Rencontre avec Thomas Gunzig : l'enregistrement

Je dois filer prendre un train pour préparer l'arrivée des éléments d'un déménagement, sans connexion stable sur place. Du coup je dépose ceci très vite ici avant : souvenir d'un excellent moment même si je n'étais pas au meilleur de ma forme (1), mais Thomas l'était qui a lu de façon merveilleuse sa nouvelle "La girafe", finalement en entier (c'était trop bien pour le laisser s'arrêter).

Merci à Hugues qui a mis en ligne très rapidement l'enregistrement.

 

(1) note pour une prochaine fois : éviter de programmer une rencontre que j'anime moins de quatre jours après un événement sportif intense et long

Tuba Miror

 

    

L'ami rencontré m'a présenté son ami Tuba, lequel nous a narré un peu plus tard ses mésaventures de métro du temps où il transportait son instrument sans housse, quand des dames venaient lui conseiller d'utiliser Miror pour que son instrument brille mieux et que d'autres venaient avec d'autres conseils et que les gens à cause de l'instrument non habillé lui causaient. J'ai aussi pensé à ce #faildujour de David Meulemans, que je reproduis ici pour le cas où le joueur de Tuba, qui n'a pas facebook, je ne crois pas, viendrait à passer :

Le bénéfice de prendre le métro parisien en dehors des heures de pointe, c'est de pouvoir s'asseoir, étendre ses jambes, et se sentir un peu comme dans un bar à cocktails, bercé par le roulis du train qui court dans la nuit.
Jusqu'au moment où monte un jeune homme avec un tuba géant, et là, la panique saisit tous les voyageurs - cette dame élégante qui saute sur ses escarpins, se jette sur les portes qui se ferment devant elle ; ce jeune cadre qui plonge à la poursuite de dame, sans plus de succès ; ces deux amoureux dont les regards énamourés sont désormais plein de terreur... Après cette cavalcade, et la certitude que toute résistance est futile, que l'espoir est mort - chacun, lentement, lève la tête avec appréhension, vers le musicien, comme le condamné qui jette un dernier coup d’œil au bourreau, avant que ne tombe la hache.
Et là, le tubiste un peu irrité: "non mais oh, j'ai pas prévu d'en jouer, du tuba, je vais à la Cité de la Musique. On se calme, hein. (silence) Non, mais, les gens sont tendus, ces jours-ci!"

Il date du 6 mai à 8h59.

Cette omniprésence des tubas ces temps-ci  ...


Comme un fact checking de Jours tranquilles ;-)

 

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C'est un de ces soirs de début de printemps où s'enfermer paraît difficile et où je n'ai pas le courage de prendre le métro, pas pris mon matériel de vélib (casque et gilet réfléchissant), et où je me sens d'attaque après une bonne soirée pour traverser tout Paris à pied. 

Il se trouve qu'un bus m'est passé sous le nez (au sens littéral) marqué "Place de Clichy" alors j'ai sprinté pour l'attraper au vol du plus proche arrêt. Ce qui m'a accordé un splendide Paris by night (always such a delight) et qu'arrivée Place de Clichy comme j'avais ma montre de sport, l'idée s'est installée dans ma tête de vérifier la distance entre la place et chez moi ce qui à 30 mètres près pouvait donner la distance parcourue par le narrateur de "Jours tranquilles ..." lequel rentrait éméché en cinquante minutes du Wépler.

Hé bien donc la distance est de 2,5 km (à peu de choses près) et se fait bien en trente minutes (1) lorsque l'on n'a pas bu.

Pour les épisodes érotiques du bouquin, je sens que j'aurais plus de mal à procéder à quelque vérification technique que ce soit.

[en revanche pour ce qui est du bout de fromage dans le réfrigérateur, ce fut déjà fait] 

(1) de marche pas de course à pied.


Parfois la vie c'est bien foutu (mais il faut vite en profiter parce que ça ne dure pas)

 

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Ça démarrait, moyen, exactement comme l'autre jour, mais à tout prendre je préfère ça et que ça finisse bien plutôt que des journées entamées sans nuages, un jour à la Foire du Livre de Bruxelles, je dois retrouver une grande amie et cueille l'annonce d'une rupture, un dimanche de juin, tranquille, course à pied, la forme, je rentre et trouve un mail d'un bien-aimé au début tout à fait courant, sur le principal sujet en cours (une rencontre littéraire qu'on organisait) et puis presque en PS, l'annonce aussi d'une rupture (ou plutôt d'un changement de rôle, comme si les femmes étaient des pions), un dimanche brumeux d'un mois de janvier qui me voyait travailler dans les trop beaux quartiers et une collègue à la caisse qui lisait les infos entre deux clients qui pâlit - Il y a eu un attentat -, un vendredi de novembre, nous sommes au festival d'Arras, les films sont formidables, un peu de remue-ménages vers les places réservées lors de la projection du soir et puis à peine le générique entamé, l'annonce et un texto de ma fille, Paris est à feu et à sang ... Bref, je finis par vraiment préférer les journées qui démarrent avec un peu de poisse (mais pas trop), c'est devenu rassurant. 

