Photos retrouvées - Time capsule été 2018

(martedi)

 

Comme toujours lorsque je suis trop épuisée pour faire quoi que ce soit d'autre - en l'occurrence clouée au lit par les suites douloureuses de mon trail de dimanche -, y compris lire, je trie, sauvegarde des photos puis les supprime des supports transitoires (où elles étaient le plus souvent depuis trop longtemps).

Je retrouve ainsi parfois des images qui à l'époque étaient elles-mêmes des re-découvertes.

Ainsi cette image d'avant le concert de Johnny en l'an 2000 à la Tour Eiffel prise par mon amie Anne-Carole juste avant que nous n'entrions dans le périmètre de sécurité réservé aux artistes et technicien·ne·s.

DSC02115

Pour une raison qu'à présent j'ignore, je l'avais exhumée le 3 juillet 2018 et c'est à cette date que sur le disque dur de mon ordinateur elle apparaît.

Le noir était la couleur requise, et par commodité j'étais venue pour partie déjà habillée, en mode sait-on jamais (mais la vraie tenue noire était dans le sac ainsi que le nécessaire de maquillage)

Le 4 juillet 2018, un mercredi, j'étais passée à Saint-Ouen le matin, en y croisant un Vélib privatisé par un solide antivol, puis j'avais bossé à la librairie, Charybde encore en ville à l'époque, et au soir Le Joueur de Pétanque était venu me chercher et nous étions allés à Ground Control pour lequel je voyais passer tant de livres, qui pour certains, des sortes de guides touristiques pour découvrir des lieux insolites, ne ressemblaient en rien aux ouvrages que nous proposions à la librairie. 
Sur place nous avions dépanné avec l'un de nos téléphones un jeune père qui jouait au ping-pong avec son fils et souhaitait avertir la mère de celui-ci d'où ils étaient. 
C'est toujours curieux de la façon dont revoir des photos ravive la mémoire même si ce ne sont pas précisément des images des moments qu'elles convoquent.

20180704_212043

coucher de soleil sur la gare de Lyon 4 juillet 2018

Je retrouve parfois quelques notes prises en photo. C'est donc que je souhaitais en conserver la trace. Seulement dans certains cas, elle ne m'évoque plus rien.

Ainsi ce même 4 juillet "sa mère musicienne" suivi du nom de quelqu'un et de son adresse courriel. 
Parfois c'est déprimant : je retrouve des images de rencontres en librairie dont je n'ai plus aucun souvenirs. Pas celle concernant les personnes que je connais, mais d'autres, organisées par d'autres que moi, et dont je ne me souviens pas. J'étais visiblement là pour prendre les photos, mais leur fréquence et la fatigue qui est la mienne le plus souvent, ne m'ont pas permis de stocker le moment. 

Fullsizeoutput_1cac

photo prise le 5 juillet 2018 rue de Charenton. Un jour viendra sans doute où l'on se demandera ce qu'étaient ces enseignes : bureaux de tabac, donc. Aux lectrices et lecteurs du futur : les gens y achetaient de quoi fumer, un truc qui sentait mauvais et qui l'était pour la santé mais comme les États en taxaient fort la vente, c'était légal et autorisé.

La pandémie a induit une réelle rupture : les images, les souvenirs d'avant semblent concerner d'autres personnes, dater d'un tout autre temps. Ce n'est pas une surprise, ça fait déjà un moment que j'en ai cette perception. Seulement à revoir des photos de cet avant qui ignorait encore qu'il en serait un, c'est flagrant, aveuglant. 

Je constate au fil des images dont ces vélos ne sont pas nécessairement l'objet, que nous aurons vu passer bien des lots de vélos ou trottinettes en free-floating, plus ou moins vite abandonnés par suite de vols ou dégradation. J'avais souscrit à l'une de ces solution lorsque les néo-vélib dysfonctionnaient au point de nous en interdire l'usage, mais ma ville pourtant tout contre Paris avait quelque mois plus tard été interdite de dépôt. Je m'étais donc désabonnée. 
Ces vélos, depuis, ont quasiment disparu. 

Certaines images comportent des ambiguïtés d'horodatages. Par exemple celle qui suit date-t-elle du lundi 9 juillet 2018 12:51 ou du samedi 7 juillet 2018 ? 

IMG_20180707_010934_723

Je sais pouvoir retrouver l'info à l'aide de ce blog, de mes carnets de bord, d'Instagram (qui serait peut-être l'explication de la double date), mais dans l'immédiat et disposant de peu de temps, cette double datation reste un micro-mystère.

Certains jours, accaparée par les tâches à accomplir, que ce soit pour ma famille ou pour un employeur, je ne prends que très peu de photos. N'en restent généralement qu'une trace de vélotaf, dont l'intérêt était surtout de témoigner à chaud d'une gcumerie resplendissante (1).

Des images prises en 2018 parfois dans les jardins du CMG Champs Élysées où les cours ont perduré quelques temps avant d'être supprimés, me font pleurer la fin des cours de danse de Brigitte, qui nous faisaient tant de bien. La pandémie et le manque de temps comme suite à mon embauche dans un emploi de bureau à temps plein ne m'ont pas permis de retrouver d'autre cours de danse. Sans doute aussi en raison de la qualité de ceux que j'ai grâce à elle connus. L'après-midi du cours de danse, maintenue une fois par semaine contre vents et marées était mon temps personnel de la semaine, après le cours je profitais des lieux (hammam ou sauna), prenais mon temps et ensuite passée la fatigue de l'exercice physique, cela me donnait de la force pour faire face à tout ce qui m'attendait. 
Je retrouve non sans émotion des traces de belles lectures, faites dans les lieux de récupération, juste après.

Fullsizeoutput_1cb7

Comme souvent dans l'existence, je n'imaginais pas que cette période, cette activité prendrait fin si peu après (même si nous savions les cours menacés, leur relocalisation rue de Berri nous avait donné espoir).

Le mardi 19 juillet 2018 nous étions allés, une petite bande du club de triathlon, encourager l'équipe de France de football homme qui jouait un match de la coupe du monde. Il y avait une fan zone près de la mairie de Levallois et un couple du club logeait à proximité. Nous avions fini en buvant un coup chez eux. Ça paraît pétant d'insouciance, vu de maintenant. 
Pourtant la vie, la nôtre, n'était pas si facile alors, soucis financiers car mon employeur de l'époque peinait à me verser mon salaire, et je savais que j'allais perdre ce travail que j'avais tant aimé. J'étais éprouvée par tout le travail fait pour la succession de mes parents, le tri infini, le déménagement de leurs affaires.
Le temps d'un match et d'être en collectif, ça pouvait se mettre de côté.

