Une belle rencontre (littéraire)

(martedi)

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Je me permets d'utiliser l'image jointe à l'invitation, j'espère que ça ne pose pas de problème.
J'étais heureuse de les rencontrer, contente de parvenir en gros à piger ce qu'ils disaient (merci Team Ingebrigtsen),
 un peu frustrée de n'être pas de l'équipe qui organise. 

Iels viennent de la poésie. Je m'en doutais. Et c'est sans doute pour ça que leurs écrits me touchent. Cette densité économe. Comme un bon ristretto.

Plus tard avec les amies, une intéressante conversation au sujet de l'animation de rencontres, où j'ai appris non sans déception que quelqu'un que j'aimais beaucoup ne s'avérait pas toujours "bon client".
Animer une émission me manque, mais vraiment, comment faire, avec le job si prenant ?

Journée dense au boulot, mais j'ai gagné en autonomie, du moins pour les tickets courants et les modes de connexion.

Croisé le fiston en partant au boulot, ça aide grandement, même si l'état du monde n'est pas bien prometteur, au moins pour l'instant, lui s'en sort et semble heureux.

Je me suis bien amusée en rentrant de la librairie à Vélib électrique, tout en me disant, au fond c'est peut-être comme ça de vivre sans thalassémie, ces impulsions d'énergie.
Déposé le vélo sous le pont du périph, là où je déposais jadis (2007 !) mes premiers vélib car c'était alors la plus proche station. Elle avait disparu avec les néo-vélibs et les travaux de la Porte de Clichy, elle réapparaît. Et je la réutilise car elle permet un dépôt pas trop loin en coupant court aux différents dangers des fins de parcours vers les stations plus près.

Ma mère aurait eu 89 ans. J'ai recompté sur mes doigts. Le temps qui passe me sidère mais la pandémie y a introduit un brouillage supplémentaire.
Ces derniers temps je passe mon temps à me demander "mais ça fait combien de temps ?"
Je suis triste pour elle, qu'elle ne soit plus là. Mais ses derniers temps, avant même de tomber définitivement malade, elle semblait n'y plus tenir tant que ça. Je suis soulagée qu'elle ait échappé à la pandémie, qu'elle n'ait pas connu ça (drôle de façon de se consoler de son absence définitive, oui je sais).


Une photo retrouvée des amies et ce souvenirs de l'Attrape-Cœurs avant sa transformation

 

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Photos qui ont déjà deux ans, ce qui me semble (cf. billets précédents) toujours aussi stupéfiant.


La présence de Thomas

 

    Je me rends compte avec stupéfaction que la présence de Thomas Gunzig à la librairie Charybde, cette invitation qu'il avait honorée, c'était il y a deux ans. Deux. Ans.

Souvenirs d'avoir bien travaillé et bien ri. Ce qui est une définition du bonheur, non ? Gratitude envers lui qui avait accepté de faire le déplacement (et envers sa maison d'édition, Marion Mazauric son éditrice, qui l'avait rendu possible).

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Un an et demi plus tard son roman suivant, "Feel good" fut un bon succès de la rentrée et j'ai pu, mais ailleurs, tenter d'y contribuer.

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Un enregistrement audio est écoutable sur la chaîne YouTube de la librairie Charybde, en ce temps là sise rue de Charenton à Paris dans le XIIème.


Photos éparses

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    À force de cavaler, au sens propre et figuré, j'ai négligé de faire le ménage, et dans l'appartement et dans les mémoires électroniques de mon ordinateur et de mon téléfonino, voilà que tout est saturé et que les mises-à-jour ne peuvent s'effectuer.

Me voilà contrainte aujourd'hui à une sorte d'arrêt au stand, tris, copies, suppressions, de photos principalement, afin de pouvoir ensuite redémarrer.

À l'ordinaire, si quelque chose chez moi est bien classé, ce sont les photos. Répertoires par mois de prises de vue et double sauvegarde voire triple avec le Time Machine.

