Interloquée (et mal à l'aise)


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Je ne flânais pas sur les Grands Boulevards même si j'aime plutôt ça, non, je marchais d'un bon pas. Mais il ne m'a pas échappé qu'à la terrasse de ce café quelque chose (de la vapeur d'eau ?) était pulvérisé au dessus des consommateurs qui semblaient tous autant qu'ils étaient ne pas du tout s'en soucier.

Ce qui est terrible c'est que ce qui semblait fait pour leur bien-être m'a fait penser à des choses terribles, moi qui fais partie de la génération d'après mais qui a encore les témoignages directs de récits de ceux qui étaient enfants pendant. Et que le traumatisme est encore si palpable que par exemple il faudrait me payer très cher pour que je consente à aller volontairement dans un lieu où l'on pulvérise quelque chose au dessus des présents. 

Je sais qu'en 2014 mes associations d'idées peuvent paraître étranges, mortifères, datées. Je me demande si nous sommes nombreux de mon âge ou d'un peu plus, à toujours les éprouver. Ou si c'est tout simplement moi qui suis trop sensible.

Aucun des humains à cette terrasse pulvérisés ne semblait éprouver la moindre gêne, ni ne semblait porteur de la moinde arrière-pensée.

Peut-être aussi que je lis trop d'articles

 

 

 

 


Le mystère persistant des tondeuses à gazon


Certains matins de belle saison, à cette heure-ci, entre 8 et 9, j'entends par la fenêtre de ma cuisine, les sons si caractéristiques de tondeuses à gazon. Certes ma pièce est en surplomb de la rue charmante d'une cité ouvrière, désormais classée aux maisons parfois penchées et devenues logis de riches. Mais leur carré de jardinets est si petit que si gazon il y a, un sécateur suffit. Au delà tout est bêtonné, sans interstices : d'anciennes friches industrielles, de vieux hangars, des garages (1), il y a 15 ans ont été rasés et ont fait place à des immeubles hauts et tassés.

Nos balcons arrières étant circulants (2), je suis même allée un jour jusqu'à chez les voisins regarder si vu de leur côté on entrapercevait un brin de pelouse. 

Non.

La seule possibilité serait un jardin public qui est en cœur d'ilôt d'un des lots d'immeubles récents. Mais ça demeure étrange : pourquoi dans ce cas, puisqu'il est assez loin et précisément entouré desdits bâtiments entendrais-je de ma cuisine les tondeuses si précisément ?

Il est à noter que le bruit des tondeuses n'est pas suivi, hélas, de l'odeur délicieuse de l'herbe fraîchement coupée. 

(mais je ne crois pas ce bruit confondable, comme celui des pousseurs de feuilles à l'automne, il est très caractéristique).

Voilà un petit mystère supplémentaire des jours tranquilles d'une ville en paix.

 

(1) de ceux où l'on réparait.

(2) sauf que de plus en plus les gens bouclent leur petite partie, sans doute par crainte que leur poisson rouge ne s'échappe. triste époque.


À 50 ans elle découvre enfin quel est son super-pouvoir

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Nous avons tous au moins une addiction et un super pouvoir. Proserpine, habitante de Clichy la Garenne savait depuis l'âge de 8 ans que son addiction était la lecture. Ce qu'elle n'a découvert qu'à 50 c'est que son super pouvoir était de passer commande à la rue de ce qui lui manquait comme objets courants de la vie quotidienne. Il y avait déjà eu plus d'une fois quelques jolies fortunes d'encombrant. Ainsi ce siège pour poste de travail informatique trouvé 2 jours après s'être fait la remarque que celui du fiston était vraiment trop usé. Une chaise trouvé au surlendemain d'avoir usé jusqu'au vide la paille de la sienne. Un carton plein d'enveloppe à la veille de devoir effectuer un envoi en nombre - pas tout à fait au bon format les enveloppes mais néanmoins utilisables -. Mais la confirmation qu'il ne s'agissait pas simplement de hasard est arrivée en ce 31 juillet.

