Ne pas bouder son plaisir (sorte de complément au billet d'avant)

 

Ce qui fait que j'apprécie cette année de suivre les JO même si je ne suis pas dupe de bien des choses (on remarquera que l'un des liens est vers une chaîne de télévision nationale connue pour son gauchisme effréné), vient de très loin et de "très maintenant".


Le billet précédent l'évoquait déjà : jamais je n'avais disposé d'un tel confort pour regarder : 

- ce qui m'intéressait ;

- sans aucun commentaire des baratineurs professionnels (adieu Nelson, tu me fis bien rire autrefois) ;

- sans publicité intercalée.

Je n'en avais pas conscience avant de m'en débarrasser mais les deux derniers points l'air de rien avaient fait que je ne regardais peu ou si possible sur des chaînes étrangères (1) et puis un jour plus du tout.

  

J'aime le sport comme peuvent l'aimer les personnes qui bien qu'ayant eu la chance de naître sans handicap lourd et d'échapper aux plus graves maladies, ne sont pas de pleine santé. Sans une pratique régulière de différents sports, je n'aurais jamais tenu jusque-là.

   


Par ailleurs et bientôt vieille dame indigne, je n'ai jamais semé ma curiosité d'enfant. Mais les territoires de mon enfance étaient assez réduits : j'ai donc dû attendre mes 17 ou 18 ans pour monter sur un cheval, d'avoir la 30 taine pour m'essayer au ski, de passer 40 pour sauter (2) d'un plongeoir de 5 m (je crois, celui de tout en haut de ma piscine), nager enfin un peu sérieusement (3), et courir depuis récemment (4). Je pense que j'arriverai à me passer d'essayer le saut en parachute, à ski ou à l'élastique et la bizarrerie de ma composition sanguine me tient éloignée de la plongée, ainsi que de l'alpinisme - je respire trop mal là-haut -. Enfin le mal de mer que j'éprouve au ciné devant la moindre séquence prolongée de caméra à l'épaule, me laisse croire que je ne suis pas faite pour exister sur un voilier. J'ai essayé beaucoup du reste, y compris le golf (une fois). Et je sais jouer à la pétanque mais je n'y tiens pas.

   

Ce qui fait qu'au bout du compte, lorsque je regarde désormais des retransmissions sportives et contrairement à l'effet fait dans l'enfance - on se dit que quand on sera grand, ça a l'air facile, ce truc, et qu'on s'y mettra, et puis qu'on a le temps -, je sais l'effort que ça représente, ce qu'on peut ressentir en le tentant, combien on en est incapable (même si on s'entraînait), l'ultime respiration avant le saut du plongeoir, la position à trouver sur le cheval lorsqu'il franchit un obstacle, la difficulté de tenir longtemps en nage de water-polo, celle d'accomplir ne serait-ce que 50 m en papillon lorsque les champions nous en font 200 en 1'54" .

   

Consciente de chaque exploit parce qu'ayant eu le temps au court de ma vie d'expérimenter mes propres limites, je passe donc mon temps tout espantée par ce que parviennent à faire les athlètes, savoure leur énergie, tente de me laisser contaminer par ce qu'elle peut avoir de jubilatoire.

Je crois qu'il ne faut donc pas bouder le plaisir d'être à présent à même d'apprécier, même si le fond de l'air effraie et que personnellement je reste en pensée dans quelque(s) autre(s) pays.

 

 

(1) Les commentateurs sportifs français ont souvent (pas tous, mais) une façon de faire qui donne l'impression d'écouter des types au café du coin dont certains, allez, s'y connaîtraient un peu.

(2) sauter, hein, pas plonger. 

(3) sorte de rêve de toute une vie

(4) Mon ambition étant de ne pas rester sans rien faire quand la piscine est fermée.


addenda du 31/07/12 11h23 : Catherine Voyer-Léger a exprimé, mais de façon beaucoup plus claire un point de vue très voisin du mien

Mon paradoxe olympique

À l'heure où ma TL twitter se divise entre ceux qui suivent et ceux qui méprisent, voilà que je me sens moins seule.


