Chroniques du confinement jour 21 : Lazy day

 

    C'était un jour sans trop de sport, mais du coup je me suis levée plus tard et ai tout fait au ralenti. Encore du travail au jardin, j'en vois le bout, ne me hâtais pas : JF tentait une sauce marchand de vin et je savourais d'être à l'extérieur mais avec les bonnes odeurs de cuisine. Un petit crachin plus tôt le matin s'était transformé en soleil avec légère brise.

J'ai eu un de mes cousins au téléphone et c'était bien. En fin de journée aussi quelques SMS avec une amie. Pour autant je suis peu capable de communiquer (radio, projets professionnels ...) comme si le fait d'être confinée signifiait également se mettre en retrait. Pour la même obscure raison, en plus de ma connexion qui est fragile liée au petit téléphone, je n'ai pas grand goût à participer aux réunions et apéritifs à distances. Tant qu'à être confinés, qu'il s'agisse de calme (se dit une part de mon cerveau). 

J'ai enfin trouvé du temps pour lire. Les échos avec le journal d'un autre confinement (pour une vraie guerre, celle-là) dans "Feu de tout bois" sont nombreux. Et étrangement réconfortants. 
Et aussi pour écouter et regarder les oiseaux. Ranger un peu (retrouver un vieux survêtement). C'était une journée paresseuse, ça n'est pas si souvent qu'on peut se l'accorder. Il y a un poids de la peine générale qui prend sa quantité d'énergie : il est impossible d'oublier toutes celles et ceux qui souffrent. Une part de mes pensées est en permanence vers eux comme si de loin mon énergie pouvait quoi que ce soit (belle illusion). 

La nouvelle du jour était le placement en thérapie intensive de Boris Johnson, comme un coup de boomerang qui lui revenait après avoir joué les bravaches et averti au début son pays que oui, des vieux et des faibles allaient mourir ou être en danger. Si seulement il pouvait s'en sortir mais en ayant réfléchi ! 

La ministre de l'éducation d'Italie a présenté des excuses publiques pour n'avoir pas su anticiper et équiper toutes les écoles, les scuole medie et les lycées de façon à ce que l'enseignement puisse se poursuivre à distance. Et que toutes les familles puissent suivre. Elle annonçait un effort pour que ça devienne possible et que l'on ne soit plus jamais réduit à cette impuissance. 

C'est fou : nous avons désormais l'habitude des comptages quotidiens en ouverture de journaux. Comme si c'était une forme de météo. Les chiffres pour Torino sont inquiétants. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 340 455 cas (dont : 74 442 morts (10 764 aux USA) et 278 156 guéris) 


Chroniques du confinement jour 20 : Some kind of a true morning run (and, what a sunny day !)

 

    Vrai morning run ce matin, à l'intérieur du kilomètre de rayon et de l'heure autorisée, soit 6 km en 43 minutes en allers-retours dans un sens puis dans l'autre sur l'ancienne voie de chemin de fer. J'eusse souhaité partir à 8h afin de ne croiser personne. Nous sommes partis à 8h20, parce que l'Homme avait du mal à émerger et n'avons croisé qu'un couple plus âgé, paisibles marcheurs qui se sont mis l'un derrière l'autre tandis que nous serrions notre droite et que je mettais mon tour de cou en mode masque de fortune, et un promeneur de chien, plutôt peu amène mais répondant néanmoins à notre bonjour. 

Échange de Bonne journée avec Le Fiston. Ça fait toujours du bien. 

Je m'installe pour écrire au petit bureau de mon enfance, placé idéalement perpendiculaire à la fenêtre arrière. Regarder par la fenêtre c'est voir la campagne, paisible, des arbres dont un très beau et quelques maisons. Les oiseaux donnent leur meilleur concert. Il y a une petite brise délicieuse. On entend des bruits de vie : enfants qui jouent non loin, rumeurs diffuses de conversations, chiens qui aboient mais pas trop souvent, circulation très légère (1). On pourrait croire un dimanche normal de printemps. 

Je pense de plus en plus à la série "Le Prisonnier", cette apparence de super douce normalité, le parfum du jour est fraise, un éternel beau temps, des gens en balade, et par en dessous, l'oppression.

En attendant, obéissants, relativement à l'abri après une quarantaine qui nous a laissé en forme (2), nous menons la vie la plus douce de notre vie. 

Et au même moment où je m'installe pour écrire fenêtre ouverte, je lis ceci : 

"538 - 7 février 2004 - Un samedi matin. Il fait froid dans la maison mais il y a du soleil. J'ai ouvert la fenêtre et je m'aperçois que l'air est printanier. Ces petites choses dont on se déshabitue : ouvrir sa fenêtre. Et écrire, comme ça, face à une fenêtre ouverte me paraît audacieux ..."

