Le vrai boulot des gens (et quelque chose du 13 novembre 2015 en passant)


    Depuis quelques temps je m'efforce de suivre l'émission de fin d'après-midi "LSD la série documentaire" de Perrine Kervan sur France Culture, dont les enquêtes disent beaucoup de nos vies d'aujourd'hui, en laissant, me semble-t-il respectueusement, la parole aux gens "qui font".

Celle de cette semaine qui reprend, si j'ai bien compris, un travail antérieur, portait sur le travail de la police scientifique à Paris et ses alentours

J'ai cru écouter d'abord comme lectrice et autrice potentielle de polars, et très vite j'ai été captivée comme on peut l'être avec presque n'importe quels métiers dont le quotidien concret nous était étranger. Toutes celles et ceux qui témoignent sont impressionnant•e•s de calme, s'efforçant d'expliquer de sur une scène de crime ou d'accidents ou de catastrophes, lorsqu'ils doivent prendre en charge des cadavres techniquement, c'est le boulot qui prime, la concentration, qu'il faut cloisonner, éviter de songer à l'humain vivant que fut la dépouille. Plusieurs répètent, c'est le travail, c'est comme ça. On n'est pas des héros, vous savez on s'habitue. Et puis il y a ceux qui n'ont pas de tracas à s'occuper des carcasses mais ne sauraient faire face aux proches, celle qui en revanche parvient à mettre la compassion de côté et se met en écoute attentive pour parler aux familles lors de la collecte d'éléments pour aider aux identifications. 
Il est question aussi du cadavre de trop, le moment, différent pour chacun où la distanciation professionnelle ne tient plus et qui signifie que l'on doit changer de poste avant que d'être moins efficaces ou se laisser dévorer - comme quoi ça n'était pas si facile, en fait, ces métiers -.

Et puis il y a cette émission particulière dédiée au travail consécutif aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Surtout n'allez pas l'écouter si vous ne vous en sentez pas le courage. Mais si vous le pouvez, d'une façon terrible, ça fait du bien : même s'il y eut des cafouillages - dus à des ordres et contrordres et délimitations de périmètres d'interventions pas assez nettes, en haut lieu ; ainsi qu'au fait qu'on n'avait jamais eu tant de victimes d'un seul coup à Paris depuis les combats de la Libération (1) -, les professionnels de la police scientifiques ont fait un boulot énorme et qui force l'admiration. En particulier la façon dont comprenant qu'il se passait quelque chose, quelques-uns étant au Stade de France à suivre le match de foot de ce soir-là, avant même de recevoir des ordres ils s'étaient déjà mis en contact avec leur service et s'étaient avertis. Et puis les heures de travail sans relâche qu'elles et ils se sont enfilées. Une femme témoigne qu'elle fut loin de chez elle pendant 10 jours après un bref repos le samedi après-midi. Il y a aussi celui qui pendant des semaines a eu pour tâche d'analyser l'enregistrement audio qui du fait qu'il s'agissait au Bataclan au départ d'un concert est devenu celui de la tuerie. C'est particulièrement intéressant et impressionnant ce qu'il dit.
La question est également abordée du surcroît de travail consécutif pendant plusieurs mois dû non pas tant aux tâches directes mais à tout ce qui n'avait pas pu être traité d'autre de l'activité d'en temps normal et qui s'était accumulée.

Et puis toutes et tous, d'insister, je n'ai fait que mon travail. De toutes façons il fallait bien le faire, on l'a fait. Grande gratitude envers eux.

 À retenir pour le cas de prochaines attaques, éviter de tenter de joindre la personne pour la vie de laquelle on s'inquiète, ça peut risquer de la signaler aux agresseurs si elle est encore vivante à ce cacher. Et puis en cas plus tard de non réponse envoyer un SMS indiquant Ce téléphone appartient à ... , notre identité, ce qu'on est pour la victime potentielle, et comment nous joindre.

 

 PS : écoute fortement conseillées à toutes celles et ceux qui écrivent des polars ou des scénarii de séries policières.

 

(1) Et aussi que jusqu'à présent les plans d'urgence en cas d'attentats étaient orientés "attentats à la bombe", car ce type d'attaques où les gens se font tirer dessus puis les terroristes se font exploser n'avait pas en France encore de précédent. 


L'importance de la voix


    Réveillée entre autre par le journal d'informations de 6h30 sur France Culture et où la voix qui doublait Trump (à partir de 6'13") bien timbrée et comme triste, de quelqu'un de cultivé, donnait presque l'impression qu'il n'enfilait pas des horreurs à l'emporte-pièce comme à son ordinaire. 

À ce point c'était impressionnant.

Dans la même journée lu / écouté ceci au sujet des règles qui gênent les chanteuses lyriques.  Je n'ai jamais pensé que ça pouvait influer comme ça. À mon faible niveau d'amateure le temps que je pratiquais (1), ça influait en terme de fatigue (les 2 jours avant et les 2 jours du début), sans doute à cause de mon anémie ; de petites maladies aussi, puisque ces jours de relative faiblesse étaient ceux de choper des rhumes, qui ne sont pas les grands amis de la voix chantée. J'ignorais qu'il y eût un effet sur la teneur de la voix elle-même. 