Le mercredi 11 juillet 2018, j'étais au travail et il y avait eu répétition du défilé aérien du 14 à venir. 
Rue de Charenton c'était très impressionnant. Bien des gens étaient comme moi sortis sur un pas de porte afin de voir - toujours ce temps de se demander ce qu'il se passe et puis Bon sang mais c'est bien sûr, le 14 juillet -.

Fullsizeoutput_1cb8

Une photo du 12 juillet 2018, jour où avant l'ouverture de la boutique, j'avais comme souvent fait le coursier pour la librairie, me fait retrouver la trace d'un sac fichtrement pratique pour transporter les livres, que j'avais acheté à cet effet, et dont j'avais perdu le souvenir et la trace. C'est un effet du premier confinement : installés en Normandie (en ayant observé 14 jours de quarantaine) pour près de trois mois, j'y avais perdu des parcelles de mémoire de mon principal "chez moi", du moins concernant certains objets.
Fullsizeoutput_1cb9

Il y a certaines journées comme celle-là dont je n'avais encore jamais vu les images : restées sur le téléphone ou dans la mémoire de l'appareil photo sans que je n'aie jamais eu ni pris le temps de les "développer" (disons plutôt télécharger).

Le vendredi 13 juillet 2018 nous avions reçu Emmanuel Ruben et j'en garde un si bon souvenir, les photos n'étaient pas nécessaires, fors à indiquer la date précise. Et me remémorer qu'il y avait au même moment d'importants transports et déplacements d'échafaudages juste devant la librairie.

20180713_211022

 

Ç'avait longtemps semblé être ma malédiction : des travaux lourds soudain enclenché dans les librairies où je venais travailler.

Le 14 juillet 2018 ce fut notre premier trail de La Chouffe et c'est l'un de mes meilleurs souvenirs. J'ignorais que nous étions passés non loin d'où F. vivait désormais. Je voyais ses nouvelles publications arriver en librairie de loin en loin, souvent écrite à deux, mais pas avec moi, ce qui me donnait toujours l'impression d'avoir raté un train en mode on arrive sur le quai et à l'instant où l'on s'apprête à monter les portes nous claquent au nez. Il n'empêchait : pour moi la page était tournée et ma vie en tant que libraire était stimulante, malgré les problèmes financiers. Le sport m'apportait une condition physique qui me permettait de tenir la fatigue en respect. C'était de bonnes années.
Et ce premier trail dans les Ardennes Belges fut une épiphanie, un de ces moments où l'on ne souhaite pour rien au monde être ailleurs, ni dans un autre temps, ni avec d'autres personnes.

20180715_162607

 

Le 15 juillet ç'avait été la course et aussi la finale de la coupe du monde de football, avec les Belges qui estimant que l'équipe de France leur avait volé la qualification était à fond pour les Croates et nous chambraient de ouf. Je souris en repensant à ce moment durant ma course où je me dis qu'il convient que j'accélère afin de ne pas rater trop du match ... pour arriver 2 minutes avant son début (2). Le match était retransmis sur deux écrans, en français d'un côté, de l'autre en flamand. C'est un souvenir amusé et heureux.

Le 16 juillet c'est Nouzonville et Charleville Mézières, cette dernière ville étant une destination que je m'étais promise de découvrir adulte lorsque Bruno, mon prof de français d'alors, nous avait parlé d'Arthur Rimbaud lequel tenait tant à s'en enfuir. Je voulais savoir d'où ça lui venait cette absolue envie de s'en extraire, du moins si les lieux, et pas uniquement la rigidité de l'éducation, y étaient pour quelque chose.

N'y étant pas scotchée, j'ai aimé la ville. Et heureuse d'être parvenue, sur le tard, sans le faire totalement exprès, c'est à dire comme j'aime, C'est sur le chemin, à mes fins.

DSC02276

DSC02292

 

(1) Pour les non-initié·e·s s'il en reste : Garé Comme Une Merde 
(2) que j'avais manqué car je devais récupérer ma bière offerte puis passer me doucher.


Un film sur l'Île de Lewis

(domenica)

 

    En voyant un film de Bouli Lanners et Tim Mielants qui se passe sur l'Île de Lewis, je mesure encore davantage ce que je dois au bon copain récemment disparu. Entre autres : 

L'Écosse, d'y être allé en voyage de noces. Nous avions prévu le Danemark, qui déjà était comme la Norvège mais en plus simple d'accès et puis vraiment c'était trop cher et alors il a dit "Mais pourquoi vous n'iriez pas en Écosse, il y a des super distilleries à visiter ?". Car je lui dois aussi pour partie les whiskies : 

Le vrai initiateur était Yannick Hamonic qui vidait sa cave en prévision d'un poste au Brésil à Sao Paolo. Et qui donc un vendredi soir avait rapporté un Laphroaig. Il n'empêche que celui qui avait enquillé sur Ben si tu apprécies des whiskies comme ça, il y a des dégustations organisées par la Scotch Malt Society (c'était avant le Clan des Grands Malts, lequel s'est créé après sa dissolution, du moins de l'antenne française).

Nous lui devons le ciné club, du moins que je l'aie découvert dès 1986. Tu aimes le cinéma, tu sais au Crédit Lyonnais, il y a un ciné club. Lui ne venait qu'aux séances du mardi soir et quand ça n'a plus été à un ciné près de République qui était alors près de chez lui, il a cessé de venir. Alors que pour ma part je me suis inscrite et suis allée aux week-ends et avec Le Joueur de Pétanque lorsqu'il est revenu du Burkina Faso puis avec les enfants lorsqu'ils sont nés, nous avons été de tous les week-ends possibles au château de La Brosse Montceaux. C'est quelque chose de récurrent dans ma vie : des ami·e·s m'indiquent une voie qu'eux ou elles-mêmes n'approfondissent pas et je m'y tiens, tandis qu'eux n'en font plus partie.

Je lui dois un paquet de films (c'était un cinéphile averti), et de concerts, avec au passage la découverte de Jeanne Cherhal, quelques photos où je figure dont celles de la manif d'avril 2002, je lui dois d'ailleurs d'être allée à quelques manifs, et d'avoir un temps milité chez Attac (j'ai cessé faute de disponibilités et d'énergie après le travail).

Nous lui devons d'avoir eu pendant des années à la Noël d'excellents marrons glacés. Ce qui n'est pas si anodin car j'en faisais profiter toute la famille.

Je lui dois surtout, nous lui devons, de grands moments de grandes rigolades. Et ça n'est pas rien.


