Si triste si prévisible (un accident mortel porte de Clichy)

 

    Depuis environ cinq ans, la porte de Clichy est en travaux (Tribunal de Paris, prolongement ligne 14, réaménagement passage sous périph). Ça change tout le temps, les passages et les feux, pour les véhicules avec et sans moteurs jusqu'aux piétons. À vélo, ou j'imagine sur une trottinette, c'est le pire des cas : à certaines périodes on ne sait où passer, on ne sait où l'on est censé·e·s passer. Plus d'une fois à vélo ou vélib, il m'est arrivé de descendre et marcher vélo à la main parce que je ne voyais pas comment faire sans me mettre en danger.

Ce matin alors que je sortais de chez moi, un peu tendue par une nouvelle crevaison constatée et le fait d'être sans marge pour arriver au travail en plus que d'avoir du coup le vélo qui normalement sert à l'homme de la maison (et n'est pas exactement à ma taille, même si c'est jouable, et a un tracas de roulements usés roue arrière), je me suis aussitôt rendue compte que quelque chose n'était pas comme à l'ordinaire. 

J'avais entendu de ma cuisine, encore plus de coups de klaxon que les autres jours [comme la porte est perpétuellement saturée et qu'en ce moment : davantage de circulation avec les grèves + travaux vraiment lourds sous le périph., c'est chaque jours un blocage presque complet aux heures de transhumances domiciles / travails et retours]. 

Et là, jusque dans ma rue, c'était une longue file de véhicules quand même globalement plus silencieux que d'ordinaire les longues files de véhicules ; et au bout de l'avenue des policiers qui prenaient le temps de parler aux conducteurs. Lesquels alors tentaient de reculer calmement.

Je me suis alors dit qu'il devait se passer quelque chose de particulier au tribunal, entre procès particulier, manifestation y afférente ou alerte de sécurité (1).

Puis j'ai eu ma journée de travail, sans réelle pause déjeuner car l'heure fut consacrée à mes ennuis mécaniques, et deux trajets plus fatigants car avec le vélo second et une vague appréhension que les pneus se dégonflent l'un ou l'autre à chaque instant. Tomber deux fois à plat en moins d'une semaine et retrouver un pneu à plat un des matins suivants, ça finit par rendre nerveuse. J'avais donc totalement oublié l'étrange situation de circulation du matin, à l'heure tardive où après m'être débrouillée pour avoir de quoi dîner, puis être redescendue tenter de voir ce que je pouvais faire pour le pneu dégonflé, j'ai ouvert mon ordi et ma TL Twitter. 

C'est alors que j'y ai lu cet article du Parisien, et compris. L'endroit si dangereux où ont lieu les travaux a été lieu d'un accident mortel, un cycliste écrasé par un poids lourds dont le conducteur n'avait sans doute rien vu à cause de l'angle mort cabine combiné avec le fait qu'il devait être concentré à éviter les plots pour travaux. On peut imaginer que le cycliste ignorait qu'il n'était pas visible et a cru qu'il avait le temps de passer. 

Cette nouvelle m'a rendu triste ; triste pour eux tous et leurs proches. Sans doute parce qu'elle était si prévisible. Sans doute parce qu'en tant que cycliste je sais qu'on n'est jamais à l'abri. Sans doute aussi parce que c'était un cran plus rude d'avoir assisté directement aux conséquences des heures d'après, sans avoir su et de piger seulement après coup. Ça ne change rien à l'accident lui-même ; au sort malheureux de ses protagonistes. C'est simplement qu'il prend ainsi davantage de poids de réalité. Ou que je peux encore moins m'empêcher d'imaginer ce qui s'est produit.

Pensées pour les personnes directement concernées. Peut-être que des mesures auraient dû être prises en amont d'interdire la circulation pendant cette phase particulièrement envahissante des travaux. 

 

(1) C'est déjà arrivé.


