Photos éparses

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    À force de cavaler, au sens propre et figuré, j'ai négligé de faire le ménage, et dans l'appartement et dans les mémoires électroniques de mon ordinateur et de mon téléfonino, voilà que tout est saturé et que les mises-à-jour ne peuvent s'effectuer.

Me voilà contrainte aujourd'hui à une sorte d'arrêt au stand, tris, copies, suppressions, de photos principalement, afin de pouvoir ensuite redémarrer.

À l'ordinaire, si quelque chose chez moi est bien classé, ce sont les photos. Répertoires par mois de prises de vue et double sauvegarde voire triple avec le Time Machine.

Seulement voilà, il y a toujours quelques images qui pour des raisons que j'ignore, probablement des interruptions de connexion en cours de transmission, à moins que quelque cliquer-glisser hasardeux, se retrouvent dans des dossiers inattendus. 

Le ménage de ce jour m'a donc permis de glaner dix images, l'une d'elle datant de février 2016, la Seine en crue à l'Île de la Jatte, la plupart de 2018 : fête de la musique à Levallois avec Klosman aux manettes - dont l'une assez étrange -, quelques-unes d'un dépannage à la volée sur les Champs-Élysées lors de la dernière étape du Tour de France vue des fenêtres la Maison du Danemark, un éclat de soleil sur trois arbres de la forêt de Saint Germain en Laye et un portrait de moi lors d'une rencontre que j'animais en janvier 2018 à la librairie Charybde où je travaillais. DSC00668

 

 

J'aime bien cette sorte d'aléa qui me fait retrouver quelques bribes, principalement de l'an passé qui me paraît si loin déjà tant l'année a été bien remplie et tant ça continue à fond les manettes. 

Tant que la santé suit, on ne s'en plaindra pas, mais jeter un œil en arrière est assez vertigineux - hein ? quoi ? j'ai grimpé tout ça ? -.

J'en ai fait une sorte de mini album


Le travail, je crois, est une forme d'entraînement

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Soit 16,1 km rien qu'en temps de travail et trajets (transports en commun + marche à pied).

J'avais nagé environ 1300 m le matin.

Le boulot est une forme d'entraînement, du moins dans un métier comme le mien (libraire). Je comprends mieux depuis que je pratique le sport de façon plus intensive et que je me rends compte que malgré mes limites c'est ce qui me convient, pourquoi il me va si bien : c'est l'un des rares à allier performances physique et intellectuelle.  

L'entraînement sportif se révèle payant pour la bonne résistance au travail : zéro mal aux jambes depuis ma reprise, alors que la station debout (christmas ruch oblige) est quasi-permanente. 
Si j'avais su que la course à pied pouvait aider à ce point-là, je n'aurais pas attendu 2012 pour m'y mettre.


À part ça, travail si intense, seules pauses pour manger ou aller aux toilettes, que je me suis rendue compte que je n'avais à ce point eu matériellement le temps de suivre l'actualité que j'ignorais en rentrant ce soir si l'homme qui avait tiré la veille sur la foule au centre de Strasbourg avait finalement ou non pu être arrêté. Ça fait presque un peu du bien, d'une certaine façon ; obligée de ne pas me laisser vider de mon énergie par une compassion lointaine et impuissante, autant dire, pour grande partie inutile. 


Rencontre avec Thomas Gunzig

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Il est le gars des cafés serrés du mercredi, entre autre aussi le co-scénariste du film "Le tout nouveau testament" et l'auteur de "La vie sauvage" (1), ainsi que de plusieurs romans et d'une belle collections de nouvelles à l'humour tendre et décapant.
Bref, ami-e-s d'Île de France ou de Paris intra muros, c'est l'occasion ou jamais de venir découvrir un auteur qui vous réjouira.

C'est donc demain soir chez Charybde, à partir de 19h30 et autour d'un verre, une belle façon de se mettre en train avant un dîner en amoureux ou au contraire de pour une fois bien s'amuser malgré le côté plombant et discriminatoire des fêtes imposées.

Librairie Charybde
129 rue de Charenton
75012 Paris
métro gare de Lyon ou Reuilly-Diderot 
09 54 33 05 71

(1) lien vers la critique par Michel Torrekens sur Actualitté


Rencontre avec Anne Savelli


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Ça sera demain soir, à partir de 19h30 à la librairie Charybde. On parlera de la rue Daguerre, d'écriture, d'Agnès Varda, mais aussi de danse, de ce que ça travaille en nous, les corps, la peau, peut-être un peu de Marilyn et sans aucun doute d'une mystérieuse Dita (et d'un non moins mystérieux Mystag).
Bien sûr, on boira un coup ou plusieurs (avec ou sans alcool).

