Chroniques du déconfinement jour 14 : Ça alors c'est l'été !

Déconfinement officiel 1 jour 41

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C'était au moment des petites écritures quotidiennes je m'apprêtais à cocher la case "printemps" et puis j'ai eu un doute, vérifié, et oh ça alors, c'était l'été, déjà l'été.

J'en suis restée sidérée. 

C'est très curieux : alors que jamais je n'ai pu savourer le printemps et l'observer à l'œuvre au point que j'ai pu le faire cette année, du fait d'avoir repris le cours de ma vie professionnelle et parisienne presque comme avant, avec un redémarrage à zéro côté pro, j'ai l'impression que le printemps ne fait que commencer, comme si l'on était en avril ou mai. J'ai l'impression d'être passée directement de mi mars à l'été. Et que le confinement, lui, avait eu lieu dans un espace-temps tout autre, une autre vie, sur une planète pas pareille. 

Je bosse sur l'Auberge des blogueurs, notamment sur les questions de localisation. Il ne faut pas que je prenne du retard dès le début. 

Tout ce samedi me semble étrange, ou peut-être tout, tout court depuis la fin de notre confinement. Débuter un nouveau boulot au moment même d'une période après une forte coupure, comme dans nos vies nous n'en avions jamais eues accroît la sensation d'irréalité. Est-ce vraiment ma vie ? N'est-ce pas l'un de ces rêves ou tout ressemble sans ressembler tout à fait ?
C'est un de ces jours où ressurgissent des éléments de mon passé (Balbeb en l'occurrence) comme si mon cerveau cherchait un point d'ancrage face à un présent flottant. 
Le Fiston me manque. Plaisanter avec lui me ferait du bien.

On nous dit que le virus circule mais que les foyers épidémiques sont contrôlés

J'effectue quelques recherches de cadeaux et des révisions.

Un article que je lis propose d'agir contre la réintoxication du monde. C'est tellement ce à quoi on assiste.

La soirée passe trop vite, je m'endors d'un seul coup.

 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
- cas (dont : - morts (- morts aux USA) et - guéris) ⇐ endormie directement, pas eu le temps de mettre à jour

Pour tenter de tenir le moral bon, l'Auberge des blogueurs

 

Chroniques du confinement jour 75 : Enfin des rideaux à la fenêtre du bas !

Déconfinement officiel 1 jour 20

 

 Pour démarrer la journée un rêve bien curieux avec une histoire de boîtes à lettres postales et qui s'ouvraient des deux côtés,
JF est allé chercher des croissants de la pâtisserie et plus tard chez le coiffeur, masqué.
Après les abdos - squats - pompes j'ai donc pris un petit-déjeuner avec le bon croissant.

Ensuite, grande journée de bricolage : fenêtre arrière de l'étage peinture intérieure et mise en place de la tringle à rideaux du rez-de-chaussé devant, JF ayant insisté pour effectuer le perçage - ce qui a rendu les choses pour moi moins dures musculairement pour moi, mais peut-être plus compliquées -.
Avec vers 13h15 une pause pour déjeuner à base de plat traiteur qu'il était allé chercher le matin même.
J'ai pris le temps d'écrire un peu tandis qu'il faisait la poussière après le gros du boulot effectué. S'il ne tenait qu'à moi, je ne ferai le ménage qu'une fois toutes les activités salissantes achevées, seulement il y tient et je tiens à ne surtout pas décourager les bonnes volontés ménagères, d'où qu'elles viennent.

Je n'ai pas le courage de tout détailler, la journée a été si intense. La liste des menus travaux est donc ci-dessous, en photos.


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Le mur de devant est en ceci (vu au niveau du regard pour l'accès au robinet d'eau). L'homme dit, ce n'est pas du parpaing c'est beaucoup moins creux. On ne dirait cependant pas de la pierre.

Je suis déçue du résultat final de la fenêtre. D'autant plus qu'une des vitres est légèrement fendillée, je n'ai pas su à la suite de quelle étape. 
Il restera à bien nettoyer. 

Bon, au moins l'extérieur de la fenêtre est désormais protégé des intempéries. 

La planchette blanche était pour recréer une sorte de faux plafond du regard de l'arrivée d'eau. Je l'ai sciée à la bonne taille. Et peinte.
Le tabouret a servi de cobaye pour l'utilisation du baume des antiquaires. C'est top ! (du moins sur ce bois-là, dont j'ignore la nature). 
Comme il me restait du blanc, j'ai repeint l'encadrement de la porte de la cuisine. 

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La balade à pied de la soirée nous a ramenés vers où nous avions vu des chevaux et un peu plus loin (vers la route de contournement) il y en avait encore d'autres et d'autres champs. 

Ce qui était joli c'est qu'ils sont venus au devant de nous, espérant certes sans doute quelque nourriture mais très demandeurs de contacts et de voix. Effets du confinement qui leur ont rendu les humains plus rares ? 
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J'ai fait un bref LT des infos italiennes, mais ce n'est plus aussi indispensable qu'auparavant : l'épidémie décroît sans partir et avec l'actualité dure aux USA (des émeutes donc, à la suite de l'étouffement d'un homme par un policier lors de son arrestation pour un délit mineur), les TG italiens deviennent moins porteurs d'une particularité nationale. Restait les batailles État - régions au sujet des modalités du déconfinement en cours, le premier voulant au 2 juin redonner l'entière liberté de circulation au sein du pays, et celles des secondes qui n'ont plus ni morts ni nouveaux cas, n'ayant envie d'accueillir personne avec le risque de relance épidémique que cela peut comporter.

La fusée Space X a réussi son décollage avec à bord deux astronautes dont les combinaisons rappellent celles des vieilles séries de SF. Je ne parvenais pas à m'intéresser vraiment, alors qu'à l'ordinaire, depuis les premiers pas sur la lune, je suis friande de ce type d'exploits, du moins au moins la part enfantine qui est toujours en moi. Et puis un touite de Padawan m'a fait piger pourquoi (en mettant les mots sur ce que sans avoir toutes les billes je présentais). Capture d’écran 2020-05-31 à 01.01.36

Je me suis en revanche fait grand plaisir en observant à nouveau le passage de l'ISS. Cette station me fait rêver, avec ses équipages internationaux, et ce que, grâce à Thomas Pesquet, je sais de leur boulot.

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6 115 280 cas (dont : 369 567 morts (dont 105 514 morts aux USA) et 2 712 818 guéris) 


Chroniques du confinement jour 64

Déconfinement officiel 1 jour 9

 

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J'ai été en colère dès le matin à cause de cette déclaration mensongère. Quand tu penses qu'à l'étranger le président français a une image de compétence et de leadership. 

