Petite histoire du Brexit with flags

    Quand ta journée de travail fait 9h45 (voire 9h55), sans un gramme de temps à part aux trajets en train pour consulter ton téléfonino sans même parler d'un ordi, tu te demandes un peu si une fin du monde n'a pas eu lieu pendant que tu taffais, ou plutôt tu te dis qu'elle n'a pas dû avoir lieu car les livraisons semblaient normales. Les livraisons, ce truc qui te relie au monde.

Alors tu regardes tes fils infos sur Twitter.

Et tu tombes sur quelqu'un qui a expliqué le Brexit d'une façon jolie, hilarante et si vraie.

Un grand merci @collabblues 

 


D'un inconvénient inattendu d'avoir les cheveux frisés

 

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Nous venions de terminer le dîner et l'homme de la maison m'a proposé une brève balade tant qu'il faisait jour et que le couvre-feu n'était pas tombé. 

Je lisais ou j'écrivais, bref, j'avais mes lunettes de vue sur le nez, je les ai vivement retirées afin de filer sans plus tarder. Zou !

J'ai replié les lunettes dans leur boîtier qui est de ceux rigides où elles s'enfilent sur un côté. 

À un moment donné de la balade, environ 800 m de la maison près d'une haie non loin d'un arbre où beaucoup d'oiseaux à ce moment-là chantaient, j'ai eu l'impression qu'un branchage m'était tombé sur la tête, j'ai entendu un léger bruit d'une chute, me suis demandée d'où venait ce que j'avais reçu, curieux, l'arbre en vu est assez loin quand même. 

Et puis nous nous sommes bien promenés. De retour à la maison vers 22h35, peu avant l'extinction des feux, à 23h. 

Je veux reprendre là où j'en étais, tire les lunettes de leur étui, les mets sur mon nez et me fait mal derrière l'oreille droite. Je les enlève aussitôt : il manquait tout l'arrondi de la branche, la partie non métallique et c'était le bout pointu à présent à découvert qui m'avait écorchée. 

J'ai cherché dans l'étui : rien. 

Il ne m'a pas fallu longtemps pour piger que le bout de branche avait dû resté coincé dans mes cheveux jusqu'à s'en détacher probablement là où j'avais cru recevoir un branchage.

J'ai pris une lampe de poche, scruté pas à pas le trottoir à cette hauteur là ... et retrouvé la pièce manquante.

De retour à la maison cinq minutes exactement avant l'extinction des feux. 

Les lunettes sont défectueuses à n'en point douter. Il n'empêche que c'est une mésaventure de cheveux frisés de les avoir suffisamment forts pour détacher un morceau de branche dans le geste de les ôter. Et que le bout restant se soit promené ensuite près d'un kilomètre avec moi avant que de choir. 

En attendant, j'ai remis la pièce en place et pour l'instant elle tient. 

 


"The radium girls" de Kate Moore

(Au départ un thread sur Twitter mais ça mérite bien un billet)
 
Alors comme le "Feel good" de @thomasgunzig m'avait donné la pêche et du courage et aussi pour éviter d'enchaîner avec un autre roman que j'aurais forcément trouvé fade, j'ai attaqué cette lecture-ci dans la foulée. C'est passionnant, mais quel coup de poing même en s'y attendant
 
 
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Il s'agit de la terrifiante histoire des jeunes femmes qui travaillèrent au début du XXème siècle dans des usines où l'on utilisait le radium en particulier pour créer des aiguilles fluorescentes sur différents appareils. Elles travaillaient au pinceau.
 
 
Pour davantage de précision et de rendement, et aussi parce qu'à tremper dans l'eau les pinceaux durcissaient, elles le passaient sur leur langue entre deux tracés.
Le livre relate leur long combat pour faire reconnaître comme maladies professionnelles les cancers et autres conséquences qu'elles subirent, et obtenir prise en charge des soins et dédommagements.
Dès le début certaines jeunes femmes s'étaient méfiées, assez vite des médecins consultés furent sur la bonne piste, l'un d'eux obtint même de visiter les locaux, mais on ne lui communiqua pas toutes les infos.
 
 
Le pire étant que leurs employeurs savaient, du moins à partir d'un certain moment, et d'ailleurs prenaient des précautions pour eux-mêmes, mais toute la structure hiérarchique prétendait que Mais non, vous ne craignez rien.
 
