Quelques liens pour trouver des rendez-vous de vaccination

En début d'année j'ai fait partie de l'équipe spontanée qui s'était formée de façon informelle auprès d'une vieille amie qui ne s'est pas mise à l'internet. À cette occasion j'ai pu mesurer la difficulté qu'il y avait lorsqu'on était parmi les segments de population éligibles, à dégoter un rendez-vous.

Les choses se sont un peu améliorées depuis.

Tout le monde pour autant n'a pas des heures de libertés à des heures ouvrables pour passer des appels téléphoniques et faire le tour des lieux possibles.

Voici donc quelques liens pour les rendez-vous par internet : 

Le plus connu est doctolib, déjà très au point sur les rendez-vous médicaux avant. Il faut faire partie d'une catégorie éligible.

Vite ma dose est davantage orienté sur les centres de vaccination et le fait de mettre des gens en face des disponibilités.

Covidliste est d'une efficacité impressionnante, en tout cas pour la région parisienne. Il s'agit de ne pas gâcher les doses de fin de flacons ou qui seraient perdues par suite de désistements. On peut s'y inscrire même si l'on n'est pas prioritaires, l'idée étant de ne pas gâcher. J'avais déjà obtenu mon rendez-vous par ailleurs, mais j'ai été contactée pour un reliquat disponible près de chez moi 5 jours après avoir été éligible et donc sans doute un peu prioritaire dans la liste des personnes à contacter.

Ce billet est simplement là pour tenter de faciliter les choses pour qui est déjà convaincu·e de la nécessité du vaccin. Je tiens à préciser que je ne détiens aucune expertise particulière, et la liste n'est pas exhaustive, je n'ai pas (eu) le temps de me lancer dans des recherches fouillées.
Je ne sais rien, et n'ai pas éprouvé le besoin de savoir, du choix des vaccins. Si c'est le but de votre recherche ce billet n'aidera guère.

Ce billet ne répond qu'à l'idée de base de : si seulement si ça peut aider, c'est déjà ça.


The moment I knew (en réponse à une question posée par Dr Caso)

 

    Dr Caso a publié ce billet dans lequel elle nous interroge sur Quand on a su, à quel moment on s'est rendu compte que le Covid_19 allait changer nos vies.

Je m'apprêtais à répondre en commentaires puis je me suis rendue compte que ce commentaire n'en finirait pas. Ça serait plus courtois d'écrire un billet.

D'abord, comme je lis beaucoup d'une façon générale, et qu'il y avait déjà eu un certain nombre d'alertes (comme le SARS de 2003), je savais qu'un jour ou l'autre ça adviendrait. En particulier "La constellation du chien" de Peter Heller, et "Station Eleven" d'Emily St. John Mandel. Je suis certaine que les amateurs et amatrices de SF ou romans d'anticipation connaissent bien d'autres exemples peut-être plus frappants. En tout cas grâce au héros de Peter Heller j'avais déjà mentalement vécu au temps d'une épidémie qui atteint des gens que l'on aime. Je m'étais suffisamment identifiée à lui pour avoir déjà une trace mentale de l'effet que ça fait. Joint à quelques paroles rares de mes parents évoquant les temps durant lesquels la poliommyélite et la tuberculose faisaient des ravages, j'étais en quelque sorte "préparée" à ce qui est advenu.


Ce n'est pas forcément confortable parce qu'on aborde le cas réel sans la petite besace d'illusions initiales qui au départ protège l'esprit humain de se manger frontalement l'ampleur du problème. Ainsi, je savais déjà pertinemment qu'un virus n'a pas d'état d'âmes : il s'attaque à tous les organismes dès lors qu'il les croise. C'est après qu'il peut réagir différemment (ou plutôt : engendrer une réaction différente selon l'organisme attaqué). Mais il n'a ni âme ni indulgence et il ne se montrera pas plus clément envers un bouquet de joueurs de pétanque du dimanche qui n'auront pas su différer leur sacro-sainte partie, ou des croyants qui se rassemblent pour prier, même si le dieu invoqué trouve cet effort méritoire, qu'envers des gens qui iront danser entassés en boîte de nuit (du moins avant qu'elles ne ferment).

Le moment où j'ai compris que c'était du lourd, était en janvier, en suivant les infos internationales, et j'avais pensé, leur sorte de pneumonie, à Wuhan, ça a l'air sévère. Mais j'avais l'illusion que si on contrôlait la circulation des gens, en particulier les passagers des avions, qu'ils soient testés, ça resterait en Asie, un peu comme le SRAS l'avait fait. 

Le moment où j'ai compris que l'humanité était dans son ensemble mal barrée c'est le jour de l'annonce de la mort du docteur Li Wenliang, le 8 février 2020.
(extrait de mon billet)

D'un point de vue rationnel il me semble évident : 

Que pour l'instant du moins (ça peut changer très vite, je m'en doute) en France le risque de chopper la grippe classique est bien plus élevé (2) que d'attraper le 2019-nCov ;

Que si l'épidémie se répand à Paris, on aura beau faire, nous risquons d'être en contact avec le virus que nous le voulions ou non ; et tant que nous devrons les uns ou les autres aller travailler, nous n'aurons pas la possibilité de rester confinés. Sans même parler des courses à faire. Dès lors est vaine toute stratégie d'évitement. Qui vivra verra (3).

