Chroniques du confinement jour 21 : Lazy day

 

    C'était un jour sans trop de sport, mais du coup je me suis levée plus tard et ai tout fait au ralenti. Encore du travail au jardin, j'en vois le bout, ne me hâtais pas : JF tentait une sauce marchand de vin et je savourais d'être à l'extérieur mais avec les bonnes odeurs de cuisine. Un petit crachin plus tôt le matin s'était transformé en soleil avec légère brise.

J'ai eu un de mes cousins au téléphone et c'était bien. En fin de journée aussi quelques SMS avec une amie. Pour autant je suis peu capable de communiquer (radio, projets professionnels ...) comme si le fait d'être confinée signifiait également se mettre en retrait. Pour la même obscure raison, en plus de ma connexion qui est fragile liée au petit téléphone, je n'ai pas grand goût à participer aux réunions et apéritifs à distances. Tant qu'à être confinés, qu'il s'agisse de calme (se dit une part de mon cerveau). 

J'ai enfin trouvé du temps pour lire. Les échos avec le journal d'un autre confinement (pour une vraie guerre, celle-là) dans "Feu de tout bois" sont nombreux. Et étrangement réconfortants. 
Et aussi pour écouter et regarder les oiseaux. Ranger un peu (retrouver un vieux survêtement). C'était une journée paresseuse, ça n'est pas si souvent qu'on peut se l'accorder. Il y a un poids de la peine générale qui prend sa quantité d'énergie : il est impossible d'oublier toutes celles et ceux qui souffrent. Une part de mes pensées est en permanence vers eux comme si de loin mon énergie pouvait quoi que ce soit (belle illusion). 

La nouvelle du jour était le placement en thérapie intensive de Boris Johnson, comme un coup de boomerang qui lui revenait après avoir joué les bravaches et averti au début son pays que oui, des vieux et des faibles allaient mourir ou être en danger. Si seulement il pouvait s'en sortir mais en ayant réfléchi ! 

La ministre de l'éducation d'Italie a présenté des excuses publiques pour n'avoir pas su anticiper et équiper toutes les écoles, les scuole medie et les lycées de façon à ce que l'enseignement puisse se poursuivre à distance. Et que toutes les familles puissent suivre. Elle annonçait un effort pour que ça devienne possible et que l'on ne soit plus jamais réduit à cette impuissance. 

C'est fou : nous avons désormais l'habitude des comptages quotidiens en ouverture de journaux. Comme si c'était une forme de météo. Les chiffres pour Torino sont inquiétants. 

 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 340 455 cas (dont : 74 442 morts (10 764 aux USA) et 278 156 guéris) 


Chroniques du confinement jour 20 : Some kind of a true morning run (and, what a sunny day !)

 

    Vrai morning run ce matin, à l'intérieur du kilomètre de rayon et de l'heure autorisée, soit 6 km en 43 minutes en allers-retours dans un sens puis dans l'autre sur l'ancienne voie de chemin de fer. J'eusse souhaité partir à 8h afin de ne croiser personne. Nous sommes partis à 8h20, parce que l'Homme avait du mal à émerger et n'avons croisé qu'un couple plus âgé, paisibles marcheurs qui se sont mis l'un derrière l'autre tandis que nous serrions notre droite et que je mettais mon tour de cou en mode masque de fortune, et un promeneur de chien, plutôt peu amène mais répondant néanmoins à notre bonjour. 

Échange de Bonne journée avec Le Fiston. Ça fait toujours du bien. 

Je m'installe pour écrire au petit bureau de mon enfance, placé idéalement perpendiculaire à la fenêtre arrière. Regarder par la fenêtre c'est voir la campagne, paisible, des arbres dont un très beau et quelques maisons. Les oiseaux donnent leur meilleur concert. Il y a une petite brise délicieuse. On entend des bruits de vie : enfants qui jouent non loin, rumeurs diffuses de conversations, chiens qui aboient mais pas trop souvent, circulation très légère (1). On pourrait croire un dimanche normal de printemps. 

Je pense de plus en plus à la série "Le Prisonnier", cette apparence de super douce normalité, le parfum du jour est fraise, un éternel beau temps, des gens en balade, et par en dessous, l'oppression.

En attendant, obéissants, relativement à l'abri après une quarantaine qui nous a laissé en forme (2), nous menons la vie la plus douce de notre vie. 

Et au même moment où je m'installe pour écrire fenêtre ouverte, je lis ceci : 

"538 - 7 février 2004 - Un samedi matin. Il fait froid dans la maison mais il y a du soleil. J'ai ouvert la fenêtre et je m'aperçois que l'air est printanier. Ces petites choses dont on se déshabitue : ouvrir sa fenêtre. Et écrire, comme ça, face à une fenêtre ouverte me paraît audacieux ..."

("Feu de tout bois" Elisabeth Horem, éditions Bernard Campiche, tome 1 p 349) 
OK je ne suis pas à Bagdad, ça n'est pas une vraie guerre dehors mais la lutte de l'humanité contre une pandémie, on est dimanche, il ne fait pas froid dans la maison et la fenêtre est à ma droite. Il n'empêche que je me sens enfin moi aussi dans les conditions matérielles idéales pour travailler. Moralement c'est autre chose. Comment faire abstraction de toutes les personnes en deuil, en grande difficultés économiques, ou souffrantes, si nombreuses, bien plus qu'à l'ordinaire de ce monde tel qu'il était.

