Chroniques du déconfinement jour 16 : Bref accident de circulation

Déconfinement officiel 1 jour 43

Capture d’écran 2020-06-22 à 22.20.11 Capture d’écran 2020-06-22 à 22.20.11 Capture d’écran 2020-06-22 à 22.20.11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

partir au boulot à vélo, me faire renverser porte d'Asnières, revenir changer de vélo, repartir bosser. Arriver à 10h35 au lieu de 9h30 prévues.

pas grand chose à dire de ce stupide accrochage auquel je ne suis tellement pour rien que je n'ai aucun regret : 

Porte d'Asnières au moment de tourner vers la gauche lorsqu'on arrive dans Paris le feu est vert pour les deux sens perpendiculaires aux voies de tram. Nous sommes donc plusieurs à attendre alors qu'il est vert pour nous que ceux qui viennent de notre droite aient fini de passer. Il se trouve que je suis devant de façon "native" pas en m'étant faufilée, mais simplement parce que j'étais la première. Et je suis dans la droite ligne des tracés vélos au sol. 
Au moment où la circulation se tarit venant de notre droite, je m'élance et une voiture arrivée entre temps derrière moi et qui attendait tout pareil s'élance aussi, sans avoir vu que j'existais ou bien en ayant anticipé un démarrage aussi rapide que celui d'un véhicule motorisé - pourtant je n'ai pas traîné j'étais au taquet -. Résultat : exactement le même que si lorsqu'on marche on vous fait un croche-pied par derrière. Je n'ai rien vu venir, rien entendu, me suis retrouvée par terre sans avoir eu le temps de dire ouf. 


Capture d’écran 2020-06-23 à 01.40.55Bizarrement ma fréquence cardiaque n'a pas bondi, au contraire. Sur le graphique c'est au début quand elle plonge. 


Je me suis relevée aussi vite que possible et je nous ai vite mis à l'abri sur le trottoir le plus proche mon vélo et moi, car ça redémarrait au carrefour comme si de rien n'était. Personne ne s'est arrêté, sauf l'automobiliste lui-même mais si brièvement que le temps que je me retourne arrivée sur le trottoir il avait littéralement disparu. Ce qui fait qu'aussi étrange que ça puisse paraître, il s'est à la fois excusé et enfui. 
J'ai vaguement conscience qu'un homme jeune sur un vélo ou une trottinette, peut-être un livreur d'ailleurs, m'a demandé si ça allait. Mais sans s'attarder. Je le revois vaguement consulter son téléphone et filer. Peut-être un livreur qui attendait là une course et voulait bien se préoccuper mais pas davantage que d'être appelé pour la suivante ?

Il me reste : belle voiture anglaise de luxe à l'allure old-school. Vert sombre. Conducteur habillé très élégamment, sa veste de costume avait un élément de chic mais j'ai oublié quoi. Il m'a semblé que les plaques d'immatriculation étaient bleu ciel (mais ça n'était pas des chiffres et lettres inhabituels).

Le hic c'est que le vélo qui semblait entier, comme moi, avait en fait un vrai tracas, la roue arrière voilée au point que les freins l'enserraient. Avec mon petit "couteau suisse de cycliste" je suis parvenue à les démonter (ou quasi) ce qui permettait à défaut de pouvoir monter dessus de pouvoir le pousser en le faisant rouler. J'ai tenté de joindre en vain cyclofix (1). 

C'est décidé, ma première paie, je m'achèterai de quoi filmer. Par sécurité au moins rétrospective.

Journée de boulot plutôt sympa malgré ce piètre démarrage. Grâce aussi à la compréhension qui m'a été accordée et à la collègue auprès de laquelle j'étais aujourd'hui formée (je suis un peu chaque jour avec une personne différente ce qui me permet de voir toute la gamme des problèmes qui se posent) ; journée agréablement coupée par un déjeuner sandwich boulangerie pris dans un parc voisin en compagnie d'une autre collègue dont c'était aussi l'heure de pause. 

Dans la série c'était pas mon jour : des chèques déjeuner m'ont été distribués dès ce matin, en avance sur ce qu'on m'avait annoncé, soit dit en passant. Et donc je me dis Chic alors je peux en profiter. Or à la boulangerie la jeune femme a refusé de me faire un avoir. Alors qu'elle venait (certes de mauvaise grâce) d'en accorder un à la collègue qui me précédait. Comme nous n'avons qu'une heure de temps, je n'ai pas voulu faire d'histoire, ai sorti ma carte bancaire et puis basta. 

Du boulot je suis passée chez Simone, c'était chouette de la retrouver même si nous étions masquées.
Rentrer ensuite assez directement, de qui revenait à couper Paris du sud au nord-ouest, c'était chouette aussi la traversée de Paris au soleil couchant. 
Et que l'Homme qui ignorait tout de ma mésaventure, ait pris en charge le dîner et préparé une délicieuse omelette était top également.
La soirée, en revanche, est passée sans que je sache où. Je n'ai même pas suivi les infos. Ah si, j'ai vaguement tenté de reconnaître le modèle de voiture qui m'avait renversée.
Ce qui est très étrange c'est l'absence absolue de peur (ni sur le coup ni rétroactive ; je me dis juste heureusement que ceux venant dans l'autre sens (que je n'ai pas vus) ce sont arrêtés) et de sentiment. Je ne lui en veux même pas à ce type. Il avait l'air embêté, sincèrement. Mais il n'a pas été correct, il a ensuite filé. Je crois que j'étais un peu sonnée, j'étais concentrée sur le plus urgent, de se mettre hors de la circulation, puis voir si le vélo ça allait, et zut alors la roue arrière était coincée. Prévenir le boulot. Chercher un réparateur. Ne pas en trouver. Comment faire pour aller au travail quand même ? Une sorte d'hyper-pragmatisme calme qui a fait que je n'éprouvais rien, qu'un vaste Zut alors tous les réparateurs sont surbookés en ce moment ! compensé par un Bon sang comme j'ai bien fait de m'occuper du vélo jaune la semaine d'avant !

