"Trajet le plus rapide en mode ferré" qu'y disaient



P7121903 - Version 2Jusqu'au Soleil Levant ça s'est pas mal passé. Invitée à Clamart j'avais pris mon trajet sur la rubrique itinéraire du site RATP et les durées et les arrêts correspondaient à la minute près.

Après j'avoue, j'ai perdu un peu de temps pour aller photographier une Fiat 500 (je fais collection), puis je me suis laissée induire en erreur par un passage qui sur le plan P7121905était nommé rue et que je n'avais en fait pas vue, puis une autre rue sans plaque ce qui fait que je n'ai su qu'à celle d'après que j'avais dépassé le point de départ de l'avenue du tram. 

La route du Canada dans son départ du rond point à contourner s'appelait "rue du Docteur Roux" mais, grâce à un vieux plan papier dont je disposais, je l'ai pigé aussitôt. En revanche j'ai un peu hésité à m'engager dans le sentier qui était ladite route en fait. De même que la "route du Pourtour" était un autre sentier et que le "tourner à droite rue Taboise" correspondait à une utopie de type "Le château de ma mère" chez Marcel Pagnol : si tu n'as pas la clef des portes tu ne peux pas passer. Là, j'ai perdu vraiment du temps à aller d'un côté puis de l'autre, croyant que j'avais manqué un passage, en plus que mon pied fatigué m'empêchait de marcher à une vitesse efficace.

Finalement j'ai dû me résoudre à contourner les propriétés et résidences fermées, et je suis arrivée avec sans doute une heure de retard au moment où les amis commençaient à s'inquiéter. Tout à ma perplexité je n'ai pas pensé à passer le coup de fil qui aurait permis que l'on vienne m'ouvrir l'une des portes car les habitants de ma destination détenaient une clef. J'ai trop bien intégré que je ne faisais pas partie des gens qui détiennent les clefs d'accès et oublie que mes amis, eux, peuvent en faire partie. Et je n'avais pas vu le temps passer.

Je n'éprouvais pas non plus le besoin d'appeler pour une aide, car je n'étais pas perdue, je savais où j'étais, ce qui me manquait c'était de savoir comment passer - typique de toute ma vie, en fait -.

Bizarrement c'est la seconde fois en deux semaines où je dois aller un peu loin en transports en commun et où une fois dans la zone concernée je me heurte à des impossibilités de passer par le chemin indiqué (la première fois c'était à Créteil, un passage qui semblait possible par dessus ou dessous une bretelle d'autoroute et que je n'ai jamais trouvé, là aussi j'avais dû contourner, ce qui prend du temps à pied).

Mais pour l'instant j'ai eu de la chance
je n'ai pas encore rencontré Les Envahisseurs.   P7121846 P7121823 P7121815

Raccompagnée pour le retour, je n'ai eu aucun problème pour rentrer (merci encore).

Sur les conseils de Gilsoub, je viens de charger l'appli citymapper sur mon téléphone, j'espère qu'elle est d'une meilleure fiabilité quant aux portions à parcourir à pied.


Et toi, lis-tu ?


Je suis assise dans l'une de ces cantines moderne, un fast-food qui se veut bio sur les bords (1), comme je devais déjeuner sur le pouce, c'était l'endroit parfait, quoiqu'un peu cher pour mon budget (2). Le bel homme qui était à ma gauche a cédé la place à un couple qui n'en est pas un à proprement parler (3) : deux collègues de bureau. Je ne les ai pas vus, j'étais le nez dans mon livre. Simplement c'était la perception que j'avais deux. Et qui fut confirmée.

Je pense que l'homme était tout jeune, stagiaire ou nouvel embauché, et la femme légèrement plus âgée et peut-être cheffe temporaire du plus jeune ou collègue encadrant.

Peut-être parce qu'ils me voient lire, ils se mettent à parler bouquins. Du moins elle. Qui observant qu'il fait assez peu rebondir la conversation, et après avoir parlé mais du coup sans trop s'attarder, de ses propres lectures lui demande comme si ça n'allait pas de soi : 

- Et toi, lis-tu ?

Et l'homme jeune de faire une réponse un tantinet modianicole "Oui mais euh non, mais enfin quand même" et d'avouer qu'il lit un peu des essais, mais que les romans, il en a, oui, mais n'ose pas s'y lancer.