Et pour finir, la voix de Jacques Brel, cet affreux misogyne (2), cependant si poète, et zbeul émouvant.

 

(1) interrompue par ce que les horaires d'une #VieDeLibraire sont peu compatibles avec des répétitions de chorales et que les cours de chant classique n'étaient abordables que tant que je bossais à l'"Usine" et qu'ils étaient pour partie financés par le comité d'entreprise. 

(2) Tiens, comme Simenon, assez.


De la pertinence des remerciements (à la fin d'une œuvre, par exemple un roman)

 

    Donc voilà, oui il se tient ce roman, plutôt bien. L'éditeur en a été immédiatement content, n'apportant que quelques remarques sources de légères corrections. Le style est là, depuis un moment, une musique fiable et stable. Le sujet susceptible pour bien des lectrices et lecteurs d'être intéressant.

Mais voilà, quelque chose par rapport à d'autres romans ne fonctionne pas totalement. Il n'y a pas l'envol habituel, il manque comme un élan.

Ainsi voilà, le résultat loin d'être honteux, ne suscite pas d'emballements.

D'ailleurs voilà, la fin flotte un brin, comme il est convenu de nos jours afin d'éviter le double écueil d'un happy ending trop sucré comme d'un final trop sombre pour que le livre ne s'offre.

Et voilà qu'à peine après cette fin suivent deux pages. Des infos bibliographiques comme on le fait là aussi depuis quelques années, pages qu'en tant que lectrice curieuse et désireuse d'apprendre, j'apprécie généralement. Puis les remerciements.
Les voilà abondants, détaillés, comportant pour faire bonne mesure une part sybilline. Cité•e•s, on est suppos•e•s s'en sentir reconnaissant•e•s. Seulement voilà : lorsqu'on est chaleureusement remercié•e•s d'avoir contribué à un roman raté, quel effet est-ce que ça fait ?



(note écrite alors que j'hésite ou non à déposer de grands mercis à la fin de mes propres travaux au sujet de la qualité et de la pertinence desquels j'ai tant de doutes presque abyssaux)


It didn't seem so long ago


    Je profite d'une journée à la BNF pour compulser les archives de l'internet à la recherche de blogs disparus. Au départ à la recherche d'un billet pour m'en rafraîchir le souvenir, puis dans le même mouvement qui autrefois enfant me faisait disparaître des heures dans le dictionnaire, de lien en lien vers de plus en plus de retrouvailles.

Dans ces cas-là tôt ou tard, je finis ou je commence toujours par retomber sur le blog de La fille aux craies. Il faut dire aussi qu'elle n'a pas cessé, jamais, de me manquer et que certains de ses billets emblématiques, me sont restés. Je ne peux pas ne pas penser à elle lorsque j'ai une serviette rêche entre les mains, ni songer "levrette" dès que je lis le mot "missionnaire" et rigoler in petto bêtement, en mode adolescent, et ça c'est d'elle que je le tiens (1). 
Pour qui ne l'a pas connu il faut savoir qu'elle souffrait de mucoviscidose, qu'elle a subi une opération pour une greffe à l'été 2011 et qu'elle n'a pas repris connaissance. Elle avait pris soin de nous relier ses ami-e-s plus lointain-e-s aux plus proches avant de partir à l'hôpital et je lui en reste infiniment reconnaissante.

Dès lors son blog s'arrête là : 2011. Fin juin.

Pour d'autres l'activité de blogage s'est arrêtée comme suite à certains événements, moins dramatiques, de la vie, combinés à l'avènement des réseaux sociaux et à la conscience que tout ce qu'on pouvait laisser comme traces écrites, audio, vidéo ou photographiques pouvaient se retourner contre nous.

Parmi d'autres, le blog d'un ami, pas revu depuis trop longtemps : dernier billet 2015.

Et c'est intéressant. Au delà de la part affective. 

Qu'est-ce qui fait qu'on se retrouve ou non à une époque différente ?


Les écrits de 2015, c'est du presque maintenant. Ce qui est raconté, du moins ce que ce qui est raconté laisse percevoir de la ville, de la société, des rapports entre les gens, ça pourrait être au printemps dernier, ou à l'automne qui a précédé. Ils ont encore une couleur, une qualité actuelle. Y compris ceux, ancrés dans leur date, concernant les attentats à Paris cette année là.

Les écrits de 2011, c'est déjà un autre temps. Pourtant sont déjà là les téléphones et les ordis et l'internet répandu, et les réseaux sociaux ; certes des événements politiques importants ont secoué le monde : les révolutions du printemps méditerranéen, les attentats en France (et pas seulement là), l'élection de Trump, le Brexit ... mais ils n'avaient pas d'influence si directe sur la vie d'une personne de la classe moyenne en France. Et puis ça vaudrait pour 2015 aussi pour certains événements et d'autres aussi. 