Aaron Swartz (ce que l'on doit à)

 

    Un fil info de France Culture m'a rappelé que je n'oublie pas (mais ça va mieux en le partageant) : 

Aaron Swartz un héros contemporain

Ce que l'on doit à Aaron Swartz 

Quand notre civilisation s'effondrera, il sera temps de se souvenir que l'on aura poussé au suicide ou à la prison ou traité mal d'autres façons, celles et ceux qui nous montraient un chemin possible pour éviter ça.


Abba et la vie qui file et qui va

 

    Tel Adrian Mole dans son Secret diary, j'écoute Abba dans les moments où j'ai besoin de me remonter le moral (ou simplement envie de danser). Abba c'est un peu mon Harry Potter à moi. Chaque génération a la chance de grandir pile au moment d'un phénomène massif de succès qui aide ensuite à s'appuyer pour avancer (1). Youtube et ses algo le savent qui aujourd'hui, ça tombait bien, c'était mon jour de congé, m'a proposé ce documentaire sur Arte (2). Je n'y ai rien appris, si ce n'est qu'au fil des ans j'admire de plus en plus le travail des compositeurs et techniciens, tout en étant de plus en plus consciente de la part de calcul et cynisme (non totalement dissocié d'une certaine sincérité) et j'admire de plus en plus les deux femmes dont je pense désormais, car je suis moins naïve que par le passé, qu'elles ont dû, certes s'enrichir et vivre des moments inoubliables, mais aussi pas mal endurer.

Ça fait néanmoins toujours plaisir de revisiter les étapes d'un succès et de réentendre les morceaux et je ne me lasse pas de voir les musiciens et les arrangeurs au travail (3).

Ce qui m'a frappé, cette fois, et c'est quelque chose qui me travaille beaucoup ces temps dernier, c'est l'éloignement qui me semble soudain alors qu'il ne l'est pas, du passé. Dans ce documentaire apparaissent :

- des images d'archives des temps du groupe actif, années 70 et début des années 80 ; OK c'était "il y a longtemps" et ça fait un moment que c'était "il y a longtemps" ça me paraît normal ; 
- des interviews, images et témoignages de documentaires réalisés dans les années 90 et le début des années 2000 et qui déjà revenaient en arrière sur le passé du groupe ; et qui déjà sont de l'ordre du "il y a longtemps" ;
- des interviews et images plus récentes, des années 2014 à 2016 (l'air de rien, il y a déjà quatre ans) et qui du coup balancent les précédentes dans un passé lui-même lointain.


Dans ma tête quelque chose peine à se mettre à jour, j'en suis restée à l'époque 2, je ne parviens qu'au prix d'un effort intellectuel à mesurer que les années 90 étaient elles-mêmes "il y a longtemps" et que des analyses faites sur les analyses faites alors, elles-mêmes datent déjà un peu. Mon cerveau semble se refuser de concevoir que ce que je me remémorais comme "du temps de ma jeunesse" alors que j'avais 40 ans, s'est à nouveau pris 20 ans d'âge. Il n'y entre pas plus que ça de nostalgie, ni de chagrin : ma vie est beaucoup plus intéressante depuis une quinzaine d'années, quelque rude que ce soit, mais une stupéfaction. Celle-ci me rappelle mes brèves années de footballeuse : j'étais toujours surprise quand l'arbitre sifflait la fin du match ou la mi-temps, j'avais toujours envie de dire même si je l'avais jouée intégralement Hé mais attendez, on vient tout juste de commencer ! Tellement j'avais été concentrée sur ce que je faisais et solidement inconsciente du temps qui filait. 

Peut-être est-ce un des éléments que j'aime lorsque je fais de la radio : l'heure d'émission est consistante, elle va vite, souvent trop, mais chaque minute, chaque seconde se veille et possède son poids. 

 

(1) Ça peut être pour le dénigrer et protester de n'en faire pas partie ; il n'empêche que ça fait office de point d'ancrage, de référence. J'avais onze ans à l'apparition d'Abba sur la scène internationale et j'en reste marquée.

(2) Abba forever (au doublage insupportable) 

(3) De même que les monteurs au cinéma. Et j'ai adoré le jour où à la radio pour une émission j'ai tenu la régie. Il y a un côté sculpteur qui me plaît dans ces activités-là. 