Histony a bien résumé, je n'ai pas le courage de lier les touites humoristiques qui m'auront fait sourire avec difficultés car bien des gens sont morts à cause du manque de masques et pour les soignants pendant au moins un mois du manque de réelles protections.  Jouer ainsi sur les mots pour manipuler de façon mensongère la réalité c'est piétiner la mémoire des morts. 

 

Nous avions l'impression que les gens s'étaient déconfinés fort tôt par ici, du moins pour ce qui concernait d'aller au travail. Au vu de la circulation incessante qu'il y a en journée depuis ce lundi je n'en suis plus aussi certaine : nous avions peut-être simplement oublié combien la départementale qui est la rue devant la maison est circulante en temps normal récent. 

La journée a été presque entièrement consacrée, du moins l'après-midi à des trajets en allant et revenant de la déchetterie (quatre en tout car nous n'avions qu'un seul sac à déchets végétaux et devions donc le remplir entre chaque voyage). Il  y avait du monde, la plupart des gens portant un masque sauf quelques hommes. L'espacement était toutefois facile à respecter, le "du monde" d'ici équivaut à un "y avait presque personne" à Paris. Un peu moins de larges distances au magasin de bricolage où nous sommes allés après - je voulais acheter de quoi suspendre le lourd miroir au dessus du buffet et accrocher La Dame à la Licorne au dessus du petit bahut -. Au passage j'ai trouvé de quoi faire un gâteau, le matériel je veux dire.   
Globalement les gens faisaient preuve de bonne volonté, les magasins mettent à disposition du gel, ont disposé des écrans de plexiglass devant les caisses et des fléchages au sol. Au magasin de bricolage (celui près de l'Intermarché) il y avait même à l'extérieur toute une installation pour bien se laver les mains : citerne d'eau, savon et sorte de sopalin pour s'essuyer les mains. 
J'étais contente de voir le jardin et son abri débarrassés de tous les déchets que j'y avais stocké à mesure de mon débroussaillage. Il y a quelque chose de profondément satisfaisant dans le fait de se débarrasser de vieilles ferrailles et de gravats. Les types qui travaillent à la déchetterie étaient efficaces et sympas, c'était bon pour le moral aussi.

En rentrant j'étais vannée, une douche et au lit en regardant des videos de sports dont celle de Syblo pour les 1000 m en relais semi-confiné et puis un documentaire déjà ancien (1) sur la reconversion de Zinedine Zidane en entraîneur passant très humblement toutes sortes de diplômes. 

En vrai et pour changer, je me suis endormie sans en avoir conscience. JF jetait des boules dans le jardin bien dégagé quand il est remonté me rejoindre j'ai comme repris connaissance.

C'est alors en consultant Twitter que j'ai appris une très mauvaise nouvelle concernant une amie, et qui m'a rapidement été  confirmée alors que je m'accrochais encore à l'espoir d'avoir mal compris. Il était peu avant 20h.

Je ne sais pas trop à quoi j'ai occupé ma soirée. Il est 1h du matin.

J'avais remarqué la non activité récente de l'amie concernée mais comme ça coïncidait avec le début de déconfinement et qu'elle est de celles qui travaillent beaucoup, je l'avais imaginée accaparée par la reprise pour partie enfin en présence des personnes pour et avec qui elle devait bosser. Un touite d'un ami commun qui ne mentionnait aucun nom, aucun fait, ni rien, simplement un lien vers un site disons utile en cas de malheur, il y a une dizaine de jours m'avait marquée, je m'étais dit que j'avais lui envoyer un mot personnel pour prendre de ses nouvelles (à lui, que j'avais cru logiquement directement concerné) et puis comme souvent quand les journées filent parce qu'elles sont bien remplies, ça m'était sorti de l'idée. Plus tard, il avait repris le fil habituel de ses publications et je n'ai pas cherché à en savoir plus. Je comprends mais fort tard, qu'il y avait un lien (et que comme dab j'aurais dû sans tarder suivre mon premier élan). J'ai honte de toutes les bêtises que j'ai pu balancer sur ce réseau social entre le moment où j'aurais pu être au courant si j'avais été moins légère, plus attentive aux autres, et ce soir. 
Peu importe il est trop tard ; en attendant j'aimerais que l'amie sache que même si ça ne console de rien, nous sommes plusieurs à penser bien fort à elle et à sa famille. L'épidémie rend compliquée toute expression solidaire collective. On aimerait tant pouvoir faire quelque chose pour dire Tiens bon, on est là.

Grave sale période. 

 

(1) Oui, le début des années 2010 date. 

PS : Un bref article, m'a mis un peu de baume au cœur. Certains soirs je suis contente d'avoir su me taire.

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4 971 375 cas (dont : 324 191 morts (dont 93 380 morts aux USA) et 1 950 015 guéris) 

Le tableau récapitulatif fait désormais figurer la population totale de chaque nation, et je m'aperçois qu'à part la France, la Belgique et l'Italie, je n'avais pas franchement réactualisé mentalement les ordres de grandeurs depuis l'époque de mon bac et les cours d'histoire - géo. Nous écrasons la planète par notre surnombre. Ce qui est étonnant n'est pas tant la pandémie actuelle que le fait qu'il n'y en ait pas eu déjà davantage et de plus féroces que le SRAS de 2003 ou le SRAS MERS plus récent.  


Chroniques du confinement jour 63 : coucher de soleil et ISS

Déconfinement officiel 1 jour 8
Jour de l'annonce du décès de Michel Piccoli 

C'est un jour de fatigue jusqu'à après la sieste, ce qui limite singulièrement le temps efficace, même si je n'ai pas rien fait et bien lu (toujours The Beatles Tune In). Peut-être que j'accusais le coup de l'annonce du décès de Michel Piccoli. Non que ce fût une surprise, il avait 94 ans (et semble-t-il n'est pas mort du #Covid_19), mais qu'il est l'un des derniers d'une époque qui ne me semble pas si lointaine. Et puis j'ai un excellent souvenir du jour où lors d'une remise de prix littéraire, en la compagnie des amies de l'Attrape-Cœurs, je l'avais croisé (en plus des souvenirs de films vus, bien sûr). 

JF est allé chercher 1 sac à déchets végétaux en vue d'une expédition prochaine à la déchetterie - puisqu'il semblerait que l'on puisse y accéder à nouveau -.

Nous avons décidé de conserver le rythme des séances de Tabata alors j'ai repris une des premières et trouvé des musiques ailleurs (en replay le son est coupé sur la plupart des passages). C'est amusant, lors des premières séances, il y avait quelques ratés techniques et des vannes familiales. Et puis toujours : il faisait nuit. 

