Entraînement de course à pied : tour tranquille de l'Île de La Jatte

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Entraînement léger convenant à une solide fatigue. Il eût été impossible de mettre du rythme, de faire des séquences. Donc y aller quand même mais sans forcer. Le but de la séance était déjà de parvenir à la faire. JF pour m'accompagner, ce qui aidait.
Halte pour divers petits exercices à Levallois, en bord de Seine puis assouplissements au parc des Impressionnistes mais pas à l'endroit habituel qui sentait violemment l'épandage de quelque chose.

Condition physique : J'ai le dos douloureux : haut (mauvaise position de sommeil ? deux oreillers par mégarde) et bas (surtout l'arrière à gauche au niveau de la hanche). L'énergie est basse, j'ai dormi la veille presque toute la journée, l'inquiétude combinée pour l'un qui subissait une petite intervention chirurgicale l'avant-veille et l'autre qui a de nouveau des ennuis de santé m'a vidée ; je le paie en fatigue, de même que les mois de travail physique intense enchaînés avec seul Arras pour souffler de fin août à la semaine passée. 
Semaine passée sans travail en librairie : je le sens immédiatement, aucune fatigue des jambes, ni genoux. De ce strict point de vue, j'aurais pu enchaîner sur un deuxième tour.

Distance : 10,89 km

Moyenne en déplacement 8:27 mn/km basse mais peu surprenante. J'ai pris quelques photos (la brume sur La Défense)
Moment un peu soutenu à 5:50 mn/km (mais pas longtemps, le passage en planches, réouvert)

Conditions climatiques :
Il fait environ 4°c brumeux au moment du départ. La température est sans doute de 6°c vers la fin, et la brume s'est levée.
Le tour de l'île, fermé pour cause de crue lors de notre plus récent entraînement sur place était à nouveau accessible mais pas du côté du petit bras.

Équipement : bonne chaleur pour du 4°c gris avec par moment petite brise frisquette


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  • - un tee-shirt manches courtes 2XU suffisamment serrant pour éviter de mettre un soutien-gorge ;
    - un tee-shirt technique manche courte (en l'occurence celui d'un trail de Ville d'Avray il y a deux ans (ou trois ?)) ; éventuellement j'aurais pu m'en passer ;
    - une veste thermique légère du club de Levallois, prévue pour le vélo à la mi-saison ;
    - un caleçon court moulant de course ; 
    - un pantalon de survêtement chaud, prévu pour le foot à la base ;
    - un tour de cou (en l'occurrence celui du trail des 40 bosses) ;
    - une paire de mitaines de vélo - la température ayant légèrement montée pendant les environs deux heures d'entraînement et comme il s'agissait de courir en ville et non de trail, j'aurais pu m'en passer - ;
    - tour de cou utilisé comme bonnet, celui du club, légèrement molletonné et imperméable jusqu'à un certain point.
    - la petite sacoche à la taille contient le téléphone portable, utile en cas d'urgence et pour prendre des photos ;
    - dans les poches dorsales de la vestes thermique, mouchoirs (tissus et en papiers), deux gels (qui n'auront pas servi) ; un pass navigo une petite pochette avec CB, carte vitale, carte du club de triathlon et un billet de 5 € (ou 10 €) ;
    - pas d'eau car deux points d'eau sur le parcours : au parc des Impressionnistes et au début du parcours sur l'Île de La Jatte ;
    - chaussures : de solides Brooks, milieu de gamme achetées chez Cap Marathon l'an passé (ou deux ans plus tôt ? le temps file tant). 
    - chaussettes de running de base de chez Décathlon ;

(je prends ces notes en vue des courses, où il est utile d'être à la bonne température et de ne rien oublier)

Billet commun avec Run mais plus seulement


La tour Ariane, une bibli, une voix amie


    J'ignore pourquoi mais soudain me revient, datant de janvier 2003, le souvenir d'un midi d'une journée de travail.

Je bossais alors à l'"Usine" (une grande banque de la place), Tour Ariane. J'y étais depuis septembre 2001 dans un service consacré aux clients entreprises, le côté informatique, fichiers et statistiques de la force. Longtemps j'avais exercé le même type de métier mais pour un des services de Ressources Humaines et sis les derniers temps dans des bâtiments de peu d'étages dans le quartier de l'Opéra (Garnier). Pile en septembre 2001 j'étais venue me laisser percher dans une tour de La Défense. Il y a des gens comme ça qui ont le sens du timing. Les collègues (ceux que je quittais, ceux que je rejoignais) se gaussaient. 

En janvier 2003, j'avais pris mes marques depuis un moment. Le travail n'était pas affriolant - en quelques années dans les services de ce type, nous étions passés de grands projets sur lesquels nous pouvions techniquement apprendre et chercher et trouver à des tâches répétitives de statistiques, dispositifs ou fichiers à fournir vite sans avoir le temps de réfléchir, d'améliorer -. Ce qui me consolait était de bosser sous Unix, et que par ailleurs l'équipe à laquelle j'appartenais était composée de gens bien.

