Anne Sylvestre : l'écouter quel bonheur


    C'était une journée triste sous l'emprise d'un deuil diffus, quelqu'un qui n'était déjà plus là, et depuis longtemps mais l'est à présent définitivement. 
Les souvenirs affluent. 

Il y avait beaucoup de travail à la librairie, j'avais en quelque sorte une hotte de Père Noël à garnir de paquets.

Alors j'ai été heureuse en rentrant, de voir que @Nasiviru parlait d'un passage d'Anne Sylvestre sur France Cul. 

C'était . Et ce fut un bonheur de l'écouter, quoi que pour moi en léger différé (un des charmes de la vie moderne). J'espère que le lien perdurera.


Le chiant Jacques

(ces jours derniers, à la librairie)

 

D'ordinaire je mets à la librairie la radio sur FIP ou sinon du silence, plus rarement quelque chose généralement classique que je n'ai pas eu le temps d'écouter avant de partir de chez moi. FIP a ceci de sympa qu'elle n'a pas de publicité, zéro, rien du tout, un bonheur, une programmation éclectique mais rarement clivante, ce qui pour une boutique est bien, et un petit flash d'info au 50 de chaque heure ce qui permet quand on parvient à l'entendre (1) de ne pas être totalement coupée du monde, malgré plus de 7 heures sans dételer.

Parfois un-e client-e me demande, C'est beau cet air, c'est quoi ? Et je regarde sur le site pour pouvoir renseigner cette personne lorsque d'aventure c'est une composition que je ne connais pas. 
Souvent je m'attarde après la fermeture pour régler un peu de tâches administratives en écoutant Jazz à FIP. Tranquille.

Et puis voilà qu'hier ils diffusaient un Jacques Brel, certes l'un des plus pesants (2) mais après tout ça n'est pas totalement dépourvu de sensibilité même si l'humanité des fournisseuses n'est pas envisagée. Et qu'une cliente qui venait chercher un livre précis s'est fâchée après lui, qu'il est lourd ce Brel, c'est insupportable, puis craignant de m'avoir contrariée si d'aventure j'avais mis ce titre par choix personnel, C'est la radio ? J'ai répondu que oui sans pour autant renchérir (3), car bien que quelqu'un me l'ait gâché, et sa propre misogynie, il me reste une admiration pour le poète, pour ses capacités d'épingler les choses de la vie, pour son implication en scène. Ça fait quand même un bon vestige. 
Certains en font des caisses, c'est ainsi leur façon. 
De toutes façons le temps que je me demande si elle aussi avait eu un #anotherTed pour lui ôter du Grand Jacques toute admiration, un homme qui sans être prédateur sexuel l'avait traitée en pion à déplacer sur l'échiquier de sa vie, et la rendre ainsi féroce (entre temps elle y était revenue, Il est insupportable, mais qu'est-ce qu'il est chiant !), elle était passée à autre chose, la radio aussi, et je cherchais pour elle un autre roman à lui proposer.

Le lendemain matin, au troquet d'à côté, un homme chantait, et plutôt bien, Le port d'Amsterdam a capella pour deux ou trois copains. Je me suis dit que c'était quand même quelque chose. Avoir su écrire et interpréter des chansons qu'un type dans la rue, peut avoir envie de chanter, longtemps plus tard (4) à ses potes qui l'écoutent, attentifs. 

 

(1) Un jour il faudra que j'écrive un billet sur LE client de l'heure cinquante, comme s'il suffisait que résonne le jingle du flash d'info pour que quelqu'un entre.
(2) Au suivant 
(3) Par un mécanisme de la nature humaine qui m'échappe un peu, les gens que quelque chose mécontente quettent toujours l'approbation de leur interlocuteur.
(4) Ça fera dans un an quarante ans qu'il sera mort.


Musique d'accompagnement

 

    Ce soir (1) sur Mastodon, Kozlika écrivait "Il y a des morceaux qui t'accompagnent quoi qu'il arrive : tu es heureuse il est léger, tu es triste il pleure avec toi" et elle nous offrait cette sonate de Schubert, qui effectivement s'y prête.

Spontanément j'ai alors songé à des valses de Chopin qui vibraient d'énergie passionnée lorsque je les écoutais amoureuse et le reste du temps me donnent envie de pleurer dans un long et immense désespoir sans fond et pour la solitude participent de son agrandissement.

Je me dis à la réflexion qu'il y en a sans doute d'autres, qui sont pour la légèreté et le cœur gros sans nécessairement entrer dans les tourments violents.

Ça mériterait d'y repenser à tête reposée. 

  

(1) ou dans l'après-midi car je suis restée un moment sans me connecter, ni même consulter


Interlude

 

    Je recherchais sur l'internet la musique de la nouvelle choré (Taal se tall remix Rahman, plusieurs versions trouvées, aucune exactement celle que), lorsqu'après être passée par un djembe man indien impressionnant (quoiqu'un tantinet sirupeux dans ses créations personnelles) puis une jeune batteuse japonaise que les algo m'ont mise après, suivie de peu par un jeune batteur australien frimeur je suis arrivée sur cette video. Voilà, on faisait quand même des trucs bien, l'humanité, avant de tout casser : 

 

 

PS : Tombée aussi sur un reportage au sujet de Quincy Symonds, intéressant, lorsqu'être doué pour quelque chose croise les bonnes conditions - c'est peut-être ou probablement trompeur mais les parents n'ont pas l'air d'être de ceux qui tentent de réaliser leur ambition à travers leur progéniture, on dirait qu'il se trouve que It fits -.


