Chroniques du confinement jour 72 : La fenêtre du haut et puis ... les pieds dans l'eau

Déconfinement officiel 1 jour 17

 

Pas de sport le matin (à part les désormais traditionnels abdos - squats - pompes) mais une séance de Tabata "fraîche" le soir. 

Entre les deux, écritures quotidienne et bricolage : je me suis attaquée, avec la complicité de JF parti me chercher un "pistolet", à ce qui nécessitait du mastic : reboucher mon ratage d'accroche de la tringle à rideau de dessus la porte et refaire certains joints de la petite fenêtre de près du bureau. Ce dernier point nécessitait pas mal de décapage, enlevage des anciens qui partaient en quenouille. Et j'en ai profité pour ôter de la vieille peinture (je compte repeindre aussi, l'extérieur, pour protéger le bois).

Au passage j'ai aussi recollé un petit "bouton" de bois de l'escalier, ainsi que remis de la pâte à bois dans la fente de la porte de la cabane à outil que le voisin voleur avait abîmée.

Comme auparavant et tandis que JF était parti me faire la course de bricolage j'avais fait une sieste / lecture de "The Beatles Tune In", la journée aura été très très vite bouclée.

Après le dîner, je suis restée en short, ou plutôt après le Tabata je suis restée en short pour le dîner et la suite et nous sommes allés en voiture (pour cause de fatigue + nuit qui allait tomber) voir le coucher de soleil à Surville. L'idée était pour moi, à défaut de pouvoir me baigner (seule, sans combi = trop risqué) d'au moins marcher les pieds dans l'eau. Ça m'a effectivement fait un bien fou, même si la sieste avait été profitable. Le coucher de soleil était magnifique, pas un nuage pour dissimuler l'instant magique de l'apparente plongée. Et à un moment donné, alors que nous rentrions, la plage fut pour nous tous seuls d'un bout à l'autre de l'horizon. 
Seul regret : comme monsieur ne souhaitait pas se mouiller les pieds, nous n'avons pas fait réellement la balade en amoureux. 
Il a d'autant plus eu tort que la journée ayant été fort chaude, il y avait un délicieux effet de chaleur dans l'eau, alors que la marée montait. 

J'ai ramassé avec l'un des gants que je porte en poche en permanence par ces temps, un morceau de plastique que j'ai jeté dans la poubelle de bord de plage. L'épidémie ne permet pas de faire du plogging comme avant.

Curieusement la boîte à lire qui était pleine peu après #LeConfinement officiel était presque vide, avec un feuillet demandant de ne pas l'utiliser pour cause d'épidémie. Mieux vaut tard que jamais.

Peu après notre retour, ce fut pile l'heure d'un passage de l'ISS. Je ne sais pas bien expliquer l'amplitude de mon ravissement à observer ce passage. Et le plus souvent d'un côté puis de l'autre de la maison.
Le décollage de Space-X n'a pas eu lieu, les conditions météos orageuses ayant eu raison de la tentative. Elle est repoussée à samedi. Du fait même qu'il s'agisse de business plus que d'avancées pour la recherche et l'hypothétique futur bien commun de l'humanité, je suis beaucoup moins intéressée, que par bien d'autres départs que j'ai suivi dès l'enfance, le cœur battant, à la télé.

Il était trop tard pour que je suive les infos italiennes, d'autant plus que nous comptons aller courir demain matin : barrière 7 si ça peut.

 

PS : L'Homme m'a annoncé très sérieusement que Jeanne Moreau venait de mourir. Je lui ai dit que j'étais certaine que c'était déjà le cas depuis plusieurs années. Mais il venait de recevoir un ramassis d'infos et c'était dedans alors il a tardé à me croire. Il faudrait qu'il se désabonne des fils d'infos tape-à-l'œil.
Je perds beaucoup d'énergie dans le fait qu'il met presque toujours en doute ce que je dis, en particulier pour les trajets, alors que mon sens de l'orientation est fiable. 

 

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Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE

5 779 252 cas (dont : 356 731 morts (dont 102 008 morts aux USA) et 2 490 659 guéris) 


Chroniques du confinement jour 66 : Et la mer avait disparu

Déconfinement officiel 1 jour 11

Ce qui restera en mémoire de cette journée, démarrée avec lenteur - pas prévu d'aller courir, je devais bricoler, mais il était tard et j'aurais mis longtemps aux petites écritures et notes quotidiennes -, ça sera cette magnifique balade à vélo pour aller voir la mer ... qui avait disparu.

Capture d’écran 2020-05-23 à 00.31.18

Nous avions pris la petite route qui part de non loin de la maison et coupe en direct jusque Saint Germain sur Ay (le village) et ç'avait été un bonheur de jour d'été. 
Bien regonflés par JF les vélos tournaient, le vent était présent mais léger, il n'y avait guère de circulation (trois tracteurs en tout, une voiture, un autre vélo), c'était "un momento perfetto". Il faisait beau et chaud.

Et puis, en arrivant vers le bord de mer de Saint-Germain - soudain tout peuplé, quel contraste avec les jours qui précédaient -, comme de la fumée. Mais une fumée qui n'aurait préoccupé personne, tout le monde vaquait à ses occupations. 

Et en arrivant au niveau du parking devant le bâtiment des sauveteurs en mer, la raison de ce mystère : la mer n'y était plus. Couverte de brume, une brume à couper au couteau. 

