Une piscine de plus, un hôpital de moins - fotolog

FireShot Capture 435 - gilda_f - Fotolog - http___www.fotolog.com_gilda_f_8320073_

Alors bien sûr, recapter mon fotolog en particulier de ses débuts, me fait croiser des deuils déjà un peu anciens, des ruptures subies, la perte de confiance en la plus proche personne qui m'avait fait tant de mal - en même temps il est bon de mesurer combien l'on s'en remet, la résilience n'est pas un concert exagéré -. Mais il y a aussi des instants de grâce que je n'avais plus à l'esprit dont les photos ont été le témoin. Je suis alors heureuse d'avoir cette occasion que je ne me serais moi-même pas accordée (trop prise par le présent, trop affamée d'aller de l'avant) de les revisiter.

Ainsi celle-ci d'octobre 2004, ces plaques trouvées mises au rebut dans la rue et dont les slogans me réjouissent l'âme.


BDJ - 160126 - "Il y va parce qu'elle est triste"


    (bonheur du jour du mardi 26 janvier 2016) C'est curieux, une amie m'a fait suivre un article sur le fait de se faire "ghoster" (1) précisément à la veille de revoir celui qui m'avait sauvé du grand danger dans lequel m'avait jadis (2) plongée le fait de l'avoir été. 

C'était un grand bonheur de le revoir, comme à chaque fois, même si ce n'est pas dans des circonstances qui se prêtent à l'intimité. Il présentait l'un de ces livres. 

Et voilà qu'évoquant l'un de ses personnages il a dit "Il y va parce qu'elle est triste. J'aime cette idée-là y aller parce que quelqu'un est triste".

C'est très exactement ce qu'avec moi il avait fait. C'était un grand petit bonheur que de l'entendre le dire.

La survie tient parfois à quelqu'un qui agit selon ses idées. [Grand sourire]

 

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
C'est l'amie Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci à Tomek qui s'est chargé du boulot -) 

Chez Couac : Bonheur du jour 13 (avec en guest star un boulanger qui sait dire Je vous aime aux gens) 

billet commun avec Bella Cosa

 

(1) Je suis certaine qu'au Québec ils savent dire avec un mot moins anglicané.
(2) Savourer le plaisir de pouvoir écrire "jadis" concernant ce sujet.


Photos d'antan


    Lancée la semaine passée à la recherche du fotolog perdu (1) et même si j'espère en retrouver la plus grande partie grâce aux archives du dépot légal BNF, j'ai replongé dans mes archives photos qui selon les périodes de relatives accalmies ou de difficultés de ma vie sont très bien classées et "étiquetées" ou chaotiques (mais néanmoins existantes). En fait je ne perdrais pas de photos dans l'aventure puisque j'y publiais des images conservées par ailleurs, c'est la sélection elle-même, les textes et les interactions amicales que j'aimerais reconstituer. J'en ai besoin pour des chantiers d'écriture, j'en éprouve le besoin pour jalonner (2). 

En attendant ça m'a fait pour les photos comme lorsqu'on commence à rafraîchir les murs d'une pièce : on se voit soudain par nécessité obligés de faire aussi quelque chose pour le plafond. 

J'ai donc commencé aussi à remettre de l'ordre dans des scans plus ou moins récents (ou récents mais de photos anciennes). Ainsi une image du Burkina Faso prise en 1987 probablement

JF et Gilda Koudougou 1987 probablement

 

Et aussi une photo prise probablement par l'homme de la maison à Bruxelles en juillet 1985.

Gilda Bruxelles juillet 1985

C'est finalement assez réconfortant de les regarder. 

1/ Nous sommes toujours en vie (so far)

2/ On aura quand même, même en étant fatigués et très pris par notre travail rémunéré, bénéficié d'un bon bout de chemin de paix générale, sans souffrir de la faim, ni de la soif, ni du froid (sauf pannes), en ayant un excellent accès à des soins médicaux dès que nécessaire. Nous aurons pu élever deux enfants sans qu'ils ne manquent d'autres choses que de notre temps disponible. Aucun de nos ancêtres respectifs n'avait connu ce qui en d'autres lieux et temps et sans doute à nouveau dans le futur proche sera considéré comme de grands privilèges.

