L'athlétisme, on y revient

(video personnelle : Le ballet des poseurs de haie)

Parce que Filip Ingebrigtsen avait annoncé sa participation via son compte instagram ; puis que son frère Jakob en avait fait autant, je m'étais offert un billet pour le meeting de Paris à Charlety.

Je ne crois pas avoir déjà assisté à un meeting d'athlétisme dû moins à ce niveau et j'ai été enchantée et fascinée. Au point de souhaiter d'ores et déjà prendre les places pour le championnat d'Europe l'an prochain et les J.O. de 2024 (pour ce qui est de louer notre appart à prix d'or et se réfugier en Normandie pendant la compétition, c'est raté ;-) :-) !)

J'ai une admiration particulière, doublée de reconnaissance, pour les frères Ingebrigtsen, pour la famille en fait : la série-réalité dont ils sont les protagonistes, du moins dans les épisodes axés sur leur travail, m'a donné un supplément de courage pour un peu tout. Or il en faut lorsque l'on a une béta thalassémie mineure, qu'on se bat pour travailler et qu'on a un esprit qui pousse au sport et un corps qui a défaut d'être doué aime et réclame ça. On voit en les suivant à quel point le travail paie ("Rien ne résiste au travail" dit Pierre Trividic, et là on le voit physiquement sur des efforts concrets) et ça donne de la force pour soi-même se bouger.

Alors je n'allais pas manquer une occasion de les voir en vrai. Sur 1500 m c'est 3 minutes 30 et donc un peu frustrant, mais effectivement fabuleux - pour qui s'intéresse assez suffisamment aux sports au point de pouvoir apprécier les subtilités techniques en plus que d'être bluffé·e par la vitesse. 

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C'est l'ensemble du meeting qui a été un éblouissement, en particulier le ballet de celleux qui secondaient, toute cette chorégraphie, l'organisation millimétrée (libérer telle partie du stade pendant que telle autre est occupée, préparer la suite dans une partie ou ça peut).

J'ai seulement été déçue que la perche soit dans un endroit entre la piste et un gradin où lorsque l'on était en face on ne voyait pas bien, l'athlète se détachant peu sur la foule en arrière-plan et légèrement gênée par le fait que comme tous les athlètes soutenus par un même équipementier avaient le même maillot on avait l'impression d'une seule et même équipe, ce qui n'était pas le cas.

Pour le reste, que d'exploits ! et comme c'est impressionnant vu directement, avec notre propre choix de ce que l'on souhaite suivre.  


La récupération [triathlon]

 

    Finalement je me suis accordée du point de vue de l'entraînement pour le triathlon une semaine de récupération, qui ne fut pas une semaine sans activité physique - je pense que des activités intenses comme un taillage de haie, valent une séance, du point de vue du cardio - mais sans aucun des trois sports requis. Il s'est trouvé qu'à chaque journée j'avais un certain nombre de choses à faire, et qu'une fois faites il ne restait plus d'autre temps. Par exemple aujourd'hui, tailler la haie à La Haye était impératif. 

Cela dit, et surtout à mon âge (plus de 55 ans), je dois tenir compte dans les entraînements, de la récupération. 

Ce tuto chez IronUMan propose un certain nombre de pistes, j'apprécie son pragmatisme. Je n'en fais pas nécessairement autant, mais voilà ce qui peut ou pourrait se faire. 


Des risques de l'activité (en pleine chaleur)

 

    Nous vivons une époque dans laquelle on rend la vie difficile à la moyenne des gens, concurrence et cadences, quoi que vous fassiez c'est insuffisant, tout en les abreuvant d'avertissements et de conseils et de les traiter parfois comme des enfants (1). Les périodes de chaleurs estivales sont des moments typiques de cet écart grandissant entre une dureté de fond sur une prévenance envahissante.

Il n'en demeure pas moins qu'il y a des précautions à prendre quand il fait fort chaud et que l'on doit (travail) ou que l'on souhaite (loisir) cependant s'activer.

Grâce @samantdi et @bricablog j'ai appris qu'il existait un risque de "coup de chaleur d'exercice", lequel était spécifique à l'effort physique, et qu'il différait en partie du "coup de chaleur" plus connu. Voici l'article qu'elles ont relayé, il semble sérieux même s'il empile plusieurs choses qui me paraissent d'ordres différents : 

Canicule : s'activer et mourir de chaud (auteur : Laurent Grelot)

Le coup de chaleur d’exercice survient subitement, ce qui le rend d’autant plus désarmant. Il se produit généralement durant ou suite à un exercice physique intense et/ou prolongé, dans un environnement chaud et humide. Il se traduit notamment par une hyperthermie (température centrale de l’organisme supérieure à 40 °C) et par une détresse neurologique (fatigue, maux de tête, vertiges, coma), ainsi que par des troubles du rythme cardiaque.

Au passage je me suis renseignée sur un autre risque que j'ignorais, celui de sur-hydratation.

Un blog destiné aux coureuses et coureurs amateurs en parle ici plutôt bien.

Ami·e·s sportives et sportifs, soyez mesuré·e·s et prudent·e·s. 

 

(1) Please mind the gap between the train and the platform. 

 


Récupération (note pour courses ultérieures)

 

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Les 25 km du Trail de la Chouffe se sont achevés pour moi après 4h40 d'efforts, samedi vers 17h. J'ai enchaîné par une séance de piscine tranquille, environ 1250 m, dans l'idée de m'étirer et de détendre les jambes, et d'une brève séance de bains bouillonnants.

Au lendemain matin nous avons bénéficié de deux heures de Wellness : hammam, sauna, infra-rouge et bains de pieds bouillonnants.

Le mois dernier le trail distance M d'Hourtin était pour moi passé crème : pas d'épuisement juste après, une saine et légère fatigue, zéro courbatures ensuite, rien les jours suivants que ç'en était surprenant. Quinze jours plus tôt que le Trail à Houffalize, un entraînement un peu long sur La Haye du Puits - Lessay, suivi dans l'après-midi d'environ 500 m de nage en mer par solide courant, ne m'avaient pas laissé de traces. Tout au plus une fatigue diffuse, très supportable, dans les jambes.