Ça n'est pas non plus un prisme personnel : en 2011 j'avais déjà entamé la reconversion qui est la mienne aujourd'hui. Je n'applique donc pas un filtre "Ma nouvelle vie" à ce que je lis. J'étais déjà dans l'idée de me mettre au triathlon, seul a changé le passage de l'idée à la mise en œuvre. Ma vie amoureuse n'a pas tant évolué. Il y a eu des deuils, des disparitions. Mais pas au point de devoir considérer "un après / un avant". Sauf pour l'assassinat d'Honoré parmi ses collègues. Même si ce fut, comme le fut 9/11 et mondialement une sacré commotion. Seulement je ne crois pas que ça ait changé les choses pour tout le monde à ce point-là. 

Au point que des écrits quotidiens personnels de 2011 semblent d'un autre temps, un temps d'avant quand ceux de 2015 restent pour l'instant de l'ordre de Comment ça trois ans ? Qu'est-ce que ça passe vite !

De quoi est faite la sensation d'époque révolue ?
J'aimerais pouvoir en discuter avec les ami-e-s disparu-e-s. 

 

(1) Bien d'autres choses encore. 


Les souvenirs classés, les souvenirs vivants

    

    La vie n'ayant pas tout à fait été un long fleuve tranquille et m'ayant cet an dernier offert foule de temps rétroscpectifs, j'ai pris conscience de façon très aigüe qu'il y avait des souvenirs classés et d'autres encore vivants. 

Ou plutôt des périodes de vie closes et bien archivées quand d'autres semblaient encore en cours dans une vie parallèle. Je l'avais toujours constaté, mais le phénomène m'avait longtemps semblé respecter la chronologie. 

Je sais maintenant qu'il n'en est rien. 

D'une façon générale, ce sont les éléments de vie et les gens auxquels on tenait disparus brutalement qui restent encore en activité, comme si l'on allait reprendre le cours interrompu des choses. Sans doute l'équivalent mémoriel du membre fantôme chez les amputés. 

Pas toujours. 

Ainsi mon époque "à l'Usine" (1), stoppée violemment - for my health's sake, je ne reviens pas -, m'a pris 6 mois avant de refaire physiquement surface mais fut close aussitôt : je n'attendais que ça et avais l'intention de partir 2 ans et demi plus tard. Je n'avais pas encore signé ma rupture conventionnelle de contrat que déjà les souvenirs de cette période recouvraient une teinte passée, un air d'autrefois. Il s'est trouvé aussi qu'aucun des collègues avec lesquels je travaillais les derniers temps n'étaient des collègues de longue date et le management était passé par là pour rendre les gens méfiants les uns à l'égard des autres.  Du coup aucun lien affectif n'avait été brisé. 
Quant aux collègues et amis des services et époques passées, nous nous voyions déjà en dehors du taf. Mon départ de la grande entreprise où nous ne nous croisions plus, et encore, qu'à la bibliothèque, à la cantine n 'avait pas changé grand chose. 

Un temps qui aurait pu être très heureux pour moi, n'eût été la maladie puis la mort de ma mère, la période durant laquelle j'ai travaillé pour la petite très belle librairie Au Connétable dans le Val d'Oise, s'est close aussitôt : tout c'était passé comme si mon retour dans ma banlieue d'origine n'avait eu pour principale fonction que d'être à même d'accompagner ma mère en sa fin. Je me souviens d'une sorte d'étonnement amusé les premiers mois de mon alors nouveau travail, tandis que ma mère semblait certes vieillissante mais pas en si mauvaise santé, quelque chose comme Qu'est-ce que je fais [de retour] là ? Je n'avais de la région ni détestation ni nostalgie, ç'avait été une étape, l'enfance et l'adolescence, le choix de mes parents, lié au travail de mon père, de se fixer par là. C'était Paris l'important.
Et puis devoir aller si souvent à l'hôpital d'Eaubonne, proche de mon travail, devoir effectuer tant d'aller-retours à la maison de ma mère, avait donné une sorte de sens à ma nouvelle localisation. 
Du coup cette période s'est trouvée immédiatement fermée une fois les premières étapes du deuil franchies. Rangée sur les étagères du souvenir.
C'est très étrange.
Me manquent cependant certains clients et amis, et puis la personne avec laquelle je travaillais. 