Nous avons eu beaucoup de chance.

La suite risque d'être un peu plus compliquée (et pas seulement pour nous).

 

(1) Il semblerait donc que Fotolog ait été cédé au Grand Rien des Internets
(2) Je le dis grâce à Bree sans doute mieux par ici.


Nouvelle année


    Ça m'est resté de l'enfance, puis de la période où je travaillais en entreprise, du temps où les projets conséquents existaient qui courraient sur un rythme d'un été l'autre sans spécialement tenir compte des fins d'années du calendrier - fors pour certains découpages de budget -, de mes années de mère de famille de jeunes enfants scolarisés, d'abonnée (ou ex-abonnée) à certains théâtres aussi et de membre de différentes associations, sportives ou musicales, mais voilà pour moi les années sont sur le rythme de celles d'écoles. Elles s'achèvent au 15 août pour après un espace transitoire voir une nouvelle saison arriver au moment de la rentrée où à son plus proche dimanche soir.

C'est donc demain le début de 2015/2016.

Et ce soir le moment de faire un bref bilan.

2014/2015 aura été rude. 

2005/2006 avait été une sorte de triangle des bermudes, comme si nous (= ma petite famille) devions subir une colère des dieux, une malédiction ancestrale, c'était étrange de voir en temps de paix tant de coups durs se cumuler dans tous les domaines possibles de façon quasiment simultanée. 

Peu à peu la vie avait repris un cours plus cohérent. J'avais trouvé en 2009 l'énergie de me défendre d'une attaque insensée pour sauver ma peau professionnelle et ce mouvement semblait avoir relancé ma vie dans son ensemble vers une progression. Tout n'était pas simple, il y a eu des chagrins, des ennuis d'argent, une rencontre décisive qui n'a pas bien tourné (0), un petit succès dont je me suis à peine rendue compte, une chance formidable qui m'aide encore à présent (1) et de belles et solides amitiés.

L'automne 2012 a été un moment de grâce. J'ai été trop surmenée pour le mesurer - encore que, en retombant sur des bribes d'alors je me rends compte que je faisais la part des choses entre ce qui était formidable, la fatigue qui m'empêchait d'en profiter parfaitement, et la déception que quelqu'un m'avait infligée, mais qui restait présent et proche -. 

Mais la fin de 2012/2013 avait été une dégringolade, plus d'emploi salarié - et pour le coup la conscience aigüe que j'avais eu la chance de partager une expérience sauf les derniers mois formidable - et une rupture subie combinée (2). 

2013/2014 a été l'occasion de prouver une fois de plus que je peux être une survivante. Je peux sans doute remercier les ami.e.s, l'homme de la maison, mes enfants, et mon grand-frère électif. Le système de chômage qui permet en cas de licenciement économique de ne pas devoir encaisser le choc sans filet. Et je peux remercier très fort Satsuki et Claude qui m'ont aidée économiquement, l'une à tenir financièrement malgré un emploi que j'ai refusé (3) l'autre à sauver une fin de mois qui avait été rendue catastrophique par l'erreur d'un tiers. Mais quelqu'un de la famille a vu revenir un épisode de crise de sa maladie chronique et la fin de cette année là a été d'inquiétudes et d'épuisement.