Comme je n'ai eu aucun tracas pendant la course, à peine un début de crampe à un orteil du pied gauche comme il m'en vient parfois, et qu'il me semblait avoir pris les précautions nécessaires énumérées au début de ce billet (auxquelles s'ajoutaient une boisson  de récupération recommandée par un ami marathonien, donc fonctionne au moins l'effet placebo), je ne me méfiais pas. 

C'était un tort. 

Après une légère embellie grâce au Wellness, j'ai souffert des jambes à ne marcher que difficilement, et presque pas pouvoir descendre le moindre escalier du dimanche après-midi jusqu'au mardi soir. Ce n'est que ce matin, que j'ai pu me lever sans précautions particulières et me rendre sans arrière-pensée (1) là où je le devais. 

Le long trajet en voiture du dimanche, pour lequel j'étais passagère n'a probablement rien arrangé. Je me souviens que je souffrais. 

Donc voilà, tandis que de jeunes personnes athlétiques hésitent entre récupération passive ou active, je me note par ici pour la prochaine course plus longue qu'un semi de prévoir 72 heures sans trop d'efforts physiques, et si possible au moins une journée de sommeil du moins sans contraintes horaires et dans la proximité d'un lit douillet (2).

Prochain entraînement prévu : une séance de natation tôt le vendredi matin. 

Éventuellement un peu de vélo demain jeudi, si jamais je me réveille avec une énergie retrouvée. Et reprise douce de la CAP dimanche, 8 ou 10 kilomètres sans forcer avec assouplissements après.

 

(1) de type effectuer un détour pour éviter un escalier 

(2) Ce fut le cas ce lundi. J'aurais difficilement pu travailler (autre que l'écriture)


Stimulant (confort et veille de course)

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J'adore les veilles de courses, quand on met de côté toutes les difficultés de la vie quotidienne pour se concentrer sur un objectif élémentaire : parcourir x km en moins de y heures (peu importe si uniquement sur un mode ou pour le triathlon sur trois, le principe est le même : un déplacement à accomplir). On ne sait pas encore comment on sera, quelle sera notre forme, il y a une légère tension mais elle est joyeuse et stimulante. En tout cas pour moi. Et j'adore ça.

Comme nous prenons peu de vacances et qu'elles sont généralement en Normandie, avec de fait des choses sérieuses à faire, de celles qu'on fait dans un chez soi, c'est un bonheur et un réel congé du quotidien que d'aller quelque part pour une course. 

Et pour cette fois j'avais opté pour une petite folie (raisonnable) financière : l'hébergement dans le complexe sportif et hôtelier qui fait partie de l'organisation de la course. Départ sur place !

Une chambre spacieuse et belle comme nous en connaissons rarement 20190712_173552

une vraie piscine dans le complexe même - le luxe inouï de quasi descendre en maillot de bain, et pour une vraie piscine où l'on peut nager pas seulement faire trempette -. 

Nous fêtons ainsi nos trente ans de mariage. J'espère que la course sera une fête aussi. J'appréhende la longue distance, mais j'ai envie de m'y confronter. 

J'eusse aimé avoir une vie de nomade du sport, avec la santé fragile de ma jeunesse et la béta-thalassémie même mineure, ça n'était pas envisageable. D'autant plus que "mon" sport était le football et qu'il commence seulement plus de quarante ans plus tard à être reconnu pour les dames. Alors je me rattrape sur le tard, à petite échelle mais beaucoup mieux que rien, grâce au triathlon et à la course à pied. L'air de rien, à bas bruit, en attendant mon heure, j'en aurais accompli des espoirs de ma vie. 

Peut-être qu'il y a là une force à transmettre : si quelque chose nous tient profondément à cœur, et dépend de nous que ça devienne possible en assez grande partie, il convient de ne pas la perdre de vue et de porter son effort dans sa réalisation dès qu'elle devient accessible. Parfois, ça prend quarante ans. C'est tout. 

À part ça, il y a toujours cet effet en arrivant en Belgique de rentrer chez moi. Peut-être faudra-t-il qu'enfin un jour je coïncide. 


Jour de boue


    
    Quand nous nous sommes réinscrits pour le Maxi Cross de Bouffémont, j'avais la ferme intention de m'entraîner sérieusement, c'est-à-dire dans mon idée d'aller faire nos entraînements dominicaux en forêt et de réussir un temps presque normal.

J'avais orienté les courses de l'automne vers des semi afin de voir s'il était raisonnable ou utopique de m'inscrire en L pour le triathlon club. Comme je suis irrémédiablement lente, question thalassémie + âge (il faut rester prudente) + cardio qui monte vite haut, l'idée est d'aller sur des distances longues où beaucoup de monde est lent. Sur le M je suis trop au ras des fesses des barrières horaires. 
Résultat de ces tests, La Sedan-Charleville, le semi de Saint-Denis et le semi de Boulogne : je ne vais pas vite, mais je cours ces distances sans problème. Chose dont je ne me serais jamais cru capable, merci à mon club de triathlon de m'avoir appris la confiance en moi et d'avoir de bons coachs et une ambiance stimulante.

Inconvénient : je n'ai pratiquement pas couru en forêt. Ne suis parvenue à pousser sur zone, mon sparring-partner-conducteur-époux qu'une seule fois ou deux de tout l'automne-l'hiver. 
Et pour des raisons d'agenda nous n'étions pas à la reco. 

Du coup je ne savais pas trop où j'en étais concernant les trails. Le plus récent non-urbain étant celui de la Chouffe au 14 juillet dernier. 