Alors elle fait quelque chose qui m'a semblé très traditionnel féminin, elle minimise ce qui pourrait être perçu comme de sa part une supériorité : En même temps, moi, c'est particulier, j'ai longtemps en RER.

Il ne la laisse pas faire et répond qu'il a assez de transports en commun pour pouvoir lire, même si c'est souvent debout, mais qu'il manque de courage pour s'y mettre.

Elle a alors une réponse de celles qui allaient de soi au siècle dernier mais plus tant maintenant :

- Oh mais moi ce sont les livres qui me le donnent le courage. Par exemple il y a des matins je n'ai vraiment pas envie de venir, mais l'idée de retrouver dans le RER mon roman, ça m'aide. En fait j'ai hâte de retrouver mon roman.

Je ne sais plus ce qu'il a répondu, quelque chose comme, C'est vrai je devrai essayer, ou Oui c'est pas comme un jeu, c'est mieux. J'étais trop occupée à ne pas faire d'interférence avec l'émotion que je ressentais.

2015, je dois quoiqu'il advienne, ne pas me laisser détourner de mon boulot qui est de fournir à mon tour de ces trucs non chimiques qui aident les gens à tenir. Pas ceux qui sont trop élaborés, je n'aurais pas ce niveau, je ne crois pas, sauf moment de grâce, être capable d'extraire de ma mine une haute littérature, pas non plus ceux qui sont trop éloignés d'un certain savoir-faire (je suis trop vieille pour faire du sentimentalo-sexy-très-mal-écrit et ces jours-ci ultra consciente que le créneau est déjà pris), non juste ça : quelque chose qui fait que la personne en prenant son RER le matin n'y va pas à reculons, et que sa journée sera plus légère et qu'au soir le trajet de retour si elle peut lire sera un bon moment de la journée. Seulement pour y parvenir, il me faut, contrairement à ces dernières années, réussir à négocier le coup avec la fatigue et les difficultés de ma propre existence, et intégrer une fois pour toute qu'elles ne me lâcheront jamais (4).

Je n'ai pas vraiment vu le visage de cette femme. Je ne pourrais donc pas même la remercier pour avoir dit exactement ce qu'il fallait pour me remettre sur pied. Ou plutôt, à pied d'œuvre. 

 

(1) "Des ingrédients frais, préparés chaque jour sur place sans additifs ni conservateurs suspects"

(2) Mais tout est un peu cher pour mon budget, dès lors que je sors du sandwich préparé à l'avance à la maison.

(3) À moins de développements ultérieurs qu'il serait prématuré d'évoquer.

(4) "Alice" me l'a déjà dit, je sais qu'elle a raison. Il faut que je cesse de croire à une utopique période "normale". Mais j'aimerais tellement un temps où personne ne serait malade, où les comptes ne seraient pas dans un rouge inquiétant, où le travail de chaque personne de la maison serait une charge normale, à assumer mais sans angoisse délétère ni peur permanente du lendemain - ces dernières années à peine ça s'arrange pour l'un que ça se désagrège pour l'autre, il n'y aura eu que trois ou quatre mois relativement sereins -. Et qui me permettrait de me concentrer sur mes propres trucs sans que tout ne parte à vau-l'eau. 


Trois plus un an et demi après



P5052772Disposant enfin d'un jour entièrement calme et que le sommeil (1) n'envahit pas trop, je reprends mes travaux de couture petite photographie du quotidien, tente de réduire ce retard insurmontable (2) que j'ai dans le tri, le classement, les sauvegardes et le ménage de ces images, instants sauvés du jour le jour.

Ces clichés sont parfois pourvus d'une intentionalité. Ainsi cette photo prise le dimanche 5 mai 2013 près de la gare de Clichy - Levallois était à destination de l'employée aux écritures, en remerciement de ses billets de camions et chantiers, lesquels, je m'en aperçois aujourd'hui (25 décembre 2014) dataient du 6 mai 2010. 

Ce qui signifie que j'aurais mis un an et demi (en gros) pour remercier trois ans après. 

Mieux vaut tard que ..?

 

(1) pour l'instant

(2) pour qu'il n'existe pas il conviendrait que je fusse rentière ou retraitée


Un temps d'octobre

 

PA170112Au gré de mes rattrapages studieux de photos du jour le jour et du travail de diariste associé je m'aperçois qu'il a fait aujourd'hui le quasiment même temps qu'au 17 octobre 2012. C'est quand même un peu bête pour un mois de juillet.