De la fibre aux coupes

Il a tant fallu dégager d'objets dans notre appartement qui, Stéphanot le dit, ressemble niveau bazar à un grand cagibi, que j'ai dû déloger les coupes de pétanque du dessus de meuble qui les hébergeait histoire d'y poser des caisses pendant les travaux.

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J'en ai profité pour les nettoyer.

Ça leur arrive rarement.


Les frères Gibb et le Continent (souvenir décalé)

Ce matin, maison 


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C'est @virgile_ qui m'aura avertie d'une mort annoncée et en me faisant sourire ce qui est un exploit, car si je ne fais pas partie des fans éplorés je suis de ceux que cette nouvelle rend plutôt triste, ne serait-ce que comme marque du temps écoulé.

  

Mon souvenir personnel des Bee Gees est comme qui dirait un tantinet ... décalé.

  

J'ai onze ans, peut-être douze, en tout cas dix au moins.

  

Un hypermarché vient de s'ouvrir dans la ville de banlieue voisine. Deux ou trois kilomètres à pied. Par leur mère ou des conversations captées, certains copains du quartier ont entendu dire qu'à cette occasion il y aurait fête, des tas de trucs à gagner et même peut-être un goûter. 

  

Eux qui ont peu de liberté ont obtenue celle de pour une fois quitter le quartier. Je demande la permission à mon tour. Il y a intérêt que je l'obtienne car ils ont annoncé haut et fort que j'en étais - je suis une fille et bonne élève, je sers de caution morale -. À l'inverse ma mère n'est pas ravie que je parte en expédition aussi loin avec ma bande de traîne-la-rue. Néanmoins elle consent.

Il va de soi que je serai rentrée avant le retour du père afin d'éviter toute complication.


Une condition de notre escapade est aussi de n'y pas aller en vélo. Il y aura en effet au delà de notre petite ville et de celle qui voisine, une ou deux méchantes artères à passer dont une en tournant à gauche à l'aller, pour les mères, trop de danger. On se laisse faire : c'est une époque où dès tout gosse, ne serait-ce que pour aller à l'école, on est habitués à marcher et puis il faut bien dire que là-bas on connaît pas les bandes, alors les vélos on a peur de se les faire chourer. On s'efforce de décourager quelques petits (1) par le nombre lointain de kilomètres et puis enfin c'est parti.

  

Il y a là-bas des animations. On ne nous avait pas menti. C'était pas une blague, c'était pour de vrai.

   

La consigne qu'on s'est donnés est de ne surtout pas faire d'âneries, rien voler. Au plus voyou d'entre nous on a intimé l'ordre de se contenter de faire du repérage. Tu ne vas pas nous faire virer dès le début (2). Et puis un hyper, on se disait vaguement que ça devait super pas rigoler si on se faisait poisser. Peut-être qu'ils risquaient direct d'appeler la police.

   

Je ne vole pas. Ce n'est pas de l'honnêteté, j'ai le sentiment que l'injustice est dans le fait de n'avoir jamais assez d'argent pour acheter le peu qu'on voudrait, c'est que j'ai fait vœu de ne jamais déformer, sauf dans des histoires ou sur une scène, la vérité. Or voler, c'est devoir tôt ou tard produire de véhémentes dénégations de ce qu'on a fait. 

  

Au début de la visite, je surveille un peu la petite troupe, en particulier Philippe, qui chez lui est tenu si fort qu'il tend à l'extérieur à parfois déconner. 

   


Mais très vite, je suis captivée par ce qui se passe sur un podium, où un animateur comme à la radio au jeu des mille francs pose des questions de culture générale, et offre des lots aux bons répondants. Parmi ceux-ci pas mal de nunucheries, seulement j'aperçois des livres. Alors j'y vais.

   


Petite foule qui se presse et moi alors un poids plume pour mon âge et pas bien grande non plus. Plusieurs bonnes réponses me passent sous le nez, je savais mais personne n'a vu que je levais la main.

   

Alors je me faufile. Il faut bien qu'il y ait quelque contrepartie à être petit(e).