À présent le soleil se couche à 21h45, et si nous avons pu aller nous régaler d'un coucher de soleil fabuleux, je persiste à penser que ces deux heures de décalage sur l'heure naturelle ne nous font pas de bien. Si je parviens un jour à la retraite, j'essaierai de vivre à l'heure solaire. 

J'avais lu auparavant dans la presse locale en ligne que les plages étaient désormais toutes autorisées (sauf une qui n'avait pas reçu le document officiel avant le week-end). Pour autant nous n'avons entrevu que cinq personnes : une silhouette seule assise vers les maisons et qui attendait le coucher de soleil en prenant des photos, trois jeunes hommes dans les dunes, qui semblaient jouer à quelque chose près d'un accès avec un drapeau. Et un homme seul qui de loin remontait de la plage vers les dunes à peu près au niveau de ce même accès. 
Il y avait un bateau de pêche, immobile.
Deux voitures qui vinrent se tenir à des moments différents sur la jeter, comme pour jeter un coup d'œil mais vraiment pas plus.
De loin quand nous repartions, un promeneur de chien, dans les rues. 
À part ces silhouettes furtives, nous avons été seuls pendant plus d'une heure, avec les oiseaux, et la beauté du ciel et des lieux.
Nous aurons au moins vécu ça.

Plaisir en plus : nous sommes rentrés à la bonne heure pour que je puisse assister au passage de l'ISS. Ça y est je commence à mieux maîtriser Heavens' Above. En fait il faut imaginer qu'on est allongé sur le sol la tête au nord, les pieds au sud et que l'on tient notre téléfonino droit au dessus de nous. Puis viser avec le petit cercle qui apparaît la trajectoire du satellite que l'on souhaite suivre. Je n'ai pas eu les larmes aux yeux comme la première fois mais en me tenant sur le parking du Aldi j'ai pu la suivre vraiment bien et même ensuite en courant jusqu'au jardin la voir jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière l'horizon nocturne.

J'ai complété, une fois n'est pas coutume, ce bonheur par a dram of Highland Park et voilà. 

C'est triste de devoir l'accès aux bonheurs simples à un grand malheur général - sinon un lundi soir nous serions au boulot, dans les transports, et à rentrer trop vannés pour faire quoi que ce soit en le savourant -. 

Le LT des infos de Rai News 24 était moins intéressant à faire que d'autres soirs, j'ignore la part due à peut-être moins d'infos cruciales - moment de transition entre le lockdown et la suite vers encore davantage de vie "normale" ou un retour en arrière si l'épidémie repart, donc voilà, l'Italie redémarre mais en retenant son souffle - ou celle due au fait qu'entre toutes et tous qui présentent j'ai une nette préférence pour Riccardo Cavaliere. Il a une façon simple d'aller à l'essentiel, et une justesse de ton qui me font du bien, même s'il annonce le drame. Et puis un côté professionnel parfait, que j'apprécie quelle que soit la profession des gens qui ont un tel comportement. 

La journée aura été ponctuée d'échanges messagers avec les enfants, sur des sujets variés et différents, ce qui porte, d'une certaine façon. 

J'ai beaucoup aimé un billet d'Emmanuel Requette, sur ce qu'il faisait déjà et comptait faire en plus. Je ne suis pas dupe : il faut avoir les moyens au départ de pouvoir se permettre d'agir ainsi, et s'y tenir farouchement. Mais beaucoup ont ces mêmes moyens et se contentent de faire du fric. Donc tant mieux si certain·e·s de celles et ceux qui peuvent en profitent pour travailler avec la plus grand intelligence et sensibilité.

Grâce à Agriskippy, j'ai pigé un certain nombre des choses que j'observe jours après jours auprès de nos voisines. Aujourd'hui, pour la première fois, j'ai entendu (et vu) une vache éternuer. Ce n'est pas que ça soit une surprise et le son de l'éternuement ressemble assez au nôtre, seulement je n'avais jamais songé à la question. C'était mon Today I Learned de ce lundi. 

Capture d’écran 2020-05-19 à 01.42.34 PS : La voiture que nous avons croisée vendredi soir pilotée par un conducteur bien imprudent et peu soucieux des autres n'en était qu'à ses débuts d'un week-end de grand n'importe quoi. Je suis tombée sur l'info par hasard en cherchant celle sur les plages ouvertes et me suis sentie rassurée qu'il soit hors jeu pour un moment mais sans que rien de grave ne soit survenu. 

 

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4 870 474 cas (dont : 319 186 morts (dont 91730 morts aux USA) et 1 893 629 guéris) 


Chroniques du confinement jour 62 : Les pieds dans l'eau ! (comme une victoire)

Déconfinement officiel 1 jour 7

Alors un peu de sport : courir jusqu'à la barrière 4 et noter que ça fait 7 km. Comme nous ne nous étions pas levés si tôt que ça, la fin de matinée est arrivée très vite après. 

Il faisait un temps merveilleux. Longtemps plus tard on se rappellera ça, du moins si l'on y survit : pendant l'épidémie de #Covid_19 il faisait beau presque tout le temps, et puis sinon un peu de vent et à Paris un gros orage, très ponctuellement. 

Après la sieste, comme j'avais lu sur le site de La Haye du Puits que les plages de la communauté de communes de La Haye avait réouvert au public, nous sommes allés à Surville. Il n'y avait presque personne et nous avons marché un bon moment. J'avais prévu le coup : j'étais en short et sandales que j'ai ôtées pour pouvoir marcher les pieds dans l'eau et alors c'était une solide bouffée de bonheur d'être arrivée jusque-là - même s'il y a une frustration de la non-baignade, d'autant plus qu'en arrivant nous avions croisé quelqu'un qui en sortait (avec combi) -. 
Je me sentais heureuse comme on peut l'être grand enfant : capable de ressentir les choses en les analysant mais pas encore bouffé par les désirs qui compliquent plus tard les choses, ni en charge mentale de lourdes responsabilités (du moins quand tout va bien). Après tout ça correspond à ma situation actuelle, puisque j'ai la chance d'être entre deux boulots, et que je suis suffisamment âgée pour que le corps désormais me laisse en paix - une paix heureuse puisque de la tendresse y est -. 

C'était comme une victoire d'avoir tenu le coup jusque là. 

Restait que ce bonheur parfait était enchassé dans un malheur collectif immense. Pour une fois je suis parvenue à me dire que n'y pouvant rien et ayant fait de mon mieux pour avertir les autres d'informations qui n'étaient alors pas suffisamment partager, je pouvais peut-être m'autoriser le temps de quelques kilomètres de marche à pied, à n'y plus tant penser. Il faut bien qu'il y ait quelques compensations au fait de n'avoir ni forte fortune ni pouvoir, ni même responsabilités agissantes potentielles. 

