Guillaume Vissac, fort bien vu, concernant le mois dernier (sans surprise : ça ne s'est pas franchement arrangé depuis). Le temps s'y prêtait : beau, pas trop venteux, pas chaud au point d'être tentée de sortir la chaise-longue pour lire au jardin. Alors j'ai attaqué la tâche rude du tri et rangement de la cabane à outils.

Le temps doit être clément car il convient de sortir un nombre certains de cartons et autres objets lourds et les laisser dehors le temps de ranger ce qui est dans et sur les deux établis (celui d'ici, celui de Taverny). Car oui, j'ai une cabane à outils avec ceux établis (on dirait le début d'une chanson).

Une fois lancée il y a des points d'arrêts possibles et d'autres états intermédiaires où il est fortement déconseillé de laisser les choses en plan. Alors histoire de bien dépoter une première partie, j'ai bossé jusqu'à 18h, sauf le temps du déjeuner, que JF après avoir fait les courses (ce qui en cette époque qui craint est une mission) avait assuré : des merguez et de la semoule. 

Cela dit : j'ai bien oublié le reste du monde, pensé à mon père avec une certaine tendresse - sa méticulosité et sa logique dans la façon de disposer les choses - et bien maudit le voisin voleur qui s'était servi dans ce qui était le plus usuel. Heureusement il a dû trouver trop vieux les magnifiques outils de mon grand-père et ceux-là sont, me semble-t-il, pour la plupart, restés. Bon d'accord, ils sont rouillés.

J'ai même retrouvé des masques (de bricolage). Que je n'ai pas eu le cœur de jeter même s'ils sont inutilisables. C'était mon père qui les avait customisés à sa bonne taille.

Il y avait aussi un plan de la maison qu'il avait lui-même dessiné. 

Après il a fallu remettre en place les différents cartons, outils et objets que j'avais sortis pour ranger. Et me reposer un petit peu pour pouvoir attaquer le Tabata. 

Soirée avalée par une recherche de musique pour m'ôter Le bal des Laze de la tête, suis passée par Tubular bells, un peu du groupe de Luke Oldfield. Et de liens en liens, je me suis retrouvée à regarder un documentaire joyeux et plein d'énergie sur The Undertones, tandis qu'une lessive de blanc que j'avais lancée avec entre autre des tissus retrouvés, tournait. 

Ne restait plus qu'à bloguer et jeter un coup d'œil aux infos italiennes ; par les temps qui courent trop se déconnecter n'est pas bon non plus. Les choses peuvent très vite déraper encore plus qu'elles ne l'ont fait et mieux vaut savoir à quoi s'attendre. 

En France bon nombre de parents et d'enseignants ne veulent pas reprendre le 11 mai, dans des conditions qui semblent en pratiques irréalisables. Les parents ont peur pour la santé de leurs enfants. Du moins les parents censés. D'autres n'en peuvent plus de supporter leurs propres mômes H24 et n'ont qu'une envie de les confier à d'autres le temps des journées. Ça promet mal.

Phénomène prévisible : pas mal de personnes semblent considérer que allez hop le 11 mai c'est fiesta et on reprendra la vie où elle en était comme elle l'était. Ça va être chaud de faire comprendre que non. La suite de l'épidémie risque d'être dévastatrice. En avoir marre d'être confinés n'est pas une bonne raison de se déconfiner. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3 462 897 cas (dont : 243 569 morts (66 819 aux USA) et 1 104 723 guéris) 


Chroniques du confinement jour 39 : tout le monde semble pousser au déconfinement, mais du calme, oh ! attendez


    Alors c'était jour de sport puisque la séance Tabata de la veille avait été reportée à ce soir. Donc pour démarrer la journée à nouveau une petite séance de fractionnés type Moneghetti qui en durée et en distance correspond pile à nos contraintes de confinés. La séance de Tabata de ce soir nous a semblé plus facile. Marc (V.) m'avait nommée pour être en direct mais comment faire alors que le téléfonino me sert de modem ? Et celui de JF nécessiterait d'utiliser mes codes FB, ça me paraît moyen. Ou alors il faudrait l'habiliter dans notre groupe privé des triathlètes. Bref, il m'a semblé que ça compliquait beaucoup. 