BDJ : La révélation

 

    Ordonque tu mets des Italiens ensemble de quelques îles que ce soit, arrive s'ils ont plus de 20 ans 30 ans 40 ans toujours un moment dans la conversation où il vient question d'opéra, quand bien même le premier concert de l'un ou l'autre en amoureux fut Spandau Ballet. Ça n'a pas manqué et je me suis régalée. 

À un moment donné, Michela a alors fait remarquer que ceux de Mozart étaient plutôt sympas, qu'il y avait des morts mais c'était toujours des méchants qui l'avaient bien cherché, alors que les opéras italiens sauf chez [zut j'ai oublié son nom] n'étaient qu'une suite de féminicides, avec toutes les variantes possibles, en incluant le suicide après y avoir été acculées.

Je l'ai toujours su. Je ne l'avais jamais remarqué.

 

PS : Et au passage pour répondre à une question qui n'a pas été abordée frontalement, mais on s'en approchait : pourquoi les amoureux sont-ils toujours une soprano et un ténor ?

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Un petit bonheur, au vol

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C'est peu dire que mes journées sur la période constituent en elles-mêmes un entraînement de triathlon. Mais ça n'empêche pas (ou plutôt : pas complètement) d'être attentive au reste du monde lors des [moments de] transition. 

C'est ainsi qu'à Châtelet, j'ai entendu au passage un musicien chanteur qui méritait toute notre attention largement autant que des colis suspects.

Hélas je n'avais pas, vraiment pas, le temps de m'attarder. 
Heureusement il avait la bonne idée d'afficher en gros caractères son compte FB, alors voilà, dès en rentrant j'ai retrouvé sa trace et son youtube . Chic alors des moments d'écoute intéressants en perspective.


Ces questions qu'on se pose quand le sommeil va gagner

 

    Au bord de l'endormissement et d'éteindre l'ordi, après une journée comportant deux bonnes surprises (rubrique : choses qu'on espérait, qu'on n'attend plus - tant habituée à ce que silence = refus -, et qui finalement se confirment), j'entrevois ce titre grâce à un touite de Clément Bénech, reconnais ma musique préférée d'enfance, l'écoute, dormant déjà aux 2/3 

 

et me demande tant la différence d'interprétation est grande avec d'autres, comment donc Jean-Sébastien Bach le jouait (à l'orgue, OK) ? 

Je ferais bien un petit voyage dans le temps pour l'écouter. 


BDJ - 160222 - Un concert pour le "Janine" d'Olivier (et par ailleurs un emploi possible)


P2222292(bonheur du lundi 22 février 2016) 

Double bonheur du jour en ce lundi d'hiver aux températures de printemps (1), impossible tant ils concernent des domaines différents de les départager.

- Il y eut cet entretien dans un collège de ma ville, contrat relativement précaire et aidé, l'établissement n'a pas d'argent, salaire minimal. Mais l'équipe principale + CPE (on dit comme ça ?) me plait, ils sont près à tous les aménagements possibles pour me permettre de poursuivre ma rechercher en librairie et ils cherchent une aide-documentaliste qui soit surtout une belle présence auprès des mômes, ceux qui aiment lire comme ceux qui n'aiment pas et n'ait pas peur et que ça se passe bien. Je ne leur cache pas que j'ai une piste des plus sérieuse. D'un point de vue citoyen et militant, leur proposition me tente beaucoup. Mais I.V. me souffle que je pourrais en faire tout autant ultérieurement et même davantage en tant qu'écrivain et j'ai déjà en tête la librairie de Montmorency. Libraire est mon métier, c'est plus qu'un gagne-pain. Il n'empêche que rencontrer ces deux personnes, encore et malgré toute une société qui souhaite que les enfants "des quartiers" y demeurent adultes, motivés et près à se donner de la peine et faire de leur mieux, m'a redonner courage à en pleurer. C'est de la guérilla pour sauver chaque enfant.

- Il y eut au soir au Pop-In une soirée organisée par Inculte dernière marge en l'honneur du "Janine" d'Olivier Hodasava. J'y retrouve tant d'amis. J. m'offre un SP ce qui est si précieux en ces temps de disette (2). Je fais connaissance avec la fille encore petite de A. et comme à chaque fois que je rencontre des enfants prometteurs je me surprends à y croire encore, à l'avenir de cette humanité au fonctionnement si périlleux pour son hébergeuse, et si imparfait.
Le concert avec un ancien de l'ancien groupe WC3 est inattendu est si bien, que j'oublie un temps les deuils et les tracas. Puis je (re)deviens photographe et c'est ma place au monde. Pour le plaisir. Comme ça. Il est rouge ce soir-là. Mais ça va.

 

 

(1) En fait ce fut mars qui afficha les températures hivernales, comme s'il y avait un contrat à honorer sur l'ensemble d'une année.

(2) En mars j'ai un peu craqué mais en février, zéro achat (et donc zéro achat de livres) je m'y suis presque tenue.

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
C'est l'amie Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci àTomek "qui s'est chargé du boulot -) 

Chez Couac hélas pas de bonheur 39

Billet commun avec Bella Cosa