Je n'ai averti que Le Fiston car il venait aux nouvelles, en mode Bon courage pour ton boulot, passe une bonne journée, alors j'ai répondu que son début était moyennement bien engagé (mais l'ai rassuré, à peine le coude un brin égratigné, et le genou gauche ; je suis parvenue à tomber avec assez de souplesse et sans mettre en avant les mains mais en roulant de côté, comme il convient (à force de voir les makings of de Fabio Wibmer, il y a des trucs qui s'intègrent). 


(1) finalement suis parvenue en soirée à obtenir un créneau mardi prochain au matin.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
9 176 722 cas (dont : 473 421 morts (122 596 morts aux USA) et 4 903 995 guéris)

Pour tenter de tenir le moral bon, l'Auberge des blogueurs


Chroniques du déconfinement jour 4 : Vélo - boulot

Déconfinement officiel 1 jour 31

 

20200610_195451 Partir au boulot à vélo et en revenir au soir en passant par le bois de Boulogne. 
il ne reste plus trop de temps pour grand chose d'autre. 

Un peu de petites écritures quotidiennes en soirée.
Écouter John Lennon une interview en 1970. Qui m'est intéressante parce que je lis The Beatles Tune In.

Au travail quelqu'un vient me voir le matin d'un service voisin, en fait nous nous connaissons des Libraires Volants et par sa femme avec laquelle j'avais, avec bonheur, travaillé l'an passé. Seulement voilà : tout le monde porte des masques presque tout le temps et ... comment reconnaître dans ces conditions les gens ? Quelle étrange période pour débuter un boulot ! 
Ce déguisement, comme l'a qualifié quelqu'un devant moi, présente au moins un avantage : nous pouvons bailler en toute discrétion. 

Habituée aux situations parfois incertaines et prête à être pleine d'indulgence compte tenue des circonstances générales, je suis agréablement surprise de la façon dont les choses sont bien organisées, en repartant au soir j'avais tous les papiers en ordre, les badges nécessaires, un ordi qui fonctionne.

Beaucoup de personnes reviennent de déconfinement. Dont celle que je remplace, venue joyeusement récupérer ses affaires. C'est décidément étrange d'arriver dans un nouveau travail et que tant de gens soient absents, puis là, puis absents, mais travaillent quand même.

Les contraintes de "gestes barrières" comme disent les autorités, ne me pèsent pas trop. Environ une fois par demi-journée porter le masque me fatigue puis ça passe. Je ne mets plus mon masque anti-pollution à vélo (alors que ça serait bien le moment qu'il passe inaperçu) : trop de ports de masques.

Sur 4 personnes de la famille, une seule a pour l'instant un tracas de futur professionnel lié au #Covid_19 mais les tracas pré-existaient et par ailleurs les mesures de l'État (chômage technique) vont peut-être lui permettre de passer la période de creux d'activité sans perdre pour autant son emploi. 

Le déconfinement a libéré un flux impressionnant de nouveaux cyclistes. Ce qui me réjouit ainsi que bien des vélotafeurs et vélotafeuses historiques, dont Bilook, mais en même temps créé un danger que jusqu'alors j'ignorais : le danger venant des autres vélos. Car parmi les débutants, certains n'ont aucune notion de ce que j'appellerais la solidarité de classe. Couper la route, couper l'élan ne les dérange par exemple pas. Ça papote cependant sympathiquement aux feux rouges, et je trouve ça mignon. Nous autres les vieux briscards l'avons aussi fait en notre temps et puis est venu un moment où circuler à vélo nous a paru si normal, nous avons cesser de bavarder. Voilà que débarquent plein de newbies disposant du tout frais enthousiasme que nous avions à nos débuts. 

J'ai incroyablement retrouvé ma tête à chemin, c'est fou - une dame, à vélo à un feu rouge -. Pourquoi lorsqu'il y a un boisseau de personnes c'est à moi d'entre tous que l'on demande le chemin ? Est-ce parce que j'ai l'air à la fois inoffensif et de savoir où je suis (même quand je ne connais pas le quartier) ? Si cette activité était rémunérée, je serais riche à l'heure qu'il est - je n'aurais pas ce regret si j'avais trouvé moyen de gagner amplement ma vie tout en écrivant, seulement je suis toujours en train de fight for a living et par ailleurs fourni tant et tant de travail "invisible" -.

Paris a quand même un peu perdu à mes yeux du petit "thrill" d'y être. J'espère que ça me reviendra quand les touristes reviendront. Là, j'ai beau admirer, lors de mes trajets aller, c'est comme un charme rompu, un amour qui aurait basculé sur le versant stabilité un brin morne de la relation stabilisée depuis des années. 

 

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Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 436 958 cas (dont : 417 861 morts (115 084 morts aux USA) et 3 720 526 guéris) 


Chroniques du confinement jour 47 : grosse journée de boulot

 

    Journée de sport et qui commence par une bonne petite satisfaction : le 7 mn/km de moyenne sur le short legal morning run. C'est très lent, je le sais. Seulement pour moi c'est déjà bien. L'objectif sera d'être bientôt capable de courir 10 km à cette vitesse. Avant que d'être trop âgée j'aimerais atteindre le 6 mn/km qui me permettrait de les courir en 1h tout rond. J'ai les jambes, c'est le cœur qui galope trop vite. 

Et qui fini par une bonne petite satisfaction aussi : la séance de Tabata passe crème. Deux des exercices sont similaires à ceux du défi quotidien (abdos - squats - pompes) alors c'est sans doute ça. 

Entre les deux je n'ai quasiment fait que travailler, une fois passée les petites écritures du quotidien, et un peu de lecture chez les ami·e·s, dont ce billet chez Guillaume Vissac, fort bien vu, concernant le mois dernier (sans surprise : ça ne s'est pas franchement arrangé depuis). Le temps s'y prêtait : beau, pas trop venteux, pas chaud au point d'être tentée de sortir la chaise-longue pour lire au jardin. Alors j'ai attaqué la tâche rude du tri et rangement de la cabane à outils.

Le temps doit être clément car il convient de sortir un nombre certains de cartons et autres objets lourds et les laisser dehors le temps de ranger ce qui est dans et sur les deux établis (celui d'ici, celui de Taverny). Car oui, j'ai une cabane à outils avec ceux établis (on dirait le début d'une chanson).

