Et toujours Virginia Woolf

FireShot Capture 1825 - Who's who - gilda_f - Fotolog - http___www.fotolog.com_gilda_f_31260135_

    Début avril 2009, douze jours après l'encaissement d'un sale coup, qui visiblement était plus fort que le bonheur d'être délivrée de l'"Usine" (dans mon souvenir, c'était le contraire) (1) (2). Ce recours qu'en tout cas face à l'adversité et au manque de respect (de loyauté ?) de certains hommes, ses mots et le fait même qu'elle ait existé constituent.

 

Le titre, au vu du fait qu'entre-temps un bon copain s'y trouve employé, est assez prémonitoirement amusant (Il n'avait rien à voir avec ce billet, cependant).

 

(1) Je crois pourtant que c'est bien le 1er avril 2009 que j'ai signé les papiers qui témoignaient de ma "libération".

(2) Cela dit, la veille j'avais noté "Je mesure mon degré d'aliénation passé à celui du bonheur infini de ma libération. Et du plaisir de travailler enfin à ce qui devait."


La Résidence Alsace à Lille (il y a onze ans)

 

    1224545130801_f

Toujours dans la sauvegarde à marche forcée de mon fotolog de douze ans d'âge (ou presque), et dans les redécouvertes y afférentes, voilà que je retrouve la trace d'une photo du 21 octobre 2005 postée en 2008 dans le cadre d'un "trois ans après" (1). 

Elle partait déjà d'une recherche dans le passé puisqu'il s'agissait de la cité HLM née du chantier sur lequel j'avais fait mes trois mois d'entre la deuxième et la troisième année d'ingénieur TP (avec à la clef un rapport de stage dont le coefficient comptait). 

L'architecte était un grand prix de Rome à blondes et belles bagnoles (2). Le projet était ambitieux : du logement social de qualité et c'est vrai que le résultat ne manque pas d'allure. Il était novateur, c'était de la brique en panneaux préfabriqués ce qui à l'époque n'était pas courant.

Mais l'homme se montra pointilleux quant à la couleur brique de la brique et il fit renvoyer les premiers prototypes ce qui mis sans doute à genou l'entreprise locale qui s'était crue chanceuse d'avoir été choisie (3). On était mi-juillet, des gens furent sans doute rappelés de congés et nous avons passé l'essentiel de l'été à attendre les nouveaux prototypes. Mon stage s'est achevé alors que le chantier commençait juste à repartir. 

J'avais du coup fait de mon rapport une sorte de suspens non-policier, une fois raconté les fondations et le poste électrique bâti à la main (je veux dire avec des briques et du boulot de maçon), que la teinte soit un peu différente avait été accepté. Ce qui m'avait valu une note qui sauvait l'honneur avec un commentaire de type, J'ai noté le roman, mais c'était agaçant.

Retourner sur les lieux du non-crime avait pour moi été fort émouvant. S'il n'y avait pas tant d'écart entre la façon dont la société conçoit les rôles selon les genres, il est évident que j'eusse fait du chantier, j'aimais. Mais voilà il fallait être particulièrement costaude pour s'imposer (non pas tant sur le terrain, les milieux réputés misogynes ont souvent cette qualité qu'une fois qu'on a prouvé qu'on bossait dur et qu'on n'était pas là pour charmer, on y est acceptées, qu'auprès des recruteurs) ; à l'époque j'étais encore de condition physique fragile, c'est à force de sport et de vie attentive que je suis parvenue à ce qu'elle soit au contraire solide et plutôt fiable, et je n'avais pas osé forcer le barrage. Ce que je ferais sans problème avec mon corps de maintenant.

Il y a aussi que nous étions très amoureux avec le futur "l'homme de la maison" et envisagions comme on dit de fonder une famille. Or j'avais bien compris que la vie de directeur/trice de travaux n'était pas merveilleusement compatible avec la présence auprès d'éventuels enfants. Je me suis donc dirigée vers quelque chose de très différent mais qui était porteur d'avenir (4).

Il n'en demeure pas moins que revoir ce groupe d'immeubles me laisse émue même si ma participation à leur existence fut modeste.  

Un autre chantier auquel j'avais participé, le siège social de Kodak de Châlon sur Saone, a eu le temps de servir, de fermer, puis d'être détruit et remplacé. Ce qui reste impressionnant : avoir participé à la construction de quelque chose qui a déjà connu un cycle complet.

 

 

(1) Merci Bladsurb, je me rends encore mieux compte a posteriori combien l'idée était bonne. 
(2) Désolée mais il mettait un tel soin à venir aux réunions de chantier accompagnée par l'une d'elles dans l'une d'elles qu'il était difficile de le mémoriser autrement. Les femmes changeaient plus souvent que les voitures.
(3) ou qui avait déjà beaucoup investi.
(4) L'informatique en entreprise, qui sortait de sa préhistoire. Là s'était le côté innovant qui m'attirait. Être dans le flot d'une révolution en marche.


"Hier soir au Bataclan ..."


     1173438610_fJe savais que j'étais allée assez souvent au Bataclan, au point de n'en avoir plus un compte mémoriel direct précis (1).

