Bien du bonheur

 

Capture d’écran 2023-01-14 à 15.50.54

De mes années où je dansais l'après-midi, puis de celle où je travaillais en librairie et encore un peu de mon emploi actuel qui m'en occupe certains, nous avons pris l'habitude d'effectuer les sorties longues de course à pied le dimanche matin. 

Aussi j'étais ravie de pouvoir profiter d'une sortie trail en ce samedi, avec les camarades du club de triathlon et aux environs de Gif sur Yvette, zone sur laquelle j'avais un peu rêvé dans la semaine après un travail concernant une librairie des environs (mode, je ne connais pas bien, il faudrait que je retourne faire un tour par là). Les années de pandémie ne m'ont pas fait particulièrement souffrir, il n'en demeure pas moins que combinées avec le fait d'avoir un emploi enfermé, j'étouffe et j'ai grand besoin d'aller vers des lieux nouveaux ou de redécouvrir ceux que ma mémoire a partiellement effacés car j'y suis allée depuis trop longtemps.

C'était l'occasion rêvée. J'ai dû convaincre mes camarades de ne pas m'attendre : la thalassémie n'est plus pour moi qu'un handicap léger mais il faudrait que je sois retraitée et puisse organiser mon temps autour du sport et non du gagne-pain pour pouvoir suivre le rythme des autres sans me mettre dans le rouge au bout de quelques kilomètres à peine. 

Ceci fait, j'ai pu me consacrer à ce qui ressemblait dès lors à une charmante course d'orientation - j'adore ça, le sens de l'orientation étant mon petit pouvoir magique sur lequel je peux encore compter (1) -. J'ai pris mon temps (seule, il convenait de redoubler de prudence), j'ai croisé très peu de monde, deux promeneuses de chien, un petit groupe de traileurs et traileuses, c'était un morceau de joli paysage et par endroits de forêt pour moi toute seule. 

J'ai fini sans fatigue mais avec au contraire les batteries rechargées.

Trouvé des toilettes dans le gymnase d'où partait la station de trail, et des jeunes s'entraînaient au hand et ça m'a fait plaisir, je me suis dit que tout n'était pas perdu, si des jeunes venaient joyeux pratiquer un sport. 
Et puis un peu plus loin une pharmacie avec un monsieur âgé (2) et bien aimable qui la tenait, puis une boulangerie avec un pain batbot qui semblait délicieusement frais. J'ai pris un sandwich, un de ces pains et puis un RER sans avoir à trop attendre à la station voisine.
Trajet de retour 1h05 contre 35 mn en voiture à peine (pas d'embouteillages).

Bien sûr l'après-midi a été consacrée à de la récupération, dormir en regardant des vidéos de sport. 

Dont une qui m'a particulièrement intéressée : le sport par quelqu'un qui n'aime pas ça mais s'est lancé un défi. Je prends conscience que je peine à comprendre, tellement le sport, même si je suis mauvaise, spontanément me réjouit ; surtout en extérieur. Pour moi le sport a du sens de façon immédiate, et abandonné si je me suis fixé quelque chose n'est une option qu'en cas de force ou de risque majeurs.
Je savais bien que bien des personnes n'aiment pas ça, mais ça restait pour moi absurde et abstrait.

Sinon, j'ai débuté un petit défi photo sur un des réseaux que j'aime bien (pas celui racheté saboté par le milliardaire) et me consacrer à un petit truc perso m'a fait du bien.



 

(1) J'ignore pourquoi je suis persuadée qu'avec la mémoire c'est ce qui prendra cher en premier quand j'aborderai, si j'ai la chance de tenir jusque là, le grand âge. 

(2) Si ça tombe, c'est mon âge qu'il avait. Je ne parviens pas à part concernant la retraite qui recule et les années qu'il me reste à tenir, à être consciente de l'âge que j'ai. Dans ma tête je dois être restée vers une quarantaine d'années. 


