Les piafs, les pies, les papillons

 

    Noé (Cendrier) a fait suivre ce lien que j'ai trouvé passionnant et qui je le crains n'exagère en rien. Certains pesticides sont si violents qu'il ont réellement fait diminuer les populations d'insectes et la disparition de ceux-là entraîne celle des oiseaux etc. La fin de ce monde est en bonne voie.

Je crois d'autant plus aux propos tenus dans cet article que du haut de mon demi-siècle finalement passé principalement dans la même région du globe, j'ai eu le temps de voir à l'œil nu certaines évolutions.

 

Le véhicule

Effectivement, les voyages de mon enfance, que nous effectuions en voiture, étaient impressionnants pour les traces étoilées laissées sur les pare-brise par les insectes entrés en collision avec elle. À l'époque, l'essence était servie dans des stations services par des pompistes. Ceux-ci proposaient systématiquement de [nous] "faire le pare-brise" et alors qu'on économisait sur tout, ce service là mon père l'acceptait : il était tout sauf un luxe. Il fallait aussi nettoyer les phares, qui se retrouvaient constellés.

Le bruit

La campagne ou les terrains vagues de banlieue, l'été, vrombissait. Il y avait bien sûr le cri-cri des cigales ou des grillons, parfois suffisamment fort eût égard à leur nombre, pour être désagréable au lieu que charmant. Mais il y avait aussi toutes sortes de bruissement.

Le même type de campagne ou de zone libre intermédiaire est beaucoup plus silencieux maintenant.

 

Les abeilles

Elles étaient courantes. Désormais, sortis des zones proches d'apiculteurs, on n'en voit plus. Et c'est terriblement inquiétant.

 

Les frelons

Ils étaient rudement rares. J'ai dû attendre l'âge de 14 ou 15 ans pour apprendre leur existence et croiser mon premier. Désormais c'est un fléau fréquent.

Les papillons

L'été c'était un festival de couleurs et de diversité. Il m'est arrivé de beaucoup gambader en suivant un premier papillon qui en croisait d'autres, que je me mettais à suivre jusqu'au suivant puis celui d'après etc. De nos jours on est heureux d'en apercevoir un beau, c'est devenu exceptionnel ("Oh ! Un papilllon !"). C'est la diminution la plus spectaculaire. 

 

Les piafs

C'était l'oiseau de base quand j'étais gamine. Désormais on est contents d'en croiser. Ils ne sont pas rares, il ne faut pas exagérer. Mais ils ne sont plus l'espèce majoritaire.

 

Les pigeons

Ils pullulent et sont de plus en plus gros.

 

Les rats et autres mulots 

On les voyait si l'on rentrait la nuit, ils zonaient vers les poubelles. On apercevait des souris entre les rails du métro. On entrevoyait de gros rats près de la Seine la nuit, le long des quais.

Il n'est pas rare de croiser les uns et les autres en plein jour désormais. Et qui ne se cachent plus.
Un jour du printemps dernier un petit rat ou un gros mulot a attendu porte de Clichy le RER C en ma compagnie. C'était vraiment l'impression qu'il donnait, tranquille pépouze à mes côtés, attendant jusqu'à l'arrivée du RER, semblant me regarder y monter, puis partant tranquillement vers sa zone d'ombre alors que le train démarrait. Une amie m'a dit avoir dû rentrer précipitamment au beau Mac Do de Gennevilliers (celui installé sur une ancienne belle gare) : une invasion de rats arrivait par les rails. Elle me dit qu'ils étaient très impressionnants, gros.  Ce soir à Levallois, en plein milieu d'une petite rue, un petit rat que la circulation n'effrayait pas plus que ça. Dans la cour, près de la librairie, un dont j'ai eu le temps d'apercevoir la queue alors qu'il s'efforçait de disparaître par l'évacuation d'une fontaine.  


Les pies 

Rares dans mon enfance (Oh ! Une pie !), plutôt objet de contes que d'en croiser en vrai, elles sont maintenant en grande ville une des espèces les plus répandues. D'où diable vient cette évolution ?