 
La famille de la première victime décédée dans d'atroces souffrances, fut réduite au silence parce que des avis médicaux officiels prétendirent qu'elle était morte de syphilis, ce qui laissait planer des doutes sur la conduite de la défunte, qu'on aurait pu considérer à titre posthume comme une fille légère (par exemple de dissuasion aux éventuelles protestations). Et quand ça commençait trop à se savoir à un endroit que les jeunes femmes qui bossaient là ne faisaient pas de vieux os, une usine ouvrait dans un tout autre état. Salaires élevés, à côtés marrants (elles brillaient en soirée (au sens littéral)), et hop de nouvelles recrues réjouies arrivaient.
Un degré d'horreur supplémentaire est venu du fait que comme les ouvrières étaient ravies dans les débuts, car ce travail était mieux payé et vraiment moins pénible que la plupart des emplois d'usine, lorsqu'il y avait besoin de recruter, elles en parlaient à leurs sœurs et cousines et amies. Ce qui fait que des familles se sont retrouvées décimées ou des voisinages entiers.
 
De nos jours ça n'est plus le radium, mais je reste persuadée qu'on fait peu de cas de la santé des gens quand beaucoup d'argent peut être gagné par qui les emploie.
 
C'est un livre formidable ... dont je n'ose pas trop conseiller la lecture, tant il est dur, les pathologies déclarées atroces, et le cynisme des employeurs absolu. Avec en arrière-plan une façon de considérer que ça n'était pas (si) grave, ça ne concernait que des femmes et qui n'avaient pour la plupart qu'une éducation primaire. 

Top gay

 

    Grâce @gro-tsen je suis retombée sur la video qui démontrait que Top gun était indéniablement un film gay. Une fois qu'on la voit, le doute n'est plus permis.

À l'époque de la sortie du film, du temps d'avant les internets et les fréquentations élargies qu'il m'aura permises, vivant dans un monde où l'homosexualité semblait ne pas exister, ayant tout juste croisé quelques lesbiennes - au foyer des lycéennes où j'étais hébergée durant une partie de mes classes prépas - qui ne s'en cachaient pas et ne sachant rien de l'homosexualité des garçons qui l'étaient - vaguement que oui, ça existait, peut-être seulement dans les milieux aisés ? (1) -, je n'avais rien, mais alors rien vu. Tout au plus m'étais-je dit que ces garçons ne me paraissaient pas très séduisants et qu'ils prenaient de drôles de poses en jouant au volley. Globalement j'avais un peu passé le film à me demander moi qui n'aimais déjà pas les blockbusters et encore moins s'ils étaient guerriers, ce qui nous avait pris d'y aller. Peut-être le besoin de chercher de l'énergie dans le positivisme obstiné à l'américaine. Peut-être que je l'aurais trouvé plus intéressant si j'en avais eu les clefs, ou si j'avais été moins #BécassineBéate 

 

 

(1) Je faisais cette confusion entre le fait de pouvoir plus ou moins ouvertement vivre son orientation sexuelle selon le milieu où l'on vit et la fréquence de son occurrence lorsqu'elle était différente de celle de la majorité.


Du nom des marques des sponsors

 

   Notre système économique veut que le sport professionnel (entre bien d'autres choses) soit financé par des marques qui voient là l'opportunité de se faire connaître. Il me semble que je n'y voyais pas d'inconvénient tant qu'il y avait de la logique : un équipementier de sport finançant des équipes de football, un fabricant de cycles une équipe de cyclistes pro. Ou alors une équipe d'une localité par l'industrie ou l'entreprise pour laquelle la ville était réputée. Saint-Étienne (l'ASSE) de la grande époque, c'était Manufrance, deux identités géographiquement associées.  

Et puis à un moment, ça s'est mis à n'avoir plus aucun rapport : une compagnie aérienne d'un lointain pays s'est portée au chevet d'une grande équipe de football en France, des assurances ont payé des cyclistes ou une société de jeux d'argent. Mon cerveau a alors décidé unilatéralement de ne plus établir de connexion entre les sponsors et les sponsorisés et je ne m'en étais même pas rendue compte. 