Il me semble que cette approche calme aura peut-être pris fin ce matin.

 

Dès le 11 février, dans un billet dont ce n'est pas le sujet principal - la vie suivait son cours, je cherchais du travail et en attendant me débatais avec Pôle Emploi afin de faire reconnaître mon plus récent CDD qui suivait un CDI dont j'avais démissionné en période d'essai -, conscience des perspectives d'un confinement, je notais ceci :

Des personnes sont en quarantaine dans des paquebots géants où quelques cas se sont déclarés - dont un au Japon, tout le monde confiné dans sa cabine et des tours de promenade réglementés pour ceux qui en ont des toutes petites sans hublots -.

Conséquences sur lesquelles j'avais lu des articles mais qui commencent à concerner des gens que je connais : toutes nos belles industries, dont celles du luxe, qui avaient délocalisé tout ou partie de leur production en Chine, commencent à sentir la pénurie. Dans certains cas pour des éléments précis, mais dont l'absence est bloquante. 

Et les mêmes industries habiles à délocaliser sont aussi celles qui ont recours aux prestataires extérieurs : chute du chiffre d'affaires ou de la production, résiliation immédiate des contrats. Un ami m'a parlé de connaissances qui s'étaient vu notifier par SMS, de ne pas revenir pour l'instant et que le contrat était suspendu en attendant retour à jours meilleurs. 

J'avoue que je ne pensais pas que les conséquences économiques se feraient si vite ressentir. Je supposais encore à l'ancienne, qu'elles ne précéderaient pas la vague épidémique par chez nous.

Ma difficulté à me projeter dans le futur, trop d'éléments barrant la route, dont mon absence de perspectives rémunératrices immédiates, et la conscience que des tas d'autres problèmes de santé peuvent survenir avant ça, font que je ne parviens pas à m'inquiéter plus que ça. La perspective d'un confinement général ne m'effraie même pas : j'ai de quoi m'occuper avec tout le travail de rangement de l'appartement pendant des mois. Et puis, dans la série À quelque chose malheur est bon, ça pourrait être l'occasion d'écrire à bride abattue.


Les implications de la pandémie jusqu'en France ne me semblent encore ni inévitables ni si directement périlleuses. Je crois que j'ai encore l'illusion d'une possible traçabilité, d'un isolement efficace des cas contacts. 


C'est le 21 et le 22 février 2020 qu'en regardant Rai News 24 dont je viens de m'offrir l'accès avec quelques autres chaînes italiennes qui chez notre opérateur internet constitue un "bouquet" payant, et qui passe un temps en mode "couverture d'une actualité brûlante en direct permanent", que je comprends que ça y est les carottes sont cuites et c'est la fin des haricots, que nos vies, en France aussi, seront menacées et bouleversées.
Un foyer d'infection fait des ravages à Codogno, une petite ville italienne sans histoire et dont le possiblement patient zéro n'a rien à voir d'immédiat avec la Chine, ce qui signifie que ça y est le virus a pris pied en Europe, on ne peut plus faire semblant de croire qu'en interrompant les échanges aériens et en imposant une quarantaine aux voyageurs on passera entre les gouttes.

Voici ce que je notais le 22 février 2020 :

J'avais entendu un flash d'info sur France Cul au matin, et qui parlait d'un bond soudain de l'épidémie en Italie. Je savais donc à quoi m'attendre. Seulement la réalité quand elle est moche dépasse (presque) toujours ce à quoi on s'attendait : je suis arrivée (entre autre sur Rai News 24) en plein direct quasi non-stop sur le coronavirus, comme s'il y avait eu un attentat. 

Le contraste avec les chaînes d'infos française qui tartinaient à loisir sur le thème de Président Macron est depuis 9h au salon de l'agriculture porte de Versailles à Paris, était saisissant.

J'en ai fait sur le moment un petit LT. Et puis comme en France on faisait toujours un peu semblant de Oh mais ça ne nous concerne pas, le virus se détournera de notre beau pays comme l'avait fait le nuage de Tchernobyl, je me suis attelée à la tâche de touiter la partie la plus importante des infos italiennes que désormais chaque soir je suivais. 

C'est donc le vendredi 21 février 2020 que j'ai su que non seulement nos vies seraient impactées mais que nous allions être toutes, tous et chacun d'entre nous en danger et que notre quotidien allait être pour un long moment bizarre, risqué et compliqué, et qu'une fois l'expansion du virus maîtrisée ou des vaccins ou des protocoles de soins efficaces mis au point, il y aurait une longue et terrible crise économique qui s'ensuivrait, laquelle, couplée avec les conséquences de plus en plus menaçantes du réchauffement climatique, risquait de marquer le début d'une époque très sombre pour l'ensemble de l'humanité.

Et à ma petite échelle, j'ai enclenchée le mode Faisons ce qu'on peut et sauve que pourra ... et commandé quelques masques en tissus.

Ce blog est alors devenu une sorte de journal d'une vie quelconque quotidienne au temps d'une pandémie, car j'obéissais désormais à aux mêmes motivations que celles décrites par Dr Caso dans son billet Il faudrait écrire ce qu'on vit ; une impérieuse nécessité de témoigner et partager pour s'entraider à tenir.