Il est devenu exceptionnel de voir une mésange, un rouge-gorge. Or ils étaient loin d'être des oiseaux rares. 

 

Seules semblent stables les araignées. Seulement j'ignore quelle conclusion en tirer.


Télescopage plastifié

 

    Je n'ai pratiquement pas de temps devant mon ordi ces jours-ci. Notons que pendant que ma vie est belle et surchargée, il s'agit depuis environ une semaine d'une période de canicule assez remarquable, je sais que c'est mal vu de le dire, mais moi qui me sens au mieux de ma forme au dessus de 25°c (et à condition de ne pas dépasser 37) je suis aux anges (1). 

Le contraste avec la même période de l'an passé est saisissant. On était resté à un moment dix à onze jours sans voir le moindre rayon de soleil et la Seine était en crue comme elle l'avait rarement été.

Cette année les climatiseurs doivent pomper à fond. Apparaissent des coupures de courant. L'une d'elle, dans la nuit, a affecté les pompes de la piscine. Un (petit) bassin s'est trouvé vidé. L'entraînement a été annulé.

Je suis alors passée par une boulangerie histoire de ravitailler avant de rentrer le logis (2). Seulement j'étais à vélo sans avoir prévu d'y passer. J'ai donc demandé un sac. Or il n'y en a plus, une loi anti-sachets plastiques a été votée il y a un an ou deux et qui est réellement entrée dans les faits. J'ai donc dû rentrer à pied, tenant le vélo d'une main, chargée de mes affaires de natation en sac à dos, calant le sac en papier sans anse sous mon bras libre comme je le pouvais et le petit sachet du croissant pour l'homme de la maison dans le porte-bidon.

Il faut prendre l'habitude d'être toujours pourvue d'un filet à provision.

Alors que je me faisais cette constatation, à peine rentrée, je suis tombée sur cette video, relayée sur Twitter par quelqu'un que je suis. Pour le cas où elle ne serait plus disponible je la décris : il s'agit d'un homme en bateau à rames qui voit une petite tortue de mer en difficulté et la sauve du sac en plastique dans les anses duquel sa tête et l'une de ses pattes étaient enserrées. Et si fort (elle avait dû se débattre pour tenter de s'en extraire) qu'il n'a pu l'ôter qu'en coupant le plastique.

Nos efforts de "faire sans" valent la peine, vraiment. 

 

(1) Et j'ai beau intellectuellement savoir que ces fortes chaleurs sont éprouvantes, à part pour la pollution induite (que je ressens, à Paris, sans besoin d'instruments de mesure, à tel point la qualité de l'air morfle), je peine à concevoir, dans nos régions tempérées, la chaleur comme une ennemie. Je ne peux m'empêcher de la percevoir comme un soulagement.

(2) Une pensée pour ceux qui font le pain et doivent avoir très très très chaud, pour du coup.


Trop tard

Je revenais du triathlon à vélo en compagnie de mon parrain. Il était devant et moins rapide, moins habile à la faufile, vers le rond-point qui à Clichy est près du cimetière nord, je me suis retrouvée entre deux voitures nez-à-nez avec une très jeune femme voilée qui faisait la manche. Je ne crois pas avoir émis quoi que ce soit d'autre que de la surprise, en fait ni l'une ni l'autre ne nous attendions à ce qu'un vélo / une piétonne surgisse dans cet interstice. J'allais lentement, j'ai pu freiner. Dès qu'elle m'a vue elle s'est excusée et glissée plus près d'une voiture afin que je puisse passer. Son élégance m'a frappée.

J'ai filé rejoindre mon parrain qui m'attendait de l'autre côté (il avait eu le bon feu, vert). C'est seulement à retardement que j'ai saisi qu'elle m'avait parlé en anglais, un anglais fluent, pas celui de qui barbouille quelques mots de survie.

Le flux de voiture était fort, je ne la voyais plus, on m'attendait devant, je n'avais pas un sous vaillant - fors peut-être un billet de secours coincé dans une sous-poche coincée dans mon sac -.  J'ai tenté de me retourner je ne la voyais plus. Alors, j'ai poursuivi mon chemin. 