Je (re)lis un article de Marie et Julien datant de 2016 et oublié depuis. Les ami·e·s de dotclear, outil utilisé pour ce blog, comme pourrait l'être wordpress ou typepad, sont depuis quelques jours pris à parti par le starteupeur dont il est question dans le billet, comme s'ils étaient responsables de son contenu. Et il semble refuser de comprendre qu'ils n'ont pas de lien, et pas de moyen de pression à tout le moins, sur ses auteurs. C'est comme si l'on venait reprocher à l'entreprise de BTP qui a bâti une route les incidents ou accidents qui y auront éventuellement lieu (analogie imparfaite : une route peut se dégrader et n'être plus entretenue ou avoir des défauts de conception accidentogènes ; il n'empêche ça n'est pas la faute des bâtisseurs premiers si l'usage qui en est fait ensuite n'est pas sans danger ; et surtout le constructeur n'a aucun pouvoir sur les automobilistes).

J'avais décidé au début du confinement de respecter un repos le dimanche, au sens de : ne pas avancer dans les travaux et l'entretien à faire, mais prendre par exemple le temps pour lire. En fait, entre écrire ici et là, répondre à quelques messages (ou insuffisamment, comme aujourd'hui encore), lancer et étendre une lessive, la journée file file file. 
J'ai pu seulement m'accorder une sieste, fenêtre arrière ouverte (écouter le vent dans le grand arbre du champ, bonheur ultime d'un dimanche presque sans bruits de circulation (gaudemus)), et passer un petit moment au jardin à l'heure du thé ; tenter de rappeler l'un de mes cousins qui m'avait laissé un message dans la matinée. 

La séance de Tabata demande un gros effort mais quel bonheur et comme ça donne la pêche. Je me suis sentie en pleine forme (je pèse mes mots ; il faut savoir que la pleine forme est très rare chez moi, quel que soit le contexte) toute la soirée grâce à ça. Les séances de Tabata par Romain Pourrat me manqueront lorsque le confinement s'achèvera.

Soirée classique ensuite : suivre et LT les nouvelles d'Italie, tellement rude mais pourtant moins pénible que celles d'en France car les informations sont moins muselées et que le gouvernement tout imparfait qu'il puisse être assure un max face à cette crise, fait vraiment ce qu'il peut. Puis écrire ici et lire un peu avant que le sommeil ne tombe.

Les nouvelles étaient encourageantes côté italien : enfin la décrue qui s'amorce ; catastrophiques aux USA et toujours dramatiques en Espagne. La reine Elizabeth a fait une allocution à son pays, et c'était totalement impressionnant. Si on m'avait dit qu'un jour je serais émue en écoutant la reine d'Angleterre j'aurais ricané. Hé bien j'aurais ricané à tort. Alex Taylor a tout bien résumé.

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En 4 minutes elle a dit tout ce qu'il y avait à dire, rien de trop, rien de pas assez, elle a été réconfortante, encourageante, reconnaissante et émouvante (avec son rappel de 1940). Du grand art. Mes amies aussi (Nawal, Samantdi) ont exprimé leur admiration.

Pendant ce temps Boris Johnson, testé positif au coronavirus il y a dix jours était hospitalisé, officiellement pour des examens. Quand on pense à sa politique du début du Laissons faire le virus, les plus faibles mourront mais ça sera pour le bien du pays qui se relèvera plus fort, et puis ses vantardises de type, Je serre les mains moi, malgré l'épidémie, on aurait presque l'illusion d'une justice immanente. Si seulement tous les hommes de pouvoir qui ont mis leurs peuples en danger en commençant par faire les malins pouvaient un peu se manger une leçon, disons jusqu'à la bonne petite frayeur, l'épidémie n'aura pas été qu'un immense drame (3). 

Les coureurs norvégiens affichent promenades et de rares mais existants entraînements à l'extérieur (dans des lieux désertiques). Est-ce que le confinement est plus souple par chez eux ? 

 

(1) Contrairement à la fin de semaine où elle était très active. S'ils se sont réellement confinés durant les quinze premiers jours, les gens sont à présent retourné travailler. Volontairement ou obligés ? 

(2) Mais solides soupçons d'avoir subi l'Homme très clairement, moi de façon plus diffuse, une attaque virale en début de mois. 

(3) À nouveau des décès parmi les proches de personnes que je fréquente (IRL ou RS (mais avec échanges chaleureux depuis longtemps)).

 

 

 

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1 204 246 cas (dont : 64 806 morts (8454 aux USA) et 247 340 guéris) (à 11h30)


Chroniques du confinement jour 18 : la "dépollution" du jardin s'achève, bonnes nouvelles de mon entourage, mauvaises du monde

    

    C'était désormais la routine d'une journée sports et jardin et franchement, notre contribution personnelle à l'élan national puisque tel est ce qui nous échoie : restez chez vous, ressemble à la dolce vita tant que nous allons bien et que nos proches ne sont pas gravement malades (apparemment, ça va).

La phase de dépollution du jardin est terminée. Il ne me reste plus que quelques ronces à enlever et bien ratisser tous les branchages. Couper les dernières branches mortes du sureau. Mais à présent ça semble bon : plus un seul sac en plastique ou bâche, plus (au sens de = 0) de déchets venus de chez les voisins (une bouteille de lait vide par exemple, emballage encore intact, récente). Pour fêter cet accomplissement et sur une indication de Sylvie, j'ai inscrit le jardin à Oiseaux des Jardins et je compte bien faire mes petites observations. Dix minutes de calme et d'attention, peut-être une fois tous les deux jours, par exemple. 