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C'était beau et stupéfiant. Très fort en dissonance cognitive puisqu'à l'ordinaire un tel temps s'accompagne de froid. Or il s'agissait d'une brume de chaleur (1), ce qui rendait les choses très troublantes. 

On distinguait quelques promeneurs, un coureur à pied. Plus loin nous avons entendu très fort les tracteurs qui ramenaient les bateaux de pêche mais en les apercevant à peine. 

Ça rappelait des dystopies. Il s'agirait d'un gaz. On pourrait en mourir. 

Comme heureusement non, ou pas tout de suite. Nous sommes allés au bout du boulevard maritime puis vers les dunes et je crois un haras puis il a fallu faire demi-tour car mon vélo n'était pas un gravel. Et, toujours en croisant pas mal de monde, que le phénomène climatique ne dérangeait pas plus que ça, ni non plus qu'une épidémie était en cours, nous avons repris la route d'accès. De toutes façon nous étions venus voir la mer, il n'y avait pas de raison de s'attarder dans ses rues plutôt peuplées. 

À environ 1 km de la petite station balnéaire, le temps était à nouveau radieux - ce qu'à part cette brume il n'avait cessé d'être -.

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C'était un peu magique aussi. Et un bel appel à l'humilité. On pourra pondre tous les décrets que l'on veut pour autoriser ou non les accès, c'est au bout du compte la mer ou l'océan qui décident. 

J'aime assez.

Sur une suggestion de JF nous sommes passés au corps de garde. Un peu attristés d'y voir des voitures de gens venus pique-niquer tout près (et incapables de les laisser davantage vers le hameau). Mais ça n'était quand même pas la cohue, donc voilà. 

Retour par la même route. Avec pour moi une perplexité : j'avais eu l'impression de descendre ou du moins d'être majoritairement en descente à l'aller or au retour les portions montantes étaient en minorité. Un peu le phénomène inverse de celui du pont de l'Île de Ré qui m'a toujours donné quel que soit le sens de parcours l'impression de monter sur les 2/3 du trajet. Là, c'était une route qui descend la plupart du temps qu'on la prenne d'un sens ou de l'autre. 
Bon, je crois que le vent devait y être pour quelque chose. 

J'avais de l'énergie de reste, une fois rentrée. Et tandis que JF s'entraînait à la pétanque dans le jardin j'ai préparé le bricolage prévu - celui d'accrocher une tapisserie et un miroir -.
J'ai même eu la naïveté de me dire que c'était cool, que la reprise du vélo passait crème et que 25 km étaient restés pas grand chose ou presque rien (2). 

Vaste blague, peu après le dîner j'ai voulu lire un peu - car l'absence de sieste avait signifié une quasi absence de lecture et les Beatles me manquaient -, posté quelques photos de notre expédition sur Instagram et suis tombée de sommeil, alors que je pensais bien fort à mes ami·e·s, ce qui d'ailleurs avait été le cas tout au long de la journée, des pensées solidaires dont on aimerait qu'à distances, par on ne sait quel sympathique sortilège, elles soient capables d'aider. 

 

(1) Ma sœur, qui est devenue une vraie régionale, m'a dit plus tard que ça n'était pas rare, que ça arrivait.
(2) En zone plutôt plate, jusqu'à 50 km ne me sont normalement pas grand chose pour moi à condition de ne pas les parcourir trop vite. 

 

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- cas (dont : - morts (dont - morts aux USA) et - guéris)  <== endormie sans avoir eu le temps de noter


Chroniques du confinement jour 61 : Les retrouvailles avec les vélos

Déconfinement officiel 1 jour 6

Journée de grand beau temps, c'était presque dommage de ne pas aller courir, même si se réveiller en prenant son temps est un luxe formidable comme celui de passer du temps à tenter d'identifier un oiseau (une bergeronnette peut-être) dont je n'avais pas entendu le chant, seulement vu le plumage jaune sur le devant, un capuchon noir sur la tête, la petite taille et le cou gracile.

L'heure du déjeuner est venue trop vite. J'ai cru faire la sieste en lisant mais Le Fiston a téléphoné ce qui au vu de son bonheur de vivre, malgré la dureté des temps, m'a redonné de l'énergie, j'ai donc regardé des documentaires dont un sur le dopage dans l'e-sport dont il m'avait parlé et un autre sur Pink Floyd.

Nous avons finalement eu le courage, en fin d'après-midi, par un temps radieux, d'aller chercher les vélos aux box. Pneus un peu dégonflés, retour par la voie verte. Plus tard j'ai retrouvé la bonne pompe (restée dans la maison) et les enceintes de la chaîne Hi-fi, que j'avais cru mises aux box, mais en fait non et pas non plus dans la soupente. J'y ai trouvé trace de quelques mini-mulots et ai dû nettoyer.
Un aller-retour en plus avec le diable afin de récupérer le carton du matériel de vélo et deux autre cartons tant qu'à faire. Puisqu'il va bien falloir commencer à ranger. En revenant, comme la voie verte surplombe le cimetière, j'ai vu que des plantes de la tombe des parents étaient tombées. Je suis allée y mettre bon ordre. Sur la tombe de ma Tante Marie-Thérèse les pots avaient valsé aussi, probablement le grand vent des jours précédents. J'en ai profité pour arroser ces plantes. Il y a quelque chose de très réconfortant pour moi dans le fait de "passer voir" nos morts, quand bien même je n'y rattache aucune imagination de superstition ni illusion. Mais c'est l'occasion d'un recueillement, si bref soit-il, en pensant à celles et ceux qui nous ont précédé. Je me sens un petit maillon d'une longue chaîne et c'est apaisant. 