La période durant laquelle j'ai travaillé dans le XVIème arrondissement et qui je m'en suis rendue compte en l'évoquant lors de récentes retrouvailles avec une amie, s'est fermée pour moi après l'attentat de Charlie Hebdo et les deux jours de folie tueuse qui ont suivie, même si je n'ai démissionné qu'en septembre et travaillé avec sérieux jusqu'à fin octobre 2015 , cette période XVIème arrondissement a été elle aussi aussitôt "classée" : j'y ai travaillé par nécessité, je devais refaire surface après la perte de mon "vrai" travail, à Livre Sterling et une rupture concommitante, dans ces cas-là on ne choisit pas. La première équipe avec entre autre Sébastien Detre, reste un bon souvenir de boulot. Mais peut-être que je ne m'y sentais que de passage (pensée rétrospective, sur le moment je m'efforçais seulement de m'appliquer, et tenir ; le présent était affectivement trop rude pour pouvoir se projeter vers quelques pensées d'avenir). J'en garde surtout un vaste fond d'anecdotes de "vie de libraire", la frénésie des décembre, la folie Trierweiler et la sensation d'être infiniment plus étrangère dans mon propre pays à certains de mes compatriotes qu'à la plupart des étrangers même de culture tout autre.

En revanche reste encore "ouverte" l'époque de Livre Sterling. Je crois que je m'y suis sentie à ma place comme rarement dans ma vie, qu'il y avait avec le patron une sorte de tandem de boulot - le côté différents mais complémentaires, avec un tempo de travail similaire, et mon plaisir d'être au service de quelqu'un de charismatique et qui connaissait vraiment bien son métier - idéal. En tout cas pour moi. Ce fut aussi ma période bruxelloise, ce que mon temps de travail, un vrai temps partiel permettait. Je disposais de mes week-ends ce qui était un cadeau dont je n'avais à l'époque pas idée. Ce temps-là où je me sentais à ma place, où je tentais d'écrire, où je me sentais appréciée au travail, où je me sentais dans ma vie personnelle aimée, qui n'était pas si facile - le boulot était physique, parfois très rock'n'roll dans les situations, jamais sauf au cœur d'août, calme et reposant -, j'avais des peines, des désirs de bilocation, s'est trouvé interrompu à tout point brutalement. Alors c'est une période encore vive. Une part de moi traîne toujours par là-bas.

Très bientôt, question de semaines, s'achèvera la période "Taverny" de ma vie. J'ai quitté cette ville peu ou prou en 1981 même si j'y suis retournée quelques temps en 1983 puis à l'été 1984, malade, pendant plus d'un mois. J'étais appelée par Paris puis - pensais-je sans avoir tout à fait tort ni tout à fait raison - d'autres lieux. Il n'empêche que j'y revenais voir mes parents, puis ma mère seule et que j'y avais encore un morceau de grenier, plus d'affaires personnelles encore stockées là que je ne le croyais. Mon père, ses cendres, y étaient au cimetière. 

Tout ce qui reste de familial, est désormais en Normandie, ou bien un peu chez nous pour quelques meubles et objets. La maison où nous avons grandi ma sœur et moi sera à d'autres personnes. D'autres enfants, peut-être y grandiront. 

Je ne sais si cette période sera de type "vite close" ou "encore vivace". Je ne sais d'où j'en suis dans le deuil, que le surmenage - entre boulot très demanding comme disait l'ami Hamonic, et ce travail de tri, vidage, cartonnage, déménagement - m'a fait mettre sous le boisseau, sans compter l'épisode épique du voisin voleur, qui nous a entraîné dans de tout autres tracas - et n'est peut-être pas fini, que fera ce type une fois sorti de prison ? ne risque-t-il pas de revenir sur zone ? ne risque-t-il pas d'être encore plus déséquilibré et en plus revanchard ? -.

Reste aussi que la liste des absents sinon pour toujours du moins pour longtemps s'est beaucoup accru ces derniers temps, avec des séparations tristes, de celles qui font qu'on ne tient pas à revoir celui qui en a l'initiative, ou qu'on n'éprouve plus pour lui la moindre estime ; qu'une amie de jeunesse est morte sans que nous ne nous revoyions ; que bien des pages se tournent en même temps.

Je suis sans doute curieuse des temps à venir. Et je sais que je dois me donner du temps du écrire. La situation globale - du pays, de l'Europe, de la planète - n'est qu'une nappe d'inquiétude. La paix est fissurée. Que faire qui puisse aider pour [celles et ceux d'] après ?  

 

(1) Pour qui arriverait là sans connaître rien de moi : j'ai travaillé dans une grosse banque pendant 23 ans en tant qu'informaticienne. 


"Et la parole des femmes [...]"

 

    Bel article de Zyneb Dryef dans Le Monde et qui fait le point sur ce qui aura marqué la fin de l'année 2017, 

Et la parole des femmes se libéra

Je crois que si plus tard je retiens une chose et une seule de l'automne 2017, à raconter plus tard à mes arrières-petits enfants (1), ça sera celle-là, la libération de la parole des femmes, qui n'en pouvaient plus de subir toutes sortes de conduites de pesantes à violentes et de fermer leur gueule soit par peur des conséquences, soit en pensant que c'était ainsi, et souvent en croyant subir une sale conduite isolée. 

Ce qui ne laisse pas de me surprendre, c'est à quel point alors que je suis moi-même une femme, et pas née de la dernière pluie, et ayant aussi subi quelques effets de mauvaises conduites masculines - pas même forcément consciente de leur part, sorte de En toute bonne foi du colonisateur -, j'ai été justement surprise par l'ampleur du déferlement. 