La sieste avait été tardive car la taille de la haie côté rue nous avait occupés entre 12h et 14h (un peu moins en fait). Très volontairement effectuée un dimanche, jour de moindre circulation. Un piéton peut désormais normalement passer. Reste le risque car le trottoir, haie ou pas, est étroit, qu'un fou du volant frôle quelqu'un et le mette en danger. 

En fin de soirée un brin de tracas pour Le Fiston qu'une tique a piqué m'aura accaparée un moment (j'essayais de retrouver une photo vue sur la TL de Doc Arnica pour identifier un érythème migrant et par ailleurs de lui envoyer quelques liens). Il semblait avoir fait ce qu'il fallait. 
Je n'ai alors pas suivi les infos italiennes ni même écrit directement ici (rattrapage ultérieur), car le sommeil déboulait. Il faut dire qu'il était quand même 0:45.

 

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(pas eu le temps de noter les comptage de cette journée)


Chroniques du confinement jour 61 : Les retrouvailles avec les vélos

Déconfinement officiel 1 jour 6

Journée de grand beau temps, c'était presque dommage de ne pas aller courir, même si se réveiller en prenant son temps est un luxe formidable comme celui de passer du temps à tenter d'identifier un oiseau (une bergeronnette peut-être) dont je n'avais pas entendu le chant, seulement vu le plumage jaune sur le devant, un capuchon noir sur la tête, la petite taille et le cou gracile.

L'heure du déjeuner est venue trop vite. J'ai cru faire la sieste en lisant mais Le Fiston a téléphoné ce qui au vu de son bonheur de vivre, malgré la dureté des temps, m'a redonné de l'énergie, j'ai donc regardé des documentaires dont un sur le dopage dans l'e-sport dont il m'avait parlé et un autre sur Pink Floyd.

Nous avons finalement eu le courage, en fin d'après-midi, par un temps radieux, d'aller chercher les vélos aux box. Pneus un peu dégonflés, retour par la voie verte. Plus tard j'ai retrouvé la bonne pompe (restée dans la maison) et les enceintes de la chaîne Hi-fi, que j'avais cru mises aux box, mais en fait non et pas non plus dans la soupente. J'y ai trouvé trace de quelques mini-mulots et ai dû nettoyer.
Un aller-retour en plus avec le diable afin de récupérer le carton du matériel de vélo et deux autre cartons tant qu'à faire. Puisqu'il va bien falloir commencer à ranger. En revenant, comme la voie verte surplombe le cimetière, j'ai vu que des plantes de la tombe des parents étaient tombées. Je suis allée y mettre bon ordre. Sur la tombe de ma Tante Marie-Thérèse les pots avaient valsé aussi, probablement le grand vent des jours précédents. J'en ai profité pour arroser ces plantes. Il y a quelque chose de très réconfortant pour moi dans le fait de "passer voir" nos morts, quand bien même je n'y rattache aucune imagination de superstition ni illusion. Mais c'est l'occasion d'un recueillement, si bref soit-il, en pensant à celles et ceux qui nous ont précédé. Je me sens un petit maillon d'une longue chaîne et c'est apaisant. 

Il n'était pas trop tard pour reprendre une séance de Tabata parmi les premières. Le son hélas est tout caviardé, sans que l'on sache trop pourquoi. J'ai retrouvé par ailleurs des musiques pour une prochaine fois. C'est troublant de constater qu'au début du confinement, il faisait nuit à l'heure de la séance. On mesure ainsi (même si le changement d'heure ajoute un twist), que vraiment un bon pan de temps s'est écoulé.

J'ai reçu de la part d'un ancien collègue et responsable un appel téléphonique pour me proposer un travail pour un temps. C'est là que l'on mesure à quel point la pandémie change la donne. Déjà la nécessité d'un tel appel n'aurait pas eu lieu d'être sans elle et ses premières conséquences. Ensuite, j'eusse été tellement ravie de dire oui, alors qu'à présent mettre en jeu ma santé pour un tout petit salaire même avec des super collègues, un métier que j'aime, des clients principalement sympathiques, ne m'emballe pas (1). Nous ne sommes pas dans un jeu video, je n'ai pas d'existence de rechange. Enfin, j'ai à présent un autre emploi prévu et la question de faire faux-bond ne se pose même pas.

D'autant plus que je crains fort que l'épidémie ne s'en tienne pas là, alors changer de métier est un choix délibéré en fonction de cet avenir collectif là. 

La proposition m'a en tout cas fait plaisir et j'ai été peinée de devoir refuser. Compte tenu des circonstances, c'était en fait un non-choix. La même proposition avant l'épidémie (et donc avant aussi mon changement d'orientation qu'elle a influencé) m'aurait fait sauter de joie. Les temps ont déjà changé. 

Félicien Kabuga, l'un des principaux responsables du génocide au Rwanda en 1994, aurait été arrêté à Asnières à 84 ans, où il vivait depuis des années sous un faux noms. Pas pu m'empêcher de penser, Est-on certains qu'il ne s'agit pas de Xavier Dupont de Ligonès ? 

Lu via Alice un extrait de livre particulièrement atroce (Adolf Rudnicki "Les fenêtres d'or"),  sur la révolte du ghetto de Varsovie. Et constaté que Dr Caso s'appliquait en ce moment à bloguer pour une bonne partie des mêmes raisons que moi : 

Je trouve, mais vous avez le droit de ne pas être d’accord avec moi, que nous vivons des moments historiques, et que donc il est très important de prendre des notes, des photos, des souvenirs, des petits bouts du quotidien, parce que sinon, dans 50 ans, on regrettera tous de ne nous souvenir de rien.

Même si pour ma part je relativiserai le côté "moments historiques". Seul l'avenir le dira. Effectivement il y a une probabilité non nulle que la pandémie qui aura éclatée à grande échelle début 2020, soit plus tard une date charnière ; pas nécessairement historique en tant que telle (nous n'aurons fait, sauf professions "sur le pont", que mourir ou rester chez nous), mais en bornage d'une époque et début d'une période troublée et pourvue de nouvelles façons de vivre - au moins un plus grand recours aux possibilités des outils technologiques quotidiens -.

Un pianiste, Dan Tepfer, s'est amusé à inverser les Variations Golberg. Sans surprise : c'est beau quand même. Et très intéressant. J'ai l'impression que Bud Powell, l'air de rien a déjà fait quelque chose comme ça, dans certaines impros en tout cas. 

