Les femmes qui osent parler

J'ai un grand respect pour les femmes qui en ce moment montent au créneau et témoignent, que ce soit Adèle Haenel ou Sandrine Bonnaire comme dans cette video. Conscientes qu'elles n'ont rien à y gagner, à titre personnel, mais aussi de pouvoir se le permettre et de rendre visible le sort fait à tant d'entre nous car beaucoup n'ont d'autres choix que de subir et tenter de survivre sur place. Sandrine Bonnaire, je le savais déjà, fait partie de ces personnes qui font face aux difficultés avec force et se battent pour les autres, alors grande admiration, d'autant plus.

Les meilleurs moments de ma vie sont pour certains un peu pourris

Je n'y pense pas si souvent, mais je dois le reconnaître : parmi les meilleurs, plus forts et plus intenses moments de ma vie figurent ceux des concerts de Johnny en 1998 puis en l'an 2000 auxquels prit part la chorale dont je faisais partie.

Ils ont sans doute été le point de départ pour moi d'une évolution vers une libération, certes très relative au bout du compte, car très limitée par les tracas d'argent, mais qui m'aura permis si je meurs demain d'avoir le sentiment d'une vie âpre mais bien remplie et qui n'a pas trahie l'enfant que je fus (ni d'ailleurs personne d'autre, so far), et d'avoir fait quelques bricoles utiles aux autres et somme toute c'est ça qui compte. 

À vivre, petite choriste en aube blanche parmi 200, c'était grandiose ; l'énergie, la ferveur, dégagée par le public sont des sensations que je n'oublierais que si je perds toute mémoire.

Ce soir, alors que je préparais les extraits musicaux pour mon émission "Côté Papier" de mercredi, YouTube dans ses tantôt très WTF, tantôt très malignes, suggestions de videos à voir à écouter, m'a collé ça sous les yeux.

J'ai commencé à revoir, émue - sans doute que j'avais vu en différé des images du concert, il y a 21 ans, sur une vieille grosse cassette de magnétoscope, mais pas depuis -. Puis j'ai prêté attention aux paroles, que je n'avais guère à l'esprit car notre partie chantée était en notes tenues sur syllabes et non en textes et nous étions hyper-concentré·e·s sur la musique, j'avais vaguement à l'époque l'impression d'un Que je t'aime à la chasse (1) avec une invitée. Godverdomme, cette chanson, c'est juste en fait, une  justification bien velue de féminicide !   

Dans la mesure où le plus beau jour de ma vie so far est celui de l'annonce de la libération de Florence Aubenas et Hussein Hanoun alors otages en Irak, et que certes c'était un immense bonheur - je faisais partie active de leur comité de soutien -, mais directement tiré d'un malheur, même s'il cessait, je me dis que décidément, les meilleurs moments de ma vie sont pour certains un peu pourris. Du moins dans leurs fondements.

Il n'en demeure pas moins plutôt réconfortant de constater que cette chanson qui à l'époque passait crème, poserait quelques tracas à ses auteurs et interprètes si elle était créée aujourd'hui. Les temps changent, parfois en mieux.

 

(1) Bizarrement m'était resté la phrase contenant les mots chiens, chasseurs, hallali 


Les maths me manquent (et la physique aussi)

 

    Seulement j'ai bien conscience que mes capacités de compréhension et recherches de solutions (même pour le plaisir) ne sont plus ce qu'elles étaient. Je me souviens d'un temps où en y mettant assez de patience et d'application, beaucoup plus que les vrais bons qui eux l'emportaient aux concours, rien ne pouvait résister à ma compréhension. Il est révolu depuis le milieu de la trentaine (en âge) et je me sens comme un vieux perchiste qui a gardé une bonne condition physique mais perdu son explosivité : les barres hautes, ça ne passe plus.

Alors ça me fait du bien de regarder les videos de David Louapre et lire son blog, lire aussi celui de David Madore ça me console un peu et apaise mon cerveau. Merci à eux pour leurs efforts de pédagogie et vulgarisation.


Devenir "clients" c'est mauvais signe (dans certains cas)

 

    Pas mal de points m'ont marquée du nouveau film de Ken Loach "Sorry we missed you", outre qu'il montre la vie de tant de gens comme elle est, des gens de bonne volonté qui n'ont rien à se reprocher mais que le capitalisme mondial, sans contre-poids désormais, est en train de dévorer - moi comprise si la retraite n'arrive pas à temps -, mais des dialogues aussi, des détails du diable.

Ainsi cette phrase glissée discrètement parmi les remerciements, en générique de fin : 

"Thanks to the drivers and carers who shared the informations with us but did not want to leave their names"

Ainsi la mère de famille alors qu'elle tente de négocier auprès de l'agence de placement de personnel d'assistance à domicile dont elle dépend, qui proteste du fait de devoir appeler ses patients "clients". Elle a raison, il s'agit de personnes qui ont besoin de soins et il ne sont en rien libres de choisir comme le font de vrais clients d'un produit de consommation. C'est la même chose pour les usagers des transports en commun. On ne peut être clients que d'un truc que l'on choisit et dont on peut éventuellement se passer sans trop de dommages.

Cette phrase que le personnage d'Abbie Turner prononce, faisait écho de quelque chose. 

J'ai trouvé aujourd'hui. C'est dans "Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas page 31 de l'édition initiale chez l'Olivier, en 2010. 