Une fois lancée il y a des points d'arrêts possibles et d'autres états intermédiaires où il est fortement déconseillé de laisser les choses en plan. Alors histoire de bien dépoter une première partie, j'ai bossé jusqu'à 18h, sauf le temps du déjeuner, que JF après avoir fait les courses (ce qui en cette époque qui craint est une mission) avait assuré : des merguez et de la semoule. 

Cela dit : j'ai bien oublié le reste du monde, pensé à mon père avec une certaine tendresse - sa méticulosité et sa logique dans la façon de disposer les choses - et bien maudit le voisin voleur qui s'était servi dans ce qui était le plus usuel. Heureusement il a dû trouver trop vieux les magnifiques outils de mon grand-père et ceux-là sont, me semble-t-il, pour la plupart, restés. Bon d'accord, ils sont rouillés.

J'ai même retrouvé des masques (de bricolage). Que je n'ai pas eu le cœur de jeter même s'ils sont inutilisables. C'était mon père qui les avait customisés à sa bonne taille.

Il y avait aussi un plan de la maison qu'il avait lui-même dessiné. 

Après il a fallu remettre en place les différents cartons, outils et objets que j'avais sortis pour ranger. Et me reposer un petit peu pour pouvoir attaquer le Tabata. 

Soirée avalée par une recherche de musique pour m'ôter Le bal des Laze de la tête, suis passée par Tubular bells, un peu du groupe de Luke Oldfield. Et de liens en liens, je me suis retrouvée à regarder un documentaire joyeux et plein d'énergie sur The Undertones, tandis qu'une lessive de blanc que j'avais lancée avec entre autre des tissus retrouvés, tournait. 

Ne restait plus qu'à bloguer et jeter un coup d'œil aux infos italiennes ; par les temps qui courent trop se déconnecter n'est pas bon non plus. Les choses peuvent très vite déraper encore plus qu'elles ne l'ont fait et mieux vaut savoir à quoi s'attendre. 

En France bon nombre de parents et d'enseignants ne veulent pas reprendre le 11 mai, dans des conditions qui semblent en pratiques irréalisables. Les parents ont peur pour la santé de leurs enfants. Du moins les parents censés. D'autres n'en peuvent plus de supporter leurs propres mômes H24 et n'ont qu'une envie de les confier à d'autres le temps des journées. Ça promet mal.

Phénomène prévisible : pas mal de personnes semblent considérer que allez hop le 11 mai c'est fiesta et on reprendra la vie où elle en était comme elle l'était. Ça va être chaud de faire comprendre que non. La suite de l'épidémie risque d'être dévastatrice. En avoir marre d'être confinés n'est pas une bonne raison de se déconfiner. 

 

 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
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3 462 897 cas (dont : 243 569 morts (66 819 aux USA) et 1 104 723 guéris) 


Chroniques du confinement jour 39 : tout le monde semble pousser au déconfinement, mais du calme, oh ! attendez


    Alors c'était jour de sport puisque la séance Tabata de la veille avait été reportée à ce soir. Donc pour démarrer la journée à nouveau une petite séance de fractionnés type Moneghetti qui en durée et en distance correspond pile à nos contraintes de confinés. La séance de Tabata de ce soir nous a semblé plus facile. Marc (V.) m'avait nommée pour être en direct mais comment faire alors que le téléfonino me sert de modem ? Et celui de JF nécessiterait d'utiliser mes codes FB, ça me paraît moyen. Ou alors il faudrait l'habiliter dans notre groupe privé des triathlètes. Bref, il m'a semblé que ça compliquait beaucoup. 

D'une façon générale, j'ai senti aujourd'hui une sorte de volonté générale de se déconfiner, de communiquer, vouloir remettre en route. Un mail pour le comité de lecture - je vais reprendre les lectures, oui, mais d'abord celle personnelle que j'ai enfin le temps d'accueillir -, un appel d'un numéro inconnu, pour un travail envisagé avant. Je suis incapable d'y répondre pour l'instant. D'une part parce que ma réponse serait que je ne sais rien du futur une fois le déconfinement accompli, sauf que je sais que je ne sais pas alors que la plupart des gens s'efforce de croire savoir. Et d'autre part parce que je ne souhaite pas rompre prématurément le confinement, comme s'il s'agissait du risque de rompre un charme.
De la même façon j'éprouve le besoin de respecter strictement les consignes, nous devons sortir le moins possible et croiser le moins de gens possibles. Sans doute s'agit-il là de ma façon de participer à l'effort collectif. 
Capture d’écran 2020-04-25 à 00.11.49 Mais qu'on ne me demande pas en retour d'y participer et de me priver de ma vie habituelle SAUF pour les contraintes professionnelles (ou : de type professionnelles ; d'ailleurs peut-être qu'à l'issue de tout ça je cesserai mes participations bénévoles à toutes sortes de belles actions, le travail rémunéré prend déjà bien des heures, je dois en garder pour moi, vraiment miennes, pas déjà occupées et remplies).

(dessin de Fabrice Erre

J'ai besoin de cette cohérence-là. Pour qu'il y ait du bon dans le fait d'être confinés. Pour que ça soit logique : si ce qui fait des bonheurs de la vie, les entraînements sportifs collectifs ou retrouver des ami·e·s et aller boire des coups, est jugé dangereux, il n'y a aucune raison que le travail le soit moins. Que les personnes dont le rôle est primordial dans ce qui permet de survivre (l'alimentation, les soins médicaux, le nettoyage ...) continuent de travailler malgré le danger a un sens. Que des emplois dont les actions peuvent être différées sans trop de problème soient remis en route alors que le danger est encore fort, n'en a pas. Même économiquement, car un faux mieux sera inévitablement suivi d'un rebond épidémique qui entraînera du pire. 

Trump a refait du Trump en suggérant aux gens de boire des produits désinfectants ou de se faire des séances d'UV. Le pire c'est qu'il semblerait que des gens soient prêts à le croire.  J'ai appris via Twitter que certains abrutis avaient trouvé moyen il y a déjà quelques temps de se laisser convaincre que de la Javel diluée pouvait être un remède contre l'autisme. 