Il n'était pas trop tard pour reprendre une séance de Tabata parmi les premières. Le son hélas est tout caviardé, sans que l'on sache trop pourquoi. J'ai retrouvé par ailleurs des musiques pour une prochaine fois. C'est troublant de constater qu'au début du confinement, il faisait nuit à l'heure de la séance. On mesure ainsi (même si le changement d'heure ajoute un twist), que vraiment un bon pan de temps s'est écoulé.

J'ai reçu de la part d'un ancien collègue et responsable un appel téléphonique pour me proposer un travail pour un temps. C'est là que l'on mesure à quel point la pandémie change la donne. Déjà la nécessité d'un tel appel n'aurait pas eu lieu d'être sans elle et ses premières conséquences. Ensuite, j'eusse été tellement ravie de dire oui, alors qu'à présent mettre en jeu ma santé pour un tout petit salaire même avec des super collègues, un métier que j'aime, des clients principalement sympathiques, ne m'emballe pas (1). Nous ne sommes pas dans un jeu video, je n'ai pas d'existence de rechange. Enfin, j'ai à présent un autre emploi prévu et la question de faire faux-bond ne se pose même pas.

D'autant plus que je crains fort que l'épidémie ne s'en tienne pas là, alors changer de métier est un choix délibéré en fonction de cet avenir collectif là. 

La proposition m'a en tout cas fait plaisir et j'ai été peinée de devoir refuser. Compte tenu des circonstances, c'était en fait un non-choix. La même proposition avant l'épidémie (et donc avant aussi mon changement d'orientation qu'elle a influencé) m'aurait fait sauter de joie. Les temps ont déjà changé. 

Félicien Kabuga, l'un des principaux responsables du génocide au Rwanda en 1994, aurait été arrêté à Asnières à 84 ans, où il vivait depuis des années sous un faux noms. Pas pu m'empêcher de penser, Est-on certains qu'il ne s'agit pas de Xavier Dupont de Ligonès ? 

Lu via Alice un extrait de livre particulièrement atroce (Adolf Rudnicki "Les fenêtres d'or"),  sur la révolte du ghetto de Varsovie. Et constaté que Dr Caso s'appliquait en ce moment à bloguer pour une bonne partie des mêmes raisons que moi : 

Je trouve, mais vous avez le droit de ne pas être d’accord avec moi, que nous vivons des moments historiques, et que donc il est très important de prendre des notes, des photos, des souvenirs, des petits bouts du quotidien, parce que sinon, dans 50 ans, on regrettera tous de ne nous souvenir de rien.

Même si pour ma part je relativiserai le côté "moments historiques". Seul l'avenir le dira. Effectivement il y a une probabilité non nulle que la pandémie qui aura éclatée à grande échelle début 2020, soit plus tard une date charnière ; pas nécessairement historique en tant que telle (nous n'aurons fait, sauf professions "sur le pont", que mourir ou rester chez nous), mais en bornage d'une époque et début d'une période troublée et pourvue de nouvelles façons de vivre - au moins un plus grand recours aux possibilités des outils technologiques quotidiens -.

Un pianiste, Dan Tepfer, s'est amusé à inverser les Variations Golberg. Sans surprise : c'est beau quand même. Et très intéressant. J'ai l'impression que Bud Powell, l'air de rien a déjà fait quelque chose comme ça, dans certaines impros en tout cas. 

J'ai longuement LT les TG italiens. Ça déconfine tout en tentant de calmer le jeu. J'apprécie la façon dont Giuseppe Conte tente au mieux de faire face. Je me trompe peut-être puisque cela faisait un moment que je ne suivais plus la politique italienne que de loin, mais j'ai l'impression qu'il s'est trouvé en poste sur un effet de consensus en mode plus petit dénominateur commun et qu'il s'est révélé en stature d'homme d'état durant la crise. Je ne suis pas dupe des effets de com. Mais ça n'est de nos jours pas donné à tous de les réussir. Et pour un haut dirigeant il donne l'impression d'avoir encore les pieds sur terre. 

En France des gilets jaunes ont tenté de se remettre à manifester. Ils ont été réprimés brutalement alors que c'était particulièrement inutile (peu nombreux). 

Avant de dormir, j'ai regardé le non-concours de l'Eurovision, quelques bribes dont l'intervention de Björn Ulvaeus en vieux grand-père, ce qui m'a donné l'impression d'avoir réussi ma (sur)vie. 

 

(1) Comme le faisait remarquer quelqu'un concernant le métier d'enseignant : autant qui est pompier ou soignant, voire soldat, sait qu'en cas de crises particulières, il ou elle sera en position de risquer sa peau, ça fait partie des risques du métier, autant enseignant, vendeur, libraire ... ne sont pas des professions censées être à risque. Alors la question se pose vraiment : suis-je prête à risquer ma vie pour pouvoir continuer à l'exercer ? Je n'ai pas signé pour la mettre aussi crûment dans la balance. 

