François Pompon

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Je sais seulement que c'est au numéro 7 d'une rue dans Paris, probablement non loin de la BNF.

J'avais pris la photo en passant, décidée à regarder qui il était une fois rentrée (ou : arrivée à la BNF). Puis le temps m'a manqué. 

C'est aujourd'hui deux ans plus tard, alors que je trie mes photos afin de libérer la mémoire de l'ordi que je retrouve ce qui plus qu'une photo était une prise de note.

Donc François Pompon fut connu pour ses sculptures d'animaux, figuratives mais stylées. 

La plus connue étant celle qui représente un ours polaire 

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De façon surprenante, j'ai trouvé un article tout récent le concernant dans un journal de Saône et Loire (dont il est originaire, c'est la date de l'article qui m'amuse). Et qui résout au passage le mystère du lieu : rue Campagne Première. Je suis probablement passée à proximité en allant de chez mon kiné à la BNF en passant par la ligne 6. 
Il connut le succès de son vivant, mais tardivement et la première guerre mondiale l'obligea (il avait une soixantaine d'année) à prendre ce qu'il pouvait comme travail. Il se retrouva donc employé à la Samaritaine. 

Plus de détails sur sa page Wikipédia.


Quelques photos d'il y a deux ans

 

    Ce soir l'ordi m'a rappelée à l'ordre - depuis le début du confinement je me disais Dès que j'en aurai fini avec le jardin, je m'occuperai des photos ; et puis j'ai enchaîné sur d'autres menus rangements -, sa mémoire est saturée, je dois faire du ménage. C'est facile et simple : j'ai trop de photos. Me voilà donc ce soir astreinte à reprendre la tâche de Sisyphe, du moins lorsque l'on prend des photos quotidiennes, qui est d'en faire le tri, les copies (sur disque dur et un autre lieu) puis le ménage. 

J'aime bien le faire à la main, pour partie, ce qui me permet de revisiter mes jours. C'est particulièrement utile sur la période que j'aborde à présent : le printemps d'il y a deux ans. Je travaillais alors pour la librairie Charybde tout en passant mes week-ends à préparer la maison de mes parents pour sa vente ; encore épuisée par le déménagement des affaires qui m'avait pris (là aussi, tri, jetages, sauvegardes, rangements) un an de week-ends chargés. Sans compter le deuil principal et deux autres sortes de deuils pour moi annexes mais non négligeables : un beau-frère et un cousin par alliance, partis brutalement, l'un comme l'autre, de la vie de celle qui avait été leur compagne. Il faut s'habituer, même si on ne se voyait pas si fréquemment, à ce qu'ils ne soient plus là. Plus du tout là. Et qu'on n'ait même pas pu leur dire au revoir, car les ruptures furent brutales. On se retrouve quittées, de façon secondaire et collatérale. C'est assez étrange comme effet. D'autant plus qu'il s'accompagne d'une perte d'estime très forte envers eux, qui ont tant menti.
Dès lors de ce printemps 2018 qui comporta néanmoins d'excellents moment, à la librairie notamment, il me reste du fait de l'écrasante fatigue peu de souvenirs. Ou plutôt ils sont présents mais comme entassés, non datés. Ils manquent d'indexation. En trier les photos m'offre l'apaisement de reprendre pied dans ma mémoire. 

 

Accessoirement, je retrouve traces d'endroits qui n'existent plus, ou plutôt de bâtiments qui n'existent plus dans des endroits qui ont totalement changé. 

Ainsi ces bâtiments à Clichy, près du parc des Impressionnistes et qui récemment encore n'étaient plus qu'un immense trou de fondations à construire (1). Dommage, en leur temps ils ne manquaient pas de charmes 

(photos prises le dimanche 1er avril 2018, jour de Pâques, en revenant de notre habituel sunday morning run)

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Le 4 avril (2018, donc), chez Charybde il y avait eu à la fois un tournage dans la journée et une soirée en compagnie d'Alan Parks, et de son traducteur Olivier Deparis, de celles qui font bonheur à se rappeler plus tard. 

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Le tournage était pour un court métrage que devaient présenter ensuite à leurs enseignants des élèves d'une école de cinéma. 

C'est terrible, vu du confinement, on sursaute à les voir, à nous voir, les uns des autres si rapprochés, sans masques ni rien de tout ce qui s'est installé qu'on doivent les mettre ou qu'on en manque, dans notre quotidien et pour un long moment. 