Les amis en Nouvelle Calédonie ont retrouvé leur humour et leur balance habituelle, ça fait plaisir. En fait ils (collectif du groupe de personnes arrivées par ce même avion venant de France, le premier depuis le début du confinement), étaient non seulement en quarantaine dans un endroit comme en détention mais également menacés par des gens à qui on les avait désignés comme un danger.

Ma journée a trop vite filée : à part le sport et un peu d'écritures quotidiennes et la lecture de "Feu de tout bois", toujours, je me suis attaquée au nettoyage du Vélux (avec l'aide de mon co-confiné) et au rangement d'un des cartons grands qui restait du déménagement. Ces deux derniers point ont fait que la matinée s'est trouvée envolée. Sieste après le déjeuner, deux ou trois bricoles et hop c'est l'heure du Tabata. 
Il faisait un temps plutôt gris et assez frais : au moins ça limitait la tentation de la lecture au jardin. 

Pour autant et contrairement aux impressions relatées avec talent par Carl Vanwelde, je sais exactement quand nous sommes, quel jour, et ce que j'ai accompli dans la maison et le jardin jusque là. C'est peut-être aussi ce qui me fait peur : il ne va pas me rester assez de temps pour bien m'occuper de ce chez-moi, où je me sens vraiment chez moi, d'ailleurs. Et probablement là plus qu'ailleurs, à présent que Taverny n'a plus trace de nos vies alors que ce fut l'endroit fondateur, la place d'enfance et de jeunesse. 

 

LT des TG de Rai News 24 du soir

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2 813 538 cas (dont : 196 412 morts (51 607 aux USA) et 778 427 guéris) 
La France rattrape presque l'Espagne au nombre de morts officiels (22 250 environ contre 22 500)


Chroniques du confinement jour 35 : reprendre le ménage sur l'ordi, et lire sans se priver


    C'était jour de récupération, sans sport à part le défi abdos - squats - pompes, et j'en ai profité pour lire à loisir. Le temps (météo) s'y prêtait : sous des apparences de beau temps, c'était bien bien frisquet et assez venteux. Pas un vent de tempête, certes, mais un vent de j'ai froid si je reste dehors sans bouger, par exemple pour lire au jardin.

L'appli Bird up que Laurence m'a conseillée se révèle un piège : je suis capable de passer un temps fou, encore plus qu'avant à écouter les oiseaux et avec cette sorte de Chazam ornithologique, toute heureuse de repérer telle ou telle voix. 
À la tombée du soir, ce que je prenais pour un merle inspiré était en fait une grive musicienne. L'appli m'a aussi permis de déceler qu'il y a un rouge-gorge, au moins dans les environs. Même si je ne l'ai encore jamais vu.
Le déconfinement sera difficile, je suis ravie de mes activités de confinée.

La journée a filé à toute allure, j'accompagnais mentalement mon amie Élisabeth en Syrie et lors de ses trajets en Grèce et en Turquie. Dans la soirée j'ai dû les laisser en Éthiopie : il me fallait accomplir quelques tâches, préparer mon attestation pour le short legal morning run du lendemain matin, ranger quelques objets (l'idée étant de vider un carton par jour), et nettoyer la petite valise rouge sur laquelle un scotch de déménagement avait laissé une trace visqueuse redoutable. Me secouer pour ce minimum vital, et même si j'ai laissé les repas à JF (qui nous a cuit une hampe le midi avec patates et carottes fraîches), c'était un bon petit travail. 

Le tri - sauvegarde et ménage des photos m'a tenue pour le reste de la soirée. Je crois que ça sera ma tâche principale de la semaine, l'ordi n'avait plus que 2,2 Go de disponibles. 

De ce fait j'ai laissé tomber le LT des infos italiennes. Les nouvelles que j'avais captées à différents moments de la journée pouvaient toutes se résumer France ou Italie par le fait que les gens sont en train, poussés par leurs employeurs ou de leur propre chef parce qu'ils n'en peuvent plus et que les infos de par les hommes de pouvoir sont contradictoires et confuses, de déconfiner bien trop vite. L'homme lui-même a répondu à son chef qui l'appelait pour prendre des nouvelles qu'il avait hâte de revenir le 11 mai. Or l'épidémie ne sera pas suffisamment calmée avant fin mai pour l'Italie et mi juin pour la France. Pourquoi tant d'impatience ? Je peux le comprendre là où les gens ont faim. Pour l'instant la plupart des habitants d'ici s'en sortent, j'espère ne pas me tromper. Alors pourquoi aller volontairement se jeter dans le danger, quand le seul effort à faire est de rester au calme ?

Les plus raisonnables de mes amies ont des tentations de consommation : dès que la moindre boutique annonce un peu de livraisons possibles hop hop elles se réjouissent et décident de commander ou d'y aller voir. J'ai l'impression qu'on ne peut pas lutter. Nous avons été dressés pour consommer, dressés pour être productifs - oui il le faut mais pour quelques temps encore c'est à l'État de se substituer à nous en tant que petits pions productifs sous peine qu'au bout du compte il reste tellement moins de pions que le monde tel que nous le connaissions devra s'arrêter -. C'est impressionnant d'à quel point il semble difficile de se déprogrammer. 

En attendant, bonnes nouvelles de la famille et de quelques amies, ce qui fait du bien et plaisir pour les personnes concernées. 

Nous regardons circuler les six vaches du champ d'à côté. Elle vont de celui-ci à l'autre, derrière le rideau d'arbres. L'une d'elle semble intriguée par notre présence. Les autres trop occupées à mastiquer. 
Il y a depuis plusieurs jours des sons de tronçonneuses dans le lointain pas si éloigné, qui me font craindre pour les arbres.

Je suis heureuse pour la première fois depuis mes années d'enfance et de jeunesse, je crois bien, d'avoir pu voir au jour le jour le décollage du printemps, à présent lancé : les arbres sont feuillus, ça y est. 



