Les jeunes pères

 

    Depuis un moment déjà, aux heures où je pars travailler et qui sont celles de garderies ou de petites écoles, je croise des jeunes pères escortant leurs enfants, en proportion désormais honorable et qui contraste avec le déséquilibre d'antan, où n'officiaient que les mamans.

Pour autant il y a comme une tendance ces derniers temps à la prise d'allure détachée ce faisant. Comme si les jeunes pères tenaient à montrer au monde qu'ils dépannent, que cette action qu'ils accomplissent ne les définit pas. Ainsi beaucoup de ceux dont l'enfant est en poussette, la poussent d'une seule main.
Aujourd'hui l'un d'eux avait l'autre main dans les poches, laissant entendre qu'il accomplissait son devoir avec grand détachement.

Certains contournent la corvée. Je croise parfois près du bureau où je bosse un jeune père en rollers, poussant son enfant en pleine rue, au mépris des dangers pourtant solides de la circulation.

Il se pourrait qu'un peu plus de proximité, ce dont d'autres font allègrement montre, permettrait de transformer en moment partagé ce qu'ils semblent percevoir comme une contrainte qui pèse sur leur temps quotidien. 


Il aura fallu attendre 2024 mais ça y est enfin, on commence à être en l'an 2000


    Il existe des taxis autonomes dans certaines villes du monde, dont San Francisco.

Article sur Numerama avec une vidéo.
Pour avoir subi en tant que passagère ou en tant que personne qui croisait leur route, tant de chauffeurs qui étaient dangereux à force de se prendre pour des pilotes, je l'avoue, cette perspective me rassure. Un véhicule autonome, sauf à être programmé par un fou malfaisant, ne s'amusera jamais à vouloir épater la galerie, se venger des cyclistes, manquer de respect aux piétons.

Les voitures volantes commencent à poindre. 
Bref, avec un peu de retard, on est en train d'arriver à ce qu'enfants dans les années 60 et 70 on imaginait pour "l'an 2000".

Dommage que les guerres se fassent de plus en plus menaçantes et que le climat soit tombé malade par notre faute, la suite aurait pu être rigolote. Peut-être aura-t-elle le temps de l'être un peu.
Déjà comme ça, je m'estime privilégiée d'avoir pu connaître une longue période de paix (armée, certes, et sans sérénité, mais paix quand même), la contraception qui m'a permis d'éviter de mourir d'épuisement de beaucoup trop d'enfants (1) et que ceux qui sont nés ne soient pas désirés, les progrès immenses de la médecine dans ces années-là (2), l'internet et les téléphones personnels, ainsi que les moyens de prendre films et photos. Enregistrer ce que l'on veut et le partager avec qui l'on veut. Avoir accès en quelques clics à toutes les connaissances possibles (3).
J'aimerais pouvoir partager cela avec nos aïeux, venez voir, merci d'avoir tenu le coup, nous (en) sommes là grâce à vous. Je suis persuadée que mes grands-mères et l'une de mes arrière-grands-mères, d'abord interdites et sans doute méfiantes, ensuite se diraient Doux Jésus ou Mamma mia mais qu'elles adoreraient ça.
(Quant aux hommes, ils bougonneraient)

 

(1) D'une de mes grands-mères, le nombre exact de grossesses menées à terme nous est inconnu. Tant elles furent nombreuses et les bébés morts très tôt également.
(2) Sans les antibiotiques et les vaccins, combien de fois serais-je déjà morte ?
(3) OK à condition de savoir chercher et exercer son discernement, mais quelle révolution par rapport à l'époque où le savoir était planqué dans des encyclopédies que peu possédaient, ou détenu par certaines classes sociales qui ne partageaient que ce qu'elles souhaitaient.

 

 

 


Ne reste pas là

 

    Hier matin la ligne 14 était en rade aux heures de pointe des 9 - 18 jobs. Autant dire que j'étais en plein dedans.
La panne n'a pas été annoncée d'emblée (ou plutôt : il y avait dû y avoir un premier incident, considéré comme résolu puis ça a recommencé) c'est au temps long de stationnement en station qu'on (les passagers) s'est douté que quelque chose n'allait pas, puis à Satin Lazare on nous a sommés de descendre, trafic totalement interrompu des deux côtés.

Sans surprise : l'évacuation de tant de monde d'un seul coup n'était guère possible, du moins de façon fluide.