Elle avait en effet perdu ou égaré son porte-monnaie quelques temps plus tôt. Leur dernier moment commun identifié fut lors que l'affranchissement d'un courrier destiné à la Sécurité Sociale et qu'elle avait cru pouvoir déposer dans la boîte à lettre de cette administration. Cette dernière venait hélas d'être condamnée et il avait fallu filer à la poste afin d'affranchir la lettre. Les derniers centimes du porte-monnaie y étaient passé. Peut-être parce que si vide et devenu trop léger, il avait disparu dans la foulée (tombé sans faire de bruit ?). Il convenait donc d'en racheter un. Comme il n'y avait rien ou peu à mettre dedans dans l'immédiat, elle avait décidé d'attendre le début d'août.

Par ailleurs ayant entrepris quelques rangements et une collection de documents officiels récents à classer elle avait noté la nécessité d'acquérir des pochettes transparentes perforées. L'urgence n'était pas telle qu'il fût impossible d'attendre le début du mois suivant pour engager cette dépense.

Il s'est trouvé que dans une petite poubelle des beaux quartiers, soigneusement déposé près d'une poubelle officielle, un de ces sacs cartonnés de restauration rapide (dans lequel restait aussi canettes et paquets de gâteaux vides et quelques autres vrais déchets, mais propres, de ceux que selon les villes on peut ou non recycler), elle a dégoté très exactement un porte-monnaie (aussi vide que celui enfui, il ne faut pas (trop) rêver, et un sachet au 3/4 pleine de ces pochettes transparentes perforées. Comme si un ange de Wim s'était chargé de la liste de courses et sans attendre le 1er. Le porte-monnaie était usé ce qui pouvait expliquer sa disgrâce mais les pochettes neuves et propres. Qu'est-ce qui peut pousser quelqu'un à jeter dans cet état prêt à l'emploi un tel article de papeterie ?

En attendant de pouvoir résoudre cette épineuse question, Proserpine sait désormais que son super pouvoir est de pouvoir par une simple pensée de bonne ménagère contacter un père noël secret de la cité et le faire en dehors de toute saisonnalité.

 

PS : Le prénom a été modifié

 

*            *             *

 

PS' : Pour un peu je regretterais de n'avoir pas eu de d'achat différé plus ambitieux

Boutade à part, j'ai vraiment trouvé ces deux éléments à la veille d'entreprendre de les acheter car ils manquaient.

Et par ailleurs jeté dans un sac près des poubelles de l'immeuble du lieu de travail, un sac à main, lui aussi légèrement usé mais encore très correct, et qui ressemble de façon troublante à celui que dans un douloureux rêve récurrent de ces denier temps j'hérite avec une sorte de mission de devoir faire bon usage de ce qui est dedans. Celui trouvé ne contenait rien (pas même un carnet rouge), mais c'est vraiment LE sac de ces songes à répétition, par ailleurs assez violents. Si seulement l'avoir trouvé permettait leur disparition ça serait un soulagement. Même de façon onirique, je ne tiens pas tant à me venger du mal qu'on m'a fait. Les états belligérants du moment nous montrent suffisamment quelle spirale infernale s'enclenche dès qu'on s'y laisse aller.

 


Un balcon sans forêt

 

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Un moment que je le guettais celui-là mais pour l'attraper il faut une conjoncture d'éléments favorables : être du bon côté du wagon, près de la fenêtre, que sa vitre ne soit pas trop rayée, que le train ralentisse juste à ce moment-là et que l'appareil photo soit à portée de main. Voilà, c'est fait, et donc aux abords de Saint Lazare à hauteur du lycée Chaptal presque en face, cet immeuble en brique avec sur sa façade d'une part un petit auvent avec toit en tuile perché au 3ème étage en aplomb d'on se demande quoi (1) et de l'autre ce balcon qui ne donne sur rien, et là pour le coup on le voit bien, rien de rien. De plus le mur ne présente aucune de ces traces d'ancienne ouverture comblée comme on en voit parfois. Aucune échelle n'est visible, pas d'escalier. Alors pourquoi diable ce petit balconnet si parfait alors qu'aucune aubade ne peut y être écoutée, faute d'accès pour l'aubadée ?