 

 

 

 
  



L'Auberge des blogueurs, c'est la fin, déjà


    Voilà, je n'avais pas fait de billet spécifique jusqu'à présent, afin de ne pas attirer l'attention et risquer de dévoiler mon personnage, par des concordances entre ce qui était décrit ici, qui depuis l'épidémie a pris une tournure de diary et les éclipses du personnage que j'écrivais.

Seulement L'Auberge des blogueurs, c'est déjà terminé.

Même si je n'ai pas pu participer autant que je l'entendais (quelle idée aussi de s'inscrire à un truc collectif alors qu'on vient de débuter un nouveau boulot - nouveau métier à temps plein avec 2h20 de trajets par jour -), cette expérience m'aura menée tout l'été. Je m'endormais en lisant et pensait par moment aux personnages, le jour durant.

J'ai aimé être entourée de personnages bienveillants, ça détendait du monde capitaliste et covidé.

Dans le même temps, il m'a été extrêmement difficile d'écrire hors Covid_19, ce qui était un choix éditorial que pour autant j'approuvais : le temps du jeu d'écriture, extrayons-nous de ce monde malade, prenons respiration.

Sauf que voilà, ce qui me tient dans l'écriture, c'est l'air du temps, le concret des trucs, un aspect de témoignage même dans la fiction. Je suis diariste et chroniqueuse, n'ai jamais trouvé le temps de mener au bout un roman. Je n'aurais pas eu ce problème - faire abstraction de l'épidémie - si nous avions situé l'action dans une autre époque, par exemple les années 80 -. Je me serais alors régalée de retrouver des éléments de ce temps là.

Ça n'aurait pas été une bonne idée collective pour autant : les autrices et auteurs plus jeunes auraient été désavantagés.

Et justement, c'est beau, il y a parmi celles et ceux qui ont écrit des personnes qui ne faisaient pas parti du cercle d'écriture initial, et des plus jeunes parmi elles et ça fait du bien cette ouverture et ces nouvelles sources, dont des blogs ou des comptes Insta à découvrir ... pour comme dab ne bientôt plus avoir le temps de les suivre.

Bon, lire au soir les aventures de tout ce petit monde va me manquer. Je suis contente d'avoir pu participer une fois de plus à une belle aventure et la qualité de l'organisation, la façon dont chaque chose avait été pensée, y compris l'accès bientôt public au forum où les personnages sont à présent identifiés et se causaient, m'ont impressionnée. Je mesure le temps de travail et de réflexion que ça peut représenter.

Have a look, read, and enjoy ! 

 

 

 


Éclaircissements sur le calendrier républicain


  Capture d’écran 2020-07-19 à 17.41.59 Virgile, grand merci à lui, a écrit un thread bref et précis sur les décalages entre les différentes versions maintenues jusqu'à nos jours du Calendrier Républicain. 

Il répond ainsi à une question que je me posais depuis longtemps(1), j'avais bien remarqué les décalages mais croyais qu'il n'existait que deux versions, l'une avec des sortes d'années bissextiles tous les quatre ans et l'autre qui suivait les calculs astronomiques et leurs réajustements permanents avec des comptages humains toujours un peu trop rigides eût égard à la souplesse de la réalité.

L'explication de Virgile me fait comprendre qu'il y a au moins trois versions (je reprends ses termes pour le cas où Twitter nous jouerait des tours, mais allez lire son thread qui explique tout bien et est délicieusement bien écrit (2)) 

1/ Le système effectivement appliqué de 1793 à 1805, à savoir un jour intercalaire tous les 4 ans ;

2/ Le système Romme (3), qui introduit des corrections tous les 100, 400 et 4000 ans, qui semble être celui suivi par @Calendrier_Rep

3/ Le système astronomique, qui se débrouille pour que chaque année débute le jour de l'équinoxe d'automne vrai et qui semble être la version de @Ererepublicaine

 

(1) Je m'étais sans doute déjà penchée sur la question mais sans intégrer le système Romme ou alors j'avais oublié ou ça me restait confus.

(2) J'adore en particulier sa conclusion "Suivez le compte que vous voulez en gardant à l'esprit que prolonger de 228 ans un système bancal abandonné au bout de 14 ans, c'est ludique mais forcément un peu foireux."

(3) Du nom du député Charles-Gilbert Romme qui fut chargé du sujet avant que la Terreur ne le fasse considérer comme un ennemi de la République éligible à la guillotine. C'est ballot on aurait dû au moins lui laisser le temps de faire valider son boulot. 

 

 


Cahier du jour, déconfinement jour 31 : Vélo réparé (mais ça a coûté)

Déconfinement officiel 1 jour 58

 

Deux beaux trajets de #Vélotaf, ça s'affine, ça s'affine mais ça n'est pas encore ça. 

