Complément ("Anne, précisez les limites du temps")

Ça m'apprendra à jouer sur les allusions cryptiques avec des références datant d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaîtreuh , je m'aperçois que les choses comprises avec celles de maintenant prennent un fort autre sens.

Alors voilà, le titre du billet précédent n'a rien à voir avec la soupe vampirique qu'on sert de nos jours aux adolescents, mais tout avec une série américaine culte de la fin des années 50 / début des 60, et qui avec sa cousine moins connue "Le sixième sens" ("Perhaps you are, ESP") et une autre moins subtile (plus orientée films d'action) qui ne naviguait pas si loin, "Au cœur du temps" (un article du blog "souvenirs de notre enfance" et un extrait). N'hésitez pas à aller voir les extraits l'état d'hibernation contrôlé, les vecteurs temporels et le Titanic qui va couler mais seul Tony le sait, c'est quand même quelque chose. "Il peut aussi bien être avant-hier qu'après demain ou dans un million d'années". Et si nous aussi ?


De l'intime et de l'écrit

Ce lundi, au matin puis rattrapé plus tard

"Ce qui ne change pas, c'est que j'écris et que l'écriture, même si ce n'est pas immédiatement lisible, exprime dans toutes les nuances et les incertitudes la personne que je suis et deviens au contact de l'autre." Martin Winckler

Ces mots en conclusion d'un des billets de son blog Chevaliers des touches, ont réveillé bien des échos. Certains ne demandaient qu'à être exprimés. Ils concernaient deux domaines distincts. J'en ai donc fait sur une annexe (ils n'ont que peu à voir avec le thème principal de "Traces et trajets" et touchent à du plus intime) deux billets.

"une période de tristesse intense [...]"

Mon journal, trente ans plus tôt

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Alain Maximilien

Lundi soir, soudain

Alors que depuis samedi soir j'écume méthodiquement mes carnets de bord anciens dans l'espoir d'y trouver un compte-rendu d'époque du concert qu'Alain Bashung avait donné dans le gymnase absolument pas fait pour ça de ma banlieue éloignée et qui, je le croyais, me l'avait fait connaître, voilà qu'en consultant wikipédia afin de vérifier la date de sortie d'un album bien ultérieur ("Novice" sorti en 1989) que j'avais découvert en décalé et ne savais donc plus situer, je m'aperçois qu'au fond la première fois que j'ai entendu l'artiste sur scène datait de bien avant.

J'étais en 6ème et une de mes cousines que j'adorais et admirais (pourquoi d'ailleurs mets-je cette phrase au passé ?) était venue habiter chez mes parents le temps de se trouver à Paris un logement étudiant. De cette période qui n'avait probablement pas dû durer plus d'un trimestre, je garde un souvenir ébloui. Mes parents n'osaient pas en sa présence se disputer comme à leur ordinaire et c'était pour moi qui vivais dans la peur d'être le prochain prétexte et qu'un jour ça dégénère, une trêve merveilleuse.
M'ayant sentie par ailleurs réceptive et sans doute bien un peu seule, elle avait entrepris de me transmettre ce qu'elle pouvait. Je lui dois les Vallès et les Misérables, d'autres lectures probablement, et quelques sorties miraculeuses que sans elle et son fiancé courageux (1) je n'aurais jamais faites.

L'une d'elle fut "La révolution française" au théâtre Mogador. L'éblouissement fut tel, avec ma soeur et mes parents nous ne sortions que pour le cirque du 1er janvier, un peu de ciné pour enfants et quelques rares concerts classiques, que je me souviens encore de certaines mélodies de cette comédie musicale ("Chouans en avant" et "On m'appelle Charles Gautier"). En revanche du haut de mes 10 ou à peine 11 années, j'avais prêté peu d'attention au nom des interprêtes. Je me souviens seulement que malgré un rôle de méchant (2), Robespierre m'avait semblé sympathique. Je devais probablement assez peu ressentir de compassion spontanée pour les ci-devants (?).

Ma cousine et son amoureux étaient assez critiques quant à la qualité historique du spectacle mais moi qui ignorais, j'avais simplement été bouleversée.

Voilà que 36 ans après, j'apprends que c'était l'air de rien à un peu d'un concert de Bashung que j'avais assisté. Le bougre y tenait le rôle de Maximilien. Pas étonnant que j'aie trouvé le révolutionnaire émouvant malgré les décisions sanguinaires qu'il prenait.

Quand j'avouais avant-hier à un ami qu'Alain Bashung pour moi c'était une longue histoire et sa mort une page de la mienne qui se trouvait aussi tournée, je ne croyais donc pas si bien dire.



(1) devenu son mari et le père de ses enfants, capable de venir en vélo exprès depuis Saint Germain en Laye ce qui tenait de l'exploit et à mes yeux d'enfant constituait une preuve d'amour inébranlable.