Seulement voilà, il y a toujours quelques images qui pour des raisons que j'ignore, probablement des interruptions de connexion en cours de transmission, à moins que quelque cliquer-glisser hasardeux, se retrouvent dans des dossiers inattendus. 

Le ménage de ce jour m'a donc permis de glaner dix images, l'une d'elle datant de février 2016, la Seine en crue à l'Île de la Jatte, la plupart de 2018 : fête de la musique à Levallois avec Klosman aux manettes - dont l'une assez étrange -, quelques-unes d'un dépannage à la volée sur les Champs-Élysées lors de la dernière étape du Tour de France vue des fenêtres la Maison du Danemark, un éclat de soleil sur trois arbres de la forêt de Saint Germain en Laye et un portrait de moi lors d'une rencontre que j'animais en janvier 2018 à la librairie Charybde où je travaillais. DSC00668

 

 

J'aime bien cette sorte d'aléa qui me fait retrouver quelques bribes, principalement de l'an passé qui me paraît si loin déjà tant l'année a été bien remplie et tant ça continue à fond les manettes. 

Tant que la santé suit, on ne s'en plaindra pas, mais jeter un œil en arrière est assez vertigineux - hein ? quoi ? j'ai grimpé tout ça ? -.

J'en ai fait une sorte de mini album


Le travail, je crois, est une forme d'entraînement

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Soit 16,1 km rien qu'en temps de travail et trajets (transports en commun + marche à pied).

J'avais nagé environ 1300 m le matin.

Le boulot est une forme d'entraînement, du moins dans un métier comme le mien (libraire). Je comprends mieux depuis que je pratique le sport de façon plus intensive et que je me rends compte que malgré mes limites c'est ce qui me convient, pourquoi il me va si bien : c'est l'un des rares à allier performances physique et intellectuelle.  

L'entraînement sportif se révèle payant pour la bonne résistance au travail : zéro mal aux jambes depuis ma reprise, alors que la station debout (christmas ruch oblige) est quasi-permanente. 
Si j'avais su que la course à pied pouvait aider à ce point-là, je n'aurais pas attendu 2012 pour m'y mettre.


À part ça, travail si intense, seules pauses pour manger ou aller aux toilettes, que je me suis rendue compte que je n'avais à ce point eu matériellement le temps de suivre l'actualité que j'ignorais en rentrant ce soir si l'homme qui avait tiré la veille sur la foule au centre de Strasbourg avait finalement ou non pu être arrêté. Ça fait presque un peu du bien, d'une certaine façon ; obligée de ne pas me laisser vider de mon énergie par une compassion lointaine et impuissante, autant dire, pour grande partie inutile. 


Rencontre avec Thomas Gunzig

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Il est le gars des cafés serrés du mercredi, entre autre aussi le co-scénariste du film "Le tout nouveau testament" et l'auteur de "La vie sauvage" (1), ainsi que de plusieurs romans et d'une belle collections de nouvelles à l'humour tendre et décapant.
Bref, ami-e-s d'Île de France ou de Paris intra muros, c'est l'occasion ou jamais de venir découvrir un auteur qui vous réjouira.

C'est donc demain soir chez Charybde, à partir de 19h30 et autour d'un verre, une belle façon de se mettre en train avant un dîner en amoureux ou au contraire de pour une fois bien s'amuser malgré le côté plombant et discriminatoire des fêtes imposées.

Librairie Charybde
129 rue de Charenton
75012 Paris
métro gare de Lyon ou Reuilly-Diderot 
09 54 33 05 71

(1) lien vers la critique par Michel Torrekens sur Actualitté


Rencontre avec Anne Savelli


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Ça sera demain soir, à partir de 19h30 à la librairie Charybde. On parlera de la rue Daguerre, d'écriture, d'Agnès Varda, mais aussi de danse, de ce que ça travaille en nous, les corps, la peau, peut-être un peu de Marilyn et sans aucun doute d'une mystérieuse Dita (et d'un non moins mystérieux Mystag).
Bien sûr, on boira un coup ou plusieurs (avec ou sans alcool).

