Le déprestige de l'uniforme

 

KM en uniforme

Alors je ne sais pas ce qui vous arrive les gars, mais il y a eu déjà Nicolas qui déboule comme gendarme dans Vincent n'a pas d'écailles ; le bougre avait bien signalé qu'il y tenait un petit rôle, mais le voir en force de l'ordre, plein écran d'un seul coup, m'a fait un choc.

Puis c'est Jean-Yves qui agrémente un message pour l'encyclopédie des guerres d'une photo de lui en lieutenant-colonel incomplet (il manquait les ornements il paraît) et heureusement que cette photo a été l'occasion d'une sympathique découverte de nos passés respectifs sinon elle me serait restée comme un élément sinistre. Alors qu'il l'envoyait pour faire sourire.

Ce n'est pas qu'ils le portent mal, l'uniforme, c'est que les voir dans un habit censé faire passer la fonction avant l'homme me met terriblement mal à l'aise. Autant je trouve souvent seyant les vêtements de travail lorsqu'ils sont d'un équipement nécessaire - par exemple pour les sportifs leur tenue et que tous ceux d'une même équipe aient le même maillot - autant les habits liés à des usages armés me mettent à distance. 

C'est peut-être d'avoir grandi en banlieue. 

En tout cas il y a chez moi un déprestige de l'uniforme qui fait qu'ainsi vêtus je trouve les gens moins beaux. 

J'aimerais autant que cette mode s'arrête-là. Faites du cinéma les amis, ne vous en privez pas, mais tenez plutôt d'autres rôles que ceux-là.

(et voilà que même mon acteur contemporain préféré s'y met ... #plog)

[photo pêchée sur l'internet pour une fois]


Il y a deux ans - version longue -

nb. : Ce texte a été écrit bien avant le 7 janvier 2015 et le message autopromotionnel reçu de ta part le 8. À la réflexion j'ai décidé de le maintenir à la date que j'avais prévue. Il est une bonne mesure du chemin parcouru, de l'incidence qu'un acte de terrorisme même s'il ne nous touche pas physiquement, peut avoir dans nos vies, nos façons d'aimer, de penser, de percevoir le monde. À l'instar de Marie, je me suis longtemps demandé, surtout pour ma part devant les faiblesses que j'avais : Peut-on changer ? Je sais désormais que la réponse est oui. 


Capture d’écran 2014-11-04 à 18.03.12Il y a deux ans, à la même heure, je vendais "L'histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris)". Le patron et moi étions efficaces.
J'étais heureuse et fière (1).

 

 

(deux mois après)

La librairie allait fermer. Définitivement.

Tu m'as dit Va-t-en (2).

 

(l'année suivante, autre établissement)

Je n'ai pas su vendre le roman d'après.

Toute compétence a ses limites.

 

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Il y a deux ans - Make it short

nb. : Ce texte a été écrit bien avant le 7 janvier 2015 et le message autopromotionnel reçu de ta part le 8. À la réflexion j'ai décidé de le maintenir à la date que j'avais prévue. Il est une bonne mesure du chemin parcouru, de l'incidence qu'un acte de terrorisme même s'il ne nous touche pas physiquement, peut avoir dans nos vies, nos façons d'aimer, de penser, de percevoir le monde. À l'instar de Marie, je me suis longtemps demandé, surtout pour ma part devant les faiblesses que j'avais : Peut-on changer ? Je sais désormais que la réponse est oui. 

 

Capture d’écran 2014-11-04 à 18.03.12Il y a deux ans, à la même heure, je vendais "L'histoire d'Alice [...]". Le patron et moi étions efficaces.
J'étais heureuse et fière.

Puis tu m'as dit Va-t-en.

Je n'ai pas su vendre le roman suivant.

 

141104 1838

 

  

 


Encore des accès de Bécassine Béatitude


Un ami me parlait de ses élèves, lycéens, qui se félicitent de la radicalisation de certain(e)s des leurs comme s'il s'agissait d'un courage de résistants. Je me suis alors souvenue de cette assemblée de jeunes catholiques à laquelle nous avions, mon fiancé et moi été conviés par sympathie pour l'un d'entre eux au début de laquelle un tout jeune homme avait annoncé qu'il avait un heureux événement à partager concernant leur grande amie [prénom féminin très classique], que j'avais eu le temps de me dire, tiens elle vient d'avoir un enfant, mais qu'il s'agissait d'annoncer qu'elle entrait dans les ordres.

C'est souvent que je me surprends en flagrant délit de Bécassine Béatitude. Ayant le temps de croire à quelque chose d'heureux ou de pas si grave, ou de gentil alors qu'en fait il n'en est rien.

Récemment ce message dont je n'avais vu que l'annonce de l'expéditeur et qui m'avait laissé le temps de penser, Ce n'est pas un si mauvais bougre, il m'envoie des condoléances, alors qu'il s'agissait d'une autopromotion éhontée et particulièrement mufle, étant donné ce que pour l'un pour l'autre nous avions été.