(2) Si mes souvenirs sont bons le Charles Gautier beau jeune premier, "fils d'un simple couturier", était amoureux d'une femme de noble extraction et bien entendu les jours de celle-ci se trouvaient révolutionnairement en danger.
Je suppose que tout bien-finissait.


Et la mobylette sépara

hier (deux fois) en banlieue dans les deux cas

JF et la moto_1974_edited


Une mobylette pétaradante, assez rare dans le quartier, m'a tirée hier d'une sieste inévitable et que je souhaitais ne pas prolonger.

Ce devait être un vieux modèle et le son m'a renvoyée des années en arrière et plus loin de Paris, mais pas si loin non plus.

C'était une de ces banlieues pavillonaires qui s'étalait à l'orée de cette région où l'on trouvait plus facilement qu'ailleurs à correctement s'employer. Le chômage pointait à peine son nez.

De voiture, chaque foyer était équipé. L'organisation des lieux en rendait l'usage quasi inévitable. Les lieux de travail étaient éloignés, la gare aussi (20 minutes d'un bon pas, 25 plus calmement), les plus proches commerces, une boulangerie, un marchand de journaux, une teinturerie et un petit supermarché étaient à un solide quart d'heure et l'on risquait sauf pour le pain d'en revenir chargés. Pour autant les familles disposaient rarement d'un second véhicule. A l'école (15 minutes, sinon 20) on allait à pied.

Quand les enfants grandissaient, un Noël, un anniversaire ou les deux regroupés permettaient l'achat d'une bicyclette et ce qui paraissait l'accession à une indépendance circulatoire formidable. Au collège on allait en vélo, que plus souvent qu'à son tour on se faisait piquer (chouraver était en ce temps le terme consacré).

Je ne sais plus à la suite de quelle transaction ou opportunité parmi son entourage, mon père avait acquis une vieille Simca 1000 en seconde voiture. Nous étions d'un coup promus au rang de bourgeois et j'avoue que le secours de ma mère pour aller au conservatoire (près de la gare mais au delà, j'en rêve encore parfois) était fort bienvenu, ainsi qu'aux jours d'hiver et de pluie et aux périodes de recrudescence d'activités de certains "amis".  Se passer brièvement d'un vélo évitait de devoir s'en passer pour toujours par après.

Pour autant le moyen de locomotion le plus répandu des teen-agers restait le vélo.  On s'organisait même parfois de belles balades et quelques confrontations de nos capacités. J'étais la seule à réussir la côte de l'église en mini-vélo (1). Enfantine fierté.

La fracture est apparue insidieusement à l'orée des années de lycée. C'était en effet un cadeau traditionnel de BEPC.

(to be continued - à suivre ...) 





[photo millésime 1974, publiée avec l'accord du figurant, un peu plus âgé à présent !]

(1) En vérité j'étais la seule assez dingue pour la tenter si mal équipée. Les copains avaient des demi-courses avec dérailleurs et les copines, sagement, renonçaient.
 

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Je n'ai pas cent ans mais je suis assez vieille

... pour avoir été assez grande pour pouvoir en parler quand Jacques Brel mourait.

(billet initialement entamé pour le 09 octobre, je n'ai en somme que 15 jours de retard)

Partenza_torino_agosto_settembre_19

Je me souviens bien que j'aimais le Grand Jacques, ne possédais pas de disques de lui à cette époque-là, il faut voir quand je relis mes carnets de bord à quel point l'argent était compté et par exemple le drame que ça avait été de me faire voler mes stylos (plumes) dans mon sac lors d'un intercours où en salle je l'avais laissé.

Donc pas de disques.

Mais je pensais bien quand même trouver dans ces carnets trace d'un discret hommage et la mention de son décès. J'avais dû au moins être attristée.

Je prends le temps ce soir d'aller y voir. L'entrée du 9 octobre 1978 est au contraire affligeante de surinvestissement scolaire et de banalité, j'avais osé écrire :

"Journée de cours sans interrogations [écrites pas métaphysiques : note de la dame plus âgée que je suis devenue] ni autre fait notable à part trois choses :

- mon rhume (en amélioration cependant) [j'étais tout le temps sans arrêt en permanence anginée ou enrhumée]

- annonce de la réunion pour les parents de la 2ème C7 [ma classe d'alors]

- annonce d'une version latine en classe jeudi"

suivent des considérations sur les cours et l'état d'avancement de mon travail scolaire et que j'ai reçu le magazine "Onze" auquel j'étais, luxe suprême (1), abonnée.

De la mort de Jacques Brel, je ne peux dire qu'une chose, ce jour-là à Bobigny centre ville, pas si loin d'où je vivais, le temps était "doux et lourd".