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Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 474 054 cas (dont : 170 191 morts (42 263 aux USA) et 645 019 guéris) 

La France a dépassé les 20 000 morts officiels ; il est beaucoup trop tôt et il sera encore trop tôt le 11 mai pour déconfiner. L'Allemagne, en revanche avec sa politique de tests, de quarantaine, et son nombre de lits en réanimation suffisant peut commencer dès maintenant (colonne rouge le nombre de morts le 20 avril)

Capture d’écran 2020-04-21 à 00.00.33

 


Chroniques du confinement jour 34 : Bien courir

 

    Bon sunday morning run, en 56'13'' soit à pas grand chose de la limite légale, due to un crochet au cimetière (rien n'interdit de passer au cimetière, non ? Il est bien dans le périmètre du kilomètre autour de la petite maison) : en passant sur la voie verte j'avais vu que la tempête du début de la semaine passée avait mis à terre certains des pots de fleurs. Ça ne m'aurait pas laissé en paix de les laisser ainsi renversés. Une des plantes avait fini sa vie, je l'ai jetée. Le cimetière était particulièrement triste : plus rien de naturel de fleuri. Nous ne nous sommes pas attardés, pas à l'abri d'un citoyen délateur zélé et je savais le temps compté. 

Grâce à une appli indiquée par mon amie Laurence, j'ai peut-être enfin le nom de l'oiseau chanteur : ce serait un troglodyte mignon. J'attends de disposer d'un peut de temps pour vérifier. 

Quelqu'un sur Twitter, de la cyclosphère, a indiqué que Why we cycle était disponible sur Vimeo gratuitement pendant 24h. Je me suis fait un plaisir de le regarder et JF aussi, finalement pendant le déjeuner (1)

Alice indique dans un de ses billets une vidéo intéressante (de DirtyBiology), datant de 2014 et relatant une épidémie dans un jeu en réseau (le très fameux WOW). C'est différent car dans un jeu les gens savent qu'ils ne risquent pas vraiment leur vie, il n'empêche, que sur les comportements ça peut donner des indications. Le Youtubeur n'a pas tort : les modélisations ont souvent ceci de faux qu'elles ne prennent pas suffisamment en compte la bêtise humaine. 

Dans son journal de novembre 2008, Élisabeth qui avait fait pour ses livres un voyage à Glasgow évoque le Child Migrants Trust. Des enfants du Royaume Uni avaient dont jusqu'en 1970 (!) été envoyés ici ou là aux bords du Commonwealth dans l'idée de faire souche localement une fois devenus grands. Certain·e·s n'étaient pas orphelins. C'est terriblement l'action symétrique de celle qui fut faite en France où des enfants des territoires d'Outre-Mer avaient été envoyés en Métropole sous couvert de placements et d'avoir une meilleure éducation, jouer la main d'œuvre gratuite dans les départements ruraux (2). Comment s'étonner après ça du peu de cas que font nos dirigeants de la santé de l'ensemble de leur population : si nous sommes peu fortunés, nos enfants eux-mêmes sont considérés comme de la main d'œuvre peu importe les dégâts. J'ai l'impression que dans leur esprit, c'est toujours ainsi. 

Je songe à nouveau à une conversation de la veille avec ma sœur : ce virus redoutable est en train d'apprendre aux personnes de pleine santé (à d'autres aussi, il frappe tout le monde) ce que c'est que la fatigue, que d'être réellement fatiguées. Et bien des ami·e·s qui guérissent ou ont guéri d'une version de ce SRAS qui ne les a pas mené·e·s jusqu'à l'hospitalisation, lorsqu'ils ou elles décrivent l'état dans lequel ils se retrouvent une fois tiré·e·s d'affaires, relatent quelque chose qui ressemble fort à l'état moyen de quelqu'un avec une thalassémie. Voilà, nous c'est toute notre vie comme ça, sans réel espoir que ça aille mieux à moins d'être rentiers ou de pouvoir vraiment travailler à notre propre rythme avec des plages de repos dans la journée. 

 

Le bruit de la ville en ce dimanche d'un confinement qui semble respecté est si faible que l'on entend les vaches brouter. Elles sont dans le champ derrière le jardinet et l'on entend le son de l'herbe arrachée. Je vous garantis qu'une vache peut sembler apathique lorsqu'elle rumine, mais que lorsqu'elle broute, elle est d'un dynamisme de prof de zumba.

J'avais déjà remarqué qu'on entendait le vol des oiseaux, même les petits, les moineaux, le ffrrrrrttt de leurs ailes. 

Le premier ministre français a fait une longue émission de télé semble-t-il pour ne pas dire grand chose, mais pour une fois ne pas trop mentir non plus. La seule annonce concrète a semblé être la reprise doucement au cas par cas des visites de familles en Ephad. 

Un des points troublant de la situation actuelle est que la plupart des propositions habituelles de solidarités entre amis et connaissances ne peuvent plus avoir cours. Par exemple on se serait volontiers conviés à l'apéritif avec les voisins d'en face, eux qui nous demandaient si ça allait - oui nous sommes confinés dans pas grand mais en même temps c'est assez spacieux, nous ne sommes que deux, nous pouvons courir le matin et nous sommes assez vieux pour ne pas avoir des besoins fous d'énergie à dépenser (3) -, seulement voilà, Passez donc voire un verre, par les temps qui courent c'est no way. 

 

(1) pas volontaire, simplement je n'ai pas voulu interrompre le film et comme ça intéressait aussi mon co-confiné, c'était aussi simple ainsi, sur la table de la pièce avec le petit ordi.

(2) ce que raconte fort bien le roman d'Ariane Bois, "L'île aux enfants" 

(3) D'ailleurs c'est un peu un rêve de thalassémique, ça, avoir de l'énergie à dépenser. Ça nous arrive si rarement. 

 

 

 

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Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 372 991 cas (dont : 163 636 morts (39 651 aux USA) et 611 747 guéris) (point à 18h30)


Chroniques du confinement jour 28 : Grand vent, trente ans et jour férié


    Notre fille a trente ans aujourd'hui. Anniversaire souhaité mais non fêté. Sans doute ferons-nous un rattrapage après. Elle n'est pas seule et cela me console pour elle.
Je n'en reviens pas de ce nombre d'années. Non pas du fait qu'elle les ait, elle, totalisée, mais du fait qu'autant de temps ait pu filer. Si j'y repense un instant (privilège du confinement : on peut s'accorder du temps pour penser aux choses calmement), je les vois bien ces années, d'autant plus qu'une fois sortie de l'"Usine" comme disait Marie, ce furent des années de vraie vie et non entre parenthèse durant tant d'heures de travail où je n'y étais qu'en exécutante, mais ne les vivant pas vraiment. Il n'empêche. 30 ans ! C'est fascinant. Même si je passe au travers de plusieurs pandémies, il ne m'en reste peut-être plus tant. Tant que je ne suis pas dans d'atroces souffrances ou circonstances, j'aimerais bien continuer. Je trouve ce monde intéressant. Et je n'ai pas envie de quitter de si tôt mes proches, mes ami·e·s.

