En lisant un article sur une tempête de sable à Katmandou

 

    En lisant un article sur une tempête de sable à Katmandou, j'ai entre-aperçu en lisière une photo d'un des "Royals" britanniques. Elle m'a mise comme un doute solide. (et bien un peu drôle)

Capture d’écran 2016-03-28 à 13.40.03

(En même temps une de mes collègues jeunes l'avait vu sur la fin de son étrange passage, et je me dis qu'elle l'aurait reconnu, elle)

The flavour of the day

Donc voilà tu es gamine, pré-ado puis ado et ça se frite dans les discussions entre les tenants du vrai rock (les Stones, les Who) et ceux d'un truc qui fait plutôt figure de pré-boys bands (mais on ne sait pas encore que ça existera (les boys bands)) qui est les Beatles et autres copieurs, quoi que Sergent Pepper's ait bluffé tout le monde et que le Floyd ce ne soit pas honteux. Et puis il faut bien se démarquer des goûts des grands frères, déboulent les Bee Gees, et ça lamine tout et ceux qui n'aiment pas, mais alors pas du tout, se réfugient dans le Punk et personnellement tu ne t'y retrouve plus. Alors tu écoutes ton bon vieux Bach et par ailleurs de la musique à danser (Michael Jackson apparaît ; Imagination c'est pas mal non plus, il y a Fame et puis Flashdance et déjà on est d'ailleurs dix ans après).

Sortir de l'enfance c'est prendre conscience de l'impermanence des choses : tu as donc pigé qu'un groupe rock, un vrai, ça n'est pas fait pour durer, entre les overdoses, les vies de famille (ben oui, même les rockeurs se font un jour rattraper), les pétages de plomb dû au fait d'être devenus riches (très jeune tu as remarqué que la richesse et le pouvoir esquintent, qu'il faut être sacrément costaud ou de qualité supérieur pour ne pas fondre un fusible quand ça te revient).

Par ailleurs le monde dans lequel tu grandis c'est : Il y a les Russes que c'est les méchants et les Américains qui sont des méchants un peu gentils, ils nous ont sauvé en 44, et il y a de la liberté chez eux si tu as de l'argent mais de toutes façons quand tu es pauvre, où que tu vives c'est la galère. T'es juste plus ou moins crevant la dalle plus ou moins en prison pour avoir crier que tu n'en pouvais plus ou tenté de te procurer ce qui te manquait et que tu ne parvenais pas à obtenir par un autre biais.
C'est un monde dans lequel une guerre nucléaire peut péter d'un instant à l'autre. On en est conscients, adultes comme enfants, un peu comme quelqu'un qui est atteint d'une maladie à crises : ça va, ça va et tout d'un coup, paf, la crise survient. Il y a des points de démarrages possibles pour la Grande et Définitive Fâcherie. Le Vietnam d'un côté, Cuba de l'autre, en 1973 le Chili. En fait chaque fois qu'il se passe un truc grave, on se dit C'est foutu, ça y est. Il y a aussi Israël et la Palestine mais en tant qu'enfant en Europe, tout ce que tu comprends, et tes camarades de classe c'est pareil, c'est que tu n'y comprends rien, que c'est super compliqué et que les adultes ont pourtant souvent des opinions très tranchées, et s'engueulent facilement sur le sujet mais que personne n'arrive vraiment à expliquer. Les Russes et les Américains, au moins c'est simple.

Il y a un type que tout le monde admire chez les jeunes, les grands frères, les cousins, il est sur les tee-shirts, il s'appelle Che Guevara. Et c'est vrai que sur la photo il a une bonne tête. Un jour tu comprends au vol d'une conversation entre jeunes plus grands qu'il n'y a qu'une photo (!) parce que cet homme est mort, il est mort en aidant des gens à faire leur révolution mais ça n'a pas marché, alors que ça avait marché la fois d'avant, à Cuba, justement.

Tu comprends que révolutionnaires et rockeurs sont des boulots à forte mortalité et que quand tu ne meurs pas à un moment de toutes façons tu es trop vieux pour continuer. C'est des jobs de jeunes.

Un jour tu lis (probablement dans un article de l'Express puis du Nouvel Obs que tu piques le vendredi à ton père pour le lire en loucedé avant qu'il ne rentre de l'usine (une vraie)) la date de naissance du monsieur sur les tee-shirts tu t'aperçois que c'est la même année que ton père, qu'en fait s'il n'était pas mort il serait un vieux qui engueule sa femme et ses gosses, parce que le dîner n'est pas prêt ou les notes pas aussi excellente qu'il ne le faudrait.
Un (début de) mythe s'effondre.