J'ai longuement LT les TG italiens. Ça déconfine tout en tentant de calmer le jeu. J'apprécie la façon dont Giuseppe Conte tente au mieux de faire face. Je me trompe peut-être puisque cela faisait un moment que je ne suivais plus la politique italienne que de loin, mais j'ai l'impression qu'il s'est trouvé en poste sur un effet de consensus en mode plus petit dénominateur commun et qu'il s'est révélé en stature d'homme d'état durant la crise. Je ne suis pas dupe des effets de com. Mais ça n'est de nos jours pas donné à tous de les réussir. Et pour un haut dirigeant il donne l'impression d'avoir encore les pieds sur terre. 

En France des gilets jaunes ont tenté de se remettre à manifester. Ils ont été réprimés brutalement alors que c'était particulièrement inutile (peu nombreux). 

Avant de dormir, j'ai regardé le non-concours de l'Eurovision, quelques bribes dont l'intervention de Björn Ulvaeus en vieux grand-père, ce qui m'a donné l'impression d'avoir réussi ma (sur)vie. 

 

(1) Comme le faisait remarquer quelqu'un concernant le métier d'enseignant : autant qui est pompier ou soignant, voire soldat, sait qu'en cas de crises particulières, il ou elle sera en position de risquer sa peau, ça fait partie des risques du métier, autant enseignant, vendeur, libraire ... ne sont pas des professions censées être à risque. Alors la question se pose vraiment : suis-je prête à risquer ma vie pour pouvoir continuer à l'exercer ? Je n'ai pas signé pour la mettre aussi crûment dans la balance. 

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4 707 913 cas (dont : 311 948 morts (89 454 morts aux USA) et 1 803 228 guéris) 


Chroniques du confinement jour 60 : Enfin des masques ! (et une journée qui passe trop vite mais on finit par s'habituer)

Déconfinement officiel 1 jour 5

    Comme nous avions manqué le réveil la veille nous sommes allés courir ce matin. Troisième barrière, ce qui fait donc environ 6 km au total. Nous avons décidé de reprendre progressivement en ajoutant une barrière à chaque fois. 
J'ai tenu un petit 7:09 mn/km, ce qui est très lent mais pas si mal pour moi.

Nous avons aussi fait une promenade de 3/4 d'heure au soleil couchant, après le dîner. On perd vite l'habitude physique de marcher (ou courir ou pédaler ...) sans interruption. Par exemple j'ai maintenu un parcours total de pas quotidiens assez soutenu étant donné mon lieu de confinement, seulement c'était en petits élans. Le corps, les os, les muscles, les tendons et je ne sais quoi ont besoin de se réhabituer à un certain type d'effort constant.

Je ne me sentais aucunement oppressée de rester dans la maison et le petit jardin mais je suis très heureuse d'en sortir quand ça me plaît et à peu de risques (course à pied : croisé 2 + 1 + 1 personne ; promenade vespérale : 3 gars qui sortaient de voiture, au large). Comme l'écrivait Claire Placial en substance, j'étais heureuse de rester chez moi, je suis contente de ressortir, je dois être d'un heureux naturel. 
Ce que je n'ai pas envie de faire c'est de retourner dans la grande ville risquée. Mais il le faudra bien car nous devons travailler. 

Je suis étonnée d'à quel point mes affaires (vêtements, livres, divers équipements ...) me manquent peu. Il me manque certains carnets de notes, des photos, des documents. Mais c'est parce que j'essaie d'avancer dans différents petits travaux personnels, ils ne me manquent pas affectivement. Nous étions partis avec le strict nécessaire, et ça me va tout à fait. D'autant plus qu'étant confinée avec un petit héritage de deux générations cumulées, je redécouvre des outils, des objets. 

Ce sont les ami·e·s qui me manque et la famille, mais ça n'est pas un manque fuligineux et qui serre le cœur, je parviens fort bien à me dire calmement qu'à un moment donné nous nous rejoindrons. 
Sans doute que les deuils déjà encaissés et trois ruptures subies au fil de ma vie, une classique qui est devenue une amitié et deux brutales sans avoir su voir venir, m'ont habituée à vivre sans les gens qui me sont indispensables. Pour l'heure c'est tant mieux, mais au fond c'est un peu triste. Comme de n'avoir plus du tout à se soucier d'aucun vieux parent. 
Il faut dire aussi que les moyens modernes de communication font que nous ne sommes pas coupés du monde. J'ai même davantage d'échanges et de nouvelles des gens que j'aime en ce moment que je ne suis pas accaparée par un travail nourricier dont je rentre le soir épuisée. 

À force de prendre en photo les vaches dont une image qui m'a trop rappelée Atom Heart Mother, je me suis remise à écouter les disques de Pink Floyd, et partant de là, Youtube m'a engrainée à regarder des documentaires dont : 

cette série d'une probable émission radio (j'adore le ton de la dame, so chic pour raconter des trucs qui par moment ne le sont pas) dont voici le lien vers la première partie (normalement, la suite s'enchaîne)
ce documentaire assez complet datant de 2010 (avoir pensé : tout récent puis ... ah mais oui mais non ... dix ans ?!)

J'avais oublié à quel point le groupe aura fonctionné comme une fusée larguant un étage à chaque étape de sa progression, pour atteindre au bout du compte le succès stratosphérique à la fois parce que le goût du grand public est enfin prêt et parce que les survivants sont allés vers une œuvre brillante et qui restait inventive mais plus calibrée. 
Il faut dire que mes cousins m'avaient fait découvrir Ummagumma et Atom Heart Mother a un âge où je pouvais difficilement être autre chose qu'intriguée sans trop pouvoir me passionner. Que j'avais beaucoup aimé ce que j'avais pu entendre de Dark side of the moon mais qu'à l'époque il m'était difficile d'acheter des disques. Ce qui fait que ce n'est qu'avec The Wall, découvert par des K7 audio prêtées puis par le film d'Alan Parker que j'avais commencée non seulement à être mais à pouvoir m'intéresser et comme dab chez moi ça n'avait été qu'en décalage que mon cerveau avait fait le rapprochement avec le groupe que mes cousins aimaient bien, dix ans, en gros, auparavant. 

- Qu'est-ce qui aura influencé vos choix musicaux pendant #LeConfinement ? 
- Les vaches du champ derrière la maison.

C'est alors que m'instruisant sur la part musicale de cet ancien temps j'avais totalement oublié l'épidémie et le reste du monde, que JF est revenu triomphant : J'ai pu acheter des masques à la pharmacie. Ils sont lavables en tissus, agréables à porter et presque élégants. Mais nous n'en avons que deux en tout, soit un chacun, ce qui est trop peu si l'on doit renouveler. Il m'a parlé de 5 € mais je n'ai pas capté s'il s'agissait de 5 € / pièce ou 5 € pour les deux. 
En attendant c'est bien, je vais pouvoir aller aux box de stockage et dans quelques commerces si nécessaire.
Et ils me serviront une fois de retour à Paris.