Pour le sport : short morning run (notre petit circuit de 3,44 km en 24 minutes dans la mesure de la légalité et à 8 h du matin afin de ne croiser personne ou seulement de loin, un promeneur de chien), le défi abdos - squats - pompes et au soir la séance Tabata qui nous secoue mais nous met en joie. Aujourd'hui c'était abdos - fessiers. Je ne serais jamais assez reconnaissante à la famille Pourrat en général et à Romain en particulier pour cet effort qu'ils font et qui nous permet de rester sans se perdre totalement, et en bonne forme. Il explique bien, il encourage joliment, c'est un bonheur.

Le temps du travail au jardin, le temps de l'effort physique intense, l'épidémie est tenue en respect. Elle n'occupe pas toute la place mentale. 
Suivre les informations sur les journaux et les chaînes italiennes permet aussi de garder un certain moral. Contrairement à la France on a l'impression qu'ils essaient de sauver les gens, y compris de la dèche induite. Et que vraiment le gouvernement ne se moque pas du monde. Ça n'empêche pas l'horreur d'être horrible. Seulement ça évite d'y ajouter la colère. 
Et un ministre de l'économie qui met en place une aide pour les familles dont la principale source de revenue arrivait par du travail au noir, en expliquant Ça n'est pas bien que ça existe mais puisque ça existe et que ces personnes, confinées, n'ont plus aucun revenu ni filet de sécurité, il faut les aider, hé bien je trouve ça beau. On se rappellera qu'en Italie ils avaient tenté de traiter le peuple avec humanité. 
Le Pape François fait un sans-faute, se comporte en expert de la com' (images inoubliables, et il fait ce qu'il faut pour ; réseaux sociaux à présent) et de la prise de parole sociale. 

Il ne faut pas se voiler la face, même si de ma petite maison de confinement j'ai depuis deux jours la nette impression que les gens circulent presque normalement (1). Le chemin est encore long, très long, et la mort rode en permanence. Je commence à connaître non seulement énormément de malades - la plupart guérissant en ce moment d'ailleurs, après des jours vraiment de souffrances mais chez eux -, mais beaucoup de personnes qui ont perdu qui des grands-parents, qui un parent, qui un oncle et qui un frère ou une sœur. Ces deux catégories familiales étant apparues récemment, signe que le virus élargit son champ d'action. Comme il fallait s'y attendre, les échanges de blagues en mode Tenons bon ont diminué devant ceux de condoléances et signes d'amitiés et de soutiens. 

J'avais pour la première fois depuis l'épidémie fait des cauchemars la nuit dernière (peur pour ma mère, réveil, ouf elle est morte depuis un moment ; peur pour mon fils réquisitionné ...) j'espère passer une meilleure nuit. L'accident mortel de samedi continue de peser son poids, même si je reste au cours de la journée plus longtemps sans y songer. Je ne sais en tout cas regarder par la fenêtre avant sans y penser.  

J'oubliais : un salaire a été versé à l'Homme de la maison pour mars ; certes inférieur à ces émoluments habituels mais vraiment rien d'inquiétant. Grand soulagement. Et pensées pour les personnes dont le confinement réduit gravement voire éteint, les revenus. Nous ne sommes pas à plaindre, vraiment. 

 

(1) Parking du Aldi garni et circulation sur la départementale.

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1 083 084 cas (dont : 58 243 morts (6946 aux USA) et 225 422 guéris)


Chroniques du confinement jour 17 : fin de l'archéologie du pot de fleur (et un bel espoir quant à la thalassémie)


    Journée de repos sportif, juste les abdos - squats - pompes du matin. Elle est passée bien trop vite, malgré l'inquiétude pour ma fille (quelques nouvelles en soirée, ouf). J'ai terminé l'archéologie du pot de fleur du jardin et déposé de fait un petit quizz sur Insta, car je me demande bien ce que peut être cet objet parmi ceux que j'ai exhumés. Il m'a aussi fallu déplacer l'un des tas de bois que j'avais constitué car j'ai découvert encore une bâche en imputrescible plastique. Mais pour l'heure bien coincée sous une couche de végétation pile dans l'endroit où j'avais entreposé certaines planches.

Il se confirme (merci "Mémé" Colette) que l'arbre du fond, celui qui s'est fait massacrer entre octobre et février est un sureau.

J'ai encore reçu de très bons et beaux messages. Il faut vraiment que je prenne le temps d'y répondre. 

Seulement la journée, de relative relâche, est passée en coup de vent : un peu de travail pour le jardin (1), un peu de petites écritures du quotidien, un peu de lecture, une sieste pas si longue et hop, la journée est presque pliée. 

L'Homme a préparé un vrai plat le midi. C'était bon, même si les légumes verts étaient de bocal. 

Je suis enfin parvenue à faire fonctionner zoom, qui devait ne pas obliger un téléchargement mais finalement si quand même : un écran à un moment qui devait soit disant se charger automatiquement, sinon cliquer ici, et le ici télécharge bien une appli. J'ai pu rejoindre à temps mes ami·e·s du cercle de lecture de l'Attrape-Cœurs. Ça m'a fait plaisir de les voir mais vraiment ça ne vaut pas d'être ensemble en pour de vrai. Et c'est assez fatigant. 


 

 

(1) On ne peut pas vraiment parler de jardinage, c'est presque davantage de la dépollution manuelle artisanale.

