Chroniques du déconfinement jour 4 : Vélo - boulot

Déconfinement officiel 1 jour 31

 

20200610_195451 Partir au boulot à vélo et en revenir au soir en passant par le bois de Boulogne. 
il ne reste plus trop de temps pour grand chose d'autre. 

Un peu de petites écritures quotidiennes en soirée.
Écouter John Lennon une interview en 1970. Qui m'est intéressante parce que je lis The Beatles Tune In.

Au travail quelqu'un vient me voir le matin d'un service voisin, en fait nous nous connaissons des Libraires Volants et par sa femme avec laquelle j'avais, avec bonheur, travaillé l'an passé. Seulement voilà : tout le monde porte des masques presque tout le temps et ... comment reconnaître dans ces conditions les gens ? Quelle étrange période pour débuter un boulot ! 
Ce déguisement, comme l'a qualifié quelqu'un devant moi, présente au moins un avantage : nous pouvons bailler en toute discrétion. 

Habituée aux situations parfois incertaines et prête à être pleine d'indulgence compte tenue des circonstances générales, je suis agréablement surprise de la façon dont les choses sont bien organisées, en repartant au soir j'avais tous les papiers en ordre, les badges nécessaires, un ordi qui fonctionne.

Beaucoup de personnes reviennent de déconfinement. Dont celle que je remplace, venue joyeusement récupérer ses affaires. C'est décidément étrange d'arriver dans un nouveau travail et que tant de gens soient absents, puis là, puis absents, mais travaillent quand même.

Les contraintes de "gestes barrières" comme disent les autorités, ne me pèsent pas trop. Environ une fois par demi-journée porter le masque me fatigue puis ça passe. Je ne mets plus mon masque anti-pollution à vélo (alors que ça serait bien le moment qu'il passe inaperçu) : trop de ports de masques.

Sur 4 personnes de la famille, une seule a pour l'instant un tracas de futur professionnel lié au #Covid_19 mais les tracas pré-existaient et par ailleurs les mesures de l'État (chômage technique) vont peut-être lui permettre de passer la période de creux d'activité sans perdre pour autant son emploi. 

Le déconfinement a libéré un flux impressionnant de nouveaux cyclistes. Ce qui me réjouit ainsi que bien des vélotafeurs et vélotafeuses historiques, dont Bilook, mais en même temps créé un danger que jusqu'alors j'ignorais : le danger venant des autres vélos. Car parmi les débutants, certains n'ont aucune notion de ce que j'appellerais la solidarité de classe. Couper la route, couper l'élan ne les dérange par exemple pas. Ça papote cependant sympathiquement aux feux rouges, et je trouve ça mignon. Nous autres les vieux briscards l'avons aussi fait en notre temps et puis est venu un moment où circuler à vélo nous a paru si normal, nous avons cesser de bavarder. Voilà que débarquent plein de newbies disposant du tout frais enthousiasme que nous avions à nos débuts. 

J'ai incroyablement retrouvé ma tête à chemin, c'est fou - une dame, à vélo à un feu rouge -. Pourquoi lorsqu'il y a un boisseau de personnes c'est à moi d'entre tous que l'on demande le chemin ? Est-ce parce que j'ai l'air à la fois inoffensif et de savoir où je suis (même quand je ne connais pas le quartier) ? Si cette activité était rémunérée, je serais riche à l'heure qu'il est - je n'aurais pas ce regret si j'avais trouvé moyen de gagner amplement ma vie tout en écrivant, seulement je suis toujours en train de fight for a living et par ailleurs fourni tant et tant de travail "invisible" -.

Paris a quand même un peu perdu à mes yeux du petit "thrill" d'y être. J'espère que ça me reviendra quand les touristes reviendront. Là, j'ai beau admirer, lors de mes trajets aller, c'est comme un charme rompu, un amour qui aurait basculé sur le versant stabilité un brin morne de la relation stabilisée depuis des années. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 436 958 cas (dont : 417 861 morts (115 084 morts aux USA) et 3 720 526 guéris) 


Chroniques du déconfinement jour 3 : Premier jour du nouveau travail

Déconfinement officiel 1 jour 30 

    

Fullsizeoutput_1b3b   Il ne faut pas plus d'une journée en mode vélo - boulot - dodo, qui plus est dans le cadre d'un boulot que l'on découvre, pour que l'actualité du monde et les nouvelles des ami·e·s semblent venir de très loin. 

La pause déjeuner dure une heure, ce qui en temps normal permet probablement d'aller prendre une formule déjeuner à une brasserie non loin. Seulement voilà c'est le #Covid_19. Sont donc disponibles : des restaurants ouverts pour le "à emporter", des cafés qui ont des terrasses, et une salle de repos et restauration mais qui est limitée à 6 personnes. Nouvelle venue, je ne vais pas commencer par encombrer, alors tant que le temps est clément la version "à emporter" dégustée sur le pouce dans un parc aura probablement ma priorité. 

Je ne parlerai pas ici de l'entreprise ni du travail lui-même, ce n'est pas l'endroit, cependant je suis heureuse de l'accueil, troublée parce que l'une des personnes est sosie vocale d'un de mes ex-cousins dont le départ vers une nouvelle vie (pour lui) en laissant d'immense dégâts (pour les autres) me peine encore fort, ainsi que l'absence d'un homme que j'estimais (mais nous n'y pouvons rien, à moi d'oublier ce cousin), heureuse que le concret du boulot soit conforme à ce qu'on m'en avait dit (1), retournant sans trop de difficultés dans un boulotsystème de type "bureau".

En revanche je crois qu'il est intéressant de noter les particularités dues à la période. 

C'est une entreprise respectueuse des personnes qui y travaillent et donc les mesures de sécurité sanitaire sont prises au sérieux. J'espère que c'est le cas dans beaucoup d'entreprises, au moins dans le secteur tertiaire où il est posssible d'essayer de bien faire.