Mais depuis, je m'en veux. Elle était probablement une vraie réfugiée, sans doute de Syrie et non une de ces fausses migrantes qu'on croise fréquemment (1). Elle semblait jeune, il y aurait peut-être eu moyen de l'aider.

Je n'ai pas eu l'occasion ni le temps de repasser à ce rond-point depuis.

 

 

(1) Je me demandais pourquoi les familles qui font la manche sous la bulle de la ligne 14 à Saint Lazare vocalisaient leur demande d'aide ; en fait c'est pour "prouver" qu'ils sont bien de vrais Syriens. On en est là. 

PS : Ce qui m'y a refait songé c'est ce à dérouler de Christian Lehmann dont voici l'amorce 

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Test d'étanchéité

 

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Pour mon avant dernier jour là haut sur la colline, le ciel nous a fait le coup de la grosse grosse drache qui se prépare pour mieux se libérer pile à l'heure de la sortie et n'en faire surtout pas le meilleur moment de la journée-é-euh .

J'avoue, elle a bien fait le métier, ne nous a pas ratées,  20170518_191958

. Comme je ne suis pas née de la dernière pluie, j'avais prévu mon coup, non mais.

Seulement ce fut si fort et si durable, que les équipements furent soumis à rude épreuve.

Un test d'étanchéité de toute efficacité.

Afin de m'en servir pour de prochaines intempéries : 

  • le blouson-veste noir imperméable l'est en pour de vrai, avec une faiblesse toute parisienne aux jointures des épaules.

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  • le sac à dos vélo compatible est assez remarquablement costaud. Il ne fut que vaguement humide sur le haut vers la fin (dernier tronçon Porte de Clichy - maison)

20170518_201237- les anciennes chaussures amphibies, le sont davantage et donc (nettement) moins

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  • la capuche de mon blouson belge (bon sang, quand retournerais-je acheter quelques habits chez le boutiquier hypermnésique ?) était trempée intérieur compris mais dessous mes cheveux étaient restés secs.
  • Ma montre de sport que j'avais oubliée de retirer après l'entraînement de natation, est étanche et l'a encore prouvé 

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Bientôt je n'aurais plus à me préoccuper de la météo que pour le sport et de très courts trajets métro - lieu de destination. Peut-être est-ce cela qui me fera le plus drôle, même si je peux me faire confiance pour me faire drincher lors de parcours que je ferai à vélo.

Je n'ai pu m'empêcher de me souvenir de ce jour de juillet 2012 où j'allais chercher des livres à convoyer et où il pleuvait autant et où par égard pour mon degré de trempage, le chauffage avait été allumé (oui, en juillet).

Curieusement, le fait d'être rentrée douchée, m'a comme dispensée du travail (administratif et ménager) d'en ce moment du soir. Je ne sais pas expliquer pourquoi, un bizarre sentiment du devoir accompli, un comme évident "Ça suffit pour aujourd'hui". 

Alors, au lit !


Oiseaux volants sur lac gelé

Laissés en jachère depuis novembre et la maladie de ma mère, mes appareils électroniques, photos, ordi, téléfonino ont tous leur mémoire saturée.

Au normal de la vie je prends soin d'eux chaque jour, comme un pêcheur relève ses filets, notes glanées, films, sons, vidéos, je trie, sauvegarde, jette aussi, chaque soir avant de m'en aller coucher. Mais la vie quotidienne a été bouleversée, surchargée, submergées, je n'en ai pas même fini avec les démarches consécutives au cambriolage et au décès, et les outils crient leur saturation.

Alors je prends le temps de tenter de rattraper une partie du retard, ne serait-ce que pour pouvoir continuer.

C'est ainsi que je retrouve cette video d'il y a environ deux mois : le lac d'Enghien gelé. Venue par le bus 138 je traverse Enghien les Bains pour me rendre près de la gare ferroviaire, à l'arrêt du 15 qui me conduira à mon lieu de travail en haut de la colline. Le lac est glacé, les oiseaux s'y posent. C'est d'une beauté qui me donne envie de ne pas me cantonner aux images arrêtées.   