("Feu de tout bois" Elisabeth Horem, éditions Bernard Campiche, tome 1 p 349) 
OK je ne suis pas à Bagdad, ça n'est pas une vraie guerre dehors mais la lutte de l'humanité contre une pandémie, on est dimanche, il ne fait pas froid dans la maison et la fenêtre est à ma droite. Il n'empêche que je me sens enfin moi aussi dans les conditions matérielles idéales pour travailler. Moralement c'est autre chose. Comment faire abstraction de toutes les personnes en deuil, en grande difficultés économiques, ou souffrantes, si nombreuses, bien plus qu'à l'ordinaire de ce monde tel qu'il était.

Je (re)lis un article de Marie et Julien datant de 2016 et oublié depuis. Les ami·e·s de dotclear, outil utilisé pour ce blog, comme pourrait l'être wordpress ou typepad, sont depuis quelques jours pris à parti par le starteupeur dont il est question dans le billet, comme s'ils étaient responsables de son contenu. Et il semble refuser de comprendre qu'ils n'ont pas de lien, et pas de moyen de pression à tout le moins, sur ses auteurs. C'est comme si l'on venait reprocher à l'entreprise de BTP qui a bâti une route les incidents ou accidents qui y auront éventuellement lieu (analogie imparfaite : une route peut se dégrader et n'être plus entretenue ou avoir des défauts de conception accidentogènes ; il n'empêche ça n'est pas la faute des bâtisseurs premiers si l'usage qui en est fait ensuite n'est pas sans danger ; et surtout le constructeur n'a aucun pouvoir sur les automobilistes).

J'avais décidé au début du confinement de respecter un repos le dimanche, au sens de : ne pas avancer dans les travaux et l'entretien à faire, mais prendre par exemple le temps pour lire. En fait, entre écrire ici et là, répondre à quelques messages (ou insuffisamment, comme aujourd'hui encore), lancer et étendre une lessive, la journée file file file. 
J'ai pu seulement m'accorder une sieste, fenêtre arrière ouverte (écouter le vent dans le grand arbre du champ, bonheur ultime d'un dimanche presque sans bruits de circulation (gaudemus)), et passer un petit moment au jardin à l'heure du thé ; tenter de rappeler l'un de mes cousins qui m'avait laissé un message dans la matinée. 

La séance de Tabata demande un gros effort mais quel bonheur et comme ça donne la pêche. Je me suis sentie en pleine forme (je pèse mes mots ; il faut savoir que la pleine forme est très rare chez moi, quel que soit le contexte) toute la soirée grâce à ça. Les séances de Tabata par Romain Pourrat me manqueront lorsque le confinement s'achèvera.

Soirée classique ensuite : suivre et LT les nouvelles d'Italie, tellement rude mais pourtant moins pénible que celles d'en France car les informations sont moins muselées et que le gouvernement tout imparfait qu'il puisse être assure un max face à cette crise, fait vraiment ce qu'il peut. Puis écrire ici et lire un peu avant que le sommeil ne tombe.

Les nouvelles étaient encourageantes côté italien : enfin la décrue qui s'amorce ; catastrophiques aux USA et toujours dramatiques en Espagne. La reine Elizabeth a fait une allocution à son pays, et c'était totalement impressionnant. Si on m'avait dit qu'un jour je serais émue en écoutant la reine d'Angleterre j'aurais ricané. Hé bien j'aurais ricané à tort. Alex Taylor a tout bien résumé.

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En 4 minutes elle a dit tout ce qu'il y avait à dire, rien de trop, rien de pas assez, elle a été réconfortante, encourageante, reconnaissante et émouvante (avec son rappel de 1940). Du grand art. Mes amies aussi (Nawal, Samantdi) ont exprimé leur admiration.

Pendant ce temps Boris Johnson, testé positif au coronavirus il y a dix jours était hospitalisé, officiellement pour des examens. Quand on pense à sa politique du début du Laissons faire le virus, les plus faibles mourront mais ça sera pour le bien du pays qui se relèvera plus fort, et puis ses vantardises de type, Je serre les mains moi, malgré l'épidémie, on aurait presque l'illusion d'une justice immanente. Si seulement tous les hommes de pouvoir qui ont mis leurs peuples en danger en commençant par faire les malins pouvaient un peu se manger une leçon, disons jusqu'à la bonne petite frayeur, l'épidémie n'aura pas été qu'un immense drame (3). 

Les coureurs norvégiens affichent promenades et de rares mais existants entraînements à l'extérieur (dans des lieux désertiques). Est-ce que le confinement est plus souple par chez eux ? 

 

(1) Contrairement à la fin de semaine où elle était très active. S'ils se sont réellement confinés durant les quinze premiers jours, les gens sont à présent retourné travailler. Volontairement ou obligés ? 