Les deux avantages du télétravail

(giovedi)

Celui-ci 

2023-01-12 22_19_59-Garmin Connect_sommeil

Et celui-là 2023-01-12 22_16_26-Garmin Connect

Le prolongement de sommeil et le petit entraînement de course à pied sur les heures de transports économisées.

Il y en a un 3ème qui est le déjeuner rapide avec l'époux qui achète en chemin de quoi réchauffer et se charge de le faire afin que je gagne du temps. Sur l'heure qui m'est impartie je peux ainsi me reposer 30 minutes et c'est extrêmement précieux. Je tiens ensuite l'après-midi facilement alors que tous les autres jours je lutte pied à pied contre la fatigue et la difficulté est là plus que dans le travail même.


Retour au trail

20221225_131551

    Je me doutais bien qu'après une semaine de six jours et même si j'avais bénéficié le vendredi d'une sortie anticipée, j'allais être peu capable de faire quoi que ce soit.

Or, j'ai deux livres à retrouver d'urgence pour les rendre à leur propriétaire et un document "trop bien rangé" à exhumer.

Sans parler de quelques retards d'écriture, et d'un courrier amical à envoyer (je voulais le faire pour Noël, c'est raté).

Alors je me suis concentrée sur la chose qui pouvait possiblement me faire retrouver de l'énergie, à savoir aller courir en forêt, et ce d'autant plus que nous avons le maxi trail de Bouffémont prévu début février. 

 

Capture d’écran 2022-12-25 à 15.42.41

 

 

 

 

 

 

 

Alors en mode late sunday morning run, nous y sommes allés. J'étrennais un nouveau maillot qui s'est révélé très confortable. Comme j'avais mis par dessus une polaire et qu'il faisait aux environs de 11°c, j'ai même eu un peu chaud. Effet de jour de Noël : s'il y avait un flot continu de voitures en direction de Paris sur la bretelle d'autoroute qui allait vers Taverny, il n'y avait presque personne dans la forêt. Et je l'avoue, une forêt pour nous tous seuls et quelques rares et sportifs passants, c'était divinement agréable. J'ai pu jouer avec les trajectoires, choisir d'éviter la boue ou au contraire pas, et même, luxe suprême, faire une pause pipi sans perdre trop de temps (à attendre un moment sans beaucoup de gens).

Pas de douleurs, seulement un relatif manque d'énergie, même si j'ai pu tenir 5'23'' du km dans la partie descendante avant le château [de la Chasse, visible sur la photo].

Au retour sur France Inter via l'autoradio, une émission dans laquelle la lumineuse Clara Lucciani parlait des Beatles avec un autre invité, et après la douche une fois au lit j'ai écouté la suite, puis suis restée pour ma sieste sur le sujet, le Joueur de Pétanque qui n'avait pas pétanque (enfin un jour de fermeture !) en a profité aussi. Ça nous a mis une fin de journée en chansons.
Et s'il avait envie de s'énerver sur la marche du monde - il ne supporte pas le retour en France pour une opération du cœur d'un vieux tueur en série des années 70 -, c'était un peu sans moi, qui avait trop besoin de décompresser pour être opérationnelle au taf dans la semaine à venir. Alors j'ai tenté de lui faire découvrir le monde fascinant des speed-cubers, lesquels m'épatent complètement.

À part ça, je n'ai eu la force que de m'occuper d'une lessive.
Ma consolation est que les jambes tiennent 13 km avec 225 m de D+ sans problèmes sans douleurs, je suis fatiguée mais pas trop mal entraînée ; je reste tentée par le marathon.

Demain, il faudra reprendre le collier, et comme d'habitude je me demande comment je fais faire pour tenir le coup. Comment faisaient mes aïeux lorsque la semaine de travail faisait 6 jours et 12 heures les journées d'employé·e·s ? 

Si la famille et les ami·e·s passent me lire, avec lesquel·le·s nous avons échangé des messages au fil de la journée, qu'ils et elles sachent que ça m'a fait bien plaisir, c'était le bon réconfort pour un jour de congé et dimanche et férié.