Ce qui donne : dès l'entrée sur une table près de l'accueil du gel hydroalcoolique et une boîte de masques de type chirurgicaux (2). L'attribution est de deux masques par personnes et par jour et on nous fait confiance pour les prendre, les utiliser et ne pas abuser. La consigne est que dès que l'on rentre on se passe les mains au gel.
Une partie du personnel est en télétravail ce qui permet un bon espacement entre les bureaux - déjà que l'ensemble est respectueusement spacieux -. Le travail est possible en télétravail mais beaucoup plus tonique ensemble car parfois des questions se posent qu'un collègue présent peut permettre de résoudre parce qu'il a déjà rencontré un cas similaire, et typiquement ce sont des postes où être physiquement ensemble permet de gagner bien du temps. Ils ont opté pour une forme de roulements : certains viennent mardi jeudi d'autres mercredi vendredi etc. L'effort est porté sur la continuité du service aux clients. 
Quand chacun est assis à son poste une tolérance (et parfois des nécessités téléphoniques) est accordée pour ôter le masque mais dès que l'on se rapproche par exemple pour travailler à deux sur une question précise, on remet les masques. 
Les gens tentent de s'y tenir. 
Tant est si bien qu'à ma pause déjeuner je me suis fait la réflexion qu'il était fort étrange de débarquer dans un milieu professionnel à ce moment précis : je venais de faire connaissance d'une douzaine de personnes au fil de la matinée et ne connaissais pas leur visage, uniquement leur regard et leur voix.
Peut-être parce que je m'étais de ce fait placée en effort maximal d'attention, afin de compenser cette difficulté supplémentaire d'adaptation j'ai mémorisé leurs prénoms avec une facilité dont je ne me serais pas crue capable.

Une des personnes présente a remarqué à un moment donné que c'était bien triste désormais, que plus personne n'apportait de bonbons, de gâteaux. Une attention particulière semble apporté au ménage - mais peut-être est-il effectué de façon exigeante tout le temps ? -.

Dans la ville, beaucoup de gens portent un masque, beaucoup n'en portent pas. J'en conclus qu'il y a du monde, même si le cœur de Paris est trop bizarre sans ses cohortes de touristes, et que probablement les personnes agissent d'une façon ou d'une autre non pas tant en fonction de leurs craintes personnelles vis-à-vis de l'épidémie que par rapport à leurs contraintes (elles le mettent là où il est obligatoire : transports en commun, certaines boutiques, des lieux de travail ; celles que rien n'oblige, s'en passent déjà). Et les hommes les portent moins que les femmes. Dans la mesure où le port du masque évite principalement que l'on gouttèle du virus vers les autres, j'oserai presque dire qu'en croyant montrer qu'ils sont bravaches, ils prouvent surtout leur égoïsme. 
À noter : combinaison du moins de densité (absence des touristes et d'une partie des actifs) et de l'effort de beaucoup pour éviter de se croiser de trop près du moins quand c'est possible : on ne se bouscule plus ! 

Force m'a toutefois été de constater que masque ou pas, j'ai toujours une tête à chemin. Deux personnes me l'ont demandé, le leur, aujourd'hui dans cette banlieue loin de la mienne qui en plus pour l'instant ne m'est pas franchement familière. 

J'ai effectué les deux trajets à vélo. Bon indice de compatibilité entre la vélotafeuse que je suis et une entreprise : tout est prévu pour les personnes venant avec ce mode de transport. Ne rêvons pas : ni vestiaires ni douches mais dans le parking privatif de l'immeuble tout une zone avec d'intelligents arceaux où l'on peut accrocher le vélo sans trop de crainte de ne pas le retrouver au départ et sans gêner qui que ce soit : c'est fait pour ça.
C'est intéressant d'ailleurs depuis une dizaine d'années les progrès que j'ai pu constater dans mon propre cas en travaillant dans différents endroits. 

Le premier, l'aller, en mode direct. Hélas beaucoup de grandes artères certes avec des cyclables à bus, mais pas franchement agréables, la place de la Concorde, un peu moins mal aménagée qu'auparavant mais qui demeure un cauchemar mauvais rêve de cycliste, soit un peu plus de 12 km.
Le second, retour en mode pistes cyclables itinéraire buissonniers, j'ai retrouvé le Bois de Boulogne de mes trajets de l'hiver dernier vers Les Mots et Les Choses, béni (oui, je l'avoue, moi qui  n'aime pas être tant décalée par rapport au soleil, le vélotaf me fait changer parfois d'avis) l'heure d'été et parcouru 16 km environ.
Aucune fatigue particulière et même une nécessité de me dégourdir les jambes.

Je suis tombée nez à nez (sans totale surprise, je sais m'orienter, mais sans l'avoir prévu exprès non plus) avec le mémorial la fondation Louis Vuitton. Pour qui aime l'architecture moderne c'est certain que ça a du chien. Surtout lorsque comme moi on débouche d'un chemin cyclo-piétonnier.

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 Pendant que je vivais ma vie professionnelle, un chronopost que l'Homme était censé réceptionner était marqué livré qui ne l'a pas été et par ailleurs les répartiteurs malgré l'encombrement de l'appartement ont été changés.  Ces deux énoncés n'ont d'autre intérêt que de soutenir ma mémoire lorsque nous nous dirons, Mais c'était quand, ça, déjà ? Vous êtes priés de ne pas vous y attarder. 

Vaguement écouté (tout en faisant autre chose par ailleurs, bien obligée) au soir tard les infos sur la Rai News 24, mais par la force des choses n'ai pas eu le temps de LT. Il n'y avait rien non plus de bien marquant, tout ce qui ne va pas, continue à aller mal (en gros) et l'épidémie ralentit en Europe mais on en est toujours à ce stade de "On n'est pas sortis de l'auberge".

Et puis j'ai pris le temps de lire un peu chez les ami·e·s, ma bouffée d'oxygène : 

Le Monolecte qui parle aussi du confinement comme d'un temps n'ayant pas eu que du mauvais. Couac et ses mouches insistantes, Dr Caso et ses citrons moisis (qui ne l'étaient pas).

J'ai cru comprendre qu'aux USA le malheureux George Floyd avait eu droit à des sortes de funérailles nationales - je pense qu'il aurait surtout apprécié qu'on le laissât en vie) et que par ailleurs il y avait à nouveau eu un mort du fait d'abus policiers racistes.
Seulement voilà, après une journée de boulot de 8h et 2h30 de trajets, on n'a plus trop la force d'y aller voir de plus près. Et c'est ainsi que le monde se délite, les citoyennes et citoyens laborieux dans mon genre n'ayant guère que l'énergie de se préparer pour recommencer leur tâche le lendemain.

Avant d'éteindre la lumière et de filer pioncer, je tiens à remercier les personnes qui aujourd'hui m'ont laissé des mots pour précisément le faire, me remercier, pour ce que j'écrivais. Je suis si contente que ça puisse aider, de témoigner. Je crains de n'avoir pas le temps de répondre à chacune avant le week-end. 

