Les photos de sport d'il y a un ou deux ans paraissent surréalistes

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Même si les autorités nous concèdent, pour l'instant encore, un droit léger à la course à pied avec dans l'autorisation dérogatoire de déplacement cette case à cocher : 

⊠ Déplacements brefs, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile, liés soit à l'activité physique individuelle des personnes, à l'exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie.

ç'en est fini pour un bon moment de la natation, du vélo et des vrais entraînement de course à pied.

Lorsque je tombe, à l'occasion d'un ménage urgent sur mon disque dur où je dois accueillir une nouvelle appli afin de retrouver en ligne mes ami·e·s, sur des images de courses passées, en pleine ville, alors sans se douter que ça puisse être menacé par autre chose que mes propres capacités physiques que des effets d'âges ou de maladie pourraient venir entamer, j'ai donc un mouvement d'étonnement, le cœur un peu serré, avec une dominante de stupéfaction et d'impression d'un autre temps.

Voici donc une image du dimanche 18 mars 2018, prise par quelqu'un de mon club, lors des 10 km de Clichy et courus sans avoir l'impression de rien d'extraordinaire. 
Désormais une course groupée en ville est un mirage. 
Et d'accord, on peut courir 10 km en moins d'une heure en tournant à moins d'1 km de chez soi, mais avouez que ça devient limite, pas forcément dans l'esprit du confinement, et bien un peu compliqué. 

(Nous ne sommes plus en quarantaine et il nous est possible de faire en 20 à 25 minutes (je cours lentement) un mini-circuit de 3,44 ou 3,46 km en passant par un chemin arrière voisin rarement fréquenté, surtout à 8h du matin, c'est un peu un grand max', du moins à l'heure actuelle)

PS : Un lien fort utile vers la carte de la zone de sortie à 1 km (et le formulaire officiel tel qu'il est encore aujourd'hui)
PS', au lecteur du futur : ceci n'est pas un poisson d'avril, en 2020 lors de l'épidémie de Covid-19 nous eûmes bien des autorisations dérogatoires de sortie à remplir pour certains cas précis (travail pour qui continuait de devoir y aller, courses pour les choses indispensables, rendez-vous médicaux, garde partagée d'éventuels enfants etc.) dont nous devions nous munir pendant la période de confinement lors de chaque sortie. Les forces de l'ordre pouvaient contrôler, et de fortes amendes être réclamées (135 € puis 200 €, et bien davantage en cas de récidives, à l'heure où j'écris ce billet). Il y eut même des abus. L'ami Éric D. s'efforça même de les recenser.  

 


Un dimanche en Normandie, il y a deux ans maintenant

 Fullsizeoutput_1acbC'était dans la période du déménagement des affaires de mes parents. Aller en Normandie, était nécessaire et il fallait aussi prendre des forces pour parvenir à faire tout ce qu'il y avait à faire. 
Alors le dimanche nous sommes allés courir en bord de mer. 

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C'était bien.


Lire, dormir et cuisiner

Au surlendemain du Maxi Trail de Bouffémont, les jambes étaient trop douloureuses (mais une bonne douleur, équitablement répartie et pas aigüe, sauf au moment de se lever et s'asseoir) pour penser sortir. 

Donc pas de piscine le matin, pas de piste en fin d'après-midi. Et pas même descendre les poubelles (je l'avais fait la veille en rentrant du déjeuner de la veille avec une grande amie), et pas même descendre chercher le courrier (ma fille qui a regardé en rentrant de son travail m'a dit qu'il n'y avait rien).

Du coup journée, à préparer mon émission du lendemain, en plus de solides moments de sommeil qui font du bien. 
Sauf qu'au soir et alors que j'ai tout dans la tête, reste à chercher la bonne version des musiques sélectionnées, la transmettre à O. qui tient désormais la régie, établir le filage, chronométrer les extraits, mon élan m'abandonne. J'ai cuisiné pour le dîner (ingrédients achetés le samedi, après la séance de cinéma), cherché à suivre le 1500 m du meeting de Düsseldorf, que Filip Ingebrigtsen a emporté en 3'36'', et le saut à la perche au cours duquel Mondo Duplantis a tenté et manqué de peu le record du monde. Mais ne le trouvant pas, j'ai erré sur l'internet de façon un peu bête, en plus que la connexion par moment patinait. Pure perte de temps. 

Belle interview du jeune perchiste : il est heureux déjà d'avoir atteint le niveau pour tenter un record du monde ; et il insiste sur le rôle joué par sa mère durant toutes ses années pour arriver jusque là. 