Nous devions aller courir mais un vent bien fort nous en a dissuadé. Il soufflait depuis la veille au soir mais s'était renforcé au matin. Il avait plus aussi, dans la nuit. J'ai pris une ou deux photos ; Pierre m'a fait remarquer que l'une d'elle que j'avais publiée sur les réseaux sociaux ressemblait à un tableau de Pierre Soulages. 

Je pense que techniquement nous aurions pu courir, que ça aurait même été amusant - contrairement au vélo qui par un tel vent est carrément dangereux ; je veux dire hors périodes de confinement -. Mais la voie verte est bordée d'arbres et une branche cassée peut si vite voler ou tout autre chose que le vent porterait. Il ne s'agit pas de prendre en ce moment des risques inutiles. 

Une fois la décision collégiale prise, je me suis recouchée. Il était 7h30 un peu passées.

J'ai sans doute re-dormi et écouté aussi le concerto du vent et des oiseaux. Ceux-ci qu'en benoîte citadine je croyais planqués par grands vents, ressortent dès que les rafales faiblissent, et savent apparemment anticiper leur retour. Peut-être au frémissement qui les précède dans les plus hautes branches des très grands arbres.  
Après tout c'était jour férié, donc nous pouvions tout à fait nous accorder une grasse matinée.

Le vent était par rafales si fort qu'il a ouvert en claquant la petite fenêtre arrière près de mon bureau, laquelle ne tient qu'à un loquet. Heureusement pas de vitre cassée. 

J'ai retrouvé en cherchant des chewing-gums un CD dans le tiroir de la table de chevet qui jouxte mon lit à gauche (à main gauche quand on y est allongée). C'était un CD pour enregistrer soit même et j'y ai retrouvé une copie de celui de Kyo "300 lésions" acheté du temps où les enfants kiffaient ce groupe. En fait je l'avais retiré du lecteur de la voiture pour le remplacer par Bleu Pétrole d'Alain Bashung (dont la pochette portait la trace écrite). Puis je l'avais oublié là. 
Note pour un prochain confinement : ranger oui, mais pas trop, afin de s'accorder quelques retrouvailles. 
Je ne suis pas particulièrement admiratrice de la musique de ce groupe (dont j'ai appris qu'il s'était reformé en 2014 après s'être arrêté en 2008), mais j'aime écouter leurs morceaux qui me rappellent une époque dynamique de ma vie, celle du temps de Marie, et des enfants encore enfants ou adolescents. 
Quand je songe au passé, je n'ai aucun regrets, j'ai fait de mon mieux sans arrêt, par moment mon mieux fut insuffisant, voilà. Et nous n'avons pas été épargnés, tout en restant privilégiés à l'échelle du monde tel qu'il est. Alors ça ne m'est pas désagréable de jeter un coup d'œil en arrière et mesuré que si tout ça fut plutôt rude, ce fut intéressant. Et que de belles amitiés ! 

JF m'a obligeamment libéré l'un des fauteuils verts, où il avait mis ses habits et j'y ai lu avec délice "Feu de tout bois" une partie du restant de matinée. Mon amie et son époux ont à présent quitté Bagdad, ils faisaient route vers la Suisse puis la France à travers la Grèce. Grâce aux outils modernes je suivais la localisation des villes sur une carte via mon téléfonino et comme je date d'avant tout ça (rechercher le nom des villes dans un gros dictionnaire, être déçue que celles-ci trop petites ou de faibles notoriétés ne s'y trouvassent pas, de n'en voir aucune photo), c'était un délice de lecture et voyage par procuration. 
Je les ai quittés alors qu'ils s'installaient à Tripoli : c'était l'heure de notre déjeuner, un succulent tajine d'agneau du traiteur de sur la place, agrémenté de semoule préparée par JF. Ce repas était assez raccord avec le voyage littéraire, m'a-t-il semblé. 

Le soleil s'est libéré en fin de matinée mais la tempête de vent n'a pas molli pour autant. Le contraste est curieux. On pourrait, hors confinement, se dire Oh il fait beau, c'est jour férié, allons nous promener. Mais en fait il fait un temps dangereux, nous sommes confiner et le danger primitif du vent en tempête nous accorde l'illusion de croire que la décision de rester à l'intérieur vient de nous par prudence des plus élémentaires. J'aime assez cette version. On peut aussi compléter l'illusion par celle d'être venus parce que c'était le week-end de Pâques, zut alors tout à l'heure il faudra reprendre la route et le boulot demain.   

Encore une séance de Tabata un peu écourtée pour des questions de droits sur les musiques. Ce que je ne comprends pas bien c'est qu'il s'agit d'un groupe privé. 

Les chiffres de l'épidémie continuent à être à la fois encourageants mais partout en Europe bien insuffisants pour envisager des reprises de la vie courante et économique normale. Président Macron dans son discours de 20h a annoncé "reprise générale le 11 mai" dont les écoles, collèges et lycées ce qui paraît suicidaire puisque toujours pas de masques (en aurons-nous dans un mois et comment feront les gosses), ni de tests. Il faudrait des tests de l'immunité. En Espagne c'est pire des activités ont repris à présent alors que le nombre des morts est très élevé. 
En Italie c'est l'anarchie, des boutiques (dont les librairies et les magasins de vêtements pour enfants) devraient ré-ouvrir mais pas partout ou pas avec les mêmes horaires, mais dans certains endroits si quand même. 

Un article inquiétant : d'après l'OMS l'immunité de serait pas garantie après un premier passage de la maladie (j'avais lu par ailleurs quelque part 91 personnes en Asie, constatées ré-infectées). 