Comme tu fais allemand première langue, parce que les bons élèves font allemand première langue et c'est comme ça, et d'ailleurs c'est intéressant cette langue mathématique avec des déclinaisons comme ça chaque mot dans la phrase dit à quoi il sert (mais à apprendre, ce que c'est casse-pied), que tu as fait le voyage scolaire vers Hanovre, vu la frontière, lu des livres, rencontré des gens super sympas aux familles coupées, tu sais l'Est, l'Ouest, la frontière, que ça rigole pas. Avec tes camarades de classe tu as vu les miradors, le no man's land, les chiens patrouilleurs et leurs maîtres. Tu t'es dit que ça n'allait pas, mais qu'il y avait un sacré boulot pour changer ça, que ça allait être la tache principale de ta génération, ça et la pollution qui commence à devenir inquiétante (1).

Quarante ans plus tard, la planète est plus en danger que jamais il est peut-être déjà trop tard, des blattes et des robots capables d'apprendre survivront peut-être, mais pour l'humanité ça semble plié. L'argent roi, la course au profit a triomphé dans le monde entier, des garde-fous n'existent plus que de façon locale, les démocraties ne sont plus que des façades, les multinationales se moquent des frontières (s'en moquaient déjà mais avant l'internet et qu'on puisse soi-même causer directement avec des inconnus à l'autre bout du rond du monde, on en était moins conscients). Au mieux votre environnement ressemblera au village dans "Le prisonnier" au pire à l'enfer sans trompe l'œil. On a atteint le point où les idéologies clef en main qui quarante ans plus tôt vendaient certes des délires, mais plutôt pacifiques, poussent les gens vers la mort rendue attractive et d'y entraîner un maximum d'autres gens. Les marchands d'armes se frottent les mains.

Et voilà que tout soudain, les gars d'antan qui auraient logiquement dû mourir chacun quinze fois au vu des excès accomplis, ou se séparer vingt fois, sont toujours là et plutôt fringants (si à 72 ans je peux encore gigoter comme Mick maintenant, je signe tout de suite), et se produisent là où c'était très exactement inimaginable quelques décennies avant. 

Alors OK c'est burlesque et par là dessous une question de gros sous, mais il n'empêche que ça laisse assez bien supposer que TOUT EST POSSIBLE.

Même (surtout ?) de façon totalement farfelue.

Tout espoir n'est pas perdu. La survie sera bizarre.

The flavour of the day is strawberry.  

(Reste que : des morts et des disparus qui va nous consoler ?)

 

(1) On ne parle en ce temps là pas encore de réchauffement climatique dans les classes populaires, je suppose qu'à l'époque des scientifiques savent déjà mais pas le grand public, seulement il y a eu Seveso et avant cela Minamata, tu as vu à la télé des reportages (documents INA). En ce temps-là la télé se veut plus pédagogique que vendeuse de temps de cerveau disponible. Seveso t'a marquée car vous habitez près d'une usine de fabrication de scotch (entre autres) et certains jours l'air est bizarre (mais on ne sait pas si ça vient de là)


Una storia che fa bene da leggere o sentire (che c'è la video)

L'article de Simona Ravizza pour Il Corriere est

Pour ceux qui ne pratiquent pas l'italien : il s'agit d'un jeune homme de 15 ans qui en avril 2015 par une journée très chaude plongeait, avec une bande de copains, dans une rivière vers Milan pour se rafraîchir, mais l'un de ses pieds s'est trouvé coincé sous l'eau et il y a passé 42 minutes (1). Il doit la vie à la force de Rossella Giacomello, des équipes de secours d'urgence, qui a insisté à tenter la réanimation malgré ceux qui lui disait que c'était foutu, et aux médecins de l'hôpital où il fut emmené et qui ont eu l'idée de le brancher à l'une de ces machines cœur-poumon (que je crois utilisées plutôt lors de certaines opérations), un truc un peu fou, mais non seulement ça a marché, mais en plus le gars semble avoir récupéré ses facultés (2) [et en tout cas il cause avec une vivacité que bien des gens pourraient lui envier]. Dans l'aventure il a perdu un pied. Ce qui paraît un moindre mal.

 

En fait c'est un article qui évoquait la résolution du problème administratif qui l'empêchait d'obtenir une prothèse qui est arrivé jusqu'à moi et j'ai lu du coup le reste de son histoire, entre autre sur La Stampa.
Il faut garder à l'esprit qu'en cas d'issue fatale, la femme qui a tout tenté pour la réanimation alors qu'on lui disait d'arrêter et l'équipe médicale qui a pris la décision de tenter le tout pour le tout avec une machine prévue pour d'autres usages (plus calmes et prévus, le risque était là, et sans doute aussi une question de coûts mais qui heureusement ne les a pas arrêtés) auraient eu de sérieux ennuis. Parfois, ça vaut la peine de ne pas laisser faire et puis tant pis, parce qu'une infime chance existe il faut l'essayer. J'éprouve pour ces personnes, qui ont agi en leur âme et conscience, une grande admiration.