 

Une amie m'indique une semi-offre d'emploi : quelqu'un qui cherche des personnes pour s'associer pour un projet de librairie. Hélas, je manque d'argent (plus encore que l'an passé) et de confiance (en les autres plus qu'en moi ; j'ai été témoin de trop de choses, je crois). Mais j'apprécie qu'elle ait pensé à moi. 

Déception en soirée : nous devions aller en Normandie le week-end prochain (il y a du travail à faire dans la petite maison et j'ai besoin d'une pause, de m'occuper de celle-ci) mais l'Homme qui conduit a oublié ou mal compris. C'est reporté. Je m'étais fixé ce moment comme jalon pour relancer une fois rentrée, pas mal de trucs, en particulier professionnels. C'est raté.

Mon plat a du succès, à tel point que l'un d'entre nous n'en aura pas mangé (indice : c'est celui qui a préféré aller à son club plutôt que de dîner alors que c'était prêt).

Je peaufine ensuite mes lectures pour l'émission du lendemain, trop tard pour établir le filage, faire les liens des extraits musicaux. 

 

Sur le front du 2019-nCov : 20704 cas et des 427 morts mais 727 guérisons. 

La Chine a décidé sous son prétexte de cesser tout contrôle anti-dopage pendant six mois. Tiens, pile jusqu'au J.O. de Tokyo. Les malins ! 
Par ailleurs une conséquence de l'épidémie qu'on ne trouve pas illogique si on y pense un instant est la chute du prix des produits pétroliers

En Italie, l'état d'urgence sanitaire a été déclaré ... pour calmer l'opinion. Les gens ne comprennent pas (et pas qu'en Italie) que les masques ne sont utiles qu'aux malades, pour leur éviter de postillonner sur le reste du monde, ou en limiter l'effet. Ils ne protègent pas des virus entrants, pas spécialement. 

Comme je ne suis pas sortie de la maison, je n'ai aucune idée de si quelque chose à Paris s'est doucement modifié. Pour l'instant les gens semblent peu affectés. Ou alors ceux qui paniquent se terrent et on ne les voit pas. Le fait que je ne fréquente pas de lieu de travail me donne peut-être une fausse illusion d'indifférence générale. 

 

 


La fièvre tombe, les courbatures montent (lundi au lit)

 

    Je commence à avoir l'habitude, ça me le faisait dans ma jeunesse déjà : après chaque effort physique très intense (en longueur ou en rythme cardiaque) j'ai une poussée de fièvre. En général le soir du jour où elle a eu lieu. J'y avais échappé au soir du Frenchman (courte distance, un M) l'an passé, et sans doute un peu après le trail de La Chouffe, mais il faut dire que pouvoir enchaîner quelques longueurs de bassin après la course, puis une chambre ultra-confortable et le lendemain matin des soins de type balnéothérapie, ça aide. Du coup je m'étais crue sortie de ce symptôme post-sportif là. Et puis finalement non. 

Après 6h à crapahuter dans la boue, ce dimanche, dont une partie sous la pluie (quoique par temps doux : pas eu froid), j'y ai eu droit, à ma soirée au fond du lit.

Comme souvent au lendemain, donc ce matin, cet accès était passé. Montent ensuite les courbatures, en intensité. Le matin peut être trompeur, finalement je n'ai pas trop morflé. Et puis au fur et à mesure de la journée ça se grippe. En fin d'après-midi - heureusement j'avais déjeuné avec une amie, et j'étais vite rentrée, prévoyant ce qui allait arriver -, j'étais clouée au lit au sens littéral. Par chance aucune douleur renforcée en un point particulier, il faut dire que j'étais passée par la case kiné, mais en quelque sorte des courbatures qui se solidifiaient. J'avais procédé aux habituels remèdes, un baume et une aspirine, mais quand vint l'heure du dîner, j'ai été incapable dans un premier temps, de me lever pour le préparer. 

Plus tard, j'ai rassemblé mes forces et j'y suis parvenue. Puis une fois assise et pas d'efforts sur les jambes ça va. 

Ç'aura été quand même une belle journée, j'ai bien lu, le déjeuner était un bon moment, même si je m'inquiète pour l'amie qui m'a invitée et que toute sorte de travail en retard s'accumule. 

Au moins cet état de fatigue physique ne m'empêche pas, voire favorise, la préparation de mon émission du mercredi soir : je ne peux rien faire de physique mais en dehors des plages de sommeil récupérateur, le cerveau fonctionne. 

En fin de journée j'ai pu sortir une lessive. 