Une de mes amies venait de publier un livre, ça n'était pas le premier, écrire était son métier. Son livre d'ailleurs allait faire partie des facteurs de contamination vers l'écriture. À ce moment-là je le ressentais sans savoir encore me le formuler. 

Et ce midi-là, elle passait à la radio (1). Alors j'avais un peu décalé mon heure de déjeuner, lorsqu'il n'y avait pas d'urgence nous avions cette liberté, zappé la cantine, pris un sandwich quelque part, vite avalé et j'avais filé munie sans doute d'un walkman (2) à la bibliothèque. 

En ce temps-là les grosses entreprises avaient des comités d'entreprises qui investissaient dans le collectif, existaient encore ciné-club, groupe théâtral, groupe sportif ; n'existait déjà plus une coopérative qui permettait de caler des achats de vie courante juste après la cantine et dont j'avais amèrement regretté la disparition.

La bibliothèque dans la Tour Ariane présentait la particularité d'être immense. En effet des règles ordonnaient de limiter le poids sur plancher. Les livres étant très lourds par rapport à leur taille, il avait fallu répartir et de ce fait les étagères étaient comme perdues au sein d'un vaste espace. Comme pour tout le reste c'était économie maximale et entassement des meubles et des gens, le contraste était saisissant. Et très agréable lorsqu'on y passait un moment. 

Je me souviens d'avoir approché une chaise près de la baie vitrée côté Paris, là où l'on voyait la Tour Eiffel veiller sur la ville et d'écouter la voix amie. Le ciel était beau, contrasté, légèrement tourmenté, pas du gris uni comme souvent à Paris. Ça allait bien avec l'ambiance du livre dont il était question. En ce moment précis, le temps d'une émission, j'ai été heureuse. Les tourments étaient nommés. Tout semblait [par ailleurs] harmonieux.

Je n'ai plus le souvenir de nos échanges consécutifs (par SMS ? par mail ? par une lettre en papier ? (3)) ; ni non plus celui de mon apparence d'alors aussi bien générale (portais-je les cheveux courts ? longs ?) que ce jour-là en vêtements (sans doute sagement corporate, ne relevant pas d'un vrai goût personnel). C'était il y a dix-sept ans. Et la force de cette mémoire de l'instant m'impressionne rudement.  

 

(1) France Inter ou France Culture 

(2) Les téléphones portables à l'époque ne servaient qu'à téléphoner. Même pas à prendre des photos. 

(3) Je suis seulement certaine de n'avoir pas téléphoné car la bibliothèque n'était pas un lieu pour le faire et qu'ensuite j'étais directement remonté travailler sans passer par un moment sur le parvis à respirer l'air du dehors. Et le soir après le travail, je cavalais pour retrouver mes enfants, toujours trop tôt pour mon employeur, toujours trop tard pour eux.


Des coups durs et du rangement (ou de son absence)

    

    Comme après un excellent dimanche il me restait un peu d'énergie, j'ai entrepris, comme je le fais chaque fois que c'est possible, de ranger. 

Ma cuisine est mon bureau, qui avait depuis longtemps dépassé les limites du bordel organisé pour devenir un grand bazar fuligineux.

En triant, en jetant, en datant les objets et documents retrouvés d'après les traces qu'ils en contenaient, j'ai eu la confirmation claire et nette de ce que j'en supposais : quand rien de grave ne se produit, je range et classe et jette ce qui doit l'être, et ce même si je dois assumer un travail nourricier à temps plein, les trajets et par ailleurs les entraînements de triathlon.

En revanche dès que survient un coup dur, qu'il soit collectif ou intime, je ne parviens plus qu'à assurer comme ça peut le boulot et une part du sport, ainsi que la gestion domestique urgente comme le minimum vital de tâches ménagères, et le reste part à vau-l'eau ; sans compter que les KO de la vie s'accompagnent généralement d'une forme ténue d'amnésie : ce qu'on a fait les jours d'avant présente des blancs mémoriels, et lorsque l'on reprend pied, la mémoire précise des actes accomplis entre la date de l'événement et la reprise de contact avec un sentiment de "vie normale" retrouvée, s'estompe fort. 

Ainsi en rangeant mon bureau j'ai retrouvé : une strate de juste avant novembre 2015 (attentats dans Paris, dont au Bataclan), une strate d'après novembre 2016 (maladie finale de ma mère), avant février 2018 et juste après (déménagement des affaires de mes parents vers la Normandie). Ça me fait l'effet de mini time-capsules lorsque je retombe dessus.