J'avais déjà par texto averti mon employeur d'un retard très probable, j'étais prête à prendre mon mal en patience et à remonter vers la surface en prenant le temps qu'il faudrait.
J'ai la chance de n'être pas agoraphobe même si par goût j'ai tendance à ne pas m'agglutiner. 
Seulement, je suis depuis un moment Fouloscopie, et grâce à Mehdi Moussaïd j'ai appris à repérer les différentes densités de foules et les alertes à prendre en compte lorsque celles-ci deviennent à risque.

Hier matin, dûment instruite par cette fréquentation ma voix intérieure m'a ordonné "Ne reste pas là !".

Alors, avant que la densité côté gare SNCF ne devienne trop forte, je me suis faufilée vers les quais de la ligne 9 et me suis exfiltrée vers une station plus loin afin de poursuivre mon périple du matin.

Toute la journée j'ai eu l'impression d'avoir participé à un test grandeur nature, une sorte d'exercice d'alerte incendie. Et d'avoir su choisir la bonne option grâce à mes (bonnes) fréquentations.


Speedcuber dans le métro

    

  Capture d’écran 2023-12-30 à 13.10.34  J'allais bosser via la ligne 4 (1) presque vide en cette semaine entre Noël et Jour de l'an. Il cubait non loin de moi, un 7 x 7 aux angles blancs, et aux coloris comme celui dont j'ai mis un moment à retrouver l'image.

Il n'allait pas à la vitesse des pros, mais faisait preuve d'une remarquable aisance et de savoir où il allait, surtout pour un cube de cette taille.

Je n'ai voulu ni le prendre en photo à son insu, ni le faire sortir de sa concentration en lui en demandant la permission.

Alors je n'ai pas d'image de cet instant.
L'avoir croisé, m'a donné une bouffée d'énergie pour ma journée de boulot. 

Je suis fascinée par le speedcubing, moi qui fais partie de la première génération à connaître le Rubik's Cube et bien incapable de le résoudre rapidement. 
Je me suis demandée s'il y avait ces jours-ci une compétition à Paris. 
Mais en ce moment Leo Borromeo est ailleurs.

 

(1) Comme j'ai des lectures en retard, je fais depuis un moment : aller au taf en transports en commun + bribes à Vélib, et retour vélotaf à Vélib.


La tempête est passée

 

    Elle aura fait de gros dégâts en Bretagne et en Normandie, et relativement peu en Île de France où elle est arrivée calmée.
Certains transports avaient été arrêtés par précaution. Le Joueur de Pétanque n'avait pas de train pour aller travailler, qui a pris le métro et a failli une fois sorti s'envoler sur la dalle de La Défense.

J'étais en télétravail et ai passé la journée volets fermés : le temps que les rafales se calment, il faisait presque nuit. 
En face de chez nous un immeuble en ravalement et je craignais d'éventuelles projections de matériels. Finalement seuls les voiles de protection auront morflé. 20231102_134514

En milieu de journée, au moment où j'avais ma pause déjeuner, il faisait soleil. Mais les rafales étaient violentes. Le contraste entre une apparence de beau temps et la force du vent était troublant.

Il a plu, mais à d'autres moments.

Ma fille est parvenue à me communiquer par message via Chat RCS qu'elle allait bien mais n'avait plus aucun réseau. 

Ma sœur et ma nièce ont répondu en soirée à un message que je leur avais envoyé en journée : le courant et les réseaux venaient seulement de leur être remis.

À l'heure où j'écris je m'inquiète encore ; pour quelques ami·e·s.
(et là je viens d'avoir des nouvelles de l'une d'elles, ouf, tout va bien mais coupés du monde).

Bizarrement, ou peut-être pas tant que ça vu ma part d'origines normandes j'ai pensé ensuite aux vaches et à leurs éleveurs, qui doivent souffrir pour la traite à moins d'avoir des groupes électrogènes dimensionnés costauds.

Screenshot_20231102_220017_Mail Orange Le cinéma de #MaNormandie avait été fermé. J'aime beaucoup leur explication "Nous préférons ne faire courir aucun risque à nos bénévoles ainsi qu'à nos spectateurs restez donc au chaud et à l'abri". Sans compter que finalement ils n'ont sans doute pas eu d'électricité eux non plus donc les séances auraient dû être annulées.