Si quelqu'un a l'explication de ce micro-mystère urbain, je la veux bien.

 

(1) ou plus exactement en aplomb de rien de visible vu d'en bas


D'un avantage inouï de la myopie (Nataliiiiiiiiiiiiie)

 

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C'est une fille qui revient tranquillou d'une belle partie de journée en librairies et entre amies, s'est résolue à contre-cœur à prendre sans tarder davantage le chemin de la maison parce qu'il y a quand même des choses à faire des écritures et des tâches ménagères. Donc tranquillou d'être plutôt heureuse, malgré le blues habituel de depuis le dernier chagrin et l'absence de perspective émoustillante potentielle pour la soirée (1), mais quand même un peu pressée sinon ce n'était pas la peine de quitter les amies. 

Elle remonte de la 14 pour prendre le train de banlieue ou la 13, hésite encore un peu, ce luxe que c'est ici de pouvoir choisir entre deux ou trois modes de locomotion dont aucun n'est la polluante voiture. Finalement c'est bien Paris. Même quand on garde de Bruxelles une sévère nostalgie.
D'ailleurs comme il fait doux, même le vélib est tentant. Mais la fille a de quoi lire. Allez, tiens, plutôt le train.

C'est en passant à hauteur de la salle de l'horloge, dans laquelle à l'aller elle avait observé quelques préparatifs de concerts, qu'elle entend une musique excellente, du jazz vocal mais du très bon. Elle a même un instant, à cause du répertoire, le cœur qui fait un bond : Et si c'était Stacey

Mais la voix de la chanteuse s'élève et ce n'est pas Stacey. C'est très différent. Plus haut dans les aigus et sa première pensée est Le micro est de trop. L'orchestre, une formation piano, batterie et harpe, a un moelleux de perfection impressionnant. Avant même d'approcher elle sait qu'elle a affaire à de vieux routiers, des très très bons.

Et cette voix, bon sang. 

Au diable les tâches ménagères, la fille décide de rester à écouter et se joint à la foule qui garnit jusqu'à l'escalier. 

Elle est un peu myope, se dit depuis quelque mois qu'il faudrait aller voir l'ophtalmo pour une correction supérieure dans la vision de loin. La dame à la belle voix est une blonde comme elle le sont toutes (2), une silhouette difficile à cerner car elle est vêtue d'une veste chaude si ce n'est un court manteau. Avec la vue insuffisante, impossible à cette distance de distinguer ses traits. Aux quelques mots en voix parlée de présentation d'un morceau, la fille se dit, Je la connais, je l'ai déjà entendue, une conférence ou une rencontre. Mais sans parvenir à mettre un nom. Ni non plus sur ce pianiste aux cheveux blancs dont la silhouette lui est familière, un peu, vaguement, et qui joue comme on survole, la classe d'un vieux briscard de haut niveau qui semble se faire plaisir avec quelques douceurs.

Elle oublie ses questions pour mieux écouter. Prend quelques photos dont une du panneau de sponsor "Ce concert vous est offert par ..." garni de quelques mots illisibles, trop petits et rouges sur fond blanc, ce qui n'est pas le fin du fin en matière d'accessibilité visuelle. Plus tard, se dit-elle, à la maison elle verra sans doute que ce groupe de qualité y est dûment annoncé.

Impossible de demander à ses voisins ("Qui c'est ?"), tout le monde écoute, subjugué, ça serait rompre une magie. D'autres passent, impavides, comme si de rien n'était. Et la fille se demande s'ils ont des bouchons d'oreille, comment peut-on être insensibles à ce point ? Comme leur vie doit être triste.

