Si triste si prévisible (un accident mortel porte de Clichy)

 

    Depuis environ cinq ans, la porte de Clichy est en travaux (Tribunal de Paris, prolongement ligne 14, réaménagement passage sous périph). Ça change tout le temps, les passages et les feux, pour les véhicules avec et sans moteurs jusqu'aux piétons. À vélo, ou j'imagine sur une trottinette, c'est le pire des cas : à certaines périodes on ne sait où passer, on ne sait où l'on est censé·e·s passer. Plus d'une fois à vélo ou vélib, il m'est arrivé de descendre et marcher vélo à la main parce que je ne voyais pas comment faire sans me mettre en danger.

Ce matin alors que je sortais de chez moi, un peu tendue par une nouvelle crevaison constatée et le fait d'être sans marge pour arriver au travail en plus que d'avoir du coup le vélo qui normalement sert à l'homme de la maison (et n'est pas exactement à ma taille, même si c'est jouable, et a un tracas de roulements usés roue arrière), je me suis aussitôt rendue compte que quelque chose n'était pas comme à l'ordinaire. 

J'avais entendu de ma cuisine, encore plus de coups de klaxon que les autres jours [comme la porte est perpétuellement saturée et qu'en ce moment : davantage de circulation avec les grèves + travaux vraiment lourds sous le périph., c'est chaque jours un blocage presque complet aux heures de transhumances domiciles / travails et retours]. 

Et là, jusque dans ma rue, c'était une longue file de véhicules quand même globalement plus silencieux que d'ordinaire les longues files de véhicules ; et au bout de l'avenue des policiers qui prenaient le temps de parler aux conducteurs. Lesquels alors tentaient de reculer calmement.

Je me suis alors dit qu'il devait se passer quelque chose de particulier au tribunal, entre procès particulier, manifestation y afférente ou alerte de sécurité (1).

Puis j'ai eu ma journée de travail, sans réelle pause déjeuner car l'heure fut consacrée à mes ennuis mécaniques, et deux trajets plus fatigants car avec le vélo second et une vague appréhension que les pneus se dégonflent l'un ou l'autre à chaque instant. Tomber deux fois à plat en moins d'une semaine et retrouver un pneu à plat un des matins suivants, ça finit par rendre nerveuse. J'avais donc totalement oublié l'étrange situation de circulation du matin, à l'heure tardive où après m'être débrouillée pour avoir de quoi dîner, puis être redescendue tenter de voir ce que je pouvais faire pour le pneu dégonflé, j'ai ouvert mon ordi et ma TL Twitter. 

C'est alors que j'y ai lu cet article du Parisien, et compris. L'endroit si dangereux où ont lieu les travaux a été lieu d'un accident mortel, un cycliste écrasé par un poids lourds dont le conducteur n'avait sans doute rien vu à cause de l'angle mort cabine combiné avec le fait qu'il devait être concentré à éviter les plots pour travaux. On peut imaginer que le cycliste ignorait qu'il n'était pas visible et a cru qu'il avait le temps de passer. 

Cette nouvelle m'a rendu triste ; triste pour eux tous et leurs proches. Sans doute parce qu'elle était si prévisible. Sans doute parce qu'en tant que cycliste je sais qu'on n'est jamais à l'abri. Sans doute aussi parce que c'était un cran plus rude d'avoir assisté directement aux conséquences des heures d'après, sans avoir su et de piger seulement après coup. Ça ne change rien à l'accident lui-même ; au sort malheureux de ses protagonistes. C'est simplement qu'il prend ainsi davantage de poids de réalité. Ou que je peux encore moins m'empêcher d'imaginer ce qui s'est produit.

Pensées pour les personnes directement concernées. Peut-être que des mesures auraient dû être prises en amont d'interdire la circulation pendant cette phase particulièrement envahissante des travaux. 

 

(1) C'est déjà arrivé.


Un trajet dans Paris (par temps de grève des transports)

 

    Dans mon emploi actuel et comme souvent en librairie, les lundi sont mes dimanche, le samedi étant travaillé. Seulement comme il s'agit d'un lundi, inévitablement on en profite pour faire différentes choses nécessaires.

Je devais donc me rendre de Clichy vers Denfert. En milieu de matinée.

Quelque chose (des infos vaguement captées via le radio-réveil ? une réflexion du fiston qui consultait l'appli SNCF ? le fait que la CFDT comme prévu ait fait semblant de croire qu'elle avait remporté un point important avec l'abandon du concept d'"âge pivot" alors qu'il n'y a eu qu'un twiste de vocabulaire assorti d'un "provisoirement" ?) m'avait fait croire que la grève du moins dans les transports, s'était adoucie et qu'en prenant un peu de temps, ça pouvait passer. 

Il y avait aussi que je tenais à terminer une lecture en vue de l'émission "Côté papier" de ce mercredi. 

Et que mon parcours comportait un morceau de ligne 14 dont l'absence de conducteurs ne fait pas grève.