La lecture des pages voisines, dans l'espoir que la nouvelle m'ayant atteinte à retardement j'en ai causé plus loin, ne dit hélas rien de lui, mais montre pourtant que j'étais un peu attentive à ceux des bruits du monde qui nous parvenaient. Et que je n'hésitais pas à faire (déjà) de l'humour sur les sujets qu'il fallait pas. Ce qui donne un curieux

"Pape mort ==> pas de télé"

ou bien quelques jours plus tard un post scriptum cryptique

" - un pape polonais
- la mort de la femme du chef de bureau de papa
"

J'émets des avis bien plus fermes que ceux qui peuvent être les miens à présent sur des films vus (à la télé, par exemple "La Party" le jeudi 19 octobre 1978 sur FR3) ou des livres lus.

Parfois je me laisse un peu aller, d'une façon que l'auteur de Ce que je fais de mes jours (deuxième saison) mais de la première aussi, n'aurait peut-être pas reniée :

"Souvent avant de m'endormir, il m'arrive de penser à diverses choses (assez sérieuses) que je compte consigner ici et que j'oublie. Pendant, donc que j'y pense je signale que la veille je me suis dit qu'il faudrait que je l'écrive, le signale (nb. : c'est surtout quand j'ai lu Rousseau avant de m'endormir (2)). Après ces explications confuses, la journée [...]" (3)

Donc rien sur Jacques pour ma plus grande honte, en plus que dans une page précédente Claude François qui ne m'intéressait pas spécialement a droit à une pensée (entre parenthèse quand même) "quand on le voit [à la télé] on a du mal à réaliser qu'il est mort".

Finalement, l'autre Jacques (4) ne mesure pas sa chance, j'avais pour lui noté mon émotion.

 

Poursuivant par déception mon investigation, je tombe alors sur quelques belles consolations :

- une lucidité épatante au sujet de la télé

"Je me rends compte du temps régulier passé devant la TV. Ce qui me console est que certains jours j'arrive très bien à m'en passer en particulier quand Elise (5) n'est pas là pour l'allumer."

- le récit détaillé sur 7 pages écrites serrées des anecdotes dont un de mes oncles italiens de passage à Paris nous avait régalés.

L'une d'elle est un cadeau immense pour l'un de mes chantiers. Les autres me consolent : la fatalité  du name-dropping involontaire, c'est une tare familiale, à présent je le sais. Avec un côté comique qui éclot à retardement : les grands pontes qu'il mentionnait dont j'ignore si la présence impressionnait ou non mon père, et dont les noms alors retranscrits phonétiquement en élève ignorante mais appliquée ne m'évoquaient rien, à présent je sais qui ils sont, et je me dis, sacré Tonton.

Je suis très reconnaissante à l'adolescente de 15 ans que je fus de prendre soin des travaux et des état d'âme de la mère de famille d'enfants de ces âges qu'à présent je suis devenue. Je le faisais à l'époque sans penser à l'avenir, persuadée que j'étais par ma santé fragile qu'une maladie ou une autre très tôt m'enporterait. Ce n'est que plus tard, en 1983, alors qu'un premier chagrin d'amour (ou plutôt : un chagrin de premier amour) menaçait de me noyer, que j'ai écrit avec une vue d'avenir, une sorte d'autofiction (le terme n'existait pas) légèrement érotique, dans le but avoué (et qui fut atteint) de "me faire sourire 20 ans après".

 

D'où l'utilité, si toutefois le support se maintient, car les vieux cahiers au moins si on les a gardés on peut les consulter, de bloguer jours après jours, sinon pour aujourd'hui du moins pour demain, car le recul du temps est un don formidable.

 

En guise de demande de pardon, et parce que oui, on peut être vieux sans être adulte c'est la meilleure façon de l'être au fond vraiment :

 

 

(1) Je suppose que j'avais dû faire consentir mes parents à cette dépense ridicule parce que m'étant procurée j'ignore comment le numéro 1, j'avais ensuite écrit mon enthousiasme et mon mécontement (sur le mode : hé oh les gars, y a aussi des filles qui aiment le foot, non mais) et que ma lettre avait été publiée dans un des numéros suivants.

Du coup j'ai beaucoup ri (intérieurement) quand un ami m'a appris qu'un message que j'avais envoyé sans penser à mal figurait dans un des premiers numéro de la revue XXI. C'était ma rubrique "Peut-on changer ?". Mais je ne me suis pas abonnée parce que ça ne serait vraiment pas raisonnable dans notre budget. C'était ma rubrique "Même avant "La Crise de Croissance Ultra-Négative", l'ascenseur social était un chouille bloqué".

(2) aux parents de maintenant : vous voyez que les jeux vidéos ne sont pas si nocifs envers le sommeil de votre descendance, Rousseau faisait bien pire effet. Soyez rassurés.

(3) note pour Samantdi : j'étais déjà très très très très passionnée de physique à l'époque en plus que j'avais un prof génial qui s'appelait monsieur Zouzoulas. Et je vois que ça ne t'étonne pas.

(4) Prévert

(5) soeur (petite).

 

[photo personnelle prise à Torino probablement début septembre 1978 ; aucun rapport avec Jacques Brel, c'est juste pour l'ambiance du temps]

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Even the best drummers ...