Oh et puis tant pis pour eux. 

Et elle écoute. Heureuse. Les larmes aux yeux.

C'est beau.

La beauté l'a toujours fait pleurer.

Et cette femme malgré les conditions de concert difficiles - tous ceux qui passent, pressés, prendre la ligne 14, cette salle de l'horloge qui n'est qu'un courant d'air, les annonces de service - qui possède une grâce. Une grâce tranquille. Une grâce d'après le sommet. La grâce des grands maîtres par exemple du Kung Fu, lorsqu'il savent que le seul défi restant est celui de l'âge venant, mais que le niveau qu'ils ont atteint leur permet de transmettre et encore démontrer l'existence d'un art qu'ils ont eux-même fait évoluer.

Le cœur bat plus fort. La fille a le temps de songer qu'il est bon que le cœur puisse s'emballer pour autre chose que des rendez-vous amoureux. Que c'est probablement cette capacité qui va la sauver. L'amour est très surestimé. (3)

Dans le public aussi la fille croit reconnaître des gens, parmi ceux en bas tout contre l'absence réelle de scène, au moment des applaudissements.

C'est déjà la fin.

Les meilleurs moments s'achèvent toujours trop vite.

La fille essuie ses larmes, bon alors prendre le train, parce que sur la ligne 13 on ne peut pas pleurer (4).

Dans le train qui part très vite, un peu comme s'il attendait, elle n'a pas vraiment envie de lire, finalement. Elle réécoute dans sa tête ce qu'elle vient d'entendre.

De retour elle cherche aussitôt sur l'internet "Concert gare Saint Lazare samedi 7 décembre 2013", tombe sur des concerts de la fête de la musique en juin, des choses qui concernent la gare mais pas la musique, des choses qui concernent la date mais sont des travaux. Curieux. Frustrant.

Elle "développe" ses photos de l'appareil vers l'ordinateur à l'écran plus grand. Prises volontairement sans flash elles ne permettent pas un aggrandissement suffisant pour reconnaître la chanteuse. 

Tiens, et puis il y a celle avec le nom du mécène. C'est un tour sur le site de celui-ci qui offre la réponse :

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La merveilleuse chanteuse n'était autre que Natalie Dessay, dans un répertoire différent de celui qui a fait sa notoriété, et le vieux pianiste excellent, Michel Legrand.

Alors la fille qui avait écouté Natalie Dessay sans le savoir, mais avait tant apprécié, s'est remise à pleurer. De rire.

 

Spéciale dédicace @Kozlika sans laquelle je n'aurais jamais pu ou su assister à certaines représentations d'opéras. 

Au fond je suis très contente, même si j'ai un peu honte de ne l'avoir pas reconnue, que ma petite vue ne m'ait pas permis de savoir d'emblée qui était la chanteuse, il y a eu comme ça un moment magique et le gag que c'était plus tard quand j'ai su. Être un peu myope n'est pas sans avantages si l'on parvient à s'en amuser. 

(1) Pétanques's widow usual life

(2) Je crois qu'une épidémie a atteint le mâle blanc occidental hétérosexuel, qui n'est plus capable de se sentir attiré que par cette config là. Intelligentes et malignes, certaines femelles se sont adaptées. Mais du coup tout le monde ressemble un peu à tout le monde, je ne sais pas si c'est une bonne idée.

(3) Il n'est pas interdit de cliquer sur le point. Salut Brigitte !