Une tellement tout autre époque


    Ce n'est pas de la nostalgie mais chez moi une stupéfaction perpétuelle de mesurer à quel point les temps ont changé du moins les temps de nos pratiques matérielles. 
Je suis heureuse en cela d'être de ma génération : ayant connu l'avant, j'ai pu goûter un monde moins frénétique, où l'on pouvait prendre son temps (ce qui convient mieux à mes capacités physiques et à ma façon d'aborder la vie, je n'aime pas la hâte en dehors des moments où elle est le but du truc (par exemple lors de compétitions sportives de vitesse)), ayant connu la période de mutation, j'ai pu goûter à l'entre-soi généreux des pionniers (1), et je profite à fond des avantages actuels des moyens efficaces de connexion.

Alors ce billet de Marc Zaffran / Martin Winckler me parle totalement. 

J'y ajouterai ce qui paraît dingue vu d'aujourd'hui : que je me souviens d'un temps au mitan des années 80 du siècle précédent où dans une équipe de 5 à 6 informaticiens d'un service central d'une grande banque française on se partageait 3 ordinateurs, auxquels on accédait à tour de rôle pour y taper les programmes que l'on avait au préalable écrits à la mano sur nos blocs notes, puis les compiler, puis une fois toutes les erreurs de compils résolues, les lancer - généralement de nuit tant il fallait de temps pour que ça tourne -, puis récupérer les résultats, généralement sous forme de longs listings à bords troués, que sortaient de rares imprimantes à aiguilles. C'était du temps des modems (avant même ceux-là), quand les disquettes 5 pouces 1/2 étaient des summuns de modernité. À l'époque ça ne choquait personne que le temps de travail englobe celui de causer avec des collègues en attendant son tour à l'ordi. Il y avait un stress spécifique qui lui a disparu : celui de prendre 24h dans la vue lorsqu'un programme ne donnait pas le résultat escompté et qu'il fallait attendre la nuit suivante pour que modifications faites, il puisse tourner.

Dans la même soirée, via une publication d'Arte, je suis tombée sur une vidéo d'un tube de Tears for fears que je n'avais jamais vue, car durant l'essentiel des années 80 je n'avais pas la télé (ni temps à loisirs, ni argent à dépenser dans du non-indispensable) et m'a frappé combien c'était un tout autre monde, si peu automatisé, et où les appels téléphoniques se passaient dans des cabines.

Stupéfaction renouvelée qu'en si peu de temps ressenti, tant de temps soit passé, tant de choses aient changé.

  

 

(1) Oui à un moment de l'internet un message "ce contenu n'est pas accessible de votre région" eût été inconcevable à moins de vivre dans certaines dictatures.


40 ans, c'est sidérant.


    J'ai passé la journée à me dire, mais comment ça, quarante ans ?! 

À un moment j'ai même recompté sur mes doigts, tellement je n'y croyais pas, que ça fasse tant que ça.


Le 10 mai 81, je m'en souviens fort bien. À six mois près je ne votais pas, c'était enrageant. Je fais et faisais déjà partie du petit peuple de gauche, et ça a été un espoir fort cette élection, une liesse. Et au début on y avait cru : les 39 heures, la retraite à 60 ans. On ne demandait pas de rien foutre, mais on voulait tant que notre travail, et par là nos vies soient enfin respectées.
Mais très vite l'économie a repris le dessus et au bout du compte les années 80 furent encore plus des années fric pour les riches que celles qui avaient précédées.
Je me souviens que je passais le bac et que les bruits, même lointains - dans la cité pavillonnaire de grande banlieue les gens se réjouissaient paisiblement chez eux, ou car nombreux étaient ceux tenus par un solide syndrome du larbin et qui s'effaraient de la méchante gauche au pouvoir, se désolaient dans leur coin -, de fêtes m'inquiétaient un peu. Et s'ils m'empêchaient de dormir, juste avant les examens ?
Du fait du baccalauréat à passer, et qu'on n'allait pas à Paris si facilement que ça, je n'ai pu participer à aucun mouvement de célébration. Mais, même si j'étais plus circonspecte que bien des adultes, comme si c'était moi la détentrice de l'expérience qui rend méfiante, ça me laissait croire à un avenir plus ouvert, un respect du travail auquel un jour j'accéderai. 

Il y avait un truc indubitable : il n'y avait aucun doute que cet homme avait la stature pour la fonction, qu'il était un casting parfait pour cet emploi. Comme Jean Paul II pour faire pape ou Élizabeth II pour faire reine d'Angleterre ou plus tard Angela Merkel pour faire chancelière fédérale ou Kennedy ou Barack Obama pour président des États-Unis, c'est pas forcément qu'on soit d'accord avec leurs décisions, leurs prises de positions, leurs choix, mais n'empêche, le rôle leur va.
Je l'ai toujours vu en prince florentin, qui aurait pu lui-même écrire "Le prince" ou dans un autre registre, "L'art de la guerre", ai toujours été consciente d'un côté sombre, lequel convenait à la fonction (quelqu'un comme moi, au pouvoir même d'une petite association serait une catastrophe) ; mais je lui faisais confiance pour ne pas faire de mal au pays et ses successeurs me l'ont fait admirer. 

Quarante ans, ce moment où on a eu le fol espoir que même les petits métiers permettraient désormais aux gens de vivre décemment de leur gagne-pain. 

 

PS : Il y a dix ans (!?!) j'avais trouvé le temps de me replonger dans mes diarii d'antan et d'en retirer ce qui persistait : 

Dimanche 10 mai 1981, journée studieuse et électorale
Lundi 11 mai 1981, Mitterand président (sic)
10 mai 1981, les jours d'après

 


Chroniques du déconfinement jour 21 : Le Fiston a 25 ans

Déconfinement officiel 1 jour 48

 

Samedi simple : une séance le matin (Moneghetti) puis JF disparait comme à son habitude pour quasi toute la journée (courses pour le club puis ménage sur place puis jouer un peu aux boules) et rentre à 19h de mauvaise humeur. Puis il s'endort.

Entre temps je suis allée au Leroy Merlin de la rue Rostropovitch faire quelques courses dont les cadeaux d'anniversaires pour les enfants, en cette année particulière je n'ai pas su m'y prendre à l'avance, puis j'ai écrit quelques quotidiennes, lu des Beatles, écouté Rick Beato et fait une sieste, des sauvegardes de mes textes sur réseaux, une esquisse de ménage sur l'ordi, et du ménage de photo car l'ordi était saturé.

