Parfois, une photo dont je suis fière (malgré tous ses défauts)

    

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Par exemple celle-ci du 11 décembre 2004. (Le plongeur est Le Fiston) (mais ce n'est pas tant ça qui compte)

 

(et bien sûr c'est une one shot, je n'avais pas d'appareil qui pouvait rafaler)


BDJ - 160131 - Quand Le Fiston avait huit ans


  20160131_161645   (bonheur du dimanche 31 janvier 2016) (partiellement écrit ce jour-là)

Alors les défis de la semaine à venir sont multiples, retard d'écriture ([juron] j'étais pourtant bien partie, mais je me retrouve sans arrêt happée par des contraintes qui s'imposent), fotolog à récupérer avant qu'ils ne coupent à nouveau la communication, grosse deadline de rangement car passages d'experts en fin de semaine, recherche d'emploi avec tâches administratives associées, clarification de mon dossier auprès de Pôle Emploi et au moins un rendez-vous médical pour tenter de déterminer si mon problème de sommeil brutal est pathologique ou juste d'épuisement.  

(et je ne parle que des urgences)

Aujourd'hui j'ai donc entrepris de grands rangements. Suis tombée en premier sur une strate plutôt  2007 pour les papiers non triés (1) - ce qui fait qu'il y a du sérieux ou de l'intime que je souhaite conserver ou de l'écriture mêlé à des journaux qu'il convient de jeter, sans parler de trucs pas même ouverts de type publicitaires -. Et voilà que dans un dossier soigneusement classé mais qui datait d'avant, j'ai retrouvé des messages personnels et de mes participations à l'ancien site Mauvais Genres. Parmi les messages envoyés à quelqu'un en particulier, un texte de novembre 2003 de la série "Étienne dit"

Étienne dit

sur le chemin du conservatoire en rentrant vers la maison après son cours de violon : 

La semaine passée, Olivier Charlier (2) qui est un violoniste soliste de haut niveau, était venu parler de son métier aux enfants du conservatoire de Clichy. Nous en avons donc reparlé aujourd'hui au cours d'Étienne avec sa prof. et ensuite en marchant j'y repensais. Cet homme a dit certaines choses très simples, belles et vraies sur le travail artistique. Je me les rappelais et sans doute en sourais.

Alors Étienne me fait : 
- Alors voilà, t'es encore en train de réfléchir et ça te fait sourire !

Je lui explique que c'est parce que je me souvenais de ce qu'avait dit Olivier Charlier. 
Étienne me répond : 
- Ça, c'est toi ! Y a quelqu'un d'intelligent qui dit une chose sérieuse et ça te fait sourire. Et a côté de ça, si y a quelqu'un de rigoillot qui dit une chose rigoillote, tu restes sans rire, comme un poireau.

J'ai cru une fois de plus qu'il allait me traiter d'intello., mais j'y ai échappé.
Pour cette fois.

(et j'avais signé Gilda (poireau fatigué))

Le fiston avait huit ans. 

 

(1) Elle provient d'un stockage d'urgence lors d'une première inondation montante par l'évier de la cuisine qui est mon bureau, les canalisations collectives bouchées. Alors on a tout entassé très vite dans une des chambres et comme on a enchaîné toutes sortes de péripéties et de fatigues depuis, c'est resté ainsi.

(2) Dont je m'aperçois aujourd'hui qu'il a un site. Et qu'il est décidément impressionnant. (ici dans Tzigane de Ravel)

PS : Il y a un autre bonheur du jour, mais je n'en ai pas fait le thème du billet car il n'est pas pourvu du zeste de surprise qui dans mon esprit correspond mieux au thème : c'est l'écoute enfin intégrale du bel album Motel Bamako d'Inna Modja, à part un ou deux morceaux (les plus consensuels), c'est un bonheur. Au carrefour des musiques traditionnelles, repensées pour la danse, et le grand public (easy pop internationale ?), doux aux oreilles et péchu quand même, je sens qu'il va être mon secours auditif pour cette période chargée. La musique immédiate mais de qualité qui permet de prendre du rythme, retrouver de l'énergie. En plus que la choré d'en ce moment est sur l'un des morceaux.

 

 

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
C'est l'amie Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci àTomek qui s'est chargé du boulot -) 

Chez Couac : Bonheur du jour 18

billet commun avec Bella Cosa


Lundi 6 avril 2015


P4061630Je ne souhaite pas faire de ce blog un journal, j'avais d'autres choses à y écrire. 