Si je suis plutôt contente de retrouver certains objets, surtout ceux qui peuvent m'être encore utiles, je suis triste de constater à quel point nous (le nous collectif général ou le nous familial) avons morflé. Et combien la vie m'autorise finalement assez peu de faire les choses à mon idée. Dès que je trouve un rythme de croisière et un brin d'organisation, survient quelque chose qui défait l'élan. Je suppose que c'est le cas pour tout le monde, seulement celleux qui ont les moyens de déléguer une partie de leurs corvées s'en sortent sans doute moins mal. 

Je crois qu'il conviendrait qu'au lieu de me sentir coupable de ne pas parvenir à tout assumer quoi qu'il advienne, je m'efforce d'être fière de parvenir à assurer le boulot et le principal, coûte que coûte en toutes circonstances.

Rétrospectivement, je me demande si je n'aurais pas dû aller voir le médecin après l'attentat contre Charlie Hebdo. Ça ne m'avait pas effleuré, sur le moment, j'ai mis un point d'honneur à tenir, malgré que j'y avais perdu un ami. Il n'empêche que je l'avais payé, et fort, dans les mois suivants les mois de juste après.

 

À part ça, j'ai retrouvé dans un sac contenant quelque peu de papeterie rapportée de la maison qu'avaient mes parents à Taverny, un ancien papier à lettres datant de mon enfance. Ou plutôt des sortes de cartes pliées, sur le dessus une reproduction de tableau, à l'intérieur une place pour rédiger. 

Or la première contenait un début de courrier destiné à ma cousine Claire et que quelque chose avait interrompu, de suffisamment urgent pour stopper l'élan d'une phrase.

Ma Chère Claire,

Il y a bien longtemps que [je] ne t'ai pas écrit. J'espère que tu vas bien. Ici, ça va, il neige beaucoup et ça m'amuse beaucoup ! À l'école nous nous amusons bien avec les bonshommes de neige, nous n'avons pas le droit de faire des glissades ni 

C'est dommage, il n'est pas daté. La mention de "l'école" semble indiquer que nous étions au tournant des années 70. 71 peut-être car je crois que cet hiver-là avait été particulièrement neigeux.

Au moins cette trouvaille me donne-t-elle le sentiment de n'avoir pas travaillé pour rien.


Retour à pied

 

    La jeune femme dit à une amie Je me souviens de tes couleurs.

Il pleut comme si le ciel s'employait à renverser des seaux. Nous venions de parler du film "Parasite" et de la longue séquence de forte pluie. D'un seul coup, nous étions dans le film, avec les ami·e·s.

Je décide par sagesse de rentrer en métro. Ce n'est pas mon mode de transport favori surtout pour venir de là où nos chemins se quittent aujourd'hui : deux changements et le risque ligne 13 de tomber sur la rame qui à la Fourche file vers le mauvais côté. 

La jolie phrase de Léa occupe mes pensées, une fois les ami·e·s quitté·e·s. C'est sans doute ce qui provoque en moi une bouffée d'optimisme ; lorsque j'arrive à l'entrée de la station, la pluie a ralenti, je me dis qu'elle va s'arrêter, que je peux bien rentrer à pied. Et puis une fois chez moi, pas de problèmes, je pourrais me sécher. 

C'était une feinte météorologique, alors que j'ai opté pour la marche à pied, elle redouble. Je vais rentrer drinchée. Ne restera plus qu'à ajouter le savon.
(puis à rincer)
(sécher)

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Je descends de Montmartre et l'eau ruisselle. Elle se souvient qu'il y avait là une colline à dévaler. La ville doit s'adapter. Ses caniveau débordent. 

Boulevard Berthier les voitures joueront aux aventurières passant à gué donnant cette illusion aux conducteurs de piloter.

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Métro Guy Môquet, un coup d'avertisseur moto, un bref éclat de voix. Une dame âgée est tombée, un motard redresse sa machine. Le compagnon de la vieille dame l'aide à se relever. Je me tiens prête à venir aider, mais la dame semble aussi alerte que l'on puisse être lorsque l'on vient de se prendre un gadin sous la pluie alors que l'on tenait un parapluie qu'on n'a pas lâché ou bien tard. Et le motard est descendu qui semble les accompagner sur le trottoir, ils se parlent sans véhémence, les torts sont peut-être partagés - le couple était hors de tout passage piétons -, la moto a peut-être freiné un brin tardivement en s'approchant du carrefour suivant. Et surtout ça a l'air d'aller. 

Je poursuis mon chemin.

Au 104 de la rue de la Joncquière à 16h36 un homme jeune hoodie gris anthracite pantalon noir chaussures de sport sombres, passe par dessus la grille dans un geste d'une telle souplesse sans trop besoin d'élan qu'on a l'impression de qui s'amuse de façon sport à rentrer chez lui, pour un peu j'applaudirais ; à la réflexion et malgré l'aisance, peut-être était-il en train de commettre une effraction. Ma présence en tout cas ne le dérangeait pas - et j'ai passé d'au moins trois décennies l'âge qui peut donner envie aux jeunes hommes de vouloir quêter mon admiration -. Clef oubliée ?

