California dreamin'


    C'est en lisant ce billet de Fanny Chiarello, et en me remémorant une conversation avec ma petite sœur, qu'il m'est revenu une pensée délicieuse, à savoir que quoi qu'il advienne par la suite et même si j'ai eu mon lot de furieuses difficultés, toutes en mode, quelque chose survient et il convient de faire face, j'aurais eu une vie assez formidable en terme de rêves pas même faits mais réalisés.

Entre autre (il faudra que j'y pense un jour calme), le "rêve" californien. D'où je viens et à l'époque d'avant l'internet où je suis  née, prendre l'avion était un truc de riches, pour nous inenvisageable, et la Californie c'était un truc de dans les films américains, pas en pour de vrai. Ou pour les gens d'un autre monde. Sans doute du fait de ma santé fragile et de nos difficultés quotidiennes, je ne les enviais même pas, j'essayais de bien survivre dans mon petit monde à moi, puisque tel était mon lot. Ça n'était pas non plus de la résignation, mais une force toute féminine de type : voilà notre situation, voilà les choses à faire et mon défi c'est d'y parvenir malgré tout.
Donc la Californie était pour moi un lieu imaginaire, une sorte de Cinecittà d'au loin là-bas.

Et puis un beau jour, une grande amie qui avait émigré, et que j'aime beaucoup même si la vie nous a malgré nous éloignées, nous y a invités mon amoureux et moi. Nous attendions notre premier enfant et j'ai immédiatement pigé que ça serait avant sa naissance ou jamais. Alors hop. J'ai fait un gros trou dans notre compte en banque pour payer l'avion en mode confortable (un vol Air France sans changements) et des cadeaux pour la famille qui si généreusement nous accueillait, et voilà.

Ce ne furent qu'une quinzaine de jours et la grossesse ne m'épargnait pas. Mais nous fûmes heureux et heureux de retrouver les amis et ce temps de joie m'a aidé énormément par la suite, j'y retournais mentalement chaque fois que les coups durs s'enchaînaient. Je me disais, j'ai reçu en cadeau, grâce à des personnes généreuses quelque chose que je n'imaginais pas même possible pour moi.

Dans le même ordre d'idées il y aura eu la chorale qui m'a permis de chanter au Zénith et dans un stade pour Johnny. Ma seule ambition avait été de chanter, malgré une gorge souvent enrouée. Et voilà qu'à chanter je tombais moins malade et que cette opportunité s'était présentée. C'est une expérience qui a changé ma vie, par la suite, je ne me suis plus laissée faire de me résigner à une vie grise, le gagne pain, les trajets, et rentrer le soir lessivée (1) ; et j'ai pu prendre quelques bonnes décisions. Faire de belles rencontres.

Et aussi le comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun, pour lequel je me suis donnée à fond et qui restera en ma mémoire comme le moment de ma vie où j'aurais été utile à une cause collective et qui s'est finie bien. Je l'ai payé cher dans ma petite vie, car les petites gens paient souvent cher leurs engagements et n'ont pas de filets de protection pour la suite, ils sortent des limites que la société leur avait imposée et quand ça se termine ont perdu la petite place de survie qu'ils y avaient. Seulement je n'ai jamais regretté de m'y être lancée de toutes mes forces.

Il y a eu bien d'autres choses. À part le cyclo-cross, je me suis essayée à tout ce qui me semblait me convenir, ou représenter pour moi un défi sportif insurmontable (il m'en reste sous la semelle côté course à pied et triathlon, des aventures à essayer tant que me l'autorise ma santé). La danse en faisait partie. Animer une émission de radio aussi.

La moi de douze ans, si on lui avait dit, Quand tu seras grande, tu feras ça et ça, elle ne l'aurait juste pas cru. Elle n'imaginait rien d'autre qu'une vie de labeur, peut-être d'un certain niveau (de 13 à 19 ans je voulais faire de la recherche en physique nucléaire et quantique, j'avais eu une sorte de bouffée de vocation), mais dans le travail à fond, et rien d'autre.

Je comprends donc très chaleureusement ce que veut dire Fanny dans son billet. Parfois la vie nous accorde un truc qu'enfant on n'osait pas trop pour soi-même imaginer. Ou alors en rêve. Et ça donne une force formidable pour la suite.