(4) billet que je crois avoir déjà écrit mais n'ai pas le temps de rechercher. Ligne 13 les gens interviennent s'ils vous voient pleurer (même si vous n'êtes ni jeune ni jolie)

PS : Effectivement j'avais déjà entendu Natalie Dessay lors d'une conférence (à l'Institut Culturel Italien, du temps de la présidente précédente) et aussi il y a plus longtemps pour une lecture au salon du livre de Paris (et là aussi : par hasard)


Les dénombreurs

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On les voit à peine sur l'image deux petits gilets orange au fond ; ils n'étaient pas le sujet de la photo mais les immeubles qu'on ne voit déjà presque plus au premier plan (rubrique : mon quartier change à la vitesse V). Ils travaillaient par deux, sans doute afin d'établir une moyenne de leurs comptages à la fin de la période. 
J'ai repéré les premiers Porte de Clichy à la sortie du RER C. Ils étaient munis de compteurs à clic et du nécessaire pour noter. J'ai songé qu'ils dénombraient les voyageurs qui à cette station précise sortaient. 
Mais deux de leurs collègues se tenaient au feu de signalisation suivant et qui comptaient visiblement les piétons qui en cet endroit traversaient. 
À l'intersection suivante : deux autres. 
Et ainsi de suite tout au long du gymkhana qu'on nous fait en ce moment suivre Porte de Clichy à cause des travaux lorsque l'on est piéton.
Plus surprenant : deux d'entre eux se tenaient même dans Clichy à l'entrée de la rue de Paris. 
De peur de les troubler dans leur minutieuse entreprise - c'est qu'il y en a des passants en ces lieux -, je n'ai pas osé leur demander de quoi il retournait. C'était pourtant bien un peu étrange de se sentir ainsi surveillé(e). 
Et puis quelle sera la fiabilité de leurs statistiques pour une période normale ? En effet au vu des complications qu'engendre le chantier (1), beaucoup préfèrent descendre ou aller chercher leur métro ailleurs (par exemple à Mairie de Clichy), mais seront ravis de passer à nouveau Porte de Clichy dès que l'agitation et les encrombrements correspondants auront cessé.
    
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(1) du futur palais de Justice et du prolongement de la ligne 14

Très étranges textos

 

Il semblerait que mon téléfonino que je croyais fort en forme jusqu'à ce que dimanche après réception d'un SMS il ne passe en mode ampoule de guirlande clignotante qui clignote, ait en fait montré des signes avant-coureurs de faiblesse ... mais à d'autres que moi.

Alors si vous faites partie de ceux à qui j'écris parfois par SMS, il se peut que dans les 8 à 10 jours précédents vous ayez reçu de ma part des messages un tantinet décalés. Il semblerait que quelques-uns d'entre vous aient reçus en lieu et place du texto que j'envoyais un de ceux que j'avais expédié auparavant, généralement à eux-mêmes (d'où que l'on m'a demandé : Mais pourquoi me reparles-tu de ce livre ?, je l'avais lu tu sais - Ben oui moi je sais mais c'est mon téléphone qui a tout seul insisté -) et dans un cas (au moins ?) à une autre personne.

Comme j'en commets rarement et pas par ce biais, je pense que j'ai à peu près échappé à l'envoi de déclaration d'amour intempestive à mon banquier mais néanmoins si vous avez de ma part un message récent bizarre, ou du moins plus bizarre encore qu'à l'ordinaire, soyez gentils de n'en pas tenir compte, ou de me poser la question afin de savoir s'il s'agissait de ma bêtise ou ma farfeluterie ordinaire ou de la prise d'autonomie intempestive de mon appareil (1).

Elle ne lui a pas vraiment réussi : il en est mort peu après.

J'ose espérer qu'il n'y a pas eu d'envois à des heures intempestives. Mais pour autant que j'ai pu le savoir il s'agissait à chaque fois d'un message envoyé en lieu et place de celui que je venais d'écrire. Désolée pour le dérangement éventuel.

 

(1) Comme je ne peux plus l'allumer de façon stabilisée, impossible de consulter quelque historique que ce soit.