 

(1) L'expérience du poste de libraire en maison de la presse et qui n'en n'était pas vraiment un et moins (même si je n'étais pas dupe) que ce qui m'avait été décrit, m'a rendue méfiante
(2) Entre : ceux en tissus que j'avais commandés bien en amont d'avoir suivi les infos du monde, les FFP2 bec de canard dont ma fille a pu disposer par le circuit hospitalier, les masques "municipaux" (très artisanaux, touchants), les masques lavables achetés 5 € en pharmacie dans #MaNormandie , les plus pratiques à mes yeux sont de loin ces masques chirurgicaux jetables : on nous entend si l'on parle. Et ils vont bien à une tête / un visage de ma taille. 

 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
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Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 303 518cas (dont : 412 788 morts (114 110 morts aux USA) et 3 592 740 guéris) 

 


L'effet Pompéi

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    J'y pense depuis notre retour samedi soir : nous étions partis après une délibération familiale quand le confinement a été ordonné avec un bref délai pour nous laisser une chance d'en choisir le lieu. En fait nous avions prévu d'aller à la petite maison de Normandie la semaine qui précédait, j'avais d'ailleurs pris un billet de train pour y rejoindre JF qui finalement avait bossé jusqu'au vendredi soir tard afin de terminer un contrat en cours (1) et de mon côté j'avais un entretien d'embauche soudain et nous étions à Paris quand nous aurions déjà dû être partis (avec la question qui se serait posée de rentrer ou non) et alors que j'étais dans une optique, donc finalement on reste, les deux autres, père et fille ont emporté le morceau sur le thème On se répartit (2), j'ai mis la condition d'observer une quarantaine et nous voilà le lundi soir à préparer nos sacs et zou, le mardi matin.

C'était piteux comme un exode à l'échelle familiale.

Au bout du compte c'est moi qui ne souhaitais pas partir puisqu'on ne l'avait pas fait avant, qui ai été la plus heureuse d'être dans ma maison à enfin faire ce que je devais y faire pour la remettre en état, et les deux autres qui ont eu des hauts et des bas.

Il n'empêche que le départ, y compris pour moi qui avais commencé à préparer celui que j'avais prévu pour la semaine d'avant, puis avais cru qu'on renonçait et donc m'étais interrompue (voire avais défait certains préparatifs), s'était trouvé précipité. 

Notre fille n'ayant touché à nos affaires que pour la salle de bain dont elle avait l'usage, nous avons en gros tout retrouvé en l'état. 

Les calendriers restés à mars. Le courrier postal accumulé. Des vêtements en vrac. Des chaussures d'hiver dans l'entrée. Certains paquets de ci ou ça entamés. Mes lunettes de soleil dans leur étui, là où elles avaient malencontreusement glissé (au moment de partir, dès lors, je ne les avais pas trouvées et j'avais filé sans les emporter). On aurait cru qu'on avait été surpris en plein quelque chose, comme les habitants de Pompéi par les cendres. 

En fait nous avions été surpris en plein cours de notre vie. 

L'impression a perduré jusqu'à aujourd'hui à mesure que je tentais peu à peu de ranger ; précisément parce qu'entre mon retour d'entretien le lundi et la soirée de discussion et avec la décision au bout du compte de partir, croyant rester à l'appartement un bon moment - je m'attendais comme tout le monde à l'annonce d'un confinement, le suspens résidait en sa durée et ses modalités -, j'avais amorcé les grands rangements nécessaires. Il y avait donc un vrai côté retrouver des choses en plan, des débuts de tri, des cartons ouverts. 

C'est alors que j'ai lu chez Alice, qui est retournée sur son lieu de travail préparer la suite [du télétravail], exactement la même expression - qu'elle a pour sa part éprouvé au bureau - : 

"[...] c'est Pompéi saisi en pleine activité — moins la cendre."

C'est donc bien un effet collectif, que nous serons, ou avons déjà été, nombreux à éprouver, qui rentrant d'avoir été confiné ailleurs qu'en son domicile principal, qui retournant sur le lieu de travail : un effet Pompéi généralisé.

 

(1) Son entreprise traite certaines affaires directement mais pour d'autres place ses salariées au services d'autres entités (comme les SSII pour l'informatique)

(2) Il est vrai que comme elle devait télétravailler, la cohabitation dans le 3 pièces à trois adultes, dont un qui ne tenait pas en place à l'intérieur, eût été compliquée. Voire infernale. 


Chroniques du confinement jour 79 : Une matinée à Carentan

Déconfinement officiel 1 jour 24

 

Le temps se rétrécit, tant de choses à terminer avant de partir. 

Matinée passée à Carentan (belle balade le long du canal, du Pont-Canal) pour le remplacement du pare-brise de la Laguna. Nous l'avons laissée à un spécialiste agréé de la zone industrielle et il y avait une petite voiture prêtée en attendant.
Premier café vers la gare, un repère de joueurs de GR du débarquement, qui visiblement ont déconfiné leur pratique.
Après avoir récupéré la voiture, un premier déjeuner, près du port, dans un restaurant. 
Ça commençait à faire beaucoup de premières fois de depuis le début du confinement.

Une douche, un joli rêve, une sieste, tandis que JF retrouvait enfin de jouer avec des partenaires au club de pétanque d'ici.
Puis le dîner, frugal, lorsqu'il est rentré.
Finalement j'ai pu prendre au vol un Paris Carnet en réunion vidéo (avec Otir, Monsieur Fraise, Samantdi, Anne et Franck, Pablo, et Cunégonde). Merci à Otir qui pense à les organiser. Les retrouver m'a fait si plaisir que j'ai enchaîné facile sur les abdos - squats - pompes qui n'avaient pas été faits le matin (grâce à l'énergie communiquée par les ami·e·s).
Pour finir : les petites écritures et  de vieux docu INA sur Youtube, suivre les infos. 

Une bonne surprise, ce youtubeur à ses heures contestable, qui prend fait et cause pour la lutte contre le racisme. Même si j'imagine que c'est parce qu'il pense en tirer un meilleur parti financier, ou se racheter une conduite, wouaho, tout arrive ! 
Dans un ordre d'idée un peu voisin Boris Johnson qui supplie les étrangers de revenir bosser pour à pas cher dans sa Grande Bretagne chérie.