À l'instar de l'enfant d'une rubrique-à-brac de Gotlib et qui chantait joyeusement Leblésmouti labiscouti en allant à l'école et tombait déçu quand plus tard il comprenait qu'il s'agissait d'une chanson pour rythmer le travail (1), je suivais par exemple le tour de France sans relier en rien les noms d'équipes à des marques. Le nom était le nom de l'équipe et rien d'autre. 

Autant dire que si tout le monde avait été comme moi, les sponsors et autres mécènes n'auraient pas maintenu longtemps leurs investissements.

Et puis est survenu le Tour 1998 qui a viré au roman policier. Et je suis tombée de l'armoire en comprenant que Festina, entre autre était une marque de montres et que Doïchteutélékom était un opérateur de télécommunication en Allemagne, Kofi Dix un organisme de crédit (2) ... 

Je croyais naïvement que depuis ce temps-là je savais faire le lien, même si je m'en foutais complètement. Et cet après-midi en tirant du café à un distributeur, parce que je regardais rêveusement les noms sur la façade de la machine pendant que celle-ci préparait ma boisson, j'ai "découvert" de quoi était le nom de l'une des équipes de cette année. En fait mon absence de faculté de relier le financeur au financé, en bientôt vingt ans ne s'est toujours pas arrangée. 

Ça me fait bien rigoler. 

 

(1) Le blé se mout-y // L'habit se coud-y  

(2) Alors que je connaissais l'existence des sociétés Festina, Deutsche Telekom et Cofidis ...


Réappropriations


    Je poursuis méthodiquement la mise à jour de la liste des blogs que j'aime aller lire du moins ceux qui ont survécu à la fin de l'époque pionnière où nous étions libres et plutôt bienveillants, communiquant via les commentaires et pas encore par les réseaux sociaux. 

Il me semblait avoir déjà croisé la plus #WTF des réappropriations de noms de domaines sur des blogs avec l'adresse qui fut celle de La République des Livres de Pierre Assouline, seulement en poursuivant aujourd'hui la liste j'ai constaté que La boîte à images d'Alain Korkos première version était devenue un blog de déco d'appartements

Les corps empêchés qui fut le blog d'Emmanuel Pagano est désormais un site d'accessoires de modes.

J'admets fort bien que les temps changent. Il n'empêche que c'est un brin troublant. Et qu'il est triste que des contenus de qualités disparaissent (même si pour deux des exemples particuliers, heureusement, de nouveaux sites et une part d'archives peuvent encore se consulter). 

Concernant La boîte à images, la nouvelle adresse est ici.


Toi aussi ta planète


    Sérendipité du net, d'un moment libre inattendu (un entraînement reporté que je n'ai pas eu la force de transformer en séance pour un autre sport), et d'une curiosité, voilà que ce matin, regardant une video de l'émission Blow up (1), je me suis interrogée sur Brad Pitt dont c'était le tour d'y être évoqué. 

Je me suis aperçue en effet que je n'avais pour ainsi dire vu aucun film dans lequel il tournait, ou très peu. Pour moi il était surtout le souvenir d'une affiche de ciné-club l'année où les bureaux donnaient rue Grétry et où je l'avais accrochée derrière mon bureau d'une sorte de semi-open space et les gens venaient me voir volontiers. Un jour j'avais pigé que la belle affiche y était peut-être pour quelque chose. Il m'en reste une sympathie pour lui.

Du coup j'ai jeté un œil à sa page wikipédia, je savais (fort) peu de choses, à part que oui, il avait été un moment le compagnon d'Angelina Jolie, qu'ils avaient eu des enfants et en avaient adoptés d'autres, mais qu'ensuite c'était parti dans un divorce compliqué. En fait j'en savais quelques trucs via l'histoire d'une entrepreneuse (décoratrice ? architecte d'intérieur ?) qui avait travaillée en leur chateau français mais qui pour cause de séparation en cours n'avait jamais été payée (2), ce qui avait mis sa petite entreprise en difficulté. Curieusement, je ne me souviens pas si je connaissais cette histoire pour avoir vu un documentaire, entendu une émission à la radio ou écouté une personne qui m'avait raconté ses mésaventures pendant une soirée ou un événement social rassemblant des personnes que je ne connaissais pas toutes. Si tel est le cas, et si cette dame venait à passer, qu'elle ne m'en veuille pas de ne plus rien me souvenir d'autre que la structure de l'histoire : le travail fourni, les clients soudain en séparation, et plus personne pour payer les factures et ce déséquilibre entre une petite entreprise pour laquelle c'est vital et une sorte d'entreprise familiale qui évolue dans une tout autre sphère, où l'argent se brasse avec deux (ou trois) zéros de plus dans les sommes concernées. C'est souvent surprenant, lorsque l'on ne suit pas un certain type d'œuvres ou d'actualités, ce qui parvient jusqu'à soi et de quelles façons.

