Un peu de Prévert

    20161003_201104     Il y a dix ans je postais ici un billet souvenir, un peu stupéfaite par l'attention que la moi de quatorze ans avait pu prêter à l'annonce de la mort d'un vieux monsieur poète. Mieux formulé : impressionnée par le fait que pour une gosse de banlieue dans les années 70, connaître Prévert, au moins un peu de son travail, allait de soi.

"En écoutant voiture radio su que Prévert mort"

(Mon diario n'était ni a visée littéraire ni réellement journal intime, plutôt, comme ici ?, un journal de bord).

Ce qui m'épate à présent c'est aussi d'avoir via le blog une mémoire rafraichie de dix ans (et plus). 

PS : Quarante ans plus tard le "Regardé télé avec feu Malraux" me semble quand même un tantinet mystérieux.

[photo personnelle, 3 octobre 2016] 


Radio Pirate ?


    C'est l'homme de la maison qui l'a dénichée en voulant affiner le réglage de la radio très institutionnelle mais hélas passée à la publicité, une radio comme dans notre jeunesse, de la musique, les indications d'heures, zéro réclame et de loin en loin une voix humaine qui dit son prénom, plus rarement son nom, un lieu, souvent une ville, une précision de locomotion (récemment un téléphérique à Bogota ), et la date et l'année.

On a un doute quant au nom exact de la radio mais une recherche avec les différentes variantes phoniques et orthographique qui nous venaient à l'esprit n'a rien donné. La fréquence n'est officiellement pas attribuée. Elle ne semble pas non plus être sur streema

Serions-nous tombés sur une radio pirate qu'un sympathique voisin tiendrait de sa cuisine - dans la nôtre, le son est parfait - ? La sélection et la variété des genres de morceaux est idéale pour qui vaque à ses occupations tout en s'arrêtant par moment pour le plaisir de l'écoute. Bon mélange d'époques aussi. Parfois, soudain, une vieille ritournelle. Et je découvre des trucs récents que je me fais un plaisir de shazamer pour une écoute plut attentive à un autre moment. 

J'avais totalement perdu l'habitude d'écouter la radio à la radio. Et c'est chouette de voir la jeune génération passant dans la cuisine qui est mon bureau dire : Hé, c'est pas mal ce que tu écoutes, c'est quoi ? 
Comment remercier quelqu'un quelque part qui est intraçable ?


Quand une radio fait du bon boulot

 

    Quand nous branchons le radio réveil c'est depuis un certain nombre d'années sur France Culture. Pas de publicité, pas de vulgarité et des émissions intéressantes qui parfois nous permettent, merci Tewfik Hakem de démarrer la journée avec au cœur un peu de beauté. 

Parmi les émissions de la grille estivale, du moins ce que j'en ai ainsi capté, il y a eu celle-ci, jeunesse 2016, très intéressante en particulier pour les déjà un peu vieux que nous sommes. Même si nous n'aurons pas de retraite, ils représentent déjà le pays d'aujourd'hui. Il m'a semblé que le choix de ceux qui témoignait était représentatif de la grande diversité actuelle d'ambitions, de limites et de situations. Cette émission instructive et tonique, c'est le service public quand il fait le job. 

Dans le même ordre d'idées, il y a ces jours-ci une série de qutre émissions formidables :

LSD La série documentaire : De la radicalisation au djihadisme

et même si je regrette pour l'instant que trop de temps de parole soit consacré au cas d'une mère éplorée (certes triste, mais on a surtout conservé de ce qu'elle disait la répétition de son absolue incompréhension et elle me donne trop l'impression d'un cas très particulier), c'est passionnant. Les jeunes femmes qui témoignent du départ de leur frère ou cousin disent des choses qu'il faudrait relayer auprès de tous (et des hommes politiques en particulier). C'est la société qui est malade et ces départs un symptôme. À force de n'accorder aucun débouché à la jeunesse on perd ceux qui préfèrent crever plutôt que passer leur temps en délinquance ou végéter. La religion devenue le refuge de ceux qui ne sont nulle part (ni leur pays, ici, ni le pays d'origine de leurs parents) considérés comme de là. Et un idéal mortifère devenu plus attractif que pas d'idéal du tout. 
Beaucoup d'autres choses sont dites, par exemple sur la difficulté de créer une entreprise (une des intervenantes adulte l'explique bien) lorsqu'on ne trouve pas de boulot mais qu'on en a sous la semelle, du dynamisme et des idées. 
Bref, il faut prendre le temps d'écouter. Vraiment.