  

Je parviens au ras d'une table sur laquelle sont entreposés les prix. Quand je dis au ras, c'est que mes yeux passent à peine au dessus du niveau du meuble, lui-même surrélevé du fait d'être sur le podium.

   

L'animateur a posé sa feuille avec les questions. Face à lui. Mais je sais lire à l'envers et écrire en miroir aussi. Alors je les lis à l'avance, en repère une à ma portée, attends qu'il l'ai posée et bondis si vite à me manifester pour répondre que puisque je suis sous ses yeux il ne peut m'éviter.

   

Je crois me souvenir d'une question historique, quelque chose en lien avec "Les trois mousquetaires" ou "Le conte de Monte-Cristo", que peut-être il s'agissait d'histoire mais qu'en ayant lu les livres et d'y croiser l'époque on savait.

   

Il m'accorde la parole avec la condescendance de Jacques Martin envers les gamins de l'école des fans, je donne la bonne réponse, il est un peu surpris - bref conciliabule avec la personne qui organise, le jeu n'est pas pour les enfants -, mais il a dû voir que je risquais de ne pas me laisser faire, qu'une bande de gosses soudain s'était rapprochée, et puis après tout.

   

Il me remet mon lot et je suis affligée : ce n'est pas un livre mais un disque.

  

Un disque avec des types chevelus dessus, un peu comme mes cousins.

  

Je n'ai rien contre la musique, j'aime bien quand ils m'en font écouter. Mais voilà, à la maison c'est un peu compliqué : mon père ne veut rien entendre d'autre que du classique, il est le maître absolu du grand tourne-disque suisse blanc (3). J'ai quant à moi un petit crin-crin du genre de cadeau de Noël d'entreprise aux enfants des salariés méritants, mieux que rien mais tout ce qu'il y a de plus mono et crachouillant. Alors un disque ne peut être écouté que pendant les heures où le paternel est au travail et la musique passée pas trop fort sur un appareil qui ne restitue le son que très imparfaitement.

  

Un livre que l'on peut déguster en silence et sans équipement intermédiaire c'est tellement mieux.  

 


Mais bon, voilà, moi c'est un disque que j'ai gagné et l'hésitation qu'ils ont eue à me le confier me fait clairement comprendre que je n'aurais rien du tout si je tente de négocier.

  

Les potes m'entourent. Ils ont été épatés que j'aie su répondre et me faire entendre parmi tous ces gens.

  

Plus tard à un jeu pour les gosses, nous gagnons des épées en plastique. Et puis je crois me souvenir aussi d'une distribution de sodas sucrés et de gâteaux industriels et que comme j'ai soif et faim j'en bois et j'en mange mais vaguement écœurée.

  

Après, il est temps de rentrer. 

  

Mon disque suscite davantage de moqueries que de convoitises, "The Bee Gees", c'est qui ces nuls ? Tu t'es fait avoir. 

  

Personne n'a jamais entendu ces noms-là, les mecs sur la photos sont de parfaits inconnus, le terme de déstockage n'a pas encore été inventé mais on pense bien qu'il s'agit de ça. À Continent ils sont pas fous, ils auront mis comme cadeaux des trucs dont personne ne voulait.

  

En même temps c'est pas mal : personne ne va tenter de me piquer mon trophée. Comme il est du genre fragile ça se serait forcément plutôt mal terminé. Alors que là, un jour, je pourrai l'écouter.

  

Ce jour viendra longtemps plus tard. Je reconnais un peu de Beatles en mal chanté (4). Il y a un morceau, alors intitulé "Morning", qui me plaît bien. Le reste me rappelle "California Dreamin''" ou les Beach Boys ; je me dis aussi qu'il faudrait que le chanteur travaille un peu sa voix.

  

Il le fera mais dans un sens qui surprendra, à l'instar des Rubettes qui cartonnent si fort en 1974-75 qu'on les entend dans le moindre supermarché entre un Johnny et un Cloclo. Je n'ai rien contre ces voix aiguës sauf que les copains qui sont en train de muer prennent un malin plaisir à les imiter et alors sauve qui peut.