Je crois que de n'être pas sexy, d'être sportive et vêtue le plus souvent à l'avenant, et d'être assez imperméable à la peur, celle qui fait qu'un début d'incident déplaisant peut soudain dégénérer et faire de nous une proie de choix, et prête à coller un bourre-pif à qui m'emmerde, quitte à me prendre un pain en retour mais au moins j'aurais essayé, m'a tenue à l'abri de bien des vicissitudes, jusqu'à l'âge auquel les hommes (hétérosexuels) nous mettent au garage même si nos corps ressemblent encore à ce qu'ils étaient. Je crois aussi que je me suis toujours sentie suffisamment libre pour ne pas me formaliser de certaines tentatives de drague un peu lourdes, dès lors que le gars ne devenait pas menaçant ni agressif devant ma réponse qui disait non, la Bécassine Béate en moi c'est toujours dit dans ces cas-là, Pauvre type comme il doit être seul pour tenter le coup jusqu'à une femme comme moi. Dès lors je n'ai pas perçu le peu que j'ai subi comme des agressions mais comme des moments tristes pour ceux qui ne se comportaient pas d'une façon élégante. Plus d'une fois des approches de drague de rue se sont transformées en conversations : des hommes seuls qui avaient besoin de parler et déjà heureux, et redevenus respectueux du fait que j'aie su écouter sans trop me formaliser de leur tentative déplacée.

Il n'empêche que je n'imaginais pas combien de mes consœurs avaient subi de saloperies et de coups et s'étaient senties ou se sentaient meurtries. Je crois que mon état d'esprit rejoint celui des hommes respectueux - il y en a -, atterré par ce qui fait le quotidien des autres, par l'ampleur des dégâts.

Je me méfie du retour de balancier, mais j'ai l'impression ou du moins l'espoir que puisque le courage a changé de camps : il est désormais du côté de celles qui osent parler et ne plus s'écraser, les choses s'arrangent vraiment et qu'un ré-équilibrage respectueux ait enfin lieu. 

 

 

(1) Comme Alice du fromage je pense que je tiens ce blog pour des lecteurs du futur qui le liront avec le même intérêt amusé (2) sur l'ancien temps que j'avais eu jeune femme à lire le journal de ce sacripant de Samuel Pepys, lequel aurait sans doute justement de nos jours des ennuis.

 (2) du moins je l'espère pour eux, et qu'il n'y aura pas eu deux ou trois apocalypses entre temps.


Certains salauds seraient donc sincères (étonnements)

    

    Je poursuis donc dimanche après dimanche, lorsque rien de particulier tel qu'une course n'est prévue, la mise en carton des objets de la maison de ma mère. Le grenier avait été fait avant des travaux de remise au propre, les pièces du premiers étages sauf les placards fixes de la cuisine aussi - n'ayant aucune valeur mémorielle ajoutée sur les verres et les assiettes ou peu, j'eusse aimé déléguer cette tâche, mais mon premier assistant a fait n'importe quoi empilant ces choses fragiles comme si elles ne l'étaient pas -, j'en suis à la pièce du bas laquelle détient un grand placard mural qui m'occupe depuis deux fois.

Aujourd'hui ma progression méthodique m'a menée vers un angle où il y avait des livres, en particulier certains que j'avais offerts à ma mère.

Parmi eux une petite anthologie collective de poésie où se trouvait pour ma plus grande surprise un poème que j'avais écrit. Elle date de l'an 2000, vers le printemps.

Le poème n'est pas bon. Pas non plus de quoi avoir honte. 
Je l'ai reconnu et la mémoire m'est revenue de son écriture en le relisant. Le souvenir du fait d'anthologie est demeuré caché, voire inexplicable (Moi, postuler à une sélection POUR DES POÈMES ?).
Mon amnésie localisée peut s'expliquer : en l'an 2000 mes enfants ont 5 et 10 ans, je travaille comme ingénieure au faux temps partiel de 4/5 (OK pendant une journée, le mercredi, tu peux t'occuper de tes petits, mais la charge de travail n'est pas moindre que celle d'un temps plein donc les 4 autres jours sont de toute densité et les heures supplémentaires bénévoles la norme. Je chante dans une chorale, et il y a des concerts et des répétitions, en particulier pour l'un d'eux qui aura lieu au Champs de Mars pour Johnny Hallyday. Professionnellement la fin de 1999 a été exténuante, une course contre la montre pour désamorcer le "bug de l'an 2000" qui aurait bien eu lieu si plein de gens tels que mes collègues et moi n'avions pas passé en revue toutes sortes de vieux programmes dans tous les coins de tous les systèmes d'exploitation et aussi modifié toutes les bases de données dans lesquelles une valeurs d'année égale à 1999 servait de test pour déceler un enregistrement en erreur, voire était inscrite en dur pour certains calculs de durées. En mai je participe à un voyage glorieux de mon club de dégustateurs de whiskies. C'est seulement alors que je refais surface de l'épuisement. 
Du coup que ce petit poème soit passé à la trappe, écrit à un moment de ce séjour, dans un petit élan, ne m'étonne guère. La fatigue n'est pas l'alliée de la mémoire. Que j'aie oublié sa publication alors que j'avais dû en être fière sur le moment me surprend davantage.