Et donc voilà celle-ci, le début pas mal - démarrer la matinée en nageant, rayons de soleils par moments, c'est beau, c'est bon, quel bonheur !, un petit-déjeuner littéraire passionnant -, je parviens à en profiter même si les lendemains d'attentats sont toujours délicats, une amie concernée mais de par son métier (1), et puis la "usual poisse" qui réapparait sitôt le téléfonino rallumé après : deux mauvaises nouvelles coup sur coup, rien à voir entre elles, une réapparition d'inquiétude pour quelqu'un que j'aime (entre autre). Rien de dramatique, c'est déjà beaucoup, mais une journée ensoleillée qui d'un coup s'assombrit.

C'est dans ce petit nuage gris que filant prendre le RER qui m'approche du travail, en plein milieu d'un trottoir, j'ai trouvé un coupe papier. Un de ces trucs so seventies avec le manche en marbre (ou pseudo, mais assez lourd), là par terre, loin de toute poubelle, loin de toute raison plausible qu'il ait atterri là. Au demeurant pas très loin d'une école maternelle, alors je m'en saisis avant qu'un bambin ne soit tenté d'en faire autant. Ce n'est qu'un vieux coupe-papier mais quand même. 
Ensuite, il y a eu le trajet, le travail, et j'ai oublié l'avoir fait. 

Au soir je suis dans une librairie, pas n'importe laquelle, et je tombe sur les Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon dont je suis une fan absolue - cet art du raccourci -. Elles sont dans une très belle édition illustrée et reliée à l'ancienne : les pages encore à découper. 

Au métro du retour, illumination soudaine : j'ai ce qu'il faut pour procéder.  J'ai ainsi pu commencer à bouquiner : je disposais comme par enchantement et le l'objet et de l'outil. Joli cadeau de la vie. 

(dommage que ça soit dans l'ensemble trop rare, et que ça ne dure pas)

 

 

(1) C'est fou cette loi du "au moins une" : à chaque attentat perpétré dans une grande ville d'Europe, je (on ?) connais au moins une personne concernée d'une façon ou d'une autre. Et donc là c'est une amie que son travail amène à devoir rencontrer des témoins. Et bien sûr plusieurs autres présents à Londres et pour lesquels on s'est brièvement inquiétés - je me demande si le Brexit viendra modifier ça : beaucoup moins de parisiens qui vont à Londres comme de rien -. 


Tout le monde se goure et le film est (rudement) bien

Alors pour une raison qui m'échappe, j'ai cru que le film pour lequel j'avais mobilisé l'homme de la maison était projeté ce soir. C'était hier.

Le jeune homme à l'accueil du cinéma, nous décrivant les films de la soirée, a confondu "C'est nous" et "Citoyen d'honneur", je m'en étais douté, mais peu désireuse de partir dans une longue discussion (c'était l'heure, il fallait prendre une décision) et vaguement prise d'un doute devant sa certitude, après une première objection (film Argentin), j'ai laissé dire (1). 

L'un dans l'autre, c'est bien Citoyen d'honneur que nous avons vu et pour une session de rattrapage, c'était un bonheur. Humour grinçant. Fond du propos touchant - surtout pour qui connait la vie des écrivains -, acteurs parfaits. Bref, nous nous sommes régalés.

Il en va parfois de la vie comme de la cuisine : certaines erreurs peuvent déboucher sur quelque chose de délicieux.  

(1) Le garçon est venu très gentiment se confondre en excuses à la fin de la séance. J'ai trouvé sa démarche très élégante, même si au fond nous avions sans doute passé une plus légère soirée que si le film programmé avait été celui dont il nous parlait. 


Calembour réussi

 

    En ce moment nous sommes à la maison un tantinet tendus. Le monde extérieur et la vie privée sont inquiétants - stressants - et l'un d'entre nous n'a même plus son travail pour rééquilibrer. 

Alors le moindre rayon de soleil, la plus infime occasion de sourire, le moindre éclat de rire sont les bienvenus.

Je suis donc fort reconnaissante envers Clément Bénech pour ce calembour qui m'a fait marrer et qui me refait marrer quand j'y repense (1), et vous avez parfaitement le droit de me dire Je vois pas c'qu'y a de drôle, peumeuch, je ris et ça me fait du bien : 

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(1) Un peu comme celui du Canard Enchaîné lors d'une des victoires de Pantani dans l'Alpes d'Huez en 1995 ou 1997, qui avait titré "L'épate, l'épate, mais oui c'est Pantani". Je déteste habituellement les jeux de mots sur les noms propres et les trucs incompréhensibles à ceux qui n'ont pas la référence (2), mais celui-là m'avait fait rire au point que vingt ans plus tard il m'est resté.