J'ai vraiment cru que 2014/2015 serait enfin l'occasion de stabiliser une vie quotidienne propice à l'écriture et à la progression de ma condition physique à laquelle je persiste à croire comme si quelque chose me devait compensation pour les années d'enfance et de jeunesse traversées bien en dessous de mon niveau réel, trop occupée par les phases de fièvre et de toux et de ne plus tenir debout. Je suis une sportive. Mon corps n'est pas tout à fait d'accord. Ça se négocie.
Mais je travaillais et travaille encore dans une librairie à fort passage et j'avais fait la permanence estivale, ce qui fait que lorsqu'à la rentrée ont succédé les flux de clientèle grossis par les achats Trieweiler - Zemmour - Modiano, malgré un emploi à temps partiel je suis tombée fatiguée et du coup salement enrhumé en novembre, où je n'avais pas pu prendre de congés même brefs, et il avait fallu enchaîner sur le temps plein intense de fin d'année. Ce qui fut fait. Je sais honorer un contrat. Seulement j'ai débuté 2015 exténuée et comptant profiter d'une période d'accalmie pour me refaire une santé.

C'est alors qu'est survenu le 7 janvier.

Complété par une sorte de sous-catastrophe intime le 8. En l'écrivant ça me fait songer aux balles à fragmentation. Une première blessure serait grave mais pas fatale seulement le projectile est conçu pour poursuivre ses dégats.

J'ai assuré. Sans doute que travailler sans manquer un seul jour fors celui des obsèques d'un ami, a aidé, j'étais obligée de tenir, de me concentrer. Mais l'effet à un moment s'est inversé : j'avais esquivé le deuil, un deuil à plusieurs étages, collectif, personnel et de la blessure secondaire et il me rattrapait. L'été sans vacances mais non sans congés - ça tombait bien j'avais un pied à soigner -, m'a permis de refaire surface. Malgré un nouveau deuil, plus éloigné mais non sans forte émotion.

J'aborde 2015/2016 avec une volonté de m'en sortir renouvelée. Mais je sais que ça ne sera pas simple. Et qu'il me faudra prendre un risque financier. Avant que d'être une fois de plus rattrapée par le syndrome de George Bailey. Tenter le tout pour le tout. 

Je crois que j'ai compris que pour quelqu'un comme moi, les conditions minimales de sérénité ne seront jamais rassemblées. 

Le 8 septembre je saurais si l'un de mes projets est insensé ou acceptable.

Et puis j'en ai un autre, fou (je pars de rien, matériellement), à longue échéance (je n'ai pas le temps pour l'instant et ne l'aurait pas dans l'immédiat) mais très sérieux (si je l'accomplis un jour il rendra service à bien des gens) : réaliser un documentaire sur un sujet précis qui me tient à cœur. 

Mes bonnes résolutions ? Ranger l'appartement, faire refaire ma carte nationale d'identité et mon permis de conduire égaré.

 

(0) Depuis que j'ai lu le nouveau roman de Delphine de Vigan je me demande si je n'ai pas été purement et simplement manipulée. Jusqu'alors et malgré le 8 janvier, j'ai cru à la sincérité mais grande maladresse de qui j'avais rencontré. Ainsi qu'à ma trop grande naïveté.

(1) L'accès grâce à mon écriture sur blogs à un lieu de travail que je n'ai pas à la maison. L'indispensable "chambre à soi" sauf qu'elle est collective. Ça me va. 

(2) J'ai encore aujourd'hui du mal à ne pas croire que l'annonce au détour d'un message d'un truc du type "Va-t-en plus loin, j'ai trouvé mieux", n'est pas liée à celle de mon chômage devenu imminent et que jusqu'à ce moment depuis plusieurs mois celui qui me congédiait avait crânement joué sur les deux tableaux. Tant que j'étais libraire je pouvais être utile. Certaines coïncidences sont difficiles à avaler.

(3) La proposition était prometteuse mais je n'étais pas en état de l'assumer. À un certain point travailler peut aider à se remettre d'une rupture, d'un deuil, d'un accident, mais si on est en dessous d'un certain état physique, on ne peut pas parvenir à assumer ce qui est demandé et alors ça peut se révéler encore plus destructeur.


