Hello Albert ! (les ondes gravitationnelles)


    Bon sang de bois, si c'est confirmé, voilà qui risque de tout changer : soit en précipitant la fin, soit en permettant le sauvetage, de l'humanité. Tout dépendra des usages faits.

(Je rêve de ce truc là depuis que j'ai quinze ans, j'ai peur qu'il ne s'agisse une fois de plus que d'un effet d'annonce pour des résultats contestables) (En ce moment chaque semaine une raison au moins, au particulier ou au général, d'avoir le cœur battant, c'est plutôt chouette, vivifiant).

PS : J'aimerais bien que Virgile écrive un billet, lui qui sait si bien expliquer. En attendant, on peut lire quelques explications via Libé.


The real Joan (Clarke)

La réalité est souvent encore plus romanesque que la fiction. One more confirmation (if needed)

De retour d'une bonne séance de cinéma ("Imitation game", biopic plutôt réussi malgré ses travers Grand Public, dont le fait de faire de Turing un splendide Aspie qu'il n'était peut-être ou sans doute pas, juste un brin associal comme tous ceux qui sont dans des urgences professionnelles de haute volée) et curieuse de vérifier certains points (1), je suis tombée sur une image de la vraie Joan Clarke, et qui devenue vieille narrait avec humour cet épisode de sa vie, et donc cette romance qui n'en est pas une, un brin lourdingue dans le film, au point que j'ai cru que c'était monté de toutes pièces histoire qu'il y ait une jolie dame à l'affiche.

Contrairement à certains, je n'ai pas trouvé que le sexe dans le film manquait : quelle que soit l'orientation sexuelle qu'en ces temps-là on avait, la chose restait très discrète, on travaillait beaucoup, la part physique de l'amour avait toujours un parfum de péché, même les couples mariés en temps de guerre restaient parfois longtemps séparés et à moins d'être des époux officiels et désireux de croître et multiplier faire l'amour était toujours risqué. Je ne crois pas qu'il faille interpréter la chasteté apparente des personnages du film comme un signe d'homophobie. Leurs préoccupations à tous étaient ailleurs. Et si les humains n'étaient pas plus chastes, surtout en ces temps troublés, je suis persuadée qu'ils étaient beaucoup plus discrets (2).

Comme toujours j'ai regretté que les rôles titres soient confiés à des acteurs connus. J'aurais préféré de réelles ressemblances (3). Et qu'il y ait des vrais moments de maths pas nécessairement fait pour qu'on comprennent mais qu'on puisse toucher du doigt ce à quoi ils se confrontaient. Seulement voilà : un film fait selon mes goûts serait financièrement un flop parfait. On fabrique donc des héros beaux.

Ce n'est sans doute pas si mal, qu'enfin on le réhabilite et fasse mieux connaître ce qu'on lui doit, ainsi qu'à ceux et celles qui étaient sur les décryptages. 

À titre personnel, mes parents étant de deux pays qui furent ennemis, je ne suis que trop consciente qu'une issue plus tardive ou différente n'aurait pas permis la rencontre de ces deux-là. 

Sans parler de mon infinie reconnaissance envers tous ceux et toutes celles qui ont rendu l'informatique possible puis accessible ainsi que les connexions que de nos jours on a.

Il se trouve qu'Alan Turing est à la croisée de ces chemins-là.

 

(1) J'étais persuadée qu'une avancée décisive dans le pré-ordinateur mis au point par Turing et ses collègues venait d'une machine enigma récupérée sur une prise de guerre, navire ou sous-marin torpillé, et sur laquelle un codage était en cours ; en fait il semblerait que le "CIL" devenu CILLY dans le film fut la source du véritable "instant Eurêka" (cf. cryptanalyse d'Enigma sur wikipédia). Même si des captures de machines ont dû aider aussi (cf. § "Histoire d'Enigma" et les interceptions par les alliés)

(2) Au même moment je tombe sur ce billet d'un ami qui a 60 ans et que je crois assez significatif du silence qui pesait sur la chose dans la plupart des familles et de la société en Europe jusqu'à la fin des années 60.
Après, il se trouve aussi que j'ai l'impression, que j'espère fausse, qu'on est en la matière en train de régresser - à mesure d'un retour en force de l'obscurantisme, tous monothéismes confondus -. 