(2) Mais solides soupçons d'avoir subi l'Homme très clairement, moi de façon plus diffuse, une attaque virale en début de mois. 

(3) À nouveau des décès parmi les proches de personnes que je fréquente (IRL ou RS (mais avec échanges chaleureux depuis longtemps)).

 

 

 

mots clefs : Covid-19 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 204 246 cas (dont : 64 806 morts (8454 aux USA) et 247 340 guéris) (à 11h30)


Les photos de sport d'il y a un ou deux ans paraissent surréalistes

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Même si les autorités nous concèdent, pour l'instant encore, un droit léger à la course à pied avec dans l'autorisation dérogatoire de déplacement cette case à cocher : 

⊠ Déplacements brefs, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile, liés soit à l'activité physique individuelle des personnes, à l'exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie.

ç'en est fini pour un bon moment de la natation, du vélo et des vrais entraînement de course à pied.

Lorsque je tombe, à l'occasion d'un ménage urgent sur mon disque dur où je dois accueillir une nouvelle appli afin de retrouver en ligne mes ami·e·s, sur des images de courses passées, en pleine ville, alors sans se douter que ça puisse être menacé par autre chose que mes propres capacités physiques que des effets d'âges ou de maladie pourraient venir entamer, j'ai donc un mouvement d'étonnement, le cœur un peu serré, avec une dominante de stupéfaction et d'impression d'un autre temps.

Voici donc une image du dimanche 18 mars 2018, prise par quelqu'un de mon club, lors des 10 km de Clichy et courus sans avoir l'impression de rien d'extraordinaire. 
Désormais une course groupée en ville est un mirage. 
Et d'accord, on peut courir 10 km en moins d'une heure en tournant à moins d'1 km de chez soi, mais avouez que ça devient limite, pas forcément dans l'esprit du confinement, et bien un peu compliqué. 

(Nous ne sommes plus en quarantaine et il nous est possible de faire en 20 à 25 minutes (je cours lentement) un mini-circuit de 3,44 ou 3,46 km en passant par un chemin arrière voisin rarement fréquenté, surtout à 8h du matin, c'est un peu un grand max', du moins à l'heure actuelle)

PS : Un lien fort utile vers la carte de la zone de sortie à 1 km (et le formulaire officiel tel qu'il est encore aujourd'hui)
PS', au lecteur du futur : ceci n'est pas un poisson d'avril, en 2020 lors de l'épidémie de Covid-19 nous eûmes bien des autorisations dérogatoires de sortie à remplir pour certains cas précis (travail pour qui continuait de devoir y aller, courses pour les choses indispensables, rendez-vous médicaux, garde partagée d'éventuels enfants etc.) dont nous devions nous munir pendant la période de confinement lors de chaque sortie. Les forces de l'ordre pouvaient contrôler, et de fortes amendes être réclamées (135 € puis 200 €, et bien davantage en cas de récidives, à l'heure où j'écris ce billet). Il y eut même des abus. L'ami Éric D. s'efforça même de les recenser.  

 


Chroniques du confinement jour 8 : Jardinage et Tabata, c'est du confinement luxueux, on dira (tant que ça va)

 

    Encore un jour de temps radieux, quoi que pas si chaud, et dès lors l'activité principale allait à nouveau pour moi être le débroussaillage. Je croyais ce jardin très fourni, une fois ôtés les ronciers, il n'en est rien. 

Je pratique le jardinage lent : le but est de marcher et s'aérer, la finalité (désherber) est accessoire et non urgente. J'ai réparti dans trois angles trois types de branchages récupérés (morceaux de bois assez consistants pour plus tard contribuer à un feu dans la cheminée, petit bois et gros tas de ronciers et autres) : ainsi je fais forcément un nombre de pas conséquents. 

 

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(pas mal pour une activité dans un jardin de 4 m x 7 m environ). Je me pose des questions sur le nom de l'arbre du fond, lequel après avoir été massacré entre octobre et février, repart, et c'est beau.

Il devient pratiquement impossible d'empêcher mon confiné d'aller faire des courses, certes d'alimentation, mais qui pourraient attendre au moins lundi (fin de notre auto-quarantaine). 

Soudain, il éprouve le besoin de faire du repassage. Le truc totalement inutile en confinement : qui verra que sa chemise n'est pas exactement repassée, à part moi ? Sauf que c'est une consommation électrique superflue et que la table dans le logis pas si grand encombre.

Je parviens enfin à terminer une lecture qui n'était pas si aisée (ou au contraire trop et je m'y ennuyais). Les formulaires ont changé pour l'autorisation de sortie. Irons-nous courir ?