Sinon, en lisant "The Beatles Tune In", en suivant des liens musicaux, je me suis rendue compte que sur des éléments de leurs vies les mêmes faits peuvent être dit de façons diamétralement opposées (ainsi concernant John Lennon et la séparation d'avec sa première femme). C'est intéressant au delà de leurs cas particuliers.
Par exemple pour des choses secondaires comme leurs coupes de cheveux ultra-courtes adoptées durant un séjour au Danemark (en fait auprès du nouveau couple que formait le premier mari de Yoko Ono avec sa nouvelle femme et Kyoko la fille de Yoko Ono et cet homme). Alors que doit-il en être pour les choses importantes et qui ont pesé sur le destin du groupe ? Que doit-il en être pour les vraies infos importantes concernant la marche du monde et la suite de l'humanité ? (pas une découverte, mais la mesure de l'étendue des écarts entre ce qu'on affirme et ce qui fut).

Giuseppe Conte a fait une intervention de type point de déconfinement au Palais Chigi. J'apprécie tellement son côté bosseur que j'ai envie d'y croire.

 

PS : La promenade, l'air de rien, fut conséquente : 

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6 532 046 cas (dont : 385 401 morts (dont 109 000 morts aux USA) et 3 110 630 guéris) 


Chroniques du confinement jour 78 : Un moment de fatigue, mais une fort belle soirée

Déconfinement officiel 1 jour 23

 

    Ce fut une journée de grande fatigue, passée essentiellement à récupérer et de la course longue de dimanche et du bricolage intensif de samedi et lundi (+ utilisation de peinture, white spirit, produits d'entretiens ...). Peut-être aussi que le contexte international commence à me peser ; j'aurais donc bien tenu le coup face à la première partie de l'épidémie, mais nettement moins face au regain de violences racistes aux USA et à la violence des forces de l'ordre tout court (pas seulement aux USA) et aux déchaînements qui s'en sont suivis, ainsi qu'à la gestion calamiteuse de tout ça par les différents pouvoirs en place.

À propos de gestion de crise par les pouvoirs, j'ai oublié de noter cet excellent podcast, de la formidable série "Pandémie" de reportages pour Le Monde, au sujet de la façon dont l'Allemagne a bien géré l'urgence.

Pour en revenir à ce mardi, j'ai donc renoncé au bref entraînement de course à pied que nous avions prévu (1), beaucoup lu "The Beatles Tune In", en écoutant les musiques citées et en regardant des interviews sur Youtube, dont la formidable Tante Mimi, et dormi.

En fin d'après-midi heureusement un peu de tonus est revenu, tandis que JF bossait à son ordi : rideau de la porte en bas remis en place et fenêtre de l'arrière en haut nettoyée des "bavures", ce qui demanda de l'huile de coude, comme on dit. Puis nettoyage classique de la vitre et au soir tard remise en place du rideau.

Un coup de fil du fiston, peu avant 19h, m'avait bien redonné la pêche en même temps que j'en finissais avec la petite fenêtre. Il semble tellement heureux, c'est si formidable cette période qu'il vit.

Alors j'ai pu enchaîner, en compagnie de JF toujours assidu, avec des Tabata en replay, séance du 1er avril : je n'étais pas au mieux mais j'ai bien tenu le coup.

Belle balade à Denneville pour clore la journée mieux qu'elle n'avait commencé, même si le coucher de soleil en temps que tel fut raté pour cause de nuages au ras de l'horizon. Dommage, alors que nous goûtions le calme et la présence des oiseaux, un couple est venu garer sa voiture et promener son chien. Un animal de combat que l'homme rudoyait.
Les toilettes publiques étaient ouvertes.
Nous avons sur la route croisé pas moins de deux busards (j'utilise ce terme comme un générique, pour : oiseau de proie de belle taille) et une chouette (un hibou ?) d'une taille impressionnante.
Au retour, nettoyé la voiture (JF à l'œuvre, moi à la photo) à l'automatique d'Intermarché.
À La Haye, les cafés étaient ouverts, et m'a-t-il semblé le ciné (je crois avoir vu des gens qui en sortaient) (2).

C'est en regardant ma TL Twitter en rentrant que j'ai vu des images de la grande manif Porte de Clichy au pied du TGI, en soutien à la famille d'Adama Traoré et contre le racisme et la violence des forces de l'ordre.
S'en est suivi un échange de messages avec notre fille, que ça n'avait pas perturbé (dans un sens tant mieux)

J'ai suivi les infos sur Rai News 24 mais qui n'en parlaient pas (fatiguée, et comme il se faisait tard, pas pris le temps de faire de LT). 

(1) JF, lui, y est allé : 4 km à un rythme soutenu
(2) Renseignements pris sur le site du cinéma, ça devait être une séance particulière, car la réouverture au public n'y est annoncée que le 23 juin

 
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La ballade à Denneville ce fut quand même quelques pas (et aussi le Tabata en fin de journée et le peu de bricolage (ou plutôt de suite de bricolage) que j'ai effectué)
 
PS : tombée sur ce compte, j'hésite à en rire

Capture d’écran 2020-06-02 à 23.30.11

 

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6 470 985 cas (dont : 381 647 morts (dont 108 033 morts aux USA) et 2 985 747 guéris) 


Chroniques du confinement jour 75 : Enfin des rideaux à la fenêtre du bas !

Déconfinement officiel 1 jour 20

 

 Pour démarrer la journée un rêve bien curieux avec une histoire de boîtes à lettres postales et qui s'ouvraient des deux côtés,
JF est allé chercher des croissants de la pâtisserie et plus tard chez le coiffeur, masqué.
Après les abdos - squats - pompes j'ai donc pris un petit-déjeuner avec le bon croissant.

Ensuite, grande journée de bricolage : fenêtre arrière de l'étage peinture intérieure et mise en place de la tringle à rideaux du rez-de-chaussé devant, JF ayant insisté pour effectuer le perçage - ce qui a rendu les choses pour moi moins dures musculairement pour moi, mais peut-être plus compliquées -.
Avec vers 13h15 une pause pour déjeuner à base de plat traiteur qu'il était allé chercher le matin même.
J'ai pris le temps d'écrire un peu tandis qu'il faisait la poussière après le gros du boulot effectué. S'il ne tenait qu'à moi, je ne ferai le ménage qu'une fois toutes les activités salissantes achevées, seulement il y tient et je tiens à ne surtout pas décourager les bonnes volontés ménagères, d'où qu'elles viennent.