Puis j'ai repéré cette petite phrase, "On June 2, 2015, the minor planet 29132 Bradpitt was named in his honor" et de là j'ai suivi quelques liens, le temps de comprendre que depuis longtemps on nommait de toutes petites planètes, voire des astéroïdes, d'après des gens (présomptueuse humanité), ce que j'avais peut-être su mais solidement oublié, et qu'il y en avait une liste.

Après, c'était un peu foutu pour ma productivité. Les catégories elles-mêmes sont fascinantes, il y a même un peu de place pour les personnages de fiction. Capture d’écran 2019-05-21 à 15.02.23

 

 

 

 

 

 

 

(1) J'apprécie particulièrement celles de Luc Lagier, son humour, sa voix, sa façon de présenter me donnent de l'énergie.

(2) Ça s'est peut-être arrangé depuis.


"ont annoncé que les structures du pays cesseraient d'exister avant la fin de l'année"

(un auto-gag, mais fait-il rire ?)

 

Au terme d'une après-midi d'avoir suivi via Twitter et les LT d'amies et d'amis et de journalistes, traité•e•s mal eux aussi, j'écoutais pour me détendre enfin l'émission Juke Box sur France Culture. Il était ce soir question des groupes rocks dans l'URSS de la fin, et ça me rappelait l'un des films les plus intéressants vus au festival d'Arras, Leto, qui comptait l'ascension du musicien Viktor Tsoi.

Mais comme ça m'arrive encore très souvent, quoi qu'un peu moins ces derniers temps (j'ai quand même pris un peu de vacances en novembre, et c'était nécessaire), je me suis endormie sans même m'en rendre compte, d'un seul coup, tout en croyant encore être en train d'écouter.

Et voilà que soudain alors que mon cerveau pensait être encore en train d'entendre le début de l'émission, mais qu'en fait on en était à 57 minutes de diffusion, cette fin de phrase dite par une voix de journaliste d'information traverse mon sommeil : 

" ont annoncé que les structures du pays cesseraient d'exister avant la fin de l'année".

Ça m'a provoqué un réveil en sursaut simultané à cette pensée, un peu surprise, mais pas tant que ça : 

- Ah ouais quand même !

Puis il y a d'autres phrases et du rock, mon cerveau se réactive en entier et je comprends que ce n'est pas un flash d'informations de ce 8 décembre que je viens d'entendre mais un extrait d'un journal télévisé du temps de la fin de l'URSS et que c'était la chute de cette entité qui était ainsi annoncée ; décision prise d'un commun accord par Gorbatchev et Yeltsin de la dislocation de l'URSS en décembre 1991. 

Bien sûr ça m'a valu un joli fou-rire. Mais pour que j'aie pu y croire, même en sortie de sommeil, même un seul quart de seconde, et après une journée de manifestations généralisées, c'est quand même bien que quelque chose dans ce pays (1) ne va pas, vraiment pas.

 

(1) Et hélas pas que celui-ci : la Belgique à nouveau en passe d'être sans gouvernement, l'Italie avec une manif de la Lega pas franchement rassurante, le Brésil sous le joug de l'extrême droite, l'Angleterre suicidaire, Merkel qui semblait être la seule personne un peu digne encore au pouvoir quelque part qui s'en va et Trump qui touite des trucs de plus en plus hallucinés, on a bien l'impression qu'un vent de folie fatale souffle sur la seule planète pour l'instant habitable
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La météo des plages

 

    Je ne devrais sans doute pas, il s'agit peut-être de conséquences du dérèglement climatique lié au n'importe quoi des humains, mais j'ai bien ri de tomber sur ces deux articles presque en même temps.

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L'Australienne disparue et l'Irlandaise réapparue sont-elles une seule et même plage qui se serait déplacée ?