Au bout du compte : 

 

  • Je suis parvenue sans encombre par le train de Clichy Levallois à Satin Lazare. Il y en avait certes moins, l'attente était de 10 à 15 minutes, mais rien d'insurmontable lorsqu'on a prévu de partir un peu plus tôt parce qu'on se doute qu'on mettra un peu plus longtemps. Du monde, mais pas d'entassement insupportable. J'ai pu ouvrir mon livre.
  • La ligne 14 fonctionnait parfaitement mais surprise (et c'est là que j'ai su que j'arriverai en retard), son accès principal, via la bulle sur le parvis de la gare était fermé. Des personnes avaient été dûment dépêchées sur les lieux, un peu comme les gardiens de portes (1) de la ligne 13 pour indiquer de passer ailleurs. J'ai donc fait une belle boucle en entrant par l'accès vers la rue du Havre, puis en empruntant les souterrains presque déserts (c'était l'heure de fermeture des lignes qui avaient été ouvertes pour faire face aux heures de pointes). Une fois dans la rame c'était tranquille comme aux débuts de la ligne 14 quand peu de gens encore l'empruntaient.
  • À Châtelet, changement étrange : si peu de monde dans un lieu ordinairement si fréquenté. On avait un peu l'impression d'être les survivants d'une grave épidémie. La surprise pour moi qui n'avais pas fréquenté les transports dans Paris depuis un mois et demi fut les couloirs de canalisations des flux de passagers qui avaient été créés. Au moment où je suis passée ils étaient un peu superflus. Ils laissaient cependant imaginer l'enfer possible d'autres heures plus chargées.
  • Lignes de métro qui se fermaient. En revanche, les RER B existaient. Pas tous. Un monde fou sur le quai. J'ai eu la chance que l'un passe rapidement, malgré son retard pour cause de "malaises voyageurs" annoncé. J'ai aussi le savoir faire pour pouvoir entrer dans un wagon bondé sans écraser personne davantage qu'il ne l'est déjà, vingt ans de ligne 13 à ces pires années, ça laisse des compétences.
  • À Denfert une sortie lente, ça bouchonnait de piétons qui sortaient. J'ai mis trois à quatre minutes de plus qu'à l'ordinaire pour simplement sortir de la gare. 

Bilan du trajet aller : 15 minutes de retard sur l'heure prévue d'arrivée. 1h20 à 1h25 de trajet au lieu des 1h05 à 1h10 que j'aurais pu mettre avec les mêmes lignes un jour normal sans incidents techniques. 

 

Pour le retour j'ai commencé en mode marche à pied, après avoir brièvement caressé l'espoir de rentrer à vélib mais constaté que ceux que je voyais ici ou là étaient disponibles seulement de par leur mauvais état. J'avais par ailleurs besoin de réfléchir à quelques possibilités de mon avenir de non-retraitée et pour la réflexion rien ne vaut la marche à pied. Je supputais qu'à Montparnasse je trouverais des possibilités pour remonter vers le nord de Paris.

  • La ligne 13 comme bien d'autres était fermée, accès clos par de la rubalise. Il en était de même pour tous les accès à l'intérieur de Montparnasse, et pour toutes les lignes. 
  • Des bus passaient, j'en avais vu au départ de Satin Lazare plus tôt le matin, et depuis que je marchais à partir de Denfert. Leur inconvénient était d'être bondés. J'ai donc cherché une ligne qui partait de Montparnasse afin d'être assurée de pouvoir monter. Facile, la 28, avec un bus sur le point de partir. C'était du trajet debout mais supportablement tassés. Pas la peine d'espérer lire. À hauteur de Champs Élysées et comme j'étais allée tout au fond puisque je comptais descendre au terminus, j'ai pu avoir une place assise. Trajet lent mais qui m'aura permis de rallier la gare sans (trop de) fatigue (2).
  • Les trains SNCF n'avaient pas leur fréquence habituelle mais ça ressemblait à un jour normal avec quelques tracas techniques comme c'est souvent le cas. Et puis j'ai pu m'asseoir et lire en attendant son démarrage, ça n'était pas pur temps perdu.
  • Pas de vélibs pour le petit trajet de la gare jusqu'à chez moi : ils semblaient pour ceux qui restaient, là encore dans un sale état.

Il devait être aux environs de 13h lorsque je suis rentrée chez moi. Contre probablement 12h20 ou 12h30 si ça n'avait pas été jour de grève.