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4 707 913 cas (dont : 311 948 morts (89 454 morts aux USA) et 1 803 228 guéris) 


Chroniques du confinement jour 24 : J'ai oublié qu'on était jeudi, mais pas que c'était un jour "sport"

    Je ne suis toujours pas parvenue à répondre à la plupart de mes messages, ni à faire les fiches pour les podcasts radio, ni quelques démarches administratives non urgentes (mais qu'il serait sain que je fisse pendant que j'en ai le temps), ni à libérer de la place en mémoire de mon ordi et du téléfonino afin de pouvoir participer à différentes réunions et défis pour lesquels je suis sollicitée (dont un défi 10 x 10 avec le club de triathlon sur des mouvements de gainages), ni non plus à m'occuper de publier les présentes chroniques dans Ce qui nous empêche , ni à poursuivre mes lectures pour le comité de lecture dont le confinement a brutalement interrompu les réunions (mais pas les lectures ni les compte-rendus) ; ni à faire une partie minimale des travaux dans la maison (ne serait-ce que raccrocher ce qui avait été décroché pour les travaux). Pour ce dernier point seulement, j'ai une excuse : je m'étais dit, les travaux intérieurs les jours de pluie, les travaux extérieurs les jours de beau temps et il a remarquablement fait beau presque chaque jour. De plus le boulot au jardin s'est révélé une tâche à tiroir, avec un sous-chapitre archéologie familiale. 

Capture d’écran 2020-04-09 à 21.34.54 Quelque chose en moi ressent que pour s'en sortir il faut se tenir à un certain nombre de choses régulières, comme l'exprime dans ce touite, Arnaud Lançon. Ça ne vaut pas pour tout le monde. Seulement dans mon cas et à cause de la thalassémie qui pourrait facilement faire que je dorme 15 heures sur 24, je suis obligée de me poser des jalons pour me secouer. Quand il y a une activité salariée c'est le travail, et puis les entraînements sportifs car une condition physique irréprochable est ce qui me permet d'assurer le premier et l'ensemble de ma vie comme une personne qui n' pas ce tracas. À présent que nous sommes sur une période longue sans obligations coupantes, je dois structurer pour résister au sommeil conquérant. 

Ça marche, et plutôt bien. Il faut dire que j'ai cette chance pour le moment d'être en forme - c'est un privilège, je ne compte plus les ami·e·s et quelques personnes de ma famille qui ont eu leur tour de maladie -. Avec certains points qui sont la signature du Covid_19 (perte provisoire de l'odorat et du goût ; courbatures fortes sans avoir fait de sport les jours précédents). Mais pour beaucoup, et nombreuses et nombreux sont celleux qui n'ayant pas besoin d'un arrêt de travail, n'ont pas même vu un généraliste, le doute subsistera, était-ce "ça" ou juste une saloperie de saison particulièrement perfide (grippe, rhinopharyngite carabinée) ?

Et donc à la liste de début de billet près, je parviens plutôt bien à tenir le cap, en compagnie de mon co-confiné qui parce qu'il adore faire les courses les assure en intégralité et de ce fait cuisine un repas par jour (l'autre, généralement le dîner est constitué de réchauffes ou de plats élémentaires frais). 

Aujourd'hui c'était jour de sport : donc short legal morning run à 8h du matin, suivi du défi abdos - squats - pompes et le soir, la séance de Tabata où l'on en bave, c'est rude mais que nous attendons comme des écoliers la récré. Pour l'instant je me garde bien d'ajouter autre chose. J'ai mon équilibre ainsi que je parviens à tenir. Le confinement peut aussi servir à reposer un peu le corps des efforts soutenus habituellement demandés. 

D'ailleurs je n'ai pas travaillé au jardin ce matin, fatigue après la course pourtant courte (25 minutes dans les limites légales réduites), peut-être aussi parce qu'il faisait ... chaud comme un jour chaud d'été. C'était très surprenant. Tôt lorsque nous avions couru il faisait bon mais brumeux et pas une température estivale. 
Dans l'après-midi à mesure que l'ombre gagnait du terrain, le jardin revenait en avril. 

L'Homme est allé faire un plein de courses (à sa façon, sans faire de liste et de facto en oubliant bien des choses, comme pour avoir un prétexte d'y retourner après). Il a croisé la voisine d'en face qui lui a parlé de 6 cas avérés dans la petite ville. Sa famille et elle sont enfin parvenus à vendre leur maison (dommage pour nous, c'était de bons voisins) et s'en iront vers Coutances, c'est plus simple pour des questions de scolarité des enfants. Seulement voilà, tout doit attendre la fin du confinement - ils attendaient la fin de l'année scolaire de toute façon, mais il y aura sans doute un décalage en plus -. 

Luxe suprême : j'avais oublié que nous étions jeudi et lorsque les cloches de l'église ont sonné à toute volée de 17h30 à 17h48  je n'ai pas immédiatement compris qu'il s'agissait des sonneries particulières au jeudi saint. C'était impressionnant : d'habitude on ne les entend pas si bien. Seulement la ville, malgré des bruits de véhicules qui circulent car les entreprises ne sont pas arrêtées, et dans les champs ça travaille, est quand même globalement bien plus silencieuse qu'en temps normal. Résultat : j'ai eu un temps à me demander ce qu'il se passait. 

Je ne me souvenais pas de quand j'avais pu me permettre la dernière fois de ne pas savoir quel jour de la semaine on était.