Si avec tout ça, vous ne venez pas ! 


Première semaine

 

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Il est vraiment troublant de constater à quel point la vie nous met par moment des accélérations inouïes.

Me voilà déjà libraire chez Charybde depuis une semaine, qui fut plutôt de formation car je dois apprendre les spécificités locales, il y en a toujours, et une part d'activités administratives. Il y aura inévitablement des surprises au fil de l'eau, il y en a déjà eu une et de taille, et qui risque de bien nous compliquer la vie, mais la passation de consignes sur fond de dossiers bien tenus me rappelle lorsque j'avais pris à "l'Usine" la succession une fois d'un gars très compétent, méthodique et organisé : tout y était clair et net, avec de la logique. Je pense donc que la période d'adaptation sera intense mais peut-être pas si longue. La clef sera de rapidement trouver un rythme pour les différentes tâches. 

Pour la première fois durant ma seconde vie professionnelle, j'arrive dans un endroit que je connais déjà, c'est très troublant de débuter tout en s'y sentant à ce point chez soi, et dont un certain nombre des habitués sont déjà des connaissances voire des amis. 

Alors cette première semaine est passée comme dans un rêve, à une vitesse folle, d'autant plus que ma vie personnelle dans le même temps combinait premier triathlon et grenier (de la maison où vécurent mes parents) à vider et travaux à préparer. Je vais enfin pouvoir et devoir vivre à ma pleine vitesse. Tenter que coïncident l'énergie d'entreprendre qui est en moi avec l'énergie physique nécessaire pour que l'action ait lieu. Ce défi me rend heureuse.

Il n'est pas raisonnable de mener l'ensemble de front. Mais je n'ai pas du tout été maître de la coordination. Pourquoi a-t-il fallu que la maladie puis la mort de ma mère coïncide avec mes débuts en triathlon (alors que j'avais tenté de m'inscrire l'année qui précédait et y songeait depuis octobre 2011), et que ces deux éléments tombent exactement au moment où la librairie Charybde avait besoin d'une personne pour remplacer l'amie qui regagnait son premier métier, elle-même contrainte par un calendrier légal de dates limites de mise en disponibilité ?

Je crois que s'il n'y avait le deuil, et combien il est dur de faire face à ses conséquences (1), je serais heureuse comme du temps de la préparation des répétitions de chorale pour les concerts avec Johnny ou comme le "juste après" de la période du Comité de soutien (2).

Bizarrement, les présidentielles qui m'ont tant souciée, me semblent dater d'une ou trois éternités. Comme si le quinquennat était déjà bien avancé. Parvenue à saturation avec cette campagne comme je n'en avais jamais vu, je ne parviens pas à m'en inquiéter. 

 

(1) pour autant pas si malheureuses, je ne veux surtout pas me plaindre. 

(2) à Florence Aubenas et Hussein Hanoun


Librairie Charybde : on va commencer par faire la fête

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On va commencer par faire la fête, et vous êtes les bienvenus.

Pour ceux et celles qui ne la connaissent pas, la librairie est là : 

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C'est non loin de la gare de Lyon ou du métro Reuilly Diderot. Si vous pouvez venir ça me fera plaisir de vous faire découvrir mon nouveau lieu de travail, et de nouvelles lectures.

[photo-montage par Hugues Robert à partir d'une photo prise par Marianne Loing à Arras le 1er mai 2016 ; je suis très touchée qu'ils aient tenu à fêter mon arrivée]

PS : Quant au petit chien il fut aimablement prêté par George Orwell (non, je rigole)


Retrouvailles avec Paris (et découverte de l'existence de Shawn Mendes)

 

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C'est curieux alors que je me sentais pourtant tout près de Paris à Montmorency comme une fois revenue intra-muros pour le travail, j'ai l'impression de rentrer d'être partie loin longtemps. 

Le fait de bosser dans un lieu qui m'est extrêmement familier, dans lequel je me sens comme chez moi, me donne l'impression d'être entrée de plain pied dans l'une de mes vies parallèles - une autre a lieu à Bruxelles, je n'en ai pas fini avec cette ville -. Et si finalement l'année et demi vécue dans le XVIème arrondissement n'était qu'un songe fastidieux et malencontreux ? L'année dans le Val d'Oise une façon d'accompagner la fin de vie de ma mère ?