 

 


California dreamin'


    C'est en lisant ce billet de Fanny Chiarello, et en me remémorant une conversation avec ma petite sœur, qu'il m'est revenu une pensée délicieuse, à savoir que quoi qu'il advienne par la suite et même si j'ai eu mon lot de furieuses difficultés, toutes en mode, quelque chose survient et il convient de faire face, j'aurais eu une vie assez formidable en terme de rêves pas même faits mais réalisés.

Entre autre (il faudra que j'y pense un jour calme), le "rêve" californien. D'où je viens et à l'époque d'avant l'internet où je suis  née, prendre l'avion était un truc de riches, pour nous inenvisageable, et la Californie c'était un truc de dans les films américains, pas en pour de vrai. Ou pour les gens d'un autre monde. Sans doute du fait de ma santé fragile et de nos difficultés quotidiennes, je ne les enviais même pas, j'essayais de bien survivre dans mon petit monde à moi, puisque tel était mon lot. Ça n'était pas non plus de la résignation, mais une force toute féminine de type : voilà notre situation, voilà les choses à faire et mon défi c'est d'y parvenir malgré tout.
Donc la Californie était pour moi un lieu imaginaire, une sorte de Cinecittà d'au loin là-bas.

Et puis un beau jour, une grande amie qui avait émigré, et que j'aime beaucoup même si la vie nous a malgré nous éloignées, nous y a invités mon amoureux et moi. Nous attendions notre premier enfant et j'ai immédiatement pigé que ça serait avant sa naissance ou jamais. Alors hop. J'ai fait un gros trou dans notre compte en banque pour payer l'avion en mode confortable (un vol Air France sans changements) et des cadeaux pour la famille qui si généreusement nous accueillait, et voilà.

Ce ne furent qu'une quinzaine de jours et la grossesse ne m'épargnait pas. Mais nous fûmes heureux et heureux de retrouver les amis et ce temps de joie m'a aidé énormément par la suite, j'y retournais mentalement chaque fois que les coups durs s'enchaînaient. Je me disais, j'ai reçu en cadeau, grâce à des personnes généreuses quelque chose que je n'imaginais pas même possible pour moi.

Dans le même ordre d'idées il y aura eu la chorale qui m'a permis de chanter au Zénith et dans un stade pour Johnny. Ma seule ambition avait été de chanter, malgré une gorge souvent enrouée. Et voilà qu'à chanter je tombais moins malade et que cette opportunité s'était présentée. C'est une expérience qui a changé ma vie, par la suite, je ne me suis plus laissée faire de me résigner à une vie grise, le gagne pain, les trajets, et rentrer le soir lessivée (1) ; et j'ai pu prendre quelques bonnes décisions. Faire de belles rencontres.

Et aussi le comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun, pour lequel je me suis donnée à fond et qui restera en ma mémoire comme le moment de ma vie où j'aurais été utile à une cause collective et qui s'est finie bien. Je l'ai payé cher dans ma petite vie, car les petites gens paient souvent cher leurs engagements et n'ont pas de filets de protection pour la suite, ils sortent des limites que la société leur avait imposée et quand ça se termine ont perdu la petite place de survie qu'ils y avaient. Seulement je n'ai jamais regretté de m'y être lancée de toutes mes forces.

Il y a eu bien d'autres choses. À part le cyclo-cross, je me suis essayée à tout ce qui me semblait me convenir, ou représenter pour moi un défi sportif insurmontable (il m'en reste sous la semelle côté course à pied et triathlon, des aventures à essayer tant que me l'autorise ma santé). La danse en faisait partie. Animer une émission de radio aussi.

La moi de douze ans, si on lui avait dit, Quand tu seras grande, tu feras ça et ça, elle ne l'aurait juste pas cru. Elle n'imaginait rien d'autre qu'une vie de labeur, peut-être d'un certain niveau (de 13 à 19 ans je voulais faire de la recherche en physique nucléaire et quantique, j'avais eu une sorte de bouffée de vocation), mais dans le travail à fond, et rien d'autre.