Il s'est trouvé que fatigués par des grosses semaines de boulot nous avons eu du mal à décoler en ce dimanche matin. Et qu'arrivés vers Saint-Prix une violente averse de grêle a rendu la circulation difficile (pensée pour celleux du 41 km qui devaient être dessous). Sans être à proprement parler en retard, nous sommes donc arrivés sans marge, à peine le temps de passer aux toilettes et de saluer les copains et copines. Dès lors, et puisque les premières centaines de mètres de la course constituaient de fait l'échauffement, j'ai démarré dans les derniers, ce qui fait qu'au lieu d'être larguée au sommet de la première montée, dès le bas j'étais seule avec deux autres dames, régionales de l'étape et qui connaissant ses capacités à tuer les pattes d'emblée, avaient sagement décidé comme moi de ne pas faire la première côte, la redoutable du cimetière, en courant. C'étaient deux amies qui s'étaient fixé ce défi, après avoir réussi l'an passé un marathon de Paris et leur compagnie était revigorante. Nous avons assez vite décidé, ça allait de soi, de cheminer ensemble. Parfois nous avions un rythme différent, parfois l'une ou l'autre faisait une pause technique, mais nous nous attendions à la croisée suivante de chemins ou en haut de la difficulté d'après. 
Le fait est que nous ne voyions plus personne devant et que même si le chemin était fort bien balisé, c'était mieux aussi pour des raisons d'entraide et de sécurité. 
L'une de mes co-coureuse a hélas fait une chute, et plus tard une autre, ce qui a un peu entamé son entrain. Nous avions passé un ravito fort sympathique, elles avaient leurs petites familles respectives en supporters, c'était chouette de courir avec tant d'encouragements, je m'étais trouvée spontanément associée. Je n'avais pas le cœur qu'on se quitte, de toutes façons à la jouer perso, qu'aurais-je gagné ? Il ne faisait pas un temps à établir de RP.

Laurent de Cap Marathon à Ermont est venu nous rejoindre vers la statue de la vierge (j'ai admiré le petit gazon à prier), et partant de là, c'était certain que nous allions arriver au bout, ce n'était plus qu'une question de se soutenir dans les passages à vide ou particulièrement difficiles. Avec Laurent nous ramassions les (rares) détritus abandonnés par des coureurs, et à l'aider je me suis sentie utile. Il a été parfait, calquant son allure sur la notre d'escargots. Grand merci à lui.

Vers la fin, alors que nous étions en train de négocier le fameux "M", le vent s'est levé et la drache a redoublé. Nous avions eu droit à un peu de soleil encourageant peu auparavant, sinon il avait fait très gris ou pleuviné tout du long. 

D'environ 10°c, la température était tombée à 7°c et ça se sentait. Par précautions je m'étais plutôt sur-équipée : 
mes bonnes chaussures de trail (de la marque qui s'en fait une spécialité), des chaussettes spéciales trail avec un chaussant qui contient une part de soie (zéro ampoules depuis que je les utilise), des guêtres comme pour la danse mais noires, un collant long 2XU qui est une perfection (il tient chaud quand il fait froid, et se fait tout léger quand il fait chaud), un petit short Levallois Triathlon pour le chic, un sweat manches longues très fin mais chaud de la même marque, un maillot cycliste sans manche du Levallois Triathlon (très pratique pour les poches arrières), le sweat noire à capuche chaud, et par dessus le coupe-vent Salomon rose que j'avais acheté pour les 10 km de La Rochelle quand j'avais su que ça se courrait sous la pluie et qui était coûteux mais mérite n'était pas une arnaque : il protège vraiment de la pluie même assez forte sans presque d'effet Kway, que t'es aussi mouillé dessous que dessus (1) ; pour me protéger la tête j'avais un bonnet ou tour de cou du club et les capuches du sweat-shirt et du coupe-vent pour quand ça drachait plus fort. J'avais des gants de vélo, parfaits pour tenir ce qu'il fallait chaud et les passages à cordes.
Résultat de tout cet équipement : à aucun moment même sous le vent, même aux passages pluvieux je n'ai souffert du froid.

La boue était particulièrement épaisse et fuligineuse cette année. Sur plusieurs sections pas d'autres moyens que de s'enfoncer jusqu'à la cheville, pas de contours possibles. Le fait de passer en dernier fait qu'en plus tout a été labouré par les pas du peloton qui nous avait précédé. 

Un peu avant le ravitaillement nous avons commencé à être dépassées par ceux du 41 km qui avaient du parcours avec nous en commun toute la fin. 

Note à moi-même : ni lunettes ni lentilles de contact et finalement c'était bien comme ça. 

Nous avons pris soin d'arriver ensemble et en courant, c'était joyeux. Je crois que mes camarades ont souffert mais avec beaucoup de courage elles avaient terminé.
Quant à moi, d'y être allée tranquille, j'étais en pleine forme, ce qui m'a donné l'idée folle de tenter le 41 km l'année prochaine, et dont les derniers arrivaient en même temps que nous. JF en revanche était plutôt déçu et dépourvu d'envie de recommencer, il m'attendait dans le gymnase en grelottant  ; bien secoué par l'une des quatre chutes qu'il avait faites (probablement du fait d'avoir dû enlever ses lunettes à cause de la pluie et du coup mal vu où il mettait les pieds).

C'était la première fois que je ne courais pas seule ; je suis le plus souvent en chasse-patate entre le gros du peloton et les vraiment derniers. J'en garderai un super souvenir. Il est vrai que mes compagnes de course étaient particulièrement de bonne compagnie, ce fut un plaisir de les rencontrer. Et Laurent a été un accompagnateur d'une patience et d'une bonne humeur délicieuses. 
Je crois que ça m'a aussi été d'un grand réconfort de me découvrir capable d'être utile, malgré ma lenteur, capable d'aider à la forêt laissée propre, capable d'encourager les autres. J'ai franchi une étape, que je pressens importante, et qui n'a rien à voir avec le chrono.

Le seul point triste est l'état de la forêt, décimée par les coupes qui étaient déjà fortes mais se sont multipliées sans vergogne depuis que les châtaigniers sont atteints par la maladie de l'encre. Elle est réellement là, j'ai vu des arbres qui "salivaient", je crois que c'est un signe de la maladie à un de ses stades [je peux me tromper], et j'en aurais pleuré. Ils sont condamnés. Et vont devenir dangereux car leurs racines ne seront plus efficaces. Fullsizeoutput_1270

 

 

Seulement il n'est pas prouvé que les abattages d'arbres non atteints soient d'une quelconque efficacité prophylactique : la maladie se transmet par le sol, les racines. Elle n'a pas de remède connu pour l'instant. Il faut abattre les arbres atteints pour cause de risques de chutes. Bien sûr certaines zones sont replantées mais d'ici à ce que les arbrisseaux atteignent une taille d'arbre qui fait forêt, il se passera du longtemps. 