(ce soir si ça peut, avais commencé mais dois m'en aller)
pardon

30 ans plus tôt

A qui, à quel formidable cousin, dois-je les Who ? (1) J'en ai perdu la trace mais pas la conséquence qui est pour ce groupe plutôt qu'un autre un attachement indéfectible, qui pourtant ne ressemble en rien au moindre état de fanitude.

J'aimais je crois, leur improbable alchimie, entre le chanteur qui se croit beau (mais qui ne l'est pas tant que ça), le compositeur bosseur, le batteur fou ...

Quadrophenia est mon disque de chevet même à passé quarante, comme Casablanca bêtement est mon film de réconfort et "People who knock on the door" de Patricia Highsmith mon plus puissant médicament.

La chimie n'est pas mon truc contre les mals à l'âme.

Ces trois boulots-là correspondent chacun à leur façon de mon intégrité profonde, Jimmy, Rick et David sont mes frères intérieurs, je l'ai toujours su, et ma vie s'est méchament chargée de me le confirmer.

Etrangement ou logiquement, ce que chez les Who j'entends en premier (ou plutôt que j'ai entendu à l'époque) c'était la batterie. Je crois que la fille hyperactive mais affublée d'un corps fragile reconnaissait quelque chose d'une énergie qu'elle aurait tant aimé effleurer, au moins certains jours afin de vivre sa vraie vie au lieu que ce perpétuel exil loin de soi ressenti. Il me consolait. Des gens ont la pêche, une pêche incroyable et en font bon usage au lieu de se conformer. A Keith Moon je déléguais ainsi qu'à quelques autres ma part physiquement inaccessible de liberté.

Mes carnets de bords de l'époque quand ils ne signalent pas des bonheurs de lecture ou de grands intérêts (le 07/09/78 je lisais "Les confessions" (celles de Jean-Jacques Rousseau) mais le lendemain me délectait de "Bennett et le pigeon voyageur" d'Anthony Buckeridge) sont ceux de quelqu'un toujours entre deux fièvres, trois enrouements, quintes de toux et salves épouvantables d'éternuements, tête qui tourne et malaises variés.

Alors quelqu'un comme Keith, simplement qu'il existe, c'était consolant.

Je n'ai su que bien plus tard combien il vivait dans l'excès et la part destructice de ses comportements (qui ne m'aurait pas forcément déplue), à l'époque seuls les échos des disques souvent longtemps après nous parvenaient. A la maison de mes parents, rien d'autre que le classique n'avait droit de cité (2).

 

La même malédiction qui a joué pour la mort de John Lennon dont je me souviens qu'elle m'avait marquée mais n'ai aucune trace dans mes carnets, à la place hommage posthume d'un voisin de mes parents dont j'avais, quand j'ai relu oublié jusqu'à l'existence (alors qu'à ce que j'écrivais, c'était quelqu'un que j'aimais bien), fait que du décès de Keith Moon je n'ai rien noté. Je m'apprêtais à entrer en seconde, mon amie Valérie vers un autre lycée. Personne à qui en parler et 4 jours après, la mort annoncée par téléphone de l'une de mes tantes d'Italie.

Etait-ce aussi à lui que je pensais sans oser du tout l'écrire (qui sait qui pourrait tomber sur) quand j'allais ce jour-là chercher une citation du "Château de ma mère" (3)

"La vie des hommes est faite de petites joies très vite effacées par d'innoubliables chagrins."

avant de jouer avec ma petite soeur au Monopoly (4)  puis lui lire quelques pages (du Bennett pas du Rousseau, elle avait eu de la chance)  ?

Je ne peux plus dire.

Je sais seulement qu'il m'aura fallu ces 30 ans à présent écoulés pour ne plus éprouver de regrets du groupe si définitivement séparé (5) et pour lui me consoler en me disant que des ans l'avancée, il n'aurait pas, jamais, pu supporter.

   

   


(1) Une des rares amies de mon âge avec laquelle je pouvais un peu causer d'eux était Valérie, qui en cours de musique avait un jour fait un exposé sur Tommy (et moi stupéfaite (je crois)). Pour le reste ce groupe était plutôt apprécié de ceux qui étaient quelques peu plus âgés.

(2) dictature paternelle, l'achat par ma mère de "Goodbye yellow brick road" d'Elton John (à la suite d'un cours de danse où l'un des morceaux était chorégraphié) avait failli être cause sinon de divorce du moins de drame, alors les Who, clairement c'était en loucedé (cassettes audio mono chez les potes repiquées ; les radios "libres" n'ayant pas encore été inventées, ça ne devait pas être facile de les entendre sur les ondes) en plus qu'à l'époque, les casques qui permettent d'écouter en toute tranquillité s'ils existaient n'étaient pas encore démocratisés jusqu'aux gamines peu fortunées.

(3) de Marcel Pagnol qui fut longtemps ma référence. C'était grâce à lui qu'en CM1 j'avais compris que les livres étaient écrits par des êtres humains et non des collègues en usine.