Au soir c'est l'heure de la séance Tabata par Romain qui fait vraiment ça super bien. Le fait qu'il soit en famille est chouette, on se sent en communauté de petites familles confinées.

Le fiston vient de recevoir son lit. Et passe chercher des draps chez nous donc chez sa sœur tout en lui apportant des courses. Elle souhaite avec raison sortir le moins possible, seulement il lui faudra aller à l'hôpital pour son traitement. Nous communiquons activement. Tout va bien pour l'instant. 

Les infos italiennes sont encourageantes mais si sombres : c'est la progression du nombre de cas qui ralentit (mais pas le nombre de cas qui diminuent déjà, ne rêvons pas). En France le ministre de l'agriculture a trouvé moyen de dire que les gens qui étaient sans travail du fait de l'épidémie pouvaient se porter volontaires pour aller bosser aux champs. C'était tellement stupide à plus d'un titre : déplacements, activités en commun tout l'inverse de ce qu'il faut faire pour ralentir une épidémie, et quel mépris pour le travail des paysans qui ne s'improvise pas et demande à tout le moins un certain entraînement, que j'ai cru à un sale canular. Seulement aux dernières nouvelles il semblerait que non.

Cela dit, le passage des engins agricoles qui ne cesse pas, est un élément de réconfort dans notre vie recluse le long d'une rue passante : le pays tourne encore, malgré le nombre de cas.

Les J.O. de Tokyo, ça y est c'est officiel sont reporté en 2021. Mais ils s'appelleront quand même Tokyo 2020. #NotreÉpoque. 

C'est le fait qu'il y aurait une trop grande disparité d'entraînements qui l'a emporté. 

 

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415 876 cas (dont : 18 514 morts et 107 811 guéris)


Chroniques du confinement jour 7 : Où sont passés les lombrics ?

 

   J'ai failli écrire : "le train-train", ce qui semble fou, bête, injurieux pour qui est sur le pont en ces jours difficiles mais voilà, nous sommes un vieux couple confiné dans un endroit agréable où j'ai beaucoup à faire pour réinstaller les choses après des travaux, alors voilà, oui, je me suis fixée un programme et même si je sais qu'il peut être interrompu d'un jour à l'autre par la maladie, je m'y tiens. 

Alors il y a le défi abdos - squats - pompes qui occupe un peu le matin, puis quelques petites écritures et ce qui est devant être fait - d'ailleurs je me rends compte en l'écrivant que j'ai oublié une légère corvée administrative -, de la lecture, une sieste, le soir à 23h les infos puis la revue de presse sur Rai News 24 tout en les Livetouitant ; les repas à des heures presque civilisées - un peu plus tard qu'un jour de travail -, et la tenue de ce blog.
Un jour sur trois ou quatre, une lessive. 

Des lectures "pour le travail", et d'autres "pour le plaisir personnel". Je traîne un peu sur l'une des premières ces jours-ci.

Des messages et un ou deux appels téléphoniques. J'ai appelé ma sœur, nous avons bien parlé, ça faisait du bien. Et eu mes deux enfants, selon des canaux différents, chacun sa préférence. J'ai appris que l'un faisait les courses pour l'autre et j'en ai été heureuse, rassurée et émue.

Il faisait un temps sublime de printemps alors j'ai passé l'essentiel de mon temps disponible de la journée à débroussailler le jardin. L'espace au centre commence à être libre pour circuler (plus tard : jouer à la pétanque ?). Il faut bien l'avouer : ce fut un plaisir. 
Mais j'ai une question : alors que la terre, que j'ai dû creuser à la bêche en plusieurs endroits pour ôter les racines, est riche et grasse, pas un seul lombric en vue. Serait-ce trop tôt en saison ou bien qu'ils ont été un peu trop bien éradiqués [pas par moi, zéro pesticide, tout à la mano] ?
L'Homme est un peu venu m'aider en fin de matinée. Il est toujours dans la lecture des romans de Modiano. Grâce lui soit rendue (formulation volontairement ambigüe).

Une de mes amies de l'internet a, sur Instagram, écrit ceci "Ce qui me rend doucement zinzin je crois, c'est le décalage entre notre quotidien feutré, calfeutré, ralenti, et les drames petits et grands qui se jouent chez les autres au même moment. Et je suppose que ça doit faire mal aussi dans l'autre sens, quand on va au feu de gré ou de force en sachant que pour d'autres le confinement est une parenthèse douce et bucolique. Comment faire tenir tout ça ensemble, cognitivement ? Quel sens, quelle cohésion trouver à cette histoire ?
Vous me direz, pas besoin d'un virus pour constater l'absurdité et la disparité de nos existences. Certes. Je suppose que le virus rend simplement tout ça plus aigu." suivi de liens vers des textes qu'elle a lus et appréciés.
Je ne peux qu'y souscrire. 