L'homme de la maison a fait un rêve de concours de pétanque finalement annulé pour cause de Covid-19 ; mais les joueurs puisqu'ils étaient là, décidaient de jouer quand même. Ce qui signifiait ne pas respecter les précautions contre l'épidémie (pas de masques, et pas le social distancing). Il cherchait à partir. 
De mon côté je tentais de rapporter d'Italie des gants et des bonnets de laine. Très utiles, n'est-ce pas ? 

Chaque jour comporte des petits moments d'échanges de nouvelles avec les proches (familles et ami·e·s). Si ce n'était que soudain celles-ci peuvent s'avérer dramatiques, le fait lui-même d'être ainsi en relations plus rapprochées que dans le rythme métro - boulot - dodo (variante : vélo - boulot - dodo) habituel, est plutôt doux. 

Échanges constructifs sur Twitter (je me suis bien gardée de trop intervenir sur le sujet déchaîné en France, de l'usage de la chloroquine), et il fut aujourd'hui question de l'état dans lequel nous serons dans l'Après. Tout se passe comme si nous allions à peine déconfiné bosser de ouf. Ça sera loin d'être évident entre personnes endeuillées, personnes affaiblies d'avoir été malades, personnes épuisées d'avoir bossé comme des fous (notamment le personnel hospitalier), personnes sur les rotules après des mois de cohabitation non stop avec leurs enfants, personnes qui auront perdu le rythme et l'envie, tout simplement. Il y aura un effet de choc, des conséquences post-traumatiques. 
Je le sais avec certitude pour le sport : il faudra reprendre les entraînements progressivement et non se jeter dans les premières compétitions ouvertes de l'Après confinement. Même en ayant fait l'effort de continuer à s'exercer en intérieur ou en exerçant le droit à la course à pied qui nous est pour l'instant encore concédé. 

À part aux USA et en Afrique où c'est le démarrage de ce qui pourrait vite virer à l'hécatombe, les chiffres "diminuent" (en gros). Le terrifiant de l'affaire est que par exemple moins de morts en Italie signifiait aujourd'hui "seulement" 610. On en est là. De s'être habitués à se dire : ouf, moins de 700 !

Boris Johnson est sorti en allant mieux des soins intensifs. Est-ce que ça l'aura fait réfléchir ? 

 

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Portbail - Souchon

 

    La fuite d'eau n'en était pas une mais un effet spectaculaire de condensation en milieu humide. La tête des petits Parisiens que nous sommes quand le plombier, réussissant louablement à ne pas rire nous a dit ça.

La journée prévue en vue de réparer s'est alors muée en journée de vacances (pour l'Homme de la maison) et de repos, et choses à faire (pour moi). 

Mais il y eut une balade mémorable, avec une première étape à la biscuiterie de Sortoville en Beaumont (ravitaillement). D'abord parce que la mer était démontée (une pensée pour Raymond Devos), et que c'est beau une mer démontée quand on n'a pas à y aller et qu'on ne connait personne qui doit l'affronter. Ensuite parce que sur France Inter qui est la radio par défaut dans l'auto, il y avait une émission dont l'invité était Alain Souchon et que quand tu arrives à Portbail en écoutant Souchon à la radio tu as l'impression d'un coup de baguette magique de la vie.

C'était l'anniversaire de @quitusais et je me le suis rappelée en dehors des machines (pas sur l'ordi, peu consulté), l'impression de retrouver la mémoire, et donc reprendre le fil de ma vie, après des années passées à lutter (travail, affaires familiales, problèmes de santé des uns et des autres etc.).

Le vent tombé hier en soirée avait repris vigueur. La balade à Portbail nous a laissé tout étourdis (pourquoi diable le vent laisse-t-il à ce point épuisé ?). 

Averses de grêle, dont l'une alors que nous venions de rentrer et fermer la porte sous le soleil. Le fait de fermer la porte a été quasi concomitant à une sorte d'extinction de la lumière extérieure, et vlouf grêlons. Désormais je penserais à cet épisode quand il conviendra de se remémorer que concomitance ne vaut pas cause à effet même si c'est parfois trompeur.

Pour l'une des suivantes, j'étais sortie de sieste, passée aux box de stockage [des affaires parentales], tout allait bien, tiens si je rejoignais mon homme à sa pétanque, nuages soudain bien sombres et vlouf, grêlons. Je suis bien équipée et un banc de bois que je rapportais, mis sur ma tête me protège du martèlement, il n'empêche. 

Les joueurs continuaient peu importe le temps (météo) et la température qui chutait (la veille 14°c ? 15°c ? et là 6°c ou 7°c)

Je suis rentrée par la voie de chemin de fer en échangeant avec le fiston dont le déménagement est toujours en cours (chaudière ne fonctionnant pas encore, meubles à monter). En écoutant les oiseaux, aussi. J'aimerai réapprendre à reconnaître leurs chants.

Petit restau populaire impromptu, le seul d'ouvert un lundi. 

Petite soirée tranquille. Pluie qui tambourine. J'écris. 


Un bon dimanche, quoi que de tempête

 


    Vent si fort le matin que nous nous sommes tout simplement recouchés. Le chemin habituel dans ma Normandie est une ancienne voie de chemin de fer, bordée des grands arbres qui accueillaient les trains, c'était dangereux ; et prendre la voiture pour aller plus loin semblait risqué (le vélo, n'en parlons même pas). 

Et puis c'est doux d'être au fond du lit, peu dérangeable parce que c'est dimanche et d'entendre dehors que c'est en tempête.