Je comprends donc très chaleureusement ce que veut dire Fanny dans son billet. Parfois la vie nous accorde un truc qu'enfant on n'osait pas trop pour soi-même imaginer. Ou alors en rêve. Et ça donne une force formidable pour la suite.

 

(1) Ce que pourtant je fais actuellement seulement c'est dans le but déterminé de tenter de sauver une retraite qui serait éthique si je n'effectuais pas cet ultime effort. Et c'est aussi pour ma fille.


Première corrida de Houilles et première fois que je parviens à suivre un pacer (à 70' , ne rêvons pas)

    

0-2146-11154-67-00067-PW3XSa

Alors au départ cette journée avait un petit air de Quand ça veut pas ça veut pas.

En premier lieu et alors que la veille avait été une bonne journée (il n'y en a pas tant que ça, tant sont englouties par les obligations), on avait reçu juste avant d'aller dormir la triste annonce de la mort d'un vieil ami, avec le supplément de peine qu'il y a à l'apprendre incidemment et après coup (1). Ça rend le réveil triste, forcément. Et c'est la moindre des choses, en sa mémoire.

Puis c'était mal emmanché, je voulais partir à l'avance afin d'avoir le temps de poser tranquillement mon sac de vêtements chauds à la consigne, aller aux toilettes et surtout compte tenu de la température entre -2°c et 0°c soigneusement m'échauffer.

Seulement comme je n'étais pas dans mon assiette (cf 1er §), j'ai oublié mon téléfonino sur le chargeur, dû revenir en arrière, prendre le train suivant et trouvé moyen à Nanterre université de rater ma correspondance : le train qui était à quai tout au bout (train court) était celui que le panneau d'affichage indiquait comme "à l'approche".
Par ailleurs pendant la course, rempochant mal avec les gants un mouchoir en tissus qui me sert fréquemment, et auquel je tenais car il me venait de ma mère, je l'ai semé quelque part.

Enfin j'ai la jambe droite douloureuse vers l'extérieur de la cheville et par moment les ischios. Comme ce ne sont pas des douleurs stables j'ai l'impression qu'elles sont liées au froid.

Malgré ces points d'adversité, la course s'est bien déroulée pour moi et encore mieux pour Le Joueur de Pétanque.
J'ai retrouvé mes camarades de club facilement, eu le temps d'aller aux toilettes avant la course ce qui m'a permis de n'avoir aucun temps perdu (malgré le froid) et pu partir dans le pack en me mettant sur le côté, c'était bien.

Le circuit en trois tours fait que l'on est doublé deux fois, lorsqu'on est parmi les lents. Il nous permet aussi de voir les rapides de près et ça s'est fort bien.

J'avais deux couches de vêtements aux jambes : le collant long 2XU et un collant court Adidas acheté large pour pouvoir le mettre dessus. Et trois en haut : le vêtement spécial froid de chez Verjari (hé oui, ça fonctionne) le tee-shirt de la course et une thermique vélo légère manche longue de mon club de triathlon. Le vêtement froid possédait une partie intégrée protégeant la main et j'avais des gants de vélos légers jaune fluo. Deux tours de cou dont le Rains très chaud et un autre sur les oreilles complété par ma casquette d'hiver Varsity. Et les chaussures Saucony (n'étant pas une influenceuse cavalcade, j'ai oublié le nom du modèle) avec lesquelles je fais un semi dans le plus grand des conforts.
J'ai tenu le -1,7°c sans problème.

Sur 1h10'30'' car oui pour la première fois de ma vie de coureuse à pied, j'ai pu m'offrir le luxe une fois qu'il m'avait passée de suivre un pacer celui des 70'. C'est quelque chose de très confortable en fait.