La bidir de Vannes est une bonne piste en tout cas, même si elle est déjà sous-dimensionnée (qui l'eût cru ?)
Les choses sérieuses commencent au boulot. Je prends des appels. Le hic étant que je ne peux que très rarement répondre seule et immédiatement. Mais mon poste de travail se complète peu à peu.
Chouette déjeuner entre collègues à la crêperie, dans leur cour. C'est quelque chose que j'avais perdu de vue du temps de mon métier de libraire : on se relayait le plus souvent, il était donc fort rare de déjeuner à plusieurs. Quand l'ambiance est bonne et les collègues sympa, des personnes avec lesquelles ont a des affinités, ces moments de détente et de restauration sont de belles occasions d'élargir l'horizon, d'apprendre des choses nouvelles sur des sujets que l'on ne connaissait pas, au gré des centres d'intérêt des un·e·s ou des autres.

J'ai commandé quelques livres photos dans un esprit "copies de sauvegarde" et bizarrement les livraisons passent toutes par UPS, alors que je m'attendais à des envois postaux de type colissimo. Inconvénient : même si ma fille qui télétravaillait m'en a sauvé un, il va falloir que je m'organise pour aller chercher les autres dans des "relais colis".
Le premier reçu est intéressant, la sélection ayant été faite en pilote automatique de l'application qui les prépare. Les photos retenues d'entre toutes celles qui furent publiées correspondent donc à ce qui de mon point de vue ressemble à une sélection aléatoire (même si ça tient sans doute compte des "like" et des formats), et c'est intéressant comme ça retrace pourtant bien les années écoulées.

 Le réparateur de chez Cyclofix est vraiment top. J'ai fait appel à eux parce que mes secours habituels étaient surchargés, et que le vélo ne tournait plus (ça aurait pris longtemps de le pousser jusqu'à eux). Philippe A me les avait chaleureusement recommandés et j'avoue que pour l'heure et comme suite à l'incident de circulation qui m'a laissée la roue voilée, malgré le prix qui est ce qu'il est (1), leur existence m'a bien dépannée. 
J'ai un mystère : il y a une sorte de liquide orange dans les pneus, comme un truc anti-crevaison. Or ce n'est ni moi ni JF qui l'avons mis (2). Et le réparateur des crevaisons en janvier, à Boulogne près de mon travail d'alors, ne m'a pas dit "Et je vous mets du produit machin contre les crevaisons". Il ne date pas non plus d'avant puisque pneus et chambres à air ont déjà été changés. 
Le réparateur a regardé pour enlever les morceaux de verre, qui étaient nombreux. Il faudrait que je le fasse régulièrement.

La soirée comme dab passe trop vite. À peine écris-je un peu ici, réponds-je à quelques messages sur LinkedIn et m'occupé-je vaguement de notre pharaonique 😎 projet immobilier (3) qu'il est déjà minuit.

Capture d’écran 2020-07-07 à 23.29.09 Capture d’écran 2020-07-07 à 23.29.09 Capture d’écran 2020-07-07 à 23.29.09 Capture d’écran 2020-07-07 à 23.29.09

 

 

(1) cher mais pas forcément moins en atelier. Leur déplacement en tant que tel n'est pas facturé.
(2) À moins qu'il ne se soit relevé pour le faire la nuit ;-) 
(3) acheter des toilettes autrefois collectives 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 

Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
11 896 126 cas (dont : 544 797 morts (133 757 morts aux USA) et 6 828 222 guéris

Pour tenter de tenir le moral bon, l'Auberge des blogueurs


Chroniques du déconfinement jour 16 : Bref accident de circulation

Déconfinement officiel 1 jour 43

Capture d’écran 2020-06-22 à 22.20.11 Capture d’écran 2020-06-22 à 22.20.11 Capture d’écran 2020-06-22 à 22.20.11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

partir au boulot à vélo, me faire renverser porte d'Asnières, revenir changer de vélo, repartir bosser. Arriver à 10h35 au lieu de 9h30 prévues.

pas grand chose à dire de ce stupide accrochage auquel je ne suis tellement pour rien que je n'ai aucun regret : 

Porte d'Asnières au moment de tourner vers la gauche lorsqu'on arrive dans Paris le feu est vert pour les deux sens perpendiculaires aux voies de tram. Nous sommes donc plusieurs à attendre alors qu'il est vert pour nous que ceux qui viennent de notre droite aient fini de passer. Il se trouve que je suis devant de façon "native" pas en m'étant faufilée, mais simplement parce que j'étais la première. Et je suis dans la droite ligne des tracés vélos au sol. 
Au moment où la circulation se tarit venant de notre droite, je m'élance et une voiture arrivée entre temps derrière moi et qui attendait tout pareil s'élance aussi, sans avoir vu que j'existais ou bien en ayant anticipé un démarrage aussi rapide que celui d'un véhicule motorisé - pourtant je n'ai pas traîné j'étais au taquet -. Résultat : exactement le même que si lorsqu'on marche on vous fait un croche-pied par derrière. Je n'ai rien vu venir, rien entendu, me suis retrouvée par terre sans avoir eu le temps de dire ouf. 


Capture d’écran 2020-06-23 à 01.40.55Bizarrement ma fréquence cardiaque n'a pas bondi, au contraire. Sur le graphique c'est au début quand elle plonge. 