(4) Le jeu avait été offert par ma tante, c'était notre façon enfantine d'hommage que d'y jouer.

(5) Je sais ils ont continué après et même encore à présent. Mais pour moi non. Il était leur âme (damnée peut-être mais âme quand même). Aaahh ce duo clavier-batterie sur Drowned - dont j'ai longtemps cru mais plus tard, qu'il était un hommage parallèle à Virginia Woolf, se moque qui veut, comme Bécassine Béate (6), j'ai commencé très jeune - , qui pourrait remplacer ?

(6) copyright Samantdi

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Le martinet (partie II)

(suite du billet précédent)

Ce soir là, je n'ai pas souvenir de l'intensité du savon passé. Il ne FALLAIT pas être en retard au dîner. Lequel n'était pas une partie de plaisir, Tiens-toi-droite-pas-les-coudes-sur-la-table-mange-ta-soupe-fais-pas-de-bruit-tiens-bien-ta-fourchette-tiens-toi-droite, jamais moyen d'avaler un spaghetto en paix.

Je n'ai pas non plus souvenir d'à quel moment j'ai mis fin à cet examen permanent, je me souviens seulement que ça avait chauffé, mais qu'un jour, plus grande (de taille) j'avais dit un truc comme ÇA SERT A RIEN DE REMPLIR NOS ASSIETTES SI ON PEUT PAS LES VIDER EN PAIX ; j'avais probablement craqué de voir ma petite soeur pleurnicher d'une remarque plus blessante que d'autres ou exprimée dans un moment où elle croyait avoir tout bien fait.

Mais je me rappelle fort bien de ce qu'à présent je peux nommer "La perplexité du martinet". Les copains en bavaient. Ils m'avaient expliqué que ça faisait mal et tout. Ils avaient peur de se faire taper. Ils ne faisaient pas non plus grand chose pour l'éviter. Du moins certains. J'avais fini par en conclure qu'ils aimaient trop faire les imbéciles, et en oubliaient les suites possibles.

Globalement tout ça formait une bande de gosses joyeux. Heureux de vivre. Blagueurs toujours bagarreurs parfois. Solidaires. Fauchés comme les blés, mais sachant de chaque chose jouer.

Du lot j'étais la seule plus tourmentée. Nerveuse, vivant en permanence dans l'intranquillité (sauf quand je lisais).  Et pourtant personne me battait. Et en classe je cartonnais, certes sérieuse et organisée, mais pas ou rarement tracassée, sauf en cas d'accident, généralement orthographique (en ce temps-là 4 points enlevés sur 20 par fautes, 5 fautes = zéro en dictée, quand le texte était trop bon, et que j'en oubliais ma grammaire pour écouter les mots, il a dû m'arriver de friser le zéro).   

Ça a dû me prendre 5 ans pour comprendre, de 7 à jusqu'à 11. Jusqu'à ce que je lise "Vipère au poing". Alors tiens, c'était peut-être plutôt 12, il me semble que j'étais en 5ème.

Je ne souffrais d'aucun coups, mais de pression permanente, infligée par un père que son malheur rendait fou, un boulot qu'il vivait comme un enfermement, un enfer, disant je vais en prison comme je dis que j'ai usine (1), une femme à lui mal assortie, il se "sacrifiait" pour nous et nous le faisait en permanence payer. Colères, reproches et cris pleuvaient pour un rien, jamais quand on s'y attendait ou plutôt si, quand on s'y attendait MAIS SURTOUT quand on ne s'y attendait pas.

Et le pire, le pire, c'était quand il s'en prenait à ma mère (variations polyphoniques et variées sur le thème Regarde comment tu as élevé TES filles) pour des fautes réelles ou imaginées mais le plus souvent vénielles, et qu'un humain normal n'aurait pas relevées, que nous avions commises.

Je tendais d'éviter les Vilnius potentiels à coup de brillants résultats, de faire tout du mieux que je pouvais, effectivement un 20 en maths était (généralement) garant d'une bonne soirée, mais globalement ça ne suffisait jamais. J'ai passé toute une part de mon adolescence les poings serrés au fond des poches, prête à intervenir (2) si jamais ça dégénérait, entre mon géniteur et ma mère, ou après ma soeur encore si petite. Toujours sur le qui-vive dés que l'homme de la famille était là. Toujours à tenter de satisfaire des exigences impossibles parce que prétextes, mouvantes et floues.

Et rendant les potes perplexes qui croyaient mon sort si enviable, alors que chez eux concrètement ça bardait. Et ne pigeaient pas ma tristesse de certains jours ou ma dureté étrange de ceux où je tombais taiseuse au lieu de les faire rire comme souvent je savais. Ils admiraient que pour une fille je ne pleure pas. Forcément, tout le temps, je serrai les dents. Ce n'était pas admirable. Juste un drame qui se nouait. Invisible. Caché.F1000012

Vingt et quelques années après, j'ai failli mourir de la faille ainsi créée, et que des circonstances moches et très cumulées avaient rouvertes. Les mauvais traitements, on s'en remet (sauf dérapage définitif), les fragilités induites, j'en ai peur, jamais. Et les intersections qu'on rate à nos chemins parce qu'épuisés ou apeurés ou contraints on fait les mauvais choix ou on n'en fait même pas.