En attendant, la forêt de Montmorency aura su, grâce au boulot d'organisateurs passionnés, nous offrir encore un beau parcours cette année. Et les arbres m'ont évité bien des chutes dans certaines descentes rendues glissantes par la boue. Si seulement il était possible eux aussi de les remercier. 

J'espère que nous pourrons faire le trail des Reculées dont Delphine m'a parlé et celui de la Chouffe au 14 juillet (sur 28 km, essayer)

 

(1) Comme disait Dany Boon 

(2) comme il avait oublié son téléphone et que je n'avais pas entendu lorsqu'il avait tenté de me joindre avec un téléphone d'emprunt, je n'avais pas pu lui dire d'aller dans la voiture se reposer au chaud et prendre et mettre les vêtements de rechange chaud et secs que j'avais mis dans un sac dans le coffre en prévision de notre état de coureurs sous pluie

 

    


La Sedan-Charleville (7 octobre 2018)

 

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Nous sommes un bon paquet à pratiquer, entre autres sports exigeants, à la fois l'écriture et la course à pied. 

C'est Thierry Beinstingel, lequel nous a précédé dans la pratique, qui nous avait poussés à nous inscrire à la Sedan-Charleville, la plus ancienne course de ville à ville en France qui fêtera l'an prochain ses cent ans. 


La date était hélas en concurrence avec le Natureman, mais mon relatif manque d'entraînement - l'année 2017/2018 n'a pas été favorable, et je n'ai vraiment repris des séances régulières qu'en septembre -, et mon manque de visibilité professionnel (et donc financier), ainsi que la motivation de Thierry ont fait la différence. Il y a qu'aussi pour courir dans la famille nous sommes deux, alors que je suis hélas la seule (pour l'instant ?) à me frotter au triathlon.

*                    *                    *

Pour commencer j'ai commis une erreur de débutante, ou peut-être de francilienne, là où les courses de type ville A vers ville B au lieu d'être en boucle, comportent toutes facilités de transports pour revenir à ville A une fois la course terminée. J'ai donc, en me posant d'autant moins la question que le site de la course spécifiait "navettes de Charleville vers Sedan", recherché un hôtel à Sedan.

Prix raisonnable, bon confort, et pas trop loin de ce qui sur une photo en rubrique "parcours" semblait être le départ, nous sommes allés au Campanile Sedan. Ce qui d'un point de vue hôtelier se révéla un excellent choix, d'autant plus que quelqu'un à l'accueil, qui peut-être pratique (ou connaît bien un pratiquant de) la course à pied, a eu la bonne idée de nous attribuer une chambre aux normes d'accessibilité : rez de chaussée, douche de plain-pied avec siège pliant, et last but not least, barre de soutien pour se relever des toilettes. Le dimanche soir en rentrant nous avons été éperdus de reconnaissance - je ne sentais plus vraiment mes jambes, la commande "lever" ne fonctionnait plus, seul "glisser un pied devant l'autre" marchait encore, façon petit robot mal huilé, si l'Homme était un peu plus vaillant, il n'a pas boudé la possibilité de douche assise afin de soulager ses jambes endolories -.

En revanche d'un strict point de vue de géolocalisation, c'était presque une bourde :

- les fameuses navettes allaient bien de Charleville à Sedan mais AVANT la course et non APRÈS. Et ce n'était à ce point pas prévu que celui de l'organisation à qui j'ai posé la question (une indication d'horaires m'avait quand même mis la puce à l'oreille) ne l'avait pas comprise et m'avait dit que Oui, oui il y avait bien des navettes. 

- comme le départ avait en fait lieu dans l'avenue de la gare, et tout au bout est de celle-ci, oui l'hôtel semblait sur le trajet, ou proche et l'était, mais le départ était quand même à deux kilomètres au moins, que nous avons parcourus en courant car une des lubies de l'Homme est de toujours partir au dernier moment et qu'un PPI (1) (merci au gars qui nous a laissé accéder aux toilettes de son établissement devant lequel nous passions) de ma part, nous avait légèrement retardés.

nb : La chambre était si parfaite pour notre usage, le Wi-Fi efficace, le tarif raisonnable, et l'accueil chaleureux, que nous souhaitons si nous revenons pour la centième, revenir dans cet établissement. À nous de mieux nous organiser pour le reste.

 

  

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En revanche, il m'avait été précisé qu'il existerait un service de cars qui emporteraient nos sacs de la consigne du départ vers la consigne sous le marché couvert de la ville d'arrivée, et ce service non seulement existait, mais était fort bien organisé. Ticket sur le sac, numéro du ticket sur le dossard, peu d'attente, cars à l'heure annoncée. Tutto bene.
Pour ne rien gâter les bénévoles qui s'en chargeaient étaient vraiment dévoué•e•s : c'est par trois d'entre elles qui rentraient de Charleville vers Sedan que nous avons été après l'épreuve rappatriés, vraiment gentiment, et déposés à l'hôtel, ce qui était une attention extrêmement appréciable en ce moment précis.

Comme le retrait des dossards, que nous n'avions pu effectuer le samedi à Charleville car le trajet depuis Paris nous avait pris trop de temps, était lui aussi fort bien organisé, le matin de la course à Sedan, nous avons pu avant la course repasser à l'hôtel nous y reposer  durant environ une heure.

 

*                    *                    *                        

Il se trouve que nous étions arrivés la veille sans le rechercher particulièrement par la D764. Nous avions ainsi au passage et en toute innocence, reconnu les 13,8 premiers kilomètres du parcours. Ce fut pour moi précieux : j'ai ainsi pu me repérer dans l'effort, savoir qu'il me restait 10 km à accomplir après Flize, savoir combien les villes traversées étaient longues, avoir une idée du relief (2) : en fait rien d'insurmontable en terme de dénivelée, surtout du faux-plat et en revanche un brin de côte bien casse-pattes au kilomètre 18 et un long boulevard qui n'en finissait plus dans Charleville centre ; la place Ducale, il fallait se la mériter.