 

(1) Ce que pourtant je fais actuellement seulement c'est dans le but déterminé de tenter de sauver une retraite qui serait éthique si je n'effectuais pas cet ultime effort. Et c'est aussi pour ma fille.


Première corrida de Houilles et première fois que je parviens à suivre un pacer (à 70' , ne rêvons pas)

    

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Alors au départ cette journée avait un petit air de Quand ça veut pas ça veut pas.

En premier lieu et alors que la veille avait été une bonne journée (il n'y en a pas tant que ça, tant sont englouties par les obligations), on avait reçu juste avant d'aller dormir la triste annonce de la mort d'un vieil ami, avec le supplément de peine qu'il y a à l'apprendre incidemment et après coup (1). Ça rend le réveil triste, forcément. Et c'est la moindre des choses, en sa mémoire.

Puis c'était mal emmanché, je voulais partir à l'avance afin d'avoir le temps de poser tranquillement mon sac de vêtements chauds à la consigne, aller aux toilettes et surtout compte tenu de la température entre -2°c et 0°c soigneusement m'échauffer.

Seulement comme je n'étais pas dans mon assiette (cf 1er §), j'ai oublié mon téléfonino sur le chargeur, dû revenir en arrière, prendre le train suivant et trouvé moyen à Nanterre université de rater ma correspondance : le train qui était à quai tout au bout (train court) était celui que le panneau d'affichage indiquait comme "à l'approche".
Par ailleurs pendant la course, rempochant mal avec les gants un mouchoir en tissus qui me sert fréquemment, et auquel je tenais car il me venait de ma mère, je l'ai semé quelque part.

Enfin j'ai la jambe droite douloureuse vers l'extérieur de la cheville et par moment les ischios. Comme ce ne sont pas des douleurs stables j'ai l'impression qu'elles sont liées au froid.

Malgré ces points d'adversité, la course s'est bien déroulée pour moi et encore mieux pour Le Joueur de Pétanque.
J'ai retrouvé mes camarades de club facilement, eu le temps d'aller aux toilettes avant la course ce qui m'a permis de n'avoir aucun temps perdu (malgré le froid) et pu partir dans le pack en me mettant sur le côté, c'était bien.

Le circuit en trois tours fait que l'on est doublé deux fois, lorsqu'on est parmi les lents. Il nous permet aussi de voir les rapides de près et ça s'est fort bien.

J'avais deux couches de vêtements aux jambes : le collant long 2XU et un collant court Adidas acheté large pour pouvoir le mettre dessus. Et trois en haut : le vêtement spécial froid de chez Verjari (hé oui, ça fonctionne) le tee-shirt de la course et une thermique vélo légère manche longue de mon club de triathlon. Le vêtement froid possédait une partie intégrée protégeant la main et j'avais des gants de vélos légers jaune fluo. Deux tours de cou dont le Rains très chaud et un autre sur les oreilles complété par ma casquette d'hiver Varsity. Et les chaussures Saucony (n'étant pas une influenceuse cavalcade, j'ai oublié le nom du modèle) avec lesquelles je fais un semi dans le plus grand des conforts.
J'ai tenu le -1,7°c sans problème.

Sur 1h10'30'' car oui pour la première fois de ma vie de coureuse à pied, j'ai pu m'offrir le luxe une fois qu'il m'avait passée de suivre un pacer celui des 70'. C'est quelque chose de très confortable en fait.

La course des as a été le petit bonheur des populaires qui pouvaient rester, malgré le froid. Vin chaud, chocolat chaud et crêpes nous ont permis de tenir et d'encourager. 
C'était chouette de pouvoir le faire pour Valentin André, Baptiste Cartieaux, les copains du club de triathlon, et Nico de la NTV ; bref tout le monde était là, et ça filait impressionnant. Un de nos gars, Maxime, a fait un excellent temps, P'tit Marco, fin de crève, était à la peine mais ça ne se voyait pas dans sa façon (à moins de le connaître, comme nous, qui l'avons déjà vu donnant l'impression de voleter) 0-2146-11155-84-05084-0Rb4MX 0-2146-11153-92-00392-RAnIAa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons pu échanger quelques mots avec les uns et les autres à l'arrivée et puis sommes repartis en train sans trop traîner car la plupart d'entre nous souhait voir la finale de football Argentine - France.

Le trajet collectif fut sympa et après tant de froid le confort des Bombardiers fort apprécié.