  

Alors que je suis en 3ème, quelques années après, j'entends un jour une camarade de classe se moquer d'autres qui "en étaient restés au Beatles et ne connaissaient même pas les Bee Gees". Je mets un moment avant d'aller vérifier qu'il s'agit du même nom que sur la pochette du "disque de Continent". Il me restera un doute qu'il s'agit bien des mêmes, mais en ce temps-là comment vérifier, il n'est question d'aucun Bee Gees dans l'encyclopédie familiale en quatre volumes Quillet. Le Petit Larousse c'est même pas la peine d'aller regarder.
Parmi mes copains qu'ils soient des pro ou des anti- Bee Gees (5), de ceux que la fièvre du samedi soir a atteints ou fait rigoler, aucun ne sait assez de leur histoire pour me confirmer ou non qu'il s'agit bien d'eux. Comme on a peu vu les musiciens du film devenu culte, on ne peut même pas physiquement comparer et personne n'a le disque alors on ne peut même pas voir sur la pochette.

   

Le mystère restera si entier que je vais l'oublier. En ces années-là je ne suis pas très préoccupée de musique à danser et par ailleurs après le bac plutôt occupée (6). Il me faudra Fame, puis Flashdance avant de me réveiller. Ainsi qu'un petit jeune, beau comme un belge, qui déboulerait 5 ans après et mourrait tôt, déjà fantôme, avant de devenir vieux.

Ce n'est que très longtemps plus tard, rangement ou déménagement, et l'internet à proximité que j'aurais la clef de l'énigme, qu'il s'agissait des mêmes, mais avant le succès. 

 

 

(1) Certains parents étaient réticents à toute vraie sortie, c'est-à-dire en dehors de la cité, mais dès lors que la permission était accordée il était de bon ton que les aînés se chargent des petits. C'était sans doute façon de les lester et de les contraindre à agir en responsable. Ma petite sœur étant d'un tempéramment casanier, j'étais chanceuse.

(2) En ce temps-là le chapardage infantile était tenu pour ce qu'il était et donc on engueulait le gosse, s'il recommençait on appelait les parents - les pères d'alors étaient tenus de savoir manier le martinet - ce qui calmait bien des vocations. Celui qui piquait était repéré par les gardiens et fermement interdit de magasin. Il m'est arrivée de temps à autre d'accompagner un copain que sa mère avait envoyé en courses pour pouvoir les faire à sa place puis on revenait ensemble avec les achats et ainsi elle ne savait pas que son gosse était devenu à la supérette locale gamin non gratum.

(3) Le très peu d'objets auxquels je m'attache, on me les enlève. Celui-là a disparu, mon père a dû, de même que le vélo de mon grand-père, le donner à quelqu'un. Ma mère a jeté d'autres choses. Sans parler d'autres. Tout se passe comme si personne n'envisageait jamais que je tinsse à quoi que ce soit.

(4) Sur "Paperback writer" ou "Ticket to ride" ils sont, à un bref moment, faux.

(5) En gros le rock, le métal et le punk naissant, c'est un truc de mecs et de la vraie bonne [musique] et le disco un truc de filles ou à la rigueur pour draguer. L'absence de catégorisation homophobe étant dans ma banlieue et en ce temps là liée à un déni parfait : des hommes qui aiment les hommes ça ne peut tout simplement pas exister.

(6) article de Pascale Krémer "Les plaisirs de la classe prépa" 19 mai 2012

 

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Comme si de rien n'était

 

Grâce @La_Mite et @bladsurb qui ont RT, voilà que je découvre de quoi est capable Esther quand on lui laisse un piano ou sorte de entre les mains. J'avais déjà eu quelques aperçus mais il s'agit à présent de dix minutes d'impro. dont je serais pour ma part incapable en répétant longuement avec application d'enchaîner deux mesures si elles étaient écrites. Et elle nous fait ça sur un mode Frédéric qui s'échauffe un peu en attendant Georges qui ne saurait tarder ; comme si de rien n'était.

Chapeau bas.

Improvisation du jour n°1 from Esther Gagné on Vimeo.