J'avais été avertie du piège du kilomètre 18 par une dame prénommée Françoise en compagnie de laquelle j'en ai parcourus quelques autres, et qui avait une motivation similaire à la mienne : aller au bout autant que possible.
Elle venait de Belgique et avait participé comme bénévole ou supportrice à diverses courses, avant de se dire - finalement en un chemin semblable au mien, merci Pablo et ton marathon de Bruxelles en 2011, et celui de Paris aussi -, Et si j'essayais, qu'est-ce que ça donnerait ?.

L'Homme de son côté avait cheminé auprès d'une femme qui disait aller lentement car elle était en décrassage d'après les 100 kilomètres de Millau, avant de trouver que son lentement pouvait aller plus vite - il n'avait pas pu ou pas voulu suivre -. Quant à Thierry il mentionne dans son compte-rendu (en date du 12/10/18) la quasi même situation, avec une personne qui courait la Sedan-Charleville en préparation au marathon de Reims. 

Vous l'aurez pigé, la Sedan-Charleville est la course la plus conviviale dont on puisse rêver. 

Peut-être pas pour les élites, les pros venus du Kenya, du Rwanda (Félicien Muhitira, premier comme l'an passé en 1h11mn48s, soit aussi vite qu'un cycliste en ville) ou de l'Ouganda, mais pour les coureurs et coureuses amateur•e•s, c'est un ravissement : ambiance exceptionnelle, chaque ville ou village traversé y va de son orchestre, les ravitos officiels ou à la bonne franquette sont fréquents (3). Encore plus miraculeux : il y a des personnes pour vous encourager même si vous êtes en toute fin de course, vous prendre en photo (je ne sais qui remercier de la ville de Villers-Semeuse mais grâce à eux j'ai un souvenir) et surtout : les voitures ne sont pas relâchées 6a00d8345227dd69e2022ad3b73692200b-320wiavant que la dernière personne participante qui n'a pas abandonnée n'ait passé la ligne d'arrivée. Pour qui est habituée aux dernières places en région parisienne, où le gruppetto finit sur les trottoirs ou à devoir attendre aux feux, c'est un confort très appréciable.

Je me suis efforcée de répondre aux highfive des enfants et remercier pour les nombreux encouragements, n'y suis sans doute pas bien parvenue vers la fin.

Tout a été pour moi facile jusqu'à la sortie de Flize, d'autant plus qu'il ne faisait pas si frais finalement une fois le départ donné, et qu'ensuite nous avons eu droit à un grand soleil délicieusement chaud, le moment où j'ai le mieux couru.
Je portais, sous le tee-shirt de la course, mon tee-shirt technique 2XU qui est optimal d'un point de vue thermique et de soutien. C'était parfait pour le temps qu'il a fait, variations incluses.


Il n'en demeure pas moins qu'au sortir de Flize sur une portion bordée d'arbres entre deux villes, les nuages ont repris possession du ciel avec un frais vent de face et alors tous ceux que j'avais dépassés au moment chaud me sont repassés devant. Je n'étais pas en difficulté, mais sans chaleur offerte, j'avais moins de carburant interne pour avancer.

J'ai continué à m'efforcer de ne marcher qu'aux ravitaillements - l'eau fournie en petites bouteilles, difficile de boire en courant (4) -, ainsi qu'à l'entrée de Charleville pour une pause photo et publication en temps réel (l'idée était que mes camarades probablement déjà arrivés depuis un bon moment puissent (sa)voir où j'en étais), et reçu des encouragements pour ça. Trois personnes au moins m'ont félicitée pour ma foulée, sans doute inhabituelle chez des derniers : je suis simplement lente, très, mais pas spécialement en peine.

Les deux à trois derniers kilomètres ont toutefois été franchis dans le dur. Comme l'indique Thierry, ça montait sur la fin, longs longs longs faux-plats avant les dernières petites rues dont l'une soudain, à l'instant où l'on commence à n'y plus croire, débouche sur LA Place Ducale. C'est un éblouissement, en plus que tout le monde est encore là, et le speaker aussi, comme si l'on était dans le ventre peuplé de la course et non en fin de paquets de bout d'ultimes participants.
Françoise et un monsieur vêtu de blanc que j'avais doublés et qui m'avaient redoublée à plusieurs reprises m'avaient ouvert la voie dans Charleville, sans que je ne sache faire l'effort de les rejoindre à nouveau : je ne sentais plus mes jambes, et un pressentiment de début d'une crampe m'a fait renoncer à toute tentative d'accélération. Je me suis contentée sur la fin d'un trottinement relâché. 

Avec les deux kilomètres parcourus pour ne pas manquer le départ, j'en avais in fine parcouru plus de 25 et je n'aurais guère pu continuer bien avant. 
Par chance, JF arrivé en 2h39 (2838 ème) revenait de s'être fait masser par les kinés, et est revenu vers la ligne d'arrivée en me cherchant, pile quand je venais de la passer ; sa présence m'a ôté tout risque de malaise, du simple fait de n'être pas seule à devoir accomplir la suite : récupérer vite le sac avec les vêtements de rechange et une veste chaude, avant que d'attraper froid (il devait faire 13 ou 14°c ce qui n'était pas si redoutable mais bien loin des 25°c d'un moment donné et les organismes étaient fatigués) puis accéder à un ravitaillement conséquent.

J'ai décliné la bière offerte, signe que j'étais quand même un brin dans le dur, une fois mon devoir accompli.

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J'étais 2986 ème sur 2990 arrivés (pour 3187 inscrits : je crois qu'il y a eu un nombre certain d'abandons, je croisais l'ambulance qui remontait vers l'avant, repartait vite puis revenait se placer ; j'avais vu une jeune femme recevoir des soins à terre / la voiture balais) et suis probablement la dernière de ceux qui ont couru tout du long. Un pur marcheur à grandes jambes (5) m'avait dépassée depuis longtemps et était arrivé bien avant moi.