PS : Tout mes remerciements à celui qui attendait patiemment un SMS, c'était convenu, avant de déposer un chèque, et en recevant au jour logiquement prévu un message qui parlait d'une commande de livre, dans le doute n'a pas encaissé le premier. C'est grâce à lui que j'ai finalement su que quelque chose clochait, car je n'avais pas fait le lien entre certaines réactions de différents amis - lesquelles me semblaient bien un peu décalées dans le temps, elles aussi -.


Comment j'ai dégonflé un pneu de vélib exprès

Ce soir, à une encablure de la maison

nb. : pour les non-parisiens ce billet risque d'être ennuyeux. J'ose espérer que dans les autres villes équipées d'un système de location de vélos le système est plus fiable.

 

Depuis vendredi je ne peux plus emprunter de vélib malgré un abonnement annuel tout ce qu'il y a de plus fringant. Les stations de proche banlieue semblent en effet en ce moment avoir un problème de connexion au système informatique, ce qui les rend redoutables : vous croyez avoir bien raccroché la bicyclette, elle est solidement encliquée, il y a eu le bip et le voyant est vert. Sauf qu'en vérité non : soit l'ensemble de la station soit quelques points d'attaches dont évidement le vôtre ne sont plus en liaison avec le système qui gère les locations et du raccrochage physique rien n'a été enregistré.

C'est la deuxième fois en deux semaines que je suis confrontée à ce (tra)cas. La première s'était résolue rapidement : quand j'ai téléphoné après avoir constaté que je ne pouvais plus ré-emprunter de vélo, la personne au téléphone disposait via mon numéro d'abonnée du relevé de mes trajets, côté Big Brother déplaisant qui possède ces avantages. En effet dès lors et comme il s'agissait d'un trajet que j'effectue régulièrement elle m'a aussitôt traitée comme quelqu'un de crédible. Par ailleurs la station était identifiée comme ayant un problème. Elle a donc pu rapidement valider mon retour et j'ai pu à nouveau circuler.

Mais cette fois-ci l'incident s'éternise. Les deux premiers interlocuteurs que j'ai obtenus après une attente plus ou moins longue étaient plus préoccupés par un traitement rapide de l'appel - je suppose qu'ils ont des objectifs, dans le meilleur des cas des primes s'ils dépotent vite -, que par la résolution du problème. 

Le premier m'a même clairement menti : comme il avait mis longtemps à identifier la station, il a décidé d'évacuer la question en me disant que c'était sur le site que je devais remplir un formulaire de déclaration de restitution. Loin d'un ordinateur, je n'avais d'autre choix que le croire ... pour me rendre compte une fois connectée mais déjà trop tard qu'un tel formulaire n'existait pas. 

La seconde ne me croyait pas quand je lui disais que la restitution avait été conforme à ce qu'elle est d'habitude, et tentait d'évacuer la question en me demandant de rappeler de la station. Impossible de lui faire comprendre que si j'appelais d'ailleurs c'est précisément que je n'y étais plus.

Ce soir j'ai donc pris sur le temps si bref des dimanche pour retourner sur place et rappeler de là. Par chance je suis tombée sur un type qui semblait (reste à voir ce qu'il en sera), efficace et au moins ne me laissait pas entendre que j'étais une idiote de la première crème, ni non plus de mauvaise foi.

Il m'a permis de retrouver le vélo, lequel n'a pas bougé puisque tout en étant solidement raccroché il n'existe plus, réduit à l'état de vélo-fantôme. Le même interlocuteur m'a aussi fait faire quelques manips afin de vérifier le solide raccrochage.

Dont celle, un peu étrange de dégonfler la roue avant : ce qui nécessite si possible de n'être pas en jupe et talons (ou d'avoir dans ce cas des qualités d'acrobate impudique), et de disposer d'au moins une paire de clefs ou tout outil métallique et pointu permettant d'enfoncer la valve. En soulevant ensuite la roue arrière, on récupère un peu de jeu et une possibilité de ré-enfoncer le biclou sous un axe nouveau. Ce procédé peut se révéler efficace en cas de problème mécanique au point d'accroche, c'est bon à savoir.