Je me demande ce soir ce que je serai capable d'accomplir demain (ou pas).

J'affine mes objectifs pour les prochains rendez-vous sportifs : 1/ être capable de terminer 2/ dans les temps (pas comme hier) 3/ sans être clouée au lit les trois ou quatre jours suivants  ( #VieDeTriathlète )


Entraînement de course à pied : tour tranquille de l'Île de La Jatte

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Entraînement léger convenant à une solide fatigue. Il eût été impossible de mettre du rythme, de faire des séquences. Donc y aller quand même mais sans forcer. Le but de la séance était déjà de parvenir à la faire. JF pour m'accompagner, ce qui aidait.
Halte pour divers petits exercices à Levallois, en bord de Seine puis assouplissements au parc des Impressionnistes mais pas à l'endroit habituel qui sentait violemment l'épandage de quelque chose.

Condition physique : J'ai le dos douloureux : haut (mauvaise position de sommeil ? deux oreillers par mégarde) et bas (surtout l'arrière à gauche au niveau de la hanche). L'énergie est basse, j'ai dormi la veille presque toute la journée, l'inquiétude combinée pour l'un qui subissait une petite intervention chirurgicale l'avant-veille et l'autre qui a de nouveau des ennuis de santé m'a vidée ; je le paie en fatigue, de même que les mois de travail physique intense enchaînés avec seul Arras pour souffler de fin août à la semaine passée. 
Semaine passée sans travail en librairie : je le sens immédiatement, aucune fatigue des jambes, ni genoux. De ce strict point de vue, j'aurais pu enchaîner sur un deuxième tour.

Distance : 10,89 km

Moyenne en déplacement 8:27 mn/km basse mais peu surprenante. J'ai pris quelques photos (la brume sur La Défense)
Moment un peu soutenu à 5:50 mn/km (mais pas longtemps, le passage en planches, réouvert)

Conditions climatiques :
Il fait environ 4°c brumeux au moment du départ. La température est sans doute de 6°c vers la fin, et la brume s'est levée.
Le tour de l'île, fermé pour cause de crue lors de notre plus récent entraînement sur place était à nouveau accessible mais pas du côté du petit bras.

Équipement : bonne chaleur pour du 4°c gris avec par moment petite brise frisquette


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  • - un tee-shirt manches courtes 2XU suffisamment serrant pour éviter de mettre un soutien-gorge ;
    - un tee-shirt technique manche courte (en l'occurence celui d'un trail de Ville d'Avray il y a deux ans (ou trois ?)) ; éventuellement j'aurais pu m'en passer ;
    - une veste thermique légère du club de Levallois, prévue pour le vélo à la mi-saison ;
    - un caleçon court moulant de course ; 
    - un pantalon de survêtement chaud, prévu pour le foot à la base ;
    - un tour de cou (en l'occurrence celui du trail des 40 bosses) ;
    - une paire de mitaines de vélo - la température ayant légèrement montée pendant les environs deux heures d'entraînement et comme il s'agissait de courir en ville et non de trail, j'aurais pu m'en passer - ;
    - tour de cou utilisé comme bonnet, celui du club, légèrement molletonné et imperméable jusqu'à un certain point.
    - la petite sacoche à la taille contient le téléphone portable, utile en cas d'urgence et pour prendre des photos ;
    - dans les poches dorsales de la vestes thermique, mouchoirs (tissus et en papiers), deux gels (qui n'auront pas servi) ; un pass navigo une petite pochette avec CB, carte vitale, carte du club de triathlon et un billet de 5 € (ou 10 €) ;
    - pas d'eau car deux points d'eau sur le parcours : au parc des Impressionnistes et au début du parcours sur l'Île de La Jatte ;
    - chaussures : de solides Brooks, milieu de gamme achetées chez Cap Marathon l'an passé (ou deux ans plus tôt ? le temps file tant). 
    - chaussettes de running de base de chez Décathlon ;

(je prends ces notes en vue des courses, où il est utile d'être à la bonne température et de ne rien oublier)

Billet commun avec Run mais plus seulement


Une belle reco, très agréable

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Le fait d'appartenir à un club de triathlon dynamique aura bien contribué à me faire découvrir le trail, que je préfère de loin à la course à pied en ville. 

Je suis vraiment très lente à cette discipline, généralement dans les tout derniers à arriver. 

Mais je suis heureuse pendant que je le fais. J'ai même une photo, prise au trail de La Chouffe l'été dernier, qui en atteste. 66664965_10216557428901263_1071607981168132096_o

 

J'aime courir en forêt tant qu'il en reste et que j'ai la santé qui le permet.