Le Joueur de Pétanque alla directement à la pétanque voir le match en collectif, tandis que je rentrais et, fait exceptionnel, m'accordai un bon bain chaud avec lecture. Tout était très silencieux. Je me suis mise au lit dans le noir, en récupération. Des clameurs m'ont réveillée et j'ai cru que l'équipe de France l'avait emporté. Quelque chose m'a fait pensé à des prolongations. Ensuite j'ai perdu la notion du temps. Aurais-je voulu voir le match plutôt que d'ignorer jusqu'au bout cette coupe du monde qui me peinait (et pour l'aberration écologique et pour les victimes sur les chantiers, et pour les atteintes dans ce pays aux droits humains), que j'en aurais été incapable.

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Petite soirée tranquille, Le Joueur de Pétanque étant rentré de bonne humeur, sa prestation en course (52' environ) l'avait ravi et le match de football lui avait bien plu, s'est chargé de cuire du riz et des filets de poissons, je me suis occupée du linge et de télécharger les photos de la compétitions qui étaient non seulement déjà disponibles mais en plus via une reconnaissance faciale diablement efficace. D'où l'image en mode Où est Charlie au début de ce billet et une photo d'un des camarades de club alors que nous l'encouragions.

À présent, il va falloir affronter une semaine de six jours de travail, avec un seul jour de repos entre celle-ci et la suivante. Une épreuve autrement plus épuisante qu'un 10 km par -1°c ou -2°c.


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(1) Lui pratiquait les réseaux sociaux mais c'était plutôt rare pour quelqu'un de sa génération et nos amis communs n'y sont guère ou très peu.


Jour de congé, de récupération et d'une mauvaise nouvelle

 

    Je bénéficiais d'un jour de RTT non demandé - en général mes jours de RTT sont comme les voyages que j'effectue, c'est toujours parce qu'il y a quelque chose de particulier à faire -, et j'espérais bien en profiter pour, au moins, ranger.

Au bout du compte, j'ai dormi, effectué une bonne séance de course à pied, et dormi ou somnolé.

Mes jours de congés, à part le sport que je parviens encore à sauver, mes jours de congés, week-ends inclus ressemblent de plus en plus à des jours de maladie, sauf qu'il n'y aurait pas de souffrance particulière, juste un immense et inextinguible besoin de sommeil et d'être en position allongée.

J'ai enfin pu suivre les conseils des uns et des autres et un peu l'information sans arriver au soir en me demandant ce qui avait bien pu survenir pendant que le travail m'engloutissait.

Alors d'abord une pépite, un régal, que je dois à une suggestion pertinente de mon kiné : 

La véritable histoire de d'Artagnan

J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois car je dormais c'était plus fort que moi, mais il est fort bien documenté, bien raconté, et il y a une historienne dont les yeux pétillent à l'évocation de son sujet qui fait du bien à écouter. Et puis, on y voyage un peu.

J'ai pu lire un peu de blogs, oh comme ça fait du bien, et sur l'un d'eux une question philosophique d'un enfant et un lien proposé m'a emmené jusqu'aux articles de Robert Mcliam Wilson au sujet du procès de l'attentat de Nice en juillet 2016. Je me suis rendue compte au passage que j'avais zappé le fait que le procès avait lieu à Paris.

Bien sûr j'ai retrouvé, Rhys, Syblo et les Artisans de demain.

J'ai apprécié (oui, vraiment) un article du Parisien : Pourquoi cette année encore le Père Noël sera une femme débordée

ainsi que les conseils de la DGSI pour éviter d'être espionnés à l'étranger. Le

  • Mémoriser si possible le niveau de la batterie qui ne doit pas normalement baisser de plus de 5%...ni remonter !

aura fait ma soirée (merci Momo le Mamouth qui avait partagé ce lien)

Une date malicieusement (ou malencontreusement) choisie m'a fait bien rire.

Certaines infos concernant les interpellations liées à l'après-match de coupe du monde de foot de la veille, en revanche, beaucoup moins. Des groupuscules d'extrême-droite ont profité de l'occasion pour propager leur violence, et d'autres ont failli le faire, mais, à Paris, ont été interceptés à temps. On en est là. Les actions semblaient concertées. 