En France une polémique est née d'expérimentation d'un traitement ... dont l'utilisation sauvage prive dès lors, tous les patients qui en avaient vraiment besoin pour le traitement de leur maladie de celui-ci. 
En Italie on se félicite avec prudence de la baisse de rythme de l'augmentation des morts. Oui, on en est là.

 

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374 921 cas (dont : 16 411 morts et 100 927 guéris)


Parfois le marketing conduit à des trucs pas mal (si on a les bons amis)

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Tout aura commencé par un touite de @Celinextenso

ou plutôt un touite à elle en réponse à un touite du CM d'Interflora qui semblait proposer d'envoyer des fleurs à qui des twittos ou twittas que nous connaissions le méritait. 

Il se trouve que l'une de nos camarades @kinkybambou est en bagarre contre un cancer, qui ces jours derniers s'est révélé être du genre starteupeur au trop rapide développement. Alors on a suivi Céline, le hashtag #DesFleursPourXanax (Xanax La Guerrière, désormais La Fougère étant l'un des pseudos de notre amie sur le réseau), et les fleurs ont bien été livrées.

Nous ne sommes pas dupes, c'est pour la chaîne de fleuristes une belle opération de com à pas cher. Il n'empêche que le résultat est doux, et qu'il a permis une médiatisation locale qui pourrait se révéler utile à un moment ou à un autre, ne serait-ce que parce que le monde étant ce qu'il est on est parfois mieux traité·e·s si nos interlocuteurs savent que l'on dispose d'une petite notoriété. 

On peut donc se dire que c'est du marketing intelligent (et que Céline Extenso est quelqu'un de formidable, mais ça, on le savait).

PS : À propos de twittas formidables, je dois un somptueux fou-rire de ce soir à Norden Gail  

 

 


La présence de Thomas

 

    Je me rends compte avec stupéfaction que la présence de Thomas Gunzig à la librairie Charybde, cette invitation qu'il avait honorée, c'était il y a deux ans. Deux. Ans.

Souvenirs d'avoir bien travaillé et bien ri. Ce qui est une définition du bonheur, non ? Gratitude envers lui qui avait accepté de faire le déplacement (et envers sa maison d'édition, Marion Mazauric son éditrice, qui l'avait rendu possible).

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Un an et demi plus tard son roman suivant, "Feel good" fut un bon succès de la rentrée et j'ai pu, mais ailleurs, tenter d'y contribuer.

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Un enregistrement audio est écoutable sur la chaîne YouTube de la librairie Charybde, en ce temps là sise rue de Charenton à Paris dans le XIIème.


Du travail l'ancienne organisation

    

    La remarque d'une amie ce matin sur Twitter qui avait tenté de déposer directement un courrier dans une administration et c'était vue répondre que les courriers il fallait les poster, m'a remis en mémoire l'organisation ancienne du travail telle qu'elle existait encore dans les grandes entreprises au cours des années 80 du siècle passé.

Attention, je ne prétends pas que "C'était mieux avant", car énormément de paramètres ont évolué, et qu'il y avait beaucoup de petits boulots dans lesquels les gens perdaient leur vie à la gagner.

Deux choses à mes yeux étaient mieux :
 -- on n'était pas en sous-effectifs permanents, si la charge de travail était telle qu'il fallait une personne de plus, on la recrutait. Quitte à ce qu'il y ait des périodes creuses (1). Elles étaient généralement consacrées à des taches de fonds que plus personne ne semble prendre en charge nulle part. 
 -- un SMIC permettait de vivre décemment. Une vie modeste à mesurer chaque dépense, certes, mais qui avait un travail à temps plein, se fixait un budget pour les dépenses courantes et le respectait, s'en sortait.

 

Une fois posées ces précisions, voilà ce qui a changé, du moins en grandes entreprises, de plus flagrant : 

Tout le monde n'avait pas un ordinateur sur son bureau. Même dans un service spécialisé en informatique il y avait d'un côté les bureaux (meuble) individuels dans des bureaux (pièces) partagés à 4 ou 5 personnes ; de l'autre des emplacements avec les ordinateurs. Dans le bureau (pièce) lui-même s'il était vaste ou dans un local séparé. On préparait nos programmes au crayon sur des blocs notes on les saisissait au clavier ; on lançait des compils, on corrigeait les erreurs de syntaxes et puis un jour on parvenait à un résultat propre alors on lançait le programme pour de bon, en général la nuit en batch. Et le matin on arrivait le cœur battant pour savoir via de gros listings si le traitement avait bien tourné et quels résultats il avait donné.

Certains hiérarchiques (de vieux messieurs proches de la retraite - oups ! des types de mon âge de maintenant qui pourtant n'en suis pas si près) n'avaient jamais touché un ordi de leur vie, ni même une machine à écrire. Et on respectait leur ferme intention de s'y tenir. 