Il y a deux ans - version longue -

nb. : Ce texte a été écrit bien avant le 7 janvier 2015 et le message autopromotionnel reçu de ta part le 8. À la réflexion j'ai décidé de le maintenir à la date que j'avais prévue. Il est une bonne mesure du chemin parcouru, de l'incidence qu'un acte de terrorisme même s'il ne nous touche pas physiquement, peut avoir dans nos vies, nos façons d'aimer, de penser, de percevoir le monde. À l'instar de Marie, je me suis longtemps demandé, surtout pour ma part devant les faiblesses que j'avais : Peut-on changer ? Je sais désormais que la réponse est oui. 


Capture d’écran 2014-11-04 à 18.03.12Il y a deux ans, à la même heure, je vendais "L'histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris)". Le patron et moi étions efficaces.
J'étais heureuse et fière (1).

 

 

(deux mois après)

La librairie allait fermer. Définitivement.

Tu m'as dit Va-t-en (2).

 

(l'année suivante, autre établissement)

Je n'ai pas su vendre le roman d'après.

Toute compétence a ses limites.

 

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Il y a deux ans - Make it short

nb. : Ce texte a été écrit bien avant le 7 janvier 2015 et le message autopromotionnel reçu de ta part le 8. À la réflexion j'ai décidé de le maintenir à la date que j'avais prévue. Il est une bonne mesure du chemin parcouru, de l'incidence qu'un acte de terrorisme même s'il ne nous touche pas physiquement, peut avoir dans nos vies, nos façons d'aimer, de penser, de percevoir le monde. À l'instar de Marie, je me suis longtemps demandé, surtout pour ma part devant les faiblesses que j'avais : Peut-on changer ? Je sais désormais que la réponse est oui. 

 

Capture d’écran 2014-11-04 à 18.03.12Il y a deux ans, à la même heure, je vendais "L'histoire d'Alice [...]". Le patron et moi étions efficaces.
J'étais heureuse et fière.

Puis tu m'as dit Va-t-en.

Je n'ai pas su vendre le roman suivant.

 

141104 1838

 

  

 


Mémoire abîmée


    Comme toujours à l'orée de vacances de l'emploi salarié, j'ai pris de solides résolutions de travailler, tenir un rythme, boucler enfin un projet. Depuis un an que je bosse 24h/semaine dans un job qui devrait être favorable à mon travail personnel, toutes sortes d'événements extérieurs se sont ajoutés à la fatigue de le tenir, des périodes aussi où il aura été d'une rare intensité (1), deux inquiétudes fortes (pour la santé de ma fille en particulier) et deux chagrins profonds (dont un pour le moins inattendu même si nous savions, et le principal intéressé, qu'un risque existait) m'ont mis des semelles de plomb et l'énergie en berne. L'un dans l'autre je n'ai rien avancé que l'écriture quotidienne, ici et ailleurs. Et encore, pas tout à fait comme il conviendrait. Je prépare donc mon matériel afin de pouvoir, si aucune nouvelle catastrophe ne se manifeste, enfin me réattaquer à l'un de mes plus anciens chantiers. Celui que j'étais sur le point d'achever en 2010 alors qu'il m'avait fallu prendre un emploi au lieu de pouvoir terminer. 

Celui de reprise sous forme de roman de mon deuxième blog.

 Ce n'est pas si simple car depuis l'époque différents crashs de mémoires d'ordis ont eu lieu et en juin 2013 un double crash tout court dans ma vie (perdre et cet emploi et par ailleurs un bien-aimé). Ce qui fait que la mémoire de la machine ne peut vraiment secourir la mienne et vice-versa.

Je parviens enfin à récupérer une version du texte complet qui si elle n'est pas tout à fait la dernière est déjà pour partie retravaillée. La base en est le copier-coller de billets écrits entre février et juin 2005.

Il y a dix ans.

J'avais bouclé l'histoire et terminé, scrupuleusement, par une note entière de remerciements.

Ce qui est étrange c'est que des personnes devenues et restées très importantes pour moi n'y figurent pas : nous ne nous étions pas encore rencontrées ou venions à peine de le faire (hé, hé). D'autres étaient des amies de relativement fraîche date. Que quelqu'un qui comptait infiniment m'a fait (faire) une sortie de route. Au point que je me demande si je citerais son nom en cas d'actuelle parution.