La constatation d'une fuite d'eau - les habitué·e·s d'ici peuvent se gausser, je ne saurais leur en vouloir, trouver le plombier. Quelqu'un passera tôt au lendemain matin, mais comme c'est côté arrivée générale nous craignons les complications.

De jolies retrouvailles avec une de mes cousines, et revoir mon oncle son père - désormais si âgé qu'il n'ouvre guère si nous passons le visiter lorsqu'il est seul -, un moment tranquille et heureux.

Le temps d'être chez la famille, le vent est tombé et ça fait tout étrange alors que puisque deux tempêtes se sont succédées (Ciara et Dennis), nous avons été sous grand vent depuis une semaine environ. Ou telle était notre impression. Ça laisse un vide, une absence.

Et voilà le dimanche plié.

Un coup de fil de ma sœur aura été porteur de deux bonnes nouvelles : un soulagement et ... une sorte de gag.

J'imagine une scène de film burlesque, un visiteur qui sonne, et qu'on craint importun, on aurait pu ouvrir un objet contondant à la main, prêt·e à se défendre, et qui est au contraire quelqu'un de fort bienvenu, totalement inattendu, et porteur d'une de ces propositions qui peuvent changer une vie (en bien).

En soirée, après un bon repas dû au traiteur local et à quelques finitions par l'Homme de la maison tandis que je parlais au téléphone avec ma sœur, je re-regarde le record de 6,18 m au saut à la perche par Mondo Duplantis, et ce avec une marge si confortable. 

J'aide l'Homme à enregistrer son message de répondeur téléphonique. Ses essais faisaient trop peu pros, or il risque d'avoir des appels sérieux (pour son club, pour son boulot ...).

Lecture studieuse pour terminer la journée.

Très bon dimanche tout en récupération, grâce auquel je me sens d'attaque pour la semaine à venir (et ça, c'est très agréable), laquelle présente un temps fort, le mercredi soir, avec l'invitation de Sylvie Lassalle à mon émission Côté Papier, et plutôt des choses douces et instructives, potentiellement.

Sur le front du 2019-nCov : il s'appelle désormais SARS-CoV-2, les mesures de confinements semblent arnachiques en Chine mais néanmoins plus strictes. 69 288 cas, 1670 morts, 9871 guéris 
Comment ça concerne (pour l'instant) les gens par ici : une des filles de ma cousine qui devait dans le cadre d'un échange entre des universités assurer quelques cours en Chine au printemps pour une période donnée se trouve dans l'incertitude de son départ, de son séjour. J'écris pour des lecteurs de plus tard et qui ne nous connaîtrons pas : voilà, classe moyenne d'un pays qui au début du XXIème siècle s'appelait la France, incidence d'une forte épidémie dont l'épicentre (ça se dit, pour une épidémie ?) se situait en Chine, deux mois et demi à trois mois plus tôt. 
Des questions, des doutes, commencent à circuler quant aux J.O. de Tokyo. The Runner faisait remarquer que les athlètes étant des personnes qui poussent leur corps au maximum, sont souvent dotés d'une immunité fatiguée. Et que dès lors, la question risque de vraiment se poser et des décisions de ne pas se présenter risquent d'être prises par les individus si les nations ne prennent pas leurs dispositions. 

Dans le monstrueux paquebot en quarantaine au bord du Japon, la croisière ne s'amuse plus. Il doit déjà y avoir quinze films hollywoodiens et Vingt-cinq best-sellers en préparation, tant le sujet s'y prête. 

 


On fait pas mal de choses lorsque l'on ne fait "rien"

 

    C'était un jour venteux à ma Normandie. Le réveil fut relativement tardif, l'Homme n'était pas très motivé à l'idée de devoir passer par la fenêtre pour aller acheter le pain et possiblement deux croissants, la porte aux chambranles fraîchement repeint, frottait, collait, ça n'allait pas bien.

Mon père m'avait laissé en partage des outils et parmi ceux-ci de belles limes. J'ai été ravie de les retrouver vite et d'en faire bon usage. L'Homme de la maison, rentré de son expédition continua. Et désormais la porte s'ouvre.

J'aime la maison toute propre des travaux.

Les ardoises tombées dans notre jardin devant provenaient en fait du 12. Je suis allée voir à la mairie si l'on pouvait faire quelque chose. J'ai été vite et fort bien reçue. Ils vont tenter de prévenir les propriétaires (une indivision, Néel serait leur nom et je le mets en clair volontairement, sait-on jamais). J'ai profité d'être à la mairie pour me renseigner sur les démarches dans l'optique d'un ravalement extérieur / isolation. 

Je suis passée au cimetière, passée une première fois en vain (leur pause déjeuner) une seconde fois efficace, au magasin de choses pour la maison qui est sur le chemin de la déchetterie. L'idée était d'acheter de nouvelles tringlettes pour les petits rideux fixes. J'en avais lancé une lessive et tout s'est bien goupillé : remettre des tringles et pouvoir y accrocher les rideaux propres. Sauf qu'ils sont si vieux que le lavage en machine les a bien déchirés. 

Passée aussi chez le bijoutier : pile de montre et deux bracelets à réparer. 

Passée récupérer l'Homme chez le coiffeur et ensemble nous sommes allés acheter chez le traiteur de la place de quoi manger pour l'ensemble du week-end sans plus avoir à s'en préoccuper. 