La course des as a été le petit bonheur des populaires qui pouvaient rester, malgré le froid. Vin chaud, chocolat chaud et crêpes nous ont permis de tenir et d'encourager. 
C'était chouette de pouvoir le faire pour Valentin André, Baptiste Cartieaux, les copains du club de triathlon, et Nico de la NTV ; bref tout le monde était là, et ça filait impressionnant. Un de nos gars, Maxime, a fait un excellent temps, P'tit Marco, fin de crève, était à la peine mais ça ne se voyait pas dans sa façon (à moins de le connaître, comme nous, qui l'avons déjà vu donnant l'impression de voleter) 0-2146-11155-84-05084-0Rb4MX 0-2146-11153-92-00392-RAnIAa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons pu échanger quelques mots avec les uns et les autres à l'arrivée et puis sommes repartis en train sans trop traîner car la plupart d'entre nous souhait voir la finale de football Argentine - France.

Le trajet collectif fut sympa et après tant de froid le confort des Bombardiers fort apprécié.

Le Joueur de Pétanque alla directement à la pétanque voir le match en collectif, tandis que je rentrais et, fait exceptionnel, m'accordai un bon bain chaud avec lecture. Tout était très silencieux. Je me suis mise au lit dans le noir, en récupération. Des clameurs m'ont réveillée et j'ai cru que l'équipe de France l'avait emporté. Quelque chose m'a fait pensé à des prolongations. Ensuite j'ai perdu la notion du temps. Aurais-je voulu voir le match plutôt que d'ignorer jusqu'au bout cette coupe du monde qui me peinait (et pour l'aberration écologique et pour les victimes sur les chantiers, et pour les atteintes dans ce pays aux droits humains), que j'en aurais été incapable.

0-2146-11152-95-12095-pGHMiY

Petite soirée tranquille, Le Joueur de Pétanque étant rentré de bonne humeur, sa prestation en course (52' environ) l'avait ravi et le match de football lui avait bien plu, s'est chargé de cuire du riz et des filets de poissons, je me suis occupée du linge et de télécharger les photos de la compétitions qui étaient non seulement déjà disponibles mais en plus via une reconnaissance faciale diablement efficace. D'où l'image en mode Où est Charlie au début de ce billet et une photo d'un des camarades de club alors que nous l'encouragions.

À présent, il va falloir affronter une semaine de six jours de travail, avec un seul jour de repos entre celle-ci et la suivante. Une épreuve autrement plus épuisante qu'un 10 km par -1°c ou -2°c.


20221218_162201

(1) Lui pratiquait les réseaux sociaux mais c'était plutôt rare pour quelqu'un de sa génération et nos amis communs n'y sont guère ou très peu.


Triathlète malgré tout

 

    Aujourd'hui malgré une grosse journée au boulot et une soirée amicalo-culturelle (oh comme ça fait du bien de retrouver un peu de vraie vie), j'ai pu pratiquer un petit peu des trois sports. Et sans terminer épuisée, en tout cas pas davantage qu'après une journée de travail sans rien de plus.

Capture d’écran 2022-12-07 à 00.23.38

You know what, I'm happy ! (Droopy like)


Un semi en demi-teintes

(domenica)

 

J'en avais fait un objectif majeur de ma saison 2022 /2023, je visais un sub 2h30 en me disant que si j'y parvenais je prendrais le risque de tenter le marathon de Bruxelles à l'automne prochain.

 

Je m'étais entraînée le plus sérieusement possible compte tenu de mes contraintes de gagne-pain et des aléas de la vie (un décès dans ma famille, avec rapide séjour en Italie ; une opération pour quelqu'un de la famille).

OK, j'avais mis 2h56 pour faire les 20 km de Paris à Turin mais j'étais en deuil et devais composer avec la traversée de la ville jusqu'à un parc qui se prêtait à la course dans interruptions.