Une belle reco, très agréable

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Le fait d'appartenir à un club de triathlon dynamique aura bien contribué à me faire découvrir le trail, que je préfère de loin à la course à pied en ville. 

Je suis vraiment très lente à cette discipline, généralement dans les tout derniers à arriver. 

Mais je suis heureuse pendant que je le fais. J'ai même une photo, prise au trail de La Chouffe l'été dernier, qui en atteste. 66664965_10216557428901263_1071607981168132096_o

 

J'aime courir en forêt tant qu'il en reste et que j'ai la santé qui le permet.

Ce matin c'était donc la reco du trail de 26 km prévu en février à partir de Bouffémont. C'est l'un de mes trails préférés : bien organisé, avec des passages techniques mais d'autres où l'on peut courir en admirant le paysage (1).

Comme je suis encore en pleine période de travail et que mon métier est physique, et que j'avais la veille terminé tard + trajet de vélotaf, et que même en grande forme je suis extra-lente, je ne comptais pas faire les 26 km. 

Je m'étais fixée de tenter de suivre le groupe "reconnaissance en 4h" jusqu'à si possible le lieu du ravito de la course, puis continuer jusqu'à une douzaine de kilomètres en tentant de courir puis selon où je serais couper ensuite assez directement vers Bouffémont.

Je connais la côte du cimetière, première difficulté dès les premiers kilomètres et remarquablement casse-pattes et emballeuse des cœurs. Alors je suis partie à l'avance ce qui m'a permis d'intercaler une brève pause pipi en attendant le groupe, le froid ayant toujours sur moi une sorte d'effet diurétique. 

Au demeurant il ne faisait pas si froid, sans doute 5 à 7°c et une belle grisaille mais sans pluie, juste un moment de petit crachin. Ma tenue, mais je l'avais déjà testée dans des conditions similaires, s'est révélée parfaite : collant 2XU long, petit short Levallois Triathlon pour le chic, haut 2XU long porté avec un soutien-gorge - le jour de la course je m'en passerai sans doute, seulement je me méfiais d'avoir à me changer au cul du coffre de la voiture avant de repartir -, par dessus, une veste thermique légère du club, conçue pour le vélo mais que je trouve parfaite pour la C.A.P. l'hiver, en plus que les poches arrières c'est top pour mettre des mouchoirs et des gels ou du petit ravito.

Note pour les "vrais" coureur, celles et ceux qui font des temps et maintiennent bonne allure : ce type de veste pour vous est trop chaud. C'est bien pour les coureurs lents qui restent de fait longtemps au froid et n'ont pas un rythme qui les réchauffe tant.

Pour compléter l'équipement deux tours de cou, un bonnet technique (même matériau un peu que la veste thermique légère) et des mitaines de VTT, utiles en cas de chutes et pour les éventuels passages cordés. 

Pour le ravito : quelques barres et gels. Comme souvent je n'en ai mangée qu'une et absorbé qu'un. Et de l'eau citronnée (mais 250 ml me suffisent, du moins l'hiver).

La forêt me paraît toujours aussi dévastée sous couvert de lutte contre des maladies des arbres et de reboisement. Le parcours cependant couvre certaines belles parcelles. Finalement je suis parvenue à suivre le groupe et sans souffrance jusqu'après Montlignon et le lieu du ravito. Puis après la zone urbaine on repiquait vers la forêt après une montée. J'ai vu JF me faire signe de loin, On remonte vers la gauche et le temps d'arriver à ce croisement, plus personne en vue à part quelqu'un qui promenait son chien. Je l'ai déjà constaté mais c'est stupéfiant à chaque fois : à quelle vitesse on peut perdre de vue un groupe dans lequel on était et qui nous semblait aller si peu plus vite que notre propre allure. On peut se retrouver entièrement seul·e·s d'un seul coup. Ça me rappelle la rapidité sidérante à laquelle des toddlers peuvent échapper à la vigilance de leurs parents. 

