Le jour de la mort de Jane Birkin


    Je le note ici car sans être une fan particulière j'admirais la personne qu'elle était, j'avais été très émue par le film Jane B. par Agnès V., et comme Varda nous manque, Birkin nous manquera.
Ma capacité à oublier que les personnes qui ont des ennuis graves de santé peuvent en mourir m'étonne et m'inquiète un peu. Je crois toujours qu'elles s'en sortiront.
Mes proches y compris, sauf à la toute fin.

Je l'avais croisée quelques fois (deux ? trois ?) lors de présentations aux libraires, ou d'une lecture, et c'était la classe à chaque fois. Une présence. Elle nous donnait l'impression d'être là pour chacun d'entre nous.
Étrangement je ne sais plus dater ces moments, comme si leur essence c'était inscrite directement dans mon esprit sans s'embarrasser des considérations triviales de lieux, d'heures ou d'années, d'ouvrage à promouvoir.


De notre côté, c'était la dernière journée d'un week-end de trois jours, nous avons tenté malgré tout d'en profiter, belle séance longue de course à pied le matin, brève balade en bord de mer après le déjeuner, puis sieste devant le Tour pour moi et pétanque pour Le Joueur de Pétanque.
Collation avant de partir, le temps pour moi de voir Jakob Ingebrigtsen au bord du record du monde du 1500 m lors d'une session de la Wanda Diamond League en Silésie. Avec Stewart Mcsweyn en pacer de luxe.
Nationale pour rentrer et ça n'était pas si long. Mais j'ai souffert sur le bout d'autoroute restant, même si nous écoutions Louise Attaque en direct des Francofolies de La Rochelle.

Semaine de six jours de boulot en perspective. J'espère que je tiendrai.


Coumarine

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Ce n'est que ce matin (alors que j'y suis passée voir hier, sur mon fil FB), qu'un billet posté le 7 juin à 12:50 m'est parvenu, annonçant son décès.

Il en est souvent ainsi des ami·e·s de l'internet, aussi riches que furent nos échanges, nous ne sommes pas géographiquement proches et les proches de la vie quotidienne ne savent que peu de nos liens. Ils savent, au mieux, que "l'on connaît du monde". 

Nicole Versailles faisait partie des personnes qui comptent, qui aident les autres à écrire et même si engloutie par le travail j'en étais restée à un dernier billet sur son blog "Petites paroles de Coumarine", et depuis plus rien (peut-être un bref échange par courriel, mais je n'en suis plus certaine, ma mémoire noyée par trop travailler), j'avais le sentiment d'une solide amitié. Restera le souvenir de ses encouragements, quelques brèves rencontres en marge du salon du livre de Bruxelles du temps où j'y allais, sa poésie qui me rappelait celle de ma mère, d'une mère qui s'autorise l'écriture une fois les enfants grandis. Et quelques souvenirs pour moi parcellaires d'ateliers d'écriture en ligne auxquels je ne sais même plus si je me contentais de regretter de n'avoir pas le temps de participer ou si parfois, je tentais.
Au passage, j'apprends qu'elle habitait à Kraainem et je ne sais même plus si je l'ignorais (nous nous croisions à Bruxelles, je savais qu'elle n'habitait pas tout près mais pas non plus vraiment loin) ou si je l'avais su à l'occasion d'un échange postal, puis oublié.

Je note aussi le lien vers son premier blog, Coumarine, petites paroles inutiles, grâce auquel nous nous étions rencontrées.
J'espère que ces publications resteront en ligne.

Il est, une fois de plus, trop tard pour remercier la personne qui avait compté ; puissent ses proches tomber sur ces lignes et savoir combien Coumarine, Nicole, était appréciée.




Ce ne fut pas trois mois mais trois ou quatre jours

    

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Il y a quelques jours @Kinkybambou touitait que c'était en train de mal tourner et que "soit la seule option thérapeutique qu’on peut encore [lui] filer fonctionne vite, soit… Ben y’a pas d’autre option et l’espérance de vie, c’est 3 mois.".
Prévenante, elle nous demandait de ne pas lui écrire car elle ne pourrait pas répondre.

J'étais ce même jour à l'enterrement d'une autre amie achevée par une autre variante de la même maladie, et je crois que même sans sa demande, déjà accaparée par un chagrin du même ordre, je n'aurais su lui écrire.