JF semblait abattu par la nouvelle date limite de confinement. Il est vrai qu'au moins son boulot va en prendre un coup. Un joueur de Charlie Pétanque serait mort du Covid-19. 
Pour ma part je n'ai pas envie de courir de risque (mais pas envie de perdre mes perspectives professionnelles non plus). 
Bon, nous avons en tout cas encore un mois au moins au calme.

Je repenserai à cette journée d'anniversaire, comme avant tout celle d'une tempête au soleil, ce qui était bien étrange, ce vent si violent sous une apparence de temps si beau. 

 

 

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Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 871 896 cas (dont : 116 004 morts (22 115 aux USA) et 434 298 guéris) (chiffres vers 16h)


Entraînement de course à pied : tour tranquille de l'Île de La Jatte

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Entraînement léger convenant à une solide fatigue. Il eût été impossible de mettre du rythme, de faire des séquences. Donc y aller quand même mais sans forcer. Le but de la séance était déjà de parvenir à la faire. JF pour m'accompagner, ce qui aidait.
Halte pour divers petits exercices à Levallois, en bord de Seine puis assouplissements au parc des Impressionnistes mais pas à l'endroit habituel qui sentait violemment l'épandage de quelque chose.

Condition physique : J'ai le dos douloureux : haut (mauvaise position de sommeil ? deux oreillers par mégarde) et bas (surtout l'arrière à gauche au niveau de la hanche). L'énergie est basse, j'ai dormi la veille presque toute la journée, l'inquiétude combinée pour l'un qui subissait une petite intervention chirurgicale l'avant-veille et l'autre qui a de nouveau des ennuis de santé m'a vidée ; je le paie en fatigue, de même que les mois de travail physique intense enchaînés avec seul Arras pour souffler de fin août à la semaine passée. 
Semaine passée sans travail en librairie : je le sens immédiatement, aucune fatigue des jambes, ni genoux. De ce strict point de vue, j'aurais pu enchaîner sur un deuxième tour.

Distance : 10,89 km

Moyenne en déplacement 8:27 mn/km basse mais peu surprenante. J'ai pris quelques photos (la brume sur La Défense)
Moment un peu soutenu à 5:50 mn/km (mais pas longtemps, le passage en planches, réouvert)

Conditions climatiques :
Il fait environ 4°c brumeux au moment du départ. La température est sans doute de 6°c vers la fin, et la brume s'est levée.
Le tour de l'île, fermé pour cause de crue lors de notre plus récent entraînement sur place était à nouveau accessible mais pas du côté du petit bras.

Équipement : bonne chaleur pour du 4°c gris avec par moment petite brise frisquette


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  • - un tee-shirt manches courtes 2XU suffisamment serrant pour éviter de mettre un soutien-gorge ;
    - un tee-shirt technique manche courte (en l'occurence celui d'un trail de Ville d'Avray il y a deux ans (ou trois ?)) ; éventuellement j'aurais pu m'en passer ;
    - une veste thermique légère du club de Levallois, prévue pour le vélo à la mi-saison ;
    - un caleçon court moulant de course ; 
    - un pantalon de survêtement chaud, prévu pour le foot à la base ;
    - un tour de cou (en l'occurrence celui du trail des 40 bosses) ;
    - une paire de mitaines de vélo - la température ayant légèrement montée pendant les environs deux heures d'entraînement et comme il s'agissait de courir en ville et non de trail, j'aurais pu m'en passer - ;
    - tour de cou utilisé comme bonnet, celui du club, légèrement molletonné et imperméable jusqu'à un certain point.
    - la petite sacoche à la taille contient le téléphone portable, utile en cas d'urgence et pour prendre des photos ;
    - dans les poches dorsales de la vestes thermique, mouchoirs (tissus et en papiers), deux gels (qui n'auront pas servi) ; un pass navigo une petite pochette avec CB, carte vitale, carte du club de triathlon et un billet de 5 € (ou 10 €) ;
    - pas d'eau car deux points d'eau sur le parcours : au parc des Impressionnistes et au début du parcours sur l'Île de La Jatte ;
    - chaussures : de solides Brooks, milieu de gamme achetées chez Cap Marathon l'an passé (ou deux ans plus tôt ? le temps file tant). 
    - chaussettes de running de base de chez Décathlon ;

(je prends ces notes en vue des courses, où il est utile d'être à la bonne température et de ne rien oublier)

Billet commun avec Run mais plus seulement


La tour Ariane, une bibli, une voix amie


    J'ignore pourquoi mais soudain me revient, datant de janvier 2003, le souvenir d'un midi d'une journée de travail.

Je bossais alors à l'"Usine" (une grande banque de la place), Tour Ariane. J'y étais depuis septembre 2001 dans un service consacré aux clients entreprises, le côté informatique, fichiers et statistiques de la force. Longtemps j'avais exercé le même type de métier mais pour un des services de Ressources Humaines et sis les derniers temps dans des bâtiments de peu d'étages dans le quartier de l'Opéra (Garnier). Pile en septembre 2001 j'étais venue me laisser percher dans une tour de La Défense. Il y a des gens comme ça qui ont le sens du timing. Les collègues (ceux que je quittais, ceux que je rejoignais) se gaussaient. 

En janvier 2003, j'avais pris mes marques depuis un moment. Le travail n'était pas affriolant - en quelques années dans les services de ce type, nous étions passés de grands projets sur lesquels nous pouvions techniquement apprendre et chercher et trouver à des tâches répétitives de statistiques, dispositifs ou fichiers à fournir vite sans avoir le temps de réfléchir, d'améliorer -. Ce qui me consolait était de bosser sous Unix, et que par ailleurs l'équipe à laquelle j'appartenais était composée de gens bien.

Une de mes amies venait de publier un livre, ça n'était pas le premier, écrire était son métier. Son livre d'ailleurs allait faire partie des facteurs de contamination vers l'écriture. À ce moment-là je le ressentais sans savoir encore me le formuler. 

Et ce midi-là, elle passait à la radio (1). Alors j'avais un peu décalé mon heure de déjeuner, lorsqu'il n'y avait pas d'urgence nous avions cette liberté, zappé la cantine, pris un sandwich quelque part, vite avalé et j'avais filé munie sans doute d'un walkman (2) à la bibliothèque. 