On était presque à 11 km. Alors j'ai couru sauf les montées jusqu'à la hauteur de la vierge noire, croisant au passage les gars d'un des groupes plus rapide qui sympa, m'a indiquée que j'étais tout près, mais je le savais et ne souhaitais pas nécessairement faire la montée : il était temps pour moi de repiquer vers le Château de la Chasse puis Bouffémont. J'ai envoyé un SMS pour prévenir que je coupais directement et puis ai continué à présent en mode récupération (active : quand ça pouvait je courais, mais en vitesse marathon lent, easy run).

Vers le Château de la Chasse j'ai entrevu le groupe que j'avais quitté, seulement je ne souhaitais pas faire un plus grand crochet. Ça m'a permis de supposer que j'avais un peu de temps et de tenter après avoir rejoint la route des crêtes un peu de sortie des sentiers battus (au sens littéral). Ce petit moment de pure liberté m'a fait un bien fou. 

Et je suis arrivée pile un tout petit peu avant le groupe. Nous avons même eu le temps de nous changer puis retrouver les camarades de mon club qui avaient fait avec un groupe rapide la reco intégrale. J'aurais mis 3h23 pour faire 17 km avec trois temps d'arrêt (ravito et pauses pipi) et vers la fin des passages montés intégralement marchés.

C'était la première fois que je parvenais à suivre un groupe aussi longtemps et où nous rentrions avec d'autres personnes (et non pas alors que tout le monde était déjà reparti). 

Après-midi consacrée à récupérer de la nuit trop courte (2) et de l'effort fourni. C'est ce qui change le plus en vieillissant : si on a la chance de la bonne santé on peut toujours faire les choses et à niveau de plus jeunes (ça vaut pour presque n'importe quel travail ou activité) seulement il nous faut davantage de temps pour récupérer. 

 

(1) Oui, je ne suis pas une grande compétitrice, de celles et ceux qui sont seulement concentré·e·s sur leur performance. 
(2) Comme je vélotafe et qu'à la librairie j'avais accompagné la fermeture, j'étais rentrée la veille au soir vers 21h30. 

 


Rappel : documentaire d'Arte sur le dopage (datant de 2015)

Les choses ne se sont pas arrangées en 5 ans. Ce documentaire a le mérite d'un certain courage. Parce qu'au fond à part ceux des athlètes plus soucieux de leur santé que de performances et d'enrichissement, et leurs proches, qui a intérêt à ce que le dopage diminue ? D'autant plus que la loi de la triche et de l'escroquerie s'applique : d'un strict point de vue pécunier et de s'en tirer, mieux vaut se faire connaître quitte à déchoir après que rester scrupuleux mais ne jamais sortir du rang. Et ce dans toutes activités humaines tant que le système économique sera basé sur le critère de "toujours plus".

Des accidents potentiels mais un plaisir inentamé

 

    Les trajets de #Vélotaf étaient très tranquilles aujourd'hui : pas ou peu de circulation et ce matin un bon soleil. Il n'empêche que par deux fois des accidents ont failli avoir lieu juste derrière moi.

Le premier était dans une rue moyenne à double sens de circulation et sans piste cyclable. Il y avait des travaux qui rétrecissaient la chaussée du côté opposé au mien. Deux voitures du coup ne pouvaient plus se croiser et une voiture face à un vélo si mais si la voiture venant en face serrait bien sa droite le long des palissades de chantier. Je vois un taxi arriver face à moi, bien pressé. Par prudence je ralentis : ça va passer mais juste. Et c'est alors qu'une trottinette électrique qui me suivait sans que je le sache (silencieuse) trouvant que je n'allais plus assez vite a décidé de me doubler. Le taxi a ralenti et s'est mis à serrer sa droite, mais il ne s'en est pas fallu de beaucoup.