Pour les mômes le pire de tout n'est pas que ça fasse physiquement mal ou pas, le pire, c'est quand ça se comprend pas, quand il n'y a pas d'adulte pour s'interposer à l'injustice, ou quand les adultes s'entredéchirent et qu'on croit que c'est à cause de soi.

Pour les grands, le pire quand déjà ils voient bien ce qu'il faudrait faire, c'est qu'on ne fait pas toujours ce qu'on veut ou si mal ou si peu, et qu'aucune solution n'est simple, facile ou formidable. Reste à choisir ou tenter d'attraper le sentier escarpé du moins grand malheur et de l'avenir des plus petits préservés, tout en n'étant jamais certain(e)s avant un long moment de ne s'être pas gourés. 

(1) l'ascenseur social n'est pas un vain mot :-( .

(2) J'étais la seule à parfois pouvoir tenir tête, gueuler plus fort que lui, passé un certain âge, s'il le fallait. Le faire me minait.

[photo : vers 1968, probablement ; parce qu'un père brisant, peut n'en être pas moins attentif et aimant, à d'autres moments ou par instants et qui font si bien croire à un bonheur possible. Et pourtant ...]

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Le martinet (partie I)

Au siècle dernier, peu après que l'Homme ait marché sur la lune (pour la première fois), c'est dire si ça date

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Ils ne me croyaient pas les copains, d'abord ils ont pensé que je faisais l'andouille quand je leur avais demandé.

Le mot avait débarqué pour moi un soir de foot., on avait rien fait de mal, ça devait être à des vacances, Pâques ou février, on jouait par tous les temps ; on n'avait rien fait de mal, pas même envoyé la balle où il fallait pas, fâché des voisins, fait aboyer des chiens, non juste ça : on était rentré trop tard.

Et un de mes potes à un autres, et qui faisaient une sale tête à mesure qu'on s'approchait des chez-nous,  - Toi aussi, tu vas y avoir droit, au martinet ?

Et moi qui me mêlais de ce qui me regardait pas, mais il faut dire, j'ai jamais su résister au moindre mot nouveau

- Au quoi ?

- Au martinet. répète le pote un peu agacé, sur le mode, pour une fille elle joue bien au foot dommage qu'elle soit sourde.

Et moi d'insister, c'est pas possible qu'ils connaissent un mot que pas moi, des feintes au foot, des ruses aux billes, je veux bien et puis ils aiment pas qu'une fille elle gagne, mais les mots les mecs, c'est moi qui connais alors vous êtes priés de m'expliquer.

- C'est quoi, ça, un martinet ?

Et là, j'ai bien vu qu'ils ne me croyaient pas. Tous tournés vers moi comme les Groseille quand débarque leur petite Le Quesnoy.

- Ben, le truc qu'y z'ont les parents pour nous taper (quelle question).

Je me laisse pas démonter, je me dis quelque chose comme, c'est bizarre chez les Franco-français, y a pas ça chez nous, je me fais tout bien expliquer. Il s'avère que tous les ménages de la cité dûment pourvus d'enfants le sont aussi d'un instrument qui sert à les taper.

En causant je me rends compte que chez certains l'engin sert de menace diffuse mais n'est réellement utilisé qu'en cas de force majeure, bêtise capitale, le feu au grenier, un autre enfant blessé par suite d'un jeu stupide, une collection scolaire de zéros pointés, de l'argent volé.

Chez d'autres c'est rituel, avec des nombres de coups conventionnés, en retard au dîner, 5 ; mauvais bulletin de fin de trimestre 20 au moins. Souvent il y a des peines combinées 5 coups et la vaisselle à faire.  20 et plus d'argent de poche jusqu'à la Noël. 10 et interdiction de sortie pendant 2 semaines.

Je fais soudain figure de grande privilégiée. Si mes parents m'ont parfois tapée c'était dans les instants, une action réactive, cas typique : le gosse à qui on a dit 100 000 fois fais bien attention avant de traverser, et qui s'engage sans regarder, qu'une voiture frôle et à qui l'adulte qui l'a tiré vite fait en arrière envoie un aller-retour aussi fort que la frousse qu'il a éprouvée.

Pour les potes c'est une énigme.

- Tes parents te tapent jamais ?

- Ben non, normalement non.

L'un d'eux évite aux autres un retard supérieur et l'inflation des coups potentiels :

- Ben c'est normal, toi t'es sage.

Ça décoince les copains, chacun à son explique :

- T'es trop bonne en classe, y peuvent pas.

- T'es une fille, on tape que les gars. (Comme j'étais la seule fille ce jour-là, personne n'a pu démentir ça).

Puis chacun est rentré. Les uns tapés, les autres pas.