Ad allait à la fiesta de son frère à sa coloc et j'ai échangé quelques SMS avec Le Fiston pour lui souhaiter un bon anniversaire. 
Je suis sidérée que ça fasse 25 ans. 
Échange de nouvelles aussi avec ma sœur dont le harceleur a, si j'ai bien compris, été condamné à suivre un traitement pour son état psychiatrique. 

La pandémie a dépassé les 10 millions de cas et 500 000 morts. Elle est très loin d'être finie. Un article circule disant qu'on trouve des traces du Coronavirus 19 dans les eaux usées de Madrid dès mars 2019. 

L'Oréal change les termes qui qualifient les produits qu'il vend pour se blanchir la peau, mais n'envisage pas un seul instant de cesser leur commercialisation (qui représente une manne). Un summum de tartuferie.

J'ai appris un mot anglais, tapple, et un mot français, drèche. 

Panne de Typepad vers le soir alors que je regardais une video de co-vélotaf de Sacrip'Anne. Bonne communication de leur part sur Twitter ce qui fait que je n'ai pas eu à vraiment m'inquiéter et m'en suis retournée aux vieilles méthodes du temps où l'internet était rationné : écrire en local, sauver par ailleurs et copier-coller lorsque tout se remet à fonctionner. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
10 053 848 cas (dont : 500 183 morts (128 108 morts aux USA) et 5 426 644 guéris

 

Pour tenter de tenir le moral bon, l'Auberge des blogueurs

 

 


Chroniques du confinement jour 49 : comme un air de rentrée ...


    Ça y est l'Homme a été rattrapé par son travail - tout en étant toujours en chômage partiel, mais peut-être n'ai-je pas tout suivi - et donc il va devoir suivre une formation à distance sur deux jours (ou bien trois ?) de 8h30 à 12h et 13h30 à 17h. 
C'est le moment où la météo jusqu'ici plutôt clémente, fort un brin de vent de temps en temps, a décidé de virer à la pluie. Ce qui fait que l'option jardin pour moi est à peu près exclue. Je me demande ce que ça va donner dans notre maison d'une seule pièce, pourvue d'une seule grande table et d'un petit bureau et d'une table de cuisine qui sert de déserte. Ou alors je finirais le confinement en étant devenue moi aussi une pro de Revit
Pour commencer comme il est venu ici avec son petit ordi portable perso (de toutes façons il n'en a pas de fourni par le boulot), il faut télécharger une version du logiciel. Avec la connection via son téléfonino ça prend des heures (ça n'est pas terminé à l'heure où j'écris). Le formateur au téléphone lui dit : sa serait bien si vous aviez un deuxième écran. L'Homme est resté sérieux, il a dit, ah, euh mais je suis à la campagne, avec juste mon portable perso. Et moi je suis allée fou-rirer dans la salle d'eau - toilettes. 

Le comité de lecture s'active aussi. J'ai des fichiers à télécharger.

Pour pouvoir aller chercher des masques que la municipalité de Clichy propose à ses habitants, notre fille avait besoin d'un numéro fiscal. J'en ai profité pour aller voir de plus près notre déclaration pré-remplie, qui m'a semblé conforme à nos gains (1), puis discuter avec Le Fiston par WhatsApp et téléphone de l'intérêt ou non de le déclarer encore avec nous pour les revenus 2019. Des simulations ont montré qu'il valait mieux qu'il se déclare de son côté et nous du nôtre.  

Il faut que je m'occupe de mon émission de radio. Même si je ne pourrai reprendre dans l'immédiat.
Et que je démarre enfin ma participation à Ce qui nous empêche. Je tiens ces chroniques du confinement depuis le premier jour mais je ne les inscris pas dans ce qui m'avait poussée à les tenir, c'est dommage. 

Bref, c'était la rentrée, même si géographiquement nous sommes toujours chez moi. 

Puisque l'agitation professionnelle de mon co-confiné n'était pas propice à une sieste et que les lendemains risquaient d'être pluvieux, j'ai passé l'après-midi après l'avoir aidé, à poursuivre le rangement de la cabane à outil. Le premier établi, celui historiquement présent dans les lieux et que le voisin voleur avait délesté de tous les outils susceptibles d'être revendus (2), est enfin rangé, nettoyé, ce qui ne pouvait plus servir à rien jeté, et certaines pièces de musée (3) nettoyées et presque redevenus beaux.

C'était vite l'heure du Tabata. Devenu presque facile depuis deux ou trois séances. Au début j'ai cru que c'était parce qu'elles étaient moins fortes. À présent je commence à croire que c'est notre condition physique pour ce genre d'exercices qui s'est améliorée. Cette séance plus les abdos - squats - pompes du matin plus le léger legal morning run (4) firent de ce lundi une journée sportive. C'est nager qui manque. À partir de la semaine prochaine le vélo devrait redevenir possible. 

Grâce à ma fille qui avait trouvé un article qui croyait-elle dans un premier temps indiquait que les détenteurs d'une béta-thalassémie mineure étaient épargnés par le Covd-19 (mais il s'agissait d'une formulation ambigüe : en fait ils voulaient simplement dire que seules les thalassémies majeures pouvaient présenter des risques accrus par rapport au Covid-19), je suis arrivée jusqu'à cet article. Étant donné comme il est rude de traverser une vie normale pourvu·e d'une thalassémie mineure, je veux bien croire, j'en suis d'ailleurs persuadée, que les personnes porteuses d'une thalassémie qui ne l'est pas sont des héroïnes et des héros. Et je sais combien il est difficile de comprendre à un moment donné qu'on ne peut pas prétendre faire comme tout le monde. Ce qui est d'autant plus difficile que dans une société d'ultra-compétition comme la nôtre, un handicap invisible ne rencontre aucune indulgence ("Vous manquez d'implications" dit alors qu'on est en train de se défoncer de fatigue est particulièrement mal venu).

Une belle interview de Rony Brauman pour Le Monde, fait regretter que des êtres humains compétents et qualifiés ne soient pas ou plus aux commandes. Il exprime clairement ce qui fait le mérite d'Angela Merkel dans sa prise en charge de la crise.  

Tomek propose de relancer les Bonheurs du jour. Chic alors. 

LT du soir, espoir. L'impression que donnait les TG était que le début de déconfinement, moyennant quelques cafouillages ici ou là, s'était passé calmement : celles et ceux qui devaient aller au travail s'y rendant bien masqués, celles et ceux qui profitaient  de la liberté pour partie retrouvée retournant retrouver une partie de leur famille après 50 jours de séparation, pas trop de fantaisistes. 
J'avoue que je ne me lasse pas des images de files d'attentes bien espacées et sages, si loin de mes souvenirs d'enfance de bousculades en paquets (dans lesquelles j'étais incapable de tracer mon chemin, déjà que dans une file d'attente à peu près formée je me fais doubler). Je suis parvenue à tenir le LT malgré les difficultés de bureautique de mon co-confiné, c'est un petit exploit, de ces choses quotidiennes qui passent inaperçues alors qu'elles mériteraient d'être saluées pour ce qu'elles sont : des réussites méritoires. 