(2) D'autant plus qu'en l'occurrence il y avait des références en poupées russes


Bécassine béatitude absolue

(Vous avez le droit de vous moquer)

J'ai traversé toute ma vie loin du luxe - fors quelques parenthèses un peu "fiançailles de Frantz" -, je n'ai ni argent à dépenser (ou si, une fois, en juin 2005 et j'en ai conçu une forme légère d'amnésie, retrouvant plus tard quelques chaussures, quelques habits dont je n'avais plus le souvenir ; il y avait eu une période d'euphorie à laquelle je n'étais pas du tout entraînée), ni envie de dépenses d'acquisition d'objets. Des choses utiles pour la vie quotidienne, oui, par exemple j'aimerais pouvoir refaire enfin la salle de bain, ranger l'appartement, refaire le réseau électrique (par sécurité), j'aimerais pouvoir participer à des financements de beaux projets, j'aimerais pouvoir à nouveau me déplacer et retourner en Italie, bientôt je vais avoir des envie d'expéditions sportives (1).

En 1998, lorsque le dopage s'est trop vu sur le Tour de France pour pouvoir continuer à être tu, j'ai découvert que des noms d'équipes pouvaient être des noms de montres de luxe. En fait je ne rattachais pas les noms des groupes de coureurs à des choses, y compris pour les marques bancaires pourtant connues de ma vie quotidienne. C'était disjoint. Des sons sans lien. Et (pour le cas des montres) pas la moindre idée de ce à quoi ressemblaient les objets, je veux dire, ce qui pouvait les distinguer des autres appareils à mesurer le temps que l'on porte au poignet.

Sous le précédent président qui aimerait tant devenir le suivant, il avait été question d'une marque de montre de luxe, un riche membre de sa cour ayant eu une sortie sur le fait d'en posséder une et qui aurait pu (dû ?) être un motif de fierté (2). À l'époque j'avais cru qu'il s'agissait d'auto-dérision. Ou qu'il avait été payé par la marque pour créer du buzz comme on disait (3).

Et puis ces jours-ci, je croise cet homme, sportif, d'allure élégante, avec au poignet une grosse montre métallique moche qui détonne avec l'ensemble de sa tenue, sobre et bien portée. Un peu comme des types qui semblent assez fins mais ont une grosse chevalière ou une gourmette énorme au poignet ou une dent en or (4) ou un tatouage voyant et racolleur. Bref, ça ne collait pas avec lui - je ne le connais guère, alors disons : le reste de l'image de lui -.

Ce matin, un de mes neurones, celui que lassent mes différents petits handicaps sociaux, a entrepris de me faire faire sur l'internet des familles la recherche élémentaire qu'il fallait.

J'ai enfin pigé.

Tout simplement l'homme disposait de cette fameuse montre réputée pour sa cherté. Et moi qui avais commencé à inventer des scénarii possibles de la présence d'une toquante détonante au poignet d'un homme au charme discret (5), j'ai enfin pigé qu'en fait il en était probablement fier. Peut-être même très.

[J'en ris encore]

 

PS : Comme je viens d'acquérir une grosse montre voyante pour les données d'entraînements - pas trouvé de modèle "filles" avec l'équivalent technique qu'il fallait -, je crois que je ne vais pas tarder à être aussi ridicule, quoi qu'en moins clinquant.

PS' : Peut-être qu'il disposait d'un modèle particulièrement volumineux et coûteux [à supposer qu'il y ait une corrélation taille / prix], et que d'autres de la même marque sont plus discrètes, qu'il existe des modèles fins pour femmes qui tiennent de la joaillerie, je ne sais, ou qu'avec un équipement de type costume cravate très corporate cadre sup ça ne m'aurait pas sauté aux yeux.

 

(1) Je n'avais pas mesuré le coût, exorbitant à mes yeux de semi-smicarde, de la pratique du triathlon : celui des engagements aux courses et des déplacements.

(2) ou plutôt de honte de n'en point avoir.

(3) Mission en l'occurrence parfaitement accomplie

(4) Déjà du temps où ça se faisait [la génération de mes parents] autrement que pour des rappeurs, je ne comprenais pas. Je trouvais ça d'une laideur maximale.
(5) Héritage familial porté avec piété, cadeau de la femme ou de l'homme aimé, qu'on trouve moche mais qu'on porte par amour du ou de la bien-aimé ...


Le jour des bonnets (de bains)

 

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Il semblerait que désormais chaque mardi doive être dédié à quelque série de choses que je reçois. Ainsi mardi dernier fut la journée de ma la pomme et ce mardi fut le jour des bonnets (de bain) : j'ai dû en acheter un au distributeur de la piscine le matin même (comme suite à un malencontreux oubli) et on m'en a offert un le soir.

Je suis curieuse de savoir ce qui m'attend mardi prochain.