Et ce soir je n'ai pas les mots.

Je lis les échanges de mes ami·e·s sur Twitter et Mastodon, qui parviennent à les trouver. Nous étions autour de Xanax l guerrière aux chats une belle bande de gens doux à l'humour féroce. L'une d'entre nous écrit, "et puis qu'est-ce qu'on a ri" et voilà, oui.

Adieu l'amie 



 

 

 

 


Comment on apprend (les mauvaises nouvelles)


    Il y aurait quelque chose à écrire (mais je ne vais pas en avoir le temps) sur la façon dont les mauvaises nouvelles nous parviennent. 
Elles disent beaucoup des façons de vivre et de l'air du temps.

Je me souviens d'avoir appris la mort de George Harrison par une Une du Monde affichée en début d'après-midi en chevalet devant un marchand de journaux, alors qu'à La Défense où je travaillais alors, je retournais bosser après la pause déjeuner. Je m'étais précisément dit : C'est sans doute une des dernières fois où j'apprendrais de cette façon là le décès de quelqu'un de connu dont la disparition m'émeut.

L'an passé j'ai appris la mort par un blog ami de quelqu'un qui avait beaucoup compté pour moi et c'était particulièrement triste - mais un peu moins que de l'avoir appris par des médias généraux -. 

Pendant un paquet d'années, concernant les personnes que je connaissais mais dont je n'étais pas suffisamment proche pour être avertie par personnellement, Twitter aura été la source d'information principale.
À présent, Instagram a pris le relais.

C'est donc sur Instagram que j'ai appris la mort de Christian Bobin, d'abord par des citations inhabituellement nombreuses puis par un hommage et la confirmation est venue par France Culture
Son travail était délicat et ténu, à une époque j'aimais beaucoup puis j'avais décroché car j'avais besoin pour ma vie de lire des choses qui donnaient de l'énergie. J'éprouve à cette annonce une tristesse qui l'est aussi, pas violente mais qui, je le sais, persistera. Une petite musique qui désormais ne sera plus là, ou du moins ne se renouvellera pas.


Deux disparitions


    Triste week-end bien qu'on l'ait rempli de belles activités (sportives, principalement) : j'apprends par un courrier retourné par la poste qu'une amie n'habite plus à l'adresse indiquée - et par ailleurs qu'elle publie en e-book exclusif en autoédition, un ouvrage en collaboration -. Comme je ne suis plus libraire, me voilà sans recours pour en apprendre davantage. 
Sans compter que n'avoir été informée ni de la publication ni du déménagement, est signe qu'elle ne tenait pas tant que ça à notre correspondance partagée. La pandémie aura été rude quant aux amitiés.

J'apprends le dimanche le décès de Miss Tic que Le Monde confirme. Comme dans le cas de F., j'ignorais la maladie à l'œuvre. Nous ne nous connaissions pas personnellement, n'avions fait que nous croiser en diverses occasions de librairie, mais je suivais son travail, qui tant de fois m'avait arraché un sourire dans des moments difficiles alors que je passais dans une rue qui l'abritait. Je me sens d'une certaine façon orpheline.

Demain, il faudra travailler comme si de rien n'était.


Pensées

(domenica)

 

Il y a des nouvelles si tristes parfois qu'on refuse de les admettre. Ça a été le cas pour moi à l'annonce du décès de Delphine Bretesché, qui m'est parvenue dans la nuit de vendredi à samedi, car plusieurs de mes ami·e·s lui étaient proches. Mon cerveau a refusé d'enregistrer la nouvelle.
Luxe que je pouvais m'accorder car je n'étais pour elle qu'une lointaine vague connaissance - nous nous étions croisées quelques fois auprès de ces amies communes et en des rassemblements littéraires pour autant je l'admirais et son travail comptait -, je pouvais donc parfaitement faire semblant d'avoir mal compris, pas su. 

Elle faisait partie des personnes dont après l'avoir rencontrée j'ai pensé que nous aurions pu être amies si ma vie n'avait pas été remplie déjà à ras bord, par le boulot, tout ce que j'avais à faire et mon grand besoin d'heures de récupération.

Aujourd'hui mon cerveau n'a pu poursuivre son déni, Ouest France s'est chargé de l'officialisation incontournable.

