Veille de course (et une rencontre)

(sabato)
 
C'est un bon samedi, avec une rencontre de celles qui pourraient compter, même à grande distance. 
Face à la pandémie, face aux périls environnementaux en cours et à venir, nous tentons de faire bonne figure.

Je perçois depuis un moment déjà que c'est notre monde confortable et faussement stable - quand j'étais petite le progrès et qu'il ne pouvait qu'améliorer les choses, semblait une certitude, désormais la rationalité même, la logique sont remises en cause -, qui était une illusion. L'état normal est le combat quotidien pour sa subsistance, et l'hiver se chauffer. Avoir de quoi boire (de l'eau potable, pas du whisky). L'état normal n'est hélas pas la paix.

Les trentenaires estiment qu'ils n'auront pas de retraite, qu'il n'y ait plus de monde ou plus d'argent. Un jeune collègue, le jeune auteur rencontré, mon propre fils, tous le disent. Le fait que les boomers auront enfin dégagé le terrain ne les rassure en rien. Mais je peux croire que la planète ira trop mal de toutes façons. 

J'effectue le matin un footing d'activation et de test des derniers petits équipements, prépare mes affaires, le soir, avec minutie. Je m'amuse à être sérieuse, comme si le niveau pouvait suivre. 

Un ami de mon club de triathlon (qui n'y est plus parce qu'il pratique désormais le duathlon niveau quasi pro, sauf qu'il ne gagne pas sa vie ce faisant, doit conserver un autre métier) est arrivé 25 ème aux championnats de France de cross country parcours longs, dimanche passé. Regardant l'épreuve sur Youtube en différé je le vois arriver. Et souris.

Dans l'émission de Tewfik Hakem, ils ont parlé de boxe et cinéma sans évoquer Enzo, je suis déçue.

Le soir, sur Rai Storia, je vois une partie d'un film italien de 1964, Omicron. Les œuvres d'anticipation du passé sont toujours un peu amusantes, d'une certaine façon.
 
Un ami écrit dans un texte partagé : "Ce qui se produit lorsqu'une personne meurt
– personne ne me l'avait dit –
c'est que l'histoire qui la constituait éclate.
Le récit cesse d'être univoque.
Le défunt se diffracte."
C'est profondément ce que j'éprouve concernant les trois deuils récents, mais je n'avais pas su me le formuler. Le lire ainsi, et le comprendre enfin me fait du bien.

Surtout pour celui avec lequel je n'ai pas su renouer avant qu'il ne soit trop tard, puisque j'ignorais son état dangereusement déclinant de santé. Je ne saurais pas si de son côté il n'avait pas souhaité me faire signe car il m'en voulait toujours d'avoir pris au pied de la lettre son message où il faisait semblant de ne pas tout à fait me congédier ou si c'était pour me ménager eût égard à ce qui auparavant nous unissait.
Pour le bon vieux pote mort tout récemment, c'est différent. Nous n'avons simplement pas eu le temps de boire ensemble un dernier whisky. 

Pour la première fois depuis toutes ces sombres nouvelles, c'était toutefois une bonne journée. La perspective de la course, la rencontre littéraire, les retrouvailles avec un bon ami de ce milieu des livres, où envers et contre tout certaines et certains tentent de bien bosser.

La remontée de l'épidémie a clairement sont épicentre en Europe. Pour autant on ne parle pas de nouveaux variants. Mais de personnes encore non-vaccinées, des enfants qui ne le sont pas et d'une durée d'efficacité des vaccins limitées (comme celui contre la grippe). Les différentes capitales européennes essuient des manifestations de protestation (contre les pass sanitaires, contre les vaccinations) avec des personnes qui ne prennent aucune précaution. Si seulement elles ne faisaient ainsi courir de risque supplémentaires qu'à elles-mêmes ...

Nous nous attendons toutes et tous à de nouveaux reconfinements. Pour ma part dans une sorte d'indifférence fataliste.
 