Porte de Clichy sous un abri que constitue une pré-entrée d'hôtel se tiennent quelques personnes, une poignée avec un gilet jaune et l'un des gilets jaunes, homme de forte stature, porte un chapeau de cow-boy bleu blanc rouge. Quand je passe à proximité, je l'entends qui énonce des données économiques d'un ton mesuré que son allure ne laissait pas présager. 

Plus loin trois ou quatre véhicules de gendarme quittent la position qu'ils tenaient devant le tribunal. Leurs gaz d'échappement sont particulièrement forts et suffocants, je me demande s'ils ont la vignette crit'air ; ils ont une sorte de mégaphone qu'ils utilisent lorsque je passe pour tenter de mettre une honte à l'homme qui pisse à un angle de la palissade du chantier de la maison des avocats sous l'air un peu ébahi d'un ouvrier de l'autre côté. Tout à son envie qu'on imagine pressante pour qu'il fasse le choix de se soulager là avant de se diriger vers l'entrée du tribunal, il n'a calculé ni les gendarmes qui lui signalent que son forfait pourrait lui coûter 63 €, ni le fait que la palissade du chantier n'est pas franchement opaque vers l'autre côté, ni le fait que je passais tout à côté sur un trottoir peu large dans cette phase des travaux. La pluie s'arrête, comme si cette micro concurrence lui semblait déloyale et qu'elle renonçait à rincer son forfait.

Je rentre trempée mais sans avoir eu froid. Fullsizeoutput_187b

Le livre que j'avais acheté - un seul sur trois qui me tentaient, je sais être raisonnable - malgré le sac à dos sportif imperméabilisé avait pris un petit peu d'humidité. Mon agenda également, que je tiens à conserver de papier car la seule panne en tant d'année fut que deux d'entre eux avec d'autres affaires qu'un autre sac contenait, me furent volés. J'avais joué de malchance, c'était une fin d'année.

 

En rentrant en allumant l'ordinateur pour y déposer les photos prises au téléfonino de Paris sous la pluie j'ai appris que Toni Morrison était morte dans la nuit. C'est quelqu'un que j'admirais sans connaître toute son œuvre, guettant souvent pour la lire un moment de vacances autre que trop actives ou atteintes trop fatiguée, qui n'arrivait (presque) jamais.
Elle imposait le respect.

L'effet d'insouciance de la marche sous la pluie s'est immédiatement dissipé.

Quelles que furent les circonstances de la vie du monde, je sais gré à mes amies de la bonne journée passée.

 

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Une tragédie et ailleurs un retour

 

    Après une journée bien remplie j'étais en train de récupérer en attendant l'heure de bricoler et manger un dîner, quand parce que depuis le tour de France et The Cycling Podcast, je suis un certain nombre de cyclistes sur Twitter, j'ai vu apparaître les premières alertes au sujet d'un accident grave sur le tour de Pologne. Le nom de Bjorg Lambrecht apparaissait en trending topics en Belgique, et très vite des touites indiquaient, héliporté à l'hôpital (ce qui fut l'intention mais n'eut pas lieu d'après ce que j'ai lu après), réanimation et très vite après le très vite des touites de personnes qui avaient visiblement appris la pire mauvaise nouvelle mais tentaient d'apprendre qu'elle était fausse, n'y pouvant croire. Un touite de l'équipe ou de la direction de la course qui disait il est à l'hôpital, opération en cours (ou envisagée, je ne sais plus, je me souviens d'avoir pensé, incurable optimiste que c'était bon signe dans le terrible, que ça signifiait qu'il pouvait peut-être ou sans doute être sauvé) et  

puis 

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C'était un touite de son équipe, le compte semblait bien le leur de façon peu contestable, plus aucun doute hélas ni espoir n'étaient permis.

J'ai cherché à en apprendre un peu plus, mais que faire à part penser à ses proches, famille, ami·e·s ou collègues et parmi eux coéquipiers. Je me souvenais d'autres décès prématurés de cyclistes. Bjorg Lambrecht semblait particulièrement prometteur et si jeune, même sans le connaître son sort peinait.

Je n'étais pas la seule à me souvenir, quelqu'un a émis une sorte de touite récapitulatif comme un RIP général et un ancien coureur (je crois ?) a alors ajouté quelque chose comme Sans parler des blessés si graves qu'on les a cru perdu, ou qu'ils le sont pour le sport professionnel et il a cité Stig Broeckx, si gravement accidenté en 2016 qu'on l'avait cru perdu, à ceci près qu'il était revenu d'un coma de plus de six mois, et depuis, ce que j'ignorais, progresse pas à pas pour recouvrer des capacités. J'ai même trouvé une video récente, où il est présent lors d'un prix créé à son nom afin de récolter des fonds pour les structures de soins ou rééducation, et c'est impressionnant comme il semble énergique et compréhensible pour quelqu'un revenu de si loin. 