Il y a beaucoup de travail, en particulier à cause d'un changement dans la législation (1) qui ne sera pas sans conséquences. Quelle que soit la solution choisie, elle engendrera un surcroît de travail par rapport à la gestion courante.

Les amis viennent déjà me déposer des SP, un premier courrier d'éditeur est arrivé à mon nom, c'est comme si j'étais là depuis longtemps. 

Lors d'une pause entre journée de travail et soirée de présence (2), j'ai pu faire un tour dans le quartier. Que je connais à la fois très bien et pas tout à fait puisqu'il me reste des rues à découvrir. 

Je suis passée voir la gare secondaire (3), dans mon souvenir vaste et déserte, dans la réalité d'aujourd'hui petite et très peuplée.

Moi qui étais toute légère d'être concentrée sur mon nouveau travail - ce qui fait du bien, j'aime mon métier -, voilà que j'ai découvert que les OuiBus, selon une logique qui m'échappe, pour Bruxelles partaient de là.

À Bercy qui ne s'appelle plus ainsi, d'énormes files d'attentes se tenaient partant de chaque entrées. Probablement des contrôles encore renforcés après l'attentat de Manchester et le même genre de spectacle, au vu de l'âge des jeunes ou très jeunes accompagnés, qui attendaient (4).

On m'a distribué un prospectus de lutte contre l'alcool, qualifié de drogue, ce qui m'a semblé un peu excessif. Je me suis demandée si j'avais l'air concernée. On m'a aussi passé un flyer pour Shawn Mendes, dont je n'avais jamais entendu parlé, pas même de nom, malgré paraît-il un très grand succès,  et qui je l'appris de retour à la librairie, était en fait l'artiste de la soirée. Je m'endormirai moins ignare. Au moins ce garçon dispose d'une vraie voix. 

Et c'était rassurant de constater que les gens ne cédaient à aucune panique du fait du tout récent attentat dans un endroit équivalent. 

J'ai aimé découvrir longeant les voies ferrées des rues neuves, jusqu'alors de moi inconnues ; échangé quelques mots avec un père et son fils (ou un oncle et son neveu) qui étaient sortis jouer un peu au foot, faire quelques passes en bas de leur immeuble.

L'homme était bien arrivé en Normandie. La vie avance. Demain j'irai dans la maison de ma mère poursuivre la descente des affaires du grenier. 

Pour la première fois depuis des années, moins une parenthèse chaleureuse l'an passé, alors que je découvrais la belle petite librairie du haut de la colline, que ma mère n'était pas encore malade, ni l'homme enchômagé, et que j'avais eu l'illusion d'un plateau calme, enfin, je suis curieuse des mois à venir, lesquels ont peut-être une chance de déboucher vers du bon, et d'être, à traverser, fort stimulants. 

 

(1) obligation d'un logiciel de caisse certifié à partir de janvier 2018.
(2) Ça n'était pas moi qui organisais
(3) Celle de Paris Bercy
(4) Je comprends l'intention mais quel danger encore plus grand pour les gens qui de fait constitueraient les proies d'autant plus faciles pour des passants mal intentionnés. Notre société dans sa structure fait que l'on prend les précautions pour l'intérieur en se fichant de ce qui peut advenir dehors devant - en cas d'horreur la responsabilité vis-à-vis des assurances n'incomberait pas aux mêmes -. 


vendredi 21 avril 2017 (diario (parfois c'est comme ça))

 

    Il faut faire des démarches administratives et potentiellement un déménagement, après un décès. C'est le matin pour avancer. Il faut le faire et tu le fais.

Ça se passe pour le mieux, même si tu comprends que compte tenu des impôts potentiels et des frais il ne restera rien, qu'une petite maison normande à ton nom et pour le reste toute sorte de frais dont tu te demanderas, même dans le meilleur des cas - l'homme aurait du travail, le tien serait payé avec régularité - comment parvenir à y arriver, chaque mois.