Je n'ai pas le courage de tout détailler, la journée a été si intense. La liste des menus travaux est donc ci-dessous, en photos.


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Le mur de devant est en ceci (vu au niveau du regard pour l'accès au robinet d'eau). L'homme dit, ce n'est pas du parpaing c'est beaucoup moins creux. On ne dirait cependant pas de la pierre.

Je suis déçue du résultat final de la fenêtre. D'autant plus qu'une des vitres est légèrement fendillée, je n'ai pas su à la suite de quelle étape. 
Il restera à bien nettoyer. 

Bon, au moins l'extérieur de la fenêtre est désormais protégé des intempéries. 

La planchette blanche était pour recréer une sorte de faux plafond du regard de l'arrivée d'eau. Je l'ai sciée à la bonne taille. Et peinte.
Le tabouret a servi de cobaye pour l'utilisation du baume des antiquaires. C'est top ! (du moins sur ce bois-là, dont j'ignore la nature). 
Comme il me restait du blanc, j'ai repeint l'encadrement de la porte de la cuisine. 

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La balade à pied de la soirée nous a ramenés vers où nous avions vu des chevaux et un peu plus loin (vers la route de contournement) il y en avait encore d'autres et d'autres champs. 

Ce qui était joli c'est qu'ils sont venus au devant de nous, espérant certes sans doute quelque nourriture mais très demandeurs de contacts et de voix. Effets du confinement qui leur ont rendu les humains plus rares ? 
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J'ai fait un bref LT des infos italiennes, mais ce n'est plus aussi indispensable qu'auparavant : l'épidémie décroît sans partir et avec l'actualité dure aux USA (des émeutes donc, à la suite de l'étouffement d'un homme par un policier lors de son arrestation pour un délit mineur), les TG italiens deviennent moins porteurs d'une particularité nationale. Restait les batailles État - régions au sujet des modalités du déconfinement en cours, le premier voulant au 2 juin redonner l'entière liberté de circulation au sein du pays, et celles des secondes qui n'ont plus ni morts ni nouveaux cas, n'ayant envie d'accueillir personne avec le risque de relance épidémique que cela peut comporter.

La fusée Space X a réussi son décollage avec à bord deux astronautes dont les combinaisons rappellent celles des vieilles séries de SF. Je ne parvenais pas à m'intéresser vraiment, alors qu'à l'ordinaire, depuis les premiers pas sur la lune, je suis friande de ce type d'exploits, du moins au moins la part enfantine qui est toujours en moi. Et puis un touite de Padawan m'a fait piger pourquoi (en mettant les mots sur ce que sans avoir toutes les billes je présentais). Capture d’écran 2020-05-31 à 01.01.36

Je me suis en revanche fait grand plaisir en observant à nouveau le passage de l'ISS. Cette station me fait rêver, avec ses équipages internationaux, et ce que, grâce à Thomas Pesquet, je sais de leur boulot.

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6 115 280 cas (dont : 369 567 morts (dont 105 514 morts aux USA) et 2 712 818 guéris) 


Chroniques du confinement jour 74 : peinture, principalement

Déconfinement officiel 1 jour 19

 

C'était une journée sans sport mais cependant abdos - squats - pompes, tout le travail sur la fenêtre arrière du premier étage, qui était passablement physique, et puis au soir la petite balade vespérale post-prandiale qui est devenue une belle grande boucle jusqu'à Saint-Symphorien et retour par la voie verte (4 km, je dirais). À part un truc très déplacé qu'a dit JF alors que je prenais une photo d'un volet (pour avoir un exemple pour quand j'aurais les moyens des travaux), ce fut une belle promenade sous un ciel de crépuscule bleu sans nuages comme ils sont rarement.

Un temps si radieux que celui des deux derniers mois est globalement affolant. 

 
Après le petit-déjeuner et le scroll des infos vite fait, nous sommes allés, en voiture, avec JF au magasin de bricolage (manquait un ustensile pour les joints, et deux ou trois petits trucs). Il m'a déposé devant chez le bijoutier où j'ai pu récupérer les deux bracelets que j'y avais laissés en février à réparer, c'était joyeux, j'ai fait une course au passage et puis je suis rentrée rapidement 
m'attaquer au retravail des joints de la fenêtre arrière du premier étage - dûment munie du nouvel outil - puis la deuxième couche de peinture sur son extérieur et sur le chambranle. 
Déjeuner, suite de la peinture, sieste tardive (vers 16h) avec un peu de lecture ("The Beatles Tune In") et quelques peu de petites écritures, l'après-midi, comme dab a filé en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.
L'Homme jouait les Drama Queen pour le remplacement du pare-brise, ce que si j'avais été en charge de la question aurait été résolu depuis bientôt un an et sans peser sur mon conjoint, ni lui faire des reproches (?!). Je l'ai laissé prendre sa décision tout seul, selon le principe de capitulation qu'au moins quoiqu'il advienne il ne pourra s'en prendre qu'à lui même. J'avais un peu oublié à quelle catastrophe cette attitude démissionnaire nous avait conduit dans l'affaire de la fuite d'eau invisible il y a quelques années. Il faut convenir que devoir se battre sans arrêt, négocier, discutailler, pour tout, est une perte immense de temps et d'énergie. Et puis c'est comme pour les adolescents, à un moment donné il faut bien qu'ils fassent leurs propres bêtises. Trop contenus, ils finissent par en faire de bien pires.

Je devais une réponse à Kozlika pour un blog sur la vie de libraire, que j'avais un temps envisagé de tenir et que Franck et elle m'avaient à l'époque proposé d'héberger. Puis j'avais commencé le boulot à Montmorency et les trajets + les heures de travail et le travail certains week-ends joints à mes débuts comme triathlète avaient engloutis le projet, que la maladie puis le décès de ma mère avaient achevé d'achever. J'ai sauvegardé et libéré la place.

JF travaillait au logiciel qu'il a fini par apprendre lors de la formation suivie à distance il y a déjà plus d'une ou deux semaines. 
Notre fille semblait heureuse, elle aura su tirer parti du confinement pour sa santé et pour devenir autonome. Apparemment quand nous rentrerons en Île de France nous ne manquerons pas de masques. 

Nous avons suivi la séance Tabata du mardi 24 mars. Curieusement certaines musiques y étaient mais pas toutes. J'ai donc remplacé par des musiques trouvée ailleurs. 