Et ce matin au radio-réveil, dans l'esprit pas tout à fait atterri de la nuit je crois entendre que des bureaux des années 60 ont été refaits à Radio-France, qu'il y en a pour 100 000 € et que ça fait polémique. J'ai le temps de songer avec ma solide naïveté, ben ça n'est pas très cher, l'immeuble est si grand, quel est donc le problème, avant de comprendre (1) qu'il s'agit de 100 000 € pour le seul mobilier du PDG. 

Je suis face à ce monde assez mal équipée.

 

(1) Merci au Canard Enchaîné

PS : Je tiens l'expression Bécassine Béate de Samantdi dont le blog est depuis un moment en accès privé, d'où que je ne mets pas le lien. Mais elle me convient hélas trop bien.


Les yeux bandés (humour noir)

(conversation de vestiaires) (ne pas se méprendre : tout le monde est bien triste de cet accident d'hélicoptère qui a coûté la vie à un lot de personnes dont trois au moins avaient réalisé durant leur vie des exploits sportifs)

personne 1 : - Il paraît qu'ils sont morts les yeux bandés.

personne 2 : - Ah bon, je croyais que c'était ceux au sol.

personne 1 : - Non, aussi ceux dans les hélicoptères, pour ne pas qu'ils sachent où on les déposait.

personne 3 : - Tout s'explique ! Les pilotes aussi !

 

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Parfois la vie nous envoie des messages


P5072815Seulement même si on les voit, sur le moment on les interprète mal (j'avais songé, oh oui, dis-le moi). 

Je pêche toujours par naïveté.

Longtemps après, et compte tenu des développements ultérieurs, P5072812ils prennent une tout autre couleur.

[photos mardi 7 mai 2013, à Livre Sterling et dans le quartier ; la première a désormais un titre ("Pendant ce temps il obéissait")]


Incrédule

Je n'arrive pas à croire que j'en ai fini avec le léger souci de conséquences imprévues d'éventuels actes amoureux. Je n'arrive pas à croire que je n'aurais plus à dépenser d'argent tous les mois. J'ai retiré de mon sac les protections de précaution. Je n'arrive pas à croire que je n'en aurais plus besoin. Je n'arrive pas à croire que je n'aurais plus ces douleurs épisodiques qui, certes, étaient par chance tout à fait supportables mais quand même épuisaient.

Je n'arrive pas à croire que je ne dépends plus d'aucun approvisionnement chimique en ce moment. Quelque chose en moi craint qu'une maladie n'arrive, histoire que j'ai quand même à nouveau un truc à prendre.

Comme je me sens en forme, du moins le plus en forme possible à mon niveau, je reste frappée d'incrédulité quant à la perspective d'une période sans aucun tracas et durant laquelle pour autant je serai encore parfaitement opérationnelle.

Je me sens au maximum de mes possibilités avec plus rien pour entraver.

Je n'arrive pas à croire que ça puisse durer.

Je n'arrive pas à croire que j'ai (si bien) survécu.


Toute première fois tou-toute première fois tou-toute première fois tou-toute première fois a-ha

Jusque-là je m'en tenais à une sorte de stupéfaction incrédule, malgré des résultats numériques objectifs inscrits sur une feuille noir sur blanc et la confirmation d'un professionnel dont les années écoulées m'ont permis d'apprécier le sérieux et la fiabilité.

Puis à une certaine forme d'allégresse : j'étais enfin tranquille tout en ayant échappé aux éléments pesants. D'une certaine façon c'était aussi une première fois : jusqu'à présent dans ma vie j'étais plutôt la personne qui se mange tous les effets secondaires possibles d'un traitement ou d'un état donné. Voilà que là, pas. C'est sans doute lié (et pour les causes et pour leur absence de visibles conséquences ou qu'elles furent masquées) au chagrin subi l'an passé. Une absence violente a rendue soudain obsolète ma capacité à devenir encore parent, même si de toutes façons trop âgés et déjà amplement pourvus de descendances (2) telles n'étaient pas nos intentions.

Claude m'écrit "ça arrive chez les danseuses" - voilà un des plus beaux compliments que l'on m'ait jamais fait - ; il est vrai qu'en étant archi-pas douée avec des difficultés de coordination monumentales (1) tout au long de ma vie d'adulte fors les grossesses et quelques maladies et l'hiver dernier la dèche, j'aurais dansé avec la plus grande régularité. Et qu'à force je suis passée de dramatiquement nulle à simplement mauvaise. Ce qui, vu de l'extérieur ne ressemble en rien à un exploit (il suffit de me voir sur une musique peiner), est une des plus grandes fiertés de ma vie : grâce à une prof de haut niveau et patiente je suis parvenue à m'extraire d'une impossibilité, à créer les connexions neuronales nécessaires (hélas il en manque) à force de m'acharner.