Mon seul regret : que nous ayons manqué Thierry, mais nous étions si nombreux au départ et aucun de nous très grand, ç'eût été un immense coup de chance que de nous retrouver. Avoir enfilé les tee-shirts de la course, allègrement portés par la moitié au moins des concurrents, n'aidait pas sauvagement. Comme c'était mon premier "plus que semi" sur route, et que je n'étais pas certaine d'arriver tout au bout en courant, je n'avais pas osé risquer de ne pas faire honneur à une tenue Levallois Triathlon. 

Je note, pour avoir ainsi un premier temps personnel de référence, que j'ai mis officiellement 02:49:54 au semi lequel était homologué. J'espère faire mieux le dimanche 21 octobre à Saint-Denis.

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À la suite de cet effort j'ai dû me doucher dès en rentrant puis dormir comme une enclume quand le forgeron est absent ; l'Homme ayant de meilleures jambes a su conduire de l'hôtel jusqu'à une petite pizzeria sympathique repérée la veille au soir comme ouverte aussi le dimanche. Ensuite la soirée s'est passée étendus devant un documentaire d'histoire régionale sur la première guerre mondiale sur RMC découverte. Il était tombé dessus par hasard et malgré les trop nombreuses coupures pub (de voitures essentiellement, c'était étrange à un tel point) nous sommes restés scotchés. Ce qui permettait d'oublier la douleur et pour moi la fièvre (6). Quelques doliprane 500 plus tard (un tous les 4 heures, avec prudence), j'ai commencé à regagner le normal de moi. 

Ensuite j'ai marché pendant 24 heures comme un cow-boy las, en plus que d'être longuement assise en voiture pour le retour n'avait rien arrangé. Je n'ai pas pu aller nager le mardi matin, mais après l'intervention de mon kiné et du sommeil le mardi après-midi j'ai pu faire une séance de CAP en mode petit décrassage le mardi soir, puis reprendre ensuite mes entraînements, en veillant à ne pas forcer.

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Expérience très positive et heureuse, donc, et une belle envie de revenir pour la 100 ème. Merci à Thierry, vraiment.

 

 

 

(1) Pipi Pressant Intempestif : fréquent chez moi malgré toutes précautions préalables, dès lors qu'il fait frisquet.
(2) Globalement pas trop méchant.
(3) Je n'en ai pas eu besoin mais je crois bien que c'est une course où l'on peut faire une pause-pipi chez l'habitant
(4) Sinon je n'ai mangé qu'une part de pain d'épice (des carrés de sucre ou de chocolat étaient également proposés, mais je ne pensais pas que ça m'aiderait) et bu deux fois un verre de boisson énergétique une bleue, puis une rose vers la fin. Je n'aurais pas dédaigné quelques quartiers d'orange mais globalement c'était parfait.
(5) concept beaucoup plus utilitaire que les Jambes Interminables
(6) J'ai presque systématiquement un épisode fiévreux après les gros efforts. Depuis le temps je ne m'en inquiète guère et m'y attends. Est-ce lié à la thalassémie ?

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La journée la plus efficace de l'année


20180220_102342Je vois mal comment ultérieurement je pourrais mieux faire, et d'ailleurs, c'est sans doute trop d'activités enchaînées sans souffler, alors je ne me le conseille pas vraiment. 

Mais je suis fort heureuse d'y être arrivée. 

Je remercie instamment Grand Corps Malade dont le nouvel album écouté la veille au soir m'a pas mal portée. Il y a toujours de l'énergie et de l'espoir dans le travail de cet homme-là. 

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 Aller courir au réveil, comme j'aime [le sport au saut du lit]. 11 à 12 km, avec facilité. En croisant deux autres coureurs, très bienveillants. Il est bon d'avoir un certain âge, je sais du coup leur gentillesse désintéressée. Au retour j'ai droit à un rayon de soleil  20180220_102627

et au fait que la bruine attend que j'arrive au panneau d'entrée de ville pour tomber.

Le temps de prendre une douche et je file chercher une pendule et deux bijoux que j'avais laissés à réparer. Tout est OK, je dépose des montres ainsi qu'un bracelet.

Je passe chez le marchand de vélos faire quelques réglages de mon nouvel outil de transport et compléter la panoplie. De là chez la fleuriste puis au cimetière. 

Je rentre, rapidement grâce au vélo, juste une halte pour acheter un pain au chocolat ainsi qu'un croissant. Brunch.

Fullsizeoutput_75fFiler ensuite chez le discounter d'en face, j'avais la veille repéré quelques éléments utiles - dont un outile à roulettes pour déplacer des meubles, voire des cartons - et très pas chers. 
Je fais des trous supplémentaires à une ceinture, lorsque m'appelle celui qui doit venir récupérer trois meubles. Sa ponctualité est remarquable. L'état du mur derrière le meuble nettement moins. 

Après son départ j'entame un sérieux ménage puis un début de déblayage de la cabane à outils : depuis le décès de mon père en 2004, et jusqu'au cambriolage de juillet les objets, les outils, les éléments de mobilier stockés pourrissaient paisiblement. 

Sur une intuition j'appelle l'homme auquel nous louons un box, en prévision d'un agrandissement prévu. Il se trouve qu'il est sur place, ou plutôt au café du coin avec un client-collègue-ami. Nous prenons un café tous les trois, et je me (sur)prends à imaginer la vie que j'aurais si je vivais ici. Ça serait supportable. Même un peu mieux que ça. Du moins tant qu'il n'y aura pas l'accident nucléaire qui est aussi probable par ici, que The Big One en Californie. 

Un tour de vélo et je retrouve notre loueur au café. Il a presque terminé. Je reprends espoir que ces stockages devraient suffire. Je n'en reviens pas de la bonne coordination des étapes, de la fiabilité des gens. La #vieparisienne comporte des côtés déformants. Moi-même trop surchargée de travail et d'activités pour être de bonne parole sur ce qui comporte des délais. 

Je repars, passe chez le chauffagiste régler mes dettes (1), m'autorise un saut vers une boutique où j'avais repéré au vol un tee-shirt en solde parfait pour #lefiston. 

Ensuite je reprends tant qu'il fait jour, le travail de déblaiement de la cabane à outils. Jusqu'à ce qu'il fasse trop sombre pour poursuivre. Trois sacs poubelles de 30 L pleins. À contrecœur j'attaque la végétation. C'était nécessaire pour empêcher les murs de pourrir et garantir la lumière et l'accès.