Il y avait des pools de secrétaires qui s'occupaient de la saisie, de la rédaction, de l'organisation du travail de ces messieurs, photocopies et préparations de correspondances - à l'époque uniquement papier, les messageries électroniques ne faisaient leur timide apparition que dans les interfaces techniques d'exploitation -. Seuls les cadres très supérieurs avaient une secrétaire dédiée. Sinon il y avait par exemple trois secrétaires pour un service de 20 à 25 personnes. Quand sont apparus les premiers traitements de texte sur ordi, les jeunes cadres dont je faisais partie n'ont quasiment plus eu recours aux services des secrétaires. Peu à peu, au début pour faire face à telle ou telle urgence, puis systématiquement, chaque personnes sauf les cadres supérieurs ou les vieux cadres n'a eu recours aux services du pool de secrétaires : on s'est mis à tout faire de A à Z lors d'un projet, photocopies incluses. Très vite ensuite, il n'y a plus eu qu'une seule secrétaire pour un hiérarchique élevé, et dans un rôle d'assistante. 
Et effectivement il n'y avait plus besoin de personne pour gérer les agendas, que l'on avait désormais en ligne avec un équivalent du "google agenda" de maintenant, taper les courriers, préparer les réunions, faire les photocopies, gérer l'économat. Lequel était désormais réduit à une ou deux étagères dans un placard, avec presque jamais ce qu'il fallait. Besoin d'un stylo qui fonctionne bien ? On finissait par se l'acheter soi-même, à ses frais - les cadres un peu supérieurs pouvaient parfois bénéficier d'une note de frais, si la dépense coïncidait avec un événement à organiser -.
La fin des secrétariats a marqué la fin de la convivialité naturelle. Car le secrétariat était le lieu où l'on prenait le café, où l'on venait respirer cinq minutes, confier (et bien souvent dénouer) un conflit. Si l'équipe était bonne et les personnes bien accordées, un temps fou était gagné à sembler en perdre. On se cotisait pour le café, pour quelques gâteaux ; quelqu'un qui n'avait pas d'urgence et envie de prendre l'air filait acheter le nécessaire.

Des distributeurs automatiques ont remplacé tout ça. Pour un coût supérieur, sur le moyen long terme, l'air de rien. On est passé en quelques années d'une cotisation mensuelle conviviale de 5 à 8 FRF, à un budget individuel de 32 € (2 cafés par jour ouvré à 0,80 € le café). Après les lois anti-tabac qui ont contraint les fumeurs à faire des poses à l'extérieur, une convivialité s'est recrée autour des distributeurs automatiques équipant les "zones fumeurs". 

Pour le coup comme je ne fume pas, et que j'ai vraiment souffert durant les années où la norme était de fumer au travail, j'ai été immensément soulagée quand est passée la première loi. Celle-ci obligeait à définir des bureaux fumeurs et d'autres non-fumeurs. Les fumeurs en bureau individuels pouvaient continuer à fumer et je trouvais ça fair-play. 
Un avantage collatéral de la répartition fut qu'on se retrouvait à partager une pièce avec des collègues du service "élargi" ce qui était à tout point de vue profitable : pas de concurrence directe, certains travaux ou thèmes ou domaines de compétences en commun, mais pas tous et des échanges très fructueux : rien de tel que d'évoquer un problème avec quelqu'un qui peut comprendre sans s'y connaître à fond pour trouver une solution. Et on apprenait foule de choses, par capillarité sur des domaines voisins.  
Mais la loi s'est durcie dans le même temps que la folie du tout open-space gagnait chaque entreprise et les fumeurs ont dû sortir des bâtiments pour se soulager. 

J'ai connu l'époque où toutes les personnes qui travaillaient dans une entreprise en étaient salariées et sauf remplacements à durées définies, embauchées via des contrats stables. L'avantage était que les gens se retrouvaient qu'ils le veuille ou non avec davantage de motivation : le sort général les concernait - bonnes ou mauvaises nouvelles -. À part certains tire-au-flan, généralement bien connus, chacun faisait plus que sa simple charge : on était dans le même bateau et on s'entraidait quand quelque chose coinçait. 

Un autre avantage était qu'on pouvait changer de métier en cours de vie professionnelle, sans changer d'entreprise. Les périodes de formation se faisaient sur place, c'était simple et efficace. Mais pas forcément certifié vis-à-vis du monde extérieur.

Il y avait donc entre autres, un service médical, un service courrier, un service sécurité, un service accueil - et qui rendait spontanément de menus services plus tard repris moyennant paiement dans des activités externes de "conciergerie" - , un service entretien, un autre pour les travaux. 