En attendant ce fut ce week-end la première fois d'amour sans précautions, vraiment la toute première car au siècle dernier dès le premier garçon j'avais fait attention. Et ça ne changeait rien à l'affaire, mais c'est seulement à ce moment-là que la prise de conscience a eu lieu qu'une étape de vie était belle et bien achevée et qu'une autre, plus insouciante sans doute (3), s'ouvrait. 

Ça n'est sans doute pas (si) anodin.

 

 

PS : Pour les moins de vingt ans que ce billet pour l'instant ne concerne pas, le titre vient d'une chanson à succès de Jeanne Mas (1984) (si un des symptômes de l'autisme asperger est de savoir par cœur trente ans après toutes les paroles des chansons à succès d'une époque ancienne y compris et surtout de celles dont on se contrefoutait et qu'on n'écoutait jamais exprès, je suis aspie à n'en pas douter)

(1) D'où enfant ma prédilection pour le foot : que les pieds.
(2) Si ça tombe ... non, rien. Le vrai écart entre hommes et femmes d'orientation hétérosexuelle est là : les hommes peuvent très tardivement devenir à nouveau pères. Qu'est venu stimuler le viagra.
(3) et moins soumise à l'anémie, mais ça, wait and see. J'ai trop peur d'être déçue.

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L'écart parfois long entre le dernier jour avec et le premier jour sans

 

C'était donc aujourd'hui depuis 32 ans mon premier jour vraiment sans - il y eut à deux périodes une dizaine de mois sans, très volontairement, mais il n'y avait jamais eu d'autres interruptions. Et peut-être une seule fois (ou deux ?) un oubli, qui correspondait (allo Dr Freud ?) à une journée bruxelloise (hélas ?) sans aucun risque.

Le dernier jour avec fut la semaine d'avant et c'était fort curieux, précisément ce décalage. Car finalement le dernier jour avec ne marque pas une fin alors que le premier jour sans, si.

Le premier jour sans fait bizarre, je n'ai pas encore l'habitude de l'insouciance absolue. En fait et en l'absence de symptômes, je n'y crois pas vraiment. J'ai l'impression d'avoir atteint un nouveau niveau dans le jeu de la vie. Un niveau où plus grand chose ne devient très risqué, ni n'a vraiment d'importance - le risque que le désir créé un indésirable tend désormais vers zéro -, mais où l'espoir de faire l'amour n'existe plus trop non plus.

Je remarque alors que bien d'autres couples (dernier jour avec, premier jour sans) fonctionnent dans une existence (et plus particulièrement une vie de femme) avec des écarts de temps.

Le dernier jour avec le bien-aimé fut de plusieurs mois loin du premier sans lui lequel précédait de très peu des retrouvailles prévues. D'où qu'il s'est sans doute résolu avant qu'un paparazzo ne le saisisse en scooter sortant de chez sa nouvelle conquête quand il a su que je perdais l'emploi qui me rendait utile à son travail, à me prévenir à ce moment précis. Il se doutait que je ne ferais pas défaut pour un petit boulot que j'effectuais pour lui à titre affectueux la semaine suivante, parce qu'il concernait deux autres personnes qui n'étaient pour rien dans son comportement. Et que je suis du genre qui ne fait pas faux bon.

Le dernier jour de mon boulot d'"Usine" précéda de trois mois mon premier jour officiellement sans - un 1er avril, ça ne s'inventait pas -. Mon dernier jour avec l'amie qui tant comptait précéda de huit mois le premier jour sans elle dans ma vie - "Je n'imagine pas la vie sans [Biiiip]" a déclaré plus tard celle qui m'avait succédée et à laquelle je devais, sans qu'elle n'en sache rien, mon éviction ; je n'imaginais pas plus qu'elle, j'ai été en danger -. Elle n'était déjà plus là, la grande amie, la presque sœur, que je la croyais toujours proche, et simplement trop prise par tout le boulot qui l'accaparaît.

Le dernier jour avec mon père précéda d'au moins trois mois d'une terrifiante agonie le premier jour vraiment sans lui. Il n'était plus lui-même, tout cerveau dévoré.

Je pourrais continuer cette liste plutôt triste encore longtemps. Même s'il doit bien y avoir en particulier dans les moments de convalescence, un tel écart possible de façon positive.

Je me demande ce que la suite me réserve. Je ne parviens pas à croire que je ne vais plus saigner. Qu'un certain nombre de petits tracas physiques périodiques me seront désormais épargnés.

Au moins cette fois, le premier jour sans n'était pas une accablante surprise, puisqu'au dernier jour avec je le savais prévu. 

Mon premier geste du matin est désormais d'ouvrir "La Recherche" et d'y lire environ deux pages et demi. Rituel que j'avais mis en place avant de savoir que celui de la chimie protectrice allait prendre fin. Cette chance du "juste avant" qui m'aura sauvée si souvent. Puisse-t-elle perdurer.