Notre promenade du soir nous aura fait constater que le confinement n'a décidément pas eu une bonne influence sur le comportement de certains conducteurs qui se sont habitués à être seuls au monde à circuler (alors que nous marchions au bord d'une petite route, nous avons été croisés par une voiture qui passait en trombe ; que ce serait-il passé si au lieu de piétons aux réflexes vifs qui nous sommes écartés presque jusqu'au fossé nous avions été à vélo plus difficiles à dégager ? (1)) et que le déconfinement a comme on s'y attendait été interprété par une partie de la population comme une invite à reprendre comme avant. Et donc sur la petite portion de la petite ville que nous avons arpentée ce soir, deux foyers au moins recevaient du monde, dont un clairement en mode fiesta entre potes. Est-ce bien raisonnable ?

Le gouvernement italien craque aussi face à la pression des régions et de la catastrophe économique qui se profile : réouvertures dès le 18 mai de bien davantage de secteurs qu'initialement prévu, distanciations bien réduites (1 m seulement) dans toutes sortes d'établissements, et les plages accessibles et au 3 juin la possibilité de venir en Italie sans subir de quarantaine (c'est de façon évidente décidé pour tenter de sauver de l'effondrement total le secteur du tourisme) et en Italie de circuler librement entre les régions. Certes, les comptages sont plutôt encourageants avec une baisse confirmée de jours en jours du nombre de nouveaux cas, mais 242 morts dans cette journée du 15 mai, quand même. 

 

La journée est passée trop vite, je n'ai pas eu le temps de faire une grande partie de ce que j'espérais. Or ça y est, le temps que l'on pouvait croire infini (à l'échelle d'une vie de quelqu'un qui loue son temps ordinairement pour gagner sa subsistance) est désormais compter. Il ne reste plus que trois semaines pour boucler bien des choses. Et je m'inquiète de travaux à faire faire (étanchéité du toit, isolation des murs, salle d'eau à carreler avant que le mur ne parte en lambeaux du côté de la douche).

 

(1) C'est un seul exemple mais tout au long de la journée nous entendons des véhicules passer bien trop vite devant la maison.

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 607 798 cas (dont : 307 392 morts (88 210 morts aux USA) et 1 740 438 guéris) 


Chroniques du confinement jour 59 : Une belle balade au Mont Doville

Déconfinement officiel 1 jour 4

La journée aura été caractérisée par un splendide raté pour commencer : nous avons été deux à dormir comme des loirs jusqu'à 9h du matin, et j'ai terminé ma nuit sur un étrange songe d'entretien d'embauche pour quelque chose comme Cerisy puis d'aller faire un entraînement de course à pied avec un ami écrivain et l'une de ses amies.
Pour courir c'était tard, d'autant plus que le temps était assez venteux (rien de totalement rédhibitoire, mais pas engageant non plus) et qu'il crachinait finement. Nous avons préféré remettre au lendemain. 

Pour une raison qui m'est obscure, si ce n'est que j'aime à démarrer la journée par un sport puis prendre un bon petit-déjeuner et ensuite seulement m'attaquer à ce qui est devant être fait, passé cette possibilité de course matinale, c'était pour moi forcément remis au lendemain. 

Il faisait bien frais et bien venteux mais une fois passé le temps du petit-déjeuner, avec croissants pour la première fois depuis le début du confinement - les vrais les bons, ceux de la pâtisserie -, le ciel s'était dégagé. J'ai proposé une promenade au Mont Doville, je trouvais que c'était une belle façon de se déconfiner, voir en grand tout le panorama. 
(et puisqu'il fallait faire rouler la voiture afin de recharger sa batterie ...)

Ce fut un vrai bon moment, profond. La joie d'arpenter la colline, seuls, mais non sans qu'elle ait été fraîchement entretenues - des traces d'une tonte de gazon récente dans les parties "touristiques" (la chapelle, l'ancien moulin) - était intense après près de deux mois sans liberté de grands mouvements. La lumière était merveilleuse. J'ai partagé quelques photos avec Le Fiston (un peu après) et un ami proche (pour l'encourager dans son boulot), et pour le reste je regardais comme s'il s'était agi d'être parvenus à gravir un sommet, d'avoir réussi. 
Nous n'avions aucun mérite pourtant, à être monté en voiture. C'était, je crois, la sensation d'être parvenus à survivre au moins jusque-là (cette âge-là, globalement, et ce moment-là de l'épidémie de #Covid_19 ponctuellement).

La végétation avait beaucoup grandi, je me suis demandé si tel était le cas déjà autrefois. Dans mes souvenirs d'enfance la colline était toute nue et non couverte de bruyère et dans mes souvenirs plus récents la bruyère était basse. À présent il faut parfois se frayer le chemin.
Un paquet de 54 cartes était posé dans le corps de garde. Géocache ?

Les vitraux de la chapelle sont tout refaits en illustrations modernes. Un panneau indiquait 2012 et j'avais pourtant l'impression de les découvrir. C'est curieux. Le confinement nous aurait-il rendu partiellement amnésique des paysages et lieux d'avant ?

Comme JF semblait disposé pour une fois à parcourir des petites routes - il en a peur ; c'est vrai que le danger de se retrouver nez-à-nez avec quelqu'un qui speedait se croyant seul au monde existe et qu'elles sont trop étroites pour deux voitures qui se croisent autrement que lentement et avec précautions -, nous sommes rentrés par Doville et sa curieuse "Nouvelle église" (du XIXème siècle la nouveauté), Varenguebec, dont je n'avais plus de souvenir précis et Blanchelande désormais barrée d'un panneau Propriété privée défense d'entrée. C'était comme de revenir dans un endroit après des années sans y aller, alors que ça n'est pas du tout le cas.

Après le déjeuner, dont s'est occupé JF, j'ai passé l'après-midi entière à Liverpool dans le tout début des années 50 (oui, toujours la lecture de "The Beatles Tune In" de Mark Lewisohn, une vraie réussite narrative pour un documentaire) avec un bon moment de sommeil (1). 

Ensuite ce fut la dernière séance de Tabata en mode un jour sur deux. J'étais triste, mais c'est normal que ce qui était prévu pour le confinement s'estompe (2), ce n'est pas parce que nous jouons les prolongations que tout le monde est dans ce cas. 

Comme dab, la soirée est passée trop vite. J'ai rattrapé d'écrire, un peu de choses sérieuses, un peu de messagerie.
Peut-être un brin de lecture ensuite ou un documentaire (celui-ci fourni par Le Fiston ou celui-là issu de mes réécoutes de Pink Floyd ces jours-ci à cause de la pochette de Umagumma Atom Heart Mother, mais pas les TG italiens, j'aimerais me lever tôt pour courir demain.