Je me souviens d'une belle soirée au Thé des Écrivains en la compagnie trop brève de Jerome Charyn, de l'attente joyeuse de la venue de Joël Dicker dont le succès s'amorçait et qui nous vit précurseurs. À part la non-venue de Celui qui (1), et par ailleurs et donc ce temps souvent pluvieux et gris, l'automne 2012 aura été une belle période. 

Dans l'ignorance des difficultés qui suivraient et de tout ce qui s'achèverait après juin 2013, dont le retour des problèmes familiaux de santé, j'ai pu heureusement en profiter. Il ne faut pas se voiler la face devant les nuages annonciateurs de périodes troublées, mais pour autant s'efforcer de croire que l'on va vers du mieux. Sinon où trouver le courage, l'énergie ?

 

[photo : mercredi 17 octobre 2012 14:24]

nb. : L'escabeau était une ruse afin d'éloigner les parapluies des livres sur lesquels ils gouttaient si un passant qui en était pourvu s'arrêtait (et pire : s'il se penchait)

(1) Façon de désigner empruntée à Anne Savelli mais pas tout à fait dans le même cas (en tout cas je ne le lui souhaite pas) 

 

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Quand l'intuition précède de loin la compréhension - doc about ABBA

 

J'étais tombée sur ce documentaire il y a quelques jours, n'ai eu le temps de le regarder que ce soir. Il est truffé de micro-pépites y compris (ou peut-être surtout) pour qui n'apprécie pas l'ancien groupe plus que ça.

Les intervenants sont pour plusieurs inoubliables. J'adore le pianiste et le costumier (quand tu penses que tout ça c'était pour échapper au poids de la sexualité fiscalité). 

Peu à peu j'apprends et je comprends pourquoi très exactement me fait l'effet qu'il me fait ce groupe-là et aucun autre, ou peut-être, mais il n'est pas un groupe et c'est dans une moindre mesure et avec les ans l'effet s'est un tantinet tassé, Eros Ramazzotti

Attention, je ne suis pas fan. Incapable de l'être sauf éventuellement de chanteurs/euses d'opéra et encore je peux être subjuguée par leurs prestations et garder face à eux IRL un relatif sang-froid, voire ne pas même les reconnaître. Mais disons qu'Abba est un médicament dont j'use régulièrement - même si je préférerais avoir moins d'occasions de le faire que depuis huit ans -, que leurs chansons me sont restées, et qu'ils sont pour moi source d'une aspiration. On peut partager le triste car le plus souvent pour qui n'est ni séduisant(e) ni bien né(e) la vie le plus souvent l'est, mais qu'il y ait de la pêche, de l'humour - sans que l'autodérision n'obère l'émotion -, de l'énergie, que ça console ceux qui ont profité du partage. Et qu'un travail de création peut être populaire et accessible au plus grand nombre sans pour autant être mauvais, qu'il peut même inspirer ceux qui se veulent pionniers et soucieux seulement d'art - ce qui revient souvent à un abord plus compliqué -. I would like so much life to allow me to do my job here below before it's too late, I'm way too tired these days and afraid it's as for love the case.

 

PS : Ce serait bien que je me souvienne de Kevin, se dit la fille qui a toujours bien trop d'idées par rapport au temps et à l'énergie nécessaire pour les réaliser.

PS' : Note pour Satsuki : vrais éclats de Suédois inside (certes brefs, mais)

 documentaire The joy of Abba - Phil Ramey Ben Whalley BBC4 (samedi 28 décembre 2013)

 


Trois livres et trois films

 

J'admire Matoo qui parvient toujours à chroniquer tôt ou tard ses lectures, les films vus, les pièces de théâtre ou les concerts auxquels il a assistés. Je peux pour ma part passer des semaines sans trouver le temps (l'énergie) de rien noter, tout entière prise par le travail de libraire, celui de la maison, mes écritures (même réduites, ce qui me pèse et m'épuise, ce qui n'arrange rien), mes chagrins persistants, et un sommeil écrasant qui cette année se poursuit au delà d'un hiver qui s'est poursuivi au delà du printemps.

Il n'en demeure pas moins que dans l'intention, j'essaie et qu'aujourd'hui, dimanche calme pendant lequel je m'étais promis de ne rien faire et j'y suis presque arrivée (1), j'ai rattraper une part du retard accumulé tout ce dernier mois.