(3) Par exemple que l'acteur ressemble à ceci ou cela 

PS : Par ici un site très bien fait au sujet d'Alan Turing et de ses recherches. Et la page wikipédia sur le test de Turing


La période de Saros

Par sérendipité de l'internet, j'ai trouvé cette claire explication  :

"Les marées sont modulées par plusieurs cycles, tous liés à l’astronomie et en particulier aux positions relatives de la Lune, de la Terre et du Soleil. Les astres de jour et de nuit sont à l’origine du phénomène, par leur effet gravitationnel sur les masses d’eau.

Ces cycles déterminent la survenue et l’ampleur des marées. Le plus long de ces cycles, appelé Saros, ou période de Saros, dure dix-huit ans et onze jours. La « marée du siècle » attendue pour le 21 mars, frappée du coefficient de 119 (le maximum pointe à 120) succède ainsi à celle du 10 mars 1997, de même ampleur. Cette période d’un peu plus de dix-huit ans avait été identifiée par les astrologues mésopotamiens, dès le VIe siècle avant notre ère, comme la période au terme de laquelle le cycle des éclipses successives était bouclé. Le terme « Saros » est d’ailleurs sans doute la version hellénisée du babylonien saru, qui définissait chez les anciens mésopotamiens un cycle temporel."
 
dans un article de Stéphane Foucart pour Le Monde sur ce qui détermine l'amplitude des marées
 
Pendant que sur la malheureuse planète qui les héberge les êtres humains s'étripent à qui mieux mieux, ça fait du bien de revenir vers des éléments essentiels, même s'il semble désormais certain que la connaissance ne nous sauvera pas.



Commencer l'année en apprenant qu'il y a plus de 37 fuseaux horaires appliqués en pratique

Peut-être que tout le monde le savait sauf moi. J'ignorais que les exceptions fussent si nombreuses ; ainsi que l'existence pour des raisons commercialo-politiques des fuseaux +13 et +14


Comprendre l'étrange découpage des fuseaux... par lemondefr

(mais tout ça ne m'explique pas pourquoi mon adresse IP a semblé ces jours-ci provenir de Guadeloupe (Le Gosier) sans que je n'aie rien fait volontairement pour ça (connexion de base par notre livebox), du moins pour certains logiciels Capture d’écran 2015-01-01 à 18.48.18 - d'où certaines bizarreries par exemple pour le renouvellement du paiement de mon fotolog (mais puisque je vous dis que j'habite à Paris et que je ne souhaite pas utiliser paypal) -)

addenda du 02/01/15 vers 9h : pour la Guadeloupe le fiston a trouvé sur un forum orange les explications ; adresses utilisées pour durant des opérations de maintenance, que j'imagine typiques avec la bascule d'année. Je ne vais sans doute pas tarder à "rentrer", réintégrer Puteaux ou Les Moulineaux. Cela dit je me demande bien comment les trucs genre hadopi gèrent ces IP flottantes ; entre autres tracas que peut générer le fait que les législateurs soient à la ramasse sur des sujets sur lesquels ils statuent.


Le soleil fictif est plutôt moyen


Voilà pourquoi j'aime l'internet : on rentre par exemple du boulot ou d'ailleurs, fourbus, plus ou moins remplis de préoccupations exogènes, et puis personne de la maisonnée n'est encore rentré alors on se pose devant sa petite machine et on lit les amis, ou les amis des amis en supputant que la marche du monde serait trop triste pour un moment de telle fatigue.

Et par exemple on arrive sur ceci : 

Capture d’écran 2014-12-10 à 23.01.28

Alors je me souvins d'un temps où je savais tout ça, entre 13 et 23 quand j'y croyais à fond que je serais physicienne, et que si la physique nucléaire et quantique serait trop dure pour moi, je me rabattrais sur l'astrophysique (1).

J'ai trouvé tout d'abord un calendrier (2) qui confirmait ce décalage dont j'avais un si lointain souvenir qu'il s'était envolé, puis ce site où résidait l'explication (3). Pour faire court : le soleil des calculs calendaires est une sorte de fausse blonde du vrai qui nous éclaire et aux solstices, et quelques autres dates, nos petits arrangements humains se voient. On peut aussi se dire que juste avant la Noël le soleil a dû mal à se lever et qu'il traînouille au sud [vu d'un habitant de l'hémisphère nord] comme un adolescent peu matinal au lit. Dit plus clairement mais non sans poésie : "il faut encore un certain temps avant que le lever du Soleil soit tôt assez pour que le retard du midi réel puisse diminuer.". Bref, tout ça fait que les jours racourcissent jusqu'au 21 ou 22 décembre alors qu'une semaine avant le coucher du soleil commence déjà a se faire plus tard - c'est le lever qui raccourcit davantage que le coucher ne se décale -.