Le souvenir d'Arthur louant ses services comme déblayeur d'annexes et de jardins dans "People who knock on the door" me soutient. Il aimait faire ce boulot. On s'y sent très utiles. C'est curieux comme ce livre passé presque inaperçu en son temps et que personne sauf moi ne considère comme un chef d'œuvre, m'aura accompagné ma vie durant, les mots sont si justes pour décrire une vie moyenne, traversée par une mécanique de malheur, tandis que le narrateur, le gars à travers le point de vue duquel on voit le récit s'efforce de bien faire, de tenir le coup. Un des rares bouquins dans lequel le personnage principal bosse ou étudie sans arrêt ; est réellement amoureux ; est quitté ; subit toutes sortes d'ennuis, certains tragiques, qu'il n'a rien fait pour s'attirer. 
Je m'active donc portée par la force d'un Arthur de 20 ans. Le même qui à plusieurs reprises dans les chagrins intimes m'aura aidée à ne pas sombrer jusqu'au désespoir définitif. Le même dont les symptômes alors qu'il était au prise avec le pire chagrin ressemblaient si fort aux miens que j'étais rassurée quant à leur insignifiance médicale - c'était bien le cas, réactions physiques au malheur et non maladie qui se déclarait -. Patricia Highsmith est morte en 1995, à l'heure où je n'aurais jamais osé aborder un-e auteur-e pour la ou le remercier du bon que son travail pouvait avoir apporté ; ou je n'imaginais pas ou pas vraiment qu'il m'était possible à moi aussi d'écrire ; et de faire un jour un métier, quel qu'il soit, en rapport avec les livres. Nous nous sommes donc manquées. 

Malgré le désordre et les vols effectués par le voisin délinquant, la cabane à outils reste empreinte de la logique de stockage de mon père. J'y retrouve ses façons de faire. Ça porte un réconfort en même temps qu'une grande tristesse. 

Demain il faudra que je termine ce travail, la zone de stockage sera requise pour l'établi de Taverny et les outils. 

Tout fermer à la nuit tombée. Sortir les poubelles. À nouveau se doucher - les muscles sont un peu douloureux-, puis dîner et faire la vaisselle, recevoir et envoyer quelques messages utiles. 

Temps de poser ces quelques notes puis de dormir.
Que personne ne s'avise lorsque je rentrerai de me demander si j'ai passé de bonnes vacances. Ce ne sont pas de mauvaises journées. Tout s'enchaîne et j'aime être seule, puisqu'en l'occurrence personne des présents actuels ne peut vraiment m'aider. Mais ce ne sont assurément pas des vacances. 
Un travail différent. Pour la famille plutôt qu'une entreprise.

Au cimetière, j'ai pu constater que mon arrière-grand-mère maternelle maternelle était morte en 1928 à 52 ans. Je suis plus âgée qu'elle ne le fût jamais. Elle n'aura pas connu les petits-enfants que sa fille Berthe lui aurait donnés, ma tante la plus âgée étant née cette même année. Je me sens fortement en relation avec cette lignée de femmes, fortes mais que le sort n'aura pas épargnées, moi par rapport à elles si privilégiée. Je pense que je dois aussi beaucoup à La Nona, la grand-mère italienne, sa capacité à faire face avec un certain fatalisme mais calme, sans se laisser abattre. C'est d'elles que j'essaie d'être digne et des chances qu'elles n'ont pas connues.

 

(1) Ça aussi : l'installation d'une nouvelle chaudière en notre absence, faite impeccablement. 

 


Autoportrait documentaire

Photo le 04-02-2018 à 11.38 #2

Il faisait entre 1 et 3°c tout gris mais pas de pluie, un vent désagréable de nord-est mais modéré.

Je continue à tester l'équipement que pour le maxitrail de Bouffémont il serait souhaitable que j'aie.

Le défi représente pour moi un grand maxima de course, il convient donc que je n'aie aucun souci parasite comme souffrir du froid ou d'être trop engoncée dans un équipement trop épais. Et même dans ce meilleur des cas, ça n'est pas gagné.

Ce matin j'étais pile comme il fallait alors je note ce que j'avais. Mais je suis consciente de n'avoir fait que la moitié de la distance prévue la semaine prochaine. Et sur du quasi plat.

Chaussettes et chaussures de course normales. Pas besoin d'une deuxième paire à moins qu'il ne fasse très froid (1). Pour courir dans la forêt j'aurais mes Salomon (un modèle milieu de gamme), testé dans des conditions de forte flotte et grande gadoue, et qui se sont révélées assez formidables - comme quoi quand on se tient fort à une activité, investir n'est pas nécessairement surfait -. On sent qu'il y a des gens qui ont bossé pour que le produit corresponde exactement aux nécessités.

Collants long 2XU (c'est pas souvent que je fais de la réclame pour une marque, mais pour avoir testé par mal d'équipements avant de trouver ceux-là, je trouve qu'ils protègent le mieux à la fois quand il fait très chaud et très froid). Short épais par dessus, une marque de Décathlon je crois, et qui présente de plus l'avantage d'avoir deux poches à fermetures

Tee-shirt manches longues 2XU (taille L, un peu grand pour moi mais archi confortable), pas de soutien-gorge, le maintien est bon. Haut cycliste du club (de triathlon) sans manches. Avantage : une épaisseur de plus, mais d'une grande légèreté, mouvements des bras pas gênés, et des poches arrières : téléphone, mouchoirs, petit ravitaillement.
Veste de survêtement de running, bien colorée pour être vue, très agréable à porter et chaude, une poche arrière qui ferme.

Deux tours de cou : le North-face parfait en contact contre la peau, et celui plus épais de Décathlon ou autre grosse enseigne de sport par dessus. 
Une sorte de bonnet, celui du club, assez imperméable si besoin était.

Mitaines de vélo. Celles rachetées après le vol de mon sac en octobre sont parfaites.

Pour la semaine prochaine et ses éventuelles températures en celsius négatives, prévoir par dessus un vieil hoodie s'il ne pleut pas ou seulement drachotte, ou une des vestes imperméables du club si le temps est aux averses ou à la neige.