Et dans son semainier, Anne Savelli a rendu à Delphine un hommage qui touche au cœur, "la vie même" ; il me semble que l'on ne pouvait qualifier mieux celle qui a disparu.

Pensées pour elles, ses proches et toutes celles et tous ceux qu'elle aimait et qui l'aimaient. Moi qui n'étais que loin, j'éprouve déjà un tel vide, qu'est-ce que ça doit être pour elleux.


PS : Au passage j'ai conçu un bon réconfort à voir ou revoir cette vidéo d'une intervention conjointe effectuée il y a quatre ans en compagnie d'Anne Savelli

 


Deuil

(lunedi)

Un de mes vieux amis est mort. Je veux dire "de longue date", 35 ans, quand même. Et il n'était pas si vieux. Tout jeune retraité en fait.
Je lui savais des soucis de santé, mais ignorais une dégradation récente, une hospitalisation. Et soudain son état général s'est effondré.
Je sais gré à celle qui m'a averti et qui se retrouve en charge, en première ligne, alors qu'ils ne vivaient plus ensemble depuis longtemps. Seulement lorsque personne ne prend la suite et que les enfants, devenus adultes, sont loin géographiquement, il faut bien que quelqu'un s'y colle, à l'urgent.
Avec les ami·e·s nous nous efforçons d'avertir les différents cercles de ses connaissances. Elle s'efforce de joindre de lointains cousins. 

Par Laure Limongi j'apprends le décès de Manuel Joseph, que je connaissais peu mais que j'admirais bien.

Et bien sûr le livre arrive qui comporte les ultimes mots publiés du mort de fin septembre, qui avait tant compté.

What a hell of a deadly monday.


Le jour de l'annonce du décès d'un ami

 

    J'avais rempli par avance ce premier jour de congés de choses à faire, toutes ces choses que le temps travaillé pousse aux marges mais qui ne s'y laissent pas forcément pousser : un rendez-vous médical, l'ophtalmologiste, le kiné.
Entre les deux, quand le praticien n'était pas en retard, je pouvais repasser à la maison.

Ce que j'ai fait.
En fin de matinée un grand coup de fatigue m'a cueillie et je me suis endormie. Au réveil quelques messages. 

L'un d'eux annonçait le décès d'un ami, Philippe Aigrain, que sur Twitter publie.net rapidement confirmait. Nous n'étions pas proches, il faisait partie de ceux dont j'ai perdu les coordonnées en octobre 2017 lors du vol de mon sac et comme nous n'avions pas eu de nécessités particulières de nous joindre ensuite et que ma vie avait été fortement chahutée - entre autre par tout ce qu'il y eut à faire après la mort de ma mère -, je n'avais pas pris la peine de les lui redemander. Je n'en éprouvais pas l'urgence : tant que j'étais libraire, forcément, on se croisait. Puis il y a eu la pandémie, ma deuxième reconversion et j'ai perdu d'avoir du temps libre en même temps que la notion du temps. Perdu le contact avec bien des gens ; dont il a fait partie.

On espère confusément qu'une fois la pandémie passée, le travail revenu à un rythme acceptable (sans doute une illusion), on retrouvera les copains. 

Ce message me signale qu'il n'en sera sans doute rien, que deux ans à deux ans et demi se seront sans doute écoulés, l'air de rien, entre le premier confinement et la reprise de la vie considérée comme normale et qu'entre temps nous ne serons plus tous là, même si le virus n'y sera pour rien parfois.

Il était de ceux pour lesquels les souvenirs partagés ne sont que ceux de bons moments. Je me souviens de ses visites amicales à la librairie au 129 rue de Charenton - un de ceux capables de passer pour rien, juste parce qu'il disposait d'un peu de temps et qu'il n'était pas loin -, de L'aiR Nu, de Morêt sur Loing, de moments de rencontres littéraires, un jour où nous avions bien ri en tentant de débusquer un livre d'un arrière d'étagère où il s'était glissé - n'empêche, rien ne vaut l'entraide, nous y étions arrivés -. Je me souviens de sa puissance de réflexion et de l'étendue de ses connaissances, qu'il n'étalait soigneusement pas, simplement au fil de conversations on s'apercevait que c'était quelqu'un qui savait vraiment de quoi il parlait. En matière de numérique, il savait de quoi il retourne. Il était discret, mais indispensable. Un de ceux qui œuvrent pour le bien commun.