J'ai remarqué que si la circulation est désormais particulièrement forte en journée - et les conducteurs ont un peu perdu l'habitude de ralentir en arrivant dans une petite ville ou un village - elle reste comme au début du confinement presque inexistante le soir. Une partie de la vie a repris, mais vraiment pas tout. Ni non plus le tourisme. 

Chez plusieurs amis qui écrivent la question revient de : qu'en serait-il de la même épidémie mais ayant lieu avant (un avant réel ou par exemple chez Guillaume Vissac, un avant de fiction) ? J'y pense également. Et pas seulement pour la part : qu'est-ce qu'on se serait fait enfumer par le gouvernement sans moyen de savoir la réalité des choses ! Pour d'autres choses aussi, le degré d'isolement pas du tout ressenti de la même façon, ni non plus la menace de la précarité.

Il y a aussi la tentation d'écrire en l'inventant puisque ça n'aura pas eu lieu, ce que nous aurions pu ou dû vivre si nous ne nous étions pas retrouvés malades ou confinés.

J'oubliais : après plusieurs jours d'avoir eu le #JukeBoxFou de dedans ma tête qui me passait la musique puis JF qui l'avait reprise à son compte et la fredonnait, je suis enfin sortie, à 14h42, d'un trou de mémoire. Il s'agissait de l'air principal de la B.O. du film Arizona Dream par Goran Bregovic : In the death car. En fait je me souvenais qu'il s'agissait d'une musique de film et il m'en restait "Azra". Soudain ça m'est revenu "Le temps des gitans", d'Emir Kusturica. En écoutant un bout de la B.O. sur Youtube j'ai vite repéré que ça n'était pas ça mais Goran Bregovic bien sûr. Et la réponse a coulé de source. 
Quel soulagement !

 

(1) Je commence à me sentir inquiète pour notre déconfinement : comment survivre à une journée sans sieste ?
(2) Les séances continueront mais plus espacées. 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 508 663 cas (dont : 302 322 morts (86 599 morts aux USA) et 1 697 478 guéris) 


Chroniques du confinement jour 52 : matinée de boulot, après-midi et soirées douces

 

    Plus de 3 heures passées en réunion téléphonique pour le comité de lecture dont je fais partie. J'ai mieux tenu le coup que ce dont je me croyais capable, et je me dis que c'était un bon entraînement pour le travail quand il commencera. 
C'était bien organisé et on était bien disciplinées (un seul homme dans notre lot ; souvent le cas pour le bénévolat), je n'ai pas eu l'impression de perdre mon temps. Ce qui m'a frappée en revanche c'est l'environnement sonore désagréable et fort de bien des intervenantes : des sirènes de véhicules d'urgence, des bruits sévères de chantiers, de la circulation (pourtant, ça, on en a ici) ... aurais-je déjà oublié la ville ?

Dès lors le reste de la journée a filé comme de rien, sieste après un délicieux déjeuner (une omelette aux champignons et oignons, préparée par le co-confiné qui se remettait d'avoir durement bossé les deux jours qui précédaient), lecture au jardin puis tris de boîte avec des petits accessoires de bricolages, puis un peu de déserbage et zou c'est l'heure du dîner (tardif, à l'heure où délicieusement le soleil donne) et de suivre les TG italiens, puis d'écrire ici.  

JF s'est un peu entraîné à la pétanque après avoir reçu mail et coup de fil de son entreprise confirmant la poursuite de son chômage partiel. Ça augure mal de la suite économique et professionnelle, en attendant, profitons du bon.

Édouard Philippe, l'actuel premier ministre français, tenait avec quelques collègues ministres une conférence de presse en fin d'après-midi. Il s'agissait d'annoncer les mesures concrètes pour le début de déconfinement du 11 mai.
Elles furent mieux résumées par les TG italien que par la façon dont ça semblait dit. 
Le Monde a fait un résumé. On ne sera plus obligé de se trimbaler avec une attestation pour les déplacements de vie quotidienne, grand soulagement ; exception faite en Île de France pour les transports en commun. 
Autre résumé concret ici (journal des femmes).

Les masques, d'ailleurs y seront obligatoires. À Clichy il y a eu une distribution gratuite de masques lavables un par habitant de foyer fiscal - critère logique, bien -. Notre fille s'est dévouée et a dit que c'était très rapide, en plus que les distributions étaient bien réparties dans différents lieux de la ville - mais les masques pour elle, comme pour beaucoup de femmes les masques aux normes AFNOR, sont trop grands -. Entre cette organisation municipale, les masques de précaution que j'avais commandés en voyant ce qui en Italie survenait et quelques autres qu'elle a eus côté santé, nous devrions pouvoir sortir couverts quand nous allons rentrer. 

Sur les scolaires, qui rentre, qui ne rentre pas, la confusion est forte. J'ai lu quelque part que ça ferait max 1 élève sur 6 qui reprendrait. Je suis soulagée de n'être ni prof ni parent d'enfants d'âge d'y aller.

Il semble de plus en plus clair que le #Covid_19 a commencé à sévir dès l'automne et que le championnat du mondiaux militaires qui eut lieu en octobre à Wuhan fut un foyer de l'épidémie. Ce soir j'ai lu un témoignage italien (jours précédents : USA, Français ...). Et je me pose de sérieuses questions sur le rhume - gastro - grippe - tousserie qui a sévit en décembre et janvier à la librairie où alors je travaillais. J'aimerais bien que notre immunité puisse être testée. 

Ibrahim Gokcek le bassiste du groupe Yorum est mort après 323 jours de grève de la fin. Après le décès récent de la chanteuse du groupe, pour la même raison, il venait grâce aux pressions internationales d'obtenir gain de cause et a cessé la grève et été hospitalisé mais trop tard, n'a pu être sauvé. 

Stacey Kent partage des Isolation Video. Bonheur.

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Un touite d'Abie me donne envie de réviser le test de Turing et je trouve une très chouette video pour l'expliquer. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3 903 962 cas (dont : 270 030 morts (76 699 morts aux USA) et 1 334 368 guéris) 


Chroniques du confinement jour 50 : la reprise du travail par temps de pluie déteint mais une auberge apparaît dans le lointain


    Mon co-confiné devait donc travailler, à savoir suivre une formation à laquelle son employeur, avec son accord, l'a inscrit. Piège dans lequel sont sans doute tombé un certain nombre d'entreprises : les 15 jours, peut-être un peu plus mais pas tant, décrétés par le gouvernement au début du confinement, et qui avaient été pris, comme, Bon OK, on va vous mettre au chômage partiel, ça vous ira ? Partir dans le village de la famille de votre femme ? Oui bien sûr, de toutes façons, nous n'avons pas de travail en ce moment, sont devenus un mois et demi et Ah merde qu'est-ce qu'on va pouvoir faire pour ne pas licencier (immédiatement) les gens ? Tiens, on pourrait utiliser les crédits formations. 
Le hic étant que le télétravail ainsi n'était pas organisé, ni le salarié équipé (et encore il avait consenti à écouter ladite femme qui disait, non mais n'écoute pas ces incompétents du gouvernement, si on part c'est pour un mois au moins, PRENDS TON ORDI !). 
Je pense que le cas n'est pas isolé, sinon je ne prendrais pas la peine de le relater.