 

(1) J'avoue ne pas comprendre peut-être qu'il était terriblement encastré dans quelque chose (3).
(2) Il est dit dans l'article que théoriquement au bout de 25 minutes sans oxygénation le cerveau est foutu.
(3) Apparemment c'est bien ça, plusieurs ont plongé mais seuls les hommes-grenouilles des pompiers ont pu le décoincer.


En congé du réel (interview de Nicolas Grimaldi)


   Cet article vient de me sauter aux yeux. Il s'agit pour Libé (qui a été fondé en 1973 pas en 1981 contrairement à ce que ce "corrigé" croit savoir) d'une interview de Nicolas Grimaldi (1) :

Les terroristes agissent comme dans un rêve en prenant congé du réel

Il m'est arrivé une fois de prendre congé du réel sous l'effet d'un choc émotionnel violent et une deuxième fois, au lendemain du 7 janvier et pour partie à cause des événements de ce jour-là, j'ai frôlé la récidive. Je peux attester qu'il s'agit d'un étrange état et qu'effectivement on peut ne plus être vraiment ici bas tout en prenant en compte l'environnement et les choses concrètes, qu'il est possible (je crois) de donner une apparence extérieure de quasi normalité, et de tenir une conversation.

Je n'étais programmée pour rien du tout, il se trouve simplement que dans les deux cas j'étais confrontée à des situations ou des propos tenus en face à face qui dépassaient l'entendement, lequel a buggué en se plaçant dans la position "normale" qui y ressemblait le plus : être en train de faire un (très mauvais) rêve. Et donc croire mais sans plus aucun lien, plus aucune ancre plantée dans aucun fond stable, qu'on n'est plus en "pour de vrai". Il se trouve que je ne suis pas d'un naturel violent, où qu'elle ne se déclenche chez moi que sous forme de contre-attaque et que je n'étais pas en train de conduire ou de piloter quoi que ce soit. Je n'ai donc tué ni menacé personne, à part éventuellement moi en cherchant à sortir du cauchemar.

Il n'empêche que je trouve de fait l'hypothèse de ce philosophe très plausible. Certains recruteurs-manipulateurs sont sans doute très forts. Et des drogues doivent probablement contribuer à l'état "décollé". Si je n'avais pas traversé moi-même certaines difficultés, j'aurais pensé de toute ma rationalité coutumière qu'il exagérait. 

Si ça tombe les mecs croient être dans un jeu video (2), oh trop cool, le décor c'est comme dans à Paris.

Et peut-être que celui qu'à l'heure actuelle on recherche encore a tout simplement "décroché" sur le moment, repris connaissance avec le réel et s'est carapaté, atterré. Dans mon cas très léger, et non programmé, le retour au réel s'est fait grâce à quelqu'un qui s'est adressé à moi, l'air gentiment inquiet.

 

 

(1) par Anastasia Vécrin et Robert Maggiori
(2) Attention : ne surtout pas interpréter cette phrase comme : Les jeux vidéos rendent violents. Mais simplement parmi ce qu'ils ont déjà éprouvé dans leur vie d'avant et d'en vrai, c'est la situation qui doit le plus ressembler.
Pour moi la situation qui ressemblait le plus c'était un pur cauchemar - retrouver quelqu'un qu'on aime beaucoup, courir vers cette personne, avec joie, et l'autre sort une arme et vous flingue à bout portant - (c'est dans ce cas une métaphore, mais l'impression fut celle-là), la personne en laquelle on avait toute confiance -, l'un des pires possibles. 


Une bizarrerie (mes neurones en parallèle)


    Ainsi donc c'est la troisième fois que mon cerveau me fait le coup de disposer de toutes les infos nécessaires pour établir l'évidente connexion entre une personne que je connais et une autre que je connaissais ou un travail d'elle-même qu'elle avait fait et que je connaissais. Un lien qui aurait dû me sembler évident dès la rencontre elle-même et qui pourtant aura mis entre 8 et 24 mois pour s'établir enfin. Et le plus souvent de façon fortuite. Ou plutôt par une conséquence logique mais involontaire.

Pourtant dans la vie, je suis celle qui, délivrée du poids des enfants petits, assoiffée d'apprendre, en perpétuel appétit de bons moments (et les soirées en librairies, ou voir un bon film, le sont) et donc sortant beaucoup, pratiquant aussi l'internet dans sa version chaleureuse de contacts et d'échanges, fait souvent le lien entre les uns et les autres. Avec une vista pour les collaborations fructueuses et autres affinités dont j'aimerais qu'elle puisse un jour s'appliquer à ma propre vie - mais on dirait qu'hélas je suis moi-même exclue du champ de mes propres capacités ; ou bien ma capacité est celle-ci et rien d'autre : présenter les uns aux autres afin qu'ensemble ils puissent progresser -.