Je me suis relevée aussi vite que possible et je nous ai vite mis à l'abri sur le trottoir le plus proche mon vélo et moi, car ça redémarrait au carrefour comme si de rien n'était. Personne ne s'est arrêté, sauf l'automobiliste lui-même mais si brièvement que le temps que je me retourne arrivée sur le trottoir il avait littéralement disparu. Ce qui fait qu'aussi étrange que ça puisse paraître, il s'est à la fois excusé et enfui. 
J'ai vaguement conscience qu'un homme jeune sur un vélo ou une trottinette, peut-être un livreur d'ailleurs, m'a demandé si ça allait. Mais sans s'attarder. Je le revois vaguement consulter son téléphone et filer. Peut-être un livreur qui attendait là une course et voulait bien se préoccuper mais pas davantage que d'être appelé pour la suivante ?

Il me reste : belle voiture anglaise de luxe à l'allure old-school. Vert sombre. Conducteur habillé très élégamment, sa veste de costume avait un élément de chic mais j'ai oublié quoi. Il m'a semblé que les plaques d'immatriculation étaient bleu ciel (mais ça n'était pas des chiffres et lettres inhabituels).

Le hic c'est que le vélo qui semblait entier, comme moi, avait en fait un vrai tracas, la roue arrière voilée au point que les freins l'enserraient. Avec mon petit "couteau suisse de cycliste" je suis parvenue à les démonter (ou quasi) ce qui permettait à défaut de pouvoir monter dessus de pouvoir le pousser en le faisant rouler. J'ai tenté de joindre en vain cyclofix (1). 

C'est décidé, ma première paie, je m'achèterai de quoi filmer. Par sécurité au moins rétrospective.

Journée de boulot plutôt sympa malgré ce piètre démarrage. Grâce aussi à la compréhension qui m'a été accordée et à la collègue auprès de laquelle j'étais aujourd'hui formée (je suis un peu chaque jour avec une personne différente ce qui me permet de voir toute la gamme des problèmes qui se posent) ; journée agréablement coupée par un déjeuner sandwich boulangerie pris dans un parc voisin en compagnie d'une autre collègue dont c'était aussi l'heure de pause. 

Dans la série c'était pas mon jour : des chèques déjeuner m'ont été distribués dès ce matin, en avance sur ce qu'on m'avait annoncé, soit dit en passant. Et donc je me dis Chic alors je peux en profiter. Or à la boulangerie la jeune femme a refusé de me faire un avoir. Alors qu'elle venait (certes de mauvaise grâce) d'en accorder un à la collègue qui me précédait. Comme nous n'avons qu'une heure de temps, je n'ai pas voulu faire d'histoire, ai sorti ma carte bancaire et puis basta. 

Du boulot je suis passée chez Simone, c'était chouette de la retrouver même si nous étions masquées.
Rentrer ensuite assez directement, de qui revenait à couper Paris du sud au nord-ouest, c'était chouette aussi la traversée de Paris au soleil couchant. 
Et que l'Homme qui ignorait tout de ma mésaventure, ait pris en charge le dîner et préparé une délicieuse omelette était top également.
La soirée, en revanche, est passée sans que je sache où. Je n'ai même pas suivi les infos. Ah si, j'ai vaguement tenté de reconnaître le modèle de voiture qui m'avait renversée.
Ce qui est très étrange c'est l'absence absolue de peur (ni sur le coup ni rétroactive ; je me dis juste heureusement que ceux venant dans l'autre sens (que je n'ai pas vus) ce sont arrêtés) et de sentiment. Je ne lui en veux même pas à ce type. Il avait l'air embêté, sincèrement. Mais il n'a pas été correct, il a ensuite filé. Je crois que j'étais un peu sonnée, j'étais concentrée sur le plus urgent, de se mettre hors de la circulation, puis voir si le vélo ça allait, et zut alors la roue arrière était coincée. Prévenir le boulot. Chercher un réparateur. Ne pas en trouver. Comment faire pour aller au travail quand même ? Une sorte d'hyper-pragmatisme calme qui a fait que je n'éprouvais rien, qu'un vaste Zut alors tous les réparateurs sont surbookés en ce moment ! compensé par un Bon sang comme j'ai bien fait de m'occuper du vélo jaune la semaine d'avant !

Je n'ai averti que Le Fiston car il venait aux nouvelles, en mode Bon courage pour ton boulot, passe une bonne journée, alors j'ai répondu que son début était moyennement bien engagé (mais l'ai rassuré, à peine le coude un brin égratigné, et le genou gauche ; je suis parvenue à tomber avec assez de souplesse et sans mettre en avant les mains mais en roulant de côté, comme il convient (à force de voir les makings of de Fabio Wibmer, il y a des trucs qui s'intègrent). 


(1) finalement suis parvenue en soirée à obtenir un créneau mardi prochain au matin.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
9 176 722 cas (dont : 473 421 morts (122 596 morts aux USA) et 4 903 995 guéris)

Pour tenter de tenir le moral bon, l'Auberge des blogueurs


Chroniques du déconfinement jour 15 : courir en forêt, et constater la baisse de niveau

Déconfinement officiel 1 jour 42

Capture d’écran 2020-06-21 à 13.20.10

 

 

Rachid l'Instit a eu pour ses élèves une excellente idée - j'apprécie les profs motivé·e·s parce que de m'en être jusque là à peu près sortie dans la vie je le dois beaucoup à certain·e·s d'entre elleux qui se donnaient un mal fou pour permettre aux mômes motivé·e·s de ne pas rester enfermé·e·s à l'âge adulte dans des vies étriquées - : un petit document à remplir pour exprimer comment ça s'est passé, le confinement, l'épidémie, tout ça.