Ce matin c'était donc la reco du trail de 26 km prévu en février à partir de Bouffémont. C'est l'un de mes trails préférés : bien organisé, avec des passages techniques mais d'autres où l'on peut courir en admirant le paysage (1).

Comme je suis encore en pleine période de travail et que mon métier est physique, et que j'avais la veille terminé tard + trajet de vélotaf, et que même en grande forme je suis extra-lente, je ne comptais pas faire les 26 km. 

Je m'étais fixée de tenter de suivre le groupe "reconnaissance en 4h" jusqu'à si possible le lieu du ravito de la course, puis continuer jusqu'à une douzaine de kilomètres en tentant de courir puis selon où je serais couper ensuite assez directement vers Bouffémont.

Je connais la côte du cimetière, première difficulté dès les premiers kilomètres et remarquablement casse-pattes et emballeuse des cœurs. Alors je suis partie à l'avance ce qui m'a permis d'intercaler une brève pause pipi en attendant le groupe, le froid ayant toujours sur moi une sorte d'effet diurétique. 

Au demeurant il ne faisait pas si froid, sans doute 5 à 7°c et une belle grisaille mais sans pluie, juste un moment de petit crachin. Ma tenue, mais je l'avais déjà testée dans des conditions similaires, s'est révélée parfaite : collant 2XU long, petit short Levallois Triathlon pour le chic, haut 2XU long porté avec un soutien-gorge - le jour de la course je m'en passerai sans doute, seulement je me méfiais d'avoir à me changer au cul du coffre de la voiture avant de repartir -, par dessus, une veste thermique légère du club, conçue pour le vélo mais que je trouve parfaite pour la C.A.P. l'hiver, en plus que les poches arrières c'est top pour mettre des mouchoirs et des gels ou du petit ravito.

Note pour les "vrais" coureur, celles et ceux qui font des temps et maintiennent bonne allure : ce type de veste pour vous est trop chaud. C'est bien pour les coureurs lents qui restent de fait longtemps au froid et n'ont pas un rythme qui les réchauffe tant.

Pour compléter l'équipement deux tours de cou, un bonnet technique (même matériau un peu que la veste thermique légère) et des mitaines de VTT, utiles en cas de chutes et pour les éventuels passages cordés. 

Pour le ravito : quelques barres et gels. Comme souvent je n'en ai mangée qu'une et absorbé qu'un. Et de l'eau citronnée (mais 250 ml me suffisent, du moins l'hiver).

La forêt me paraît toujours aussi dévastée sous couvert de lutte contre des maladies des arbres et de reboisement. Le parcours cependant couvre certaines belles parcelles. Finalement je suis parvenue à suivre le groupe et sans souffrance jusqu'après Montlignon et le lieu du ravito. Puis après la zone urbaine on repiquait vers la forêt après une montée. J'ai vu JF me faire signe de loin, On remonte vers la gauche et le temps d'arriver à ce croisement, plus personne en vue à part quelqu'un qui promenait son chien. Je l'ai déjà constaté mais c'est stupéfiant à chaque fois : à quelle vitesse on peut perdre de vue un groupe dans lequel on était et qui nous semblait aller si peu plus vite que notre propre allure. On peut se retrouver entièrement seul·e·s d'un seul coup. Ça me rappelle la rapidité sidérante à laquelle des toddlers peuvent échapper à la vigilance de leurs parents. 

On était presque à 11 km. Alors j'ai couru sauf les montées jusqu'à la hauteur de la vierge noire, croisant au passage les gars d'un des groupes plus rapide qui sympa, m'a indiquée que j'étais tout près, mais je le savais et ne souhaitais pas nécessairement faire la montée : il était temps pour moi de repiquer vers le Château de la Chasse puis Bouffémont. J'ai envoyé un SMS pour prévenir que je coupais directement et puis ai continué à présent en mode récupération (active : quand ça pouvait je courais, mais en vitesse marathon lent, easy run).

Vers le Château de la Chasse j'ai entrevu le groupe que j'avais quitté, seulement je ne souhaitais pas faire un plus grand crochet. Ça m'a permis de supposer que j'avais un peu de temps et de tenter après avoir rejoint la route des crêtes un peu de sortie des sentiers battus (au sens littéral). Ce petit moment de pure liberté m'a fait un bien fou. 

Et je suis arrivée pile un tout petit peu avant le groupe. Nous avons même eu le temps de nous changer puis retrouver les camarades de mon club qui avaient fait avec un groupe rapide la reco intégrale. J'aurais mis 3h23 pour faire 17 km avec trois temps d'arrêt (ravito et pauses pipi) et vers la fin des passages montés intégralement marchés.