La redécouverte, grâce aux camarades, d'un petit savoir enfoui m'a réjouie. Ainsi que la pensée qu'il reste une douzaine de jours tout au plus à tenir avant un retour vers des jours plus longs, lesquels nous donneront au moins l'illusion de ne pas travailler tant qu'il ne nous reste que la nuit à titre personnel. 

 

(1) Longtemps plus tard je me demande d'où sortait cette conviction que l'astrophysique était plus facile, du moins facile d'accès. Je ne connaissais personne qui exerçât ce genre de métiers et l'internet n'était pas là pour rendre les contacts faciles à qui s'intéressait.

(2) Sur les horairesdusoleil.com

(3) astro.oma.be

 

 

 

 

 

 


Pendant ce temps l'air qu'on respire (et la modification du climat)

On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas. Mais bon il fallait semblait-il continuer de produire toujours plus, croître et se multiplier et surtout consommer. 

Qu'adviendra-t-il quand nous aurons détruit la planète qui nous fut confiée et qu'on est en train de bousiller comme un sale gosse son plus beau jouet ?


Un grand cycle dure treize baktun (tenez-vous le pour dit)

 

 

J'ai commencé par sourire, la façon de parler du séduisant épigraphiste (1) sans doute, et puis j'ai été passionnée, on apprend plein de choses et c'est bien expliqué sans me semble-t-il de ces simplifications abusives qu'on nous offre dès qu'il s'agit de vulgariser un sujet pointu :

Mayas, le calendrier et le 21-12-2012 (Les)

Une part de ma fascination vient que tant le système de calendrier que les glyphes me rappellent ce que j'avais imaginé gamine quand on me refusait d'apprendre à lire alors que je le voulais et que par ailleurs j'étais déjà paniquée devant la rapidité du déroulé des jours et que je tentais de me créer mes propres repères, puisqu'on se refusait à me les expliquer (ah, si seulement j'avais eu un grand frère au lieu de parents qui "pour mon bien" ont fait n'importe quoi). J'ai été trop grande trop petite et du coup comme adulte je suis bête et fatiguée.

En attendant, me voilà fort déçue, je vais encore rater la fin du monde, elle n'aurait finalement lieu que dans 208 ans et là on va simplement avoir droit à la présence accrue d'un bon petit dieu du redémarrage, après ce qui ne sera peut-être même pas le Grand Boum d'Enig Marcheur - moi qui comptais sur ça pour résoudre définitivement mes chagrins d'amour et mes tracas de fins de moi(s) -.

  

PS : Je ne sais pas qui remercier pour le lien, c'est quelqu'un sur twitter, mais l'onglet était resté ouvert et je ne sais plus d'où il vient. Mais vraiment merci, ce petit documentaire a été le rayon de soleil de mon vendredi matin gris.

 

  (1) J'ai voulu en savoir plus sur sa thèse, je suis tombée là-dessus. À la veille de la non-fin du monde, on nous propose de nous vendre non pas un fichier mais des microfiches. Consultables par minitel ? 

 

 


J'ai connu une polonaise dont je rêvais au petit-déjeuner

Ce matin, tranquille enfin

 

C'est ce billet de Virgile qui a réveillé chez moi de vieux souvenirs. Je crois que j'étais en première quand j'ai croisé ma première HP. Je n'avais aucune idée des parcours infixes et postfixes, en revanche sur ma calculette de base que j'avais, me gênait de devoir employer des parenthèses ou procéder par étapes si je ne voulais pas avoir de mauvaises surprises quant aux ordres de priorité des opérations (l'exemple que fournit Virgile avec 14 et 20 est typique), alors cette machine qui travaillait comme ça marchait dans mon petit cerveau, d'une façon qui ne me demandait pas à réfléchir parce que c'était l'ordre dans lequel si j'avais été la machine j'aurais aimé qu'on me cause, forcément j'ai eu une sorte de coup de foudre technique.

 

Hélas, elles étaient chères les HP. Alors j'ai dû me contenter d'une Casio, beaucoup plus abordable, pour la suite de ma scolarité - et encore, après le bac car les machines venaient à peine d'y être autorisées et je crois que seuls des modèles tout simples étaient homologués (programmer c'était tricher) (0) -, toute en longueur avec petite programmation en basic sur des touches peu compatibles avec une grosse main (1). Je me souviens encore de ma fierté pour des mini-programmes les plus élémentaires, la longue patience pour les saisir (un écran d'une seule ligne), la fascination que c'était de se faire obéir par une machine. 