Si on m'avait posé hier ou ce matin même la question : As-tu déjà publié de la poésie ?, j'aurais répondu en toute sincérité que non.  

Alors je comprends soudain comment peut fonctionner le déni que pratiquent si bien certains. Jusqu'à présent j'avais tendance, fors faits et gestes commis sous l'emprise de la boisson ou tout autre drogue ou personnes sujettes à des troubles psychiques, à croire qu'ils faisaient volontairement preuve de mauvaise foi. On fait ou dit un sale truc, on prétend comme un enfant, Non c'est pas moi.

En fait ils sont peut-être pour certains d'entre-eux parfaitement sincères ... et amnésiques de ce fait-là.

Si j'ai oublié mon petit poème et son impression alors que c'était quelque chose de joyeux que je n'avais aucune raison de souhaiter "perdre", il doit être d'autant plus facile et fréquent d'effacer de sa mémoire des éléments dont on pourrait avoir honte, que l'on souhaiterait oublier avoir dits ou faits.

Me voilà ce soir en train de repenser certains épisodes douloureux de ma vie, dont d'aucuns où celui qui me soutenait si fermement n'avoir pas dit ce qu'il m'avait confié que si je n'en avais pas eu de traces écrites je me serais crue devenir folle et laissée persuader d'avoir rêvé, à l'aune de cette nouvelle hypothèse : on peut parfois gommer entièrement quelque chose de sa mémoire, sans le vouloir, sans souhaiter tricher.

Je me demande ainsi ce qui est le plus triste : l'absence de fiabilité et d'exhaustivité de nos souvenirs ou d'avoir si longtemps cru à une cruauté volontaire de la part de personnes que j'avais tant aimées.

Contente, cela dit, d'avoir (re)découvert que j'avais un temps gambadé côté poésie. Contente de constater que ma mère l'avait pieusement gardé. 

 

PS : Rien à voir, mais lors de notre entraînement de course à pied en forêt nous avons croisé une meute de propriétaires de gros chiens nombreux (traîneaux, combats, bergers allemands ...), qui marchaient de conserve avec leurs animaux, beaucoup d'entre eux non attachés. Nous n'avons eu aucun problème nous abstenant simplement de courir le temps qu'ils soient passés, mais c'était très impressionnant. Un ou deux des chiens malgré leurs dehors féroces se sont même montrés affectueux et leurs maîtres nous ont presque tous salués comme il est d'usage en forêt, certains rattachant spontanément leur compagnon le temps de s'avancer. Mais qu'était donc cette brigade, comme des chasseurs sans fusils, qui cheminaient à trente ou vingt ? 


Les conséquences persistantes

 

    Ça fera trois ans en janvier l'attentat contre Charlie Hebdo, cette journée entière passée entre espoir et attente d'une mauvaise nouvelle, et de toutes façons déjà fracassée par ce qui s'était passé quand bien même l'ami, le camarade, lui s'en sortirait. La journée de boulot accomplie malgré tout (comment ai-je tenu ?), l'errance le soir à Répu, croiser les gens qui grelottaient, se rendre compte alors que moi si sensible au froid j'étais anesthésiée, après la mauvaise nouvelle, finir la soirée chez l'amie commune, bien plus que moi touchée. 
Ça faisait du bien de parler.

Le retour à Vélib en criant mon chagrin.
J'ignorais qu'un coup sordide m'attendrait le lendemain. Et que Simone me sauverait du vacillement compréhensible face à une réalité qui dépassait l'entendement. 

Les soirées passées avec les amis, notre seule façon de tenir. Mais combien ce fut efficace.
La grande manif du 11, qui nous donna la force, après de continuer.

Et pour moi : l'absence de ressenti intérieur du froid, et qu'elle perdure. J'en avais tant souffert, du froid perçu jusqu'aux tréfonds des os, c'était comme un cadeau. 
L'absence aussi de "frisson dans le dos". D'où que Poutine ne me faisait plus peur, alors qu'une simple photo de cet homme déclenchait jadis chez moi une réaction épidermique - de proie potentielle sur le qui-vive devant un prédateur -.

D'où que je ne percevais plus ni les regards sur moi, ni les présences derrière moi.

Quelque chose est resté débranché depuis tout ce temps-là. Je m'efforce de me préparer à une éventuelle réversibilité, mais j'en suis de moins en moins persuadée.

Ça change encore mon quotidien.

Je dois veiller intellectuellement à ne pas me mettre dans un froid persistant, car si je perçois moins le froid, mon corps en est traversé, l'absence d'alerte ne signifie pas l'absence de symptômes. Je m'enrhume davantage (1).  