C'était la première fois que je parvenais à suivre un groupe aussi longtemps et où nous rentrions avec d'autres personnes (et non pas alors que tout le monde était déjà reparti). 

Après-midi consacrée à récupérer de la nuit trop courte (2) et de l'effort fourni. C'est ce qui change le plus en vieillissant : si on a la chance de la bonne santé on peut toujours faire les choses et à niveau de plus jeunes (ça vaut pour presque n'importe quel travail ou activité) seulement il nous faut davantage de temps pour récupérer. 

 

(1) Oui, je ne suis pas une grande compétitrice, de celles et ceux qui sont seulement concentré·e·s sur leur performance. 
(2) Comme je vélotafe et qu'à la librairie j'avais accompagné la fermeture, j'étais rentrée la veille au soir vers 21h30. 

 


"Coureur" de Kenneth Mercken ou comment commencer l'année par une claque de cinéma

 

C'est un film âpre et violent. Sur la réalité du monde du sport, the dark side. J'y suis venue via Koen de Graeve, exceptionnel dans le film de Felix van Groeningen "La merditude des choses" ("De helaasheid der dinge"), déjà dans un rôle de père dérivant. Le film ne semble pas avoir été distribué ni diffusé en France, je me suis donc procurée le DVD. Lequel est arrivé pile le 31/12 alors que je croyais le colis perdu.

Je ne savais rien, ou ne me souvenais plus, concernant son réalisateur, Kenneth Mercken. 

Le film lui-même n'était pas si facile à retrouver en raison de plusieurs homonymies, du moins en titres français : ainsi "4 minutes mile" a-t-il été exploité par ici sous le titre de "The runner" (1), du coup en cherchant "Coureur" on tombe sur celui-ci en premier (et il s'agit de course à pied). Ou par exemple "Le coureur" film iranien de 1984 d'Amir Naderi, là aussi pour la course à pied.

C'est dommage. On est dans du grand cinéma, dans le domaine des films que l'on n'oublie pas, même si le sujet peut être réducteur - je me vois mal conseiller cette œuvre à quelqu'un que le sport ennuie -. Il y a une patte, une maestria dans la façon de filmer, une interprétation parfaite - fors une scène de corruption manquée (la corruption), qui pour une raison qui m'échappe m'a semblée surjouée, quoi que parfaitement crédible -, une manière de laisser du champ au spectateur pour se faire sa propre idée et comprendre ce qu'il peut ou pas ou au moins s'interroger. 

Les scènes de cyclisme et de dopage (puisque c'est bien de ça dont il s'agit) sont filmées d'une façon rarement vue aussi juste. Ce n'est qu'ensuite, après avoir vu le film que j'ai pigé : le réalisateur est un ancien cycliste reconverti. Et il a choisi un jeune acteur qui je le crois pratique le vélo, et est très crédible dans ses placements (2)

Le film constitue non pas une charge - il tendrait plutôt à prouver que quoi que l'on tente de faire pour endiguer c'est foutu par avance -, mais un témoignage fort contre le dopage et au delà du fait même de tricher (3), la forte mise en danger de la vie des pratiquants. Bel article de Mark Gallagher dans The Irish Mail à ce sujet.

L'histoire elle-même est simple et semble typique : Félix, champion national espoirs en Belgique, choisi malgré les conseils et les dispositions prises par son père, un bon coureur qui n'avait pas vraiment percé pro, mais gagné bien des courses, d'aller signer dans une équipe semi-pro en Italie. La concurrence est féroce et l'organisation sans pitié ni considération pour la santé des postulants. Le gars se tourne alors à nouveau vers son père pour tenter grâce à d'autres combines, celles d'un vieux briscard et pas juste l'EPO [le film semble se passer dans les années 90 ou début des 2000], de tenir le coup dans le lot. 

Tout est réussi, on voit l'engrenage se mettre en place, la dureté des entraînements, les enjeux de rôles au sein de l'équipe, la façon de pousser les gars à bout et d'éliminer ceux qui craquent, la façon de leur mettre la pression sur leur poids, les comportements mafieux. Excellentes idées : mettre en scène un gars plutôt costaud, tough kid, sans état d'âmes ni fortes déviances (l'un des personnages est un coureur russe, bien azimuthé, plus haut en couleur que ce courageux Belge qui cherche surtout à sauver sa peau, et c'est ça qui est réussi, mettre le centre d'intérêt sur un coureur doué mais pas extravagant) ; éviter de "faire du cinéma" : pas de temps perdu avec de la romance ou une dramatisation puérile, mais les gestes, le quotidien, les moments clefs, sans chichis.