 
November 20, 2021, 22:55 GMT
257,393,136 cas dont 5,162,798 morts et 232,332,589 guéris
 
USA : +34,786 nouveaux cas ; 793,535 morts depuis le début ; + 400 morts ce jour ; soit 2,378 morts / 1 M d'habitants
France : +22,678 nouveaux cas ; 118,446 morts depuis le début ; + 23 morts ce jour ; soit 1,809 morts / 1 M d'habitants 
Italie : +11,555 nouveaux cas ; 133,131 morts depuis le début ; + 49 morts ce jour ; soit 2,206 morts / 1 M d'habitants
Belgique  +21,502 nouveaux cas ; 26,568 morts depuis le début ; + 42 mort ce jour ; soit 2,279 morts / 1 M d'habitants
Inde : +4,764 nouveaux cas ; 465,349 morts depuis le début ; nc morts ce jour ; soit 333 morts / 1 M d'habitants 
Japan : +159 nouveaux cas ; 18,342 morts depuis le début ; nc morts ce jour ; soit 146 morts / 1 M d'habitants
Royaume Uni : +40,941 nouveaux cas ; 143,866 morts depuis le début ; + 150 morts ce jour ; soit 2 104 morts / 1 M d'habitants
 

La journée efficace

(giovedi)

Il est impressionnant de constater combien d'activités permettent 2h30 à 3h00 économisées sur les trajets. 

J'ai pu : faire une séance de course à pied le matin, et une autre d'assouplissements le soir, m'occuper du linge, m'occuper de choses à payer, à commander, faire mes comptes, vider les poubelles, y compris celles de verre, lire les messages de ma messagerie personnelle, bien manger le midi (merci au Joueur de Pétanque, rentré tout exprès de son propre travail et qui a préparé le déjeuner tandis que j'étais au travail au salon), aller au soir récupérer un colis, et pour autant en effectuant 20 à 25 minutes de temps de travail en plus que l'horaire prévu et sans dételer fors le temps de passer aux toilettes vite fait. 

Après, il n'en demeure pas moins que le boulot est plus dur cloîtré en son salon, sans avoir les bénéfices de la dynamique collective, parfois sans savoir si le problème que nous soumet un de nos clients n'est pas le fait d'un dysfonctionnement général dont la communication ne nous est pas encore parvenue.

Il y a aussi que le collectif porte ses propres moments de décompression par la rigolade. Alors qu'enchaînant les appels dans mon salon, même si certains libraires ne manquent pas d'humour, ça rigole moins. 

Il y a eu un mini gag de colis inversé par un livreur entre nous et nos voisins de palier, c'était drôle, un peu comme dans une comédie.

Il est 22:35 et j'ai terminé presque tout ce que j'avais à faire sans tarder, contre 23:30 en général un jour de travail avec trajets. 
Je vais pouvoir lire ou me coucher tôt.

Reconfinement en cours dans certaines régions autrichiennes. Je me demande ce que ça va donner en France, alors que l'exécutif est désormais plus soucieux d'élections présidentielles que de santé (mais qui bien sûr ne l'avouera jamais).
En attendant nous recevons de la part des clubs de sports et des organisations de courses des injonctions à rester prudents, masqués autant de possible et disciplinés.


Le charme des réseaux sociaux

Capture d’écran 2021-11-16 à 22.00.07

Ce touite de Thomas Pesquet, j'en rigole encore. 

Et ça me rappelle un si bon souvenir de ma propre vie, un appel téléphonique que j'avais failli prendre pour une blague avant d'hésiter car il me semblait reconnaître la voix de la personne que j'avais failli envoyer bouler lorsqu'elle s'était annoncée, que j'ai un sourire béat depuis que je l'ai lu.

Zut, je pense soudain que l'ami récemment décédé était l'un des derniers capables de faire des blagues.

Je me souviendrais, je crois, de ce post de Baptiste Cartieaux qui, une fois n'est pas coutume, n'a pas atteint sur une course (effectuée dans des conditions climatiques qui ne faisaient pas de cadeaux, avec un gradient de températures de genre -10°c en quelques heures, je pense que ceux qui ont fait de bonnes performances ont des aptitudes d'adaptation thermique au froid hors du commun) l'objectif qu'il s'était fixé. Sagesse et maturité. C'est à ça que l'on reconnaît les champions. 
Et puis de nos jours, le fait que quelqu'un soit susceptible d'affronter des "jours sans" est plutôt bon signe, et permettent au moins de croire à une pratique du haut niveau propre possible.