Que sont-ils devenus ? Que deviendront-ils dans le monde de l'Après, et sa crise économique qui ne manquera pas de heurter de plein fouet tout ce qui concerne la culture ? 

Je m'aperçois que l'épidémie (et ma recherche d'emploi) m'ont fait rater la parution de "L'enfant de février" que pourtant j'attendais. 
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Un livre de plus à ajouter à la liste des lectures souhaitées après le déconfinement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il y avait eu une autre soirée le 5 (je devais être trop épuisée pour en conserver un souvenir précis) et le 6 avril nous avions reçu Marc Voltenauer, d'abord à la librairie puis principalement dans un café du XIIème où il avait ses habitudes et bien des amis. Ce fut l'une des soirées les plus réussie. Avec des habitués du café restés à écouter, alors que la lecture n'était pas forcément leur occupation préférée. 

Rétrospectivement, je me demande comment j'ai fait, comment nous faisions tous (de la librairie) pour tenir le coup avec un tel rythme. 

Quoi qu'il advienne après cette période de confinement, je pourrais me souvenir que j'aurais connu dix années fort vivantes d'un point de vue professionnel, et fait de magnifiques rencontres.  

Voir les photos du monde dans le café, paraît tellement étrange à présent. Connaîtrons-nous un jour de tels moments à nouveau ?  IMG_1619

 

 

 

 

 

(1) C'est peut-être encore le cas. Le confinement a fait que je ne suis plus repassée par là depuis un mois et demi.


Un dimanche en Normandie, il y a deux ans maintenant

 Fullsizeoutput_1acbC'était dans la période du déménagement des affaires de mes parents. Aller en Normandie, était nécessaire et il fallait aussi prendre des forces pour parvenir à faire tout ce qu'il y avait à faire. 
Alors le dimanche nous sommes allés courir en bord de mer. 

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C'était bien.


Une photo retrouvée des amies et ce souvenirs de l'Attrape-Cœurs avant sa transformation

 

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Photos qui ont déjà deux ans, ce qui me semble (cf. billets précédents) toujours aussi stupéfiant.


Photos triées (janvier 2018)

 

    La mémoire à nouveau saturée de mon ordinateur m'oblige à faire grand tri, sauvegardes et ménage de photos, alors que j'avais tant d'autres choses à faire. En même temps c'est une occupation calme qui va bien pour un jour de récupération. Si j'accomplis mon travail de la maison, je n'aurais plus de forces pour mon travail du travail demain.

Je m'efforce de rendre la nécessité un tant soit peu intéressante (1) en regardant les photos avant de les effacer. Ainsi reviennent quelques mémoires.

 

 

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Fin janvier 2018 la Seine est en crue. C'est fréquent l'hiver mais ce mois-là cela prend d'impressionnantes proportions. Je travaille à la librairie Charybde et c'est un rythme soutenu.

Je me souviens de paroles prononcées par Stromae après ce qui ressemble à un burn-out qu'il avait eu lors d'une tournée sans fin qui succédait à son grand succès : et qui disait en substance, Tout allait tellement vite, tout était si intense, je n'avais pas le temps de mémoriser ce qui m'arrivait, j'ai des moments entiers dont je ne me souviens plus. Loin d'être en burn-out, mais portant fort le quotidien, j'éprouve pour ma période chez Charybde quelque chose du même ordre : je me souviens de l'ambiance belle des soirées, de beaux échanges avec les clients, de mes trajets de coursiers le matin avant d'aller bosser (pour certains éditeurs, certains comptoirs), ce sont de bons souvenirs. Seulement ils tentent à former un continuum, un tout indistinct. Et bien des éléments de la période me sont sortis de l'esprit. Ainsi cette crue spectaculaire, dont je pouvais pourtant mesurer la progression lors de mes trajets vélotaf.  

Dans les périodes de vie trop intense, on perd le meilleur des meilleurs moments. Au lieu de devenir des jalons de mémoire, ils s'en retrouvent lissés. 

