Islandais

Ces deux jours derniers



Comme souvent sur l'internet, on atterrit quelque part sans plus exactement savoir ce qui nous y avait mené.  Et l'endroit où l'on arrive nous laisse fasciné ou l'on en devient, s'il s'agit d'un blog, lecteur assidu.

Par manque de temps je me méfie de ce phénomène et limite mes déplacements. Simplement parmi les personnes que je suis, je sais certaines judicieuses prescriptrices et quand ils indiquent un lien, si je peux j'y vais.

J'étais donc tombée sur ceci - dont on voit le you-tube au dessus, j'ignore si finie la performance le lien va perdurer -. Et suis restée scotchée. A priori, sauf dans les chansons de Björk et les films de Solveig Anspach, je ne comprends pas l'Islandais.

Au bout d'un moment de les écouter, assez joliment, j'avais l'impression que ça venait. Pourtant leur sujet était assez hermétique, même par moment pour eux - un des acteurs en particulier, butait sur certains mots, comme d'un jargon qu'il aurait mal connu -. J'ai retrouvé après coup l'article qui m'avait conduite chez eux (merci à Pierre Haski qui avait partagé le lien) : il s'agissait effectivement d'une lecture du rapport parlementaire expliquant l'effondrement du système bancaire islandais au plus fort de la crise financière d'octobre 2008.

Dans le genre lecture exaltante à haute teneur poétique, la prochaine fois, promis, ils liront le bottin.

En attendant, depuis que je le ai croisés, ils me tiennent compagnie. C'est sans doute ma façon d'éviter l'inquiétude, trop vite venue chez moi, pour des frères humains quelque part en danger - à quelle distance sont-ils en fait de ce volcan ?, qui a pris le pouvoir sur nos présomptueuses aviations, trouvé moyen d'avoir par ricochet une (légère (j'espère)) incidence sur ma vie affective, et empêché une amie de se rendre en Irlande pour un festival littéraire ; ce qui est bien dommage, non seulement j'étais heureuse pour elle, mais je crois que j'attendais avec joyeuse légère impatience (1) le compte-rendu qu'elle en ferait (2) -.

Quelque chose me plaît dans leurs lectures enchaînées, leur air tranquille, impavide, concentré, pendant qu'à quelques encablures se renouvelle le nuage et les bouillonnements qui réduisent au calme l'Europe du Nord et rendent aux riverains des aéroports le chant surprenant des oiseaux.

On dirait qu'eux seuls, oiseaux ou Islandais, ne sont pas soucieux des éléments naturels déchainés. Or s'ils sont je l'espère assez loin pour n'être pas directement menacés, ils ont sans doute bien parmi leurs amis ou familles quelques-uns qui ont dû être évacués devant les différents dangers, non seulement ceux de l'éruption mais aussi les inondations.

C'est aussi que quelques-uns des gars sont agréables à entendre et beaux à regarder - euh, enfin pas tous me dis-je soudain devant le bafouilleur ventripotent de 12h06 -.

Enfin, j'aime l'idée de vouloir rendre abordable au public quelque chose qui par trop grande lourdeur ou complexité était censé rester quasi secret ; même s'il s'agit d'une forme de militantisme plutôt désespérée.


"Scientist says Icelandic volcano activity increases, warns of more travel disruptions - AP" 

(1) La possibilité de créer des mots tiroir ou des verbes à deux niveaux (et l'action entreprise et la façon ou l'état d'âme avec laquelle on l'entreprend) manque en français. C'est cruel quand on écrit.

(2) Prévenante, elle a néanmoins tenu pour nous consoler une sorte de chronique de son déplacement avorté.

PS : Ce qui ne gâte rien, KMS a trouvé l'accompagnement sonore idéal. J'ai acheté l'album, et je l'écoute sur fond de leurs paroles, et ça a bien un sens.



La vie parisienne

il y a un quart d'heure environ, tout près du Panthéon

 

Pa080025

Entre deux rendez-vous, une heure.

Connaissant le quartier je savais comment la passer sans la perdre, en allant travailler dans un cyber-endroit idéalement placé non loin du premier et près du deuxième.

C'était sans compter une particularité de Paris (1) et qui concerne le ciné : mon lieu d'internet était réquisitionné pour un tournage.

Entièrement.

Je n'ai même pas pris le temps de me soucier duquel, alors qu'une ou deux silhouettes pourtant me semblaient familières.

J'ai filé jusqu'au refuge suivant.

Et suis en retard, à présent.

(1) qui n'en a pas l'exclusivité, mais disons une particularité quant à la fréquence de cette éventualité

[photo : in situ]