J'ai trouvé moyen, sauf à l'heure très tardive d'éteindre l'ordi, de ne pas lire du tout - alors que j'ai The Beatles tune in qui me réclame -. Quand j'écris que c'était la rentrée, je ne croyais pas si bien dire 

 

(1) Les miens sont particulièrement déprimants de faiblesse quand je pense à combien je me suis défoncée dans des postes exigeants physiquement.
(2) Étant donnés certaines pièces qu'il a laissées je suis persuadée qu'il n'était pas connaisseur.
(3) Quelques très beaux outils venant de mon grand-père (hélas bien attaqués par la rouille) 
(4) Depuis la veille au soir une douleur persistante à l'arrière du mollet droit m'a fait préférer d'y aller calmement, sans séance à rythmes précis.

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3 624 472 cas (dont : 250 986 morts (69 168 aux USA) et 1 179 867 guéris) 


Chroniques du confinement jour 47 : grosse journée de boulot

 

    Journée de sport et qui commence par une bonne petite satisfaction : le 7 mn/km de moyenne sur le short legal morning run. C'est très lent, je le sais. Seulement pour moi c'est déjà bien. L'objectif sera d'être bientôt capable de courir 10 km à cette vitesse. Avant que d'être trop âgée j'aimerais atteindre le 6 mn/km qui me permettrait de les courir en 1h tout rond. J'ai les jambes, c'est le cœur qui galope trop vite. 

Et qui fini par une bonne petite satisfaction aussi : la séance de Tabata passe crème. Deux des exercices sont similaires à ceux du défi quotidien (abdos - squats - pompes) alors c'est sans doute ça. 

Entre les deux je n'ai quasiment fait que travailler, une fois passée les petites écritures du quotidien, et un peu de lecture chez les ami·e·s, dont ce billet chez Guillaume Vissac, fort bien vu, concernant le mois dernier (sans surprise : ça ne s'est pas franchement arrangé depuis). Le temps s'y prêtait : beau, pas trop venteux, pas chaud au point d'être tentée de sortir la chaise-longue pour lire au jardin. Alors j'ai attaqué la tâche rude du tri et rangement de la cabane à outils.

Le temps doit être clément car il convient de sortir un nombre certains de cartons et autres objets lourds et les laisser dehors le temps de ranger ce qui est dans et sur les deux établis (celui d'ici, celui de Taverny). Car oui, j'ai une cabane à outils avec ceux établis (on dirait le début d'une chanson).

Une fois lancée il y a des points d'arrêts possibles et d'autres états intermédiaires où il est fortement déconseillé de laisser les choses en plan. Alors histoire de bien dépoter une première partie, j'ai bossé jusqu'à 18h, sauf le temps du déjeuner, que JF après avoir fait les courses (ce qui en cette époque qui craint est une mission) avait assuré : des merguez et de la semoule. 

Cela dit : j'ai bien oublié le reste du monde, pensé à mon père avec une certaine tendresse - sa méticulosité et sa logique dans la façon de disposer les choses - et bien maudit le voisin voleur qui s'était servi dans ce qui était le plus usuel. Heureusement il a dû trouver trop vieux les magnifiques outils de mon grand-père et ceux-là sont, me semble-t-il, pour la plupart, restés. Bon d'accord, ils sont rouillés.

J'ai même retrouvé des masques (de bricolage). Que je n'ai pas eu le cœur de jeter même s'ils sont inutilisables. C'était mon père qui les avait customisés à sa bonne taille.

Il y avait aussi un plan de la maison qu'il avait lui-même dessiné. 

Après il a fallu remettre en place les différents cartons, outils et objets que j'avais sortis pour ranger. Et me reposer un petit peu pour pouvoir attaquer le Tabata. 

Soirée avalée par une recherche de musique pour m'ôter Le bal des Laze de la tête, suis passée par Tubular bells, un peu du groupe de Luke Oldfield. Et de liens en liens, je me suis retrouvée à regarder un documentaire joyeux et plein d'énergie sur The Undertones, tandis qu'une lessive de blanc que j'avais lancée avec entre autre des tissus retrouvés, tournait. 

Ne restait plus qu'à bloguer et jeter un coup d'œil aux infos italiennes ; par les temps qui courent trop se déconnecter n'est pas bon non plus. Les choses peuvent très vite déraper encore plus qu'elles ne l'ont fait et mieux vaut savoir à quoi s'attendre. 

En France bon nombre de parents et d'enseignants ne veulent pas reprendre le 11 mai, dans des conditions qui semblent en pratiques irréalisables. Les parents ont peur pour la santé de leurs enfants. Du moins les parents censés. D'autres n'en peuvent plus de supporter leurs propres mômes H24 et n'ont qu'une envie de les confier à d'autres le temps des journées. Ça promet mal.

Phénomène prévisible : pas mal de personnes semblent considérer que allez hop le 11 mai c'est fiesta et on reprendra la vie où elle en était comme elle l'était. Ça va être chaud de faire comprendre que non. La suite de l'épidémie risque d'être dévastatrice. En avoir marre d'être confinés n'est pas une bonne raison de se déconfiner. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3 462 897 cas (dont : 243 569 morts (66 819 aux USA) et 1 104 723 guéris) 


Chroniques du confinement jour 44 : Quatre heures d'insouciance (ce cadeau du ciel, au vu de la période)


    Alors voilà, j'ai reçu de bonnes nouvelles de mon avenir professionnel, à partir desquelles je vais pouvoir prendre mes dispositions et surtout j'ai une date personnelle potentielle de déconfinement : 8 juin.
Elle coïncide peu ou prou avec la date qui me semblait raisonnable d'un point de vue de l'évolution de l'épidémie compte-tenu de la situation en Italie donc je suis soulagée. 

J'ai même eu une bouffée d'insouciance. Qui aura duré 4 heures, le temps que le boulot de mon co-confiné ne l'appelle. Ça ne sera pas si simple de son côté. Et il devra bosser (mais en restant là où nous sommes) deux jours de la semaine qui vient. 

Quatre heures, c'était déjà miraculeux, compte tenu de la période.