Quelques scènes de bagarres ou de chahuts sont parfaites, du même niveau que les scènes agités du film Belgica (de Félix van Groeningen, toujours lui).

C'est un film pour spectatrices et spectateurs courageuses et courageux : on en ressort avec une vague nausée, et sans note d'espoir si ce n'est dans une prise de conscience générale et réelle (qui me semble assez utopique mais y croire ne coûte rien). On en ressort moins bêtes aussi, mieux averti·e·s. ; et si l'on est cinéphile, avec cette joie particulière d'avoir vu quelque chose qui se rapproche bien du chef d'œuvre. Ne lui manque qu'une sorte d'universalisme partageable dans le sujet, ce qu'on ne saurait lui reprocher puisque le sujet et son traitement en font également l'intérêt. Bravo à Kenneth Mercken et à ses équipiers.

J'espère qu'il sera visible en 2020 en France, malgré que le pays soit celui d'une des courses par étapes les plus renommées et que l'intérêt financier soit de continuer à faire semblant que depuis l'EPO le cyclisme est propre.

 

Attention : à éviter si l'on ne supporte pas la vue du sang, des aiguilles et du fait de se piquer. C'est filmé sans complaisance perverse, mais sans rien chercher à cacher. 

PS : Soit dit en passant, il est aussi question des effets nocifs possibles du sur-entraînement surtout chez les jeunes. 

PS' : Une intéressante recension chez Lanterne Rouge quant aux performances trop remarquables pour être crédibles, ainsi qu'un article sur le cas de Ricardo Ricco lequel avait failli mourir de ses propres pratiques, dont l'une que l'on voit dans le film. Et quelques nouvelles de Floyd Landis pendant qu'on y est.

PS'' : Son sujet est bien plus vaste mais "L'ombre du coureur", livre d'Olivier Haralambon mérite le détour.

 

(1) Cette absurdité de coller des titres anglais qui ne sont pas les vrais a le don de m'exaspérer.

(2) C'est un souci des films aux personnages principaux de sportifs ou musiciens : l'écart entre le geste appris pour le film et le geste accompli longuement lors d'années de pratique est criant. Et pour le sport, un corps sportif ou non, ça se voit. Ou alors il faut un montage particulièrement habile (Il campione très réussi de ce point de vue-là, le joueur le plus souvent en vêtements longs ou en plan assez éloignés, lorsque qu'un plan ne peut être coupé avec le physique d'un pro ; je ne crois pas, je peux me tromper, qu'Andrea Carpenzano ait un passé de sportif de haut niveau (ou plutôt d'espoir sportif, vu son jeune âge), belle ITW ici)

 

(3) À mon humble avis c'est le système capitaliste dans son ensemble qui en favorisant la glorification de la performance en toute chose et l'individualisation même au sein de sports collectifs pousse tout le monde au dopage, y compris des employés de bureaux cherchant à sauver leur poste. 


Des accidents potentiels mais un plaisir inentamé

 

    Les trajets de #Vélotaf étaient très tranquilles aujourd'hui : pas ou peu de circulation et ce matin un bon soleil. Il n'empêche que par deux fois des accidents ont failli avoir lieu juste derrière moi.

Le premier était dans une rue moyenne à double sens de circulation et sans piste cyclable. Il y avait des travaux qui rétrecissaient la chaussée du côté opposé au mien. Deux voitures du coup ne pouvaient plus se croiser et une voiture face à un vélo si mais si la voiture venant en face serrait bien sa droite le long des palissades de chantier. Je vois un taxi arriver face à moi, bien pressé. Par prudence je ralentis : ça va passer mais juste. Et c'est alors qu'une trottinette électrique qui me suivait sans que je le sache (silencieuse) trouvant que je n'allais plus assez vite a décidé de me doubler. Le taxi a ralenti et s'est mis à serrer sa droite, mais il ne s'en est pas fallu de beaucoup.