J'ai dû m'habituer à cette sensation si nouvelle pour moi : avoir chaud. D'accord j'avais chaud par temps de canicule ou après le sport au sauna, mais c'était pour moi si rare, je savourais. J'apprécie encore, à ce titre l'été dernier m'a terriblement frustrée, à peine quelques jours à frétiller pleine de l'énergie reçue. Pour le reste grisaille et être habillée comme en demi-saison.
Ce matin encore en arrivant à la BNF, quelques secondes pour comprendre : ah oui, j'ai chaud là. C'est chauffé [chez nous toujours pas, seulement à partir du 15 octobre je crois]. Et je me souviens alors qu'en ces lieux la température est maintenue constante, j'y portais l'été des pulls légers et à partir d'octobre des pulls épais ou des gilets, tout en me disant C'est sympa les lieux publics mais ça n'est pas très chauffé et la clim l'été quelle plaie ! On a froid. En vrai : c'est tempéré, stable, et plutôt bien réglé. 

Ce matin aussi : ne pas avoir sentir sur l'escalator que quelqu'un me talonnait - du coup avoir failli, de surprise quand je l'ai constaté, foncer dans la personne immobile sur l'escalier qui me précédait (2) -. Avoir laissé se rabattre une porte au nez de quelqu'un d'autre : comme j'étais un peu pressée j'avais omis le coup d'œil de vérification avant de la tenir ou non. Je me souviens très bien d'un temps où je n'avais pas besoin de regarder, je percevais si quelqu'un me suivait. 
Combien de fois sur les trottoirs des trottinettes me frôlent, leur pilote persuadés que je les ai sentis venir et fais ma mauvaise tête mais vais m'écarter. Si l'engin est silencieux et leur coup de propulsion, je ne me rends pas du tout compte de leur présence. 
Et quand je suis perdue dans mes pensées ou que le #jukeboxfou de dedans ma tête me passe une musique assez fort, je n'entends même pas ce qui serait audible. Du coup dans la foule, je bouscule ou me fais bousculer, j'ignore des présences, j'écrase parfois des pieds.

Étrange héritage qui me met à la fois à l'abri enfin, et aussi en (léger) danger.

 

(1) Même processus avec l'ivresse : l'absence de signes doit être compensée par une vigilance accrue - ne pas dépasser certaines quantités -.  
(2) C'est l'ennui de ces longs escalators mono-voie. Si quelqu'un s'arrête tout le monde est bloqué.


C'est quoi ce rhume ?


    Jeudi soir nous recevons Gilles Marchand à la librairie, et c'est un moment où je fais partie de ceux qui présentent, je me sens bien, je suis à l'intérieur de l'action, aucune subroutine du cerveau qui part dans d'autres directions (1). Tout au plus lors d'un bref passage que je lisais à voix haute ai-je eu l'impression que ma voix était légèrement voilée, pas comme d'habitude. Le genre de choses que l'on se dit après coup, mais qui sur le moment se remarquent à peine.

Vendredi matin réveil pourvue d'un gros rhume déjà bien avancé, tous les symptômes y sont, nez qui coule, état fiévreux, voix rauque, toux, respiration avec efforts. C'était comme si d'un seul coup j'étais au 3ème jour d'un mal déjà déclaré.

Vendredi et samedi, capable de bosser mais sans élan, avec du mal à parler (sympa pour les clients), la fièvre facilement tenue en respect par les anti-rhumes courants.
Dimanche matin, sans doute un accès de fièvre si fort que je suis au bord du malaise - passé l'étourdissement et un moment de sommeil je me réveille comme si le rhume n'était qu'un mauvais souvenir -. Je parle encore un peu du nez, le son de la voix voilé.
Dimanche et lundi à part un peu de toux au réveil le lundi matin et qui disparaît avec la verticalité, je me sens certes un peu fatiguée comme après avoir été malade, mais guérie. Comme si le rhume avait une semaine.

Mardi matin à nouveau l'état grippal, comme si j'en étais revenue au samedi, comme si les deux jours de mieux n'avaient pas eu lieu. Pas pu pratiquer de sport, et d'ailleurs des courbatures même sans. Je me hasarde jusqu'au stade où j'aurais dû avoir un entraînement de course à pied, mais rien que de parcourir en marchant les 800 m qui m'en séparent, j'ai la tête qui tourne. Les jambes sont en coton douloureux depuis le matin.

Les autres membres de la famille depuis ce week-end sont tous aussi plus ou moins toussoteux. Rhinopharyngite a dit le médecin à celle qui est allée le voir.  Je nous suppose atteints par la même affection. 

En attendant c'est quoi ce rhume qui va qui vient, qui s'abat d'un coup, semble guéri mais non ? 
Je suis allée voir mon kiné, il m'a au moins remis le corps dans l'ordre (2).

