État d'âme

 

    Ce luxe que c'est, car ça nécessite que les choses soient calmes et l'emploi du temps pas trop bousculé.

Noté donc ceci ce matin sur FB, et comme je me dis qu'il y aurait sans doute matière à un billet je le reprends ici 

Dans la continuité d'une conversation récente, constate grâce à un rythme de vie plus calme revenu (première période depuis avril 2016) qui me laisse le temps de penser, que celle et ceux qui sont brutalement partis me manquent effectivement comme des morts. C'est-à-dire que je pense à eux, je les aimerais encore là, mais c'est une personne figée telle qu'en mes souvenirs et qui n'est pas la personne qu'ils sont quelque part ailleurs avec d'autres actuellement.
(et que j'ai très envie de revoir les ami-e-s perdu-e-s de vue ces dernières années pour cause de sur-activité et zéro temps disponible, mais ça, ça n'est pas surprenant)

avec son PS

Le hic étant qu'avec les vols subis en 2017 et le téléphone puis l'ordi avec l'agenda et le répertoire attenant, je n'ai plus aucune coordonnées d'un certain nombre de personnes qui me sont chères (tout en ayant récupéré par voie automatique des contacts principalement téléphoniques dont je n'ai plus la moindre idée, anciens collègues ? rencontres professionnelles ponctuelles ? blogueurs des tout débuts ?)

Ici j'ajouterais qu'alors que nous ne nous connaissions que de vue et pour moi de lire ses écrits, il y a un réel poids de l'absence de Mathieu Riboulet. Sans doute parce qu'il était proche de pas mal d'ami-e-s pour qui il a beaucoup compté - il présentait les gens les uns aux autres qui ensuite en faisaient quelques choses, visiblement c'était en lui comme un don d'association -. Bien sûr l'omniprésence de son absence au colloque Bessette a renforcé ce sentiment, cette sensation. Mais elle pré-existait. Son fantôme me demeure présent. Comme l'est celui d'Honoré.
Sans doute qu'au fond de moi je refuse qu'ils soient totalement définitivement absents. 

 

 

 


Journée de rêve il y a deux ans

En triant mes photos et en cherchant à les légender, car la mémoire est incertaine deux ans après, j'ai retrouvé cette note de mon carnet de bord

Capture d’écran 2014-10-08 à 19.18.59

Je me souvenais qu'octobre 2012 avait été une période faste, je me croyais aimée, on me proposait une piste formidable de travail (1), nous participions à la librairie à l'allumage du succès fou de "La vérité sur l'affaire Harry Québert" et à la maison tout le monde semblait bien aller.

 

Je ne pensais pas qu'il y avait eu des journées magiques à ce point, un vendredi 19 où tout s'était goupillé bien, comme dans un (beau rêve).

Et comme souvent en pareil cas : tout occupée à vivre à fond le bon, j'ai relativement peu de photos. Et de la soirée, qui avait constitué une sorte de point d'orgue  PA190160

seulement deux.

 

 

 

(1) Pour laquelle hélas il aurait fallu que je fusse fortunée sinon entrepreneuse dans l'âme. L'expérience m'aura valu au moins quelques grands moments, obligée à rédiger un truc à fin professionnelle, fait rêver, permis de constater une fois de plus que j'avais des amis formidables et de rencontrer un homme hors du commun. Elle m'aura permis de mesurer l'écart des mondes financiers dans lesquels nous pouvons vivre alors que culturellement le niveau est voisin. Enfin d'être confrontée à ce que je pourrais éventuellement faire si, m'a permis de consolider cette embarrassante certitude que ce qui me convient c'est d'écrire (et ce qui m'aurait convenu de faire des films, mais là il aurait vraiment fallu d'autres coups de pouce, un autre milieu d'origine que le mien, une santé solide)

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Considérations bloguesques (1)

 (billet mis en ligne tard la nuit, relu seulement vers 10h le lendemain matin, pour ceux qui sont passés aux petites heures du 04 août, il y a eu quelques modifs (et quelques fautes en moins))

 

Nous sommes plusieurs à avoir mis ces derniers temps nos blogs sous accès restreints ou carrément sous clefs, tout ou partie.


Pour l'une de mes amies comme pour moi c'est suite à une erreur malencontreuse, une étourderie - la mienne tient à des circonstances inédites assez drôles si ça n'avait pas porté à conséquence vers quelqu'un -. Et qu'aussi nous traversons une période où l'un des sujets qui nous tient à cœur (pas le même, chacune le sien) est devenu particulièrement sensible et nécessite discrétion. Dans son cas il s'agit du blog principal, dans le mien d'une annexe qui n'était pas faite pour être laissée lisible.


Sur Traces je ne crois pas avoir rien écrit qui puisse compromettre qui que se soit, j'ai même mis hors ligne le seul billet qui faisant état d'une ressemblance physique aurait pu prêter à identification de la source actuelle de certains de mes tourments.