Comme pour tant de choses dans ma vie, j'ai fini par réaliser mon rêve de notation polonaise inversée ... mais vers mes débuts d'ingénieurs, alors que travaillant sur terminaux via lesquels on programmait en fortran, je n'avais plus besoin de calculatrice que pour de très ponctuelles vérifications ou chez moi pour faire mes comptes (surtout des soustractions), alors avoir une sorte de jaguar de la calculette n'était plus de grande utilité. 


Plus tard elle est tombée en panne, et le service après-vente de la fnac, en ces temps reculés aux petits soins avec la clientèle, et qui n'avait pas pu la réparer ou l'avait égarée, m'avait fourni un modèle tout neuf, au plus récent de ce qui se faisait.  P5085859

 

C'était à l'heure où les ordinateurs personnels commençaient à équiper non seulement chaque bureau au travail mais chaque logis même très moyennement fortuné, je faisais mes comptes sous excel, voire même un temps "money" (2) et la calculatrice de mes rêves si elle sert encore parfois est pour le père de mes enfants lorsqu'il rapporte du travail à la maison.


Et à la librairie, sauf pour la TVA (3), je pratique le calcul mental (4). La Polonaise inversée aura donc eu ceci de commun avec le grand poète belge qu'elle est arrivée un peu tard dans ma vie. Ô cruels empêchements du peu d'argent et de la géographie !

 

(0) C'était surtout concernant les logarithmes et la trigonométrie que l'emploi des calculatrices électroniques aidait, et pour nous affranchir du papier (tiens, tiens). Mais on était bien loin de celles qui dessinent une courbe à partir d'une équation.

(1) Hé oui, des fois, c'est cool d'être une fille. 

(2) À ma décharge je bossais dans une banque et certains de mes collègues boursicotaient. J'ai assez vite pigé qu'avec mon budget familial étriqué et le peu d'opérations financières que j'effectuais, ce logiciel était surdimensionné.

(3) Vivement qu'elle soit remise à 5,5 % . Dégrouille François !

(4) avec support papier !

PS : Pour les curieux, Julien Guadet, l'auteur des tables logarithmiques en trois volets qu'on utilisait alors dans certains établissemnts était un ancien résistant

PS' : Tiens, pendant que j'y suis, saviez-vous qu'Enzo Staiola, le gosse irrésistible, de "Ladri di biciclette" de Vittorio De Sica devint plus tard prof de maths ?

[c'était ma rubrique, au matin des jours fériés j'adore apprendre des choses inutiles]

Ce billet n'est pas sponsorisé par HP, c'est un salut d'amateur à l'innovation technique que ces calculatrices ont en leur temps représenté.


The mysterious mister Mistry

Ce soir, in my quiet kitchen

  

J'étais en train de me cramponner pour ne pas désespérer, "le samedi soir quand je peux j'écoute pousser mes cheveux", me dire que la maison en effet collatéral des derniers développements était en train de perdre ses pannes, ce qui me fait marrer en plus de redevenir confortable, quand via Christine Genin, m'est parvenu un lien vers cette vidéo.

Bizarrement, je n'ai pas eu l'ombre d'un doute quant à ce que je voyais, mais quand au fait que ces inventions seraient en open source. Le point "trop beau pour être vrai". Il semblerait cependant bien que même ça soit bien réel. Qu'il existe encore des humains comme ça est un mystère pour moi. À une époque où être partageux est si dépassé que même dans la vie privée avoir ce type d'attitude crée des malentendus, ça me paraît tenir du miracle. Ou bien : ça n'est pas possible, ça ne va pas durer. En attendant et même si demain, je dois une fois de plus être frappée de désillusion, là maintenant, profitons.

  

Pour ce qui est des réflexions subtiles, je laisse les mots à François Bon, et pour la part technique à l'inventeur lui-même.

Et bien sûr des limites au rêve, qu'on peut commencer à pister par là (merci @Padawan pour le lien), mais ce soir je n'en ai pas envie, non, pas.

Stéphanot, tu vois, ton idée de pouvoir s'envoyer par un scanner des objets plats et qu'ils se reconstituent chez l'ami destinataire, on s'en approche pas à pas.

Bon sang, pour la première fois depuis des semaines et des mois, j'ai envie de vivre un peu vieille afin de voir la suite. Et si j'avais 20 ans de moins je me ferais cinéaste pour réaliser le film, loin des canons holly ou bolly-hoodiens.

Thanks mister Mistry.