 

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1 007 977 cas (dont : 52 771 morts (5 810 aux USA) et 210 055 guéris)


Chroniques du confinement jour 17 : fin de l'archéologie du pot de fleur (et un bel espoir quant à la thalassémie)


    Journée de repos sportif, juste les abdos - squats - pompes du matin. Elle est passée bien trop vite, malgré l'inquiétude pour ma fille (quelques nouvelles en soirée, ouf). J'ai terminé l'archéologie du pot de fleur du jardin et déposé de fait un petit quizz sur Insta, car je me demande bien ce que peut être cet objet parmi ceux que j'ai exhumés. Il m'a aussi fallu déplacer l'un des tas de bois que j'avais constitué car j'ai découvert encore une bâche en imputrescible plastique. Mais pour l'heure bien coincée sous une couche de végétation pile dans l'endroit où j'avais entreposé certaines planches.

Il se confirme (merci "Mémé" Colette) que l'arbre du fond, celui qui s'est fait massacrer entre octobre et février est un sureau.

J'ai encore reçu de très bons et beaux messages. Il faut vraiment que je prenne le temps d'y répondre. 
Un nombre impressionnant d'ami·e·s écrivent à présent qu'elles et ils vont mieux. J'apprécie leur élégance de n'avoir pas voulu inquiéter ; et me dit qu'en France nous devons avoir énormément plus de cas que ceux décomptés. La plupart d'entre eux n'a pas vu de médecin puisque les symptômes restaient contrôlables et qu'ils ou elles ne voulaient pas déranger les médecins surchargés. 

Seulement la journée, de relative relâche, est passée en coup de vent : un peu de travail pour le jardin (1), un peu de petites écritures du quotidien, un peu de lecture, une sieste pas si longue et hop, la journée est presque pliée. 

L'Homme a préparé un vrai plat le midi. C'était bon, même si les légumes verts étaient de bocal. 

Solide découvert à la banque : son chômage partiel n'est pas arrivé. En revanche mon chômage tout court permet d'atténuer les dégâts qui a été versé à temps. Je suis impressionnée que Pôle Emploi ait pu faire ça.

Je suis enfin parvenue à faire fonctionner zoom, qui devait ne pas obliger un téléchargement mais finalement si quand même : un écran à un moment qui devait soit disant se charger automatiquement, sinon cliquer ici, et le ici télécharge bien une appli. J'ai pu rejoindre à temps mes ami·e·s du cercle de lecture de l'Attrape-Cœurs. Ça m'a fait plaisir de les voir mais vraiment ça ne vaut pas d'être ensemble en pour de vrai. Et c'est assez fatigant. 

Nous avons après cette "réunion" du coup dîné un peu tard, pas avant 21h. J'ignore où l'heure entre 20h et 21h a filé.

Ensuite c'était l'heure des infos italiennes. Quelque chose frémis, dans les réclames comme dans les infos, de la préparation de l'après. Les dates ne sont pas encore dites mais l'on sent la fin possible du confinement. 
En Normandie, j'ai eu l'impression que de nombreuses personnes avaient repris le travail aujourd'hui : forte circulation sur la départementale devant la maison. À la réflexion peut-être s'agissait-il aussi de personnes ayant enfin touché un revenu pour mars et qui en profitaient pour sortir faire des courses. 

L'infirmière de la photo emblématique de la lutte jusqu'à l'épuisement contre la maladie, et qui était tombée malade est guérie et dans l'attente de pouvoir reprendre du service, c'était la belle nouvelle du jour.

L'autre bonne nouvelle et qui corroborait quelque chose concernant les zones avec malaria entendu au vol lors du TG de 23h, est que la thalassémie pourrait éventuellement protéger. Merci à Alice qui m'a fait suivre l'article. Si tel est bien le cas, il se pourrait donc que les petites bizarreries que j'ai ressenties peu après les jours où l'Homme de la maison a eu des symptômes atténués qui ressemblent à ceux que donnent le Covid-19, aient correspondu à une forme très atténuée. 
Ça serait rudement bien que l'on puisse tester si l'on a ou pas les anticorps - une amie qui bosse dans le milieu médical disait que ça avançait vite sur ce point -. 

En attendant, entendre aux infos, plus d'un million de contaminés dans le monde et plus de 50000 morts dus au Covid-19 restait totalement terrifiant, que l'on ait ou non peur pour soi ou l'un des sien directement.  

Je vais tenter de m'endormir en pensant à cet instant de grâce en début de soirée, à la belle lumière de fin d'après-midi, quand dans cette petite maison je me suis sentie profondément chez moi. Sensation très inédite pour moi qui ai si peu le sens de la propriété ou d'une appartenance strictement géo-localisée. Reconnaissance éperdue envers ma grand-mère maternelle qui l'acheta un an avant le Débarquement, un an et demi avant sa mort (et bien sûr aux personnes qui ont rendu dans l'intervalle la transmission possible). 
Dans le même ordre d'idée j'ai appris ou réappris aujourd'hui que mon grand-père Marie-François était né à Lourmais (pays Dolois) le 30 août 1895. Cent ans avant Le Fiston, à peu de choses près.

(1) On ne peut pas vraiment parler de jardinage, c'est presque davantage de la dépollution manuelle artisanale.

PS : Une conversation intéressante que nous avons eue sur l'Après 

 

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1 007 977 cas (dont : 52 771 morts (5 810 aux USA) et 210 055 guéris)


Chroniques du confinement jour 16 : journée (particulièrement) bien remplie

    

Journée sportive : petit morning run dans les limites imparties - c'est vraiment peu mais ça fait un bien fou, et quel risque ? nous n'avons croisé, et encore soigneusement à distance, qu'un seul passant -, le défi quotidien, des activités au jardin, et séance de Tabata bien costaud avec des burpees et des new burpees et des squats suivis d'extensions. Le vieux tapis n'a plus un gramme de poussière.  