Dans la journée, un coup de fil reçu concernant un projet personnel, que l'épidémie aura mis en stand-by. Je sens que comme à son ordinaire, l'Homme va tout faire pour que les choses échouent. Freiner est sa spécialité. Cela dit, sa façon d'être dissuasif de façon usante sur le projet de reprise de librairie que j'avais l'an passé, compte tenu de l'épidémie de cette année, m'aura, nous aura, au bout du compte sauvé la mise. Le confinement aurait alors tourné à la catastrophe financière. 

Capture d’écran 2020-05-30 à 00.43.44    Aux USA, des émeutes après l'assassinat de George Floyd à Minneapolis, ce qui était prévisible. Barack Obama a dû faire une déclaration pour tenter d'apaiser les choses étant donné que dans un premier temps l'Agent Orange n'a fait que jeter de l'huile sur le feu - puis il est revenu un peu plus dans les clous d'un rôle présidentiel, appelant la famille de la victime, ce genre de chose mais bien tard -. Une équipe de CNN qui faisait son boulot de faire un direct sur un lieu d'émeutes a été arrêtée. Si même aux États-Unis la liberté d'informer est remise en question, le monde est encore plus bien mal barré qu'on pouvait déjà le croire. Finalement le serial killer en uniforme a été arrêté et inculpé. Mais pour homicide involontaire ce qui au vu d'une video au moins est assez discutable. Sa victime dit clairement I can't breathe. Et le policier poursuit l'étouffement.
J'ai lu qu'au départ la victime était soupçonnée d'avoir tenté de refourguer dans un commerce un faux billet de 20 $. Si tel est bien le cas, c'est encore plus révoltant. Il ne s'agissait pas d'un dangereux braqueur armé qu'il fallait mettre hors d'état de nuire - et quand bien même, d'ailleurs -.

Le LT des infos de Rai News 24 était troublant à faire : il y avait comme une succession de bonnes nouvelles : on ré-ouvre, ça reprend, des réservations affluent (tourisme) ... Bien sûr il y avait de l'actualité internationale effrayante et sombre (Hong-Kong, USA ...) seulement c'était déjà beaucoup d'allégresse pour des infos. 
Je plains les personnes malades d'en ce moment et celles qui ont perdu un proche. L'ambiance générale n'est plus du tout à tenir compte de leur peine et leurs difficultés. Tout le monde souhaite gaudere, se réjouir, aller vers la liesse.

Doux billet chez Prof en scène même s'il ne masque pas de sévères difficultés organisationnelles. 

Grâce à Abie, j'ai appris qu'une grotte avait été (il y a un moment déjà) découverte avec des empreintes de dinosaures au plafond (j'adore ce type d'infos instructives et insolites)

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE

5 993 268 cas (dont : 365 394 morts (dont 104 374 morts aux USA) et 2 636 574 guéris) 


Chroniques du confinement jour 73 : "Barrière 7", peinture et négociations - mort de Guy Bedos

Déconfinement officiel 1 jour 18

                                                                                                            

Fullsizeoutput_1b26Alors ce matin c'était "barrière 7", qui finalement fut : les barrières de côté à hauteur de la rivière Angoville. Il se trouve en effet qu'après la barrière 6 (Le Manoir), il y a un long passage sans routes transversales. 
Ce point de repère m'a donc semblé être parfait pour le jalon suivant. Le trajet en tout fait ainsi 12 km à peu de choses près. 

Sur la photo le coureur est en vêtements longs par une fantaisie de sa part : il faisait 14°c dès 8h30 et short et tee-shirts suffisaient amplement. Fullsizeoutput_1b2a

Plus tard dans la journée il y eu juste un peu de vent (cyclable je pense, cependant ; et pas gênant pour bricoler au jardin, à condition de veiller à ne rien laisser traîner de léger)

Capture d’écran 2020-05-28 à 12.29.28


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Capture d’écran 2020-05-28 à 12.29.28
Capture d’écran 2020-05-28 à 12.29.28 Je n'ai pas cherché à aller vite, simplement à le faire. L'idée est de redevenir capables avant le quitter la Normandie de parcourir la distance qui était celle de nos entraînements longs habituels d'avant le confinement.  Qu'au moins sur la course à pied dont nous avons pu maintenir la pratique même si elle était limitée, nous n'ayons pas régressé.
Sur la natation ça risque d'être terrible. On va vers du 5 ou 6 mois sans.

Il y a eu des coups de fils de l'Homme de la maison avec son boulot, il a indiqué que comme je débutais un nouveau travail le 8 juin je n'aurais pas de congés cet été et que donc vraiment nous souhaiterions rester jusqu'au week-end d'après. Il semblerait que moyennant quelques travaux qu'il va pouvoir faire à distance, ça soit bon. 
Immense soulagement.

Savoir que j'aurais probablement le temps de terminer m'a redonné la pêche pour avancer les travaux de petite remise en ordre et en état. 

J'ai tenté d'améliorer les joints faits la veille, puis décapé et peint l'extérieur de la petite fenêtre du premier. Puis peint le chambranle mais en fin d'après-midi, après que JF eu fini une cession d'entraînement de pétanque sur son practice personnel. Pendant ce temps j'ai un peu dormi et pas mal lu.

Ensuite j'ai rangé bien des cartons et objets afin de dégager la partie près de la fenêtre dans l'idée le lendemain d'attaquer la tringle à rideaux de la fenêtre avant. C'était au tour de l'Homme de se reposer.

Toujours en fin d'après-midi j'ai enfin fait ma cession "recollages et réparations". Efficace sauf pour les vieilles chaussures. Je devrai trouver une autre colle que la Super Glu 3. Sur les matériaux où ça fonctionne c'est impressionnant, quelques secondes et tout est fixé. Je ne la manipule plus sans des gants fins de protection ni protection de la surface au dessus de laquelle j'effectue la réparation. 

 


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Après le dîner, petite balade, vers le Donjon, la partie jardin public de la butte, qui ne permet hélas plus d'y monter (depuis 1993 dit la copie de l'arrêté municipal affiché). Cela dit le péril (chutes de pierres) se comprend. Il y a une petite maison en bas de la butte dont le jardin arrière est délimité par la butte elle-même. C'est curieux, de la fenêtre ses habitants doivent voir : un mur de terre gazonnée pour tout horizon.