La journée de boulot a été éprouvante : il y avait des clients impactés et d'autres dans des régions où rien de spécial et qui visiblement n'avaient pas pris la mesure de l'ampleur des dégâts et se demandaient d'où venait notre disponibilité moindre.

Je me suis arrachée pour caler une séance de course à pied after work after tempest, en tout 7,61 km (une séance censément avec des rythmes plus un cool down retour maison) en 63'46''. Il y avait des branchages qui jonchaient le sol encore humide, beaucoup de gens qui circulaient et couraient d'ailleurs, comme libérés après le coup de zeph et l'éclairage public n'est plus ce qu'il était. J'ai peiné à effectuer cette séance.

On dirait que si je n'ai pas été malade avant la tempête, c'est à présent que l'énergie m'abandonne, j'ai une sensation de naufragée déposée par le courant sur une plage, ma fatigue est incommensurable - et totalement démesurée par rapport à mes efforts certes soutenus mais relativement habituels (8h20 de travail de bureau et un peu plus d'une heure de course à pied) de la journée écoulée -.

Pour rester dans la tonalité kamoulox et "ça part dans tous les sens" de ce jour : 

1/ une photo au rendu bizarre.
Je souhaitais simplement faire une photo d'équipement avant ma séance pour noter chaussures, bonnets et habits pour 10,5°c sous encore un peu de vent et de la pluie, et puis ça a rendu ceci. D'où diable viennent les tons bleus ? 20231102_185605

 

2/ Au point où on en est on ne s'étonnera guère qu'apparaisse une nouvelle chanson des Beatles : Now and then

Que ne ferait-on pas faire à des outils issus d'IA ?!

On ne se refait pas : tout en étant parfaitement consciente du côté demi-supercherie de l'affaire, je n'ai pu m'empêcher d'être (légèrement) émue. Sans doute aussi du fait de la première tentative de 1995 et que presque trente ans après, hop, ça peut fonctionner.

 

3/ Je me rends compte à bientôt minuit que j'en avais complètement oublié le Goncourt, le Renaudot, bref que c'était la saison des prix littéraires parisiens. 

4/ Et puis pour terminer sur une note un peu légère, malgré l'actualité qui ne l'est pas (1), la fameuse course des championnats néerlandais de cyclisme contre le vent a été annulée à cause du vent.
On dirait presque que la météo a voulu nous (êtres humains) donner une leçon. 

 

(1) Si je ne parle pas ici des guerres en cours c'est parce que je sais n'avoir pas d'avis particulièrement pertinent, trop de données me sont inconnues, je suis seulement malheureuse pour les gens directement concernés et sur lesquels la violence (d'où qu'elle vienne) s'abat. Et tellement impuissante à pouvoir influer en quoi que ce soit. 
Ça n'est pas parce que je n'en parle pas, que je n'y pense pas. Et ce d'autant plus que dans le monde moderne et connecté on finit toujours par connaître par ricochet au moins, des victimes, ou de leurs proches. Et dans certains cas, dans les différents camps.

Je crois que ça me donne de l'espoir ... pour les personnes atteintes de maladies graves. Survivre jusqu'à l'invention de la technique qui permettrait d'être sauvé (re)devient une solide option.

 

 


Un retour qui ne l'était pas moins (étrange)


    Je suis parvenue à trouver un Vélib pour mon retour à la 2ème station ce qui est plutôt pas mal. 
Fatiguée, j'ai roulé prudemment, laissant passer le monde entier, ne saisissant aucune légitime priorité, passant en super piéton les carrefours compliqués. 

L'ambiance était étrange, j'ai croisé une spectaculaire manif de motards sur les Champs Élysées alors que venant du tunnel qui remonte des quais je tentais de traverser pour rejoindre la piste cyclable sens Concorde vers Arc de Triomphe. Ils remontaient dans le même sens et ça vrombissait. Certains se sont même octroyé des accélérations de malades. Vrombir pour exister ?

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En remontant vers Levallois, j'ai croisé des groupes fluides et mouvants de jeunes fins et de noir vêtus. Ça rappelait un peu les jours d'émeutes, à ceci près qu'ils ne faisaient rien de répréhensible au moment où je les croisais. Ils ne dégageaient pas de violence. Ils se parlaient puis se déplaçaient. 
Quelque chose dans leur attitude portait une certaine gravité. Rien à voir avec d'éventuelles festivités d'Halloween, dont certains de mes jeunes collègues s'étaient au bureau fait les champions.