En regardant des infos normandes, je suis tombée sur un jeune Griezmann, qui faisait des débuts en sélection U19, en chaussettes et timidement quand un certain Gaël Kakuta, promis à un brillant avenir, aura finalement eu une vie footballistique faite de prêts, blessures, relances, puis déceptions. C'est intéressant car on peut y suivre le parcours qu'ont tant de footballeurs qui déjà peuvent être fiers d'être devenus pros et d'avoir fait de leur passion un gagne-pain. Il ne faut jamais perdre de vue qu'en sport de haut niveau ceux que l'on voit lors des grandes compétitions sont pour les meilleurs des meilleurs des meilleurs et qui ont su s'imposer malgré une concurrence folle. On peut aussi y voir que côté hommes, dans les clubs de niveau international, un salaire de 60000 €/mois est un montant pour ceux qui peinent à trouver leur place.

Un de mes TIL fut de découvrir que Charles Conrad, que tout le monde appelait Pete, un des astronautes oubliés parce que faisant partie de la mission Apollo 12, alors lui et ses collègues sont passés à l'oubli plutôt qu'à la postérité, était mort dans un accident de moto. Il ne faut jamais sous-estimer la force de l'ironie du sort.

J'ai aussi appris (ou ré-appris) ce qu'était un bathos, cette figure de style qui consiste à partir dans une envolée lyrique puis lui retirer le tapis sous les pieds.

En toute fin de journée j'ai appris le décès de ma dernière tante d'Italie, zia Mariuccia, femme de feu mon parrain zio Michele, et même si elle était depuis longtemps clouée sur un lit en maison médicalisée et ne reconnaissait plus personne, c'était une triste nouvelle. Les souvenirs de bons moments reviennent. Ceux de mon cousins Pierrino, son fils, aussi, mort à 11 ans dans un accident de rue, alors que ma petite sœur venait de naître. Conjonction de grand malheur et grand bonheur qui au fil de la vie n'aura cessé de m'accompagner.
Avait-elle encore des amies ? Quelqu'un d'autres que nous les nièces, dont moi lointaine, pour la pleurer ?

Travailler demain sera difficile, alors que j'avais tout fait pour bien récupérer. C'est ainsi. 

 

 

 


dans l'air du temps (les mots abîmés qui sont)

    

Capture d’écran 2022-12-10 à 21.06.01    Une question de Nordy sur Twitter a permis de créer dans les réponses une sorte de catalogue des mots qui sont soit directement laids (tout ce vocabulaire entrepreneurial, par exemple) soit étaient beaux mais se sont faits abîmer parce qu'ils ont été pourris par les usages managériaux ou politiques (bienveillance, humanisme ...).

Au passage, j'ai appris un mot nouveau (pour moi), moraline qui, si j'ai bien compris, a à avoir avec Nietzsche et la moral judéo-chrétienne.

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La deux chevaux de Dallas


  Capture d’écran 2022-12-09 à 23.28.27  C'est chez l'ami Olivier, au cours de son voyage virtuel du jour, une deux chevaux jaune à Dallas.
Par curiosité j'y suis à mon tour allée voir : elle y était en avril 2022 mais aussi lors des passages de la google car en 2019 et 2018.

Capture d’écran 2022-12-09 à 23.29.26 Capture d’écran 2022-12-09 à 23.29.26En revanche en 2008, en ce même endroit il n'y avait rien, et le petit bâtiment sans étage semblait n'avoir pas le même usage.

Ces bribes de voyages virtuels, à la fin de journées, de semaines de travail qui m'ont épuisée me font un bien fou. Merci Olivier. 
(j'en faisais avant, mais lui à l'art de la régularité et aussi de dénicher des petits trésors du quotidien)


Triathlète malgré tout

 

    Aujourd'hui malgré une grosse journée au boulot et une soirée amicalo-culturelle (oh comme ça fait du bien de retrouver un peu de vraie vie), j'ai pu pratiquer un petit peu des trois sports. Et sans terminer épuisée, en tout cas pas davantage qu'après une journée de travail sans rien de plus.

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You know what, I'm happy ! (Droopy like)


Films des années 80


    Sans l'avoir vraiment recherché, j'ai revu récemment deux films du tout début des années 80, que j'avais je pense revus une fois dans l'intervalle.