Il m'est donc particulièrement troublant de constater à quel point mes neurones ou tout autres éléments impliqués dans les processus de pensée fonctionnent pour moi-même en parallèles sans jamais spontanément se croiser et pour le collectif en très efficace toile qui relie les autres.

Je reste très émue de ce que je viens d'apprendre. Un lien entre un ami relativement récent et d'autres qui datent du temps où je venais de faire la rencontre décisive qui allait bouleverser ma vie. Et une foule d'éléments incompréhensibles isolément prennent harmonieusement place. Dont le fait que je me sente à ce point affectée par la mort de Patrice Chéreau alors que je n'ai fait que parfois le croiser - et apprécier ses travaux, certes, mais d'ordinaire ça ne suffit pas pour avoir du chagrin comme ça -. 

Émue et heureuse de ce que j'ai enfin appris,  mais troublée par mes sortes de micro-aveuglements, voire d'amnésies. Comme un sortilège. Ou un enchantement.

 


En lisant, en cherchant (un complément d'information)


Je tombe sur cette belle pièce de "légende de la voiture maudite". J'aime beaucoup ce genre d'histoires sans y apporter plus de crédit que nécessaire. Un peu comme Barbey d'Aurevilly, parce qu'il y a "matière à faire".

"La voiture est devenue célèbre malgré elle car non seulement c'est à son volant que la star du cinéma trouva la mort, mais d'autres personnes qui acquirent des éléments de l'épave connurent un destin tragique dans les années qui suivirent et beaucoup de gens crurent dès lors que le véhicule de l’acteur était maudit.

Georges Barris (en), qui a personnalisé la voiture de James Dean, acheta l’épave du véhicule pour 2500 $ et se fractura la jambe quelque temps plus tard.

Peu après, il vendit le moteur et la transmission à deux médecins Troy McHenry et William Eschrid. En faisant la course l’un contre l’autre, l’un mourut en percutant un arbre après avoir perdu le contrôle de sa voiture, tandis que l’autre se blessa sérieusement après que la sienne eut quitté la route.

Barris vendit les pneus de la voiture : l'acheteur eut un accident de voiture bien qu'ils fussent en bon état.

Deux jeunes essayèrent de voler la voiture mais l’un d’eux, en prenant le volant de la Porsche, s’ouvrit le bras à cause d’un morceau de métal déchiqueté. Plus tard, un autre homme se blessa en essayant de voler le siège du conducteur couvert de sang. Enfin, Barris décida de cacher la voiture, qui fut récupérée par la California Highway Patrol pour l’exposer à titre d’exemple sur les accidents de la route.

La première exposition connut un désastre : en effet, un incendie se déclara, détruisant toutes les voitures aux alentours dans le local et seule cette voiture en sortit indemne. Lors de la deuxième, dans un lycée, la voiture tomba et cassa la jambe d’un étudiant. Sur la voie menant à Salinas, le camion qui transportait le véhicule eut un accident et le conducteur se blessa. À deux autres occasions, la voiture s’échappa des camions sans causer d’accidents graves, mais en brisant le pare-brise d’un véhicule.

Finalement, en 1959, ce fut la dernière exposition de la voiture en onze pièces, car en 1960 elle disparut mystérieusement avec le camion dans lequel elle était. On n’a plus jamais revuLittle Bastard."

extrait de la page wikipédia sur James Dean au 01/01/15

 


"Je ne pensais pas du tout avoir ... cette chose ..."

Parfois, les prix tombent sur les bonnes personnes. Parfois les bonnes personnes sont précisément celles qui ne correspondent pas aux normes. Souvent les écrivains le sont parce que leur mode d'expression est l'écrit, absolument. Patrick Modiano en est l'exemple même.


Je suis d'autant plus touchée que je fus comme lui (pour ce qui est de bafouiller, hélas pas tant d'écrire). Puis j'ai participé au comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun où je me suis trouvée à répondre souvent en tant que non-journaliste non-amie directe de l'otage. Il fallait faire très attention à ce qu'on disait car les ravisseurs pouvaient en prendre ombrage. Cet étrange stage de formation m'a rendue à l'aise avec la prise de parole car plus rien de ce sur quoi je pourrais être sollicitée n'a autant d'enjeu (1). Et c'est tellement jouissif d'être facile sur un exercice qui nous était avant difficile à surmonter que j'aimerais désormais animer une émission de radio ou une rubrique d'une émission, afin de parler des livres ou de cinéma.

Je peux dire aussi que ce n'est pas parce qu'on s'exprime à voix haute de façon embrouillée et confuse que les pensées le sont. Ça coince seulement au moment de leur expression. C'est comme si les mots devaient passer par une sorte d'entonnoir. L'effort pour verbaliser pompe trop d'énergie ou de disponibilité neuronale (appelons ça comme ça) ce qui fait qu'il ne reste dans l'instant plus rien pour travailler à la cohérence et à la clarté. Ce prix me fait plaisir comme tout. Il va à quelqu'un qui ne courait pas après. Quelqu'un de discret. Mais qui a produit une œuvre. (et qui par dessus le marché a donc un petit-fils suédois ... ;-) )

 

(1) Du moins je l'espère.