 

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Les dimanche d'avant le déménagement des possessions (meubles, objets, vêtements) de mes parents se sont souvent déroulés selon le schéma suivant : course à pied en forêt de Montmorency, déjeuner sur le pouce (2) ou au restaurant, après-midi à la maison de Taverny : JF fait la sieste et moi je procède aux mises en cartons et aux tris. Je retrouve par les photos la trace de notre passage le dimanche 28 janvier 2018 à Montmorency, à Sempre al Vicolo où œuvrait encore Alexis, restaurant qu'il a cédé depuis. Je retrouve un lapsus révélateur datant de 1983 

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En fin de journée nous rentrions et je tombais de sommeil. Comme les semaines à la librairie étaient fort intenses aussi, je ne suis pas étonnée, rétrospectivement, de n'avoir de cette période qu'un souvenir parcellaire. Pas d'états d'âme, il fallait tenir il y avait des échéances et beaucoup à faire, dans les deux domaines (vie personnelle et vie pro).

 

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Le 29 janvier 2018 je retourne à Taverny mais repars assez tôt car je suis conviée au soir à une rencontre littéraire avec Shida Bazyar pour "Les nuits sont calmes à Téhéran". Je me souviens de la rencontre, c'était un bon moment, vraiment. En revanche, je n'ai plus souvenir du roman, si ce n'est qu'il était bien. Pourtant, très jeune j'avais compris qu'il était bon de noter ses lectures, j'en avais retrouvé trace ce jour-là. Seulement la vie ne laisse pas toujours le temps de le faire. 

 

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Le 30 janvier 2018, à la mémoire, un mardi, c'est la soirée au Silencio pour le lancement du roman "La dissipation" de Nicolas Richard. Même si le lieu me laisse méfiante (pour les lancements de livres, je préfère les librairies), je garde de la soirée un vif souvenir. En particulier parce que l'établissement loue doublement ses lieux et je n'en savais rien. Aussi, lorsqu'à la fin de la présentation littéraire et du pot qui suivit, je me rendis aux toilettes avant d'entreprendre le retour vers mon logis, et comme il y eut de l'attente, je me retrouvai en sortant dans un tout autre monde et ça ressemblait à un film : vous faites un truc anodin et quand vous en terminez autour de vous tout change. Curieuse, je reste pour écouter l'artiste (musique) dont c'est la soirée. C'est là que je ferais voisinage avec Étienne Daho, ce qui sur le moment me semble aller de soi (3) 

 

(1) J'effectue par ailleurs des sauvegardes automatiques régulières, seulement je tiens à faire pour les photos en plus des sauvegardes choisies, pour lesquelles je maîtrise l'emplacement.

(2) À la résidence Guynemer une boulangerie restait ouverte le dimanche, dont les sandwichs étaient plutôt bons, quoi que pour moi trop copieux.

(3) Même coup en bien moins fort qu'avec Wim Wenders il y a un moment : sur l'instant la rencontre me semble totalement naturelle. Après coup, j'ai un effet de Ah ouais quand même !  


Le 20 janvier 2018

 

    La mémoire de mon ordi étant saturée - trop de photos - je dois toutes affaires cessantes reprendre mes tâches de ménage, sauvegardes et tris, que l'emploi du temps de semaines de 45h des mois de septembre et octobre m'avait fait mettre de côté. 

Je me trouve ainsi aujourd'hui replongée dans mes images du dimanche 21 janvier 2018. 

Ce que j'en sais à l'instant d'ouvrir le sous-dossier photo de cette journée : période pendant laquelle je travaillais à la librairie Charybde, belles semaines bien chargées, avec nombre (réjouissant) de rencontres en soirées, mais un brin trop de taf administratif à mon goût, période pendant laquelle les week-ends l'homme de la maison et moi courrions en forêt afin de préparer le maxi-trail de Bouffémont, période pendant laquelle je passais presque tout mon temps libre à Taverny à préparer d'arrache-pied le déménagement de la maison de mes parents, date butoir en février.

Ce que j'en retrouve avec les photos : 

Un dimanche de pluie froide mais cependant nous avions bien couru. 

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Ensuite nous étions trempé. Nous avons alors profité des vêtements que nous pouvions trouver dans la maison et mis les nôtres dans le sous-sol à sécher.

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Pour les chaussures, l'homme avait emprunté d'ancienne de mon père et prêté sa paire emportée "pour conduire". Du coup j'avais un pantalon de grossesse qui avait appartenu à ma mère, vintage sixties, et ses pompes à lui, un peu grandes, mais il ne s'agissait que de marcher de la voiture à un lieu voisin. 