J'écris ce billet non pour protester, car je suis des personnes qui ne voient que trop bien quel hold-up est en cours sur ce qui restait de solidarité intergénérationnelle nationale et qu'en l'occurrence même en l'état actuel des choses, j'ai un réel problème d'avenir professionnel et financier qui se pose : je suis à quatre ans de ce qui était l'âge de départ en retraite lorsque j'ai entamé ma vie professionnelle, seulement compte tenu de mes études et de deux périodes qui semblent n'avoir pas comptées (un congé maternité longue durée à l'époque couvert par la convention collective des banques, remise en cause peu après, et qui entre-temps est devenu considéré comme une période non-travaillée ; par ailleurs mes débuts en librairie à temps partiel si faiblement rémunérés que j'en ai des trimestres "blancs" (3)), il faudrait que je parvienne à travailler jusqu'à 65 ans pour prétendre à une retraite à taux plein, laquelle serait de toutes façons assez maigre même calculée sur les 25 meilleures années de mes revenus. Elle me permettrait simplement de continuer à vivre chez moi. Si j'évoque mon cas c'est que pas mal de femmes qui ont pris qui un congé parental qui un temps partiel pour s'occuper de leurs enfants petits se retrouvent sans doute dans le même cas. Et pas mal de libraires, heureux et heureuses de pratiquer un métier qui a du sens et qu'ils apprécient vont tôt ou tard avoir ce genre de soucis : une retraite sur à peine plus que le SMIC c'est à peine plus que que pouic. Bref, j'écris ce billet non pour protester mais pour simplement témoigner d'un jour J sur le terrain à ce moment donné d'une période troublée. Si faire grève avait un sens dans mon cas, si par exemple je travaillais encore pour une grande entreprise tout en étant en CDI, je ferais grève contre cette réforme des retraites (4).
Je l'écris comme souvent ici pour documenter la vie quotidienne à Paris et en Île de France au début du XXIème siècle comptage chrétien, les premières décennies des années 200 du calendrier républicain, vu d'une personne lambda qui tente de vivre sa petite vie et boucler ses fins de mois.

Je l'écris aussi par compassion pour les personnes qui ont des ennuis dans leurs boulots respectifs en arrivant en retard alors qu'elles n'y sont pour rien. Ou qui s'épuisent dans de trop longs trajets parce qu'elles habitent loin pour cause de loyers locaux astronomiques et que leurs vies vont bien tant que tout va bien mais qui sont à la merci des moindres complications. Beaucoup ne se rendent sans doute pas compte qu'elles pourraient s'en sortir en s'habituant au vélo. Que jusqu'à des trajets de 15 km sans difficulté technique particulière (la côte de Meudon par exemple, ou dans le Val d'Oise celles de Saint-Prix, ou la montée de Montmorency), c'est très faisable et qu'on en sort plus en forme, une fois habitués. Je n'ose pas trop insister car pour l'instant encore, compte tenu des infrastructures en progrès mais incomplètes, et de la violence de certains comportements motorisés, l'usage du vélo augmente pour le cycliste le danger du trajet. Quoi qu'il en soit, franciliennes et franciliens qui en bavez actuellement, tenez bon, c'est de votre futur ou de celui de vos enfants qu'il s'agit. 

 

 

(1) J'ignore le nom officiel de leur emploi. Aux heures d'affluence ils sont depuis quelques années à chaque porte palière à dire "Laissez descendre avant de monter" 

(2) J'avais quand même un trail d'entraînement de 17 km dans les gambettes. 

(3) Alors que mes bulletins de salaires mentionnaient des cotisations. Mais c'était sous un certain seuil donc ça comptait pour du beurre. Charmant.

(4) @monsieurkaplan a parfaitement écrit ce que moi aussi je constate et ressens. Au passage je découvre son blog qui s'annonce intéressant. 

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Cauchemar cycliste (avec heureusement de bonnes pistes par endroit, pour souffler)

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Ce soir je me rendais de la librairie où je travaille en ce mois de janvier (Les mots et les choses) à Boulogne Billancourt, jusqu'à l'orée de la place Constantin Pecqueur à Montmartre.

J'avais choisi de profiter des bidirs peu fréquentées qui longent le Bois de Boulogne et malgré deux gros nœuds de circulation pour les atteindre (1), c'était assez agréable.

Ça se gâtait après vers l'avenue Foch puis celle qui mène aux Ternes : des voitures dans tous les sens et certains qui se mettaient en double voire triple file avec d'aucuns qui se mettent en warning puis redémarrent sans les enlever et d'autres qui n'indiquent même pas qu'ils sont pour un moment à l'arrêt. Compte tenu du trafic, chaque dépassement était une mise en danger. Et heureusement j'ai eu affaire à des gens plutôt civilisés qui voyant une cycliste au milieu de cette pagaille, s'efforçait de lui laisser de quoi se faufiler. Y compris des scooters, eux-mêmes pas franchement à la fête. 

Ensuite splendide piste le long du parc Monceau, de quoi reprendre des forces ; puis la piste centrale vers Rome, hélas mal indiquée aux carrefours. Et puis la folie, certes peu surprenante, mais finalement à ce demander pourquoi ceux qui aiment faire des sports extrêmes vont dans des spots lointains, de la place Clichy. On se retrouve au milieu de flux croisés à se demander Mais où étais-je censée passer ?
Et la galère n'est pas terminée, il convient ensuite de survivre au franchissement du cimetière de Montmartre par la rue Caulaincourt : barrières métalliques d'un côté et les voitures qui serrent de l'autre parce que ce n'est pas si large, qu'il y a un monde fou en face et qu'elles n'ont pas vraiment le choix. Et en plus en montée lorsque l'on vient de la place Clichy.