Ce n'était pas le cas ici, la station est visiblement mal raccordée, qui indiquait 13 points d'accès libres quand il n'en restait que 7 ou 8.

J'espère que demain, si le type de ce dimanche ne m'a pas baratinée, une équipe de techniciens passera la remettre d'applomb, faisant ainsi réapparaître "mon" vélo dans le circuit informatique et me redonnant droit à de nouveaux trajets sans que je ne sois surfacturée.

En attendant, usagers de vélibs, sachez qu'un vélo peut sembler dûment raccroché sans l'être et qu'à moins de demander aussitôt à la borne un ticket qui confirme le trajet, on ne peut pas savoir si tout est bien enregistré ; et que si une telle mésaventure vous arrive il est préférable de rappeler de la station d'arrivée du trajet dont la fin n'a pas été prise en compte.

 


Cracheur à glaçons (?)

aujourd'hui au club de gym

 

Photo0685Depuis près d'un an, nous autres les petites dames nous serrions dans un vestiaire provisoire, attendant la fin de longs travaux qui avaient vu le vestiaire femmes refait puis réservé aux hommes tandis que l'ex vestiaire homme  était transformé en vue de nous être attribué.

Voilà qu'aujourd'hui pour nos corps ravis, le nouveau vestiaire femmes nous accueillait.

J'avoue en avoir oublié un instant le chagrin. Certains luxes font du bien (1).

Et comme je souffre de froid et que la canicule qui me sauverait n'arrive toujours pas, hier nous fûmes même brièvement vêtus de novembre, bénéficier au moins une fois par semaine d'un hamman ou d'un sauna tient presque du soin médical.

Je ne dirais pas que la partie meublée de l'aménagement convient à mes goûts, ceux-ci sont bien plus frugaux. On est dans le haut de gamme cossu international, un peu les standards de l'hôtel bruxellois dont le portier me prend pour une grande séductrice (2).

Il n'empêche que c'est agréable de se laisser aller dans les bras du confort et de la propreté.

Reste un mystère : cet étrange appareil cracheur de petits glaçons. Il est placé à la sortie du hammam, peut-être y a-t-il là une pratique à apprendre, quelque chose qu'il est usuel de faire en sortant et que j'ignore. 

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La personne qui avec la bienveillance d'Uncle Pio s'occupe depuis des années du ménage de notre vestiaire et avec laquelle je m'entends fort bien (3), m'a dit, C'est pour se passer sur le visage ça fait du bien. 

J'ai essayé, effectivement ce n'était pas désagréable mais ça me paraît fort surfait un tel appareillage qui crachouille sans arrêt pour une personne sur 10 à peine qui pensera à l'utiliser. Surfait et très mauvais pour notre bilan carbonne collectif de sportifs.

Je soupçonne donc un autre usage - non, je ne dis pas ça afin de déclencher en commentaires une gerbe d'hypothèses salaces - j'aimerais vraiment savoir lequel. C'est la toute première fois que je croise un engin comme ça.

L'un(e) de vous saurait-il ça ?


PS : Il n'y avait aucune bouteille de champagne à l'horizon.

 

(1) Ce n'est pas Virgile qui me contredira. 

(2) Quand je serai sortie de ma période difficile j'écrirais peut-être un billet hilarant sur une fort jolie collection d'apparences (hélas) trompeuses qui font que le portier est tout à fait dans son droit de penser ce qu'il croit. C'est d'ailleurs très flatteur pour moi.

(3) Certaines choses semblent inéluctables lorsqu'on se prénomme Gilda, comme être malheureuse en amour, danser, chanter, avoir des gens qui disparaissent brutalement de sa vie, ou qui réapparaissent très longtemps plus tard comme par magie, et s'entendre bien avec la personne des vestiaires. C'est une forme de destin.

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