Le bureau est le même qu'il y a douze ans, la dame en face de toi aussi, elle a fait un truc avec sa couleur de cheveux mais pour le reste la même. Efficace, chaleureuse par moments, cassante à d'autres. Reviennent les souvenirs de l'époque, je soutenais ma mère qui s'était efforcée de faire face très bien, même si je la sentais parfois perdue, n'osant pas trop demander. 
Je m'en allais une fois tout signé par le train, gare du Nord via Ermont, chez #lancienneamie alors très proche. J'y retrouvais une autre personne et à trois, quatre un peu plus tard, nous avions fait toutes les relectures du livre "100 jours sans" édité sous l'égide d'Actes Sud au profit du comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun. 
Au passage j'avais acheté ce que j'espérais être une bonne bouteille à un marchand du marché couvert près duquel existait l'Île Lettrée. L'amie nous avait préparé à manger. Je me souviens de la bonne salade, de son efficacité. De notre extrême concentration au travail et qu'il faisait beau. Lucie était passée. 
Alors le moment difficile, l'officialisation définitive de la mort du père, s'était trouvé enrobée par l'activité militante, la chaleur de l'amitié, cet appartement où je me sentais chez moi comme je ne me suis jamais aussi bien sentie chez moi (1), la sensation si puissante d'être la bonne personne utile au bon endroit. Et puis le cœur étreint comme nous l'avions pour les otages, cette conscience qu'à chaque instant un message, un appel téléphonique, pouvaient indiquer une délivrance ou une tragédie.
La prise de conscience aussi, qu'à force d'aider les autres j'étais devenue une relectrice aguerrie. L'oubli absolu de mon job alimentaire de l'époque, comme si je pouvais tout au plus considérer deux cases : en l'occurrence ce jour-là, administration familiale et activités pour le Comité.
Il faisait beau.

Aujourd'hui aussi. 
Seulement en guise de suite, repasser chez moi, passer des coups de fils d'assurance, envoyer des messages pour toutes ces choses requises. Manger sur le pouce. Filer travailler.

Un jour comme aujourd'hui je savoure à son prix de pouvoir aimer mon métier.

L'après-midi passe. Vite. 

Tu dis un truc pour dire une bêtise et faire rire qui est là. Vérifications faites : ta boutade n'était autre que la réalité [éthymologie du mot plouc]. #oupsIdiditagain 

Tu apprends une mauvaise nouvelle. Le soir même une autre personne te confiera la même mauvaise nouvelle la concernant. Presque en les mêmes mots.
Du coup tu ne rentres pas chez toi au soir, sans appréhension. Épidémie de such bad news ?
Pour avoir connu bien des hauts et des bas tu sais qu'il s'agit surtout de périodes difficiles transitoires destinées à déboucher sur du bon, voire du bien meilleur, ultérieurement. Mais sur le moment, que faire ? Comment survivre à ces souffrances ? Comment survivre au flot de problèmes induits ?

Une soirée autour de Décor Daguerre, d'Anne Savelli. Un régal pour la partie que j'en ai suivie (2). Un doux moment entre amis. 
Le corps signale soudain qu'il lui reste juste assez de batterie pour assurer le retour. 

Demain sera à nouveau jour plein.

Le vieil ami me concède un demi conseil électoral, mais qui me laisse à mes hésitations. La sensation que l'attentat ciblé de la veille n'était qu'un coup d'envoi. Pourquoi se priveraient-ils de l'écho d'amplification que donne la campagne électorale à tout ce qui survient ?

Je me régale du nouveau livre, enfin entre mes mains (3). En quelques pages déjà il me console du monde.

Il est trop tôt tard. Mais trop vite.
Le lit m'attend.

 

 

(1) sauf peut-être longtemps plus tard dans la maison maigre de la rue H. van Zuylen, là-haut.
(2) venir de la colline fait manquer les débuts de tout. 
(3) un envoi postal s'est égaré.


Cinq avril


    Un des plus beaux jours de ma vie a cinq ans aujourd'hui, retrouvailles dans Paris, les enfants alors adolescents, une amie intelligente, Denis qui m'a sans doute oubliée depuis, l'hôtel qui, prétendra l'autre par hasard, a été choisi à deux pas de la librairie où je travaille alors, un tour pour saluer mon patron, et un moment heureux, malgré la fatigue, l'impression que c'est ma vraie vie, enfin, que tout a un sens, que ma place est la bonne, qu'après bien des péripéties, je vais enfin pouvoir donner ma pleine mesure - plutôt que de jouer perpétuellement en défense, passer mon temps, dépenser mon énergie à éviter pire ou le but encaissé final qui disqualifie -. 
Quelle illusion !