On pouvait donc en ce temps là parfaitement déposer un pli ou un colis à l'accueil, les membres du service courrier effectuaient leur tournée relevaient les réceptions, prenaient en charge le courrier interne, le courrier postal et effectuaient la distribution dans chaque service. Les gens se connaissaient, ils savaient même à qui passer le courrier de l'un en cas d'absence ou de congés, il y avait très peu de pertes et d'erreur d'aiguillage.

Peu à peu le courrier papier s'est amenuisé. Il n'y avait effectivement plus lieu que persiste un complet service courrier. 
Vers l'époque où j'ai quitté l'entreprise (2009) persistait une vague distribution par étages ou par zones, charge à quelqu'un dans chaque service d'aller chercher ce qui le concernait, ainsi que ses collègues. Pas mal de choses disparaissaient. Et puis c'était une configuration reprochante : mes collègues (compétences de bases de données, statistiques, informatique) et moi nous faisions régulièrement reprocher d'y être allés (Ne perdez pas de temps à le faire) ou de n'y être pas allées (C'est quoi ce service où je dois moi-même aller chercher le courrier ! disait une hiérarchique). Et ce fut un peu pareil pour toutes les tâches qu'effectuaient jadis des personnes pour lesquelles ça faisait partie du poste. Il fallait bien que ça se fasse, mais il aurait fallu que personne ne le fasse car nos plannings étaient entre temps sévèrement minutés.

Ces différents services furent supprimés comme on le fait au niveau national pour tous les services publics peu à peu : les niveaux décisionnels constatent que l'activité n'est plus vraiment la même, le service est sur-dimensionné ; sont alors ordonnées des coupes sombres dans les personnels et les budgets. Le service devient de facto sous-dimensionné. Ça dysfonctionne. On leur ordonne alors de se consacrer à leur "cœur de tâches". Une partie du boulot n'est donc plus faite par personne. Mécontentement des secteurs utilisateurs. Proposition d'externalisation de tout ce qu'effectuait le service amputé. Avec parfois vendu comme une merveilleuse amélioration ce qui n'est que la prise en charge de différentes fonctions qu'on leur avait enlevées. 

C'est ainsi que toutes ses recherches d'économies sur les coûts salariaux ont conduit à des gonflements de budgets prestataires et des absurdités d'organisation, comme cet exemple parmi d'autres : vous ne pouvez plus déposer de courrier directement à telle ou telle organisation, parfois même il n'est plus possible d'avoir un interlocuteur au téléphone. Et j'ai même connu un temps où pour des problèmes techniques que l'on résolvait en allant voir le collègue compétent d'un service voisin, nous en étions réduits à appeler une hotline en poireautant entre une touche étoile et un "Tapez dièse". 

Parfois je rêve d'un monde où l'on tenterait de remettre de la rationalité et du bon sens dans les façons de bosser, plutôt qu'une recherche du profit à tout prix. Qui se paie au bout du compte en augmentation des coûts marginaux et de l'invisible mais très réel coût de la démotivation.

 

 

(1) Cela dit, dans la banque où je travaillais, un système intelligent d'horaires variables permettait une certaine souplesse, côté employeur comme côté salarié.


Vélotaf - Je ne suis pas la seule -

 

    Je comptais bien vélotafer pour ce nouveau boulot (1), seulement peut-être pas tous les jours, ne serait-ce que pour pouvoir lire ; ce que les transports en commun autorisent lorsqu'ils sont empruntés dans de bonnes conditions, mais pas le vélo, pas très bien.

Voilà qu'avec la grève générale et des transports en communs parisiens en particulier, j'ai parcouru chaque jour environ 25 km. En deux fois sur un parcours presque plat, c'est très faisable, dès lors que l'on n'a pas d'ennui de santé particulier. J'en suis donc à 350 km environ cumulés et ma foi, si l'absence de possibilité de pointes sérieuses de vitesse empêchent que ça vaille pour entraînement de triathlon, c'est beaucoup mieux que rien.

Grâce à cet effort quotidien, je me sens en meilleure forme pour assurer le boulot, c'est particulièrement flagrant sur les début de journées de travail : j'arrive bien réveillée, bien échauffée, prête à soulever ce qu'il faut de cartons.

Je pense que bien des personnes que les grèves ont contraintes au vélo, si elles n'ont pas trop subi de mésaventures liées aux comportements des automobilistes pressés (2) et de certains 2RM, vont constater une réelle amélioration de leur condition physique et donc de leur quotidien et vont rester adeptes de cette belle façon de circuler.

Un billet de blog de Tristan Nitot rassemble bien les enjeux, n'hésitez pas à aller y lire : 

Le possible succès du vélo

 

Il n'y manque que la mention des petits bonheurs : le co-vélotaf, qu'il m'est arrivé de pratiquer (par exemple Coucou Sacrip'Anne) et les rencontres et retrouvailles.