Il s'agit de "Diva" et de "Le père Noël est une ordure". Il y a un plaisir qui n'y était jadis pas, de revoir les extérieurs de l'époque. J'étais à un âge qui m'équipait d'une impression de Maintenant c'est comme ça, sans imagination d'un moment où les modes de vie et modèles de voiture seraient radicalement différents.
J'aime bien revoir le Paris tel que mon cerveau l'avait estampillé d'immuable.

Et il y a un étonnement. Si ma mémoire de certaines scènes et dialogues est restée parfaitement fidèle à l'œuvre d'origine, dans les deux cas il y a un grand pan de l'histoire qui était totalement passé aux oubliettes.

Pour Diva, toute la partie de l'intrigue concernant la cassette de confession qui peut compromettre le commissaire ripoux.
Pour Le père Noël, toute la partie concernant le réparateur d'ascenseur et la scène pourtant assez longue, au zoo de Vincennes.

Ce qui est drôle c'est que dans les deux cas, le cut opéré par ma mémoire laisse un film cohérent : un peu comme si mon cerveau faisait impeccablement le taf de raccourcir l'œuvre pour qu'elle soit conforme à une durée souhaitée.

Et si ça tombe, "ma" version serait mieux, sans pesanteur dans un cas, et moins violente dans les deux.
On en fait toujours trop.

(Après, s'il faut attendre 40 ans (?!!!!?) de décantation mémorielle pour obtenir l'œuvre parfaite, on n'est pas rendus)

 


Un semi en demi-teintes

(domenica)

 

J'en avais fait un objectif majeur de ma saison 2022 /2023, je visais un sub 2h30 en me disant que si j'y parvenais je prendrais le risque de tenter le marathon de Bruxelles à l'automne prochain.

 

Je m'étais entraînée le plus sérieusement possible compte tenu de mes contraintes de gagne-pain et des aléas de la vie (un décès dans ma famille, avec rapide séjour en Italie ; une opération pour quelqu'un de la famille).

OK, j'avais mis 2h56 pour faire les 20 km de Paris à Turin mais j'étais en deuil et devais composer avec la traversée de la ville jusqu'à un parc qui se prêtait à la course dans interruptions.

Je souhaitais partir à l'avance, déposer calmement mon sac à la consigne, passer aux toilettes et faire un échauffement en bonne et due forme. Pour cause de réveil relativement tardif et peu d'entrain du partenaire (lui préfère en tous lieux, tous temps et toutes occasions arriver en dernière minute en se stressant en se hâtant (ou en faisant attendre les gens s'il s'agit de choses amicales)), ce ne fut pas le cas. Mais nous avons bien eu le temps de poser mon sac posément. Puis d'attendre dans notre sas > 1h50

J'ai plutôt bien démarré, ne me faisant dépasser par les meneurs et meneuses d'allures pour 2h15 qu'entre le 3ème et le 4ème km et parvenant à les garder non loin jusque vers 5 ou 6 km.
Aux ravitos j'ai pris le temps d'un gobelet d'eau et d'un ou deux quartiers d'orange. J'ai eu aussi une pause pipi et un peu plus, de 2'30'' d'arrêt. Il a plu par deux fois, une fois en mode petit crachin l'autre en belle averse mais j'étais parfaitement équipée (1).
Discuté par deux fois avec deux vieux messieurs, je veux dire messieurs de mon âge, l'un lors du croisement avec les champions (carrément une autre planète que nous autres les lents) et l'autre lors de la drache alors que nous "ramassions les morts" (mais lui à un rythme supérieur au mien, je n'ai pas tenté de le suivre).
Nickel sauf le manque patent d'énergie et le cardio qui indique clairement, n'accélère pas (2), à partir du 15 ème kilomètre j'y suis allée au mental. Le dos vaguement douloureux mais pas pire en courant qu'en ne courant pas, c'est ainsi depuis plus ou moins notre retour d'Arras, les jambes en bon état, zéro crampes, tout bien. J'aurais pu, en ralentissant, faire 5 km de plus sans tracas.

 

 

 

Après la ligne d'arrivée, j'ai craqué, car j'avais raté mon sub 2h30 de peu et que je n'en peux plus dans les différents domaines de la vie de me cogner sans fin contre mes limites d'énergie et d'oxygénation, alors que ma carcasse et mon cerveau sont costauds.
Le Joueur de Pétanque était là qui lui a fait un excellent 2h02 par rapport à lui-même, et qui tentait de me consoler mais une femme à l'air un peu espagnol (?) et qui m'a offert des raisins dans un gobelet a joué pour moi les anges de Wim et trouvé les mots justes. Je lui ai dit merci mais j'aimerai le lui redire.