C'était fluctuant.
Qu'est-ce que ça signifiait ?

Il y avait aussi des véhicules de pompiers (un) et police (plusieurs) qui passaient, certains toutes sirènes hurlantes, d'autres plus discrets. 
Non loin de So Ouest, une sortie de parking était surveillée.

Une fois rentrée chez moi j'ai pu comprendre que cette agitation avait peut-être un lien avec la présence d'un ministre dans la ville avec une réunion au centre culturel israélite ou avec l'arrestation du principal auteur de menaces envers le rabin

C'était une journée où l'on sentait de près que la paix même à Paris commençait à montrer quelques signes de fragilité.

Paradoxalement ce fut un trajet à automobilistes respectueux. Comme s'il convenait de redoubler de prudence dans ce monde incertain.


À l'occasion d'un grand nettoyage d'automne (accès aux sites)

À l'occasion d'un grand nettoyage d'automne et d'assainissement de mes mots de passe sur différents sites, j'ai retrouvé cette vidéo - photos qui a désormais plus de dix ans. Les gars étaient en avance sur les J.O. et la promesse faite que la Seine serait suffisamment pas trop polluée pour permettre d'y nager.

Étant donné le délai écoulé, que ça n'était pas compromettant (les gars ont juste pensé à nager, sans se préoccuper de si c'était ou non autorisé) et le fait que les images sont lointaines et peu personnelles, je me permets de les poster.

Ce dont je me souviens c'est que je passais par là (probablement en sortant de la BNF) et que j'étais assez amusée de voir des courageux plonger tout en me disant que ça n'était guère prudent (et pour la santé et pour les courants) et que la brigade fluviale avait débarqué aussitôt, peut-être qu'un seul ou deux des gars avaient eu le temps de s'amuser un peu.

Si ça pose le moindre problème à qui que ce soit, je supprimerai.

À part ça, le ménage entrepris m'a permis de constater que nombre de sites (de blogages, de partages, de musique, d'informations ...) ont disparu purement et simplement. 



Zombie land en déplacement


    Le phénomène n'est pas nouveau mais j'ai l'impression qu'à la fois il s'accentue et se déplace au nord de Paris d'Est vers l'Ouest. C'est déjà zombie land en tous cas de nuit. 

En rentrant d'une soirée d'amies libraires et lectrices et lecteurs, j'ai été abordée trois fois, un bonjour ferme d'un revendeur probable, ton commerçant (1), une femme au bout du rouleau (mais qui s'adressait en fait à la personne qui me précédait ; il n'en demeure pas moins qu'elle semblait perdue), et un homme "une p'tite pièce" qui était sous d'autres substances que l'alcool. Sans parler d'autres silhouettes entrevues, aux déplacements lents.

Je ne sais pas exactement ce qui circule, et je sors trop peu de nuit (depuis que je n'organise plus moi-même des soirées en librairie ou que je n'anime plus d'émission tardive de radio) pour avoir des points de comparaisons récents. Il n'empêche que c'est différent. Ou alors c'est une combinaison des effets de (post-)Covid et de came.

Je le note ici afin d'avoir une date de ma prise de conscience - peut-être tardive ou à l'inverse, qui sait, anticipée - d'une évolution. 
Pour l'instant ça ne fait pas peur, les êtres concernés sont davantage éteints que menaçants. Seulement ça contribue à mal augurer de la suite, globalement.

Nous nous sommes à trois entr-accompagnées sur une partie du trajet, la plus jeune d'entre nous choisissait délibérément et avec sagesse d'éviter la porte de La Chapelle.  

 

(1) Et puis je suis trop vieille pour que ça soit de la drague déplacée.

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Malakoff is such a beauty


    Il pleuvait. Il était tard. J'étais bien entamée par le travail mais trop contente depuis deux jours d'avoir retrouvé ma mobilité sans douleur particulière (1), j'ai bondi sur un Vélib (électrique, je me ménage encore un peu).
En allant vers la bidir de la porte de Vanves, je suis passée près d'un banc où des personnes se tiennent souvent, le soir, aux mêmes heures que je rentre du taf.
Elles y étaient malgré la pluie. 
Et un homme, touriste éméché ou réfugié ivre de fatigue avait entrepris de leur faire la conversation / partager des coups à boire.
Les habitués du bancs lui répondaient tant bien que mal en anglais.