Alors ces remerciements dès l'abord me sont troublants.

 Et puis voilà que je tombe sur cette phrase :

"Un merci particulier à [Prénom Nom] qui dans les premiers temps a levé par un mot d'encouragement un doute qui m'étreignait très fort, celui de ne pas être à la hauteur [...]"

Elle ne m'étonne pas. Le souvenir de mes doutes est encore vivace. Seulement la personne envers laquelle j'exprimais tant de gratitude et que j'avais rencontrée au début du travail entamé, perdue de vue par la suite (2), a été de ma mémoire malencontreusement effacée. Sans doute que si nous nous croisions, là, maintenant, je l'identifierai en fonction de cette période et du travail effectué en commun, mais lire son nom entier ne m'évoque plus rien, pas de visage, pas de voix. It doesn't ring any bell.

Je me rends alors compte que deux ruptures brutales subies plus une troisième qui fut énoncée sans être consommée plus la fin paroxysmique de 23 ans de vie professionnelle plus un nouveau métier plus deux périodes de grande inquiétude pour la santé d'un de mes enfants plus l'éloignement d'avec ma mère contre lequel je n'ai rien su faire, mêmes si elles ont été partiellement équilibrées par des moments de vie intenses et formidables m'ont laissé la mémoire abîmée.
Oublier des personnes qui me furent secourables ne me ressemble pas.

Reste que je trouve là toute la justification de ce patient travail d'écrire que j'ai entrepris : témoigner des bontés avant qu'elles ne soient par sa bénéficiaire même injustement oubliées. Le reste est important, mais il vient après.

 

(1) Dans l'absolu c'est bon signe ça signifie que les affaires marchent. Mais il faut pouvoir assurer.

(2) Nous avions milité ensemble, l'épisode militant clos, chacun avait repris le cours de son existence. Et pour moi ce ne furent pas ou peu (2012 ?) des années de paix.


Journal intime (de ce week-end)


20150412_203302

métro vélib bus TGV tram marche à pied tram voiture course à pied tram marche à pied voiture TGV bus vélib métro marche à pied marche à pied métro marche à pied.

écouter boire rire parler se doucher dormir manger (petit-déjeuner) se promener manger (bien) dormir lire bip se doucher se faire une beauté (prière de ne pas rigoler) écouter puis voter (assemblée générale) déguster manger (très bien) lire dormir courir manger (petit-déjeuner) 
manger (bien) parler boire regarder (deux minutes l'enregistrement d'un spectacle) lire somnoler

lire jouer au foot (passes et jongles) boire parler rire apprendre (l'usage du nez) se doucher écrire

Paris VIII Clichy Lille La Madeleine Croix Roubaix Lille Lambersart (bord) La Madeleine Moulins Lille Paris X Clichy Gennevilliers Colombes Gennevilliers Clichy
mentalement : Uccle Bordeaux Paris (pendant le marathon) (alors que j'étais à Lille) 

Blogueurs marathonien(s) amateurs de théâtre amateurs de whiskies touristes. Tous de vieux ou de très vieux amis (sauf les touristes). Je ne note pas ceux que je n'ai pas vus mais auxquels j'ai pensé à plusieurs reprises. 

Et j'ai enfin compris d'où venait l'exclamation "Nom d'un chien !". J'ai par ailleurs eu la confirmation d'un mécanisme récurrent de ma vie, qui fait que je rends souvent service à mon détriment. Dans la mesure où la plupart du temps c'est dans l'intérêt général, sauf concernant l'amour, je n'ai pas l'intention de changer. Je serais simplement plus consciente du prix à payer et moins douloureusement surprise.

(mais ça pourrait faire l'objet, un jour, d'un billet) (et le chien et les dangers de l'altruisme) 

(Je devrais aussi écrire le sketch de l'îlot des Tanneurs auquel nous avons participé - parfois la vie se et nous joue ou nous fait jouer des sketchs -)


Pendant ce temps, ligne 13


Les clochards du soir au métro La Fourche aujourd'hui se disputaient. Un des types, plus jeune, a fociféré, menacé, s'est éloigné.