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Il était ensuite suffisamment tard pour ne plus retrouver un seul restaurant ouvert. D'où le repas décennal en fast-food (1)

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Parmi les objets triés et mis en cartons de ce jour-là j'avais trouvé quelques pépites 

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Vers 20h30 ou 21h30 (2) nous étions rentrés. 

Ce que j'en ai écrit à l'époque, alors que je m'efforçais de suivre l'exemple d'Anne Savelli et de tenir un semainier : 

Le dimanche fut détendant mais éreintant : courir dans la forêt [de Montmorency] sous la pluie, parfois dans la boue jusqu'aux chevilles, puis Taverny, cartons cartons ... Repas dans un fast-food car à une heure de rien d'autre. Achats de dépannage dans une boutique (Fly ?) non loin, ouverte le dimanche, population perdue. Mais chaussettes sèches.

Le terme Rincés pris tout son sens. Après on se sent bien. Une sensation d'après orage.
À la danse du lendemain je ne fus nulle part. Toute énergie vidée et les jambes en marionnettes mal animées.

Du coup je constate que les chaussures que je portais avaient une autre histoire : c'était effectivement une paire destinée à mon époux mais que nous venions d'acheter - sans doute qu'il n'y avait rien de ma propre taille -. 

Il est intéressant pour moi de constater que le semainier reprenait essentiellement : les bons moments au travail, la révélation d'avoir assisté à un moment de scène de Kate Tempest, un concert de Stacey Kent (3), et les rencontres littéraires. 

Ce que j'en ai écrit dans mon diario (personnel) : rien car selon la loi de la malédiction du diariste les périodes les plus intéressantes à écrire (fors gros surmenage et engloutissement pro sur des tâches de faible intérêt de type livraisons scolaires à la rentrée scolaire) sont les moins documentées. De fait, je n'avais rien noté entre mi décembre 2017 et fin mars 2018 : travail pour et à Charybde + trail (préparation et le courir et récupérer) + déménagement de la maison de mes parents avaient avalé l'intégralité de mon temps.

Ce que j'en avais partagé sur Insta au jour même : 

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Ce que j'en avais partagé sur Clandestines Sardines (remplaçant du défunt fotolog dont le site est à présent remplacé par tout autre chose, je pense qu'on ne récupérera plus jamais nos accès) : rien, même si j'avais quand même publié quelques photos en ce janvier

Je n'ai pas le temps matériel de faire de la touite-archéologie, donc tant pis. Pareil pour Facebook que j'utilisais je crois déjà à l'époque principalement pour la part professionnelle (rencontres littéraires que nous organisions à la librairie) ou pour ce que je souhaitais communiquer aux personnes de ma connaissance qui ne sont que par là.

C'est intéressant de mesurer les traces que l'on conserve ou pas d'une journée lambda ; il s'agissait d'un dimanche comme un autre de ma vie en cette période-là. Ce que la mémoire en fait. Ce qu'on en fait soi-même selon les lieux de partages ou d'intimité. 

(1) Je crois bien qu'effectivement je n'y vais guère qu'une fois tous les dix ans, et en cas de nécessité
(2) J'ignore si mon appareil photo était bien horodaté selon l'heure d'hiver. 
(3) Mais comment ça, en janvier qui arrive ça fera deux ans !?!


Beauté du (chemin de) vélotaf

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J'avais déjà parcouru le chemin, mais c'était magnifique sous le soleil de ce matin cette péniche qui avançait, une grande beauté, le sillage qu'elle créait.

D'une façon ou d'une autre mon trajet fait 12 kilomètres. 

Les sens interdits et la présence ou non de pistes cyclables et de DSC pas trop pourris (1) font que le bel itinéraire de l'aller est moins friendly au retour sauf dans sa partie long de Seine. 

Je pense que cette première semaine sera consacrée aux expérimentations. 

Rentrer chez soi le midi, même en coup de vent parce que - pour le coup, en train car à vélo ça serait trop juste fors en prépa-ironman, et - évidemment des perturbations, fait un bien fou, ça permet de remettre les compteurs à (presque) zéro et voir celleux de la famille qui sont présent, c'est bien.

Mon nouveau boulot est très intense mais si je tiens bien le coup physiquement je pense que justement j'aimerais ça. Ça dépote. 

Un deuil dans ma belle-famille nous essore ces jours-ci, un travail où ni l'activité ni la tension n'ont le temps de se relâcher est d'autant plus le bienvenu.  