Mon entraînement était court : pas besoin de boisson et pour le trail j'espère que le ravitaillement liquide officiel suffira. Pas envie de m'encombrer d'un sac même ceux faits pour ça.

Sinon ce matin je testais une nouvelle montre (Garmin forerunner 235) en remplacement de ma Tomtom runner 2 cardio qui a flanché de la batterie après un an et un trimestre. Pour le coup elle me semble trop perfectionnée pour mon niveau. M'indique une VO2 max de 36, je le note pour me le rappeler. 

C'est fou comme je résiste au froid mieux qu'autrefois. J'en reste surprise alors que ma modification métabolique date d'il y a 3 ans. Le bouleversement dans l'ordre des perceptions est sans doute du même ordre que pour les garçons lorsqu'ils changent de voix
(mais bon 25 km par -5°c dans une semaine, caramba, reste pour moi un fameux défi)

  

(1) Ce qui n'est pas exclu, hélas  Capture d’écran 2018-02-04 à 11.44.57

 


dimanche (un)

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Les montres de sport c'est parfois décourageant : une amie te parle du parcours sportif du parc de Sceaux qui fait 7 km (en fait tu as dû mal comprendre et confondre avec le grand tour), vous en faites deux, tu te sens fatiguée comme vous avez fait deux tours tu te dis que c'est normal après 14 km, mais en fait ... c'était 10.
Tu t'es octroyée une pointe de vitesse, et en fait tu faisais du 7 mn/km (8,55 km/h sauf erreur) ce qui en fait est lent. Il n'en demeure pas moins qu'il est extrêmement réconfortant d'être capable de faire à plus de 50 ans ce qu'à 20 on peinait de réaliser, en estimant l'objectif in-atteignable (1).

En résumé : 

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Une fois rentrée tu repousses l'épuisement pour prendre avant tout une bonne douche - non sans appréhension face à l'hiver à venir : tu sais l'énergie qu'il te faut pour tenir le froid en respect même si ça va infiniment mieux qu'autrefois ; et octobre, généralement c'est ça : prendre conscience de ce qui t'attend jusqu'à mars au moins -. 

Tu as pris dans la matinée des nouvelles d'une ancienne amie, tu en appelles une autre en tout début de soirée pour préparer une rencontre qui aura lieu à la librairie jeudi. Un ami, par ailleurs, te donne l'impression de te fuir, seulement tu ignores pourquoi. L'impression de manquer d'une information capitale le concernant. Peut-être qu'il lui est arrivé quelque chose qu'il croit que je sais mais qu'en fait j'ignore et que du coup mes propositions joyeuses de soirées littéraires lui semblent odieuses. D'autres amis sur Twitter émettent des hypothèses dont certaines te font sourire (messe, amant-e ...), et ainsi ils atténuent la peine sourde de cette absence de plus.

Je sais que je suis moi-même absente à d'autres, parfois j'accumule des semaines de messages en retard. Mais généralement je trouve moyen d'envoyer à un moment un mot pour expliquer le trop pas le temps.

J'ai relevé les mails aussi, de la librairie. La semaine à venir sera très chargée et il ne convient pas de les laisser s'accumuler. 
C'est la première fois de ta vie qu'un travail m'est à la fois aussi fluide et avec des responsabilités qui font que je dois en dehors de mes heures veiller. J'aime beaucoup ça. 

(J'ai eu d'autres boulots bien aimés, notamment à Livre Sterling et Au Connétable mais j'étais dans les deux cas au service d'une personne et non la cheville ouvrière).

Tu as du pain sur la planche.
Ce n'est pas moi qui m'occupe du dîner et je savoure à sa juste valeur d'être allégée de cette tâche. Depuis plusieurs années le repas du dimanche soir est celui que prépare l'homme de la maison quand il n'a pas de concours de pétanque.

Je ne parle que de livres (ou de cinéma) (ou de triathlon) il ne parle que de ça. [hors conversation strictement utilitaires et hélas en cette année d'après les deuils, inévitablement nous en avons].

Demain il faudra se lever tôt : maison de ma mère, un rendez-vous d'entretien.

La vie est ainsi.

Je me demande comment on appelle le contraire de binge watching : je regarde seulement à présent le 12 ème épisode de la première saison de Thirteen reasons why. Série pour laquelle je me sens trop vieille, j'ai perpétuellement envie de leur dire, Mais vous en verrez d'autres mes pauvres chéris, qui est terriblement américaine - ce qui m'amuse ou m'agace -, truffée de grosses ficelles narratives, mais est bien filmée et montée (même si sans doute avec pas tant de moyens ?), les jeunes acteurs sont très bons mais pas toujours, mais équipés d'une telle envie de bien faire qu'ils en deviennent touchants, et dont le propos est louable - hé oui, les filles ne sont pas des objets -. Seulement j'ai très conscience de ne regarder que lorsque je veux me dé-saturer de lire ou plus précisément lorsque je dois remettre les compteurs émotionnels et imaginatifs à zéro entre deux lectures pro ou une personnelle et une pro.
Cette série me tient sur l'effet du deuil, et qui est très bien vue de ce point de vue là.

Je tente de me remémorer toutes les choses vécues depuis une quinzaine de jours (2), et m'aperçois que je mène une vie intéressante, intense et jolie. Pour autant que je parvienne par instants à faire abstraction de l'état du monde, mais c'est devenu nécessaire à force d'impuissance et de catastrophes enchaînées - telles la présence de Trump à un poste qu'on n'aurait jamais jamais dû lui confier -. Pour autant que j'oublie ce(ux) qui me manque(nt), morts ou vivants.
On dira(it) que j'attends les prochaines catastrophes assez sereinement. 

 

(1) Nous logions étudiants à la résidence universitaire d'Antony et les garçons allaient assez souvent courir au parc de Sceaux. Je bouclais un tour, grand max et très péniblement.

(2) En gros : depuis le dernier moment où j'ai fait le point mentalement. 

PS : Je vois passer chez Reflets et vers une image qu'on dirait moi (en plus jeune et plus fine, j'en conviens)  22222045_1402189166562632_3880081465751680389_n