Bu un bouillon fort bienvenu, récupéré le sac qui n'était pas le dernier du camion (on a les victoires que l'on peut) et puis nous sommes allés au gymnase Paul Bert, moi enfiler des vêtements sec, Jean-François se faire masser (il s'en est sorti tout ragaillardi). On nous a offert à nouveau de l'eau Veolia.

Retour en métro mais ça n'était pas la moindre épreuve. Jean-François qui était allé "en tenue" : deux épaisseurs de tee-shirt et un simple coupe vent, était transi et malgré mon rechange je commençais à avoir des fourmis dans les doigts.

Après-midi de récupération, collation légère après la douche, regardé des résumés de cyclo-cross (aaaah MVDP ! Et Tom Pidcock pliant une roue), un vieux Maigret (et le fou de Bergerac) avec un endormissement instantané de ma part vers les 2/3. 

L'Homme s'est gentiment occupé du dîner, toujours sur l'élan du massage miraculeux et puis soirée tranquille.

Les amis du triathlon m'ont encouragée / consolée sur FB et ça n'est pas rien.
Une journée de récupération (du samedi 19 novembre, travaillé) m'attend en ce lundi et ÇA NE SERA PAS UN LUXE

 

(1) Il faisait environ 7°c  avec un vent d'environ 10 km/h SSE ; et j'avais :
un collant long 2XU avec un short léger Décathlon
un des dessous thermique à mailles de chez Verjari, le tee-shirt de la course, et le coupe vent sans manches imperméable de mon club de triathlon.
chaussures Saucony avec voute plantaire bien renforcées : perfect shoes.
ceinture pour glisser le téléphone, des gels (n'ont pas servi), les mouchoirs
petites mitaines Castelli

 

(2) pas d'emballement mais une sorte d'incontournable plafonnement. Et une connaissance de mes ressources qui fait que mon cerveau obtempère, car il sait que ne pas obéir à cette limite ressentie pourrait donner des résultats risqués.

 


Comment on apprend (les mauvaises nouvelles)


    Il y aurait quelque chose à écrire (mais je ne vais pas en avoir le temps) sur la façon dont les mauvaises nouvelles nous parviennent. 
Elles disent beaucoup des façons de vivre et de l'air du temps.

Je me souviens d'avoir appris la mort de George Harrison par une Une du Monde affichée en début d'après-midi en chevalet devant un marchand de journaux, alors qu'à La Défense où je travaillais alors, je retournais bosser après la pause déjeuner. Je m'étais précisément dit : C'est sans doute une des dernières fois où j'apprendrais de cette façon là le décès de quelqu'un de connu dont la disparition m'émeut.

L'an passé j'ai appris la mort par un blog ami de quelqu'un qui avait beaucoup compté pour moi et c'était particulièrement triste - mais un peu moins que de l'avoir appris par des médias généraux -. 

Pendant un paquet d'années, concernant les personnes que je connaissais mais dont je n'étais pas suffisamment proche pour être avertie par personnellement, Twitter aura été la source d'information principale.
À présent, Instagram a pris le relais.

C'est donc sur Instagram que j'ai appris la mort de Christian Bobin, d'abord par des citations inhabituellement nombreuses puis par un hommage et la confirmation est venue par France Culture
Son travail était délicat et ténu, à une époque j'aimais beaucoup puis j'avais décroché car j'avais besoin pour ma vie de lire des choses qui donnaient de l'énergie. J'éprouve à cette annonce une tristesse qui l'est aussi, pas violente mais qui, je le sais, persistera. Une petite musique qui désormais ne sera plus là, ou du moins ne se renouvellera pas.


Traducteur Morse


    À cause d'un touite d'@dareljedid je suis tombée sur un site de traducteur Morse .
Si je ne tombais pas déjà de sommeil je serai capable d'en jouer toute la nuit.
En plus qu'il y a de quoi faire

En plus que le #JukeBoxFou de dedans ma tête en a derechef profité pour s'imposer :

Message in a bottle

 

PS : Rien à voir, mais j'apprends grâce à Alice que Le Guilvinec serait le Godric's hollow des blogueurs, et j'en rigole encore.