 

PS : Et toujours merci à ceux qui ont conçu le site tel qu'il est actuellement. Tout y est logique, facile d'écoute et de recherches (à part les rediffs du tôt matin de l'été, mais ça a été en cours de route un peu amélioré). Ça fait partie des choses qui facilitent la vie.

 


Un grand plaisir radiophonique - Nouvelles vagues, Marie Richeux -

    Cette semaine un ami était reçu par Marie Richeux sur France Culture et c'est un régal. Ce qu'il dit des livres, de la lecture, de bloguer là-dessus et du métier de libraire (tout en reconnaissant dans son cas personnel qu'il n'y est pas tout le temps et Marie Richeux qui reprend la balle au bond, captant immédiatement qu'il faut souvent un autre métier fournisseur d'argent) c'est ce que je pourrais dire mais il l'exprime bien mieux. (Et il lit beaucoup plus, comme moi du temps de "l'Usine", lectures à l'époque pour ne pas étouffer et dont hélas j'ai perdu la trace dans la plupart des cas, malgré des tentatives régulières pour noter).

Grand merci à eux.

 

 

En écoutant, je songeais, Tiens pour une fois une journaliste de média classique qui semble savoir de quoi elle parle au sujet des blogs. En effet. (Pour les livres et l'écriture, c'était une évidence, et je crois bien que je l'avais su).

billet en commun avec Côté Papier

 


Le cardinal prie - Billet de François Morel

 

    Chaque semaine je me délecte des cafés serrés de Thomas Gunzig, cette année à la RTBF le mercredi matin, et des billets de François Morel, le vendredi matin sur France Inter. Je ne peux pas les reprendre ici à chaque fois qu'ils m'émeuvent ou me font rire aux éclats ou les deux - preuve de leur haut niveau -.

Mais certaines fois ils visent si juste, et il faudrait tant que la société les écoutent et pas seulement les gens de bonne volonté, que je ne résiste pas au partage maximal. 

Un grand merci à François Morel, une fois de plus.

 


Le Cardinal prie, le Billet de François Morel par franceinter


À l'heure de la traite

 

    Réveillée ce matin par le radio réveil dans lequel les infos matinales évoquaient le passage prévu de Manuel Valls au salon de l'agriculture, mais "très tôt, comme François Hollande samedi, à l'heure de la traite".

Ça m'a surprise de n'y avoir jamais pensé, à ce côté pratique des choses, que les vaches présentes avaient besoin qu'on les traie ; mais par dessus le marché j'ai eu une sorte de vision des politiciens que l'on collait sur un tabouret auprès des bêtes aux pis gonflés, Bon allez, c'est ton tour, mon gars, bosse un peu !

(Ça ne leur ferait probablement pas de mal, de se confronter un quart d'heure avec du taf concret)


L'un des plaisirs de la vie (moderne)


    Me voilà donc dans la période de (re)prendre des forces avant d'entamer un nouveau emploi. J'en profite entre autre pour écouter sur France Culture cette émission La compagnie des auteurs qui est exactement ce que j'aimerais animer (1).

Ce n'est pas parce qu'on n'est pas encore repris d'horaires par un travail à l'extérieur que l'on dispose entièrement de son temps, ce qui fait qu'autant pour les émissions qui concernaient Virginia Woolf ou Herman Melville, que pour celles-ci sur Henri James, j'ai été ravie de pouvoir écouter l'épisode du jour quand ça me convenait (2).

Je ne sais pas si les plus jeunes se rendent comptent de l'infini privilège que c'est. Pour ma part j'ai une foule de souvenirs de tentatives épiques pour ne pas manquer une émission, du gros baladeur écouté aux toilettes en contrebande, à l'achat d'un étrange lecteur (à l'époque pas encore MP3) un jour entre les midi du boulot afin de suivre sur France Inter le passage d'un ami, en passant par différents renoncements sportifs ou amicaux permettant de rester à la maison, tranquille et attentive.

C'est bien mieux maintenant.

 

(1) À tel point qu'il s'en faudrait de peu que j'aie l'impression qu'on m'a emprunté l'une de mes idées - mais je ne sais pas comment ça aurait pu être possible, il s'agit une fois de plus d'une conjonction temporelle -. Mais qui donnerait sa chance à une libraire aux cheveux gris, ex-ingénieure TP ? J'ai adoré faire de la radio quand l'opportunité m'en a été donnée, trop ponctuellement hélas.

(2) En plus que j'ignore qui a conçu le nouveau site de France Culture, je n'ai pas su trouver, mais c'est un vrai bonheur de navigation. Clair, logique, rapide d'accès, sans encarts parasites, un modèle d'accessibilité, je pourrais (si j'en avais le temps) y passer mes journées.