La pandémie enfle à nouveau. Je ne tiens pas du tout à observer le résultat d'un carambolage entre 4ème ou 5ème vague de fortes contamination et campagne présidentielle battant son plein, mais il n'empêche qu'on risque d'y avoir droit.
Bizarrement je me sens protégée par la combinaison vaccin + rhume féroce le mois précédent (1). Je n'en reste pas moins la plus précautionneuse possible. FFP2 dans les transports en commun. Masques chirurgicaux partout à l'intérieur en compagnie, sauf pour boire et manger. Et aussi dehors en ville. D'autant plus que l'hiver ça tient chaud ce qui n'est pas un défaut.
Et bien sûr usage du gel dès que je touche des objets d'usage collectifs, précaution qui de toutes façons, du fait de la thalassémie et de ma propension en raison de l'anémie à choper tout ce qui traîne, m'était familière.

Si c'est possible j'essaierai d'effectuer un rappel de vaccination en janvier ou février, peut-être avec le Pfizer, puisque je me suis contenté du plus rustique (2) Astra Zeneca jusque là


(1) Dûment testé non covidien, mais c'est comme si le fait que j'en remonte et de la fatigue écrasante aussi m'avait redonné confiance en mes défenses immunitaires.
(2) Et risqué pour qui est pourvu d'une béta thalassémie, semblerait-il peut-être.


Toute ma vie j'ai eu cette impression d'être du dernier passage avant que le chemin ne s'effondre

(lunedi)

    J'en prends conscience en lisant le blog d'un ami, ses difficultés en tant qu'éditeur (et auteur), comme si les objectifs de rentabilités étant devenus absolument dominants, plus rien d'organisations logique et saines ne pouvaient perdurer. Car le sous-effectif (1) et la vente à outrance sont les seules façons de rendre rentable une activité.

J'ai connu le milieu bancaire qui comportait un sens du service - plutôt que devoir systématiquement refourguer des produits à des gens qui n'étaient pas demandeurs ni concernés -, j'ai connu le travail en librairie avec une once de liberté sur les retours (et dès lors des possibilités de prises de risques aux nouveautés), avec aussi une marge de manœuvre consentie aux employées (bon sang comme elle s'est réduite, sous des dehors tartuffes, revenant à dire, mais c'est ton rayon tu es libre et puis des exigences, derrière, de rotations efficaces et rentabilité), et dans mon boulot actuel les collègues légèrement plus ancien témoignent de temps où l'on avait le temps d'effectuer par soi-même des recherches ou bien de nouer des relations pas juste bonjour, bonsoir quel est votre souci, avec certain·e·s client·e·s.
J'aurais connu in extremis des triathlons ou compétitions de course à pied à la bonne franquette à présent, on en est à demander une faveur pour envoyer quelqu'un chercher un dossard à notre place si l'on travaille pour notre employeur aux jours et heures des retraits proposés.

La pandémie a accéléré le mouvement. Tout ce qui pouvait être pour le plaisir ou par humanité voire pourquoi pas bonté d'âme a été dégagé plus encore qu'avant. Il faut faire vite, ne pas prendre de risques, prononcer les mots clefs.

Le festival de cinéma tente encore de résister qui pourtant désormais doit proposer beaucoup d'avant-premières de films français - je n'ai rien contre eux, mais ils sortiront en salle quoi qu'il advienne, sont déjà dans les circuits -, pour pouvoir conserver leurs interstices de films plus originaux, innovants, expérimentaux, et venant de pays où le cinéma n'est pas encore ou pas toujours une industrie.

 

(1) ou le recours à de l'hyper précarité sous-payée ou au bénévolat.


"Leave no traces"

Film marquant de ce jour (les autres étaient aussi très bien je veux pas dire, mais celui-ci me laisse "sous l'emprise" et il durait 2h40 que je n'ai pas vues passer).