Il est dit dans l'article qu'il avait un black out total de ses souvenirs des cinq années précédent son accident et qu'une conséquence de l'accident avait été la séparation d'avec sa compagne devenue pour lui une inconnue (1).

Quoiqu'il en soit, le voilà sauvé au moins pour un temps. Ça faisait du bien de le constater.

Chance que n'aura pas eue son compatriote. Et c'était une autre terrible étrangeté que d'apprendre de relativement bonnes nouvelles de l'un par ricochet de la pire mauvaise nouvelle de l'autre. 

Je pense aux proches de Bjorg Lambrecht, ce soir, et aimerais tant pouvoir faire quelque chose qui permettrait de soulager leur douleur. Mais il n'y a rien qui me vient. À part témoigner ici d'une sorte de chagrin commun à qui apprécie le sport qui était sa passion mais l'a finalement tué.

 

(1) un autre reportage le montre pourtant avec quelqu'un ; mais ça doit effectivement être profondément étrange de trouver des personnes pour qui on semble compter mais dont on n'a pas le souvenir. 

PS : Deux de mes amies traversent des jours difficiles et je ne sais, non plus, comment les aider dans ces moments si rudes à traverser. Que faire au concret ?

 


Un souvenir de Cerisy

 

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Nous approchons du mois d'août, nos comptes en banque crient famine, et mon avenir professionnel, même si j'ai trouvé le local qui irait bien pour une librairie que je pourrais tenir, reste fort incertain. Alors je me rappelle les bons souvenirs et parmi eux celui-ci : le colloque Hélène Bessette fin août à Cerisy. 

J'ai failli connaître un bonheur d'une semaine, mais le décès d'une de mes tantes aura brièvement interrompu l'élan. Revoir les cousins et les cousines était pas mal non plus, même si deux hommes manquaient qui ont préféré tenter la vie auprès d'autres femmes, incapables qu'ils furent de faire face aux diminutions naturelles de leurs propres capacités physiques. 

Il n'empêche que cette semaine restera pour moi une parenthèse magique et probablement unique car mes finances ne permettent pas de telles folies, ni mes emplois, lorsque j'en ai, de choisir mes dates d'absence.

Je me souviens fort bien de tout ce que j'ai appris et du bonheur que c'était de découvrir certains textes inédits ou devenus des raretés, je me souviens de moments magiques, d'une grande balade à vélo vers la mer, d'une soirée de lectures à voix haute au grenier - ces moments pas si fréquents je crois, même dans une bonne vie, où l'on a la sensation d'être au bon endroit au bon moment et qu'on ne serait nulle par ailleurs aussi bien, aussi précisément en adéquation (1) -, des belles rencontres que j'y ai faites.

Seulement ce qui me revient en premier, lorsque je ne réfléchis pas, ce sont deux éléments fort peu littéraires : 

Mon peu de goût à être servie, cet embarras dans lequel ça me met. Nous étions à chaque repas servis personne par personne à table par des jeunes femmes en livrée, nombreuses, et qui passaient même pour proposer du plat principal une seconde fois. Je n'aurais pas voulu être à leur place, mais je n'étais pour autant pas à ma place à la mienne.

L'absence totale de clefs. Je n'étais pas tout à fait tranquille concernant mon ordi - le vol de mon sac fin 2017, la volatilisation de mon téléfonino quelques mois plus tôt lors d'une assemblée de libraires, et les vols à répétitions dans la maison de Normandie la même année, m'ont rendue intranquille à ce sujet -, que la plupart du temps je m'arrangeais pour conserver près de moi ; seulement pour le reste, quel infini et formidable sensation de liberté. Pendant une semaine ne pas avoir à se préoccuper de serrures et de clefs et d'ouvrir et de fermer, et de vérifier qu'on avait bien sur soi des clefs, pendant une semaine vivre naturellement, se faire confiance. C'était si bon. Et rassurant. 

Je m'étais alors souvenu qu'en banlieue de Paris, dans mon enfance, on ne fermait à clef une maison que lorsque l'on s'absentait, faisant suffisamment confiance au monde pour laisser ouvert les accès en notre présence, sans avoir à craindre d'intrusions (2). On ne fermait présents que pour la nuit. Et c'était le cas pour les voitures aussi. Les portes n'étaient pas blindées, les grillages bas, les portails bouclés seulement si une famille s'en allait en congés.

Voilà ce qui reste de plus marquant, malgré de fortes et belles émotions et stimulations intellectuelles : les clefs, la belle vie que c'est sans. 