La partie qui surplombe ce qui ressemble à un garage est à pic. En région parisienne il y aurait déjà deux niveaux de barrières. Ici on semble faire confiance à l'intelligence des gens - ou espérer qu'ils ne finissent pas trop bourrés en ces lieux leurs soirées -.

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Au retour remise en place de la fenêtre. L'odeur de peinture semblait supportable.
J'étais vannée mais soulagée d'avoir une bonne chance de terminer ce que j'estime être le minimum vital pour l'état de la maison avant le retour.
Des annonces ont été faites par le premier ministre. Les statistiques de l'épidémie étant plutôt encourageantes, la limite des 100 km est supprimée (ouf), les parcs et jardins vont rouvrir et peu à peu pas mal de choses. Je n'ai pas suivi tout le détail, mais il m'a semblé que pour la première fois depuis la montée en force de l'épidémie, les mesures semblaient relativement cohérentes. 

En Italie aussi, les différentes étapes du déconfinement s'enchaînent pour l'instant sans augmentation des comptages. 
J'ai fait un bref LT d'un TG de Rai News 24 (ce n'était pas Riccardo Cavaliere qui présentait, j'étais moins motivée). 
Ce qui se passe aux USA avec un "agent orange" de plus en plus hors limites est fort inquiétant ; davantage que l'épidémie même. Ces jours-ci les réseaux sociaux sont dans le collimateur.

Au Royaume-Uni le non respect des règles par un conseiller de Boris Johnson a vraiment déclenché une vague de colère sans précédent. Et d'humour anglais également. Capture d’écran 2020-05-29 à 00.46.18
Barnard Castle était la destination du voyage controversé de Dominic Cummings. Il faut dire que pris en flagrant délit et finalement obligé de s'exprimé lors d'une sorte de conférence de presse sur une table dans un jardin, il a confirmé avoir fait le trajet jusqu'à cette ville pour ''check his eyesight'' (tester sa vue) en conduisant à la fin de sa période d'auto-quarantaine due au coronavirus. 
Ça a du coup donné plein de meme, mon préféré so far étant celui-ci

Capture d’écran 2020-05-29 à 01.06.00

J'ai appris en toute fin de journée, par JF qui scrollait un fil d'infos sur son téléphone que Guy Bedos était mort. Il était âgé mais ça me rend bien néanmoins un peu triste. Dans les années 70 et 80 je le trouvais drôle, nous l'avions vu plusieurs fois en spectacle et j'adorais le moment où il faisait du mauvais esprit sur les infos du jour. Plus tard, j'ai fini par me lasser, j'avais l'impression qu'il se copiait lui-même. Il savait toutefois encore faire mouche. Enfin il y a quelques années, s'est trouvée une période où je le croisais au théâtre, parmi les spectateurs je veux dire, ça en devenait presque amusant : non seulement nos choix étaient les mêmes mais même jour même représentation.
J'ai aussi des souvenirs de fou-rires lors de repas de famille avec mes cousines et ma tante Geneviève qui à l'époque l'appréciaient (années 70 et 80) et racontaient ses spectacles en y mettant du leur. C'était encore plus drôle.
Bon, à nouveau, un jalon de fin d'époque, de page qui se tourne et le sentiment de devoir raconter, vite, ce dont nous serons bientôt la dernière mémoire et qui fut significatif.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE

5 867 318 cas (dont : 360 398 morts (dont 103 189 morts aux USA) et 2 569 451 guéris) 

 





Chroniques du confinement jour 71 : Une après-midi disparue mais de nouveaux quartiers

Déconfinement officiel 1 jour 16

Réveil tardif mais le temps était radieux et nous avions prévu un entraînement court, alors nous avons maintenu notre séance.

J'avais vu deux séances de pro la veille sur Youtube qui m'avaient semblé attrayantes : 

15' échauffement
8 x 1 km au seuil R=1'
15' cool down

30' échauffement
5 x 6' au seuil R=2'
15' cool down

La seconde nécessitait a priori davantage de temps. J'ai donc adapté la première à mon niveau et "roule nénesse" comme disait un collègue de bien avant la fin du siècle dernier.
Adapter à mon niveau ça signifie que l'allure au seuil est celle de l'échauffement de la plupart des gens et que les 8 x 1 km deviennent 4 x 500 m

Ça a donné un peu de rythme c'était bien et j'ai pris des repères aux barrières. Ainsi 15 minutes à faible allure (échauffement et cool down) ça donne : jusqu'à la première barrière. 

Et 2 x 500 m mènent à environ mi-distance de la barrière 2 et de la barrière 3.

Capture d’écran 2020-05-26 à 12.36.21 Capture d’écran 2020-05-26 à 12.36.21 Capture d’écran 2020-05-26 à 12.36.21

 

Il me manque une partie car j'ai bêtement arrêté ma montre pour la minute de pause entre la série 3 et la série 4 ... et ne l'ai pas relancé. 

Le temps que je fasse le défi abdos - squats - pompes prenne ma douche et mon petit-déjeuner la matinée était bien entamée.

C'est alors qu'il y a eu un appel du boulot de monsieur qui soudain, même si aucun chantier n'a redémarré requérant ses compétences, souhaite qu'il revienne bosser et que ça ne pourrait attendre le 8 juin. Je lui ai demandé comment nous ferions en pratique puisque j'ai besoin des outils pour finir les travaux de remise en ordre entrepris et ne pourrait donc rentrer en train. Et qu'il ne pourra pas partir puis revenir me chercher à cause de la limite des 100 km. 
Si je rentre d'avance avec lui je n'aurais pas le temps de finir la remise de la maison en bon état. 

Et je n'ai aucune envie de me retrouver confinée dans l'appartement avec ma fille télétravaillant. 

Les entreprises abusent largement de la situation, beaucoup d'entre elles en tout cas. Partez, ne revenez pas, euh si, revenez immédiatement. 

Il y a aussi des abus vis-à-vis du chômage partiel : l'État a financé le télétravail des gens dans bien des cas. 

Ça n'était pas son cas, il a simplement répondu à quelques coups de fils ponctuels et suivi une formation de deux jours + débrief. Seulement je fatigue sur le plan général des abus qui sont faits. Et d'autant plus facilement et sans opposition que la crise à venir mettra bien des gens sur le carreau, alors qui est en poste s'efforce de le conserver. 