D'une façon générale, j'ai senti aujourd'hui une sorte de volonté générale de se déconfiner, de communiquer, vouloir remettre en route. Un mail pour le comité de lecture - je vais reprendre les lectures, oui, mais d'abord celle personnelle que j'ai enfin le temps d'accueillir -, un appel d'un numéro inconnu, pour un travail envisagé avant. Je suis incapable d'y répondre pour l'instant. D'une part parce que ma réponse serait que je ne sais rien du futur une fois le déconfinement accompli, sauf que je sais que je ne sais pas alors que la plupart des gens s'efforce de croire savoir. Et d'autre part parce que je ne souhaite pas rompre prématurément le confinement, comme s'il s'agissait du risque de rompre un charme.
De la même façon j'éprouve le besoin de respecter strictement les consignes, nous devons sortir le moins possible et croiser le moins de gens possibles. Sans doute s'agit-il là de ma façon de participer à l'effort collectif. 
Capture d’écran 2020-04-25 à 00.11.49 Mais qu'on ne me demande pas en retour d'y participer et de me priver de ma vie habituelle SAUF pour les contraintes professionnelles (ou : de type professionnelles ; d'ailleurs peut-être qu'à l'issue de tout ça je cesserai mes participations bénévoles à toutes sortes de belles actions, le travail rémunéré prend déjà bien des heures, je dois en garder pour moi, vraiment miennes, pas déjà occupées et remplies).

(dessin de Fabrice Erre

J'ai besoin de cette cohérence-là. Pour qu'il y ait du bon dans le fait d'être confinés. Pour que ça soit logique : si ce qui fait des bonheurs de la vie, les entraînements sportifs collectifs ou retrouver des ami·e·s et aller boire des coups, est jugé dangereux, il n'y a aucune raison que le travail le soit moins. Que les personnes dont le rôle est primordial dans ce qui permet de survivre (l'alimentation, les soins médicaux, le nettoyage ...) continuent de travailler malgré le danger a un sens. Que des emplois dont les actions peuvent être différées sans trop de problème soient remis en route alors que le danger est encore fort, n'en a pas. Même économiquement, car un faux mieux sera inévitablement suivi d'un rebond épidémique qui entraînera du pire. 

Trump a refait du Trump en suggérant aux gens de boire des produits désinfectants ou de se faire des séances d'UV. Le pire c'est qu'il semblerait que des gens soient prêts à le croire.  J'ai appris via Twitter que certains abrutis avaient trouvé moyen il y a déjà quelques temps de se laisser convaincre que de la Javel diluée pouvait être un remède contre l'autisme. 

Les amis en Nouvelle Calédonie ont retrouvé leur humour et leur balance habituelle, ça fait plaisir. En fait ils (collectif du groupe de personnes arrivées par ce même avion venant de France, le premier depuis le début du confinement), étaient non seulement en quarantaine dans un endroit comme en détention mais également menacés par des gens à qui on les avait désignés comme un danger.

Ma journée a trop vite filée : à part le sport et un peu d'écritures quotidiennes et la lecture de "Feu de tout bois", toujours, je me suis attaquée au nettoyage du Vélux (avec l'aide de mon co-confiné) et au rangement d'un des cartons grands qui restait du déménagement. Ces deux derniers point ont fait que la matinée s'est trouvée envolée. Sieste après le déjeuner, deux ou trois bricoles et hop c'est l'heure du Tabata. 
Il faisait un temps plutôt gris et assez frais : au moins ça limitait la tentation de la lecture au jardin. 

Pour autant et contrairement aux impressions relatées avec talent par Carl Vanwelde, je sais exactement quand nous sommes, quel jour, et ce que j'ai accompli dans la maison et le jardin jusque là. C'est peut-être aussi ce qui me fait peur : il ne va pas me rester assez de temps pour bien m'occuper de ce chez-moi, où je me sens vraiment chez moi, d'ailleurs. Et probablement là plus qu'ailleurs, à présent que Taverny n'a plus trace de nos vies alors que ce fut l'endroit fondateur, la place d'enfance et de jeunesse. 

 

LT des TG de Rai News 24 du soir

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 813 538 cas (dont : 196 412 morts (51 607 aux USA) et 778 427 guéris) 
La France rattrape presque l'Espagne au nombre de morts officiels (22 250 environ contre 22 500)


Chroniques du confinement jour 35 : reprendre le ménage sur l'ordi, et lire sans se priver


    C'était jour de récupération, sans sport à part le défi abdos - squats - pompes, et j'en ai profité pour lire à loisir. Le temps (météo) s'y prêtait : sous des apparences de beau temps, c'était bien bien frisquet et assez venteux. Pas un vent de tempête, certes, mais un vent de j'ai froid si je reste dehors sans bouger, par exemple pour lire au jardin.

L'appli Bird up que Laurence m'a conseillée se révèle un piège : je suis capable de passer un temps fou, encore plus qu'avant à écouter les oiseaux et avec cette sorte de Chazam ornithologique, toute heureuse de repérer telle ou telle voix. 
À la tombée du soir, ce que je prenais pour un merle inspiré était en fait une grive musicienne. L'appli m'a aussi permis de déceler qu'il y a un rouge-gorge, au moins dans les environs. Même si je ne l'ai encore jamais vu.
Le déconfinement sera difficile, je suis ravie de mes activités de confinée.