 

PS : Le billet correspondant de François Morel est finalement un ton en dessous du vrai. C'est d'autant plus touchant et drôle.

PS' : En l'écoutant lui peut-être comprendrez-vous pourquoi je ne suis pas capable d'écrire sans mettre sans arrêt des notes de bas de page. C'est la pensée qui ouvre des parenthèses sans arrêt.


L'histoire du livre même est un fameux roman

Il y a un père qui manque de mourir d'une crise cardiaque lors de la fête surprise que lui avaient organisé ses étudiants juste avant son départ en retraite. Et qui a la bonne idée de survivre et fort bien.

Il y a un français qui vit à Oslo (est-il déjà traducteur ?) achète un livre américain dont le titre l'intrigue et en tombe fou. Je ne sais dans quel ordre, toujours est-il que ça se fera, il le traduit et contacte un éditeur en France suffisamment fou lui aussi pour se lancer dans l'aventure.

Mais il faut que le livre soit beau et illustré.

Il y a une amie de l'amie du traducteur qui connait un gars dont le travail de dessin serait bien dans le style qui irait fort bien. Et il s'avère que l'éditeur connaît aussi son travail.

Longtemps plus tôt il y a eu un propriétaire de Volkswagen qui avait laissé sur le siège arrière d'une Coccinelle qu'il revendait ce manuel des années hippies. Il s'est trouvé que qui rachetait la voiture n'était pas n'importe qui puisqu'ensuite il écrirait son propre manuel.

Il y a sans doute toutes sortes d'autres épisodes que j'ignore. Mais qui au bout du compte font un roman inclassable, peut-être pas très grand public
P9140001

 

mais susceptible de devenir un livre culte auprès de ceux qui apprécieront. Plus tard, il y aura une P9120014merveilleuse soirée chez Charybde, banjo included,

 

et pour moi un dimanche qui au lieu d'être un peu triste, comme mes dimanche le sont plus souvent que de temps en temps (1) depuis l'un des leurs, fatal et funeste, en juin 2013, a été heureux, instructif, intéressant, chaleureux, et léger. La tristesse n'a plus eu qu'à se remballer.

Je suis très reconnaissante envers tous ceux qui ont rendu la belle histoire possible, le livre jusqu'à moi, et les amis de Charybde dont je m'aperçois que sans eux beaucoup des bons moments de ma vie durant cette difficile année écoulée n'auraient tout simplement pas existés (alors comment aurais-je fait ?).

 

 

(1) Les derniers je l'avoue, vont globalement mieux. "Run Forrest, run" et par temps ensoleillé, et en étant accompagnée même par celui qu'on ne fait plus que peu rêver, ça a aussi du bon.

 

PS : Comment font pour survivre les gens qui ne lisent pas ?

PS' : Le grand-père de la Volkswagen est peut-être mort, mais le père de l'auteur encore bien vivant  P9140109


Le code cul erre


Tu as fait des frais de lingerie pour ton nouvel ami - il est trop tôt pour parler d'amour, mais tout va bien au lit -. Ce n'est pas trop ton truc mais l'époque est dans l'apparence, et puis tu n'aimes pas porter pour l'un ce qui plu à l'autre, une façon de rêver en démarrant même pour les petits habits avec du neuf que cette fois-ci enfin ça se finira bien et pas par une mise en silence ni un Contente-toi d'être une amie, j'ai trouvé mieux, voire un aveu de 15 ans vieux, Depuis tout ce temps-là ce n'était plus toi (1). 

Bon, tu n'as pas changé, faire du shopping pour toi est une immense corvée, sauf quand il s'agit de chercher le bon vêtement pour un bien-aimé et qu'il contient du temps et des rires partagés. Tu es donc allée au bout de ta rue : une marque de lingerie et vêtements d'intérieurs, puis vêtements généraux - mais c'est la lingerie qui l'a fait connaître, y a posé son siège social il y a plusieurs année et une boutique garnit le rez-de-chaussé. Plus d'une fois sortie sans écharpe, sans bonnet, ou avec un pull trop léger, tu t'es rendue compte que ça n'irait pas pour affronter la journée et au passage tu t'es rééquipée car le temps pressait et qu'il était trop tard pour rebrousser chemin. 