D'autres ami(e)s ont reçu l'injonction par des personnes concernées de ne pas évoquer tel ou tel sujet. La mise hors ligne ou sous mots de passe s'imposait. Fini le temps des pionniers où l'on était suffisamment "entre nous" pour croire à une sorte d'invisibilité de la parole prise sur l'internet, auquel "nos" gens de la vraie vie n'avait pas forcément accès. C'était d'ailleurs une illusion, tant nous sommes souvent lus par qui nous surprend et négligés par ceux à qui on omet de transmettre telle ou telle nouvelle par un billet véhiculée, tant nous sommes persuadés qu'ils nous suivent (alors que non, pas forcément).


Les employeurs aussi, tendent désormais à se montrer impitoyables avec le moindre écart (2). D'où des autocensures ou des restrictions d'accès mise en place par les auteurs eux-mêmes.


Pour ma part et parce que je n'ai pas le temps blog par blog, billet par billet d'aller faire le tri entre ce qui peut attirer des ennuis à celui qui a attisé mes peines, j'ai quasiment mis toutes les annexes sous clefs, même celles qui n'avaient pas grand-chose à voir. Pour survivre moins malheureux, publions cachés. Quand les choses seront apaisées, ou me seront devenues indifférentes (ça semble mal parti pour, mais dans sept ans qui sait ?), que d'autres bonheurs ou peines auront pris le relais, que tout le monde aura oublié de qui je pouvais bien parler, que ça sera à moi de devoir craindre la visibilité, je libérerais à nouveaux celles des annexes qui a priori ne compromettent personne. 


En attendant je constate que la mise sous clef a des conséquences sur l'utilisation que je fais des différents lieux (3). Du fait d'être à l'abri des regards certains blogs ont pris un essort important. Je pratiquais donc à ma propre insu une forme d'autocensure. L'humour noir que je bridais (par égard pour ceux qu'il aurait pu heurter), y a repris ses droits et ça m'est nécessaire : il me sauve du désespoir et me permet de rire de ma dramatique naïveté.


À l'opposé, d'autres, qui étaient suffisamment cryptiques pour n'être décodables que par les principaux intéressés, sont en train de s'assécher. Comme si le but du "jeu" (ça n'en est pas un) était d'amener des passants occasionnels à se poser toutes sortes de questions et à titiller leur imagination (4); passants d'autant plus potentiellement occasionnels que ces blogs étaient placés "hors promotion par les moteurs de recherche". Mais quand même, faire l'effort de crypter suffisamment afin que nul autre que ceux déjà prévenus comprennent, mais pas trop afin que puisse quand même sourire un inconnu de passage, pour ceux-là était l'essence même de ce qui s'y écrivait. Alors l'ombre absolue ne me laisse plus les irriguer.


C'est une période de transition, professionnelle et affective. J'espère qu'elle sera fructueuse et qu'elle ne durera pas trop longtemps, du moins pas trop longtemps sans secours financier et sans consolation (par ordre inverse d'importance) ; que l'excès de confidentialité requis pour l'instant sera temporaire (5). Et qu'un droit à l'erreur me sera concédé - pourquoi serais-je plus infaillible, surtout en période de peine, que le monde entier ? -.

Quand le présent est pénible et que ce qui survient est subi et non volontaire, que faire d'autre qu'espérer ?

 

(1) Le titre est de Sacrip'Anne qui a heureusement laissé son blog reprendre flot vers la mer, après création d'un tranquille affluent. 

(2) Mais davantage sur les réseaux sociaux que sur les blogs. Ils considèrent que la loyauté à l'entreprise ne consiste pas à tenter d'améliorer les choses en exprimant ce qui n'y va pas, mais à seriner "Tout va très bien madame la Marquise" à longueur de touites.

(3) Je pratique la dispersion thématique, suffisamment efficace jusqu'ici. Je n'avais eu de tracas que dans un seul cas, quelqu'un qui disposait de trop de temps libre, je crois.

 (4) Retrouvé en commentaires chez Xave ceci, écrit apparemment par un de ses lecteurs occasionnels :

"Ouais bin moi je ne te connais pas, je t'ai lu il y a longtemps, par accident (vous vous rappelez quand on tombait sur des blogs par accident ?), j'ai bien aimé [...]" 

Et je crois qu'il m'est un peu triste de se priver de ça. Je dois infiniment au fait un jour de juin 2005 d'être tombée sur le blog de Tarquine accidentellement. C'était ce billet-là, participer au jeu m'a changé la vie et que serais-je aujourd'hui sans le secours des amis que j'y ai rencontrés (mais que cherchais-je pour atterrir là ? mystère des temps passé) ? J'espère que le temps n'est pas totalement révolu que de tomber par accident sur un blog qui nous importera.

(5) sauf pour celui des blogs qui était censé être privé et doit le rester (au moins jusqu'à ma mort) (pour être publié officiellement ensuite) (et faire scandale après) (#riresardonique) (j'en vois deux qui ont pâli) (mais non, je rigole) (vous serez mo(r)ts aussi)