Eternal sunshine of the spotless facebooked mind


    En rentrant puis te connectant tu auras donc eu la surprise d'une de ces videos récapitulatives que facebook aime à concocter de loin en loin pour ses usagers. Musique neutre à tonalité joyeuse, sélection habile (quel est l'algorithme ?), fin sur un des meilleurs moments du temps de la belle librairie aujourd'hui fermée, l'épisode est parfait. 

Jamais on ne pourrait imaginer les drames de l'année 2015, dans un monde aussi équilibré. Rien pour autant n'est mensonger. Ils (leurs programmes, leurs ordis) ont choisi les bons souvenirs, tu te dis que si tu confiais à Facebook le soin de rédiger ton CV il n'y aurait pas dedans le mot "remplacement" ; cette video donne l'impression effective que tu es quelqu'un d'important - ce à quoi tu ne tiens pas tant, tu voudrais être quelqu'un à la bonne place au bon moment, la pièce du puzzle insérée facilement -. Et c'est vrai qu'à y regarder, si l'on parvient à se laisser aller, le fait de rappeler les bons souvenirs remonte le moral.

Mais quelque chose te fait tiquer, sans que tu ne saches bien quoi. C'est comme dans les romans policiers, ces moments où l'enquêteur croit avoir une solution, ou remarqué quelque chose mais ne parvient pas à définir ce que c'est. Généralement, quelques pages plus loin, il obtient la révélation.

Il y a aussi ce petit rappel des événements de la date anniversaire. Ils sont moins filtrés, les bons et les moins bons, je ne suis pas encore tombée sur les tristes et très graves - je me demande si le reminder est paramétré pour éviter certains thèmes comme l'annonce d'un décès -. C'est à l'occasion fort intéressant. Tu t'aperçois ainsi que l'affaire de la fuite d'eau invisible s'était amorcée par une fuite d'eau pas invisible du tout et aussitôt réparée 

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Tu ne te souvenais que des épisodes ultérieurs, le côté insidieux, tout semblait bien chez vous et le voisin du dessous se plaignait. Des venues de plusieurs plombiers, l'un réparant une bricole, l'autre une autre, ça ne semblait rien changer sauf pour votre compte en banque.
Là aussi il y a d'heureux moments auxquels tu ne pensais plus. Et des trucs qui restent toujours vrais, comme dirait Guillaume, Vienne la nuit, sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure.

Capture d’écran 2016-02-06 à 22.33.47Une photo très marrante que tu avais prise et oubliée (quatre ans (quatre !) se sont écoulés) (1)

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Un souvenir bruxellois et comme tu as tourné la page, ça te fait plutôt du bien de te rappeler qu'une belle parcelle de bonheur exista. 

Capture d’écran 2016-02-06 à 22.39.58Et c'est alors qu'intervient le Eurêka de l'enquêteur. Le crime de FB était presque parfait, trop. Tu viens de comprendre qu'ils effacent tout ce qui à trait à ceux qui furent tes "amis" mais ne le sont plus, y compris si les échanges furent fort fournis à un moment donné.

Facebook te sert donc une version de ta vie, déjà filtré par le prisme trompeur de ce que tu as bien voulu laisser entrevoir, et par ailleurs édulcorée. Une sorte d'Eternal sunshine of the spotless mind où l'effacement, dès lors que quelqu'un t'a désamitée, serait parfaitement effectué.

La vie moderne, c'est quelque chose.

(Suis-je vieille école que de considérer que c'est encore plus violent que d'être confrontée aux ex-bons souvenirs qu'une perte aura rendus sombres par après ?) 

 

(1) Mais tu n'avais pas oublié qu'il s'agissait d'un concert que tu devais à Joël.

PS : Et à part ça c'est curieux, les souvenirs déjà anciens avec les photos de profil actuelles. Troublant.

 

 

 

 


Ah les malins ! (facebook's lookback)

 

C'est peu dire que je suis de FB une utilisatrice très circonspecte ; je sais que tout ce que j'y dépose peu être retenu, scruté ou revendu ou que sais-je contre moi et que je n'y ai pas le droit d'y déposer une photo de moi torse nu si l'envie m'en prenait mais qu'y traînent en relative impunité des groupes très frelatés.

En attendant, son succès le rend incontournable - du moins pour qui tient un métier à part communicationnelle - et aucun outil pour l'instant n'est aussi efficace lorsqu'il s'agit de diffuser une invitation à quelque chose qu'on organise (typiquement : en librairie une rencontre avec dédicaces), il y est très facile de créer l'annonce, et diffuser l'invitation à tous ses contacts, facile à eux de confirmer ou non leur présence et s'ils acceptent un rappel viendra une heure avant leur remémorer ce petit engagenement. Bref, le truc bien conçu.