Je crois que la circulation était particulièrement foutraque ce soir, grèves, pluie plus tôt, peut-être conséquences indirectes et ultérieures de manifs dont je n'ai découvert l'existence via Twitter qu'en rentrant. Il n'empêche, je déconseille cet itinéraire aux cyclistes urbains débutants. Et, à part des mal garés, j'ai eu la chance de ne croiser aucun comportement de bagnolard : les conductrices et conducteurs faisaient ce qu'ils pouvaient et faisaient plutôt gaffe. Rien à leur reprocher, si ce n'est leur trop grand nombre.

Paris est en plein mutation cyclable. On a de belles pistes dans certains endroits désormais, un réel effort a été fait. Le hic c'est qu'il manque cruellement la continuité aux points névralgiques, certains carrefours semblent sans solutions alors que précisément ce sont dans de tels endroits qu'on aurait le plus besoin d'un parcours spécifique (mais pas trop absurde si possible) et protégé.

À part ça j'ai passé une super soirée. Mais c'est une autre histoire.

 

(1) Je ne sais par exemple toujours pas passer la Porte de Saint Cloud autrement qu'en passant en mode Super-piéton, le vélo à la main.

PS : Il faudrait vraiment que je m'équipe pour filmer mes trajets et apprenne à le faire.

PS' : La vitesse indiquée inclu les arrêts à de longs feux et des moments piétons pour des carrefours inextricables ou trop dangereux. 


Des accidents potentiels mais un plaisir inentamé

 

    Les trajets de #Vélotaf étaient très tranquilles aujourd'hui : pas ou peu de circulation et ce matin un bon soleil. Il n'empêche que par deux fois des accidents ont failli avoir lieu juste derrière moi.

Le premier était dans une rue moyenne à double sens de circulation et sans piste cyclable. Il y avait des travaux qui rétrecissaient la chaussée du côté opposé au mien. Deux voitures du coup ne pouvaient plus se croiser et une voiture face à un vélo si mais si la voiture venant en face serrait bien sa droite le long des palissades de chantier. Je vois un taxi arriver face à moi, bien pressé. Par prudence je ralentis : ça va passer mais juste. Et c'est alors qu'une trottinette électrique qui me suivait sans que je le sache (silencieuse) trouvant que je n'allais plus assez vite a décidé de me doubler. Le taxi a ralenti et s'est mis à serrer sa droite, mais il ne s'en est pas fallu de beaucoup.

Le second était à un carrefour entre Neuilly et Boulogne qui combine feux rouges et rond point. Le feu était rouge d'où je venais, une voiture me suivait bien arrêtée comme moi. Une cycliste est passée venant de l'arrière, sans même ralentir, hop dans le rond-point avec quelques véhicules qui y circulaient, heureusement à vitesse si modérée qu'ils ont pu freiner. Elle disposait d'un vélo de ville, ça n'était pas quelqu'un en mode sport qui, j'en connais, parviennent à se faufiler dans une tête d'épingle et peuvent parfois tenter des trucs qui aux autres ne pardonneraient pas. Elle semblait simplement parfaitement inconsciente du danger, voire même de l'existence d'un carrefour. Je précise qu'elle ne tournait pas à droite et qu'il n'y avait pas non plus un tout droit possible sans danger. Elle a vraiment tout grillé et traversé pour aller en face vers la gauche en se comportant comme si elle était un véhicule prioritaire avec la sirène activée.

Sinon, bien sûr kyrielle de véhicules en arrêts avec warning sur les pistes cyclables ; certains les considèrent vraiment comme des sortes de bandes d'arrêts temporaires. Je suis suffisamment aguerrie pour me glisser dans le flux des véhicules qui déboîtent, mais il n'empêche qu'au lieu de pouvoir rouler à bonne vitesse sur une piste cyclable dégagée on doit ralentir, se méfier, relancer après.
Et toujours beaucoup d'automobilistes qui semblent avoir peur d'user leurs clignotants. Mais ce comportement gêne aussi leurs congénères. 

Plusieurs voitures à l'aller comme au retour m'ont accordé des Allez-y passez, de courtoisie ce qui fait toujours plaisir (par exemple aux endroits de priorités à droite mais la voiture voit qu'on est sur notre élan alors la conductrice ou le conducteur fait signe). Et un scooter qui a reculé pour me laisser accès à un tourne-à-droite (il était lui-même gêné par une voiture mal garée sauf que j'avais la place s'il se poussait de passer). Je suis toujours très sensible à ses signes encourageants.

Je me suis aperçue que j'ai franchi la barre de me préoccuper des grèves. Je vais bosser à vélo et puis c'est tout. 

C'est particulièrement appréciable le soir, j'arrive à la maison la journée de boulot déjà loin (même si c'est un bon travail, il requiert de l'attention et de la concentration et de la force physique), concentrée sur tout autre chose, les jambes défatiguées (le pédalage détend bien de la station debout et des piétinements), fin prête pour apprécier pleinement mon petit bout de soirée.