Je souhaitais partir à l'avance, déposer calmement mon sac à la consigne, passer aux toilettes et faire un échauffement en bonne et due forme. Pour cause de réveil relativement tardif et peu d'entrain du partenaire (lui préfère en tous lieux, tous temps et toutes occasions arriver en dernière minute en se stressant en se hâtant (ou en faisant attendre les gens s'il s'agit de choses amicales)), ce ne fut pas le cas. Mais nous avons bien eu le temps de poser mon sac posément. Puis d'attendre dans notre sas > 1h50

J'ai plutôt bien démarré, ne me faisant dépasser par les meneurs et meneuses d'allures pour 2h15 qu'entre le 3ème et le 4ème km et parvenant à les garder non loin jusque vers 5 ou 6 km.
Aux ravitos j'ai pris le temps d'un gobelet d'eau et d'un ou deux quartiers d'orange. J'ai eu aussi une pause pipi et un peu plus, de 2'30'' d'arrêt. Il a plu par deux fois, une fois en mode petit crachin l'autre en belle averse mais j'étais parfaitement équipée (1).
Discuté par deux fois avec deux vieux messieurs, je veux dire messieurs de mon âge, l'un lors du croisement avec les champions (carrément une autre planète que nous autres les lents) et l'autre lors de la drache alors que nous "ramassions les morts" (mais lui à un rythme supérieur au mien, je n'ai pas tenté de le suivre).
Nickel sauf le manque patent d'énergie et le cardio qui indique clairement, n'accélère pas (2), à partir du 15 ème kilomètre j'y suis allée au mental. Le dos vaguement douloureux mais pas pire en courant qu'en ne courant pas, c'est ainsi depuis plus ou moins notre retour d'Arras, les jambes en bon état, zéro crampes, tout bien. J'aurais pu, en ralentissant, faire 5 km de plus sans tracas.

 

 

 

Après la ligne d'arrivée, j'ai craqué, car j'avais raté mon sub 2h30 de peu et que je n'en peux plus dans les différents domaines de la vie de me cogner sans fin contre mes limites d'énergie et d'oxygénation, alors que ma carcasse et mon cerveau sont costauds.
Le Joueur de Pétanque était là qui lui a fait un excellent 2h02 par rapport à lui-même, et qui tentait de me consoler mais une femme à l'air un peu espagnol (?) et qui m'a offert des raisins dans un gobelet a joué pour moi les anges de Wim et trouvé les mots justes. Je lui ai dit merci mais j'aimerai le lui redire.

Bu un bouillon fort bienvenu, récupéré le sac qui n'était pas le dernier du camion (on a les victoires que l'on peut) et puis nous sommes allés au gymnase Paul Bert, moi enfiler des vêtements sec, Jean-François se faire masser (il s'en est sorti tout ragaillardi). On nous a offert à nouveau de l'eau Veolia.

Retour en métro mais ça n'était pas la moindre épreuve. Jean-François qui était allé "en tenue" : deux épaisseurs de tee-shirt et un simple coupe vent, était transi et malgré mon rechange je commençais à avoir des fourmis dans les doigts.

Après-midi de récupération, collation légère après la douche, regardé des résumés de cyclo-cross (aaaah MVDP ! Et Tom Pidcock pliant une roue), un vieux Maigret (et le fou de Bergerac) avec un endormissement instantané de ma part vers les 2/3. 

L'Homme s'est gentiment occupé du dîner, toujours sur l'élan du massage miraculeux et puis soirée tranquille.

Les amis du triathlon m'ont encouragée / consolée sur FB et ça n'est pas rien.
Une journée de récupération (du samedi 19 novembre, travaillé) m'attend en ce lundi et ÇA NE SERA PAS UN LUXE

 

(1) Il faisait environ 7°c  avec un vent d'environ 10 km/h SSE ; et j'avais :
un collant long 2XU avec un short léger Décathlon
un des dessous thermique à mailles de chez Verjari, le tee-shirt de la course, et le coupe vent sans manches imperméable de mon club de triathlon.
chaussures Saucony avec voute plantaire bien renforcées : perfect shoes.
ceinture pour glisser le téléphone, des gels (n'ont pas servi), les mouchoirs
petites mitaines Castelli

 

(2) pas d'emballement mais une sorte d'incontournable plafonnement. Et une connaissance de mes ressources qui fait que mon cerveau obtempère, car il sait que ne pas obéir à cette limite ressentie pourrait donner des résultats risqués.