Avec en tout cas me concernant un calendrier large à disposition (si je ne tombe pas malade je vais disposer de plus d'un mois, ce qui ne m'est jamais arrivé depuis ... ma vie d'adulte fors les congés maternité et la période après l'"Usine" (mais vécue en pensant à retravailler, et donc sans pouvoir me dire : je dispose de tant de temps)), du coup j'ai repris le travail pour le comité de lecture dont je fais partie. 
Et lu d'une traite "Mikado d'enfance" de Gilles Rozier, dont on m'avait parlé d'une façon bien différente de ce qu'il relate vraiment. J'avais failli ne pas le lire pour cette raison. Ç'eût été dommage. Il aborde bien les questions de mémoire lointaine et de questionnements sur les origines. Sur aussi la connaissance ou la méconnaissance que l'on avait enfants accédant à l'adolescence dans le début des années 70, de l'histoire de la seconde guerre mondiale. J'avais oublié le poids des non-dits. Nos parents (et sans doute aussi les grands-parents pour qui en avaient) savaient bien des choses qu'ils ne nous disaient pas. 

Une partie de ma lecture a eu lieu au jardin vers 16 à 18h un moment de relative éclaircie. Je m'étais bien couverte. JF venait d'avoir son appel pro, il s'était mis à suivre des démos en ligne en rapport avec la formation qu'il devra effectuer ; je souhaitais le laisser en paix. Et donc la seule solution, en plus qu'elle me faisait prendre l'air, puisque la maison est une une pièce-cuisine avec dortoir sous le toit, était le jardin. 
Je suis impressionnée d'à quel point l'ensemble (maison, jardin) est adapté pour deux personnes : pas grand mais la bonne taille, ce qui ne donne pas trop de travail à présent que nous y sommes depuis assez longtemps pour avoir éclusé une bonne part de ce qui relève de la remise en état, mais accorde assez de place. Nous ne sommes pas oppressé comme nous l'aurions été à l'appartement. Ça pourrait être un modèle pour une utopie : si chaque foyer de deux personnes ou deux avec un enfant petit disposait de cette place et d'un bout de terrain de cette taille, plutôt qu'il y ait des personnes dans d'immenses endroits et d'autres entassées dans des conditions sordides, la planète serait moins en danger et l'ensemble de ses habitants. De ces équipements aussi : il n'y a ici que le strict minimum, une douche et pas de baignoire, une machine à laver le linge mais pas de lave vaisselle, aucun excès. Mais rien qui nous manque vraiment ou alors seulement par envies de conforts en fait superflux.

À propos d'équipement, un rire intérieur qui m'aura tenu tout le jour : une des armoires dispose d'un double fond, ou plutôt d'un double plafond. En voulant y ranger un élément de linge de maison, et sans doute parce qu'il y avait un rayon de soleil que je suivais des yeux je me suis rendue compte que la hauteur intérieure semblait différente de la hauteur du meuble vue de l'extérieur. Peut-être avais-je connu cette cachette enfant ? Je n'en avais plus le souvenir. Et de ma vie d'adulte ça faisait quand même depuis 1983 que je côtoyais ce meuble avec régularité. Trente-sept ans avant de m'en apercevoir ! 
Je me demande quelles autres surprises recèle mon héritage. 
Comme je ne suis pas un personnage de fiction, ni non plus cette armoire, l'emplacement était vide. 

En toute fin de journée Samantdi et moi nous sommes accordées un brin de légèreté 

Capture d’écran 2020-04-30 à 00.20.36

Ça faisait du bien. 

Quelqu'un sur Twitter (avec le refresh automatique intempestif j'ai oublié qui) Squintar a attiré mon attention sur cet article Wikipédia et je l'avoue j'ai ri

C'était nécessaire car le LT des informations italiennes était modérément réjouissant - sans doute ni plus ni moins que d'autres soirs mais à la longue ça devient usant -. Il y a eu curieusement l'information de la chute en Mer Méditerranée d'un hélicoptère de l'armée canadienne lors d'une opération de l'OTAN (?), et que je n'ai vue reprise nulle part.  


En fin de soirée, le vent s'est levé. JF lisait des Agatha Christie. C'était raccord, c'était parfait.

 

 

 

Capture d’écran 2020-04-30 à 00.21.11

 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3 199 277 cas (dont : 226 790 morts (61,009  aux USA, soit semblerait-il bientôt autant que d'Américaines morts lors de la guerre du Vietnam) et 992 959 guéris) 


Chroniques du confinement jour 37 : On peut être très actives à ne sembler rien faire


    Je suis frappée d'à quel point vu de l'extérieur et du monde économique nous sommes considérés comme ne faisant rien en ce moment alors que nous sommes très actifs en réalité. Mais sur nos propres activités, effectivement non marchandes et pas rémunérées. 

Les journées sans sport du matin, que je crois toujours au bord d'être plus productives de ce point de vue, le sont en fait moins : moins de rythme, et plus de temps pour faire chaque chose des temps physiologiques (la toilette, le petit-déjeuner ...).

Je me régale de la lecture du blog de confinement d' @SandG . Je le lisais par extraits via son compte Insta mais en lecture calme (je n'ai vu le lien que ce matin) c'est encore mieux. J'apprécie infiniment son humour à toute épreuve.

Si le confinement se prolonge, les journées seront consacrées à écrire nos blogs de confinement et lire ceux des autres. 

Mon co-confiné fait les courses - il a vraiment fait des progrès, n'y va qu'une à deux fois par semaines et je veille à ne pas lui mettre la pression sur ce qu'il a manqué (ou acheté d'incongru, ça lui arrive parfois) - ; chez nous quelqu'un est en panne d'ordi de télétravail et savoure la pause obligée. L'entreprise fait les choses bien : un coursier viendra déposer le nouvel appareil. 

Il faudra se souvenir que certaines entreprises auront traité correctement leurs salariés : aménagements des façons de travailler, salaires maintenues, conditions de travail respectueuses des consignes de sécurité sanitaire. Dommage que ça ne semble pas être la majorité. 

La reprise des classes théorique au 11 mai se prépare dans le plus grand des bazars. Il aurait été si simple de faire comme en Italie (ou c'est bien un peu le bazar concernant le bac, mais tout le reste est renvoyé prudemment à la rentrée de septembre). Je crois que le gouvernement s'est laissé manœuvré par le monde de l'entreprise : l'éducation nationale comme système de garderie pour que l'on puisse plus facilement envoyer à nouveau les parents au travail. La cause des familles pauvres avait aussi été avancée, certains enfants n'ont pas de vrais repas durant ce confinement ; seulement à présent que ça discute ré-ouverture, il semblerait que dans la plupart des établissements, les cantines dont l'approvisionnement se fait ailleurs en fait (les repas n'étant en local que finalisés), ne seront pas remise en route aussi tôt. 