Moi aussi j'avais peur, très peur d'être en retard au dîner. C'était 19 heures et ça se manquait pas.

(à suivre)

[photo d'une vieille photo, 1970 ou 1971, Val d'Oise]


Le jour où Maria ne me manqua pas

ou Sa mort pour moi fut transparente

Ecrit à partir de notes du 18/09/77 et qui racontaient ma journée du vendredi 16 septembre 1977 et les quelques suivantes.

Si vous souhaitez lire un vrai billet sur le sujet, c'est chez Kozlika par là et chez I love Juju c'est pas mal non plus.

      

Ce jour-là il faisait beau avec quelques nuages. Maria Callas perdit la tension, j'étais pour ma part enrhumée au point de ne pouvoir aller à la piscine dont mon emploi du temps de collégienne fixait la séance à 8 heures. J'ai rejoint l'établissement scolaire à 10 heures. Le genre de choses primordiales que je notais.

Je remarque que "la valse des petites fiches" a commencé. Les profs nous demandent chaque année d'en remplir. L'une d'entre eux est entre temps devenue mon amie, elle m'a fait remarquer il y a deux ou trois ans,  que j'étais bien la seule élève a jamais avoir écrit "footballeuse" (1) en réponse à la question du métier plus tard envisagé, qu'elle s'était vaguement demandée s'il s'agissait d'une provocation adolescente et puis qu'elle m'avait vu jouer une fois dans un coin de la cour (les ballons étaient interdits, on jouait avec des balles de tennis, dont certaines étaient encore blanches à l'époque, ou bien avec du papier mis en boule et scotché). C'est probablement cette année-là que sans renoncer dans un premier temps à mes ambitions sportives, je me pris de vocation pour la physique nucléaire et quantique après avoir lu un bouquin de vulgarisation scientifique qu'avait écrit en son temps Einstein au sujet de la théorie de la relativité, plus quelques autres sur les atomes. Une révélation mystique ne m'aurait pas fait plus d'effet.

Je suis restée persuadée que j'avais quelque chose à découvrir et qui ferait avancer le progrès (c'est présomptueux, oui je sais, je crois que j'avais tout bonnement conscience d'être équipée d'un solide esprit scientifique, d'une volonté de travail surdimensionnée et d'une imagination délirante et que c'était la bonne mayonnaise pour se rendre utile dans ce domaine-là), que j'allais en baver mais que c'était de mon devoir de chercher et en attendant d'apprendre pour avoir de quoi trouver, jusqu'à l'âge de 19 ans. Un chagrin d'amour a brisé cette première vocation : celui qui me quittait m'avait séduite en me parlant longuement de ce qui me passionnait. Son départ a grillé les neurones qui chez moi portaient les connaissances si patiemment accumulées. Ou cramé les voies d'accès. Si je suis parvenue à ne pas le perdre de vue et à l'aimer bien au lieu de l'aimer tout court, je n'ai hélas plus jamais retrouvé le chemin de la part de cerveau où je crus mon destin.

J'en ai gardé le plis d'être séduisible par les mondes parallèles. Comprenne qui pourra.

Pour l'heure j'entre en 3ème, lis Silbermann de Jacques de Lacretelle et que je trouve formidable comme bouquin. Je parle d'ailleurs de la bibliothèque où j'aide une camarade à s'inscrire (aurais-je donc si peu changé ?) ; de ma soeur aussi que je vais chercher avant d'être rejointe par mon père et un de ses collègues ce qui devait être exceptionnel.

A l'ordinaire il ne rentrait pas si tôt de l'usine (2). Le connaissant il n'avait pas dû être indifférent à l'annonce de la mort de Maria Callas, mon père aimait l'opéra comme les Italiens l'aiment, sans façon, ainsi qu'une sorte de chants populaires un peu plus élaborés et mieux servis par des orchestres au complet et des voix, ah des voix ...

Ma mère a été un peu contaminée et qui en tient pour Giuseppe di Stefano.

Au jour du décès de Maria Callas, je n'ai rien noté d'éventuelles réactions de leur part la concernant. Pourtant il me semblerait logique qu'ils en aient parlé et peut-être pour une fois sans se disputer ce qui aurait dû leur valoir dans mon diario une ou deux lignes aux fins d'immortaliser un tel exploit.

Rien non plus les suivants. Mes notes de journal de bord ne sont remplies que de choses scolaires, une nouvelle année démarre, je ne pense à rien d'autre, pratique quelques sports, regarde la télé, toujours les mêmes émissions dont un mystérieux "Eh bien raconte" dont j'ai perdu le souvenir et les sempiternels Colombo Amicalement vôtre. Il y a des achats de fournitures scolaires, une liste des petits camarades que ma soeur avait invités à son anniversaire (3), j'avais parfois le privilège d'un trajet en voiture mais le plus souvent c'était en vélo. La seule entrée sur une semaine concernant des événements extérieurs est un PS du lundi 19 septembre et qui indique "parais (sic) que Mandchester est éliminé à cause de leur supporters".