La journée a filé à toute allure, j'accompagnais mentalement mon amie Élisabeth en Syrie et lors de ses trajets en Grèce et en Turquie. Dans la soirée j'ai dû les laisser en Éthiopie : il me fallait accomplir quelques tâches, préparer mon attestation pour le short legal morning run du lendemain matin, ranger quelques objets (l'idée étant de vider un carton par jour), et nettoyer la petite valise rouge sur laquelle un scotch de déménagement avait laissé une trace visqueuse redoutable. Me secouer pour ce minimum vital, et même si j'ai laissé les repas à JF (qui nous a cuit une hampe le midi avec patates et carottes fraîches), c'était un bon petit travail. 

Le tri - sauvegarde et ménage des photos m'a tenue pour le reste de la soirée. Je crois que ça sera ma tâche principale de la semaine, l'ordi n'avait plus que 2,2 Go de disponibles. 

De ce fait j'ai laissé tomber le LT des infos italiennes. Les nouvelles que j'avais captées à différents moments de la journée pouvaient toutes se résumer France ou Italie par le fait que les gens sont en train, poussés par leurs employeurs ou de leur propre chef parce qu'ils n'en peuvent plus et que les infos de par les hommes de pouvoir sont contradictoires et confuses, de déconfiner bien trop vite. L'homme lui-même a répondu à son chef qui l'appelait pour prendre des nouvelles qu'il avait hâte de revenir le 11 mai. Or l'épidémie ne sera pas suffisamment calmée avant fin mai pour l'Italie et mi juin pour la France. Pourquoi tant d'impatience ? Je peux le comprendre là où les gens ont faim. Pour l'instant la plupart des habitants d'ici s'en sortent, j'espère ne pas me tromper. Alors pourquoi aller volontairement se jeter dans le danger, quand le seul effort à faire est de rester au calme ?

Les plus raisonnables de mes amies ont des tentations de consommation : dès que la moindre boutique annonce un peu de livraisons possibles hop hop elles se réjouissent et décident de commander ou d'y aller voir. J'ai l'impression qu'on ne peut pas lutter. Nous avons été dressés pour consommer, dressés pour être productifs - oui il le faut mais pour quelques temps encore c'est à l'État de se substituer à nous en tant que petits pions productifs sous peine qu'au bout du compte il reste tellement moins de pions que le monde tel que nous le connaissions devra s'arrêter -. C'est impressionnant d'à quel point il semble difficile de se déprogrammer. 

En attendant, bonnes nouvelles de la famille et de quelques amies, ce qui fait du bien et plaisir pour les personnes concernées. 

Nous regardons circuler les six vaches du champ d'à côté. Elle vont de celui-ci à l'autre, derrière le rideau d'arbres. L'une d'elle semble intriguée par notre présence. Les autres trop occupées à mastiquer. 
Il y a depuis plusieurs jours des sons de tronçonneuses dans le lointain pas si éloigné, qui me font craindre pour les arbres.

Je suis heureuse pour la première fois depuis mes années d'enfance et de jeunesse, je crois bien, d'avoir pu voir au jour le jour le décollage du printemps, à présent lancé : les arbres sont feuillus, ça y est. 



Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 474 054 cas (dont : 170 191 morts (42 263 aux USA) et 645 019 guéris) 

La France a dépassé les 20 000 morts officiels ; il est beaucoup trop tôt et il sera encore trop tôt le 11 mai pour déconfiner. L'Allemagne, en revanche avec sa politique de tests, de quarantaine, et son nombre de lits en réanimation suffisant peut commencer dès maintenant (colonne rouge le nombre de morts le 20 avril)

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Chroniques du confinement jour 34 : Bien courir

 

    Bon sunday morning run, en 56'13'' soit à pas grand chose de la limite légale, due to un crochet au cimetière (rien n'interdit de passer au cimetière, non ? Il est bien dans le périmètre du kilomètre autour de la petite maison) : en passant sur la voie verte j'avais vu que la tempête du début de la semaine passée avait mis à terre certains des pots de fleurs. Ça ne m'aurait pas laissé en paix de les laisser ainsi renversés. Une des plantes avait fini sa vie, je l'ai jetée. Le cimetière était particulièrement triste : plus rien de naturel de fleuri. Nous ne nous sommes pas attardés, pas à l'abri d'un citoyen délateur zélé et je savais le temps compté. 