 

(1) L'amour fait ça également, lorsqu'on a un temps d'intimité qui nous est accordé et dans un lieu que l'on apprécie ou que l'on découvre, enchantés.
(2) Jusqu'au jour où Philippe, le mauvais garçon du quartier, est tombé dans l'héroïne et que lui ou ses fréquentations ont commis des larcins vite fait, dans les maisons, abusant de la confiance collective que les habitants avaient. 

 


Stimulant (confort et veille de course)

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J'adore les veilles de courses, quand on met de côté toutes les difficultés de la vie quotidienne pour se concentrer sur un objectif élémentaire : parcourir x km en moins de y heures (peu importe si uniquement sur un mode ou pour le triathlon sur trois, le principe est le même : un déplacement à accomplir). On ne sait pas encore comment on sera, quelle sera notre forme, il y a une légère tension mais elle est joyeuse et stimulante. En tout cas pour moi. Et j'adore ça.

Comme nous prenons peu de vacances et qu'elles sont généralement en Normandie, avec de fait des choses sérieuses à faire, de celles qu'on fait dans un chez soi, c'est un bonheur et un réel congé du quotidien que d'aller quelque part pour une course. 

Et pour cette fois j'avais opté pour une petite folie (raisonnable) financière : l'hébergement dans le complexe sportif et hôtelier qui fait partie de l'organisation de la course. Départ sur place !

Une chambre spacieuse et belle comme nous en connaissons rarement 20190712_173552

une vraie piscine dans le complexe même - le luxe inouï de quasi descendre en maillot de bain, et pour une vraie piscine où l'on peut nager pas seulement faire trempette -. 

Nous fêtons ainsi nos trente ans de mariage. J'espère que la course sera une fête aussi. J'appréhende la longue distance, mais j'ai envie de m'y confronter. 

J'eusse aimé avoir une vie de nomade du sport, avec la santé fragile de ma jeunesse et la béta-thalassémie même mineure, ça n'était pas envisageable. D'autant plus que "mon" sport était le football et qu'il commence seulement plus de quarante ans plus tard à être reconnu pour les dames. Alors je me rattrape sur le tard, à petite échelle mais beaucoup mieux que rien, grâce au triathlon et à la course à pied. L'air de rien, à bas bruit, en attendant mon heure, j'en aurais accompli des espoirs de ma vie. 

Peut-être qu'il y a là une force à transmettre : si quelque chose nous tient profondément à cœur, et dépend de nous que ça devienne possible en assez grande partie, il convient de ne pas la perdre de vue et de porter son effort dans sa réalisation dès qu'elle devient accessible. Parfois, ça prend quarante ans. C'est tout. 

À part ça, il y a toujours cet effet en arrivant en Belgique de rentrer chez moi. Peut-être faudra-t-il qu'enfin un jour je coïncide. 


Passé (personnel) revisité, en bon, en mauvais


    C'est une remarque faite à Arras par Catherine Le Gall qui m'y a fait songer, elle parlait de ce que l'enquête longue et minutieuse menée pour le livre "Les prédateurs" avait blessé en elle, qu'elle avait mis un moment à se remettre de ce qu'elle avait appris, à réajuster sa compréhension du monde. Je suppose qu'elle n'imaginait pas le niveau de la criminalité en cols blancs tel qu'il est.

J'ai pris ainsi conscience depuis mercredi d'à quel point ma propre vision du monde avait aussi bougée, pas tant depuis les révélations sur des exactions financières, le choc avait eu lieu pour moi de part mon emploi au début des années 90, que sur les conséquences de #MeToo - s'apercevoir que des trucs déplaisants que l'on avait vécus n'étaient ni la faute à pas de chance, ni d'un type qui ponctuellement avait pété un câble, mais que c'était la norme, le truc répandu -, et sur des tolérances que l'on avait, je dirais malgré soi, en se disant, c'est depuis que le monde est monde, qu'y pourrait-on ?, et qui sont remises en cause. Du coup j'ai des petits flashs back de scènes qui en leur temps ne m'avaient pas choqué plus que ça, qui m'avait fait tiquer, certes, mais pour lesquelles je pensais que c'était à moi de m'adapter au monde tel qu'il est, que ça ne changerait jamais, et qui me reviennent. 

Par exemple dans cette vidéo de concert de l'an 2000 le duo avec des paroles "explicit" comme diraient les américains entre un homme de 50 ans et une jeune fille de 16, OK c'était juste pour l'art, mais n'était-ce pas une incitation à trouver normal un chant amoureux entre une encore gamine et un qui aurait pu être son grand-père ? 
Ou cet éditeur qui avait prévu un matelas dans une pièce de la partie professionnelle de ses logis successifs pour loger les stagiaires (qui aussi se succédaient, puisqu'il n'y avait pas les moyens de payer de vrais employés) venant d'un peu loin. À l'époque j'avais à la fois songé, ça peut effectivement aider, que ça partait d'un bon sentiment (que quelqu'un ne soit pas obligé de renoncer par manque de moyens pour se loger) mais que ça n'était pas très cool quand même (ça n'était même pas un lit dans une chambre meublée), voire sujet à caution. À présent je serais plutôt d'avis que c'était clairement une forme d'exploitation sous couvert de formation.