Le second était à un carrefour entre Neuilly et Boulogne qui combine feux rouges et rond point. Le feu était rouge d'où je venais, une voiture me suivait bien arrêtée comme moi. Une cycliste est passée venant de l'arrière, sans même ralentir, hop dans le rond-point avec quelques véhicules qui y circulaient, heureusement à vitesse si modérée qu'ils ont pu freiner. Elle disposait d'un vélo de ville, ça n'était pas quelqu'un en mode sport qui, j'en connais, parviennent à se faufiler dans une tête d'épingle et peuvent parfois tenter des trucs qui aux autres ne pardonneraient pas. Elle semblait simplement parfaitement inconsciente du danger, voire même de l'existence d'un carrefour. Je précise qu'elle ne tournait pas à droite et qu'il n'y avait pas non plus un tout droit possible sans danger. Elle a vraiment tout grillé et traversé pour aller en face vers la gauche en se comportant comme si elle était un véhicule prioritaire avec la sirène activée.

Sinon, bien sûr kyrielle de véhicules en arrêts avec warning sur les pistes cyclables ; certains les considèrent vraiment comme des sortes de bandes d'arrêts temporaires. Je suis suffisamment aguerrie pour me glisser dans le flux des véhicules qui déboîtent, mais il n'empêche qu'au lieu de pouvoir rouler à bonne vitesse sur une piste cyclable dégagée on doit ralentir, se méfier, relancer après.
Et toujours beaucoup d'automobilistes qui semblent avoir peur d'user leurs clignotants. Mais ce comportement gêne aussi leurs congénères. 

Plusieurs voitures à l'aller comme au retour m'ont accordé des Allez-y passez, de courtoisie ce qui fait toujours plaisir (par exemple aux endroits de priorités à droite mais la voiture voit qu'on est sur notre élan alors la conductrice ou le conducteur fait signe). Et un scooter qui a reculé pour me laisser accès à un tourne-à-droite (il était lui-même gêné par une voiture mal garée sauf que j'avais la place s'il se poussait de passer). Je suis toujours très sensible à ses signes encourageants.

Je me suis aperçue que j'ai franchi la barre de me préoccuper des grèves. Je vais bosser à vélo et puis c'est tout. 

C'est particulièrement appréciable le soir, j'arrive à la maison la journée de boulot déjà loin (même si c'est un bon travail, il requiert de l'attention et de la concentration et de la force physique), concentrée sur tout autre chose, les jambes défatiguées (le pédalage détend bien de la station debout et des piétinements), fin prête pour apprécier pleinement mon petit bout de soirée.

 


Un trajet différent

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Depuis un moment je souhaitais essayer le retour par la belle bidir qui longe la Seine rive droite, voie Georges Pompidou, quitte à rallonger un peu le kilométrage afin d'éviter et la place de l'Étoile et la montée du Troca.

Ce soir, temps doux, pas de pluie, bonne journée de travail à un rythme normal qui me laissait un peu d'énergie avec en plus le passage d'une amie du triathlon venue exprès se fournir là où je travaillais, c'était le bon moment pour tenter.

Mon trajet de retour boulot correspond au "retour" sur la video de Bilook que j'ai mise en lien. Les travaux depuis sont terminés.

C'est un vrai plaisir que de pouvoir se lancer enfin quelque part à bonne vitesse (1). Seul inconvénient : la file ininterrompue des voitures voisines nous font largement profiter de la production suffocante de leurs pots d'échappements. 

J'ai été surprise par la hauteur de la Seine, que pourtant depuis notre entraînement de dimanche je savais en crue. La voie sur berge sera sans doute bientôt neutralisée, ce qui doit être assez habituel en janvier. Surprise aussi par la présence de très nombreuses mouettes. Comme elles se tenaient sur la rambarde, totalement indifférentes aux passages pourtant fréquents et très voisins, des vélos, ça avait un petit côté "Les oiseaux". Elles étaient si proches qu'à un moment je pouvais percevoir l'aspect duveuteux de certaines plumes. Cela dit, leur présence pressante n'était désagréable qu'en raison de mon penchant cinéphile. Et pas au point de faire peur, vraiment pas.

Avoir la Tour Eiffel en ligne de mire, surtout la nuit, est un ravissement.

Malheureusement, cette piste est difficile à atteindre lorsque l'on vient de Boulogne, à un endroit je me suis même demandée tellement ça fait autoroute urbaine, si j'avais le droit de passer à vélo. Alors que j'hésitais, un vélib m'a doublée puis un livreur à vélo, je me suis dit OK. Quand à hauteur de la tour TF1 la bidir est apparue je me suis sentie soulagée.

L'autre extrêmité pose également problème, on se retrouve en mono-dir sur le trottoir, la piste est mal entretenue - il y a de vrais nids de poules - et vers la Tour Eiffel les touristes, on aurait du mal à leur en vouloir, occupent toute la largeur de ce qui ressemble quand même avant tout à un trottoir, afin de se prendre en photo devant le symbole de Paris. 