Le second était à un carrefour entre Neuilly et Boulogne qui combine feux rouges et rond point. Le feu était rouge d'où je venais, une voiture me suivait bien arrêtée comme moi. Une cycliste est passée venant de l'arrière, sans même ralentir, hop dans le rond-point avec quelques véhicules qui y circulaient, heureusement à vitesse si modérée qu'ils ont pu freiner. Elle disposait d'un vélo de ville, ça n'était pas quelqu'un en mode sport qui, j'en connais, parviennent à se faufiler dans une tête d'épingle et peuvent parfois tenter des trucs qui aux autres ne pardonneraient pas. Elle semblait simplement parfaitement inconsciente du danger, voire même de l'existence d'un carrefour. Je précise qu'elle ne tournait pas à droite et qu'il n'y avait pas non plus un tout droit possible sans danger. Elle a vraiment tout grillé et traversé pour aller en face vers la gauche en se comportant comme si elle était un véhicule prioritaire avec la sirène activée.

Sinon, bien sûr kyrielle de véhicules en arrêts avec warning sur les pistes cyclables ; certains les considèrent vraiment comme des sortes de bandes d'arrêts temporaires. Je suis suffisamment aguerrie pour me glisser dans le flux des véhicules qui déboîtent, mais il n'empêche qu'au lieu de pouvoir rouler à bonne vitesse sur une piste cyclable dégagée on doit ralentir, se méfier, relancer après.
Et toujours beaucoup d'automobilistes qui semblent avoir peur d'user leurs clignotants. Mais ce comportement gêne aussi leurs congénères. 

Plusieurs voitures à l'aller comme au retour m'ont accordé des Allez-y passez, de courtoisie ce qui fait toujours plaisir (par exemple aux endroits de priorités à droite mais la voiture voit qu'on est sur notre élan alors la conductrice ou le conducteur fait signe). Et un scooter qui a reculé pour me laisser accès à un tourne-à-droite (il était lui-même gêné par une voiture mal garée sauf que j'avais la place s'il se poussait de passer). Je suis toujours très sensible à ses signes encourageants.

Je me suis aperçue que j'ai franchi la barre de me préoccuper des grèves. Je vais bosser à vélo et puis c'est tout. 

C'est particulièrement appréciable le soir, j'arrive à la maison la journée de boulot déjà loin (même si c'est un bon travail, il requiert de l'attention et de la concentration et de la force physique), concentrée sur tout autre chose, les jambes défatiguées (le pédalage détend bien de la station debout et des piétinements), fin prête pour apprécier pleinement mon petit bout de soirée.

 


Un trajet différent

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Depuis un moment je souhaitais essayer le retour par la belle bidir qui longe la Seine rive droite, voie Georges Pompidou, quitte à rallonger un peu le kilométrage afin d'éviter et la place de l'Étoile et la montée du Troca.

Ce soir, temps doux, pas de pluie, bonne journée de travail à un rythme normal qui me laissait un peu d'énergie avec en plus le passage d'une amie du triathlon venue exprès se fournir là où je travaillais, c'était le bon moment pour tenter.

Mon trajet de retour boulot correspond au "retour" sur la video de Bilook que j'ai mise en lien. Les travaux depuis sont terminés.

C'est un vrai plaisir que de pouvoir se lancer enfin quelque part à bonne vitesse (1). Seul inconvénient : la file ininterrompue des voitures voisines nous font largement profiter de la production suffocante de leurs pots d'échappements. 

J'ai été surprise par la hauteur de la Seine, que pourtant depuis notre entraînement de dimanche je savais en crue. La voie sur berge sera sans doute bientôt neutralisée, ce qui doit être assez habituel en janvier. Surprise aussi par la présence de très nombreuses mouettes. Comme elles se tenaient sur la rambarde, totalement indifférentes aux passages pourtant fréquents et très voisins, des vélos, ça avait un petit côté "Les oiseaux". Elles étaient si proches qu'à un moment je pouvais percevoir l'aspect duveuteux de certaines plumes. Cela dit, leur présence pressante n'était désagréable qu'en raison de mon penchant cinéphile. Et pas au point de faire peur, vraiment pas.

Avoir la Tour Eiffel en ligne de mire, surtout la nuit, est un ravissement.