Le temps de faire tout ça il était déjà le soir, lui était allé jouer à la pétanque, j'avais remis les rideaux et autres petits bricolages avançables, me suis un peu reposés en échangeant avec quelques ami·e·s et l'une de mes cousines - dans l'idée d'essayer de se voir -. 

En soirée j'ai vu le film Le lion par camaraderie envers mon ami nageur Julien et finalement c'était agréable presque comme un bon vieux Bébel avec Danyboon très crédible dans le rôle de Bébel et Philippe Katrine dans un rôle qui autrefois aurait été tenu par Jacques Villeret. C'est pas léger léger mais en mode nostalgie des films du dimanche soir d'antan ça tient la route plaisamment. Bon boulot sur les cascades. Jolies vues de Paris. Pas mal de clins d'œil à pas mal de films. Pas d'ennui.

Voilà : une journée dont on se dit, je n'ai pas fait grand chose et pour laquelle si l'on regarde bien : on a fait pas mal de trucs, l'air de rien. 

Je veille tard à écrire en écoutant la tempête, pour le plaisir d'entendre le vent, le vrai, pas celui que la grande ville dévie.


Finie la journée

 

    Souvent je me rends compte des choses quand l'inverse survient, ou de la tension dans laquelle une situation me mettait lorsqu'elle cesse. Je crois que ça vient de ma bécassinebéatitude, un truc de naissance qui me fait voir de prime abord le bon côté des choses, de la vie et des gens, et seulement après, où lorsque ça devient vraiment insupportable, les parts sombres ou abusives ou l'épuisement.

Ainsi aujourd'hui j'ai pris conscience que je travaillais trop. Je ne parle pas du boulot qu'on abat dans le cadre d'un emploi, mais du travail de la vie quotidienne et des projets perso, ce qu'on se fixe soi-même à accomplir. 

Ce n'est pas volontaire ni le fait d'un conditionnement, ou peut-être si, de classe sociale, mes parents et leurs parents et sans doute encore avant faisaient partie de la classe laborieuse et les vies sont entièrement axées sur les tâches à accomplir. Seulement typiquement, si je dispose d'une de mes journées dans une période dépourvue d'urgence brûlante (1) mais avec des choses, des menus travaux, des tâches à accomplir sans trop tarder sinon il faudra les faire dans la précipitation, je me réveille avec une sorte de programme en tête, sans l'avoir rédigé (to-do list, je n'y ai pas recours souvent ou alors pour les choses pour lesquelles j'ai le temps et que je crains d'oublier au gré des péripéties de la vie), sans l'avoir voulu : hop au boulot de la journée.

Et je m'y tiens sauf perturbations extérieures. En commençant généralement par ce qui demande le plus de bonne forme physique ou d'efforts tout courts (telle corvée administrative, telle tâche ménagère), en me ménageant un temps de sieste sauf si je me suis levée tard (i.e. après 9h30). Le hic c'est que dès que ça se dégage un peu j'ai déjà en tête une suite de programme et j'enchaîne. 

Et puis un jour, généralement un dimanche non travaillé, je tombe épuisée et je dors ou dors-lis toute la journée, récupération obligée.

Ça n'est pas très malin car parfois, le jour suivant est au radar aussi, or il peut tomber un jour de travail nourricier. 

Le triathlon m'a appris à intégrer aux entraînements une part de récupération. Et du coup au travail de la vie de tous les jours des limites. Non, travailler jusqu'à devoir s'aplatir devant une retransmission sportive, un bon livre (qu'on ne saura bien apprécier) ou une série, n'est pas très malin. Alors désormais je me fixe des points à passer et quand c'est fait, stop : demain est un autre jour (2).

Ainsi aujourd'hui, alors que le planning était chargé car calé sur une mission précise : libérer LA pièce de la petite maison de #MaNormandie avant des travaux sérieux, j'ai décidé de m'arrêter lorsque j'aurais accompli certaines tâches, sans chercher à m'avancer. Au besoin nous partirons un peu plus tard demain. 

Alors j'ai achevé ma journée de travail domestique à 20h35 environ en ayant laissé du temps paisible pour les repas (3), en ayant réservé du temps pour un minimum d'entraînement avant la vraie reprise mardi, en ayant pris du temps pour le cimetière. 

Et à présent dans une journée qui fut sans relâche mais calmement, il me reste un peu de temps pour vaquer à mes occupations calmes : écritures, lectures, photos et courriers familiaux ou amicaux. Je sais que ces bonnes résolutions d'équilibrer les choses ne résisterons pas à la reprise du travail rémunéré, il n'empêche j'écris ici pour me le rappeler dès que je retrouverai un usage courant de dimanche, de week-ends, et de jours fériés.

 

(1) Quelqu'un est gravement malade ou mort ; il y a un déménagement à faire ; il y a une urgence avec date limite administrative ; il y a un dégât des eaux et il faut parer au plus pressé etc.

(2) Cela dit pour certaines tâches ménagères et les tâches administratives je dois aussi beaucoup lutter contre la tentation de la procrastination. Il me faut beaucoup d'énergie pour accomplir une tâche administrative que la plupart des gens accomplit sans trop y penser. 

(3) En Normandie on mange bien pour un coût raisonnable.


Ce matin j'ai posé

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Ce matin j'ai posé un livre auprès de ma place pour prendre mon petit déjeuner et puis en regardant vers le jardin j'ai vu qu'il manquait une grande partie de l'arbre du fond, que ses branches principales avaient été arrachées. Je suis allée voir ça de près. J'ai décroché une des branches qui n'était plus que suspendue au dessus de celles qui subsistaient et me suis plantée deux échardes dans la main droite.