De notre côté un sunday morning run en forêt. Comme la veille lors de notre balade à vélo en bords de Seine, un monde fou à courir ou pédaler. Tout semble se passer comme si les gens tentaient de se rattraper en activités d'extérieur, du fait d'avoir été confinés. 

Le hic c'est que toute cette foule, dont nous sommes, croyant naïvement en partant que nous ne serons pas tant, risque de contribuer au reconfinement suivant. 
C'était encore pire pour les rassemblements (en Belgique, entre autre place Flagey à Bruxelles et à Paris presque partout, pour la fête de la musique), sans compter que la Normandie est devenue zone rouge même si elle n'est pas déclarée comme telle pour l'instant, clusters vers Rouen 

Si j'avais des vacances à prendre, je serais bien embêtée pour prévoir quoi que ce soit. 

Nous avons fait un tour réduit, par rapport à notre habitude en forêt de Montmorency qui est plutôt de 14 km. Mais JF a voulu couper par la tourbière, chemin pierreux peu praticable (route des fonds). Il a encore trouvé moyen de demander son chemin à des gens alors que je savais où nous étions - il demande avant de me demander, simplement parce qu'il se sent perdu cet idiot, il suppose aussitôt que je le suis aussi -.  Malgré le peu de kilomètres et le rythme assez bas, la fatigue était relativement forte. Et pourtant durant le confinement nous avons pratiqué gymnastique régulière et course à pied (même si limitée). Mais voilà, même si les muscles ont été maintenus, les os et les articulations n'ont plus l'habitude d'un effort dehors prolongé, quelque chose de cet ordre.

Je passe l'après-midi à récupérer du matin (et de la semaine) et à lire et écrire. Ça passe trop vite, le temps personnel.
L'Homme est à son club et notre fille tente une sortie dont elle rentre catastrophée par l'absence de conscience épidémique des gens. Une partie des gens s'en fout à présent. Une autre partie, comme nous pour le sport ou elle qui souhaitait retrouver des ami·e·s, ne s'attend pas à être si nombreux là où nous nous trouvons. Plus ou moins consciemment nous nous référons à la fréquentation par exemple des mêmes lieux à la même saison l'an passé. Or s'il y a moins de touristes, c'est d'ailleurs frappant, il y a comme une frénésie générale de sorties à l'extérieur qui fausse cette estimation que l'on se faisait et qui semblait aller avec un risque raisonnable.

Et en attendant il faut continuer à aller au boulot. Pas le choix. 
Par chance à mon taf, les gens sont respectueux et raisonnables, mais y aller implique un risque dans la rue, lors des trajets, au moment des repas etc.

Entre ces nouvelles sombres de l'extérieur, et le fait de voir fondre mon temps, le sunday evening five o'clock blues que j'avais pu tenir à distance pendant onze ans car mon dimanche était plutôt le lundi, et qu'un blues du lundi, qui n'était pas partagé par les autres membres de la famille était de facto moins costaud, est revenu plus fort que jamais. Heureusement deux amis en venant me causer par messagerie interposée me l'ont un peu apaisé.

Messages, travail pour la maison (rangements etc.), à peine deux semaines de reprise de travail et déconfinement et me voilà à nouveau en retard dans tout ce que je fais. C'était quelque chose de formidable pour moi, lors du confinement : cesser d'être en retard dans les tâches que j'avais à accomplir, pouvoir enchaîner à mon rythme, sans pression extérieure et accepter ma fatigue. C'est déjà reparti de cavaler après des délais.

Je suis tombée sur cette video de Rick Beato et j'ai apprécié (mais hélas le week-end s'achève alors je n'aurais pas le temps d'aller en regarder d'autres)

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
9 007 724 cas (dont : 468 761 morts (122 211 morts aux USA) et 4 788 707 guéris)

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Chroniques du déconfinement jour 10 : En transports c'est plus long

Déconfinement officiel 1 jour 37

 

Il pleuvinait au matin, c'était menaçant en tout cas alors j'ai opté pour les transports en commun : lignes L + 14 + 4 avec de bonnes correspondances. Il m'a fallu 1h05 c'est à dire davantage qu'à vélo avec le chemin direct. J'étais un peu surprise, ma jauge d'aller plus vite qu'en transports était jusqu'alors de 10 km pas 12 (d'autant plus que je respecte les feux rouges). Il n'en sera pas de même lorsque la ligne 14 arrivera jusqu'à la porte de Clichy.

Journée intense, formation le matin avec quelqu'un que j'étais heureuse de retrouver et suivre quelqu'un en doublon l'après-midi, qui avait hélas des cas peu pédagogiques à se mettre sous la dent, mais j'ai eu le sentiment comme elle expliquait fort bien, d'avancer quand même. 
Rapide déjeuner sur l'herbe le midi, presque en bas de chez mes amis. Repas japonais francisé, une formule déjeuner. Le hic de ne disposer que d'une heure est que pour peu que l'on attende un peu d'être servi·e·s, on n'a guère de temps restant.