Voici donc trois chroniques de lectures et trois chroniques de films, dûment rangées dans les blogs prévus pour :

 

La constellation du chien de Peter Heller

La vie et les agissements d'Élie Cazane de Razvan Radulescu

La scoperta del mondo de Luciana Castellina

 

L'intervallo de Leonardo di Costanzo, un grand bonheur à filer voir avant qu'il ne passe plus

The Grandmaster de Wong Kar Wai, qui m'a fait rêver

Acciaio (D'acier) de Stefano Mordini 

 

Trop fatiguée pour relire je suis, dirait Montalbano, et je dois dormir en prévision d'un lundi dont j'aimerais qu'il m'apporte un moment de bonheur, malgré les amours mortes et mon sommeil toujours vainqueur.

 

PS : Avec ça mon ordinateur est toujours par mes photos et par ma faute saturé, donc patience - messages en retard, très très -. En rédigeant ces différentes chroniques, j'ai paré au plus pressé. Il me reste d'ailleurs aussi d'autres chroniques en souffrance dont celles du saisissant "La maison" de Nicolas Jaillet.

 

(1) Presque, c'est-à-dire en dehors de préparer un repas, dépendre une lessive, pendre la suivante et en lancer une autre, descendre les poubelles, finir deux livres, en commencer un autre (urgent : pour le travail), tenter d'organiser une rencontre littéraire malgré tout, ravauder un pull mité ...


Avoir trop tardé

 

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Depuis quelques temps déjà je trie, sauvegarde et supprime mes photos quotidiennes de l'ordinateur afin de désencombrer sa mémoire mais également mettre à jour différents carnets photographiques dont je sais qu'ils me revaudront un jour l'effort de préservation fait.

Il se trouve qu'au premier signe de faiblesse un peu étrange de mon téléfonino, dimanche dernier, j'ai sauvegardé également tout ce que j'ai pu comme photos du téléphone. Je l'avais fait mais de la même façon malencontreusement erratique avec laquelle je pratique pour répondre à mes mails : tout dépend en fait de mon état physique quand je rentre au soir et de l'heure plus ou moins tardive. Si le sommeil daigne me laisser un sursis je les sauve au jour le jour, et réponds aux messages aussi. En revanche il est fréquent, surtout aux soirs de librairie qu'il me rattrape sans coup férir et il peut alors se passer des jours avant que je ne refasse le retard.

Cette fois-ci, remettre à un moment d'énergie et de temps disponible n'a pas été possible, il fallait faire vite. J'ai cru en avoir perdu certaines, les avais, par vieux réflexe d'informaticienne heureusement stockées sur la carte mémoire de mon téléphone que le nouveau, choisi compatible, m'a donc permis de sauver. 

Aujourd'hui je remonte donc à nouveau le courant du temps qui passe pour les glisser sur un disque dur externe et sur flickr, en profiter également pour trier. Certaines photos du téléphone en tant que telles n'en sont pas mais s'apparentent en fait à de la prise de notes. Il est devenu plus simple de prendre en photo les horaires de la piscine que de les noter ligne à ligne. Ces dernières ne méritent généralement pas d'être conservées au delà de l'usage concret qui les nécessitait. 

Il en existe également d'un caractère intermédiaire : celle-ci qui date d'un samedi de juin en est l'exemple type. Je n'ai pas pris ces deux garçons, dont une ressemblance faisait à mes yeux des frères ou de proches cousins, pour l'agrément de leur allure - encore que le mouvement du même pas soit assez amusant -, mais pour accrocher leur souvenir dans ma mémoire : il était 15h44 je me rendais au cours de danse, ils m'avaient dépassée en prononçant certaines paroles qui m'avaient fait sourire. La plupart du temps il me suffit de prendre une image au même moment (1) pour que celles-ci me reviennent.

Seulement voilà, huit mois cette fois se sont écoulés entre saisir le cliché et le retrouver. Et à présent j'ignore tout des propos échangés.

Voilà donc une : Photo de deux garçons qui m'ont fait sourire un samedi aux Grands Boulevards mais je ne sais plus pourquoi parce que j'ai trop tardé.

 

(1) Pas nécessairement des personnes concernées,  un détail des lieux peut suffire.

PS : À la réflexion je crois me rappeler que ce qui était amusant c'était que le petit apprenait au plus âgé un précepte de sagesse comme s'il était beaucoup plus expérimenté. Ne revient pas en revanche le souvenir de ce dont il s'agissait.