Journée sérieuse : je fais du ménage sur le disque dur de l'ordi afin de télécharger l'appli zoom que j'avais cru comprendre nécessaire au rendez-vous Paris Carnet prévu le soir même (1). En fait je n'y parviens pas vraiment, il m'est indiqué un code à saisir sur une tablette, j'ai dû suivre une fausse piste.  Ce n'est qu'après que j'apprends qu'il n'y avait rien à télécharger, simplement me connecter là. Ça servira pour une autre fois. Et le ménage était de toutes façons nécessaire (et loin d'être terminé).

À la même heure, quelqu'un a tenté de me joindre pour un projet de reprise de librairie, qui m'avait déjà contactée avant que l'épidémie n'atteigne l'Europe de plein fouet. Il faudra que je le rappelle. Je crois qu'après l'épidémie, je ne serai plus capable d'un aussi grand engagement physique pour un emploi que celui nécessaire au métier de libraire, du moins pas au point que je ne l'étais. J'espère me tromper. Tout le paysage des activités économiques sera de toutes façons bouleversé. Quelque chose en moi, refuse de se tracasser à l'avance ; le présent et de tenter de sortir vivants de l'épidémie me demandent bien assez d'énergie.

Celle pour qui nous nous inquiétons souhaite qu'on la laisse en paix, à prendre de ses nouvelles et tenter à distance d'aider, nous sommes pour elle un poids. Espérons donc que sa capacité intacte de se mettre en colère est signe de ne pas trop mal aller. 
Le dialogue est doux, par petites bribes au fil de l'eau, en revanche, avec le fiston qui semble vivre sa meilleure vie - le confinement fait le bonheur du geek -. 

Il aura fait tout le jour un temps magnifique comme lors de journées très ensoleillées de la semaine passée. C'est curieux comme le fait d'être confinés rend plus attentive à la météo, paradoxe apparent. Mais au matin à l'heure d'aller courir, la température était de 3°c.

L'Homme de la maison est sorti enfin faire longuement les courses, tentant sa chance en voiture à l'Intermarché, de façon remarquablement improductive en vrai. Il aura pu discuter au gré de ses déplacement avec le patron du garage devant lequel a eu lieu l'accident de samedi soir - lequel avait sa propre voiture toute voisine de là où l'impact a eu lieu - et le voisin cordial qui lui a parlé d'un foyer de contamination dans une entreprise de peinture des environs (info non recoupée, pas eu le temps). Et (roulements de tambour) il aura fait le plein d'essence. À mon objection que si une dépense était totalement sans urgence aucune c'était bien de mettre du carburant dans un véhicule destiné à ne pas nous servir avant au moins un mois, il a répondu avec un soupir d'aise : - Mais son prix avait tellement baissé !
Je mesure avec ses réactions combien certaines personnes sont incapables de changer de schémas mentaux face à une réalité qui elle, s'est brutalement modifiée. Ce qui était une conduite sage et adaptée dans le monde d'hier (faire des courses par petites fractions, se permettre d'acheter telle chose à tel endroit et telle autre à un autre parce qu'elle y est moins chère ; faire le plein d'essence vite vite maintenant parce que le prix a baissé), n'est plus du tout adapté dans le monde du jour même. Et les attitudes adaptées d'aujourd'hui, seront sans doute inadéquates demain. Les hommes seraient-ils dans leur majorité moins aptes que les femmes à se "déprogrammer" ? Au vu de témoignages d'amies (effet de biais : nous en parlons parce qu'ils nous fatiguent à être ainsi à la ramasse ; celles qui ont un compagnon alerte et adaptable trouvent ça parfaitement normal et ne pensent pas à s'en vanter) j'en aurais presque l'impression. 

Avantage de son aptitude à faire les courses comme si de rien n'était (ou presque) : j'ai pu avoir et lire (avec des gants de latex) Le Canard Enchaîné, version de quatre pages, allégée. 
C'est à de tels détails que l'on peut mesurer le bouleversement du confinement sur la vie générale. Sinon, de ce que nous en voyons de notre petite maison, ça ne semblerait pas grand-chose : les voitures circulent aux heures traditionnelles de travail, les tracteurs aussi et les camions de livraisons. J'ai même entendu les sabots d'un cheval, tirant probablement une charrette (je vous assure je n'avais ni fumé ni bu). Les gens font leurs courses - notre vue imprenable sur le parking d'Aldi en atteste -. Nous entendons des bruits d'activités humaines. Quant à nous, libres l'un comme l'autre de travail pour une entreprise (l'un au chômage technique, l'autre (bibi) au chômage tout court en attendant la reprise), nous pourrions, puisque nous allons bien pour l'instant, jouer à imaginer que nous sommes en congés - chaque pensée pour des personnes malades que nous connaissons nous indique bien que non -. Sauf aux moments où ma concentration sur une activité est intense (merci encore, Romain, pour les séances Tabata), je ne sais pas ne pas songer aux morts de chaque instants, si nombreux, et à leurs proches, qui pour beaucoup ne peuvent même pas leur accorder un dernier hommage qui peut rasséréner. En plus que dans les cérémonies ultra-réduites qui semblent être de mise dans chaque pays atteint par la pandémie, les familles ne peuvent venir au complet, ainsi s'escamotent les ami·e·s. 

Je n'étais pas trop d'humeur à me marrer des Poissons d'Avril. J'ai eu l'impression qu'il y en avait moins que les autres années, selon le même phénomène qui fait que de nos jours les sites parodiques ont dû mal à survivre à une réalité qui marche de plus en plus sur leurs plate-bandes. Comme l'écrit Sand_G sur Insta Capture d’écran 2020-04-02 à 00.52.23

Pas d'appel de la part de Cause Commune, j'ignore s'ils ont pu faire la soirée de Libre antenne ou non. Pour parer à toute éventualité j'avais préparé un petit texte de l'Instagram d'une amie. 