Seulement le temps semble s'être compacté, passé la période de sidération désespérée d'après les 7 et 8 et 9 janvier. J'ai sans arrêt l'impression qu'il est "une semaine après" (telle rencontre, tel livre lu, tel film vu, tel bon moment partagé entre ami.e.s ...). Que l'on passe d'un instant à instant + une semaine dans un vvvvvoufff de fondu-enchaîné électronique. Et même les heures de librairies pendant lesquelles j'attends d'être libérée filent.

Alors vite prendre note d'un heureux lundi férié : un cinéma avec le fiston vers Montparnasse, ma fameuse comédie croate qu'il goûtera finalement assez peu ; j'avais présumé de ses références culturelles. Par exemple l'air plein d'onction et de componction du jeune prêtre qui vient confesser Don Fabijan ne peut faire rire quelqu'un qui n'a pas idée de l'attitude que certains ont. Il n'en a jamais croisés. Il préfère à l'évidence le comique plus appuyé que le pince-sans-rire dont le terme même ne lui évoque rien. 

Pour autant un bon moment suivi d'un bref déjeuner dans un restaurant italiano-américain calme et lumineux. Pendant ce tempsP4061632

son père rendait visite à ma mère, sur laquelle un deuil est tombé - quelqu'un que je n'aurais donc pas connu, qui vivait loin, qu'elle ne nous a pas présenté -. Il est à présent définitivement trop tard.

C'est dit sans savoir s'il convient ou non d'éprouver du regret.

En passant porte de Clichy, je prends toujours dès que possible des photos des grands chantiers.

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Comment ils s'inscrivent dans la ville. Cette journée aura aussi été celle d'une lecture "Éden Utopie" de Fabrice Humbert, entamée la veille mais qui révèlera l'ampleur de son emprise aujourd'hui. Nous croisons nos impressions avec Gilsoub qui le lit aussi et que Clamart concerne.

Plus tard à quelqu'un d'autre j'enverrai un message de gratitude, sans doute maladroit.

Alors que l'homme d'ici prépare le dîner je serai saisie d'un violent coup de fatigue, assez semblable mais en plus court à celui de mardi dernier. Ça commence à devenir quelque peu inquiétant. J'ai eu juste le temps de filer jusqu'au lit. Pour un peu, j'en pleurerais.

Cette faiblesse qui m'engloutit.

Au soir je tenterai de lutter, après avoir refait surface tant bien que mal une heure après.

D'où ce billet.

Afin que cette journée clémente et douce ait vraiment existé.

 

PS : Gros effort, je suis parvenue la veille à prendre une photo pour mon profil FB et remplacer le carré noir. Non que j'oublie ce qui s'est passé et plus particulièrement Honoré, mais il est temps de secouer la tristesse et de s'en détacher. Continuer à penser à l'absent mais avec sérénité. Ne pas se complaire dans l'état d'endeuillée, du moins n'en pas faire une excuse pour ne pas avancer.

PS' : Très tentée par quelques jours de récré oulipienne en juillet (puisque ça tombe pile dans les dates de congés qui me sont imposées). Mais participation + logement + bouffe sur place + trajet, c'est un budget.


Le capitalisme expliqué à Maman (qui n'est pas douée en capitalisme, il faut dire)


De retour d'un peu de sport il faisait grand faim. J'ai donc chauffé à vrai four les tomates farcies que l'homme de la maison avait au préalable ce week-end achetées chez le boucher. Non sans les avoir effectivement quelque peu agrémentées et avoir préparé concomitamment un peu de riz. Le fiston vient se servir, va manger se régale et me remercie pour l'excellent dîner. Je lui dis, je n'ai pas fait grand-chose, j'ai simplement réchauffé.

Il me répond alors d'un air faussement navré, Maman, c'est le capitalisme. Il y a le type qui a fait pousser les tomates, le boucher qui avec la viande les as faites, papa qui les a achetées, mais comme c'est toi qui as préparé ce dîner, c'est toi que je vais remercier.

En moins de vingt ans il a pigé ce qu'en cinquante je ne suis toujours pas parvenue à intégrer.

(En fait mon cas est désespéré : quelle que soit l'activité j'aime être à la production des choses, à leur extraction, sur le terrain, dans le concret ; donc même en ayant conscience de me faire avoir, et à moins de me forcer à ce qui ne m'intéresse pas (paperassifier, communiquer, négocier, vanter), je n'y peux rien, je ne m'épanouis qu'en amont ; l'inoubliable sourire de Patrice Chéreau qui trimbalait un projecteur dans ce théâtre de banlieue pour un spectacle confidentiel qu'il avait mis en scène je crois par amitié, était celui d'un cousin; le bonheur qu'il y a à faire plutôt qu'à faire faire).