Certaines choses peuvent y être détestables, mais en maniant assez raisonnablement les paramètres de confidentialité et en sélectionnant ses "amis" on peut pour partie les éviter. Après, je crois qu'il sera de plus en plus difficile d'y lutter contre la publicité et surtout contre la réutilisation par des tiers de ce qu'on peut y déposer.

Il y a une part importante de l'utilisation que j'en fais qui est liée à son succès même : pendant longtemps il était difficile de trouver autre chose, sur les sites d'infos, que le bouton de partage FB (1) et comme il m'est utile de conserver quelque part les articles qui m'intéressent mon mur FB est très vite devenu l'équivalent de mes classeurs d'antan dans lesquels je rassemblais des coupures de presse, physiquement découpées et collées ou scotchées.

Une autre, d'où certains de mes statuts les plus triviaux, est puisque tout le monde y est (ou presque oui, il existe des incorruptibles) est de pouvoir ainsi prévenir pas mal de personnes d'un seul coup l'air de rien - et sans avoir nécessairement accès à sa messagerie (2) -. En tapant un statut sur un contretemps de la ligne 13 je pouvais à la fois indiquer à ma fille que j'étais partie au boulot, à mon patron d'alors que je risquais d'avoir un léger retard, à mon amoureux qu'à peine emmanchée ma journée de boulot avait mal démarré. D'un élément assez neutre publié, chacun selon sa place dans mon entourage pouvait ainsi être au courant de ce qui pouvait par ricochet le concerner, en déduire ce qui l'intéressait, ou décider de s'en foutre (3).

Je ne dépose des photos que strictement pour les transmettre, qu'elles soient facile à reprendre pour l'une ou l'autre personne concernée.

D'où que des sélections de types "événements marquants" à partir de mon mur peuvent sembler curieuses, c'est peu dire qu'il y a un biais. Nous en avions reçue une récemment, sur le thème de "votre année 2013". En même temps ça n'était pas inintéressant, d'être confronté à une image extérieure que l'on a contribuée à créer de soi.

Pour les 10 ans du machin, voilà que l'entreprise nous a concocté à chacun une petite video personnelle, dont voici un exemple : 

 

 

(On remarquera l'habileté communicationnelle dans le choix de l'utilisateur FB moyen, américain, homme, rien de professionnellement compromettant, rien de compromettant tout court, d'ailleurs et aucune photo d'enfants (pas un hasard le coup du chien), juste ce qu'il faut de perso, la trace de vacances belles, d'un déménagement ; bref un vrai modèle pour les école de com.)

Chacun des inscrits peut donc avoir sa petite récap' sur fond musical lénifiant (mais pas insupportable, son petit côté Arvo Pärt dans l'intro, le choix est astucieux) :

lookback

(si vous n'êtes pas inscrit, j'ignore où ce lien conduit ; complément d'informations dans cet article sur Zebulon )

Je m'attendais au pire. Et puis finalement non. Avec efficacité et économie de moyens, basée sur les max de "like", ça donne presque l'impression qu'on mène une vie passionnante. Ce qui pour moi qui l'ai vu brutalement en 2013 changer dans deux domaines primordiaux était plutôt réconfortant, d'autant qu'un de mes grands moments de bonheur (5) y est remarquablement mis en valeur. Comme l'est aussi de constater qu'il y manquait l'essentiel de ces cinq ans passés.

Big brother is watching you mais ne saisit pas tout.

Il en fait parfois de jolies choses. N'est-ce pas encore plus dangereux ?
(à méditer)

 

(1) Devenu ensuite presque systématiquement un "like" qui me déplaît : je peux en effet trouver de l'intérêt à un article dont je désapprouve l'opinion défendue ou qui annonce quelque chose qui m'afflige 

(2) J'ai un téléphone rudimentaire, l'accès à ma messagerie, pour lire va bien, pour taper et envoyer un message moins. Je peux taper assez facilement un texto ou un touite ou un statut FB plus difficilement lire sur ces deux derniers sites.

(3) Alors que si j'envoie à l'une un texto pour dire C'est bon tu peux descendre regarder la télé en la mettant à fond, à l'autre Je suis dans le métro je suis coincée je vais être en retard et au 3ème, Ma journée commence mal, ça devient vite pesant : presque une injonction à regarder la télé fort, donner une impression de fort retard alors qu'il sera peut-être pas si lourd (4) et m'embrasser de consolation au moins à distance - alors qu'il était peut-être en pleine séquence fastidieuse de son propre travail ; au contraire s'il lit le statut sur FB c'est signe qu'il est lui-même en moment de pause et donc je dérange moins -.