Il aura donc fallu, après une confirmation vendredi de la formation et un appel la veille du formateur et Oups ! sur le petit ordi personnel familial, le gros logiciel professionnel n'y était pas, et donc 8 heures de téléchargement au rythme de la connexion via le téléfonino, s'organiser un plan de travail autre chose que le trop petit bureau contre la petite fenêtre qui donne sur les vaches , et au dernier moment parce que les manipulations à effectuer sur des modélisations nécessitaient une plus grande précision de les pad de l'ordi portable, emprunter une souris compatible PC (1) aux voisins d'en face.

Oui parce qu'en ma Normandie, dégagé le Voisin Voleur, c'est un bonheur de voisinage et donc on appelle au secours, ils nous ont dépanné dans les 5 minutes, nous avons estimé que le risque sanitaire n'était pas élevé à moins de sept jours du début de déconfinement.  
Grâce soit rendue à nos bons voisins !

Évidemment ce jour de formation aura été LE jour de pluie, la vraie, celle qui tombe calmement comme si elle ne devait pas s'arrêter avant la nuit d'après. Ce qui fait que je pouvais oublier le jardin. 
Je me retrouvais donc coincée dans la maison mono-pièce tandis que l'Homme causait et écoutait causer (c'était une formation pour trois personnes).

J'en ai donc profiter pour bosser, du moins régler quelques tâches administratives et autres choses sérieuses qui pouvaient se faire en silence sur l'ordi, tout en écoutant de la musique, aux oreillettes puis quand c'est devenu pénible avec un casque acheté il y a un paquet d'années et que j'avais à tout hasard sorti de là où il avait été stocké. Il fonctionne sans fil mais a un fort bruit de fond lorsque l'ordi est connecté.
Photo le 05-05-2020 à 15.22

Le boulot avait déteint. 

J'ai aussi passé un peu de temps sur les réseaux, bien m'en a pris, c'était le jour historique que Kozlika avait choisi, après un teasing délicat, pour annoncer L'auberge des blogueurs ; je me suis efforcée de garder silencieuses mes manifestations d'allégresse, mais cette perspective me réjouissait. 
Le hic est seulement que je serai si tout va bien en train de démarrer mon nouveau boulot alors ça sera très compliqué de tenir un rôle dans cette aventure que d'expérience je sais chronophage. Il faudra que nous calibrions bien mon personnage (2). 

Grâce à Matoo, j'ai (re?)découvert le blog Prof en Scène et plus particulièrement ce billet où il est question de la mission de prise en charge qui longtemps n'était qu'un implicite mais qui est désormais considérée du moins par les gouvernants comme un but en soi. 

Grâce à Nasiviru, je me suis souvenu d'un jeu auquel je jouais beaucoup enfant et adolescente et qui procédait pour partie du même mécanisme que celui des amis imaginaires. J'espère que ça la rassurera. Je n'ai pensé qu'après l'avoir écrit que mon exemple peut au contraire faire peur, car je ne suis pas quelqu'un que l'on peut citer en exemple. Mais bon au moins je ne suis pas malheureuse (3), donc si l'inquiétude porte sur le bien-être et non sur la place de la future adulte dans ce monde, je dois pouvoir quand même rassurer.

Grâce à Dom Moreau je suis (re)tombée sur quelque chose dont je n'avais pas capté l'ampleur en lisant un premier article chez Libé : comment des femmes (essentiellement des femmes) se sont trouvées piégées à DEVOIR coudre des masques bénévolement (en Belgique mais pas seulement) après un départ de mouvement de bonne volonté couturière, vite détourné à leur profit par certains, tout en conservant le bénévolat des confectionneuse.  

J'ai appris les coulisses peu reluisantes de conception d'un vieux succès d'Evanescence auquel une vois masculine avait été imposée sur les refrain. Le procédé m'énerve au plus haut point. Seulement ensuite j'ai écouté (au casque, toujours pour éviter de perturber la formation), les deux versions. Et la seconde, celle souhaitée par l'artiste est à mon goût beaucoup moins intéressante et trop ornée (il n'y a pas cette seule différence de la voix masculine, mais bien d'autres choses de l'arrangement). Donc il faut reconnaître que l'arrangeur au moins complice des décideurs sexistes, était lui (ou elle ?) compétent·e.

J'avais raté le début des Notes du confinement de Martine Sonnet, ma journée studieuse et silencieuse m'aura permis de me rattraper. 

Une amie, F., m'a appelée en fin d'après-midi. Par chance il ne pleuvait plu à ce moment-là et j'ai pu aller répondre au jardin sans je penser déranger l'Homme studieux. Son appel m'a fait grand plaisir, d'autant plus que son homme et elle et les amis communs dont elle me donnait des nouvelles aussi vont bien. C'est vrai que, bien occupée, y compris à ne rien faire d'autre qu'écouter les oiseaux, admirer le ciel et les lumières, ou tenter de piger la logique méthodique des vaches (leurs placements dans les deux champs et les rythmes brouter / ruminer), je ne pense pas assez à appeler les autres - alors que je pense à elles et eux et que pour une fois et pour l'instant j'ai plutôt des choses paisibles et douces à relater, ce qui pourrait réconforter et enfin du temps pour écouter -.

Pas de LT italien, ce soir, mais le quatrième volet du merveilleux documentaire de Stan Neuman, Le temps des ouvriers. 

   

 

(1) Prévoyante, j'ai pris une souris, mais pour mon petit Mac et le PC et elle ne savent se causer. Ce que j'ai oublié : prendre un chéquier qui serait nécessaire ... pour les inscriptions sportives de la saison prochaine et qui commence dès maintenant puisque tout étant bloqué, les clubs ne savent que faire pour tenter de se sentir survivre. Alors ils anticipent sur des réouvertures en septembre. Auxquelles je veux bien croire, sauf 2ème vague de contaminations encore plus mortelle que la première 

(2) J'ai déjà (au moins) une idée, il faudra que je la soumette dès que possible au comité d'organisation.  

(3) Sauf malheur survenu profond et précis. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3 713 088 cas (dont : 257 089 morts (71,838 aux USA) et 1 235 504 guéris)