Malheureusement, cette piste est difficile à atteindre lorsque l'on vient de Boulogne, à un endroit je me suis même demandée tellement ça fait autoroute urbaine, si j'avais le droit de passer à vélo. Alors que j'hésitais, un vélib m'a doublée puis un livreur à vélo, je me suis dit OK. Quand à hauteur de la tour TF1 la bidir est apparue je me suis sentie soulagée.

L'autre extrêmité pose également problème, on se retrouve en mono-dir sur le trottoir, la piste est mal entretenue - il y a de vrais nids de poules - et vers la Tour Eiffel les touristes, on aurait du mal à leur en vouloir, occupent toute la largeur de ce qui ressemble quand même avant tout à un trottoir, afin de se prendre en photo devant le symbole de Paris. 

Je me suis retrouvée place du pont de l'Alma à ne pas trop savoir comment faire pour m'engager vers une rue de gauche, d'autant plus qu'il y a une sorte de bras d'accès pour les bus qui est munie d'un panneau stipulant interdit aux vélos. 

Ensuite j'ai retrouvé rapidement les parages de la première librairie où j'avais travaillé, Livre Sterling, ce qui comme je ne m'y étais pas mentalement préparée m'a valu un solide coup de blues (2) ; les aménagements cyclables incomplets n'y étaient cette fois pour rien.

J'ai vu aussi pour la première fois je crois, les installations cheap qui ont remplacées les solides fontaines du Rond Point des Champs Élysées. Est-ce que quelqu'un les trouve belles ? Je pense, à leur allure, que la première tempête climatique ou sociale un peu conséquente les remettra en question ; à moins que ce ne soient que des installations provisoires, ce qui expliquerait qu'elles semblent si légères. Que sont devenues les anciennes fontaines ?

Comme par là-dessus un car "V.I.C." (quelle est cette société ?) archipolluant et suffocant m'a accompagnée hélas tout un morceau de trajet que j'accomplissais dans le XVIIème pour remonter vers Levallois, c'est peu dire que ma fin d'itinéraire de retour du taf fut moyennement satisfaisante.

Au moins je suis rentrée sans encombres, ni frayeurs majeures.  C'est déjà ça.  

Pour l'instant mon meilleur itinéraire reste celui axé sur la route de la Longue Queue et l'allée de l'Espérance puis dans Boulogne la rue de Silly : à la fois direct et le plus agréable et sur. 

Mais j'ai sans doute quelques autres trajets à tenter. 

 

(1) Les trois quarts du temps lors de mes trajets dans Paris je roule très en dessous de mes capacités, pour simple raison de sécurité.

(2) À l'époque entre soucis pécuniers et tracas pour la santé de ma fille et quelques autres tourments, ma vie n'était pas si facile, il n'empêche que professionnellement c'était le bonheur, aux difficultés économiques de l'entreprise près. Mais quelle belle aventure ! 

 

 


Que sont-ils devenus ? (the double-deckers)

 

C'est l'ami François qui avec en publiant ce statut m'a remis en mémoire ce feuilleton que je suivais enfant.

Et comme je suis en jour de récupération, ça m'a pris soudainement de perdre délicatement mon temps en tentant de voir ce qu'elles et ils étaient devenu·e·s. Dans mon souvenir, tou·te·s jouaient très mal, mais c'était sans doute un effet du doublage.

Dans l'ordre d'apparition du générique : 

Peter Firth est devenu un acteur confirmé ; il avait même connu la reconnaissance avec son rôle dans Equus et continue encore à jouer (mais plutôt pour la télé)

Brinsley Forde est resté un temps acteur mais s'est surtout fait connaître par le biais d'un groupe de reggae, Aswad. Il a récolté des Grammy Awards avec celui-ci et par ailleurs fait de la radio. Un joli résumé de sa vie peut à l'heure où j'écris ce billet être vu par ici.  

Gillian Bailey est restée un peu actrice, elle semble avoir pu en vivre et peut-être est-elle connue en Angleterre, mais ça n'a pas vraiment décollé. Alors elle est devenue enseignante (pour le théâtre). Il y a une ITW d'elle sur le site de la série.