 

 

Au passage c'est là que l'on prend conscience que vieillir c'est voir les années de sa jeunesse (même pas celles de l'enfance, celles d'ensuite, les études et l'entrée dans ladite vie active), devenir objets de minutieuses reconstitutions, parfois plus vraies que nature, pour les œuvres de réalisateurs ou réalisatrices qui n'étaient alors même pas né·e·s.


Un film sur l'Île de Lewis

(domenica)

 

    En voyant un film de Bouli Lanners et Tim Mielants qui se passe sur l'Île de Lewis, je mesure encore davantage ce que je dois au bon copain récemment disparu. Entre autres : 

L'Écosse, d'y être allé en voyage de noces. Nous avions prévu le Danemark, qui déjà était comme la Norvège mais en plus simple d'accès et puis vraiment c'était trop cher et alors il a dit "Mais pourquoi vous n'iriez pas en Écosse, il y a des super distilleries à visiter ?". Car je lui dois aussi pour partie les whiskies : 

Le vrai initiateur était Yannick Hamonic qui vidait sa cave en prévision d'un poste au Brésil à Sao Paolo. Et qui donc un vendredi soir avait rapporté un Laphroaig. Il n'empêche que celui qui avait enquillé sur Ben si tu apprécies des whiskies comme ça, il y a des dégustations organisées par la Scotch Malt Society (c'était avant le Clan des Grands Malts, lequel s'est créé après sa dissolution, du moins de l'antenne française).

Nous lui devons le ciné club, du moins que je l'aie découvert dès 1986. Tu aimes le cinéma, tu sais au Crédit Lyonnais, il y a un ciné club. Lui ne venait qu'aux séances du mardi soir et quand ça n'a plus été à un ciné près de République qui était alors près de chez lui, il a cessé de venir. Alors que pour ma part je me suis inscrite et suis allée aux week-ends et avec Le Joueur de Pétanque lorsqu'il est revenu du Burkina Faso puis avec les enfants lorsqu'ils sont nés, nous avons été de tous les week-ends possibles au château de La Brosse Montceaux. C'est quelque chose de récurrent dans ma vie : des ami·e·s m'indiquent une voie qu'eux ou elles-mêmes n'approfondissent pas et je m'y tiens, tandis qu'eux n'en font plus partie.

Je lui dois un paquet de films (c'était un cinéphile averti), et de concerts, avec au passage la découverte de Jeanne Cherhal, quelques photos où je figure dont celles de la manif d'avril 2002, je lui dois d'ailleurs d'être allée à quelques manifs, et d'avoir un temps milité chez Attac (j'ai cessé faute de disponibilités et d'énergie après le travail).

Nous lui devons d'avoir eu pendant des années à la Noël d'excellents marrons glacés. Ce qui n'est pas si anodin car j'en faisais profiter toute la famille.

Je lui dois surtout, nous lui devons, de grands moments de grandes rigolades. Et ça n'est pas rien.


Comme un sprint final

(venerdi)

L'impression d'avoir traversé cette journée comme un sprint final à la fin d'une compétition de course à pied déjà épuisante.
À peine quitté le bureau, j'oublie tout, comme si le cerveau ayant poussé son effort jusqu'au bout disait stop absolument. 

Je rentre à Vélib dans une sensation de légèreté. Mais je croise deux risques d'accidents (dus à des conduites dangereuses, l'une de la part d'une cycliste qui traverse un carrefour comme si elle était un véhicule prioritaire, l'autre d'un automobiliste qui en plein milieu d'une grande avenue décide de faire demi-tour (heureusement ceux qui le suivaient avaient de bons réflexes), un accrochage qui venait d'avoir eu lieu (à la hauteur du Rond Point des Champs Élysées). Alors que vers la Porte de Clichy je longe le périph, je roule aussi vite qu'un cortège officiel qui emprunte celui-ci. Ça m'amuse beaucoup.

Je crois en avoir gardé sous la semelle, de l'énergie, et puis une fois répondu aux nécessités du corps (douche, dîner), à peine la force d'écrire ici (tout en regardant les infos sur la Rai News 24), et de filer au lit.