Voilà qu'en sauvegardant mon fotolog à toute blinde (deadline aujourd'hui) je retrouve cette image prise le 8 mars 2007 avec pour légende (la photo est postée le 9)

Hier soir au Bataclan, concert de Jacques Higelin. 
Bonheur.

 

Il fut un temps où l'on pouvait aller au concert heureux et tranquillement.

 

(1) J'entends par là qu'il me fallait faire un effort d'énumération et de scrutage de mémoire, rechercher les noms des artistes concernés, et combien de fois chacun.


Archiver ses photos c'est aussi recroiser ses moments de bascule


    

1106740826_f (mercredi 26 janvier 2005)

C'est un mercredi midi, j'ai dû trouver un moyen de déléguer les trajets d'accompagnement de mes enfants. Je travaille alors à 4/5, le mercredi consacré à mes obligations familiales, qui sont assez prenantes car les enfants pratiquent l'un comme l'autre plusieurs activités ; ils n'ont pas le même âge, ce n'est pas aux mêmes heures. Dans le cadre d'un plan social j'ai demandé un mi-temps. Je dois écrire. Et à mesure que je prendrai mes dispositions pour me libérer du temps, commencera le festival des empêchements - mais je l'ignore en ce temps -. 

L'amie que nous avons en commun est en déplacement pour son propre travail. De nos jours, être écrivain c'est être VRP. 

Alors j'y vais pour deux à cette cérémonie de mise en place de deux grands portraits : Florence Aubenas et Hussein Hanoun, enlevé en même temps qu'elle.

Il fait grand froid. Je crois me souvenir d'un -4°C annoncé. Il y a pourtant du monde. 

Une petite équipe d'informations télés circule auprès de nous, qui s'enquiert de la profession des présents. Je comprends qu'ils cherchent désespérément quelqu'un qui n'est pas journaliste. À leur deuxième passage vain, je me signale, sans plus réfléchir, avec pour seule idée qu'il est important que quelqu'un dise, que quelqu'un du peuple dise, que c'est important qu'on tente de sauver leur vie. Ils sont éperdus de gratitude, ils en étaient à se dire qu'il allait falloir prendre un confrère ce qui aurait moins de portée. Je fais le job comme on se jette à l'eau, blafarde et gelée. Comme je dis tout droit tout simple ce que je pense de tout mon cœur, je crois que ça va. Je pense Pourvu que si ça passe, ça ne m'attire pas d'ennuis au boulot. Je pense aussi, Oh et puis tant pis.

Je reste jusqu'au plus tard possible et repart au bord de l'évanouissement (1).

Voilà comment on se met le doigt dans un engrenage, et qu'on bascule sa vie, peu après.

Je me souviens de l'émotion recueillie des présents, malgré une place de la République qui en ce temps-là ne s'y prête pas (c'est alors tout un tintouin que d'empêcher les véhicules de passer près de la statue centrale-.

Ce jour-là j'ai commencé mon boulot de photographe en second du Comité de Soutien mais je l'ignore d'autant plus le comité n'est pas encore réellement constitué.

 

(1) En ce temps-là je supporte très mal le froid. 

[photo retrouvée sur le fotolog]


Dans la série Photos de lieux qui ont entre temps bien changé

FireShot Capture 443 - gilda_f - Fotolog - http___www.fotolog.com_gilda_f_8371108_

Je retrouve datant d'octobre 2004, une image de la BNF prise d'un point de vue inaccessible aujourd'hui tant les alentours se sont trouvés garnis. Mon fotolog avait douze ans, Paris est une ville active, de nombreuses photos attestent d'un passé pourtant récent, déjà réduit à l'état de souvenirs.

Cette soirée du 14 octobre 2004 fut l'une des plus belles de ma vie : j'avais permis indirectement la rencontre pour une table ronde au Petit Auditorium de deux des personnes dont j'admirais le travail, et avec l'une d'elle et deux de ses amis nous étions restés au café à boire des coups après. J'en oubliais un instant le deuil extrême récent (père) (après quatre mois d'effrayante maladie). Je (re)commençais à écrire. 

J'ignorais les difficultés qui allaient surgir par la suite.
Mais j'ignorais aussi que des années après je rencontrerais un ami de l'un des intervenants, dont je deviendrai une auditrice passionnée ; que j'aurais moi-même un jour accès à la BNF et que dans les moments difficiles c'est ce qui m'aiderait (avec la présence d'amis solides à mes côtés) à ne pas sombrer et coûte que coûte à avancer. 

Quand j'y repense, beaucoup d'éléments de ma vie tiennent du principe pourtant fragile du bienfait jamais perdu. Les photos aident à ne pas [l']oublier.