Drôle de période bizarre, on n'est vraiment pas certain·e·s d'être sorti·e·s de cette épidémie.

Alors que j'entamais les démarches pour résilier ma précédente mutuelle, puisque le contrat de travail en comporte désormais une, je me suis aperçue que je n'ai vu aucun médecin depuis bientôt un an. Effet de surmenage (quand j'étais en maison de la presse, puis en soutien de Noël à Les mots et les choses), de zéro temps personnel dispo, auquel a immédiatement succédé la pandémie ; combinés avec la chance de n'avoir pas été malade ou pas vraiment, et le tour est joué. C'est une fausse bonne nouvelle : à mon âge j'aurais dû faire différents examens de surveillance, de prévention. Ça n'est pas sans risque de laisser les contrôles de côté. 
Et à présent on verra à la fin de ma période d'essai si toutefois l'épidémie n'est pas repartie à la hausse d'ici là.

Car les nouvelles ne sont pas bonnes, ça repart en Chine et l'Inde est en pleine tourmente (plus de 2000 morts aujourd'hui). Aux USA les déconfinements par états ont lieu bien trop tôt. Un article relayé par Abie indiquait que la Floride a déconfiné alors que d'un point de vue épidémique elle en est à l'équivalent de la France à fin mars. 
Ça n'est pas le moment de faire comme si de rien n'était, comme si tout ça était derrière nous. Grosses incertitudes, en réalité.

Aux TG italien que je regarde rapidement vers 22h sans LT car j'ai entrepris en même temps de me mettre enfin à jour de démarches administratives qui traînaient (dont les Impôts, ça commençait à ne plus aller), il était surtout question de l'Italie même, avec une sage prudence de rigueur, mais l'accent était mis clairement sur le redémarrage de l'économie et le fait de parler un peu d'autres choses. 

Je retrouve peu à peu une vie sociale mais outre le fait que je m'efforce de me ménager pour être bien en forme toute la journée à mon nouveau travail, je reste très circonspecte quant aux différentes activités potentiellement risquées très trop vite trop rassemblés trop prêts. Et quand bien même mes ami·e·s me manquent. Quant au port du masque je suis nettement dans la ligne de conduite que défend Martin Winckler. Parfois dans la rue je l'enlève cependant, lorsqu'il n'y a pas grand monde : pure fatigue de le porter au travail en continu.

La discipline dans les transports en commun me surprend agréablement : tout le monde observe l'obligation et les sièges vides à laisser entre chaque personne sont respectés autant que possible.
J'effectue mon retour en expérimentant de prendre le RER B à Laplace, ai de la chance d'en avoir un rapidement puis de ne pas trop attendre à Saint-Michel pour le C (alors que le suivant était à 35 mn de celui que j'ai eu). C'est un trajet reposant, peu de monde, un seul changement, c'est très calme, j'ai lu mes mails et des infos sur Twitter. Seulement point de vue durée pas très favorable : 1h20 à 1h25 porte à porte. 

Ce qui est remarquable sur les deux journées où j'ai pris les transports en commun c'est l'agréable absence de personnes faisant la manche. Je me demande pour autant ce que deviennent, parmi elles, celles pour qui c'était vital de parvenir à gagner de l'argent comme ça. Elles ne doivent pas avoir totalement disparu. Et leurs revenus incertains se sont tassés. Alors comment survivent-elles ?

La soirée est trop courte, comme à chaque fois. Un phénomène curieux semble faire que quoi que je fasse et malgré les légères variations de mon heure de retour, je ne suis pas à profiter d'un temps personnel hors temps physiologique (disons ça comme ça : manger, se laver ...) avant 21h. Ça ne fait pas bézef de vie personnelle active. 

Écouté encore un peu de Beatles stories, tout en écrivant les choses du quotidien.
 Je crois que ce qui me fascine avant tout c'est d'avoir été, même si trop jeune pour en être autrement qu'en faisant des tours de manèges en entendant leurs succès, contemporaine du phénomène. Pour l'heure me plonger dans ces époques (les 60ies et les 70ies), me sert clairement de bouclier contre le risque d'avoir l'esprit envahi par des craintes et des colères (devant l'attitude des pouvoirs publics de ce pays) liées à l'épidémie, et dans une beaucoup moindre mesure au stress que représente un nouveau boulot combiné à l'apprentissage d'un nouveau métier. Aujourd'hui me trottait en tête par exemple un extrait d'ITW dans lequel George Harrisson en 1977 (je crois, à moins de John Lennon en 1974) disait en parlant de Pete Best qu'il était un lazy drummer, n'avait pas fait de progrès et surtout qu'il était trop lent à la détente, nous autres on était rapides de pensées et d'échanges et lui il était toujours un moment après. 
Sans doute que je songeais à ma façon de rechercher la présence de personnes plus rapides que moi de pensées afin d'être celle qui doit s'efforcer de suivre. D'où certains déboires affectifs. 
Longtemps, pour cause de pandémie, que je n'avais pas pensé à des considérations personnelles ; c'est sans doute ça que je dois retenir.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
8 239 124 cas (dont : 444 790 morts (119 091 morts aux USA) et 4 297 540 guéris)

Pour tenter de tenir le moral bon, l'Auberge des blogueurs


Chroniques du déconfinement jour 7 : premier samedi libre de période travaillée

Déconfinement officiel 1 jour 34

    

    Je reste stupéfaite au réveil de l'étrange journée que j'ai devant moi : un samedi de période de travail qui ne soit pas travaillé, ni pourvu d'une activité "en dur". C'est là que les cours de danse me manquent le plus : j'étais tant habituée avant les samedi de libraire aux samedi dansés.