Il fait bizarre de se dire qu'à l'heure où je les filmais ma mère encore vivait, pouvait communiquer. Et que nous ignorions combien de temps (semaines, mois ou année(s)) la mort prendrait pour achever l'approche irrémédiable qu'elle avait entamée.

C'est toutefois moins étrange que lorsque l'on retrouve des images saisies peu de temps avant une rupture subie, un accident fatal, un fait de guerre ou une catastrophe naturelle et qu'on se revoie, sujet ou opératrice, dans la totale inconscience de ce qui va nous advenir et modifier plus ou moins définitivement le cours de notre vie.

Consciente de la plus ou moins grande imminence d'une issue fatale, concernant quelqu'un dont j'étais proche de par la naissance au moins, j'étais fort triste au moment où j'ai filmé. Pour autant les oiseaux, le lac lui-même en sa configuration hivernale sont beaux. 

Je crois en de possibles rémissions par la beauté du monde, tant qu'elle existe encore.

 

 


Un bol d'air (humide)

  

Ce dimanche matin vers 8h à Montévrain. Bord de Marne Parfois j'utilise la vidéo pour capter ... l'absence de mouvements (autres que ceux d'un point de l'environnement) et le chant des oiseaux.

PS : Je pensais à ce billet chez François Bon. Pourquoi l'image animée, pourquoi l'image fixe lorsque l'on dispose d'un appareil qui met le choix à disposition ?


Toute crue

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Ce matin, entre le pont d'Asnières et le pont de Clichy. J'habite dans les environ depuis 1988, jamais je n'avais vu le fleuve ainsi.

 

À la mémoire, il est plus haut encore qu'en 1982 (lointains souvenirs de Paris intra-muros, il faudrait que j'aille voir le Zouave pour me rendre compte).

Les temps très longs à l'aune d'une vie d'humains, ne sont pour la nature, presque rien. Trente quatre ans. 

 

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Certaines images ne prennent leur sens que lorsqu'on connaît les lieux en leur état normal. 

Je me demande s'il y a une incidence sur la part souterraine des chantiers de la porte de Clichy.

Le parc en face de chez nous est exceptionnellement fermé, j'ignore quel est le lien ou s'il y en a un.

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Ma banlieue (c'est ça aussi)


flashmob euro 16 lycée René Auffray par rene92auffray

OK la chorégraphie est rudimentaire, OK certains, oui toi là-bas au fond, on voit que tu es la pour faire plaisir mais que c'est un peu ta corvée, OK c'est pour l'Euro de foot et les drapeaux sont du monde entier (je crois qu'ils sont là à l'année), OK c'est pour un concours lié à la promotion et l'organisation de l'événement - le foot cette méga pompe à fric mafieuse que c'est devenu (ces jeunes n'y sont pour rien (1)) - mais voilà, c'est bien comme tout au bout du compte, le résultat. Chapeau bas.
Pour ceux qui ne dansent pas, je tiens à préciser que l'air de rien, c'est du boulot pour un groupe aussi nombreux de parvenir à un tel résultat.
Et ma banlieue, quoiqu'en pense les esprits rancis, et ceux que la vague terroriste récente a appauvri du ciboulot, c'est aussi ça, et une part jolie de l'avenir du pays.

 

(1) Ni non plus quant au choix de la musique, c'était dans le cahier des charges. 


L'attaque des fleurs (des arbres)

 

    C'était hier ; j'avais choisi d'aller bosser en composant une part du trajet en RER et l'autre en vélo, la plus agréable, celle qui tient de la (belle) banlieue. 

Et voilà qu'après un virage, j'ai failli défaillir d'une bouffée florale si puissante, et si inattendue, que j'ai dû traverser la portion de rue en apnée : des deux côtés des arbres en fleurs, blanches et très odorantes. Je ne suis allergique à rien de ce genre, j'ai cette chance pour l'instant. C'est je crois la première fois que je ressens quelque chose comme ça.
À 20 km de Paris, même pas.

C'est ce billet lu ce matin, qui m'y a fait repenser.