Et démarrer la journée par un grand moment de beauté est vraiment formidable.

 

(1) Il y en a quelques-uns vers Gennevilliers ou Colombes qui sont absolument impraticables à des heures où l'on peut croiser des bus ou des camionnettes  


Quelques photos d'un passé récent


    J'étais en train de préparer mon émission de rentrée sur Cause Commune quand mon ordinateur m'a signalé qu'il commençait à être saturé. Il est vrai que très occupée par les projets de reprise de librairie puis par les préparatifs de reprise du travail tout

court, j'ai connu ces derniers mois un peu de laisser aller en matière de tri et sauvegardes et ménage de photos. 

Du coup mon avant-dernière soirée de brèves vacances (pas même une semaine, je suis fort marrie) se trouve consacrée à cette tâche qui est plutôt de type longues soirées d'hiver.

J'attaque l'année 2018. En voici quelques images avant effacement.

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En janvier lors d'une soirée à la librairie où alors je travaillais. De cette expérience je conserverais le plaisir qu'il y a à recevoir des auteurs et préparer les entretiens.

 

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En janvier 2018, Porte de Clichy il y avait encore au sommet de l'un des immeubles de l'entrée dans la ville ce panneau publicitaire informatif qui alternait affichage de l'heure et de la température. 

Las, il a depuis été remplacé par une vulgaire réclame pour un site juridique, proximité du tribunal de Paris oblige, qui ne comporte rien d'utile au passant et possède de plus un nom anxiogène. J'avais tellement l'habitude de consulter l'heure afin de vérifier que j'étais dans les temps et regarder la température pour savoir si mon ressenti ressemblait à l'existant - ou sur le chemin du départ vers quelque part voir si j'étais assez couverte -, qu'il m'arrive de me laisser piéger, regarder, voir le stupide panneau actuel et mentalement pester. 

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Le 12 janvier 2018 j'avais trouvé (ou l'on m'avait donné) de vieux livres. 

Je n'ai pas eu le temps de les lire depuis. 

 

 

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Toujours en janvier 2018 je passe l'essentiel de mon temps hors librairie hors entraînements au pavillon de mes parents, à trier, jeter, donner (merci le site donnons.org), mettre en carton, toutes leurs affaires. Tout au long de cette tâche harassante je serais partagée je crois à égalité entre une profonde tristesse, celle des deuils successifs et un tout aussi profond sentiment du devoir (bientôt) accompli. Parfois aussi un éclat de lumière via d'heureux souvenirs remontés à la surface. Et une sorte de fierté d'être parvenue jusqu'à un âge avancé sans jamais trahir l'enfant que j'étais. 
Je prends en photo la vue du balcon, le souvenir du sentiment de devoir quitter ses lieux, jeune, sous peine d'étouffer est encore vif. Celui de n'avoir pas dit mon dernier mot dans la vie aussi.

Le 15 janvier je profiterai de mon cours de danse au CMG La Fayette qui s'apprête à fermer pour prendre quatre photos en vue de documentation pour le roman "Vestiaires" que j'espère entreprendre ; le surcroît de travail engendré par la succession de mes parents à assumer quasiment seule de part un triste concours de circonstances, puis les péripéties indépendantes de ma volonté rencontrées dans ma vie professionnelle, vont m'écarter une fois de plus d'un projet d'écriture #SyndromeDeGeorgeBailey 

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Photo d'autrefois

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Cette photo, retrouvée dans les affaires de mon père quand j'ai rangé trié déménagé la maison de mes parents, me fascine. L'homme à gauche est mon père jeune, la photo date probablement des années 50 à Paris. Elle n'était pas dans un album, il n'y avait pas de noms, je ne sais rien de plus et plus personne n'est là pour pouvoir expliquer.

En fait j'ai l'impression qu'elle pourrait s'intituler : 

Mon père et des ami·e·s dans un roman de Modiano

ou peut-être 

The no-name café 

Je m'aperçois que je ne sais rien, ou très peu, des amis de jeunesse de mes parents.

Quelques bribes du côté de ma mère car nous avons gardé un lien fort avec La Haye du Puits où elle a grandi. Une de ses amies d'enfance est même venue à ses obsèques et je lui en sais gré.