La seule mention concernant ce qu'on pourrait éventuellement rattacher à la musique, en dehors de celles concernant des cours de piano que je prenais, est un "Nana Mouscouri" sans plus d'explications au soir du 1er octobre (émission de télé probablement). Pas même l'ombre d'une rétrospective en hommage à celle des chanteuses grecques qui chantait vraiment et plus que ça encore.

Décevant.

1/ Moralité : Parents d'adolescents de maintenant qui les voyez s'abîmer dans des jeux qui vous paraissent vains et inutiles et des niaiseries à la télé, ne perdez pas (tout) espoir, certains centres d'intérêts ne se développent qu'en grandissant, on dirait.

2/ Conseils : Vous qui tenez blogs classiques ou journaux intimes, n'oubliez pas parfois d'expliquer les pires évidences, si jamais la vie vous offre l'occasion de vous relire 30 ans après, vous risquez sinon de ne pas comprendre la moitié de ce dont vous parliez.

   

(1) Attention, hein, pas femme de footballeur, footballeuse moi-même. Métier qui à l'époque pour les filles n'existait pas. J'ai fini ingénieur travaux publics à la place. Et payée pour ou pas, je mourrai en écrivant. Si j'avais eu un brin de lucidité, désobéissance et des parents pas si bornés par leur vie limitée, je n'aurais pas perdu tant de temps en méandres préalables. 

(2) La sienne, une vraie et où des autos étaient fabriquées.

(3) Dans la série qu'est-ce que ça fout là, ça se pose-là. Peut-être était-ce pour pouvoir répondre à ses questions l'année suivante si elle ne se souvenait pas. Notre écart d'âge nous faisait mener des vies différentes. D'ailleurs je note en l'occurrence et non sans, je suppose, un sentiment certain du devoir accompli "[...] je travaillais un peu puis jouais avec les petits."


"En écoutant voiture radio su que Prévert mort ..."

11 aprile 1977, in Normandia

Pict0005 C'est le billet du jour de monsieur KA qui m'y a fait penser :

Jacques Prévert est mort il y a 30 ans tout juste aujourd'hui.

En lisant cela chez lui, je n'en suis pas revenue, je m'en souvenais comme si c'était hier, on le dit si souvent, mais ce soir je le ressens vraiment.

Je me suis alors dit que ça avait dû me marquer à l'époque et j'ai cherché dans mes vieux carnets (miei vecchi diarii (si scrive cosi ?)). Prévert y était, et quand il est mort, j'étais en fait tout près (1) : nous étions en vacances chez ma famille côté maternel en Normandie à La Haye du Puits.

(les prénoms mentionnés sont d'ailleurs essentiellement ceux de mes cousins et cousines)

Orthographe et couleur d'origine (2)

"Lunedi 11 Aprile 1977   [petit dessin météo personnel de temps très variable, aucune indication de température]

Matinée : été faire balade voiture avec Vincent et jouer un peu (comme jours précédents) au ballon avec cousins et mômes voisins. Après repas, balade à Carteret et au "Fermes" qui bien que pas style coin ne choquent pas et son mignones. Puis Parents et les autres moins François, Popof, Claire (qui pas venue aux "Fermes") et moi. étés voir grand-père. Claire fait gateau. Popof partit 7 h au service à Grandville par car puis train (l'avons tonton + moi)  accompagné gare. Après repas, regarder "les dégourdis de la 11ème" avec Fernandel.

écrit le 13-4-77

Martedi 12 Aprile 1977

[petit dessin météo personnel de temps très variable, aucune indication de température]

7 H 30--> été accompagnés Claire Lycée Coutance. En écoutant voiture radio, su que Prévert mort dans village tout près Hague. Matinée passée vite. Cueillis primevères. Départ 14 H 35 après repas. Arrivée 18 H 45. Regardé télé avec feu Malraux.

écrit le 13-4-77"

[photo : les pages reproduites]

(1) mon côté Forreste Gumpe qui pointait déjà ? Nous n'allions pas en Normandie si souvent

(2) nb plus particulier pour Samantdi et Akynou rapport à une récente conversation "de filles" : alors moi ce n'étaient pas les petits coeurs et le bleu turquoise (pas là en tout cas) mais le vert quand la page de l'agenda était écrite en vert et le rouge quand elle était de cette couleur ; derrière ce qui peut paraître une fantaisie d'adolescente (j'avais 13 ans 1/2) un enjeu économique : j'écrivais soit avec un stylo 4 couleurs rechargeable, soit avec des bic crystal vendu en pochette de 4 et le noir et le bleu s'usaient toujours avant les autres, alors je tentais de rééquilibrer tout en alliant l'utile avec une logique esthétique. Fallait-il que les contraintes soient fortes. (par tempéramment, le fric je m'en fous et je n'ai pas un goût aigu pour la "présentation" ou il faut qu'il y ait une raison pour).

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