Je crois que je suis à l'aise dans le confinement parce que j'y suis prête depuis fin février, que je n'ai pas de soucis professionnels lourds en cours (pas de librairie qui serait en voie de déposer le bilan, par exemple ; pas d'emprunt que je ne pourrais rembourser), et mes lectures m'ont déjà fait vivre même si c'était par procuration de fiction, ces situations. Nous avons eu la chance de n'être pas malades ou peut-être si (des doutes solides, et notre fille l'a été) mais pas gravement. Dans nos deux familles respectives, la génération pour laquelle nous pourrions avoir peur est déjà quasiment intégralement disparue. Nos conditions matérielles sont simples mais rien ne manque (1). Alors c'est le moment où jamais de nous consacrer à ce qu'à l'ordinaire nous ne pouvons pas faire. Ainsi j'ai dégagé le jardin. Je remets en ordre de marche la petite maison. 
J'écoute les oiseaux et pour la première fois depuis des années nous avons pu assister à la poussée du printemps - c'est spectaculaire, vraiment -. Ça n'empêche pas une profonde tristesse pour la tragédie en train de se jouer. Et la conscience que les lendemains ne vont vraiment pas chanter. L'objectif dans l'immédiat est de ne pas faire partie des victimes de la seconde vague de contaminations qui au vu du bazar de déconfinement trop précoce qui se profile et que ça part dans tous les sens et que les gens sont trop impatients, ne manquera pas d'être redoutable. 

Encore une belle grande journée de lecture. Je suis captivée par "Feu de tout bois" que la vie normale, trop remplie, ne m'avait pas permis de le lire en entier, et surtout de lire avec attention et en prenant des notes - en particulier sur tout ce qui concerne l'écriture et qui me parle tant -. Ce qui est curieux c'est que je me sens happée comme si ce journal présentait un suspens. Il n'y en a aucun, je connais la personne qui l'a écrit je sais comment les choses se sont passées et j'ai des nouvelles plus récentes. Mais le journal, ce journal, possède une forme de tension narrative qualitative. Je ne parviens qu'avec difficultés à le reposer, allez, encore une entrée, allez, je lis jusqu'au déménagement, allez, je lis jusqu'à la fin de l'année en cours. Je savoure de pouvoir, après tout, m'autoriser à le faire. Je crois que le dosage de moments de vie confinée, de voyages auxquels personnellement je sais qu'il m'est inutile de rêver, et de travaux d'écriture et de questionnements sur celle-ci, est l'exact équilibre dont j'ai besoin pour faire face à cette période-ci. 

Je parviens toutefois, en fin de journée et malgré une sieste tardive splendide à effectuer quelques rangements. Il va falloir que je reprenne le rythme des travaux de la maison sinon nous serons priés de rentrer que je n'aurais pas terminé ce que j'ai l'occasion unique de parvenir à dépoter. 

Le déconfinement pour mi-mai m'inquiète, le pays a dépassé les 21000 morts et encore plus de 500 décès aujourd'hui et de l'ordre de 1800 nouveaux cas, sachant qu'on continue à fort peu tester par rapport aux pays voisins. Nous sommes trop loin d'une décrue pour reprendre. 
Il y a hélas une pression générale des gens. Il est beaucoup question d'une file d'attente monstrueuse au drive d'un fast-food ré-ouvert. Et tant de mes ami·e·s se précipitent à passer commande de ci ou ça parce que Oh, c'est cool, les expéditions ont repris. 

Ce n'est pas pareil d'exercer un métier pour lequel on sait qu'un jour où l'autre on risque d'aller au casse-pipe mais ça fait partie du rôle assumé (soignants, pompiers, secours d'une façon générale) et d'être envoyé au casse-pipe pour un job dont ça n'était pas du tout au départ l'objet (livreuses ou livreurs, vendeuses ou vendeurs, factrices ou facteurs, et les métiers de l'enseignement), surtout dans ce second cas, si c'est pour un nombre certains de tâches qui ne présentent pas de réelles urgences. Ce qui est fascinant c'est de constater à quel point pas mal de gens sont tout contents d'aller jouer les petits soldats. Peut-être parce que ça donne un sens à leur travail, qu'on leur fasse croire qu'il est indispensable. Peut-être que c'est moi, aussi, de mon côté, qui ai passé l'âge d'être héroïque. Il me reste statistiquement trop peu d'années pour devancer l'appel au prétexte d'un sacrifice collectif. 
Je ne sais que trop que je peux, que n'importe qui peut, être l'une des prochaines victimes. 

Des personnes de ma belle-famille se sont pris une amende : ils allaient ensemble faire des courses ou rendre visite à quelqu'un de leur famille. En mode, bah, ça n'est rien, nous ne sommes pas malades de toutes façons. Ce petit Ça n'arrive qu'aux autres, si français. Pour ce qui est de se prendre une prune comme pour ce qui est d'être contaminés. 
Les joueurs de pétanque, qui étaient en mode, Non mais ça va, on n'est que quatre. Ou : allez, une dernière partie avant d'être confinés. Sans mesurer un seul instant que précisément, le risque de contamination était peut-être tapit là, dans cette "petite dernière". Car le virus s'en fout, et d'ailleurs ne s'en fout même pas, il n'a zéro intention, zéro état d'âme, il ne sait même pas qu'il tue, il est là ou pas, et contamine ou non. Il n'y a aucune morale dans tout ça.

Je pense fréquemment ces jours-ci à mes amis Padawan et EricLM toujours détenus dans un hôtel des environs de chez eux, en compagnie des personnes qui arrivaient en Nouvelle Calédonie par le même avion, sous prétexte d'une quarantaine qu'ils auraient vraiment tout aussi bien pu accomplir à domicile. 

Échanges de nouvelles avec Claude et les enfants, même si Le Fiston se montre peu locace. J'ai moi-même du mal à répondre aux messages que je reçois et j'ai raté un apéro virtuel avec les ami·e·s du triathlon. OK pour cause d'ordi saturé et de connexion que ça consomme trop fort, mais sans doute aussi au fond parce que je pressens qu'il faut que certaines activités et présences nous manquent afin que le déconfinement ne soit pas qu'une épreuve. Je savoure d'être en retrait, puisque c'est ce qui est nécessaire. Je savourerais d'autant mieux les retrouvailles, qu'on n'aura pas trop eu recours à quelques ersatz de revoyures. 

J'ai cuisiné ce soir un chouette risotto à base de ma préparation de la veille + quelques gousses d'ail noir délicieux (rapportées de la maison il y a plus d'un mois et gardées au réfrigérateur à défaut de mieux).