Nous allons être un sacré paquet à qui il va profondément manquer.

 

Quelques liens :
Communs/Commons
Atelier de bricolage
publie.net
La quadrature du net
Un article du blog d'Hervé Le Crosnier sur Médiapart

 


Cahier du jour, déconfinement jour 30 : La mort d'Ennio Morricone

Déconfinement officiel 1 jour 57

 

Partir au boulot à vélo, de croiser Le Fiston en passant, et qui partait au sien.
Une journée de travail auprès d'un de mes collègues qui explique vraiment bien et avec humour, ce qui pour retenir les spécificités techniques aide beaucoup. Je déjeune le midi pour la première fois dans la petite salle commune. Nous nous espaçons soigneusement.  J'apprécie beaucoup le fait d'être arrivée dans une entreprise prudente en matière de prophylaxie. 
Retour par la bidir de Vannes et toujours des essais pas tout à fait concluants pour la seconde partie du parcours. Je me suis retrouvée sur les pavés de l'avenue George V, comme kif c'était moyen.
Soirée consacrée à nettoyer les vélos (réparateur demain) et à l'Auberge des blogueurs (mostly), à laquelle je n'avais vraiment pas été assez assidue jusque-là.  
 
Résumé de la soirée :
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Sans parler de l'insulte faite aux femmes que sont les nominations de Darmanin et dans une moindre mesure maître Dupont Moretti. Et de l'injure faite aux profs d'avoir laissé Blanquer à l'Éducation. 
 
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La mort d'Ennio Morricone ne me peine pas en tant que telle, il avait plus de 90 ans et je considère que passé ce cap on a eu le temps de mener jusqu'à son terme sa vie, même si je sais que ça ne me suffira personnellement pas. Mais ses œuvres sont la bande son de films qu'elles ont fait compter et par ricochet de ma vie même. 
Je reste persuadée d'avoir passé le bac les doigts dans le nez grâce à "Mon nom est personne" vu le dimanche d'avant à la télé - mon père regardait que les westerns détendaient - et qui m'avait équipée d'une sorte de cape d'invincibilité ; la grâce du film tenant pour beaucoup à la musique en plus du partenariat Henry Fonda / Terence Hill (1).
Et puis le jeudi matin il y avait eu Rebel without a cause et ça m'avait rendue l'épreuve de physique de l'après-midi toute légère, que j'avais accomplie en restant dans la bulle du film.
On dirait qu'il a trouvé moyen, le musicien, de mourir d'autre chose que du #Covid_19 (fracture du fémur ?).
 
Drôle d'époque. 
L'épidémie bat son plein dans un paquet de pays et en Europe où le pire semble passé, les nouveaux cas de contagion repartent à la hausse.
Il aura fallu tout le talent des Goguettes pour m'arracher un sourire avec leur Medley des confinés.
 
 
(1) Mamma mia, Mario Girotti a 81 ans !
 
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Lien vers le site de la santé publique en France 

Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
11 703 049 cas (dont : 539 512 morts (132 798 morts aux USA) et 6 615 977 guéris

Pour tenter de tenir le moral bon, l'Auberge des blogueurs


Claire Brétecher

 

    La nouvelle de son décès est tombée dans la matinée. Je l'ai appris via Twitter, comme le plus souvent les décès de personnalités, d'artistes, ces dernières années. 

Pas le temps d'écrire un vrai billet, je prépare mon émission du lendemain et je suis en retard dans des démarches administratives un peu pressées (tracas financiers, chômage non indemnisé) et je dois poursuivre à rythme soutenu mes recherches d'emploi. 

Il n'empêche que c'est pour moi grande émotion, et une fois de plus la fin d'une part d'enfance. 

Dans les années 70, je piquais à mon père le Nouvel Obs avant son retour de l'usine et je me jetais sur Les Frustrés. Je rigolais grâce à elle de la vie des gens riches, qui me paraissait d'un autre monde, il faut bien l'avouer. Mais ils étaient si marrants avec leurs problèmes légers. Et j'étais si d'accord avec la combattivité des femmes, même si je ne percevais pas encore l'ampleur des inégalités dans lesquelles nous étions enfermées. 

Sans savoir dire à brûle-pourpoint en quoi ça consistait, il me semble que je lui dois beaucoup.