 


Journée de veille de course

(sabato)

Dans la nuit nous avons été réveillés au même moment par chacun un mauvais rêve (le sien dû à des événements qui obligeaient à prendre des trains très loin en galérant pour tenter de donner des nouvelles à ses proches, le mien dû à des tempêtes créant des dégâts qui faisaient des victimes). Au moins nous avons pu nous réconforter.

C'est veille de course alors j'ai appliqué à la lettre la pratique sage du footing d'activation. J'aime bien parce que c'est le moment où l'on peut faire semblant de croire que l'on est bons. 
La bizarrerie du moment fut que nous comptions faire nos 30 minutes dans le parc moyen en face de chez nous et qu'il a ouvert avec 1 heure de retard. Alors on a fait des tours du pâté de maisons qui entourent le parc et quand même un tour de parc pour le plaisir pour finir.

Je voulais aller rejoindre une amie invitée par une libraire de ma ville, mais voilà que, rançon du succès, il était impossible d'entrer sans pousser du monde. J'étais heureuse pour elles, mais suis repartie - d'autant plus que juste avant moi entrait un jeune père avec un bébé dans les bras, je n'allais quand même pas le tasser pour m'infiltrer -.
Entre heure qui filait et bricoles de type "choses à faire" à caser le samedi par nécessité, je n'ai finalement pas pu repasser.

À défaut de nous voir en vrai nous nous sommes échangées des nouvelles par courriel. 
La combinaison (pandémie,travail à temps plein) est redoutable pour nous éloigner des personnes que l'on apprécie et avec lesquelles on aime partager du temps. Il y a tant d'ami·e·s que je n'ai pas revu·e·s depuis début 2020, voire fin 2019 car l'emploi que j'avais tenu en maison de la presse m'avait littéralement engloutie pendant deux mois. Ça me peine, ces éloignements.

Je suis enfin parvenue à voir en entier le documentaire d'Arte sur ce crash d'un avion venant de Berlin le 20 avril 1945. Il y a un travail sur l'esthétique du document qui m'impressionne. Quelque chose m'a gênée dans leur façon de ne pas laisser comprendre où ils voulaient en venir, peut-être à trop vouloir rester neutres en juxtaposant sans les relier des témoignages parfois absolument contradictoires ; le début donne l'impression d'une sorte d'enquête prête à être menée (qui étaient les personnes dans l'avion) puis on suit le fils d'un (du ?) survivant mais on passe à autre chose au moment précis où l'on pense que ça va déboucher sur une découverte, une explication. Ensuite on part vers ce qui s'était passé au village en ces jours décisifs de la guerre finissante et l'avion et son histoire passent au second plan. Je serais curieuse d'en savoir davantage sur la genèse de ce projet et un éventuel arrière-fond discutable (ou alors peut-être que plusieurs personnes n'étaient pas d'accord sur ce qu'elles souhaitaient produire, ou l'intention première a été détournée, ou à un moment trop vite il a fallu boucler ; bref, quelque chose m'a semblé ne pas tout à fait coller). Il n'en demeure pas moins que c'est intéressant et mystérieux à souhait, que la bande son est formidablement en phase avec son sujet.

J'ai profondément dormi, ce qui est souhaitable en veille de course importante.

Le Joueur de Pétanque était à la pétanque, mais il est rentré tôt et a fait les courses. Le Fiston nous a envoyé des photos.
En raison du premier qui a tenu à regarder la fin du match de l'équipe de France je n'ai pas pu échapper au but de Mbappé face au Danemark. 
Comme le Joueur de Pétanque a dit, Mbappé il est parti pour faire comme Maradona, nous avons eu une conversation pas inintéressante. J'étais en effet à partir de cette seule phrase dite d'un ton plutôt neutre, incapable de comprendre le sens de son propos. Comme Maradona pour ce qui était de son génie du jeu ? Comme Maradona pour ce qui était de son destin tragique ? De sa déchéance prématurée ? De ses addictions ?
Il s'est avéré qu'il voulait dire Comme Maradona devenir une légende. J'espère qu'au jeune français sera épargné le chaos.