Si avec tout ça, vous ne venez pas ! 


Première semaine

 

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Il est vraiment troublant de constater à quel point la vie nous met par moment des accélérations inouïes.

Me voilà déjà libraire chez Charybde depuis une semaine, qui fut plutôt de formation car je dois apprendre les spécificités locales, il y en a toujours, et une part d'activités administratives. Il y aura inévitablement des surprises au fil de l'eau, il y en a déjà eu une et de taille, et qui risque de bien nous compliquer la vie, mais la passation de consignes sur fond de dossiers bien tenus me rappelle lorsque j'avais pris à "l'Usine" la succession une fois d'un gars très compétent, méthodique et organisé : tout y était clair et net, avec de la logique. Je pense donc que la période d'adaptation sera intense mais peut-être pas si longue. La clef sera de rapidement trouver un rythme pour les différentes tâches. 

Pour la première fois durant ma seconde vie professionnelle, j'arrive dans un endroit que je connais déjà, c'est très troublant de débuter tout en s'y sentant à ce point chez soi, et dont un certain nombre des habitués sont déjà des connaissances voire des amis. 

Alors cette première semaine est passée comme dans un rêve, à une vitesse folle, d'autant plus que ma vie personnelle dans le même temps combinait premier triathlon et grenier (de la maison où vécurent mes parents) à vider et travaux à préparer. Je vais enfin pouvoir et devoir vivre à ma pleine vitesse. Tenter que coïncident l'énergie d'entreprendre qui est en moi avec l'énergie physique nécessaire pour que l'action ait lieu. Ce défi me rend heureuse.

Il n'est pas raisonnable de mener l'ensemble de front. Mais je n'ai pas du tout été maître de la coordination. Pourquoi a-t-il fallu que la maladie puis la mort de ma mère coïncide avec mes débuts en triathlon (alors que j'avais tenté de m'inscrire l'année qui précédait et y songeait depuis octobre 2011), et que ces deux éléments tombent exactement au moment où la librairie Charybde avait besoin d'une personne pour remplacer l'amie qui regagnait son premier métier, elle-même contrainte par un calendrier légal de dates limites de mise en disponibilité ?

Je crois que s'il n'y avait le deuil, et combien il est dur de faire face à ses conséquences (1), je serais heureuse comme du temps de la préparation des répétitions de chorale pour les concerts avec Johnny ou comme le "juste après" de la période du Comité de soutien (2).

Bizarrement, les présidentielles qui m'ont tant souciée, me semblent dater d'une ou trois éternités. Comme si le quinquennat était déjà bien avancé. Parvenue à saturation avec cette campagne comme je n'en avais jamais vu, je ne parviens pas à m'en inquiéter. 

 

(1) pour autant pas si malheureuses, je ne veux surtout pas me plaindre. 

(2) à Florence Aubenas et Hussein Hanoun


Librairie Charybde : on va commencer par faire la fête

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On va commencer par faire la fête, et vous êtes les bienvenus.

Pour ceux et celles qui ne la connaissent pas, la librairie est là : 

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C'est non loin de la gare de Lyon ou du métro Reuilly Diderot. Si vous pouvez venir ça me fera plaisir de vous faire découvrir mon nouveau lieu de travail, et de nouvelles lectures.

[photo-montage par Hugues Robert à partir d'une photo prise par Marianne Loing à Arras le 1er mai 2016 ; je suis très touchée qu'ils aient tenu à fêter mon arrivée]

PS : Quant au petit chien il fut aimablement prêté par George Orwell (non, je rigole)


Retrouvailles avec Paris (et découverte de l'existence de Shawn Mendes)

 

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C'est curieux alors que je me sentais pourtant tout près de Paris à Montmorency comme une fois revenue intra-muros pour le travail, j'ai l'impression de rentrer d'être partie loin longtemps. 