Michael Audreson, passé les âges d'enfant et de jeune acteur, est passé à la réalisation puis à la production. Il avait fondé en 1996 un centre de soins pour les personnes atteintes d'addictions aux drogues et alcool. On l'entend ici dans une ITW radio postée sur Youtube en 2007 

Douglas Simmonds est mort en 2011. Il n'était pas resté acteur mais avait fait de la recherche en médecine et physique. Lui qui jouait le rôle du bêta sympa était en fait l'intellectuel du lot. Sur le site de la série, un hommage lui est rendu.

Bruce Clark n'est pas resté visible, on trouve simplement une trace de ses participations comme acteur sur IMDB. Il possède de nombreux homonymes ce qui ne facilite pas les recherches. Je découvre au passage qu'il est Américain alors que tous les autres enfants étaient anglais. Même sur le site de la série, il y a peu sur lui. On peut cependant l'entendre ici toujours sur Youtube dans la série d'entretiens publiés en 2007. L'enregistrement ressemble à un long distance call d'autrefois.

Debbie Russ qui interprétait Tigrette n'est pas restée enfant actrice longtemps. Elle est devenue présentatrice de radio pour la BBC.

 

Je pensais que les un·e·s et les autres avaient mon âge mais en fait le temps que le feuilleton traverse la Manche, ils avaient déjà cessé d'y jouer. Et donc même Debbie au personnage de laquelle je m'intéressais peu puisqu'elle était "la petite" est plus âgée que moi. Mon souvenir est que ce feuilleton lors de sa probablement première diffusion présentait un jalon dans mes mercredi après-midi studieux. Je regardais ça me faisait une pause, ça me redonnait la pêche. J'adorais le mécanisme d'ouverture de la porte. Il y avait un épisode avec un de leurs amis coincé dans une armure qui m'avait tant fait marrer que son souvenir m'en est resté. 

Merci François, de m'avoir fourni une très agréable activité procrastinatoire. 

Bonus Track : The cool cavalier


Des coups durs et du rangement (ou de son absence)

    

    Comme après un excellent dimanche il me restait un peu d'énergie, j'ai entrepris, comme je le fais chaque fois que c'est possible, de ranger. 

Ma cuisine est mon bureau, qui avait depuis longtemps dépassé les limites du bordel organisé pour devenir un grand bazar fuligineux.

En triant, en jetant, en datant les objets et documents retrouvés d'après les traces qu'ils en contenaient, j'ai eu la confirmation claire et nette de ce que j'en supposais : quand rien de grave ne se produit, je range et classe et jette ce qui doit l'être, et ce même si je dois assumer un travail nourricier à temps plein, les trajets et par ailleurs les entraînements de triathlon.

En revanche dès que survient un coup dur, qu'il soit collectif ou intime, je ne parviens plus qu'à assurer comme ça peut le boulot et une part du sport, ainsi que la gestion domestique urgente comme le minimum vital de tâches ménagères, et le reste part à vau-l'eau ; sans compter que les KO de la vie s'accompagnent généralement d'une forme ténue d'amnésie : ce qu'on a fait les jours d'avant présente des blancs mémoriels, et lorsque l'on reprend pied, la mémoire précise des actes accomplis entre la date de l'événement et la reprise de contact avec un sentiment de "vie normale" retrouvée, s'estompe fort. 

Ainsi en rangeant mon bureau j'ai retrouvé : une strate de juste avant novembre 2015 (attentats dans Paris, dont au Bataclan), une strate d'après novembre 2016 (maladie finale de ma mère), avant février 2018 et juste après (déménagement des affaires de mes parents vers la Normandie). Ça me fait l'effet de mini time-capsules lorsque je retombe dessus.