 

(1) Sauf de la levure : je souhaitais faire un gâteau c'est raté. On voit à quel point la situation est grave (je plaisante).

 

LT du soir des infos sur Rai News 24 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 621 436 cas (dont : 182 989 morts (46 771 aux USA) et 714 319 guéris) 

PS : Un cadeau d'Alice, ce lien

Chroniques du confinement jour 25 : Dissonance cognitive


    Un temps estival de ouf, le matin à travailler au jardin en tee-shirt et short (1). J'ai exhumé encore un dallage, celui-ci inconnu de mes souvenirs : le long de la fenêtre. 

Des contacts avec les enfants, dont un coup de fil en début de soirée au fiston qui s'apprêtait à faire une soirée cuisine avec ses colocs. Notre fille a des projets pour son anniversaire. J'espère que ça ira. 

J'ai lu aussi, et continué quelques rangements. Ces journées calmes passent à une vitesse folle. L'Homme n'est pas sorti (à part au jardin), bel effort de sa part. 

Le temps du travail au jardin, concentrée sur mes gestes (je souhaitais épargner certaines plantes, je ramassais encore et encore des morceaux de verre datant des casses du #VoisinVoleur) j'avais oublié l'épidémie. 

Mais elle est toujours là, en dehors des moments de concentrations ou d'efforts physiques (tels que les séances de Tabata). Le frère d'une grande amie est malade à son tour et ils attendent dans la crainte que cela dégénère. Des personnes que je connais d'un peu plus loin réapparaissent soudain qui étaient à l'hôpital depuis un moment (2). Des parents meurent, de personnes qui n'ont qu'une dizaine d'années de moins que moi, et donc eu même en ayant qu'une quinzaine de plus. Des grands-parents, j'ai cessé de suivre, perdue. Mais je m'efforce de laisser un mot de réconfort à chacun. C'est ma seule action possible, il me semble que je la leur dois, moi au confinement si facile. 

C'est en lisant "Feu de tout bois" et un mot concernant la détention de Florence Aubenas, que j'ai soudain compris pourquoi il ne me venait pas à l'idée de me sentir mal d'être ainsi confinée : il y a quinze ans j'ai participé mentalement si fort à un enfermement que l'on pressentait (et qui fut confirmé) autrement plus dur, qu'il ne me viendrait pas à l'idée de me plaindre, ni même de me sentir oppressée ; du moins tant que nous avons la bonne santé. C'est un peu comme si je m'étais déjà entraînée. En images mentales j'étais auprès d'elle presque sans arrêt. Je sais que ça peut sembler ridicule, mais ça a fait de moi quelqu'un d'un peu préparé. D'où d'ailleurs mes routines mises en place très vite, car je me souvenais de son témoignage après son retour et de ce que Marie avait raconté de ce que Florence leur avait dit, le lundi soir, la veille de la conférence de presse et alors qu'elle était enfin rentrée (le dimanche elle était restée dans un lieu militaire pour le débriefing et sans doute le lundi quelques contrôles de santé). 

C'est intéressant de lire longtemps plus tard le point de vue d'Élisabeth sur les prises d'otages et la publicité plutôt déconseillée. C'était vrai en local. Notre job à nous était de maintenir la pression sur l'état français qu'on savait au départ plutôt peu motivé. Je me souviens que les débats au sein même du comité avaient été animés. 
C'est rétroactivement flippant en lisant le témoignage de vie quotidienne d'Élisabeth de mesurer à quel point peu d'otages en ressortaient vivants, globalement. Surtout vers cette période d'enlèvement crapuleux : les types encaissaient les rançons et s'en foutaient de la personne qui n'était pour eux qu'un objet pour accéder à l'argent. 

Pour l'heure j'ai donc passée une journée délicieuse (de plus) pendant cette épidémie atroce - y compris dans les pays comme l'Italie où les gouvernements font de leur mieux en tenant compte de la vie des gens -. La dissonance cognitive commence à être difficile à soutenir - Élisabeth en parle fort bien, qui continuait à faire des longueurs dans sa piscine tandis que des attentats suicides étaient perpétrés presque à proximité, mais justement s'obligeait à le faire parce que tel était son rôle : tenir le coup -. Alors je m'applique à tenir le mien : rester chez moi, ne pas contribuer à l'augmentation générale du risque de contagion. 


Le chat noir et blanc plutôt blanc était dans la cabane à outils en fin d'après-midi. Mais il a filé dès que j'ai ouvert la porte de la cuisine. 
Avec JF nous avons décidé en fin de sieste de faire une promenade au jardin. Il fait moins de 8 m sur 6 m (et un peu plus que 7 m sur 5 m), mais nous avions opté pour cette illusion, Allons nous promener au jardin. Et c'est bête à écrire, mais c'était bien. 

Depuis plusieurs soirs à la tombée du jour une famille au moins des petites maisons préfabriquées blanches, que l'on voit vers l'arrière joue dans leur jardin à des jeux bougeant (chat ou colin-maillard ou que sais-je) et on entend leurs cris de jeux et de joie et des fausses peurs du jeu. C'est extrêmement réconfortant.
Sinon depuis deux jours, dans la matinée et l'après-midi bruits pas si lointain de tronçonneuse. Ça l'est moins.  

Je suis en train de retrouver ma compétence d'enfance en chants d'oiseaux. 

J'ai voulu avant de me coucher, à 1h06 (3), vouloir profiter du ciel étoilé avec l'appli Heavens Above dont j'ai équipé mon téléfonino : tout au long de la journée il avait fait un ciel tout dégagé, et jusqu'au crépuscule : sauf que là, raté, des nuages entre temps s'étaient interposés.
En revanche j'ai pu observé qu'à part notre rue et vers Lessay, la petite ville était plongée dans le noir, et également sur l'arrière vers les petites maisons blanches. Je me suis dit que je regarderai une autre nuit afin de vérifier si c'est habituel ou pas. Je me souviens de ma fausse joie, l'été dernier, d'avoir cru que le noir de nuit était une mesure écologique pérenne.

 

PS : LT des infos du soir sur Rai News 24, c'est un peu devenu mon boulot. 

(1) Je l'avais glissé dans ma valise, pensant qu'on en aurait pour jusqu'à fin mai. En fait même pas mi-avril il sert déjà. 
(2) Bien occupée dans mon quotidien de confiné, et peu connectée, je m'aperçois souvent très à retardement qu'une personne ne donne plus de nouvelles. 
(3) Note de téléfonino : zéro étoiles mais la ville éteinte

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 684 640 cas (dont : 102 059 morts (18 331 aux USA) et 375 221 guéris)