Je commence en revanche à recevoir des nouvelles des uns et des autres, entre autre : des malades guérissent. En début de semaine je m'étais dit qu'il y aurait bien une journée pluvieuse que je serais ravie de passer devant l'ordi et (entre autre) à répondre aux différents messages, seulement je crois qu'il va falloir que je m'y colle avant. 

L'épidémie s'envole, comme il fallait s'y attendre, aux USA. L'Italie semble avoir passé le sommet du pic, mais toujours de grandes disparités régionales. Les mesures y sont toutes officiellement prolongées jusqu'au 13 avril et Giuseppe Conte commence à parler des phases 2 et 3 de la reprise (progressive) de l'activité du pays. Il y avait un joli moment avec Sting à la fin du TG sur Rai News 24, que je continue de LT tous les soirs. J'espère que je pourrai continuer : message d'indication de limite des données de connexion mobile bientôt atteinte. 
En France la video d'un maire d'une petite bourgade, Hervé Féron, décrit (hélas) fort bien la situation générale de terrain, alors qu'il exprime sa colère. Des échos me sont parvenus d'une prise de parole qui semblait un peu moins langue de bois qu'à l'ordinaire, de la part du premier ministre français. Comme l'Italie, nous ne sortirons pas avant mi-avril du confinement, et la reprise sera progressive, sans doute par régions (je me demande, si la régionalisation se confirme, ce que nous serons censés faire, en tant que transfuges).

 

(1) Ce qui m'a induite en erreur c'est un touite qui parlait d'une place nécessaire de 87 Mo sur le disque

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926 095 cas (dont : 46 413 morts (4 076 aux USA) et 193 031 guéris)
Il paraît de plus en plus évident qu'énormément de cas ne sont pas comptés : personnes malades, non hospitalisées (vont mal mais pas au point de nécessiter un tel secours), et qui ne seront (en tout cas dans un pays comme la France) jamais testées. Sans parler de "cas soupçons" comme l'Homme de la maison qui a eu des symptômes étranges début mars pendant quelques jours (dont la fameuse perte de l'odorat) et le temps qu'il s'en inquiète réellement (suées, grosse fatigue), c'était passé. 


Les photos de sport d'il y a un ou deux ans paraissent surréalistes

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Même si les autorités nous concèdent, pour l'instant encore, un droit léger à la course à pied avec dans l'autorisation dérogatoire de déplacement cette case à cocher : 

⊠ Déplacements brefs, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile, liés soit à l'activité physique individuelle des personnes, à l'exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie.

ç'en est fini pour un bon moment de la natation, du vélo et des vrais entraînement de course à pied.

Lorsque je tombe, à l'occasion d'un ménage urgent sur mon disque dur où je dois accueillir une nouvelle appli afin de retrouver en ligne mes ami·e·s, sur des images de courses passées, en pleine ville, alors sans se douter que ça puisse être menacé par autre chose que mes propres capacités physiques que des effets d'âges ou de maladie pourraient venir entamer, j'ai donc un mouvement d'étonnement, le cœur un peu serré, avec une dominante de stupéfaction et d'impression d'un autre temps.

Voici donc une image du dimanche 18 mars 2018, prise par quelqu'un de mon club, lors des 10 km de Clichy et courus sans avoir l'impression de rien d'extraordinaire. 
Désormais une course groupée en ville est un mirage. 
Et d'accord, on peut courir 10 km en moins d'une heure en tournant à moins d'1 km de chez soi, mais avouez que ça devient limite, pas forcément dans l'esprit du confinement, et bien un peu compliqué. 

(Nous ne sommes plus en quarantaine et il nous est possible de faire en 20 à 25 minutes (je cours lentement) un mini-circuit de 3,44 ou 3,46 km en passant par un chemin arrière voisin rarement fréquenté, surtout à 8h du matin, c'est un peu un grand max', du moins à l'heure actuelle)

PS : Un lien fort utile vers la carte de la zone de sortie à 1 km (et le formulaire officiel tel qu'il est encore aujourd'hui)
PS', au lecteur du futur : ceci n'est pas un poisson d'avril, en 2020 lors de l'épidémie de Covid-19 nous eûmes bien des autorisations dérogatoires de sortie à remplir pour certains cas précis (travail pour qui continuait de devoir y aller, courses pour les choses indispensables, rendez-vous médicaux, garde partagée d'éventuels enfants etc.) dont nous devions nous munir pendant la période de confinement lors de chaque sortie. Les forces de l'ordre pouvaient contrôler, et de fortes amendes être réclamées (135 € puis 200 €, et bien davantage en cas de récidives, à l'heure où j'écris ce billet). Il y eut même des abus. L'ami Éric D. s'efforça même de les recenser.  

 


Chroniques du confinement jour 13 : un dimanche sans énergie, l'onde de choc de la veille

    Jour venteux avec dans l'après-midi de splendides giboulées de grêles ; j'en ai compté cinq avec le grand jeu : la lumière qui change, grand soleil et puis très sombre, la grêle qui claque sur les vitres.  Nous avions envisagé d'aller courir dans le cadre de l'autorisation officielle limitée - notre quarantaine tire sur sa fin et sur le chemin de l'arrière, peu de risque de croiser qui que ce soit -, mais la météo nous aura obligé à rester chez nous. Pas même au jardin : froid et vent fort. 