Je me souviens en revanche fort bien de la période du temps de l'"Usine" après l'incendie des bureaux. Il avait eu lieu le week-end et dès le jeudi nous étions à pied-d'œuvre dans des bureaux de remplacement à La Défense à rebrancher des ordis et déjà rebosser sur toute la part de l'informatique qui était à distance. Arrive la paie de fin mai : de la date de l'incendie à la fin du mois nous avions été comptés en chômage technique complet. Ça ne faisait pas un grand écart sur le net, des cotisations différentes se compensaient. Il n'empêche que c'était l'État et donc le contribuable qui avait payé les 2/3 de mois pendant que nous étions en train de travailler (et d'arrache-pied, ce qui ne nous fut jamais compensé, cet effort pour bosser malgré tout) pour notre employeur. Nous ne l'avions su qu'en recevant nos bulletins de salaire. Il était pratiquement impossible de protester. "Vous avez été payés de toutes façons". "C'était l'accord avec l'État, il n'y a pas de problème". J'en vois qui vivent la même mésaventure avec le #Covid_19. Notre cas était plus flagrant puisque nous n'étions pas en télétravail mais bien sur les lieux. Seulement pour les salariés isolés chez eux, il est encore plus compliqué de prouver quoi que ce soit, à moins de saisir individuellement une instance de type prud'hommes, perdre son boulot, entrer en conflit ouvert avec sa direction.

Après un bref déjeuner bien triste, il est vraiment pénible passé un certain âge de ne pas être un minimum libres de notre temps, du temps qui nous reste et qui devient précieux, j'ai voulu lire mais j'ai surtout dormi et l'Homme c'est exercé dans son practice personnel. Si au moins ça pouvait lui donner la force pour une fois de ne pas se laisser faire, lui qui déjà n'a pas eu de vacances l'été dernier à part à peine une semaine que j'ai dû insister pour que l'on ait avant de m'embarquer fin août dans le nouveau boulot en maison de la presse et que je croyais pour de bon avant de heurter mes limites physiques et d'absence de liberté de décisions (1). 

Il y a eu une bizarrerie en fin d'après-midi, démotivée pour les travaux (si on doit repartir je ne pourrai finir), je lisais The Beatles Tune In en buvant mon five o'clock tea quand soudain JF après s'être un peu reposé a dit Quand est-ce qu'on mange ? 

Et je me suis rendue compte qu'alors que je me croyais vers 18h, il en était 20. 

L'impression très forte que l'après-midi a été engloutie dans une faille temporelle.

Heureusement la balade d'après le dîner nous aura sauvé la mise : nous sommes partis marcher vers le sud ouest de la petite ville et des nouveaux quartiers en cours de lotissement lors de nos dernières balades sont à présent bâtis et peuplés. Dont pour une part des villas présomptueuses à l'américaine (avec SUV assortis) et pour l'autre des Two x two à l'anglaise, qui pour du logis populaire avec mitoyenneté ont assez d'allure. Dans cette partie-là il y avait même un chemin piétonnier. 

Les parties qui se veulent chic sont beaucoup à base d'impasses, on ne veut surtout pas que les gens, même à pied puissent passer. Dans quelques années on peut supposer que tout sera bouclé en mode lieux privés dans des quartiers privés dans lesquels chaque portes de chaque pièces et chaque placard derrières elles ferment à clef.

Il reste encore des champs. Dans l'un d'eux cinq chevaux de selle magnifiques et forts avenants qui sont venus nous saluer. 

Il y avait une petite portion de route longeant la voie rapide de contournement qu'il me semblait n'avoir jamais vue. Mais des arbres avaient été récemment abattus donc il se peut que ce soit leur absence qui m'ait donné cette impression. 

Reste la question : quels boulots exercent donc tous ces gens qui vivent là, toute cette nouvelle population dont le nombre semble avoir bondi en quatre à cinq ans ? Avec une partie d'entre elle qui visiblement a de forts moyens financiers.

Corollaire : où sont les enfants ? les adolescents ? Je veux bien croire que la période est extrêmement particulière de ces derniers deux mois, mais toutes les dernières fois que nous sommes venus nous n'avons jamais eu l'impression d'un boom démographique qui pourrait correspondre à des logis si vastes.
Je sens que les jours du champs derrière la petite maison sont comptés. Et du bel arbre que j'aime tant.
La région est en train de devenir recherchée. 
Le danger nucléaire semble n'inquiéter personne - ou alors tous ces nouveaux habitants sont liés à des emplois sinon directs du moins induits ? -.

En attendant cette balade m'a donné l'impression de découvrir une nouvelle ville. Ici aussi je vais bientôt ressentir l'impression d'avoir déménagé sur place. Le petit pays que je connaissais par cœur n'existe déjà plus que dans ma mémoire.

LT des infos italienne de Rai News 24, les infos "non Covid-19" commencent à reprendre place. 

 

(1) Ce soulagement rétroactif devant l'épidémie et le fait que les maisons de la presse et bureaux de tabac restaient ouverts malgré le danger. Merci à mes genoux d'avoir exprimé par la douleur leur désaccord à temps.

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Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE

5 649 790 cas (dont : 350 349 morts (dont 100 414 morts aux USA) et 2 415 257 guéris) 


La première course officielle post-apo (non, je rigole)

Au vu du décors et du très faible nombre de participants, ça a un côté post-apo assez sublime. 

Ce qui n'empêche pas d'être admirative quant à la performance. D'autant plus qu'ils sont tous en manque, sinon d'entraînement (en Norvège ils continuaient à pouvoir courir à l'extérieur même si dans des endroits moins chouettes qu'à l'habitude ; et puis ils ont tous des tapis de course et partagent des images de leurs séances sur les réseaux sociaux) du moins de compétition.

Je ne sais toujours pas quoi penser au sujet de ces nouveaux modèles de chaussures qui ne se contentent plus d'amortir mais d'offrir en sus une assistance au rebond. Bientôt tout le monde du sport de haut niveau en disposera, et la question d'une distorsion des chances de performance ne se posera plus. Reste cependant celle de ce qu'on cherche à mesurer : la performance d'un corps humains ou celle d'une technique qui augmente ses capacités. Il faudrait peut-être que la fédération internationale prenne le même type de décision que lorsqu'il a été interdit aux nageurs de porter des combinaisons pour les compétitions en piscine. 

 

 

 

Si jamais cette video des 5 km de Satavanger disparaît, un résumé de la course peut se trouver par ici (chez Total Running Productions)