Ce ne sont que deux exemples parmi une petite foule, des éléments qui me reviennent à l'esprit et pour lesquels je m'interroge alors qu'au moment même mon questionnement était réduit.

Du côté joli de la vie, je me suis aperçue en retombant par ricochet sur des nouvelles de sportifs que j'admirais en mon jeune temps, que l'air de rien j'avais réalisé récemment deux de mes rêves d'enfance ou d'adolescence. 

Avant de piger que les filles ne pouvaient prétendre aux mêmes destinées que les garçons, avant de savoir aussi que j'étais équipée d'une thalassémie mineure qui n'aide pas trop aux performances physiques, je m'étais rêvée en sportive de haut niveau. J'aimais l'effort physique et une vie quotidienne tissée d'entraînements et de pousser son corps au mieux de ses capacités me faisait rêver. Un grand-cousin de mon père avait été boxeur pro, mon père était plutôt sportif pour quelqu'un au travail prenant, ma mère dès qu'elle a pu aussi pratiquait différentes activités et était une marcheuse infatigable, peut-être que quelque chose en ce sens était favorable. Après, je n'étais pas particulièrement douée, j'étais petite de taille, fluette, avec de gros soucis de coordination, les pieds plats, et souvent malade. Je n'avais que le mental et d'être dure au mal. Ça ne suffit pas.
Voilà qu'il m'aura fallu attendre une cinquantaine d'année pour, sur une semaine, connaître ce que ça fait : l'existence entièrement tournée sur les entraînements et la récupération. 

J'ai n'ai pas pu accomplir autant de kilomètres à vélo que mes camarades, je ne suis pas encore assez aguerrie, il n'empêche que lors ce stage de triathlon que je viens de vivre, en gros j'ai suivi. Et surtout : j'ai adoré ça. J'espère que je pourrai recommencer l'an prochain.

L'autre rêve l'était au sens littéral : c'étaient des rêves que je faisais la nuit, sans trop m'expliquer pourquoi, et non quelque chose que je rêvais de faire. J'étais vis-à-vis du monde extérieur plutôt réservée et timide, il fallait que je connaisse les gens pour être plus expansive ; mon éducation poussait dans le sens de Il ne faut pas se faire remarquer. Et voilà que régulièrement dans des rêves, j'étais la personne qui interviewait de grands sportifs, très à l'aise avec eux, amie avec certains. Je me souviens que ces rêves m'étonnaient. Comme j'apprenais des langues étrangères et que ces songes avaient lieu en V.O. j'imaginais que c'était mon cerveau qui avait trouvé ce biais, via l'actualité sportive que je suivais tous les dimanche en regardant Stade 2 ou mon magazine de foot préféré, de réviser mes cours.

Voilà que des années après, par la voie du métier de libraire et à présent la pratique de la radio, je me suis retrouvée et me retrouve encore à interroger sur leurs pratiques des écrivain·e·s. , que je suis effectivement une de ces personnes qui pose des questions aux autres sur leur travail et la vie que ça donne (1).

Réaliser ses rêves, même très tardivement et même ceux que l'on faisait sans y croire, est très satisfaisant. 

Sans doute est-ce une étape normale à mon âge que de revisiter son passé, les points heureux et les zones tristes, personnelles ou de société. C'est dur à encaisser côté vision du monde tel qu'il était et tente d'être encore, mais plutôt réconfortant, que des prises de consciences collectives semblent aller vers davantage de respect des personnes ; c'est merveilleux de pouvoir avoir accès, ne serait-ce que ponctuellement, à ce qu'on avait imaginé que l'on pourrait faire.

 

(1) Je ne risquais pas d'imaginer enfant interviewer des écrivains, car pour moi à l'époque c'était plutôt de vieux messieurs des temps anciens, déjà morts pour la plupart, et Agatha Christie.

 


Les heures de sommeil

 

    En 2015 et jusqu'en juin 2017, et alors que j'avais déjà des tendances (je peux m'endormir brièvement à toute heure à volonté, il me suffit de m'allonger, me sentir suffisamment peu menacée et fermer les yeux), j'ai été atteinte d'une forme légère de narcolepsie. Je suis parvenue à mener ma vie à coup de violents efforts contre les endormissements et d'organisation (1). 

Depuis, et malgré une vie quotidienne trop remplie, ça va nettement mieux. J'en conservais néanmoins la conviction que j'étais une grosse dormeuse. Mon rythme idéal, je le connais depuis longtemps : se lever à 6h30 se coucher peu après 23h30 si possible, et faire une sieste de 40 minutes en début d'après-midi. 