 


Un trajet différent

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Depuis un moment je souhaitais essayer le retour par la belle bidir qui longe la Seine rive droite, voie Georges Pompidou, quitte à rallonger un peu le kilométrage afin d'éviter et la place de l'Étoile et la montée du Troca.

Ce soir, temps doux, pas de pluie, bonne journée de travail à un rythme normal qui me laissait un peu d'énergie avec en plus le passage d'une amie du triathlon venue exprès se fournir là où je travaillais, c'était le bon moment pour tenter.

Mon trajet de retour boulot correspond au "retour" sur la video de Bilook que j'ai mise en lien. Les travaux depuis sont terminés.

C'est un vrai plaisir que de pouvoir se lancer enfin quelque part à bonne vitesse (1). Seul inconvénient : la file ininterrompue des voitures voisines nous font largement profiter de la production suffocante de leurs pots d'échappements. 

J'ai été surprise par la hauteur de la Seine, que pourtant depuis notre entraînement de dimanche je savais en crue. La voie sur berge sera sans doute bientôt neutralisée, ce qui doit être assez habituel en janvier. Surprise aussi par la présence de très nombreuses mouettes. Comme elles se tenaient sur la rambarde, totalement indifférentes aux passages pourtant fréquents et très voisins, des vélos, ça avait un petit côté "Les oiseaux". Elles étaient si proches qu'à un moment je pouvais percevoir l'aspect duveuteux de certaines plumes. Cela dit, leur présence pressante n'était désagréable qu'en raison de mon penchant cinéphile. Et pas au point de faire peur, vraiment pas.

Avoir la Tour Eiffel en ligne de mire, surtout la nuit, est un ravissement.

Malheureusement, cette piste est difficile à atteindre lorsque l'on vient de Boulogne, à un endroit je me suis même demandée tellement ça fait autoroute urbaine, si j'avais le droit de passer à vélo. Alors que j'hésitais, un vélib m'a doublée puis un livreur à vélo, je me suis dit OK. Quand à hauteur de la tour TF1 la bidir est apparue je me suis sentie soulagée.

L'autre extrêmité pose également problème, on se retrouve en mono-dir sur le trottoir, la piste est mal entretenue - il y a de vrais nids de poules - et vers la Tour Eiffel les touristes, on aurait du mal à leur en vouloir, occupent toute la largeur de ce qui ressemble quand même avant tout à un trottoir, afin de se prendre en photo devant le symbole de Paris. 

Je me suis retrouvée place du pont de l'Alma à ne pas trop savoir comment faire pour m'engager vers une rue de gauche, d'autant plus qu'il y a une sorte de bras d'accès pour les bus qui est munie d'un panneau stipulant interdit aux vélos. 

Ensuite j'ai retrouvé rapidement les parages de la première librairie où j'avais travaillé, Livre Sterling, ce qui comme je ne m'y étais pas mentalement préparée m'a valu un solide coup de blues (2) ; les aménagements cyclables incomplets n'y étaient cette fois pour rien.

J'ai vu aussi pour la première fois je crois, les installations cheap qui ont remplacées les solides fontaines du Rond Point des Champs Élysées. Est-ce que quelqu'un les trouve belles ? Je pense, à leur allure, que la première tempête climatique ou sociale un peu conséquente les remettra en question ; à moins que ce ne soient que des installations provisoires, ce qui expliquerait qu'elles semblent si légères. Que sont devenues les anciennes fontaines ?

Comme par là-dessus un car "V.I.C." (quelle est cette société ?) archipolluant et suffocant m'a accompagnée hélas tout un morceau de trajet que j'accomplissais dans le XVIIème pour remonter vers Levallois, c'est peu dire que ma fin d'itinéraire de retour du taf fut moyennement satisfaisante.

Au moins je suis rentrée sans encombres, ni frayeurs majeures.  C'est déjà ça.  

Pour l'instant mon meilleur itinéraire reste celui axé sur la route de la Longue Queue et l'allée de l'Espérance puis dans Boulogne la rue de Silly : à la fois direct et le plus agréable et sur. 

Mais j'ai sans doute quelques autres trajets à tenter. 

 

(1) Les trois quarts du temps lors de mes trajets dans Paris je roule très en dessous de mes capacités, pour simple raison de sécurité.

(2) À l'époque entre soucis pécuniers et tracas pour la santé de ma fille et quelques autres tourments, ma vie n'était pas si facile, il n'empêche que professionnellement c'était le bonheur, aux difficultés économiques de l'entreprise près. Mais quelle belle aventure ! 

 

 


Vélotaf - Je ne suis pas la seule -

 

    Je comptais bien vélotafer pour ce nouveau boulot (1), seulement peut-être pas tous les jours, ne serait-ce que pour pouvoir lire ; ce que les transports en commun autorisent lorsqu'ils sont empruntés dans de bonnes conditions, mais pas le vélo, pas très bien.

Voilà qu'avec la grève générale et des transports en communs parisiens en particulier, j'ai parcouru chaque jour environ 25 km. En deux fois sur un parcours presque plat, c'est très faisable, dès lors que l'on n'a pas d'ennui de santé particulier. J'en suis donc à 350 km environ cumulés et ma foi, si l'absence de possibilité de pointes sérieuses de vitesse empêchent que ça vaille pour entraînement de triathlon, c'est beaucoup mieux que rien.