J'irai bosser demain, pas question de ne pas. Mais dans quel état ?
(je crois que je suis en train de payer l'absence de repos lors de mes brèves vacances liée au voisin voleur ; et le cumul familial des chagrins, les révélations successives (qui ne la concernent pas directement) autour de la mort de ma mère, du simple fait que les obsèques ont fait qu'on devait les uns et les autres se voir, les personnes dont je croyais qu'elles allaient bien que leur vie suivait leur petit bonhomme de chemin alors que non, que pas du tout)

 

(1) En période de deuils c'est toujours un risque
(2) La fièvre, les états grippaux me donnent souvent l'impression d'avoir les vertèbres dans le désordre, les membres ailleurs qu'à leur place, d'être un Picasso tardif ambulant


Les piafs, les pies, les papillons

 

    Noé (Cendrier) a fait suivre ce lien que j'ai trouvé passionnant et qui je le crains n'exagère en rien. Certains pesticides sont si violents qu'il ont réellement fait diminuer les populations d'insectes et la disparition de ceux-là entraîne celle des oiseaux etc. La fin de ce monde est en bonne voie.

Je crois d'autant plus aux propos tenus dans cet article que du haut de mon demi-siècle finalement passé principalement dans la même région du globe, j'ai eu le temps de voir à l'œil nu certaines évolutions.

 

Le véhicule

Effectivement, les voyages de mon enfance, que nous effectuions en voiture, étaient impressionnants pour les traces étoilées laissées sur les pare-brise par les insectes entrés en collision avec elle. À l'époque, l'essence était servie dans des stations services par des pompistes. Ceux-ci proposaient systématiquement de [nous] "faire le pare-brise" et alors qu'on économisait sur tout, ce service là mon père l'acceptait : il était tout sauf un luxe. Il fallait aussi nettoyer les phares, qui se retrouvaient constellés.

Le bruit

La campagne ou les terrains vagues de banlieue, l'été, vrombissait. Il y avait bien sûr le cri-cri des cigales ou des grillons, parfois suffisamment fort eût égard à leur nombre, pour être désagréable au lieu que charmant. Mais il y avait aussi toutes sortes de bruissement.

Le même type de campagne ou de zone libre intermédiaire est beaucoup plus silencieux maintenant.

 

Les abeilles

Elles étaient courantes. Désormais, sortis des zones proches d'apiculteurs, on n'en voit plus. Et c'est terriblement inquiétant.

 

Les frelons

Ils étaient rudement rares. J'ai dû attendre l'âge de 14 ou 15 ans pour apprendre leur existence et croiser mon premier. Désormais c'est un fléau fréquent.

Les papillons

L'été c'était un festival de couleurs et de diversité. Il m'est arrivé de beaucoup gambader en suivant un premier papillon qui en croisait d'autres, que je me mettais à suivre jusqu'au suivant puis celui d'après etc. De nos jours on est heureux d'en apercevoir un beau, c'est devenu exceptionnel ("Oh ! Un papilllon !"). C'est la diminution la plus spectaculaire. 

 

Les piafs

C'était l'oiseau de base quand j'étais gamine. Désormais on est contents d'en croiser. Ils ne sont pas rares, il ne faut pas exagérer. Mais ils ne sont plus l'espèce majoritaire.

 

Les pigeons

Ils pullulent et sont de plus en plus gros.

 

Les rats et autres mulots 

On les voyait si l'on rentrait la nuit, ils zonaient vers les poubelles. On apercevait des souris entre les rails du métro. On entrevoyait de gros rats près de la Seine la nuit, le long des quais.

Il n'est pas rare de croiser les uns et les autres en plein jour désormais. Et qui ne se cachent plus.
Un jour du printemps dernier un petit rat ou un gros mulot a attendu porte de Clichy le RER C en ma compagnie. C'était vraiment l'impression qu'il donnait, tranquille pépouze à mes côtés, attendant jusqu'à l'arrivée du RER, semblant me regarder y monter, puis partant tranquillement vers sa zone d'ombre alors que le train démarrait. Une amie m'a dit avoir dû rentrer précipitamment au beau Mac Do de Gennevilliers (celui installé sur une ancienne belle gare) : une invasion de rats arrivait par les rails. Elle me dit qu'ils étaient très impressionnants, gros.  Ce soir à Levallois, en plein milieu d'une petite rue, un petit rat que la circulation n'effrayait pas plus que ça. Dans la cour, près de la librairie, un dont j'ai eu le temps d'apercevoir la queue alors qu'il s'efforçait de disparaître par l'évacuation d'une fontaine.  


Les pies 

Rares dans mon enfance (Oh ! Une pie !), plutôt objet de contes que d'en croiser en vrai, elles sont maintenant en grande ville une des espèces les plus répandues. D'où diable vient cette évolution ?

Il est devenu exceptionnel de voir une mésange, un rouge-gorge. Or ils étaient loin d'être des oiseaux rares. 

 

Seules semblent stables les araignées. Seulement j'ignore quelle conclusion en tirer.