En ce temps-là les grosses entreprises avaient des comités d'entreprises qui investissaient dans le collectif, existaient encore ciné-club, groupe théâtral, groupe sportif ; n'existait déjà plus une coopérative qui permettait de caler des achats de vie courante juste après la cantine et dont j'avais amèrement regretté la disparition.

La bibliothèque dans la Tour Ariane présentait la particularité d'être immense. En effet des règles ordonnaient de limiter le poids sur plancher. Les livres étant très lourds par rapport à leur taille, il avait fallu répartir et de ce fait les étagères étaient comme perdues au sein d'un vaste espace. Comme pour tout le reste c'était économie maximale et entassement des meubles et des gens, le contraste était saisissant. Et très agréable lorsqu'on y passait un moment. 

Je me souviens d'avoir approché une chaise près de la baie vitrée côté Paris, là où l'on voyait la Tour Eiffel veiller sur la ville et d'écouter la voix amie. Le ciel était beau, contrasté, légèrement tourmenté, pas du gris uni comme souvent à Paris. Ça allait bien avec l'ambiance du livre dont il était question. En ce moment précis, le temps d'une émission, j'ai été heureuse. Les tourments étaient nommés. Tout semblait [par ailleurs] harmonieux.

Je n'ai plus le souvenir de nos échanges consécutifs (par SMS ? par mail ? par une lettre en papier ? (3)) ; ni non plus celui de mon apparence d'alors aussi bien générale (portais-je les cheveux courts ? longs ?) que ce jour-là en vêtements (sans doute sagement corporate, ne relevant pas d'un vrai goût personnel). C'était il y a dix-sept ans. Et la force de cette mémoire de l'instant m'impressionne rudement.  

 

(1) France Inter ou France Culture 

(2) Les téléphones portables à l'époque ne servaient qu'à téléphoner. Même pas à prendre des photos. 

(3) Je suis seulement certaine de n'avoir pas téléphoné car la bibliothèque n'était pas un lieu pour le faire et qu'ensuite j'étais directement remonté travailler sans passer par un moment sur le parvis à respirer l'air du dehors. Et le soir après le travail, je cavalais pour retrouver mes enfants, toujours trop tôt pour mon employeur, toujours trop tard pour eux.


Des coups durs et du rangement (ou de son absence)

    

    Comme après un excellent dimanche il me restait un peu d'énergie, j'ai entrepris, comme je le fais chaque fois que c'est possible, de ranger. 

Ma cuisine est mon bureau, qui avait depuis longtemps dépassé les limites du bordel organisé pour devenir un grand bazar fuligineux.

En triant, en jetant, en datant les objets et documents retrouvés d'après les traces qu'ils en contenaient, j'ai eu la confirmation claire et nette de ce que j'en supposais : quand rien de grave ne se produit, je range et classe et jette ce qui doit l'être, et ce même si je dois assumer un travail nourricier à temps plein, les trajets et par ailleurs les entraînements de triathlon.

En revanche dès que survient un coup dur, qu'il soit collectif ou intime, je ne parviens plus qu'à assurer comme ça peut le boulot et une part du sport, ainsi que la gestion domestique urgente comme le minimum vital de tâches ménagères, et le reste part à vau-l'eau ; sans compter que les KO de la vie s'accompagnent généralement d'une forme ténue d'amnésie : ce qu'on a fait les jours d'avant présente des blancs mémoriels, et lorsque l'on reprend pied, la mémoire précise des actes accomplis entre la date de l'événement et la reprise de contact avec un sentiment de "vie normale" retrouvée, s'estompe fort. 

Ainsi en rangeant mon bureau j'ai retrouvé : une strate de juste avant novembre 2015 (attentats dans Paris, dont au Bataclan), une strate d'après novembre 2016 (maladie finale de ma mère), avant février 2018 et juste après (déménagement des affaires de mes parents vers la Normandie). Ça me fait l'effet de mini time-capsules lorsque je retombe dessus.

Si je suis plutôt contente de retrouver certains objets, surtout ceux qui peuvent m'être encore utiles, je suis triste de constater à quel point nous (le nous collectif général ou le nous familial) avons morflé. Et combien la vie m'autorise finalement assez peu de faire les choses à mon idée. Dès que je trouve un rythme de croisière et un brin d'organisation, survient quelque chose qui défait l'élan. Je suppose que c'est le cas pour tout le monde, seulement celleux qui ont les moyens de déléguer une partie de leurs corvées s'en sortent sans doute moins mal. 

Je crois qu'il conviendrait qu'au lieu de me sentir coupable de ne pas parvenir à tout assumer quoi qu'il advienne, je m'efforce d'être fière de parvenir à assurer le boulot et le principal, coûte que coûte en toutes circonstances.

Rétrospectivement, je me demande si je n'aurais pas dû aller voir le médecin après l'attentat contre Charlie Hebdo. Ça ne m'avait pas effleuré, sur le moment, j'ai mis un point d'honneur à tenir, malgré que j'y avais perdu un ami. Il n'empêche que je l'avais payé, et fort, dans les mois suivants les mois de juste après.

 

À part ça, j'ai retrouvé dans un sac contenant quelque peu de papeterie rapportée de la maison qu'avaient mes parents à Taverny, un ancien papier à lettres datant de mon enfance. Ou plutôt des sortes de cartes pliées, sur le dessus une reproduction de tableau, à l'intérieur une place pour rédiger. 

Or la première contenait un début de courrier destiné à ma cousine Claire et que quelque chose avait interrompu, de suffisamment urgent pour stopper l'élan d'une phrase.

Ma Chère Claire,

Il y a bien longtemps que [je] ne t'ai pas écrit. J'espère que tu vas bien. Ici, ça va, il neige beaucoup et ça m'amuse beaucoup ! À l'école nous nous amusons bien avec les bonshommes de neige, nous n'avons pas le droit de faire des glissades ni 

C'est dommage, il n'est pas daté. La mention de "l'école" semble indiquer que nous étions au tournant des années 70. 71 peut-être car je crois que cet hiver-là avait été particulièrement neigeux.

Au moins cette trouvaille me donne-t-elle le sentiment de n'avoir pas travaillé pour rien.