Travaux photos

Ça commence aujourd'hui

Étienne_Portbail_janvier 2001 

C'est la conjonction entre une expo photo, et une image en particulier qui me laisse à comprendre qu'une photo de famille est parfois plus que ça,  un déménagement (mais pas le mien - cependant le sujet du tri, de ce qu'on conserve, de ce qui ne le mérite pas en devient très présent -), de rangements importants et nécessaires chez moi, et de la mémoire personnelle qu'après des années d'essorage professionnel j'ai peu à peu récupérée.

Presque un an et demi après ma "libération", j'estime avoir retrouvé le plus important de ce qui devait. 

Je me rends compte que j'ai traversé mes années dans un état de fatigue tel que beaucoup des meilleurs moments me sont passés de façon diffuse et atténuée.

Du temps de mes enfants petits, il ne me reste que peu de souvenirs directs, j'étais si épuisée et depuis ma vie a tant changé qu'elle concerne (presque) quelqu'un d'autre. Alors vite, avant qu'il ne soit trop tard et pour tant de raisons, retrouver ces images qui valaient la peine qu'on se souvienne de leur instant et raconter ce qui peut l'être. Transmettre au moins le bon.

Quelques instants


J'espère pouvoir le compléter assez régulièrement tout en avançant dans mes nécessaires classements. Et n'y déposer que des photos avec l'accord des intéressés. Sauf si bien sûr il me sont inconnus ou impossible à contacter. Ça commence d'ailleurs bien : je n'ai pas celui de Mats Wilander.

Mais c'était avant l'invention du droit à l'image (1) alors peut-être que la question ne se pose pas. Et je peux toujours mettre hors ligne une photo si elle venait à déranger. Et puis ces images-là je me permettrais de jouer les casse-pieds si on me les pique sans que j'y ai autorisé.

La qualité technique des clichés sera ce qu'elle est : je commençais tout juste à être bien équipée en argentique quand le numérique est arrivé et je fais de mon mieux avec de bons petits appareils. Les photos argentiques s(er)ont scannées avec les moyens du bord.

Sauf cas très particuliers, mais alors je le signalerai, elles ne seront ni retouchées ni recadrées. Leurs défauts sont aussi leur beauté.

Il s'agit avant tout de conserver une trace, reprendre mémoire et partager.


(1) Je soupçonne mon impression personnelle d'être fausse juridiquement, mais j'ai souvenir d'un temps où dès lors que sur l'espace public on pouvait photographier qui s'y trouvait et ce qui. Après, bien sûr, il était délicat d'en faire la Une d'un magazine si la personne était en portrait rapproché, et il était courtois de demander avant au moins par un signe si le figurant involontaire n'y voyait pas d'inconvénient, mais il ne serait venu à personne l'idée de payer quelqu'un qui se trouvait sur l'image de façon anonyme. Ces pratiques sont venues avec la pipolisation.

[photo : mon garçon, à 5 ans 1/2, un jour d'hiver en Normandie]



... et fier de l'être ("Regarder la télévision rend pauvre")

Ici et maintenant

Alors que je suis en train de lire avec le plus grand sérieux cet article (1) du site Esprit Riche que je ne connaissais pas, Stéphanot en quête d'un goûter déboule dans la cuisine.

Comme je suis la seule en cet appartement à tenter de limiter la consommation juvénile d'heures de divertissements abêtissants (2), je ne vais pas laisser passer une si belle occasion.

Je lui dis Tu tombes bien, je suis en train de lire un article "La télévision rend pauvre, sérieux, hein.". Il daigne se pencher sur mon écran (3), le parcourt un instant puis prend la tête d'un gourmand devant un océan de choux à la crème et juste avant de filer en courant rejoindre "sa" télé dans la pièce opposée, lâche un

"AAaaah, vivre aux crochets de la société ..." rigolard sur le ton du rêve de sa vie.

 

Plog. (mais on a bien ri et quand je l'ai menacé de l'écrire sur le blog il a dit oui. Dont acte)

(1) "Regarder la télévision rend pauvre" signé par Michaël

(2) Il y a aussi des séries surtout USAméricaines qui sont très bien et que jadis je regardais moi-même. Mais bon, les enfants sont quand même le plus souvent collés devant des niaiseries sans limites.

(3) d'ordinateur, bien sûr

Merci à Christine Genin (Lignes de fuite) pour le lien

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