Je me suis retrouvée place du pont de l'Alma à ne pas trop savoir comment faire pour m'engager vers une rue de gauche, d'autant plus qu'il y a une sorte de bras d'accès pour les bus qui est munie d'un panneau stipulant interdit aux vélos. 

Ensuite j'ai retrouvé rapidement les parages de la première librairie où j'avais travaillé, Livre Sterling, ce qui comme je ne m'y étais pas mentalement préparée m'a valu un solide coup de blues (2) ; les aménagements cyclables incomplets n'y étaient cette fois pour rien.

J'ai vu aussi pour la première fois je crois, les installations cheap qui ont remplacées les solides fontaines du Rond Point des Champs Élysées. Est-ce que quelqu'un les trouve belles ? Je pense, à leur allure, que la première tempête climatique ou sociale un peu conséquente les remettra en question ; à moins que ce ne soient que des installations provisoires, ce qui expliquerait qu'elles semblent si légères. Que sont devenues les anciennes fontaines ?

Comme par là-dessus un car "V.I.C." (quelle est cette société ?) archipolluant et suffocant m'a accompagnée hélas tout un morceau de trajet que j'accomplissais dans le XVIIème pour remonter vers Levallois, c'est peu dire que ma fin d'itinéraire de retour du taf fut moyennement satisfaisante.

Au moins je suis rentrée sans encombres, ni frayeurs majeures.  C'est déjà ça.  

Pour l'instant mon meilleur itinéraire reste celui axé sur la route de la Longue Queue et l'allée de l'Espérance puis dans Boulogne la rue de Silly : à la fois direct et le plus agréable et sur. 

Mais j'ai sans doute quelques autres trajets à tenter. 

 

(1) Les trois quarts du temps lors de mes trajets dans Paris je roule très en dessous de mes capacités, pour simple raison de sécurité.

(2) À l'époque entre soucis pécuniers et tracas pour la santé de ma fille et quelques autres tourments, ma vie n'était pas si facile, il n'empêche que professionnellement c'était le bonheur, aux difficultés économiques de l'entreprise près. Mais quelle belle aventure ! 

 

 


Vélotaf - Je ne suis pas la seule -

 

    Je comptais bien vélotafer pour ce nouveau boulot (1), seulement peut-être pas tous les jours, ne serait-ce que pour pouvoir lire ; ce que les transports en commun autorisent lorsqu'ils sont empruntés dans de bonnes conditions, mais pas le vélo, pas très bien.

Voilà qu'avec la grève générale et des transports en communs parisiens en particulier, j'ai parcouru chaque jour environ 25 km. En deux fois sur un parcours presque plat, c'est très faisable, dès lors que l'on n'a pas d'ennui de santé particulier. J'en suis donc à 350 km environ cumulés et ma foi, si l'absence de possibilité de pointes sérieuses de vitesse empêchent que ça vaille pour entraînement de triathlon, c'est beaucoup mieux que rien.

Grâce à cet effort quotidien, je me sens en meilleure forme pour assurer le boulot, c'est particulièrement flagrant sur les début de journées de travail : j'arrive bien réveillée, bien échauffée, prête à soulever ce qu'il faut de cartons.

Je pense que bien des personnes que les grèves ont contraintes au vélo, si elles n'ont pas trop subi de mésaventures liées aux comportements des automobilistes pressés (2) et de certains 2RM, vont constater une réelle amélioration de leur condition physique et donc de leur quotidien et vont rester adeptes de cette belle façon de circuler.

Un billet de blog de Tristan Nitot rassemble bien les enjeux, n'hésitez pas à aller y lire : 

Le possible succès du vélo

 

Il n'y manque que la mention des petits bonheurs : le co-vélotaf, qu'il m'est arrivé de pratiquer (par exemple Coucou Sacrip'Anne) et les rencontres et retrouvailles.

Ainsi ce matin en allant bosser, j'ai croisé une belle petite bande de camarades de mon club de triathlon lesquels venaient de s'entraîner en course à pied, et même si je n'ai pas pu m'arrêter car arriver en retard au bureau peut se négocier mais arriver en retard pour tenir boutique signifie laisser des clients mal servis, nos saluts joyeux ont ensoleillé ma journée.

Il m'ont donné l'impression que la vie était belle, classe et facile comme dans les méthodes de langues ou les comédie musicale.

 

(1) À la librairie Les Mots et Les Choses, donc

(2) Not all automobilistes, il y a vraiment globalement un progrès. Seulement il suffit d'un gougnafier pour se retrouver en danger.