À l'heure où j'écris je suis entrée dans la phase, je peux faire différentes bricoles, et lire des trucs et regarder des documentaires (je suis en cours d'une Beatlesserie), au fond de moi, je pense à ma course et je rassemble d'ores et déjà mes forces pour bien faire. En cela les compétitions sportives (ou donner des concerts quand on est musicien·nes) sont une bonne, une excellente façon de se reposer des tracas de la vie.


Champion du monde !

 

Capture d’écran 2022-07-25 à 23.03.38

Et moi stupidement fière d'avoir été si motivée à encourager devant mon écran (quelle utilité !) que je me suis réveillée sans assistance, pile à l'heure pour : 


1/ sortir une lessive qui devait impérativement avoir commencé à sécher avant que je parte au travail (car il y avait des habits dont j'avais besoin le soir même)

2/ regarder en direct la finale du 5000 m hommes à Eugène.
(et un peu du décathlon et de la perche aussi)

J'ai le souvenir du gamin de 13 ans des premières saisons de Team Ingebrigtsen et qui disait, calme et déterminé. Je veux devenir le meilleur au monde, je vais travailler dur, je peux y arriver. Ce qu'il a fait.
Et les jours de pas très en forme, il fait 2ème.


Après le stage (de triathlon)


    Pourvue d'une énergie renouvelée, j'ai eu la très mauvaise idée une fois mon vélo remonté, de vouloir réhausser le guidon. Résultat : bim, déréglage du jeu de direction.

Je ne reprenais pas le boulot dès aujourd'hui, j'avais prévu d'être KO après le stage. En fait non alors j'ai fait plein de choses sérieuses et fastidieuses, mais nécessaires.

Bon et puis un petit point sur là où j'en suis après cette remise en forme : 

natation : pas de mesure de temps, mais j'ai appris ou réappris certaines particularités de la nage en mer et je me suis ré-habituée à la combi.

vélo : je peux faire 40 à 50 km sans efforts il serait grand temps que je rallonge. Avant les confinements je maîtrisais jusqu'à 70 km (pas des cols, hein). Dans ma (lointaine) jeunesse, 100.
J'ai réappris à déclipser / reclipser mais suis toujours peu à l'aise avec ça. Par exemple si je dois rouler en ville il me faut encore des chaussures classiques. Le gros progrès du stage aura été pour moi de piger d'où venait mon problème : il vient d'une bizarrerie de latéralisation : je parviens plutôt bien ou disons mieux, à déclipser du pied droit sauf que mon pied d'appel de redémarrage est nettement le gauche. Alors ça fait des nœuds dans ma tête.
D'autant plus qu'à gauche je ne parviens à déclipser que pédale en haut et mouvement du pied vers l'intérieur. Alors qu'à droite c'est pédale en bas et geste vers le bas et l'arrière.   

 

Capture d’écran 2022-05-02 à 21.44.44Ça donne des moments de flottements, qui ne sont pas en course les bienvenus.

course à pied : 

VMA : 5'57'' quand je suis en forme (i‧e. normalement fatiguée)
6'03'' quand je suis fatiguée (par ex. après une journée ou semaine de boulot nourricier)

90 % VMA : 6'33'' 
85 % VMA : 6'50''

seuil 60 : 6'42''

allure semi : 7'11''

allure EF : 8'30'' mais je pense qu'à présent un peu moins, je dois avoir le easy run papote possible à 8'10''

Bien sûr en trail avec de la dénivelée et des zones où il faut prêter attention à chaque pas sous peine de choir, c'est une autre histoire.

Capture d’écran 2022-05-02 à 21.25.06

 

Les personnes qui pratiquent la course à pied savent que ces allures sont extrêmement lentes. Seulement pour moi, avec la soixantaine qui approche, un emploi sédentaire à temps plein et la bêta thalassémie mineure, qui fait entre autre que mon cardio à l'effort grimpe assez vite, ça ressemble à de belles petites victoires sur l'adversité.

source allures / vitesses : run-motion.com