Entre collègues, on parle d'abattage, tout le monde renacle à assurer le poste (1), mais les directives sont claires : "Vous n'êtes plus là pour faire du social, cette époque est finie. Il faut du chiffre. Apprenez à appeler "client" le demandeur d'emploi." C'est officiel, ça vient d'en haut. 

Décidément, de nos jours, devenir "clients", c'est mauvais signe, dès lors que l'on n'achète pas.

(1) celui qui nécessite d'assurer le premier rendez-vous avec celleux qui viennent s'inscrire, inscription initiale avec sa kyrielle de documents nécessaires, et orientation


Les coupures urbaines et le sentiment d'enclavement (?)

Video posée dans l'attente d'avoir le temps de la compléter par un billet

 

C'était il y a deux ou trois ans, du coup peut-être quatre ou six car le temps file plus fort que la mémoire n'en croit, un jour où je devais partir de chez moi avec un horaire à contenter. Mais voilà qu'en voulant accéder, à pied, Porte de Clichy - je devais, je crois, aller prendre côté Paris le RER C - j'étais arrivée sur une scène impressionnante de bouclage intégral d'une zone donnée. 

Alerte à la bombe, disaient les gens comme moi refoulés et qui semblaient tenir l'information des forces de sécurités en train de mettre en place barrières et cordons. 

Je m'étais vite mise en quête d'un autre mode de transports, l'avantage à Paris ou tout contre c'est qu'ils ne manquent pas, j'étais sans doute allée jusqu'à la gare SNCF prendre un train, ou j'avais pris un vélib et fait un grand contour, et j'avais pu poursuivre la suite de ma journée. Il n'empêche que cet incident avait constitué pour moi le début d'une prise de conscience : celle des coupures urbaines.

En effet si le passage vers Paris à la hauteur de la porte de Clichy était fermé, je n'avais guère d'autre solution en tant que piéton qu'un grand détour avant de trouver un autre point possible de franchissement du périphérique. Il ne s'agissait pas d'un simple détour de deux ou trois rues contiguës, mais de vingt bonnes minutes de marche à tout le moins.

D'un autre côté du quartier, se trouvent les voies de chemin de fer. Là aussi un pont à franchir ou des passages inférieurs, six cents mètres au moins entre chaque, si l'un d'eux venait à être fermé. 

Vers le nord / nord-ouest, la frontière c'est la Seine. Les ponts sont séparés les uns des autres d'environ au moins un kilomètre. Si l'un d'eux vient à être bloqué, ça prend un temps, à pied, de pouvoir passer. 

Reste l'est, seule voie sans coupure violente, quoiqu'ensuite une fois dans Saint Denis, les axes autoroutiers et d'accès à ceux-ci constituent là aussi une coupure urbaine pas si simple à franchir.

Depuis cette prise de conscience, je nous sens enclavés. En cas de catastrophe urbaine, politique ou naturelle, la solution de s'éloigner pourrait n'être pas si aisée. Il aura fallu cette video pour que je parvienne à mettre les mots sur cette vague inquiétude, liée à une forme inattendue d'insularité. 

video : Les coupures urbaines par Frédéric Héran

 


J'espère qu'en vrai pas (un (dernier ?) en vrac)


    Même si j'en étais le plus souvent une lectrice silencieuse manquant de la disponibilité nécessaire pour suivre tous les liens, je lisais toujours avec plaisir et intérêt les En vrac (1) de Tristan Nitot. Voilà qu'il annonce que celui-ci sera sans doute le dernier. 
Zut. 
(mais en tout cas merci pour tous ceux qui furent publiés, tout ce que j'ai pu y apprendre ou comprendre)

(1) Je lisais avec intérêt les autres billets aussi, je veux pas dire.


Un compteur efficace (pour triathlon ou course à pied)

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J'étais en train de regarder quelles courses seraient compatibles avec #NouveauTravail , et pour certaines si j'avais une chance ou vraiment aucune de passer sous les barrières horaires, alors je vérifiais en fonction de mes résultats précédents - certains sites indiquent les barrières en horaires d'autres en allures et certains même en vitesses -, et voilà que j'ai trouvé ce convertisseur fort efficace, même si les résultats qu'il offrait me laissaient dépitée. 

Le plus beau est que grâce à cet outil fort bien conçu on peut s'établir une fiche de temps de passages.

Moi qui suis toujours en train de flirter avec les limites horaires, je sens que cette touche "calculer les temps de passage" va me servir souvent  


marcher sans but (Je ne sais pas)

 

    C'est une émission de radio si intéressante à mes yeux qu'elle a failli me mettre en retard pour le trail de Saint-Prix, qui m'en a fait prendre conscience : je ne sais pas marcher sans but. Contrairement à Louis Guilloux qui "déambulait à travers les rues mais sans aller nulle part" (en plus de ne pas faire son jardin). Encore un élément "de l'ancien temps" que m'ont transmis involontairement mes parents. 


Petite histoire du Brexit with flags

    Quand ta journée de travail fait 9h45 (voire 9h55), sans un gramme de temps à part aux trajets en train pour consulter ton téléfonino sans même parler d'un ordi, tu te demandes un peu si une fin du monde n'a pas eu lieu pendant que tu taffais, ou plutôt tu te dis qu'elle n'a pas dû avoir lieu car les livraisons semblaient normales. Les livraisons, ce truc qui te relie au monde.

Alors tu regardes tes fils infos sur Twitter.

Et tu tombes sur quelqu'un qui a expliqué le Brexit d'une façon jolie, hilarante et si vraie.

Un grand merci @collabblues