Celui de la bande, un homme massif aux cheveux rares et gris lui a dit quelque chose qui a fait revenir l'autre sur ses pas. Mais la fâcherie a repris de plus belle. L'homme plus âgé a alors gueulé quelque chose comme un peu de respect, je pourrais être ton grand-père.

Emporté par l'élan de sa colère, le plus jeune a rétorqué :

- Je suis plus (+) grand-père que toi !

Mon voisin de quai a ri, jeune homme, en me disant, Si c'est ça c'est moi le plus grand-père des trois.

Même aux jours de deuil, on peut sourir parfois. 

En tout cas je retiens l'argument pour une prochaine dispute. Ça a l'air assez efficace, le grand-père potentiel est resté coi.


Un tsunami dix ans après


Ce lien vers un article de Didier Lauras sur un site de l'AFP, me replonge dans la fin de l'année 2004. À l'époque je tente d'obtenir mon passage à mi-temps afin de pouvoir enfin sérieusement écrire. Mon père est mort en septembre après un été d'agonie. L'accompagner m'a menée très près de la mort, que je ne crains pas mais la souffrance du passage, si. Je reviens doucement vers la vie. Incapable d'être triste - nous ne nous entendions pas fort, de son vivant d'en pleine forme ; et puis il y a cet intense soulagement de la souffrance finie -. Écrire est le plus important de ma vie. J'attends avec impatience que mes forces reviennent. Ma grande amie m'encourage et me soutient. Viens me chercher parfois "après l'Usine", et nous buvons un coup au Gramont ou un café voisin.

Nous n'avions pas trop le cœur de fêter Noël mais l'avons je crois passé chez ma mère afin qu'elle ne se sente pas trop seule.

Du coup loin de l'internet, je ne suis pas trop consciente de ce qui se passe là-bas vers la Thaïlande. Je ne mesure pas l'ampleur des dégâts ; éprouve peu de compasssion pour les touristes, qui ont (mal) choisi d'être là, et bien davantage pour les locaux. Je pense que ça doit être terrible pour ceux qui ne savent pas où les leurs sont passés.

À l'époque je ne tiens qu'un fotolog minimaliste, je consacre l'écriture au manuscrit du Diario qui finalement deviendra Traces et trajets, ce blog. Comme j'ai changé au moins quatre fois d'ordi depuis et comme suite à des pannes, j'ignore ce que sont devenues les autres photos d'alors, j'ignore ce que je pensais sur le moment.

J'ai même un doute sur le fait d'être allée ou non en Normandie - ce qui pourrait expliquer aussi de n'avoir pas mesuré l'ampleur humaine de la catastrophe : là-bas pas ou peu d'internet, pas de télé, juste un peu de radio si nous pensons à l'allumer et quelques journaux en papier si nous les achetons.

Je crois que le deuil et l'effort d'écrire en plus de travailler dans la grosse entreprise et qui me coûte d'autant plus que je compte dès que possible m'en éloigner, me préservent alors de la marche du monde.

Peut-être qu'un jour en rangeant je retrouverai des messages, des mots de ce temps, qui montrent qu'au contraire ça m'avait bien secouée, que j'étais dévorée par le sentiment d'impuissance. Vu de dix ans après, à l'effort de ma seule mémoire, j'ai l'impression de n'avoir (presque) rien su.

Et à présent ce qui prédomine c'est de me dire Dix ans, est-il possible que ça fasse dix ans ? Et d'être impressionnée par les bouleversements intervenus et dans le monde et dans ma vie. Je comprends mieux ce besoin que j'éprouve de reprendre mes forces, souffler, me poser ; et que la sensation que dans le contexte général, violent, guerrier, troublé, la planète de plus en plus esquintée qui semble se défendre à coup de phénomènes paroxistiques de plus en plus extrêmes, ça soit impossible paraisse hélas justifiée.