Une piscine de plus, un hôpital de moins - fotolog

FireShot Capture 435 - gilda_f - Fotolog - http___www.fotolog.com_gilda_f_8320073_

Alors bien sûr, recapter mon fotolog en particulier de ses débuts, me fait croiser des deuils déjà un peu anciens, des ruptures subies, la perte de confiance en la plus proche personne qui m'avait fait tant de mal - en même temps il est bon de mesurer combien l'on s'en remet, la résilience n'est pas un concert exagéré -. Mais il y a aussi des instants de grâce que je n'avais plus à l'esprit dont les photos ont été le témoin. Je suis alors heureuse d'avoir cette occasion que je ne me serais moi-même pas accordée (trop prise par le présent, trop affamée d'aller de l'avant) de les revisiter.

Ainsi celle-ci d'octobre 2004, ces plaques trouvées mises au rebut dans la rue et dont les slogans me réjouissent l'âme.


BDJ - 160131 - Quand Le Fiston avait huit ans


  20160131_161645   (bonheur du dimanche 31 janvier 2016) (partiellement écrit ce jour-là)

Alors les défis de la semaine à venir sont multiples, retard d'écriture ([juron] j'étais pourtant bien partie, mais je me retrouve sans arrêt happée par des contraintes qui s'imposent), fotolog à récupérer avant qu'ils ne coupent à nouveau la communication, grosse deadline de rangement car passages d'experts en fin de semaine, recherche d'emploi avec tâches administratives associées, clarification de mon dossier auprès de Pôle Emploi et au moins un rendez-vous médical pour tenter de déterminer si mon problème de sommeil brutal est pathologique ou juste d'épuisement.  

(et je ne parle que des urgences)

Aujourd'hui j'ai donc entrepris de grands rangements. Suis tombée en premier sur une strate plutôt  2007 pour les papiers non triés (1) - ce qui fait qu'il y a du sérieux ou de l'intime que je souhaite conserver ou de l'écriture mêlé à des journaux qu'il convient de jeter, sans parler de trucs pas même ouverts de type publicitaires -. Et voilà que dans un dossier soigneusement classé mais qui datait d'avant, j'ai retrouvé des messages personnels et de mes participations à l'ancien site Mauvais Genres. Parmi les messages envoyés à quelqu'un en particulier, un texte de novembre 2003 de la série "Étienne dit"

Étienne dit

sur le chemin du conservatoire en rentrant vers la maison après son cours de violon : 

La semaine passée, Olivier Charlier (2) qui est un violoniste soliste de haut niveau, était venu parler de son métier aux enfants du conservatoire de Clichy. Nous en avons donc reparlé aujourd'hui au cours d'Étienne avec sa prof. et ensuite en marchant j'y repensais. Cet homme a dit certaines choses très simples, belles et vraies sur le travail artistique. Je me les rappelais et sans doute en sourais.

Alors Étienne me fait : 
- Alors voilà, t'es encore en train de réfléchir et ça te fait sourire !

Je lui explique que c'est parce que je me souvenais de ce qu'avait dit Olivier Charlier. 
Étienne me répond : 
- Ça, c'est toi ! Y a quelqu'un d'intelligent qui dit une chose sérieuse et ça te fait sourire. Et a côté de ça, si y a quelqu'un de rigoillot qui dit une chose rigoillote, tu restes sans rire, comme un poireau.

J'ai cru une fois de plus qu'il allait me traiter d'intello., mais j'y ai échappé.
Pour cette fois.

(et j'avais signé Gilda (poireau fatigué))

Le fiston avait huit ans. 

 

(1) Elle provient d'un stockage d'urgence lors d'une première inondation montante par l'évier de la cuisine qui est mon bureau, les canalisations collectives bouchées. Alors on a tout entassé très vite dans une des chambres et comme on a enchaîné toutes sortes de péripéties et de fatigues depuis, c'est resté ainsi.

(2) Dont je m'aperçois aujourd'hui qu'il a un site. Et qu'il est décidément impressionnant. (ici dans Tzigane de Ravel)

PS : Il y a un autre bonheur du jour, mais je n'en ai pas fait le thème du billet car il n'est pas pourvu du zeste de surprise qui dans mon esprit correspond mieux au thème : c'est l'écoute enfin intégrale du bel album Motel Bamako d'Inna Modja, à part un ou deux morceaux (les plus consensuels), c'est un bonheur. Au carrefour des musiques traditionnelles, repensées pour la danse, et le grand public (easy pop internationale ?), doux aux oreilles et péchu quand même, je sens qu'il va être mon secours auditif pour cette période chargée. La musique immédiate mais de qualité qui permet de prendre du rythme, retrouver de l'énergie. En plus que la choré d'en ce moment est sur l'un des morceaux.

 

 

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
C'est l'amie Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci àTomek qui s'est chargé du boulot -) 

Chez Couac : Bonheur du jour 18

billet commun avec Bella Cosa


Guillevic retrouvé

Capture d’écran 2016-01-31 à 20.12.45

Toujours en rangeant, retrouvé copie d'un message de juillet 2003. 

On se l'était envoyé pour s'encourager.


Sept ans après, le même billet (ou presque)


    En cherchant tout autres choses dans mes archives, je retrouve ce billet.

Rencontre du troisième type

Je pourrais à part pour la question de retrouver quelqu'un au café, écrire exactement le même aujourd'hui. 

Dix ans après.

Je ne sais pas si c'est bon signe, ou très mauvais.