La bonne nouvelle associée c'est qu'Esther se remet à bloguer. (précisément à l'heure où je retrouve enfin l'usage d'un agrégateur, un vrai, quelle douce coordination).

Voilà donc La lanterne brisée de retour (pour l'instant un peu fragile, mais je pense que ça sera bientôt stabilisé).


C'est tout à fait ça

Ce matin, de ma cuisine

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Merci une fois de plus à Xavier Gorce pour cet éclat de rire du lundi matin. L'original est par là

J'avoue qu'après avoir passé le week-end pour partie virtuellement là-bas, je me reconnais dans ce manchot qui dès ce matin a repris le cours de sa petite vie, malgré ce que d'aucuns qualifieraient "d'enthousiasme barricadier" (1).

Dans une vie idéale je serais quelqu'un de pleine santé, grand reporter pour un vrai journal (photos ou textes), et j'aurais un vrai amoureux en entier que je quitterais le temps d'aller couvrir ce qui se passe quand quelque chose se passe. Il serait évident que là-bas j'y serais. Dans la réalité mon seul engagement concret fut de tenter d'aider quelqu'un qui s'y était collé avant et ailleurs, et pour qui ça avait mal tourné. De ce peu que j'avais fait j'en suis sortie ma vie secouée et moi exténuée, incapable de retrouver l'élan du moindre engagement, avalée par le quotidien et ses taches successives que je ne sais même plus accomplir avec efficacité.

Comme dirait un ami, Chacun fait ce qu'il peut.

Et depuis 5 ans, je peux assez peu. Ho hisse !

En tout cas depuis vendredi un peuple sait l'effet que fait de retrouver sa dignité et, quoi qu'il advienne, personne ne pourra désormais leur ôter cette conscience.

Le bonheur inouï d'une victoire collective peut donner la force de changer de vie. La peur perdue ne revient pas.

 

(1) sur France Culture paraît-il ce matin, une chronique d'Alexandre Adler. Mais commme j'ai passé mon dimanche après-midi à écouter cette radio, ce matin je n'y étais pas.

 

 


Irréductible gaulois

Ce matin dans Clichy, un peu avant 9 heures

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Comme dans longtemps, on ne se souviendra (moi la première) pas de pourquoi la vue de ce drapeau ce matin-là m'avait fait sourire, désabusée.

Résumé :

il y avait en ce temps-là une coupe du monde de football, dans laquelle l'équipe de France non seulement avait fort mal joué mais s'illustrait par son jeu théâtral en dehors des terrains.

Tout le monde, y compris ceux que le foot indifférait, ne parlait plus que de ça. Deux exemples dans les médias officiels parmi une flopée et un internet citoyen déchaîné.

Les bleus refusent de s'entraîner, un dirigeant démissionne

La presse française pilonne les bleus.

On aurait pu en rire. On l'a d'ailleurs un peu fait. Ce cirque hélas coûtait cher au pays sur fond de crise économique aggravée, dont le plus grand nombre souffrait.

Pendant ce temps, certains ministres tentaient de profiter de ce bruit de fond plus efficace que celui des vuvuzelas africains pour laisser inaperçus des scandales politico-financiers qui les concernaient. Ou se présenter en victimes.

Ou étouffer la portée de révélations qui en démocratie auraient dû entraîner la démission des politiciens impliqués. Celle-ci hélas n'existait que dans quelques traits d'esprit bien sentis.

Quant aux éléments de solidarité sociale dûment arrachés par nos grands et arrière-grands parents (voire même un peu avant) et qui avaient été respectés jusque-là, malgré les politiques dites libérales successives menées par tous les gouvernements depuis 1983, ils tombaient les uns après les autres. Ainsi la retraite, qui reculait en diminuant.

On ignore à ce jour ce qui valut aux congés payés d'être alors encore préservés. Ça manquait probablement de canicule-prétexte ; l'amorce de l'été en 2010 ressemblait à un mars frisquet, fors quelques jours merveilleux autour de la Pentecôte dont beaucoup ne pouvaient déjà plus profiter.

Ai-je bien récapitulé ?

[photo : sans trucage et en vrai, rue Martre à 8 h 48]

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