Grâce à cet effort quotidien, je me sens en meilleure forme pour assurer le boulot, c'est particulièrement flagrant sur les début de journées de travail : j'arrive bien réveillée, bien échauffée, prête à soulever ce qu'il faut de cartons.

Je pense que bien des personnes que les grèves ont contraintes au vélo, si elles n'ont pas trop subi de mésaventures liées aux comportements des automobilistes pressés (2) et de certains 2RM, vont constater une réelle amélioration de leur condition physique et donc de leur quotidien et vont rester adeptes de cette belle façon de circuler.

Un billet de blog de Tristan Nitot rassemble bien les enjeux, n'hésitez pas à aller y lire : 

Le possible succès du vélo

 

Il n'y manque que la mention des petits bonheurs : le co-vélotaf, qu'il m'est arrivé de pratiquer (par exemple Coucou Sacrip'Anne) et les rencontres et retrouvailles.

Ainsi ce matin en allant bosser, j'ai croisé une belle petite bande de camarades de mon club de triathlon lesquels venaient de s'entraîner en course à pied, et même si je n'ai pas pu m'arrêter car arriver en retard au bureau peut se négocier mais arriver en retard pour tenir boutique signifie laisser des clients mal servis, nos saluts joyeux ont ensoleillé ma journée.

Il m'ont donné l'impression que la vie était belle, classe et facile comme dans les méthodes de langues ou les comédie musicale.

 

(1) À la librairie Les Mots et Les Choses, donc

(2) Not all automobilistes, il y a vraiment globalement un progrès. Seulement il suffit d'un gougnafier pour se retrouver en danger. 


Photos triées (janvier 2018)

 

    La mémoire à nouveau saturée de mon ordinateur m'oblige à faire grand tri, sauvegardes et ménage de photos, alors que j'avais tant d'autres choses à faire. En même temps c'est une occupation calme qui va bien pour un jour de récupération. Si j'accomplis mon travail de la maison, je n'aurais plus de forces pour mon travail du travail demain.

Je m'efforce de rendre la nécessité un tant soit peu intéressante (1) en regardant les photos avant de les effacer. Ainsi reviennent quelques mémoires.

 

 

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Fin janvier 2018 la Seine est en crue. C'est fréquent l'hiver mais ce mois-là cela prend d'impressionnantes proportions. Je travaille à la librairie Charybde et c'est un rythme soutenu.

Je me souviens de paroles prononcées par Stromae après ce qui ressemble à un burn-out qu'il avait eu lors d'une tournée sans fin qui succédait à son grand succès : et qui disait en substance, Tout allait tellement vite, tout était si intense, je n'avais pas le temps de mémoriser ce qui m'arrivait, j'ai des moments entiers dont je ne me souviens plus. Loin d'être en burn-out, mais portant fort le quotidien, j'éprouve pour ma période chez Charybde quelque chose du même ordre : je me souviens de l'ambiance belle des soirées, de beaux échanges avec les clients, de mes trajets de coursiers le matin avant d'aller bosser (pour certains éditeurs, certains comptoirs), ce sont de bons souvenirs. Seulement ils tentent à former un continuum, un tout indistinct. Et bien des éléments de la période me sont sortis de l'esprit. Ainsi cette crue spectaculaire, dont je pouvais pourtant mesurer la progression lors de mes trajets vélotaf.  

Dans les périodes de vie trop intense, on perd le meilleur des meilleurs moments. Au lieu de devenir des jalons de mémoire, ils s'en retrouvent lissés. 

 

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Les dimanche d'avant le déménagement des possessions (meubles, objets, vêtements) de mes parents se sont souvent déroulés selon le schéma suivant : course à pied en forêt de Montmorency, déjeuner sur le pouce (2) ou au restaurant, après-midi à la maison de Taverny : JF fait la sieste et moi je procède aux mises en cartons et aux tris. Je retrouve par les photos la trace de notre passage le dimanche 28 janvier 2018 à Montmorency, à Sempre al Vicolo où œuvrait encore Alexis, restaurant qu'il a cédé depuis. Je retrouve un lapsus révélateur datant de 1983 

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En fin de journée nous rentrions et je tombais de sommeil. Comme les semaines à la librairie étaient fort intenses aussi, je ne suis pas étonnée, rétrospectivement, de n'avoir de cette période qu'un souvenir parcellaire. Pas d'états d'âme, il fallait tenir il y avait des échéances et beaucoup à faire, dans les deux domaines (vie personnelle et vie pro).

 

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Le 29 janvier 2018 je retourne à Taverny mais repars assez tôt car je suis conviée au soir à une rencontre littéraire avec Shida Bazyar pour "Les nuits sont calmes à Téhéran". Je me souviens de la rencontre, c'était un bon moment, vraiment. En revanche, je n'ai plus souvenir du roman, si ce n'est qu'il était bien. Pourtant, très jeune j'avais compris qu'il était bon de noter ses lectures, j'en avais retrouvé trace ce jour-là. Seulement la vie ne laisse pas toujours le temps de le faire. 