J'entends que la pandémie remonte ; pas le courage d'aller consulter les statistiques. 

Les trois décès parmi les personnes de mon entourage amical qui ont eu lieu ces quatre derniers mois me laissent toujours dans une forme de sidération, d'incrédulité (Comment ça, ils ne sont plus là ? Mais voyons, ça n'est pas possible !)


Nous l'aurons honoré de manière festive (et on pense que c'est ce qu'il aurait souhaité)

(giovedi)


Au travail dans l'après-midi nous avons vu des ciels magnifiques. Nuages sombres, soleil rasant de fin de journée, ondées, arcs en ciel (deux à un moment d'intervalle).

 

Deuxième soirée de la semaine en mémoire de l'ami défunt. Il avait dit à une amie commune, Souhaitons-nous plutôt une bonne année 2022 car 2021 je ne la sens pas bien. Il pensait à la pandémie et le voilà mort d'autre chose. Il n'empêche, c'était bien vu (ce qui lui ressemble).

J'ai passé l'âge de sortir le soir et enquiller le boulot le lendemain. Heureusement qu'il ne reste plus qu'une journée pour achever cette semaine du point de vue du salariat.

La ligne 14 est magique pour rentrer. C'est la première fois que je rentre d'une soirée depuis qu'existe la station Porte de Clichy.

Le restaurant a très scrupuleusement demandé nos pass sanitaires et nous faisons partie des gens pour qui ça ne pose aucun problème.

En Italie une manif anti green pass (le pass sanitaire italien) à Trieste s'est révélée être un foyer de contamination du Covid_19, forte augmentation de cas dans cette région-là. J'avoue ne vraiment pas comprendre l'irrationnalité de certains.

Au Royaume Uni bouffée épidémique. Ça ne s'arrêtera donc jamais ?


C'était l'adieu au vieil ami

(martedi)

C'était l'adieu au vieil ami et finalement ce fut un moment réconfortant puisque l'occasion de se retrouver entre personnes qui lui voulaient du bien, et dont beaucoup se connaissaient.

La pandémie et trop de travail pour beaucoup d'entre nous, nous ont fait nous perdre de vue, ou du moins ne plus nous voir que virtuellement (ce qui est beaucoup mieux que rien).

Après, si nous étions un certain nombre à avoir pu nous libérer de nos obligations professionnelles, c'est qu'obtenir un bon de sortie pour aller à des obsèques est infiniment plus facile que de poser une RTT en période chargée (devenue la norme car le système économique actuel appelle au sous-effectif permanent à des fins de rentabilité) en expliquant qu'on souhaite voir des copains avant qu'il ne soit trop tard, pendant que tout va bien.

C'était un bel adieu. 



PS : Trois décès en quatre mois (1), les ami·e·s, on est bien d'accord, pour cette année on s'arrête là.

(1) dont 0 Covid_19, ironie du sort


Mémoire des lieux

(lunedi, férié)

    Même si elle est moins bonne qu'autrefois ma mémoire des lieux m'étonne.
À Bois d'Arcy où je ne suis revenue brièvement qu'à l'automne 2016 pour enterrer mon beau-père, je sais encore où sont son ancien logement (quitté en 1995, lorsqu'il est tombé malade définitivement), le bois, l'Église et le cimetière comment relier tout ça, comment m'orienter dans le bois, le haras.
Ce qui a changé depuis : davantage de maisons individuelles quand les anciennes étaient encore séparées par des friches, quelques champs.

La demi-ville n'est pas laide mais me fait songer à ces campagnes belges qui n'en sont pas mais pas non plus des villes ou villages. Simplement des zones d'habitats. Sans structure apparente. Des éléments juxtaposés. Et de l'infrastructure routière qui contribue à ce que l'on ne puisse y vivre qu'en étant équipé d'un véhicule personnel à moteur.

Je m'interroge sur les dernières années des récents disparus (au delà du fait qu'il y avait pandémie, et donc diverses variantes de confinements, qui isolent).

À 23:13 dans la ville, plus un bruit. On se croirait revenu au temps des couvre-feux.