Suis rentrée, ai tenté de prendre mon petit déjeuner mais j'étais dans un état curieux, incapable de me concentrer. Rien n'avait de goût. J'ai alors reçu alors que je m'apprêtais à prendre des outils pour tenter de au moins nettoyer les parties arrachées, un de ces coups de fil qui sauvent : j'avais trouvé du boulot au moins pour les deux prochains mois. Et pas un boulot de traverser la rue pour sauver sa peau financière et rendre heureux Président Macron (1), non, un vrai travail qui correspondait à mon métier. 

Entre temps l'homme de la maison s'était mis en tête de réparer la chasse d'eau et j'ai commencé à débiter à la hache la branche tombée.  

Nous sommes partis acheter du petit matériel de bricolage, du coup c'était Coutances et d'autres achats (vêtements de sport, coupon cadeaux à écluser), du coup il était plus que l'heure de déjeuner ce qui fut fait à La Taverne, seul endroit à nous accepter encore à 13h56. En repartant j'ai réfléchi que si nous souhaitions voir la mer de ce week-end bien occupé ça allait être le moment. 

Le vent soufflait, assez déchaîné mais pas jusqu'au sentiment de danger. 

Belle ballade impromptue à Agon-Coutainville et son très beau lungo-mare piéton. 

Je ne peux passer dans cette ville sans entendre la voix de Philippe Bouvard dire "Et maintenant une question de Madame Le Prieur d'Agon-Coutainville". C'est curieux comme cette émission est synonyme pour moi de bricolage (la radio qu'on écoute lorsque l'on en fait, mais sinon jamais). C'était la grande époque d'avec Darie Boutboul qui avait du répondant et avait fait de son mari une sorte de personnage de semi-fiction. Et puis il avait été assassiné et puis c'était fini. Et je crois que je n'ai plus écouté l'émission depuis.

Ensuite nous sommes rentrés, ressortis pour acheter de quoi dîner et moi une loupe pour tenter de voir mes échardes et les ôter, ce qui fut fait. Puis je suis ressortie acheter une scie pour les branches d'arbres (juste en face chez Aldi), puis je me suis occupée du pneu crevé d'un des vélos, et ensuite de prendre une douche, c'était la fin de la journée.

C'est alors que j'ai retrouvé le livre, qui depuis le matin et d'avoir trouvé bizarre l'allure de l'arbre au fond du petit jardin n'avait pas été ouvert, n'avait pas bougé. 

Qui croit encore que nous partons en Normandie pour nous reposer ? 

 

 

(1) Pour les éventuels lecteurs de longtemps plus tard, allusion à une déclaration faite à l'emporte-pièce à un jeune homme qui lors d'un événement où un peu de peuple croise le président de la république française, l'avait interpellé sur le fait qu'après sa formation d'horticulteur il ne trouvait pas à s'embaucher. 


Ma Normandie me déçoit

 

    En août j'ai eu une fausse joie : j'ai cru que la petite ville de #MaNormandie s'était mise à la transition écologique et procédait la nuit à l'extinction des feux. Les principaux carrefours restaient éclairés et pour le reste : le noir. C'était beau. On voyait de nos fenêtres les étoiles. 

Alors ça n'aura été que sur une période puisqu'à présent c'est revenu, la lumière dans la petite ville toute la nuit sans arrêt. 

Je suis une indécrottable optimiste, au fond ; toujours prête à croire que l'on va vers le mieux.

Une maison que mes grands-parents possédaient et dans laquelle ma grand-mère et son dernier-né étaient mort à la fin de 1944 vient d'être vendue. Je l'apprends par le panneau "à été vendue" accroché par une agence. Si seulement j'avais su qu'elle était à vendre j'aurais pu tenter de faire quelque chose (1). C'est irrationnel mais j'ai ressenti cette vente sans que je puisse au moins tenter ma chance comme une trahison. Et le fait de ne l'avoir pas su comme un grave manquement à la mémoire de mes ancêtres, comme si j'avais commis une faute vis-à-vis d'eux.

 

Un arbre de type acacia que nous avons au fond du petit jardin a subi une violente attaque de quelque chose : branche principales arrachées. J'en ai ramassé une. Le reste étrangement n'y est plus. Y aurait-il eu une tempête particulièrement meurtrière entre le 2 septembre et le 1er novembre ? Le propriétaire du champ derrière, où paissent des vaches - je ne vois pas trop en quoi un arbre de taille modeste au fond de notre jardin aurait gêné même s'il dépassait un brin de la clôture (2) - serait-il un malotru ? Ça me paraît insensé.
Que s'est-il passé ?

Je vais essayer de sauver l'arbre puisque le mal est fait.

 

(1) Ma mère et ses sœurs avaient souhaité la vendre au lendemain de la mort de leur père qui l'avait toujours conservée mais la louait (il habitait au dessus et derrière sa boutique, sur la place de la petite ville). Pour elles cette maison était celle du malheur. Pour moi elle est celle de l'âme de ma grand-mère (et aussi : très belle à l'intérieur, un oloé parfait ; j'adorais son grenier). Bref lors de la vente précédente, je n'avais pas eu voix au chapitre.

(2) Et quand bien même, il convenait d'abord de nous contacter.