Le fait de bosser dans un lieu qui m'est extrêmement familier, dans lequel je me sens comme chez moi, me donne l'impression d'être entrée de plain pied dans l'une de mes vies parallèles - une autre a lieu à Bruxelles, je n'en ai pas fini avec cette ville -. Et si finalement l'année et demi vécue dans le XVIème arrondissement n'était qu'un songe fastidieux et malencontreux ? L'année dans le Val d'Oise une façon d'accompagner la fin de vie de ma mère ?

Il y a beaucoup de travail, en particulier à cause d'un changement dans la législation (1) qui ne sera pas sans conséquences. Quelle que soit la solution choisie, elle engendrera un surcroît de travail par rapport à la gestion courante.

Les amis viennent déjà me déposer des SP, un premier courrier d'éditeur est arrivé à mon nom, c'est comme si j'étais là depuis longtemps. 

Lors d'une pause entre journée de travail et soirée de présence (2), j'ai pu faire un tour dans le quartier. Que je connais à la fois très bien et pas tout à fait puisqu'il me reste des rues à découvrir. 

Je suis passée voir la gare secondaire (3), dans mon souvenir vaste et déserte, dans la réalité d'aujourd'hui petite et très peuplée.

Moi qui étais toute légère d'être concentrée sur mon nouveau travail - ce qui fait du bien, j'aime mon métier -, voilà que j'ai découvert que les OuiBus, selon une logique qui m'échappe, pour Bruxelles partaient de là.

À Bercy qui ne s'appelle plus ainsi, d'énormes files d'attentes se tenaient partant de chaque entrées. Probablement des contrôles encore renforcés après l'attentat de Manchester et le même genre de spectacle, au vu de l'âge des jeunes ou très jeunes accompagnés, qui attendaient (4).

On m'a distribué un prospectus de lutte contre l'alcool, qualifié de drogue, ce qui m'a semblé un peu excessif. Je me suis demandée si j'avais l'air concernée. On m'a aussi passé un flyer pour Shawn Mendes, dont je n'avais jamais entendu parlé, pas même de nom, malgré paraît-il un très grand succès,  et qui je l'appris de retour à la librairie, était en fait l'artiste de la soirée. Je m'endormirai moins ignare. Au moins ce garçon dispose d'une vraie voix. 

Et c'était rassurant de constater que les gens ne cédaient à aucune panique du fait du tout récent attentat dans un endroit équivalent. 

J'ai aimé découvrir longeant les voies ferrées des rues neuves, jusqu'alors de moi inconnues ; échangé quelques mots avec un père et son fils (ou un oncle et son neveu) qui étaient sortis jouer un peu au foot, faire quelques passes en bas de leur immeuble.

L'homme était bien arrivé en Normandie. La vie avance. Demain j'irai dans la maison de ma mère poursuivre la descente des affaires du grenier. 

Pour la première fois depuis des années, moins une parenthèse chaleureuse l'an passé, alors que je découvrais la belle petite librairie du haut de la colline, que ma mère n'était pas encore malade, ni l'homme enchômagé, et que j'avais eu l'illusion d'un plateau calme, enfin, je suis curieuse des mois à venir, lesquels ont peut-être une chance de déboucher vers du bon, et d'être, à traverser, fort stimulants. 

 

(1) obligation d'un logiciel de caisse certifié à partir de janvier 2018.
(2) Ça n'était pas moi qui organisais
(3) Celle de Paris Bercy
(4) Je comprends l'intention mais quel danger encore plus grand pour les gens qui de fait constitueraient les proies d'autant plus faciles pour des passants mal intentionnés. Notre société dans sa structure fait que l'on prend les précautions pour l'intérieur en se fichant de ce qui peut advenir dehors devant - en cas d'horreur la responsabilité vis-à-vis des assurances n'incomberait pas aux mêmes -.