Le fiston me manque aussi. C'est à présent, de retour du confinement que je mesure à quel point son départ laisse un grand vide. Même si nous échangeons par messagerie, ç'en est fini de nos conversations au fil de ses passages dans la cuisine. De sa présence rassurante pour moi. De nos plaisanteries de connivence. Le confinement en aura retardé la violence : il était normal qu'il ne soit pas là puisque chacun était confiné ici ou là. À présent c'est la vie d'Avant mais pas en vrai et sans tout ce qui était le plus chouette. Une vie désenchantée.

Finalement ce samedi comme j'en ai peu connus sera consacré à quelques bricoles pour la maison et un trajets jusqu'à l'autre bout de Levallois pour déposer le vélo jaune à réparation (l'axe arrière, mort ou presque ; on peut attendre qu'il casse me dit le réparateur, arguant que ça n'engendrera pas de chute ; bah euh ben comment dire, je ne préfère pas). Au retour, étape très raisonnable à la boutique du LSC par soutien (et de mon moral et de la boutique) (1) et pour acheter un poulet rôti là où ils le font bon. 

Je porte un masque, sauf pour le trajet aller du vélo ; personne ne m'y oblige mais nous sommes assez nombreuses à le faire. Les hommes nettement moins. 

Au passage je croise des hommes se faisant un check normal et d'autres personnes se donnant du coude ; certaines personnes respectent scrupuleusement une distance de sécurités et d'autres sont déjà en mode "retour à la normale".

JF passe l'après-midi à la pétanque et moi dans une sorte d'état cotonneux que j'espère récupérateur. Je lutte comme je peux et y succombe quand j'estime avoir accompli un minimum vital dans la maison (lessive, quelques bricoles, dont de l'administratif) ; une fois passée l'heure à laquelle j'aurais pu recevoir un SMS du réparateur pour la mise à disposition du vélo et aller le chercher aussitôt, je prends une bonne douche dans l'espoir qu'elle me réveille. Peine perdue.

Je n'ai pas totalement perdu mon temps : vu le film La Parmigiana (1963) avec Catherine Spaak dont je suis étonnée de trouver ensuite une vidéo récente (2016 ?) dans laquelle elle dit du bien de Marcello Mastroianni. #MeToo étant passé par là, je me dis que belle comme elle était, et entrée toute jeune dans le circuit (si La Parmigiana est sorti en 1963 en ayant été filmé en 1972 elle n'avait que 17 ans), elle a dû en supporter des saloperies. 

Et je poursuis ma lecture documentée (j'écoute les musiques citées, je cherche les photos évoquées, je lis des articles qui apparaissent lors de ces recherches ou bien des videos documentaires) de The Beatles Tune In, toujours aussi passionnant mais peu pratique à lire au lit.  

Bref échanges de nouvelles par SMS avec une grande amie, laquelle a de bonnes nouvelles et ça m'ensoleille la fin de journée.

Un regret : je comptais passer à l'Attrape-Cœurs mais comme le réparateur m'a dit de passer aussitôt, je me suis concentrée sur le vélo et comme j'attendais qu'il me dise éventuellement de venir le rechercher le soir même, je ne suis pas ressortie. Et puis quelque chose me pousse à me déconfiner avec modération ; sans qu'il ne s'agisse de crainte car je suis persuadée au fond de moi de m'être bagarrée déjà avec le virus, m'être sentie bizarre en février - mars et que peut-être je suis immunisée, mais par une forme de De grâce restons tous le plus prudents possible. Dans le même ordre d'idée, je porte un masque dès que nécessaire et très scrupuleusement. Pareil pour le passage des mains au gel hydroalcoolique. Ça tient un peu du rituel, comme des gestes destinés à apaiser le dieux furieux des épidémies. 

Je voulais me coucher tôt mais il s'est trouvé soudain qu'il était minuit trente. C'est donc encore raté.

Il y  a eu une grande manif contre le racisme à République marquée par nassage et gazage alors que rien ne se passait, des identitaires qui ont déployé une banderole raciste provocatrice qu'un acrobate a grimpé ôter.

À part ça j'ai peu suivi les infos, il y avait saturation d'éléments venant de l'extérieur, du fait d'être retournée travailler et du contraste d'avec la période de parfait retrait qu'avait pour nous été le confinement. Il y avait une prise de parole de Giuseppe Conte, que je n'ai pas écoutée en entier, par fatigue.

Dommage, c'était beau ce qu'il disait "Vogliamo inverstire sulla bellezza"

 

(1) par un phénomène curieux : je ne m'aime pas en photo sauf sur les images de pratiques sportives et le shopping ne me remonte pas le moral ... sauf les vêtements de sport. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 848 631 cas (dont : 431 534 morts (117 482 morts aux USA) et 4 016 178 guéris)