Et à l'instant où je passais, j'ai entendu cette phrase 

Malakoff is such a beauty

dit par l'une des habituées.
J'ai eu comme une pensée de partager cet instant de poésie avec F. le poète devenu romancier et éditeur, oubliant une fraction de seconde qu'il n'était non seulement plus dans ma vie mais plus dans celle de personne d'autres puisqu'il est mort il y aura bientôt deux ans et que des chroniqueurs de livres l'évoquent en disant "Le regretté" avant ses prénoms et noms.

Étonnant et joli, comme une bribe de conversation aura par mon intermédiaire épuisé (2) offert un fragment d'éternité à quelqu'un qui avait compté.

En attendant, j'en ferais bien un titre. 
Mais avec quel temps pour écrire ?

 

 

 

(1) Une chute à l'entraînement de course à pied il y a presque deux semaines m'aura gênée jusque là.
(2) Je gage que la même phrase entendue au vol en passant à l'aller vers la journée de bureau n'aurait pas croisé le moindre oubli de quelque mort que ce soit.


La vraie vie aux petites marges

Je lis ceci chez Alice et je m'y reconnais :  

"Comme mon quotidien est essentiellement routinier, il me faut trouver des variations. Sachant que mes trajets sont contraints sur leur plus grande partie, il me reste les extrémités."

Engloutie par le travail, je tente ainsi de sauver mes journées aux marges, sur les trajets, qui, j'ai cette chance, peuvent être vélotafés. Mais, comme l'amie blogueuse, je m'arrange pour découvrir de nouvelles bribes des villes que ma vie quotidienne m'amène à traverser et je l'avoue ça tombe bien, il se trouve que dans mon cas il s'agit essentiellement de Paris et de la petite couronne.

Si la circulation n'y était pas si dangereuse, et si les pistes cyclables, en immenses progrès depuis quelques années détenaient une véritable continuité (1), ça serait chaque fois une grande joie. Pour l'instant c'est encore une hyper-vigilance parsemée de moments de bonheur.

Ainsi, de la plupart de mes jours, qui sont travaillés (2), restera pour les identifier et qu'ils ne forment pas un magma mémoriel, tel crochet, telle découverte, tel nouvel itinéraire testé. Il faudrait que je prenne le temps de partager ces petites découvertes et explorations. Mais généralement, au retour, une douche, un vague dîner et puis quelques échanges avec les ami·e·s, les enfants, la famille élargie et après un minimum vital d'écriture, au lit. La force de rien d'autre.
Même si l'on me démontre arithmétiquement que la réforme des retraites était nécessaire, et parce que sans les modifications successives de lois j'aurais dû partir à taux plein à la fin de cette année et devrai finalement encore tenir le coup cinq ans et demi, je ne peux m'empêcher de penser que les reculeurs de retraites sont des voleurs de vie. Il en reste si peu de personnelle une fois ôté le boulot. Et si peu de forces lorsque l'on prend de l'âge, une fois nos heures accomplies.

L'autre consolation, c'est de croiser les jours où lui-même travaille, presque à chaque fois un ami qui se rend lui aussi sur son lieu de travail par le même chemin, mais en sens inverse, que j'emprunte pour rejoindre le mien. Ces instants coucou suisse me réconfortent au plus haut point, dans lesquels je m'efforce de voir un signe qu'une autre existence est possible, bien moins bornée de temps contraints. Et bien plus garnie de moments amicaux.

À part ça, rien à voir mais le ballet des hélicos (en préparation au défilé du 14 juillet I presume) c'était quelque chose, hier mardi et aussi aujourd'hui. Pas évident lorsque l'on est, pour le taf, beaucoup au téléphone et qu'ils passent et repassent. Pour autant j'ai raté le passage de la patrouille de France, lequel est bruyant pire, mais plus efficace à provoquer un début d'admiration (3).

(1) À l'heure actuelle, elles ont encore tendance à nous abandonner face aux carrefours dangereux dont les aménagements seraient plus coûteux.

(2) 11 heures aujourd'hui, quand même, en rattrapage d'une sortie plus tôt un autre jour en raison d'un rendez-vous médical.
J'ai en rentrant trouvé la force de remplir la feuille de soins (praticien d'un autre âge, chèque et feuille de soins) et tant qu'à faire l'ai fait au Ball Pentel, histoire d'être raccord.

(3) Le début seulement car si la prouesse technique fait rêver, un minimum de conscience écologique l'assèche assez vite.