De toutes façons j'avais décidé que puisque c'était dimanche je pouvais ne rien faire.

Ce à quoi je me suis consacrée avec un grand succès. J'ai lu (toujours "Feu de tout bois" de l'amie Elisabeth, ainsi que de vieux journaux de l'année 1939, que mon grand-père maternel conserva et que j'avais à sa mort sauvés in-extremis de la benne. 

Il n'est resté d'actif que les abdos - squats - pompes du matin, les petites écritures du quotidiens, des heures de repas à peu près civilisées, et une sieste à l'heure de la sieste - interrompue par un appel de R. le beau-frère de l'Homme de la maison, mon co-confiné.

Un appel téléphonique du fiston a ensoleillé ma matinée, des messages échangés avec notre fille m'ont inquiétés (elle dit avoir pris froid et me demandait l'autorisation de rallumer les radiateurs alors que j'avais en vain tenter de la dissuader d'éteindre la semaine passée). 

Je suis restée, que je le veuille ou non, marquée par l'accident de la veille, dont j'ai parlé via SMS avec ma sœur ; ce qui m'a fait du bien. Seulement je n'ai pu m'empêcher dans la soirée de guetter avec le cœur battant plus fort, chaque voiture qui passait (pas de chances, il y en eut, malgré que rien ne soit officiellement allégé dans le confinement) ; ni non plus de retarder l'heure du dîner - comme si un accident risquait de se reproduire alors que nous allions passer à table -. Le son du choc, ce bruit métallique sec, bref, fort, impossible sur l'instant à cataloguer, m'est resté en tête et est revenu à mes oreilles plusieurs fois dans la journée.

Parmi les ami·e·s et connaissances : beaucoup de malades en condition de rester encore chez eux, pas mal de guéris mais qui évoquent toutes et tous une forte fatigue résiduelle, une litanie d'annonces de décès de grands-parents. Quelques survivants, également. 

La France est encore minée par cette polémique au sujet d'un médecin qui prône un traitement particulier (à base d'un anti-paludéen, si j'ai bien compris), et ça continue. Au plus grand mépris de patients qui avaient besoin du traitement pour une tout autre pathologie et se retrouvent en danger. 

Tom Hanks et sa compagne vont mieux et sont de retour aux USA. Le chanteur Christophe est en réanimation. 

Je ne parviens déjà plus à répondre aux messages que je reçois. Pour la première fois, la multiplicité des canaux (qui m'écrit via messenger, qui sur WhatsApp, qui par mail, qui via Twitter ou Insta, qui par SMS) me semble présenter une difficulté, mi da fastidio. Le marrant de l'histoire étant qu'au début du confinement j'avais eu la naïveté de penser que c'était le moment ou jamais d'écluser mon retard en la matière.  

En fin de journée grâce @MGZALLP , je me souviens mais un peu tard, que je voulais regarder le piano de plus près, histoire de voir si je pouvais faire quelque chose en vue de le réaccorder. L'énergie m'aura manquée.  

 

mots clefs : Covid-19 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

713 171 cas (dont : 33 551 morts et 148 900 guéris)


Chroniques du confinement jour 9 : débroussaillage, exploration intérieure et bref retour de la radio


    Début de journée sportif. Lors du défi abdos - squats - pompes le temps que je me place au bon endroit pour me compter parmi celles et ceux qui l'avaient fait, je suis passée de 7ème à 11ème : même confinés les triathlètes sont matinaux. 

Encore du grand beau temps, alors encore une partie de la matinée au jardin. Rejointe par l'Homme de la maison après un moment de crise - notre sujet de discorde étant : ne sors pas faire les courses, nous sommes censés être en quarantaine et de toutes façons c'est risqué, donc on attend les plus strictes nécessités ; il est hélas indéprogrammable, c'est impressionnant une telle capacité de résistance au changement -. 

Dans l'après-midi, à un moment donné, je regarde par la fenêtre en me disant qu'entre l'activité du Aldi (OK il y a un vigile depuis la veille ou l'avant-veille, OK il y a moins de véhicules au même moment sur le parking qu'en temps normal, mais cependant) et la circulation sur la route, beaucoup de gens semblant aller et venir du travail normalement, on aurait pu croire à une période habituelle. Et puis passe une voiture, le conducteur masqué. 

En bons ingénieurs, nous avons fini par ... mesurer le jardin. Il fait donc aux imprécisions dues au moyens du bord près : 7,83 m x 5,20 m avec tout un angle occupé par une jolie mais dangereuse (fibro-ciment donc amiante) cabane à outils. Par les temps qui courent, disposer d'une telle superficie est un luxe incroyable. Merci ma grand-mère, merci mes parents (et merci ma sœur qui m'a permis de racheter sa part). Comme après le décès de mon père, les ronciers avaient pris possession des lieux, je les croyais beaucoup plus petits. 

Je prépare paisiblement une brève intervention lors de l'émission de Libre Antenne spéciale tenir bon au temps du confinement qui est prévue sur Cause Commune au créneau horaire habituel de Côté Papier. Je me demande ce que ça donnera techniquement. Mais finalement, avec le téléfonino, c'est bien passé. 

La sieste est brève grâce au boss de mon confiné qui l'appelle même s'il n'y pas pour le moment pas de travail effectuable. L'appel dont j'ignore la teneur, lui a plutôt remonté le moral. Peut-être la confirmation du chômage partiel qui permettrait de toucher un salaire pour cette fin de mois.