Mais cette fois ce sont des sous-vêtements que très volontairement tu achètes. La vendeuse t'annonce que si tu as un smart phone en captant le code QR reproduit qui en motif dans la dentelle, qui sur l'étiquette, tu pourras accéder à un texte d'une page écrit par l'un ou l'autre des plus fameux écrivains. Tu as vaguement pensé On n'arrête pas le progrès, mais tu n'avais que le futur rendez-vous en tête et ça ne t'a pas outre mesure tracassée. Tu n'as même pas pensé à demander si le choix était aléatoire ou par couleur, modèle ou taille. Pour le rouge j'aurais du Barbey d'Aurevilly, pour le noir du Stendhal. Et si je prends ce "chair" vieillot, aurais-je un brin de Bovary ?

Voilà, tu es dans ces moments où ça plane pour toi, c'est l'euphorie des débuts de quand les corps exultent et que l'intendance ou la famille ou les dettes les chômages les poubelles à descendre les fuites d'eau les rages de dents la personne qu'on aimait avant et un peu moins maintenant mais qu'on ne veut pas blesser n'ont pas encore tout fait capoter. L'avantage de l'âge c'est qu'on sait que ça ne saurait durer.

Alors on profite, joliment habillée, sexytudinellement dévêtue, et que le moment soit parfait.

 

*            *            *

C'est en ramassant ton panty (2) après les instants extatiques que l'homme s'amuse, C'est quoi ce code sur ta culotte ?, saisit son téléphone, des fois qu'il y ait une pub avec une longue blonde aux jambes interminables, vu que sur ces points-là, avec toi il n'est pas sauvagement comblé (3). Mais voilà que le clic fait apparaître un texte, Hé dis-donc c'est une histoire, toi qui aimes lire, tu vas adorer !

Tu sors propre et fraîche de la salle de bain au moment où il te tend l'appareil avec le texte dessus, 

C'est un extrait de quoi ? demandes-tu en le saisissant. Tu t'attends à Hugo, au torride Apollinaire, à l'insaisissable Rimbaud, quelque coquinerie de ces gars-là. 

Et vlan.

Le texte est de mots d'amour qui un temps furent pour toi, celui qui l'a écrit n'est autre que celui qui te quitta et qu'il t'aura fallu des mois non pas pour l'oublier, c'est impossible, mais pour parvenir à retrouver le chemin du désir. C'est peu dire que la magie du moment amoureux vient d'être vachement brisée.

(version 1)


*            *            *

 En dégrafant ton soutien-gorge d'un geste délicat (4), l'amant s'aperçoit que le motif de la dentelle fait code, la curiosité commune l'emporte sur la hâte sensuelle, vous supputez un jeu coquin, il attrape son téléphone, oubliant que le temps des ébats vous aviez tout éteint, prend quand même le temps de rallumer pour voir, bipe, semble déçu du résultat, C'est un texte, annonce-t-il un parfum de dépit dans la voix.

- Ah oui ? Fais-voir demandes-tu émoustillée, tout en espérant qu'il ne déb que le récit sera bref et bon.

Et voilà que c'est une histoire coquine et tendre, d'une page, écrite avec élégance par un bon copain, mais que ça fait bizarre de le retrouver là, en cet instant, comme s'il venait se joindre à vous - alors que votre relation n'est absolument pas amoureuse, tu connais sa femme, ils semblent très heureux, tu n'as jamais rien imaginé d'érotique, le lire alors et maintenant t'y oblige et ça te gêne un peu -.

L'amant n'a rien perdu de ses intentions, et tu as vite reposé le téléphone mais c'est toi qui d'un coup n'es plus tout à fait là, qui as changé de registre et te sens toute calmée, sortie du vif du sujet. Ce qui ne convient pas.

(version 2)  


*            *            *

 

(1) entres autres exemples glanés dans ma propre vie ou pas très loin ailleurs.

(2) toujours en littérature anticiper les retours de mode. #lettresàunjeunepoète

(3) mais tu as les attaches fines et les muscles harmonieux.

(4) Rêvons un peu.

 


*            *            *

Tout ce qui précède n'était que fiction, vous vous en doutiez.  Sauf que très prochainement ça sera techniquement possible, hélas pas tant pour les ébats que pour le code consultable (il sera sans doute fourni à part, j'ai simplement poussé un tantinet le concept).

Après mars et sa rubrique (que j'écrirai quand je serai capable de le faire en ne pleurant que de rire) Quand vous êtes libraire ne tombez jamais amoureuse d'un écrivain (5), je sens venir septembre avec cette constatation : Aimer des fournisseurs de matières à code QR peut nuire ultérieurement à votre libido. 

Le vrai gag, ça ne s'invente pas, c'est qu'il y a un bon camarade parmi les premiers fournisseurs, sans parler des amies, et qu'il s'agit vraiment de la marque où je m'équipe pour cause de proximité et qu'elle n'est ni de luxe ni de vulgarité. Pour une fois le marketing m'aura fait marrer.(Quoi que)

 

(5) Qu'une amie du métier qui se reconnaîtra si elle passe, résume ainsi avec romantisme : On ne couche pas avec la marchandise.

addenda du 04 août : Le Monde en parle un peu plus tard.