(4) Selon la loi immuable du : Quand je m'organise face à la panne de métro c'est là qu'il redémarre

(5) Lorsque Joël Dicker était venu à la librairie où je travaillais et que c'était à la veille de recevoir un premier prix, puis d'être satellisé par le succès. Et que mon meilleur ami malgré un emploi du temps professionnel chargé était venu tardivement mais quand même. Gratitude.

PS : Pour ceux qui me suivent sur FB, la video qui m'a été concoctée est .


Tentative d'épuisement d'un lieu inexistant : l'invitation malencontreuse

Il y a maintenant plus d'un an après maintes hésitations je me suis inscrite à facemuche. Compte tenu du job qu'alors j'avais, je craignais passablement des usages détournés qui auraient pu à mon insu être faits. Mais plusieurs amis (de la vie "en vrai" ;-) ) m'avaient convaincue que pour certaines choses et notamment des événements auxquels ils souhaitaient me convier, c'était fort utile.

J'y suis donc allée à la fois sur la pointe des pieds, en laissant le moins possible d'informations strictement personnelles, mais néanmoins avec la grande curiosité de tester toutes les possibilités.

En particulier assez vite après les premières "pages" d'inscription, me fut proposé un croisement d'informations avec mon carnet d'adresses si d'aventure j'en avais un sur tel ou tel outil. gmail était cité.

Or j'ai un compte gmail. Je m'en sers comme zone de stockage / pour tester que ma messagerie principale fonctionne (aux jours de hoquets de celle-ci je me mets en copie puis peux supposer que si j'ai reçu mon exemplaire gmail mon destinataire l'aura aussi) / pour avoir une adresse à offrir en pâture aux sites qui le demandent.

J'avais donc été y voir. Comment pouvait bien fonctionner la mise en relation ? J'imaginais que viendrait à un moment donné un écran de confirmation et que je n'aurais pas besoin d'aller jusqu'au fond de la démarche ou pourrais au moins effectuer une sévère sélection.

L'écran existe peut-être (ou existait, les choses peuvent avoir changé), mais je ne l'avais pas vu. Mon carnet d'adresses sur gmail est lui aussi plutôt une zone de sauvegarde. Y figurent mes correspondants habituels car je dépose de temps à autre une copie de celui de ma messagerie. Y sont également tout bien répertoriés d'époque parce que c'était alors l'outil le plus efficace pour les envois groupés, les membres de l'ex-comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun.

Enfin s'y trouvent tout un lot d'adresses dont j'ignore comment elles ont atterri là. Peut-être expéditeurs de messages occasionnels qu'une option automatique que je ne maîtrise pas a sauvegardé là. Ou des destinataires compagnons de messages largement diffusés par des personnes que je connais (1). Bref, c'est quand même un peu le bazar dans ce coin-là.

Ce qui fait qu'en pratique, puisque je n'ai pas su freiner à temps, j'ai probablement envoyé involontairement des invitations facemuche à une part de monde entier bien supérieure à celle de mes amis proches que j'espérais y retrouver. Et ainsi aussi à d'autres amis proches dont je connaissais à l'égard de l'outil la grande méfiance voire l'hostilité et que je ne souhaitais pas déranger à ce sujet.

Cette malencontreuse manœuvre mal-maîtrisée aura sans doute contribué à éloigner définitivement de moi des personnes qui ne s'adonnaient aux usages internautiques qu'avec réticence et m'avaient déjà fait part de leur désapprobation quant à mon audace (!) dans ce domaine qui les effraie.

Elle m'a permis à l'époque de reprendre contact avec quelques autres - ça tombait bien puisque j'émergeais lentement d'années difficiles où certains s'étaient défaits malgré moi -.Et enfin de constater que bien plus de monde que je ne le supposais y était déjà. Et que de la même façon que nos blogs sont toujours plus (+) lus et moins lus qu'on ne le croit, ce ne sont pas toujours ceux qu'on s'attend à retrouver là qui s'y sont risqués.

Une quinzaine de mois plus tard, je ne regrette pas de l'avoir fait. Et quelques-uns qui m'ont suivie apparemment sont satisfaits.

Que ça n'empêche pas une saine vigilance.

(1) Il m'est arrivé plusieurs fois de souhaiter envoyer un message à quelqu'un de mes connaissances, taper le début de son nom, constater que j'avais son adresse et ne plus savoir du tout comment ni quand je l'avais obtenue. Je suppose par le biais de messages d'amis communs où ils furent en copie simple

PS grâce à Christine Genin : Et puis il y a aussi de belles utilisations de facemachin

Chez Boulet : Roméo et Juliette 2010  (Les parents comprène pas l'amour - Juliette Capulet aime ça)

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Esquisse de tentative d'épuisement d'un lieu inexistant : la motivation

A la mi-matinée, sans quitter ma cuisine, ni même ma chaise sauf pour prendre un café

 

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Depuis le temps que je m'y refusais, j'ai fini par céder.