Des anecdotes du côté de mon père qui me racontait dans ses bons jours volontiers "Quand j'étais petit" ou "Quand je venais d'arriver à Paris". Seulement mon père faisait comme je le fais quand je relate un épisode qui implique des tiers, il ne les nommait pas, ne divulguait d'elles ou eux que ce qui avait un sens pour l'histoire qu'il avait envie de raconter. Ou alors il donnait les surnoms, car en Italie avec l'usage des diminutifs sur les prénoms, c'est courant. Donc il y avait le copain qui était une armoire à glace mais était tombé KO au premier coup de poings (bagarres de fin de bal musette), l'autre pote qui était "une force de la nature", et ses exploits horticoles et athlétiques, en plus de son boulot d'usine, etc., toutes  personnes sans autre désignation. Des prostituées d'un hôtel où il logea un temps près de la porte maillot et qu'il semblait tenir en estime et réciproquement quand il avait installé sur le WC collectif à la turque un système rabattant et la plomberie qu'il fallait pour les transformer en douche quand on le souhaitait. Il s'empressait de préciser qu'il n'était pas client, et que contrairement à d'autres il les respectait. Il racontait que son dispositif avait eu un inconvénient par ricochet : parfois les toilettes étaient longuement occupées par quelqu'un qui se lavait. C'était l'après guerre en France et les installations sanitaires laissaient à désirer. 

Un nom demeure car il s'agissait d'un couple que mes parents ont fréquenté durant mes petites années : Peppino ; je crois me rappeler qu'ils étaient plus aisés que mes parents. Et que par ailleurs lui était mort, car plus âgé (mais pas tant que cela ?), que c'était pour ça qu'ils ne se voyaient plus. Ou parce que d'autres avaient vers la fin ses faveurs ?

De loin en loin nous allions chez des collègues de mon pères ou eux venaient à la maison. Mais ma mère manquait d'enthousiasme, au fil des ans ce type de fréquentations s'est effiloché. J'y ai sans doute involontairement contribué car on m'avait fait croire que j'avais peur des chiens. Alors quand on allait quelque part où il y avait un chien, ses maîtres l'enfermaient à cause de moi et ça me rendait malheureuse, le chien pleurait derrière une porte, tout ça devait plomber l'ambiance. Après la naissance de ma sœur je pense que ma mère refusait les déplacements du dimanche. S'est alors ouverte la période, tout le monde en voiture et on se promène en voiture, l'usage de la voiture comme une fin en soi, on est heureux d'en posséder une, tout le monde n'en possède pas (1) ; avec éventuellement trois pas dehors dans un joli endroit (L'Isle Adam, le château de Compiègne, Chantilly ...).

Voilà pourquoi je n'ai aucune idée de qui sont les personnes sur la photo, probablement des fréquentations de mon père entre son arrivée d'Italie et le moment où il rencontra ma mère, dans le bus pour aller au travail, qu'ils empruntaient régulièrement vers Nanterre aux mêmes heures, avant que le travail pour lui, puis pour elle, ne migre à Poissy (2).

Il y eut bien sûr des fréquentations de voisinage - je me souviens des noms des voisins à Chambourcy alors que nous en sommes partis quand je n'avais que 5 ans 1/2 -, des fréquentations de parents d'élève - la famille Duval dont la petite Hélène était une grande amie de ma petite sœur, dont je me suis souvent demandée ce qu'ils étaient devenus -, des fréquentations via des activités, sportives en particulier, que ma mère pratiquait. Tout ça eut lieu plus tard, et peu de fêtes, sauf de famille avaient lieu à la maison. Les dimanche étaient de bricolage pour mon père, de sports dehors ou d'heures studieuses pour moi, ma sœur sortait peu et ma mère avait toujours quelque chose à faire. C'étaient des vies de travail, week-ends compris. La détente c'était : regarder la télé. Et donc personne ne venant qui aurait correspondu pour l'un ou l'autre de mes parents, aux années d'avant. 

Sur cette photo, qui sont les gens ? Quel(s) étai(en)t leur(s) lien(s) ?
Et où était ce café (potentiellement à Paris vers le XVIIème arrondissement) ? 

 

(1) rien à voir avec l'écologie ou le fait que les transports en commun suffisent. Tout à voir avec l'argent qu'il faut pour en acheter une. Le vélo est encore un moyen de transport comme un autre, mais qu'on rêve de laisser tomber pour l'auto ou, si l'on est encore jeune mobylette ou moto. Les scooters en France sont rares, mais en Italie très courants. 

(2) aux usines Simca