Ainsi ce matin en allant bosser, j'ai croisé une belle petite bande de camarades de mon club de triathlon lesquels venaient de s'entraîner en course à pied, et même si je n'ai pas pu m'arrêter car arriver en retard au bureau peut se négocier mais arriver en retard pour tenir boutique signifie laisser des clients mal servis, nos saluts joyeux ont ensoleillé ma journée.

Il m'ont donné l'impression que la vie était belle, classe et facile comme dans les méthodes de langues ou les comédie musicale.

 

(1) À la librairie Les Mots et Les Choses, donc

(2) Not all automobilistes, il y a vraiment globalement un progrès. Seulement il suffit d'un gougnafier pour se retrouver en danger. 


Des coups durs et du rangement (ou de son absence)

    

    Comme après un excellent dimanche il me restait un peu d'énergie, j'ai entrepris, comme je le fais chaque fois que c'est possible, de ranger. 

Ma cuisine est mon bureau, qui avait depuis longtemps dépassé les limites du bordel organisé pour devenir un grand bazar fuligineux.

En triant, en jetant, en datant les objets et documents retrouvés d'après les traces qu'ils en contenaient, j'ai eu la confirmation claire et nette de ce que j'en supposais : quand rien de grave ne se produit, je range et classe et jette ce qui doit l'être, et ce même si je dois assumer un travail nourricier à temps plein, les trajets et par ailleurs les entraînements de triathlon.

En revanche dès que survient un coup dur, qu'il soit collectif ou intime, je ne parviens plus qu'à assurer comme ça peut le boulot et une part du sport, ainsi que la gestion domestique urgente comme le minimum vital de tâches ménagères, et le reste part à vau-l'eau ; sans compter que les KO de la vie s'accompagnent généralement d'une forme ténue d'amnésie : ce qu'on a fait les jours d'avant présente des blancs mémoriels, et lorsque l'on reprend pied, la mémoire précise des actes accomplis entre la date de l'événement et la reprise de contact avec un sentiment de "vie normale" retrouvée, s'estompe fort. 

Ainsi en rangeant mon bureau j'ai retrouvé : une strate de juste avant novembre 2015 (attentats dans Paris, dont au Bataclan), une strate d'après novembre 2016 (maladie finale de ma mère), avant février 2018 et juste après (déménagement des affaires de mes parents vers la Normandie). Ça me fait l'effet de mini time-capsules lorsque je retombe dessus.

Si je suis plutôt contente de retrouver certains objets, surtout ceux qui peuvent m'être encore utiles, je suis triste de constater à quel point nous (le nous collectif général ou le nous familial) avons morflé. Et combien la vie m'autorise finalement assez peu de faire les choses à mon idée. Dès que je trouve un rythme de croisière et un brin d'organisation, survient quelque chose qui défait l'élan. Je suppose que c'est le cas pour tout le monde, seulement celleux qui ont les moyens de déléguer une partie de leurs corvées s'en sortent sans doute moins mal. 

Je crois qu'il conviendrait qu'au lieu de me sentir coupable de ne pas parvenir à tout assumer quoi qu'il advienne, je m'efforce d'être fière de parvenir à assurer le boulot et le principal, coûte que coûte en toutes circonstances.

Rétrospectivement, je me demande si je n'aurais pas dû aller voir le médecin après l'attentat contre Charlie Hebdo. Ça ne m'avait pas effleuré, sur le moment, j'ai mis un point d'honneur à tenir, malgré que j'y avais perdu un ami. Il n'empêche que je l'avais payé, et fort, dans les mois suivants les mois de juste après.

 

À part ça, j'ai retrouvé dans un sac contenant quelque peu de papeterie rapportée de la maison qu'avaient mes parents à Taverny, un ancien papier à lettres datant de mon enfance. Ou plutôt des sortes de cartes pliées, sur le dessus une reproduction de tableau, à l'intérieur une place pour rédiger. 

Or la première contenait un début de courrier destiné à ma cousine Claire et que quelque chose avait interrompu, de suffisamment urgent pour stopper l'élan d'une phrase.

Ma Chère Claire,

Il y a bien longtemps que [je] ne t'ai pas écrit. J'espère que tu vas bien. Ici, ça va, il neige beaucoup et ça m'amuse beaucoup ! À l'école nous nous amusons bien avec les bonshommes de neige, nous n'avons pas le droit de faire des glissades ni 

C'est dommage, il n'est pas daté. La mention de "l'école" semble indiquer que nous étions au tournant des années 70. 71 peut-être car je crois que cet hiver-là avait été particulièrement neigeux.

Au moins cette trouvaille me donne-t-elle le sentiment de n'avoir pas travaillé pour rien.