Grâce à une appli indiquée par mon amie Laurence, j'ai peut-être enfin le nom de l'oiseau chanteur : ce serait un troglodyte mignon. J'attends de disposer d'un peut de temps pour vérifier. 

Quelqu'un sur Twitter, de la cyclosphère, a indiqué que Why we cycle était disponible sur Vimeo gratuitement pendant 24h. Je me suis fait un plaisir de le regarder et JF aussi, finalement pendant le déjeuner (1)

Alice indique dans un de ses billets une vidéo intéressante (de DirtyBiology), datant de 2014 et relatant une épidémie dans un jeu en réseau (le très fameux WOW). C'est différent car dans un jeu les gens savent qu'ils ne risquent pas vraiment leur vie, il n'empêche, que sur les comportements ça peut donner des indications. Le Youtubeur n'a pas tort : les modélisations ont souvent ceci de faux qu'elles ne prennent pas suffisamment en compte la bêtise humaine. 

Dans son journal de novembre 2008, Élisabeth qui avait fait pour ses livres un voyage à Glasgow évoque le Child Migrants Trust. Des enfants du Royaume Uni avaient dont jusqu'en 1970 (!) été envoyés ici ou là aux bords du Commonwealth dans l'idée de faire souche localement une fois devenus grands. Certain·e·s n'étaient pas orphelins. C'est terriblement l'action symétrique de celle qui fut faite en France où des enfants des territoires d'Outre-Mer avaient été envoyés en Métropole sous couvert de placements et d'avoir une meilleure éducation, jouer la main d'œuvre gratuite dans les départements ruraux (2). Comment s'étonner après ça du peu de cas que font nos dirigeants de la santé de l'ensemble de leur population : si nous sommes peu fortunés, nos enfants eux-mêmes sont considérés comme de la main d'œuvre peu importe les dégâts. J'ai l'impression que dans leur esprit, c'est toujours ainsi. 

Je songe à nouveau à une conversation de la veille avec ma sœur : ce virus redoutable est en train d'apprendre aux personnes de pleine santé (à d'autres aussi, il frappe tout le monde) ce que c'est que la fatigue, que d'être réellement fatiguées. Et bien des ami·e·s qui guérissent ou ont guéri d'une version de ce SRAS qui ne les a pas mené·e·s jusqu'à l'hospitalisation, lorsqu'ils ou elles décrivent l'état dans lequel ils se retrouvent une fois tiré·e·s d'affaires, relatent quelque chose qui ressemble fort à l'état moyen de quelqu'un avec une thalassémie. Voilà, nous c'est toute notre vie comme ça, sans réel espoir que ça aille mieux à moins d'être rentiers ou de pouvoir vraiment travailler à notre propre rythme avec des plages de repos dans la journée. 

 

Le bruit de la ville en ce dimanche d'un confinement qui semble respecté est si faible que l'on entend les vaches brouter. Elles sont dans le champ derrière le jardinet et l'on entend le son de l'herbe arrachée. Je vous garantis qu'une vache peut sembler apathique lorsqu'elle rumine, mais que lorsqu'elle broute, elle est d'un dynamisme de prof de zumba.

J'avais déjà remarqué qu'on entendait le vol des oiseaux, même les petits, les moineaux, le ffrrrrrttt de leurs ailes. 

Le premier ministre français a fait une longue émission de télé semble-t-il pour ne pas dire grand chose, mais pour une fois ne pas trop mentir non plus. La seule annonce concrète a semblé être la reprise doucement au cas par cas des visites de familles en Ephad. 

Un des points troublant de la situation actuelle est que la plupart des propositions habituelles de solidarités entre amis et connaissances ne peuvent plus avoir cours. Par exemple on se serait volontiers conviés à l'apéritif avec les voisins d'en face, eux qui nous demandaient si ça allait - oui nous sommes confinés dans pas grand mais en même temps c'est assez spacieux, nous ne sommes que deux, nous pouvons courir le matin et nous sommes assez vieux pour ne pas avoir des besoins fous d'énergie à dépenser (3) -, seulement voilà, Passez donc voire un verre, par les temps qui courent c'est no way. 

 

(1) pas volontaire, simplement je n'ai pas voulu interrompre le film et comme ça intéressait aussi mon co-confiné, c'était aussi simple ainsi, sur la table de la pièce avec le petit ordi.

(2) ce que raconte fort bien le roman d'Ariane Bois, "L'île aux enfants" 

(3) D'ailleurs c'est un peu un rêve de thalassémique, ça, avoir de l'énergie à dépenser. Ça nous arrive si rarement. 

 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 372 991 cas (dont : 163 636 morts (39 651 aux USA) et 611 747 guéris) (point à 18h30)