J'en profite pour amorcer quelques rangements et dans un carton qui, pourquoi celui-là, était ici et non dans un des box de stockage, je retrouve d'anciens films super 8 - pourrais-je un jour les revoir ? - et ô joie, une revue de presse ... des années 1984 à 1986. Étrange situation du confinement soit dit en passant : les box de stockage avec les cartons du déménagement sont à 1 km environ, peut-être un peu moins. Seulement avec le confinement y aller est exclu. Pour la mer (10 km), on n'y pense même pas.

Ça y est, le cap de devenir prudents quant à la fréquentation des réseaux sociaux car les annonces de tomber malades s'y succèdent sans que l'on puisse y faire quoi que ce soit, est franchi. Même si la plupart des malades que je connais sont dans les catégories symptômes légers à costauds mais soutenables, c'est difficile. Et avant tout pour les principaux intéressés. L'Homme se pose vraiment la question de quelques soirées où il s'est senti mal il y a deux semaines - je me console de l'absence de tests disponibles au niveau national pour son cas précis : même s'ils l'avaient été il ne serait pas allé se faire tester, préférant jouer les drama queens as usual, à se poser de façon lancinante la question de Et si ? -.

Le Prince Charles est atteint. Ce virus n'épargne décidément personne. La reine irait bien.

Belle séance au parlement ... italien.

Vers 22h une scène étrange à laquelle j'assiste par la fenêtre arrière : une voiture de gendarme qui en poursuit une autre, vers le quartier des maisons préfa. gyrophares. Des cris : Arrête-toi ! Mais arrête-toi ! et j'ai le temps de me demander s'il s'agit d'une sommation. Puis je vois quelqu'un en uniforme arriver en courant et remonter dans le véhicule à gyrophares. Je ne saurais sans doute jamais ce qu'il s'est passé. Quelque chose d'inhabituel, oui, une course-poursuite. Mais sinon, quoi ? 

À 19h30 les cloches ont sonné. Pendant dix minutes d'affilée. J'ai heureusement trouvé facilement l'explication car j'ai beau être mécréante, j'avais pigé que quelque chose d'inhabituel se tramait.

Bonnes nouvelles des enfants. Notre fille devait aller à l'hôpital (prévu de longue date, traitement chronique indispensable) que la forte fréquentation du métro a impressionnée. Ainsi qu'une longue longue longue file d'attente devant la poste. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

451 355 cas (dont : 20 499 morts et 112 982 guéris)


Chroniques du confinement jour 8 : Jardinage et Tabata, c'est du confinement luxueux, on dira (tant que ça va)

 

    Encore un jour de temps radieux, quoi que pas si chaud, et dès lors l'activité principale allait à nouveau pour moi être le débroussaillage. Je croyais ce jardin très fourni, une fois ôtés les ronciers, il n'en est rien. 

Je pratique le jardinage lent : le but est de marcher et s'aérer, la finalité (désherber) est accessoire et non urgente. J'ai réparti dans trois angles trois types de branchages récupérés (morceaux de bois assez consistants pour plus tard contribuer à un feu dans la cheminée, petit bois et gros tas de ronciers et autres) : ainsi je fais forcément un nombre de pas conséquents. 

 

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(pas mal pour une activité dans un jardin de 4 m x 7 m environ). Je me pose des questions sur le nom de l'arbre du fond, lequel après avoir été massacré entre octobre et février, repart, et c'est beau.

Il devient pratiquement impossible d'empêcher mon confiné d'aller faire des courses, certes d'alimentation, mais qui pourraient attendre au moins lundi (fin de notre auto-quarantaine). 

Soudain, il éprouve le besoin de faire du repassage. Le truc totalement inutile en confinement : qui verra que sa chemise n'est pas exactement repassée, à part moi ? Sauf que c'est une consommation électrique superflue et que la table dans le logis pas si grand encombre.

Je parviens enfin à terminer une lecture qui n'était pas si aisée (ou au contraire trop et je m'y ennuyais). Les formulaires ont changé pour l'autorisation de sortie. Irons-nous courir ?

Au soir c'est l'heure de la séance Tabata par Romain qui fait vraiment ça super bien. Le fait qu'il soit en famille est chouette, on se sent en communauté de petites familles confinées.

Le fiston vient de recevoir son lit. Et passe chercher des draps chez nous donc chez sa sœur tout en lui apportant des courses. Elle souhaite avec raison sortir le moins possible, seulement il lui faudra aller à l'hôpital pour son traitement. Nous communiquons activement. Tout va bien pour l'instant. 

Les infos italiennes sont encourageantes mais si sombres : c'est la progression du nombre de cas qui ralentit (mais pas le nombre de cas qui diminuent déjà, ne rêvons pas). En France le ministre de l'agriculture a trouvé moyen de dire que les gens qui étaient sans travail du fait de l'épidémie pouvaient se porter volontaires pour aller bosser aux champs. C'était tellement stupide à plus d'un titre : déplacements, activités en commun tout l'inverse de ce qu'il faut faire pour ralentir une épidémie, et quel mépris pour le travail des paysans qui ne s'improvise pas et demande à tout le moins un certain entraînement, que j'ai cru à un sale canular. Seulement aux dernières nouvelles il semblerait que non.

Cela dit, le passage des engins agricoles qui ne cesse pas, est un élément de réconfort dans notre vie recluse le long d'une rue passante : le pays tourne encore, malgré le nombre de cas.

Les J.O. de Tokyo, ça y est c'est officiel sont reporté en 2021. Mais ils s'appelleront quand même Tokyo 2020. #NotreÉpoque. 

C'est le fait qu'il y aurait une trop grande disparité d'entraînements qui l'a emporté. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
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Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

415 876 cas (dont : 18 514 morts et 107 811 guéris)