 

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Le 30 janvier 2018, à la mémoire, un mardi, c'est la soirée au Silencio pour le lancement du roman "La dissipation" de Nicolas Richard. Même si le lieu me laisse méfiante (pour les lancements de livres, je préfère les librairies), je garde de la soirée un vif souvenir. En particulier parce que l'établissement loue doublement ses lieux et je n'en savais rien. Aussi, lorsqu'à la fin de la présentation littéraire et du pot qui suivit, je me rendis aux toilettes avant d'entreprendre le retour vers mon logis, et comme il y eut de l'attente, je me retrouvai en sortant dans un tout autre monde et ça ressemblait à un film : vous faites un truc anodin et quand vous en terminez autour de vous tout change. Curieuse, je reste pour écouter l'artiste (musique) dont c'est la soirée. C'est là que je ferais voisinage avec Étienne Daho, ce qui sur le moment me semble aller de soi (3) 

 

(1) J'effectue par ailleurs des sauvegardes automatiques régulières, seulement je tiens à faire pour les photos en plus des sauvegardes choisies, pour lesquelles je maîtrise l'emplacement.

(2) À la résidence Guynemer une boulangerie restait ouverte le dimanche, dont les sandwichs étaient plutôt bons, quoi que pour moi trop copieux.

(3) Même coup en bien moins fort qu'avec Wim Wenders il y a un moment : sur l'instant la rencontre me semble totalement naturelle. Après coup, j'ai un effet de Ah ouais quand même !  


Pour moi c'est plutôt 1986

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C'est en lisant ce touite que j'en ai pris clairement conscience (1) : alors que tout le monde évoque 1995 à propos des grèves actuelles, le souvenir qu'elles m'évoquent est quant à moi celui de 1986.

Sans doute parce que les voltigeurs de sinistre mémoire sont à nouveau à l'œuvre.

Mais aussi parce que ma situation personnelle au milieu de tout ce qui se produit présente des similitudes.

En 1986 je démarrais ma vie professionnelle et c'était fort intéressant et stimulant, j'y croyais pas mal, mes collègues étaient top. Je logeais dans une chambre de bonne tandis que mon fiancé faisait son équivalent de service militaire au Burkina Faso. Dès lors ma vie c'était bosser, lui écrire, et faire du sport - c'est là que j'ai commencé la danse avec Brigitte, dont les cours me manquent tant -. Il n'y avait pas encore de vélib mais pour aller bosser je pouvais marcher.

J'écoutais les infos à la radio le soir, lisais régulièrement des journaux (2). J'étais donc au courant des événements en cours. Seulement ma vie concrète et quotidienne était si remplie que bien que vivant et travaillant à Paris, je n'en voyais ni subissais rien. C'était comme si j'avais vécu ailleurs ou à un autre moment.

Aujourd'hui c'est un peu similaire. Je m'informe tôt le matin, tard le soir en rentrant. J'ai un travail intéressant et stimulant. J'essaie de maintenir des activités sportives. Et de ne pas perdre de vue tout le monde malgré la vie sur-occupée. Pour aller bosser, je peux prendre un vélo. Ce que je vois directement des grèves et des manifs, ce sont les conséquences en termes de circulation : des embouteillages à n'en plus finir, beaucoup de personnes à pied ou à vélo. C'est tout. De mes ami·e·s ou camarades de radio témoignent de leurs expériences en manifestation, c'est un peu comme s'il me faisaient le récit d'un lointain voyage. Mon trajet domicile - travail ne passant pas (ou : pas forcément) via Paris intra-muros, je n'en vois rien.

Et si comme en 1986 j'avais un voyage un peu lointain prévu et que sur place on me demandait Alors comment c'est en ce moment à Paris ? Je ne saurais dire que comme à l'époque, figurez-vous que je pars assez tôt travailler le matin, rentre tard le soir, circule par manque de temps fort peu entre mes trajets strictement nécessaires, et ce qui survient, je n'en vois rien.

Ceci est renforcé par le fait que mon organisation quotidienne pour pallier l'absence de transports en commun rend mes trajets plus longs en durée ; de ce fait je dispose d'autant moins de temps pour être dans la ville et non pas seulement aux prises avec ma vie. 

C'est donc assez logique. J'en éprouve pourtant, comme en 1986, une forme d'étonnement.

 

PS : Je m'aperçois qu'en période de surmenage professionnel, la plupart des infos m'arrivent comme autrefois par la radio le matin, via le radio-réveil enclenché pour que je me lève à temps pour aller travailler. Or ces temps troublés s'accompagnent de grèves à Radio-France, ce qui réduit mes possibilités d'entendre des informations avant de partir.

En 2019 acheter un journal de papier est devenu un luxe et n'est pas si facile - je peine à acheter une fois par semaine Le Canard Enchaîné, les kiosques sont devenus relativement rares quand il y en avait presque à chaque coin de rue -. 