      


Il aura fallu pour ça plusieurs échanges de mails avec un ami qui le découvrait mais dont la vie professionnelle y justifie la présence, un billet chez François Bon (et un second (re)découvert par ricochet), et que je sois à la fois en double deuil (2) et en congés.

Un immense besoin de me changer les idées.

Et du temps un peu mou puisque je m'étais prescrit pour reprendre des forces, et comme personne ne m'a invitée à aucun bref séjour romantique à Lisbonne, Venise, Florence, Londres ou Berlin (3), une petite journée Finzi-Contini urgente et nécessaire.

C'était donc le moment idéal pour craquer et cesser de répondre à qui me sollicitait, que Non, pas facebook, non, et que j'avais déjà un myspace, un fotolog, deux flickr, une collection de blogs thématisés, un twitter, et des participations dans un blog touristique en anglais, les petits cailloux et ricochets de Kozlika, et le petit journal du tiers-livre.

Sans parler d'une inscription sur copains d'avant (qui m'a permis, je dois l'avouer, de belles retrouvailles).

 


Pour vivre heureux vivons cachés démultipliés, mais n'empêche il y a des limites. Surtout pour quelqu'un dont certaines journées se déroulent hors de toute connexion et qui ne parvient plus à faire le tri en rentrant parmi les vrais messages, les pénibles publicités et les sollicitations bienvenues ou non.

S'ajoute à mes réticences que le monde des réseaux à l'anglo-saxone m'est profondément étranger. J'ai des amis, des vrais, dans la vie concrète et déplore le peu de temps à leur consacrer (4). Ce n'est donc pas pour leur en voler encore davantage, ni non plus à ma (petite) famille.

Ceux qui me manquent ou m'ont manqué, sont des bien-aimés, morts, disparus ou perdus de vue et les personnes ne sont en rien interchangeables. Des nouveaux venus sont venus et viendront, que j'espère être encore capable d'aimer aussi fort, mais jamais ils ne remplaceront ; il s'agit d'affection, pas d'organisation.

La rudesse des rapports humains sur les lieux de travail, m'a appris à disjoindre autant que possible liens affectifs et professionnels. La confusion entretenue dans le monde entrepreneurial entre "amis", clients, connaissances, hiérarchiques et grouillots égaux, tourne toujours à l'avantage des mêmes.

L'amour et l'amitié m'ont mise en danger. Je sais pourtant que j'y repiquerai, que c'est dans ma nature même, je ne sais pas (sur) vivre sans aimer.

En revanche, pour la part laborieuse, sauf cas de force majeure, on ne m'y reprendra pas. J'ai fait tant et tant et tant d'heures supplémentaires gratuites, non compensées après, et par ailleurs de secrets bénévolats, heureux et volontaires, mais pour me retrouver ensuite seule face à mes fins de mois, que la leçon finalement s'est inscrite en moi.

Ces réseaux sociaux virtuels propagent la confusion avec application. Je m'en méfie donc.

Seulement tout le monde s'y rend. Chacun pour l'une ou l'autre raison. Et si l'on ne veut pas se couper de qui l'on fréquentait, on finit bien par suivre.

C'est le syndrome du troquet vidé que renforce l'attraction de l'humain pour la nouveauté : vous avez vos habitudes dans un café charmant, pas nécessairement beau, ni fort achalandé. Mais vous tissez des liens à force avec vos commensaux et les uns et les autres vous devenez réguliers.

Puis ouvre à peine plus loin un bel établissement, spacieux, reluisant, la musique à fond, un prix plus élevé, mais admirez le confort. Et un ou deux commensent à y aller. Et qui en entraînent d'autres.

Vous les aimiez bien les copains. N'avez pas envie de ne plus les voir. Leurs rires, surtout, viennent à vous manquer. Et cette solidarité qu'entre vous il y avait. Alors un jour vous franchissez aussi le seuil du lieu à la mode, mal à l'aise à cause du bruit et d'un vague sentiment d'avoir lâché les siens, ceux qui tenaient le vieux troquet, mais soulagés des retrouvailles. Et déjà d'elles joyeux.

N'empêche je vous préviens, si la musique me casse les oreilles et que le Picon Bière est au prix du bourbon, je ne viendrai pas si souvent.

   


(1) Oui, bon, je sais le titre, mais c'était plus fort que moi.

(2) On peut être chagrinés même quand les personnes concernées n'étaient pas de nos proches.

(3) Remarquez, Sienne, je dirais pas non.

(4) Depuis quelle sombre éternité n'ai-je plus invité personne le samedi à dîner, moi qui aimais tant cuisiner pour la fête.

 


[photo : cette idée, sans arrêt, du monde entier à portée sans même bouger]