 

 

 

 

 


Complètement cramé (18 ans déjà)

 

Dix-huit ans déjà que par un beau dimanche matin je reçus de Hong Kong un très étrange coup de fil d'un bon vieux copain de promo et qui disait : - "Dis Gilda, je crois que ton bureau est en train de cramer". J'ignore quelle heure il était chez lui, peut-être victime d'une insomnie, d'un petit coup de Heimweh, regardait-il les infos de Paris, "C'est sur France 2" m'avait-il dit. 

Je ne savais pas, ça alors. Ben je vais aller voir, merci, ai-je répondu en substance peut-être assorti d'un Hé merde bien senti. Je me doutais qu'un incendie, aux salariés n'apporterait que des ennuis. 

J'ai raccroché, j'ai dit J'y vais. Je ne sais pas pourquoi comme ça j'avais filé, ça ne changeait rien. Je crois que je voulais voir l'ampleur du désastre, savoir que faire au lundi, si c'était seulement l'agence bancaire au rez-de-chaussé où les étages qui étaient touchés. Je n'ai appelé aucun collègue, je voulais voir d'abord.

Et quand j'ai vu sortir un gros panache noir des fenêtres précises où étaient nos locaux, c'est à mon amis Pierre que j'ai téléphoné. D'une cabine (1). Les pompiers ou plutôt la police avait bouclé le périmètre. J'ai le souvenir d'une bonne dame équipée d'un cabas dont dépassait un poireau et qui tentait vainement d'obtenir l'accord pour retourner chez elle. Elle était sortie faire son marché et voilà qu'elle ne pouvait plus rentrer. Elle avait au moins de quoi manger.

L'incendie faisait rage, je me souviens de l'avoir très exactement pensé que j'avais sous les yeux l'illustration même de cette expression, qui se révélait (hélas) sans exagération. 

Je me suis revue le vendredi soir finir un peu plus tard pour achever une sauvegarde, étiqueter soigneusement la disquette, la ranger dans un boitier avec quelques autres déjà ordonnées, le boitier dans le placard derrière mon bureau, de ces placards professionnels hideux avec rideau coulissant gris, d'avoir fermé à clef, la clef dans le pot à crayons - pour le principe -, revenir sur mes pas alors qu'au seuil de la porte, car les fenêtres, élevées (par elle on ne voyait pas elles étaient au dessus et je souffrais énormément de cette sensation d'enfermement) étaient restées ouvertes. La manivelle, les refermer. Dès fois qu'il y ait un orage, sait-on jamais.

De mon bureau lui-même il n'est rien resté : il s'est trouvé dans une partie du bâtiment qui s'était écroulée. Celui qui était à l'époque ma directe hiérarchie me confiait tous les documents importants : j'étais du genre organisée (essentiellement pour ne pas perdre ensuite du temps), lui non. Au moins dans ton bureau, on sait où ils sont. 

On savait désormais qu'ils avaient entièrement brûlé. 

Alors que son propre bureau sis dans la partie que les pompiers s'étaient acharnés à préserver - zone des hautes hiérarchies, œuvres d'art aux murs, et sans doute dans les coffres des secrets bien gardés - n'avait que peu été touché. Et qu'il récupéra l'intégralité de ses dossiers. Sous une couche de cendre noire poisseuse, sans doute un peu toxique, mais néanmoins.

J'étais rentrée peu auparavant de congé de maternité et n'avais pas encore eu ni le goût ni le temps de personnaliser ma place. Hormis une calculette, et un vieux dictionnaire de l'informatique, déjà vieux en ce temps-là et que je gardais pour les définitions d'appareils déjà alors obsolètes dont la description m'amusait, je n'ai rien perdu de personnel dans l'aventure. En revanche de précieuses archives professionnelles, dont des classeurs de dépannages informatiques où je m'étais constitué un stock très utile de "pannes vues", les symptômes et leur solution. Comme une partie de notre travail consistait à aider des utilisateurs parfois lointains, cette documentation sur mesure était très utile. Elle me manqua longtemps.

De même qu'au fil des ans et des demandes, des programmes, des fichiers, des documents qu'on prenait alors conscience d'avoir eux aussi perdus.

La perte d'intérêt du poste que j'occupais date de ce moment-là : au lieu d'être sur de nouveaux projets nous avons passé notre temps à combler ce qui n'aurait pas dû cesser d'exister. Quand ce fut éclusé nous avons dû nous gaver les modifs et tests de passage à l'an 2000 puis le passage à l'euro (et dans les fichiers et bases de données tout ce que ça impliquait).  C'est à dire des surcharges de travail mais uniquement pour des choses mécaniques, qui n'en appelaient pas à de la réflexion satisfaisante ni à un savoir-faire exceptionnel. Finies les journées bouclées en se disant, Mazette, j'ai résolu ce point délicat, je ne m'en serai pas cru capable ; et d'avoir un emploi fastidieux mais comportant d'un point de vue neuronal de stimulantes satisfactions. Ingénieur, quoi.