 

(1) car je n'avais aucune idée qu'il y eût ces jours-ci des violences aux abords de lycées ; des blocages de lycées.

(2) En ce temps là, acheter Le Monde, prendre un café au café, même pour un petit budget, ça se faisait sans y réfléchir.


La journée de la courtoisie

 

    Ce lundi, malgré les grèves, la circulation était calme et le temps plutôt doux. J'ignore ce qu'il y avait dans l'air et j'ai regretté de n'avoir pas de caméra pour filmer mon trajet, car s'il y eut plus que d'avantage de la #GCUMerie (véhicules stationnants n'importe où de préférence sur les pistes cyclables), ce fut un festival de courtoisie de la part des automobilistes y compris à des carrefours où je m'arrêtais parce qu'ils avaient priorité (oui vous avez bien lu, au moment où je m'apprête à mettre pied à terre, l'automobiliste me fait signe de la main, Allez-y). Et ce à l'aller et au retour. 

J'avais mon bon vieux VTT donné par l'ami du Connétable, Fabien, ma tenue "de cosmonaute" habituelle : gilet et casque jaune, sur-pantalon, bandeau jaune fluo sur le sac à dos ; pour le trajet du soir, bonnes lumières ; tout pareil que les autres jours. Je ne roulais ni plus ni moins vite. Et le parcours est le même que depuis presque un mois, avec jusqu'à présent ni plus ni moins de mises en danger par les voitures qu'ailleurs.

Bref, je n'ai pas pigé ce qui a fait qu'en ce jour particulier tous les automobilistes se sont vis-à-vis de moi comportés avec élégance. Et comme ça rend la circulation à vélo plus facile, fluide et disons-le agréable.

Le truc un peu triste, c'est de s'en retrouver stupéfaite et émue. 

 

 

 


Sauf erreur de calcul de ma part, j'en suis à [...]

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Sauf erreur de calcul de ma part j'en suis à 266,49 km de #Vélotaf cumulés depuis mes débuts à la librairie "Des mots et des choses", soit un peu moins d'un mois. J'en aurais sans doute fait moins sans les grèves, notamment les jours où je dois aller Porte de Saint-Ouen pour mon émission de radio du mercredi soir sur Cause Commune (93.1 FM) et aussi parce qu'en tant que libraire, les temps de trajets en transports en commun présentent une plage de lecture non négligeable.

J'en aurais sans doute fait plus si je n'avais pas eu un problème mécanique à tenter de faire réparer car il dépassait mes compétences. Alors les premiers jours je n'ai pas pris le vélo. Le problème hélas n'est que partiellement résolu pour l'instant mais au moins n'entraîne plus de risques, simplement du ralentissement et un léger inconfort.

Mes trajets aller et retour sont désormais stabilisés. J'aimerais les filmer, parce qu'ils correspondent à une recherche de combiner relative efficacité et itinéraire agréable voire sécurisé. Alors ils pourraient servir à d'autres ou à des débutant·e·s. 

J'ai supprimé un aléas de durée non négligeable en évitant la place Marcel Sembat : désormais je passe par l'ouest de Boulogne (rue de Silly notamment) quitte à ce que ça représente un détour (en fait pas tant).

trajet aller : 

Capture d’écran 2019-12-16 à 23.18.09

 

 

 

 

 

 

trajet retour : 

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La différence entre les deux trajets s'explique par des sens interdits et le fait que l'aller se doit d'être efficace. Je suis surprise par le temps cumulé d'arrêts, dus aux feux de signalisation (que je respecte sauf pour ceux qui n'ont pas de sens pour un vélo - certains d'ailleurs sont dûment équipés du signe qui autorise le tourne à droite ou le tout droit si la voie est libre -) 

 

Capture d’écran 2019-12-16 à 23.18.49 Capture d’écran 2019-12-16 à 22.37.32

6 minutes ce matin, 8 minutes ce soir. 

Or ce soir il n'y avait pratiquement pas de circulation - je me suis même demandée s'il n'y avait pas eu une annonce de démission du Président Macron et que tout le monde serait scotché à des fournisseurs d'infos (1) -, ce qui signifie que l'entière différence entre temps écoulé et temps de déplacement était constituée par les arrêts aux carrefours.  

Je pense que ce billet aura quelques suites, je vais peu à peu affiner. 

 

(1) C'est un côté curieux, presque un peu amusant dans ce monde moderne, de mes emplois depuis septembre : ils sont d'une intensité telle - c'est stimulant, je ne m'en plains pas - que je ne peux matériellement pas consulter mon téléphone quand j'y suis. 

Je jette généralement un coup d'œil à ma messagerie pendant la pause déjeuner, et brièvement sur mon fil Twitter - avec l'aléa que si une infos est tombée bien plus tôt ou tombera juste après, je n'en saurais rien sur le champ et pas avant un moment -. Dès lors je me retrouve dans un mode de vie qui était celui d'avant l'internet : les informations ne nous atteignent qu'une à deux fois par jour. C'est simultanément assez frustrant et relaxant.