Le rythme requis par le travail dans notre société à notre époque n'est pas tout à fait celui-ci. Le capitalisme débridé nous pousse de toutes façons à consommer le plus possible et donc à dormir peu, étant donné que l'air n'est pas encore payant (2) et que c'est la seule chose, avec un système de chauffage l'hiver, que l'on consomme en dormant.

Il aura fallu ce cadeau d'anniversaire d'une montre pour le triathlon qui mesure les phases de sommeil et que par curiosité je voie ce que cela donnait pour que je prenne conscience qu'en réalité j'étais plutôt petite dormeuse, ce qui continue de me surprendre. Une semaine normale, pas spécialement par choix mais parce qu'il y a le travail, au matin tôt les entraînements et au soir en rentrant des choses à faire et le besoin irrépressible d'un peu de temps réveillé en roue libre, à prendre des nouvelles du monde et des copains, de temps de lecture aussi, je ne dors qu'environ 5h à 5h30 par nuit.

Du coup je comprends mieux pourquoi je ne souffre pas d'insomnie, je tombe littéralement de sommeil à peine couchée et me réveille sous les injonctions combinées du radio-réveil et du réveil de mon téléfonino. 

Ce dimanche, une cheville en délicatesse faisait qu'aller courir n'était pas une option, tout au plus un peu de vélo, dans l'après-midi. Donc pas de réveil extérieur. Et voir ce que ça donnait. 

Dormir de tout mon saoul, ça donne donc 8h de sommeil 

Capture d’écran 2019-04-07 à 12.12.38Il faudrait pouvoir faire ça chaque jour. Seulement ma vie quotidienne requiert un lever à 6h30, ce qui signifierait se coucher à 22h30. Quand on rentre du boulot vers 20h30 à 21h c'est impossible : il faut dîner, se laver, il y a un minimum de choses à faire pour la maison et il me faut pour le travail du temps un peu pour lire. Sans même parler de partager un moment avec les membres de la famille. Sans même parler de temps humain nécessaire à de la décompression (lire des bêtises, rigoler avec les ami·e·s, faire des jeux idiots, regarder une série ...) car l'être humain n'est pas fait pour être un efficace permanent.

Je me demande quelle solution trouver, comment ménager ce qui s'impose (il faut gagner sa vie, travailler d'arrache-pied pour rapporter quelque argent) et ce dont le corps et l'esprit ont besoin pour fonctionner au meilleur d'eux. Quelque chose me dit que je suis loin d'être la seule et que pour notre société et notre époque, c'est collectivement un réel enjeu. 

 

(1) Entre autre : j'arrivais plus tôt dans ma zone de travail pour pouvoir faire une sieste préventive d'un quart d'heure dans un parc voisin avant d'attaquer mon service qui heureusement n'était en général que les après-midi.

(2) Ça le deviendra hélas certainement, l'air du dehors devenant de plus en plus irrespirable. Il y aura donc des dispositifs pour que nous puissions disposer de temps d'air pur, inévitablement payant. Les riches auront des équipements légers et permanents, les pauvres, de plus encombrants et seulement par moment. Les pauvres tousseront. Les riches peut-être aussi mais en s'intoxiquant volontairement avec des substances entre autre tabagiques. 

 


Samedi non travaillé

 

    Fullsizeoutput_12f4J'ai hâte de pouvoir reprendre une librairie et donc inévitablement retravailler le samedi, il n'empêche qu'en attendant je savoure ceux pour lesquels il n'est pas prévu pour moi de remplacements. 

Ça commence le vendredi soir, pouvoir souffler, moins regarder l'heure, un peu comme le nageur en piscine atteignant le bord du bassin, l'entraînement n'est pas fini mais 20 secondes de récup' et ça fait du bien.

Puis le samedi, lorsqu'on a une pratique sportive, c'est le plaisir de pouvoir prévoir de rejoindre ses camarades d'entraînements, au lieu de l'habituel, Non, j'peux pas, j'travaille. Sachant que précisément pas mal de choses sont prévues le samedi puisque le dimanche est souvent réservé aux familles ou aux compétitions ou à quelques séances courtes. Et c'est frustrant à la longue de ne jamais en être.

C'est aussi le petit plaisir simple d'aller soi-même chercher son dossard, si justement une course est prévue le dimanche ; ce faisant pouvoir discuter un brin avec les organisateurs, souvent des bénévoles, repérer un peu le parcours, s'enquérir de points d'intendance ou d'organisation. Comme je suis quelqu'un de très lent, c'est aussi un moment où je peux croiser d'autres coureuses et coureurs ou triathlètes qu'au moment de la course je perdrai vite de vue. Le moment où je peux m'accorder l'illusion d'être comme tout le monde, dans les temps.

Et en attendant, c'est l'infini plaisir de pouvoir s'accorder le luxe de pour une fois, ne pas se presser mais faire calmement ce qui est devant être fait (et même une sieste si l'on se sent fatigué'e)