Nous avons été du lundi - oh la rencontre fortuite d'un bon ami d'alors, perdu de vue depuis, j'ignore encore pourquoi : il a cessé de venir aux week-ends du ciné-club puis n'a plus répondu à rien et qui me croise sur le trottoir à la hauteur d'alors Del Duca, Que fais-tu là ? - C'est mon bureau, il a brûlé et je montre le bâtiment et lui qui passait en se hâtant lève les yeux et voit l'étendue du désastre - au mercredi en chômage technique, dès le jeudi dans des locaux à la Défense à rebrancher des ordis qui étaient des périmés d'autres services, de ceux qu'on garde dans une réverve pour pallier une panne d'un plus neuf. J'ai un plutôt bon souvenir de la période Remontons nos manches et les mains dans le cambouis. J'aimais la bidouille, une liberté retrouvée. Loin du Siège Social nous subissions moins la pression hiérarchique, je me suis même autorisée à venir bosser en jean (ben oui quoi, on bricolait). Le jean étant pour moi le vêtement de travail parfait. Le bleu de travail. Tout autre tenue me voit moins efficace, fors le maillot de bain pour nager et le short pour le foot.

Je n'ai plus jamais retrouvé mon aptitude à ranger. L'appartement en témoigne. C'est l'année où les choses puisqu'elles n'étaient plus faites à mesure, ont commencé à déraper, les papiers à s'entasser, les vêtements et les chaussures à subir du retard dans leur indispensable tri Été / Hiver. (Les livres pour leur part avaient déjà tendance à proliférer, je ne crois pas que l'incendie ait modifié quoi que ce soit).

Dès années après il m'est encore arrivé de remarquer une perte que le feu avait occasionné. Ainsi ce matin en lisant ce billet chez Baptiste Coulmont, un début d'étude marginale que j'avais faite sur les fréquences par années des prénoms et comment les modes descendaient les niveaux hiérarchiques car j'avais remarqué cette tendance via quelques données (dont un sous-fichier pour l'arbre de Noël en l'occurrence, pour lequel j'avais été en désespoir de cause chargée d'ôter les doublons et triplons à la main (1) d'où l'attention sur les prénoms ; la rubrique "naissances" du journal interne, également). Voilà, 18 ans après je prends conscience de sa disparition. Mon petit chef, que ça amusait et qui trouvait qu'il s'agissait d'un excellent entraînement, m'avait à l'époque donné sa bénédiction à condition que ça soit fait sur les interstices quand les sujets officiels piétinaient.

Il y avait aussi une magnifique étude sur les temps de transports en Île de France dans les années 70 et qui était passionnante pour qui savait décrypter. Je l'avais un jour sauvée de la benne - les temps avaient changé, on ne se souciait plus du confort des salariés, au contraire, on avait bien envie de les décourager -.

Je n'éprouvais pas d'attachement affectif envers mon travail, c'était un gagne-pain et vécu comme tel. Je m'efforçais d'être irréprochable, effectuais mon travail du mieux que je pouvais, mais mon âme ailleurs vivait. Il n'empêche que tout perdre, brutalement, par le feu est une expérience qui reste, laisse des traces, et nous change. Je me suis souvent demandé comment des collègues qui eux "s'investissaient" et aussi ceux qui personnalisaient beaucoup leur poste de travail s'en étaient au fond tirés. Peut-être mieux que moi qui me croyais détachée, mais suis sensible aux infimes infinis détails du quotidien.

Il m'arrive encore de rêver du siège social tel qu'il était, en particulier le gymnase au sous-sol (que mes songes agrémentent volontiers d'une piscine), le jardin intérieur en soubassement (sans doute pour cela que celui de la BNF me "parle" autant), l'escalier en double révolution (revu depuis, il a survécu) et puis "l'entrée en tombeau de Napoléon" côté arrière, voulue par l'un des présidents, des années de lourds travaux ... partis en fumée.

 

(1) Il fallait veiller qu'un même enfant ne perçoive qu'un seul cadeau or certains pouvaient apparaître trois fois à la suite d'un divorce et d'un remariage au sein de l'entreprise, déclaré par la mère, le père, la nouvelle femme du père. Le gros des troupes filtrables par programme, mais toujours de somptueux cas particuliers. Certaines personnes ayant visiblement des existences agitées mais que ça n'empêchait pas de vouloir profiter même indûment de tous les avantages. Cette double aptitude au rock'n'roll doublé d'une capacité à examiner le moindre document administratif m'a toujours sidérée. Alors que ça n'est pas strictement contradictoire, en fait.

 

(1) Hé oui c'était au siècle dernier. D'un portable tout le monde n'était pas équipé.