Un an et deux mois plus tard tout s'effondrera, ces deux là qui comptaient fort, n'auront plus besoin de moi, peu après la librairie elle-même disparaîtra. Je n'ai rien décidé, rien voulu, peu vu venir à l'avance (1), voire rien du tout. Ainsi va la vie qui nous balance dans tout autre chose que ce qu'on croyait en cours, ce pour quoi on travaillait (s'il s'agissait de travail, par exemple).

Plus tard, il y a eu le 7 janvier 2015 et là c'était l'époque entière qui venait de changer.  Par rapport à une peine personnelle, c'est bien pire.

À présent que de nouvelles perspectives de travail stimulantes se dessinent, et après un dimanche merveilleux qui me laisse croire que la collection "plus beaux jours de ma vie" est loin d'être finie, malgré le contexte politique affolant, je crois à nouveau à de bonnes choses possibles. 

En cette date anniversaire, que tous les autres protagonistes auront oubliés, peut-être pas la jeune fille, peut-être pas Noé, qui sait, peut-être pas mon ancien patron, pas tout à fait - nous ne nous sommes pas perdus de vue, j'espère que nous nous reverrons même si, scotchée à un lieu de travail (même si celui-ci change), limitée par le manque d'argent, je ne voyage presque plus -, je mesure qu'il m'aura fallu cinq années avant de reprendre les forces qu'il fallait. Could have been worth. 

 

 

(1) pour la librairie, ça s'est plié en trois mois : le redémarrage de mars qui n'avait pas eu lieu.


Sometimes two of my worlds meet

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C'était vendredi soir, à l'Attrape-Cœurs, soudain j'aperçois une belle pile du livre d'un ami, très bien fait sur un sujet qui mérite que soit fait beaucoup de pédagogie : s'il est en effet un domaine où lorsqu'on s' y connaît on oublie combien la plupart des gens est larguée, c'est bien celui des outils numériques, des données, des ordis (1).

Alors l'amie qui tient la librairie m'annonce qu'il y aura une conférence-débat mardi et que peut-être s'il y a des désistements, une place sera possible. Je me mets sur les rangs. 

Finalement après un de ces raccourcis de rencontres dont Twitter a le secret, je croiserai par ailleurs l'une des organisatrices, qu'en fait je connaissais, et j'ai pu bénéficier d'une absence annoncée.

Ce fut sans doute trop court pour approfondir les sujets, sur lesquels les deux intervenants Tristan Nitot et Philippe Vion-Dury, partageaient bien des vues il s'agissait davantage d'une mise en alerte, d'attirer l'attention d'un public qui pouvait n'être pas totalement averti, sur ce qui tient quasiment du piratage institutionnalisé. 

Quoi qu'il en soit ce fut la (l'une des) première(s) fois où deux de mes mondes habituels, celui des blogueurs et geeks et celui des livres côté librairie se croisaient. Je souffre parfois de ma vie trop disjointe entre des mondes cloisonnés (2) et j'avoue que ça m'a fait un bien fou d'être pour une fois réunifiée. En plus que parmi les présents j'ai rencontré un habitué de chez Charybde, ce qui m'a fait bien plaisir.

Dommage que la soirée ait été ternie par un double vol, sale coup pour les organisateurs qui avaient utilisé leur matériel personnel et s'en sont trouvé dépouillés - apparemment il aura suffit d'un instant, alors qu'ils nous escortaient vers la salle où les dédicaces se tenaient -. C'est toujours rageant. 

Les deux livres étaient donc : 
La nouvelle servitude volontaire de Philippe Vion Dury ;
- Surveillance de Tristan Nitot 


Quant à l'association elle s'appelle Le Mouton Numérique

(1) Sans doute parce qu'une fois qu'on sait, ça semble simple.
(2) D'autres fois c'est un atout : ainsi avoir pu conserver des compartiments étanches ou quasi lors des deux vagues d'attentats de 2015 m'a beaucoup aidé, d'être aussi de Paris et du monde des blogs m'a été d'un grand secours lorsque la librairie Livre Sterling fermait et Bruxelles s'éloignait, et cet hiver, avoir une partie de ma vie ailleurs qu'au niveau familial, dans de tout autres milieux m'a aidé à faire face. Quand tout va bien, en revanche on aimerait que les uns et les autres se connaissent et s'apprécient.

 

[photo en attendant mieux (les photos de mon appareil photo, par exemple)]