Si je suis plutôt contente de retrouver certains objets, surtout ceux qui peuvent m'être encore utiles, je suis triste de constater à quel point nous (le nous collectif général ou le nous familial) avons morflé. Et combien la vie m'autorise finalement assez peu de faire les choses à mon idée. Dès que je trouve un rythme de croisière et un brin d'organisation, survient quelque chose qui défait l'élan. Je suppose que c'est le cas pour tout le monde, seulement celleux qui ont les moyens de déléguer une partie de leurs corvées s'en sortent sans doute moins mal. 

Je crois qu'il conviendrait qu'au lieu de me sentir coupable de ne pas parvenir à tout assumer quoi qu'il advienne, je m'efforce d'être fière de parvenir à assurer le boulot et le principal, coûte que coûte en toutes circonstances.

Rétrospectivement, je me demande si je n'aurais pas dû aller voir le médecin après l'attentat contre Charlie Hebdo. Ça ne m'avait pas effleuré, sur le moment, j'ai mis un point d'honneur à tenir, malgré que j'y avais perdu un ami. Il n'empêche que je l'avais payé, et fort, dans les mois suivants les mois de juste après.

 

À part ça, j'ai retrouvé dans un sac contenant quelque peu de papeterie rapportée de la maison qu'avaient mes parents à Taverny, un ancien papier à lettres datant de mon enfance. Ou plutôt des sortes de cartes pliées, sur le dessus une reproduction de tableau, à l'intérieur une place pour rédiger. 

Or la première contenait un début de courrier destiné à ma cousine Claire et que quelque chose avait interrompu, de suffisamment urgent pour stopper l'élan d'une phrase.

Ma Chère Claire,

Il y a bien longtemps que [je] ne t'ai pas écrit. J'espère que tu vas bien. Ici, ça va, il neige beaucoup et ça m'amuse beaucoup ! À l'école nous nous amusons bien avec les bonshommes de neige, nous n'avons pas le droit de faire des glissades ni 

C'est dommage, il n'est pas daté. La mention de "l'école" semble indiquer que nous étions au tournant des années 70. 71 peut-être car je crois que cet hiver-là avait été particulièrement neigeux.

Au moins cette trouvaille me donne-t-elle le sentiment de n'avoir pas travaillé pour rien.


Plaisirs du vélotaf

 

    J'avoue qu'avant les grèves je ne pensais pas tant vélotafer, notamment pas les jours où par exemple j'avais mon émission de radio le soir après le travail et donc devoir rentrer vite - je suis une vélotafeuse lente et prudente -. Et puis voilà que c'est comme ça et du coup vélo tous les jours et je l'avoue, à l'effondrement de mon temps de lecture près, et à certains points ou moments délicats (1) c'est le bonheur.

Depuis que cette semaine Bilook m'a indiqué l'enchaînement Route de la longue queue - Route de l'espérance, la traversée du Bois de Boulogne au lieu de me stresser et me déprimer - oui, le spectacle de la prostitution me déprime - et qu'équipée d'une lumière performante achetée à l'Échappée belle, je ne crains plus les pistes non éclairées, il y a un moment du parcours qui est un régal. 

L'aller moins car même en partant tôt, je ne suis à l'abri d'aucun aléa et crains d'être en retard.

En tout cas et malgré certains carrefours que je ne sais toujours pas passer sans descendre de mon vélo, il y a un réel plaisir à se rendre au travail par ce moyen de locomotion. C'est celui d'arriver en étant déjà bien réveillée et d'attaque. Et celui aussi d'arriver à la maison le soir en ayant totalement décompressé de la charge mentale "travail". 

Entre les deux certains passages dont celui au milieu des arbres - pour une obscure raison je me sens en mode "Le Grand Meaulnes". 

Il faudrait que je m'équipe pour filmer puis partager.  

 

(1) Le jeudi soir fut épique, pluie soutenue et automobilistes enchevêtrés rendus fous par le fait que ça dure (la grève et leur attente de ce moment-là), je crois que j'ai mis 1h30 pour rentrer avec pas mal de moment en "super-piéton", vélo à la main)

PS : Rien à voir mais en cherchant tout autre chose, retrouvé l'enregistrement de Guillaume Apollinaire qu'il y a 10 ans m'avait fait découvrir Christine Genin